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Voilà à quoi mènent QAnon et un président fou (2)

Plus on plonge dans les faits, ce 6 janvier à Washington, et plus on s’aperçoit que la phrase de Trump en tweet sur un « événement sauvage » annonçant l’événement montre que c’était bien une émeute prévue et organisée à l’avance et non un soudain coup de folie de quelques participants ayant échappé à la vigilance des organisateurs. Plusieurs éléments confirment la chose et concluent donc à l’expression d’un terrorisme intérieur manipulé au plus haut de l’Etat et de la Maison Blanche seule.  Avec, comme troupes pour le faire, des gens tous liés à l’extrême droite, porteurs d’étendards, de bannières et de drapeaux à identifier, ce qui va être fait ici. C’est donc bien un coup d’Etat, qu’a tenté un Trump désespéré et fou.

Des préparatifs évidents : on ne peut pas dire qu’on ne savait pas

Au lendemain des émeutes, une vérité se fait jour :  les manifestants se sont montés la tête dans les jours qui ont précédé et ont voulu allumer l’incendie, mais il y a eu des gens pour souffler sur les braises : tous ceux que je viens de citer dans l’épisode précédent : les attiseurs de braise, ce sont eux, les invités des meetings trumpiens et Trump lui-même bien sur. On se doutait un peu partout que ce serait violent. La maire de Washington, la démocrate Muriel Bowser, avait prévenu qu’aucune arme ne serait tolérée sur place dans les larges secteurs indiqués et on avait placardé partout cette interdiction (ici à gauche). Ça a peut être bien évité un carnage, tout simplement ! Le lundi précédent une bonne chose avait été décidée par prudence : l’arrestation d’ Henry «Enrique» Tarrio, 36 ans, le leader des Proud Boys, juste après son arrivée à Washington et avant que les manifestations ne commencent, privant un des plus violents groupes de son influence. Il avait été accusé d’avoir détruit, le 12 décembre précédent, la propriété de l’église Asbury United Methodist Church, (il avait brûlé sa bannière qui était a nom de BLM). Avant les manifestions, six hommes avaient déjà été arrêtés : « selon le département de la police métropolitaine, il y a eu six arrestations (certaines avec plusieurs chefs d’accusation) mardi pour les chefs d’accusation suivants: port d’un pistolet sans permis, port d’une carabine sans permis, dispositif d’alimentation de grande capacité, munitions non enregistrées, arme à feu non enregistrée, agression contre un agent de police, voies de fait simples, possession d’une arme prohibée (Taser), infraction liée à la circulation et possession de feux d’artifice illégaux ».

Malgré ces fortes craintes d’embrasement, la clique des derniers admirateurs au rabais avait entonné des discours enflammés, dont certains avaient perçu la dangerosité de leur propagation : « Advance Democracy, Inc., un observateur non partisan de la gouvernance, avait mis en évidence les drapeaux rouges sur les médias sociaux. Dans les six jours qui ont précédé l’événement, par exemple, 1 480 messages provenant de comptes liés à QAnon faisaient référence à l’événement et contenaient des termes de violence. À propos de Parler, selon le rapport, plusieurs articles faisaient référence à la guerre, y compris des déclarations comme «la guerre commence aujourd’hui». Ali Alexander, un activiste politique qui a organisé des rassemblements pro-Trump, y compris l’une des manifestations qui ont convergé sur la pelouse du Capitole mercredi, a accusé la gauche de «tenter de nous pousser à la guerre». Fin décembre, Alexander a dit aux partisans de Periscope que lui et trois membres du Congrès du GOP – les représentants Paul Gosar et Andy Biggs de l’Arizona (ici à droite  (1)) et le représentant Mo Brooks de l’Alabama – planifiaient « quelque chose de grand ». L’Arizona ayant semblé jouer une large part dans ce processus, avec sa décision de contester les résultats, explique ici Az Central (1). Au total, il y a eu en effet 65 jours pour mener au chaos, rappelle ici la BBC. « Il s’agissait de créer un élan et une pression, puis le jour changer les cœurs et les esprits des membres du Congrès qui n’étaient pas encore décidés ou qui ont vu tout le monde dehors et ont dit: « je ne peux pas être de l’autre côté de cette foule », écrit Alexander chez CNN. C’était bien une organisation concertée pour ralentir le plus longtemps possible la nomination acquise de Joe Biden, en une forme d’humiliation ultime à lui infliger. Et ça, ça ne peut avoir qu’un décideur : Donald en personne, dont le sentiment de puissance absolue est connue et la rancœur tenace. Une photo montre cet espoir de dernier baroud, avec deux personnes en gros parkas portant des sacs marqués « do not certify » pris en train de se concerter du côté des organisateurs de l’une des manifestations sur la Freedom Plaza (alias Western Plaza), le public étant tenu à l’écart de l’autre côté des barrières : c’est le cliché qui à mes yeux condamne le plus, au delà des bris de portes, avec la révélation d’une action concertée préalable clairement établie : les principaux conspirateurs de la journée destructive sont là, les autres ne sont que… des exécutants :

La personne au centre étant semble-t-il l’organisatrice de l’événement sur la Plaza : Maggie Vanderberghe, alias the « FogCityMidge » (ici à droite sur scène).
Elle aussi est incluse dans le petit cercle évoluant autour de Donald: le 27 décembre 2018 on l’avait par exemple croisée à Mar-à-Lago pour le « Winter Gala« , en compagnie de Charlie Kirk (« Kid Trump ») et Candace Owens, que l’on ne présente plus (pour lui c’est là et elle c’est ici). C’était la soirée où Donald Trump Jr et Kimberly Guilfoyle avaient empoché des milliers de dollars pour présenter un show pendant 10 minutes (payé par le gestionnaire principal des prisons privées) et Rush Limbaugh y recevoir une récompense souvenez-vous … comme vous pouvez vous souvenir d’un des thèmes des débats de la soirée : « Voter Fraud in the USA«  (ça les obsédait déjà !) !!! En fait, en juin 2020, il était révélé que Donald et sa femme avaient eux-même triché sur le lieu de résidence pour pouvoir aller voter en Floride à Palm Beach… (sur des machines Dominion en prime !).

Pour le stand principal aussi de l’Ellipse, juste derrière la Maison Blanche, il avait été donc prévu quelque chose « après » : « en ligne, la page de l’événement «Marche pour sauver l’Amérique» montrait des plans pour que les manifestants se rendent au Capitole après le discours du président. «Prenez position avec le président Trump et la coalition #StopTheSteal et soyez à l’Ellipse (President’s Park) à 7 heures du matin. Le sort de notre nation en dépend. À 13 heures, nous marcherons vers le Capitole américain pour protester la certification du collège électoral », lit-on sur la page d’inscription à l’événement. Un dépliant a également été diffusé en ligne par le groupe « Stop the Steal » montrant une manifestation prévue au Capitole à la suite des remarques du président. » Le forfait est bel et bien signé ! Mieux encore quand on découvre effaré une des affiches annonçant l’événement du 6 janvier : une marche guerrière, au son du tambour, dans l’esprit de 1776 (Spirit of 76‘)… Sidérant ! Avec comme slogan « la liberté ou la mort » !!! et un slogan purement QAnon au travers : « le grand réveil  » (c’est du lourd, je sais !).  TOUT Y EST, déjà, pour que ça devienne… sanglant au bout !! A noter l’allusion surprenante au Cirque comme j’ai pu ici décrire les dernières manifestations itinérantes de protestation contre les résultats des élections (comme les précédentes et celle-ci, avant même son élection) : « The Greatest Show On Earth » est l’appellation déposée du cirque Barnum (et un film de Cecil B.de Mille de 1952 sur le même thème) ! Nous venons d’avoir quatre années de tournée de cirque avec Donald  !!

Une technique mise au point, concertée pour accuser les antifas !!!

C’est le Daily Kos qui avait prévu et écrit noir sur blanc que ça allait dégénérer (ici MSNBC émettait de sérieuses craintes aussi) en écrivant la veille que « certains des républicains à la tête des efforts pour arrêter la certification de la victoire électorale de Biden ont encouragé des violences similaires (à celles du 12 et 14 décembre) lors du prochain rassemblement, notamment le représentant Louie Gohmert du Texas (lire ici, en photo il est avec Ben Shapiro) qui a déclaré à un intervieweur de Newsmax que le refus des tribunaux d’envisager le procès du Texas pour renverser les élections signifiait que «vous devez sortir dans la rue et être aussi violent que l’antifa et le BLM». (Gohmert a fait des remarques similaires lors du rassemblement du 12 novembre «Million MAGA March», suggérant que des foules violentes dans les rues devraient renverser le gouvernement.) Trump lui-même a attisé les flammes lorsqu’il a tweeté la semaine dernière: «Grande manifestation à Washington le 6 janvier. Soyez là, ce sera sauvage! »

Mais le Daily Kos a levé un tout autre lièvre en fait, je le rappelle AVANT les événements, en décrivant une bien étrange tactique prévue à l’avance par les Proud Boys, privés de leur chef (photographiés ici le 14 novembre lors de la seconde manifestation « stop the steal » à Washington déjà): ils avaient crié ce jour-là en effet “Stop the steal!”, mais aussi « Four more years!” and “We are the champions !”, de la Freedom Plaza près de la Maison Blanche jusqu’à Capitol Hill….). Ce jour-là, je le le rappelle, Trump avait rencontré leur chef en personne, le 12 décembre donc, à la Maison Blanche même et c’est cela qui devient TRES INTRIGUANT : « le président national de Proud Boys, Enrique Tarrio, a annoncé sur Parler la semaine dernière que les hommes de son organisation ne porteraient pas leurs polos traditionnels à bordure dorée lors de l’événement. Au lieu de cela, Tarrio a dit, «nous nous fondrons dans l’un de vous. Vous ne nous verrez pas. Vous penserez même que nous sommes comme vous. Il a également laissé entendre que certains membres pourraient se déguiser en antifascistes vêtus de noir. (Tarrio a été arrêté lundi par la police métropolitaine sur des caricatures liées à sa participation à la vandalisation d’églises par Proud Boys le 12 décembre.) ». Rangés les bonnets oranges trop voyants… vive les tenues noires, casques idem… des suprémacistes désormais déguisés en Black Blocks (la technique avait déjà été utilisée dans le Capitole de Lansing, je vous rappelle et je m’en étais déjà inquiété à l’époque, rappelez-vous (un exemple ici à droite) !!!  Le Michigan leur avait bien servi de labo !!). A Minneapolis on avait eu un briseur de vitres, fan de l’Aryan Cowboy Brotherhood, avec le même déguisement. Je reviendrais plus loin sur cette collusion directe entre Donald Trump en personne ou l’un de ses plus fidèles alliés et ces fameux Proud Boys, qui ont à chaque fois servi de levier pour fabriquer le chaos dans toutes les dernières manifestations dans le pays. Pour faire une dictature, c’est bien connu il faut des nervis. En voici de parfaits.

CNN, qui a aussi relevé les messages confondants écrits la veille par les fomentateurs de chaos : « Trump ou la guerre. Aujourd’hui. C’est simple. » « Si vous ne savez pas tirer: vous devez apprendre. MAINTENANT. » « Nous allons prendre d’assaut les bâtiments gouvernementaux, tuer des flics, tuer des gardes de sécurité, tuer des employés et des agents fédéraux, et exiger un recomptage. »  On ne peut être plus clair ! Ça a été balancé ainsi sur les réseaux et c’étaient bien des menaces de mort !

Des menottes qui mènent à un pilote de Phantom

On ne peut être plus clair, en effet, et ça rejoint l’analyse qu’avait faite le FBI sur le terrorisme intérieur US comme quoi c’étaient bien les mouvements d’extrême droite et suprémacistes le danger principal aux USA. Ce que Trump avait écarté on s’en souvient aussi d’un revers de main. L’arrestation des 12 complotistes du Michigan était bien un signe avant-coureur, comme j’avais pu vous en avertir ici-même. A ce propos, la découverte après-coup dans le Capitole de Washington de bracelets de nylon d’arrestation, restés accrochés, abandonnés par les manifestants (cf ici à gauche), montre que l’état d’esprit des envahisseurs était bien le même : certains étaient venus avec la ferme intention d’arrêter des politiciens… voire de les juger de façon sommaire ! Comme à Lansing !!! Le même schéma que pour l’équipe de bras cassés qui avaient voulu kidnapper la gouverneure !!! On a même retrouvé et arrêté depuis deux de ceux qui en avait apporté, de ces menottes de nylon utilisées par la police US et appelées zip-ties. Ils s’appellent Eric Munchel et Larry Rendell Brock. Pour aggraver son cas, Munchel a été vu avec un holster vide à la taille (ici à droite), selon lui contenant un pistolet Taser qu’il aurait « perdu ». Plus un téléphone scotché à son torse pour enregistrer façon GoPro ce qu’il faisait. « Brock a été identifié comme l’un des individus qui auraient pénétré illégalement dans le Capitole portant un casque vert, un gilet tactique vert avec des patchs, une veste noire et camouflage et un pantalon beige », a déclaré la déposition de police. Ce dernier, un texan, pilote à la retraite (il est Lieutenant Colonel, sur Thunderbolt A-10, et il a 53 ans !), a été dénoncé par son ex-femme, qui l’a formellement reconnu en plus de ses patchs bien visibles (comme le rouge ici à droite, c‘est celui, caractéristique, du Phantom II). Le second étant une version texane du Punisher, de Marvel Comics, ici à gauche. Un signe vu partout chez la police, l’armée, les milices, les suprémacistes blancs, et aux réunions de QAnonnistes et même un temps porté en pin’s par Sean Hannity sur Fox News !!! Notre retraité lui depuis travaillait chez Hillwood Airways, une société privée de Dallas appartenant à la famille de Ross Perot.

Celui-là a de l’expérience guerrière en effet : « Il lui ressemble et il a des ailes de pilote sur la poitrine sur cette photo », a déclaré le témoin dans sa déposition. « Il était pilote d’A-10. A travaillé pour L3, et il a toujours des contacts qui travaillent avec L3 qui savait qu’il volait vers Washington DC. » L3 étant la firme la plus orientée vers l’espionnage par avion muni de caméras montées sur boule orientable, (je vais bientôt y revenir). C’est avec ce cas que l’on commence à comprendre la dangerosité de l’événement. Il avait auparavant été vu lors d’une manifestation pro-armes à Houston porteur d’un AR-15 (ici à gauche)… Les deux cherchaient en fait le bureau de Nancy Pelosi : leur objectif était clair !!! C’était elle qu’il voulaient menotter ! Petit rappel de la disposition des lieux ici : les bureaux des politiciens sont autour de chaque chambre :

Si ce n’est un véritable coup d’Etat (l’armée n’en fait pas partie) c’est bien en tout cas une attaque en règle contre le processus démocratique en cours, que l’on souhaitait gripper, voire réussir à remettre en cause, via un « coup de pouce » mal évalué (et un oubli comme on va le voir). Une démonstration de force qui ne pouvait aider qu’une seule personne : Donald Trump. Ironie du moment : c’est le Sénat lui-même qui, le 27 mars 2019, l’avais entériné dans sa résolution S894 , le « Domestic Terrorism Prevention Act of 2019 ». Il y décrivait les 11 attaques terroristes de ces groupes pendent l’ère Trump. L’article 1 déclarait que « les suprémacistes blancs et autres extrémistes d’extrême droite sont la menace terroriste intérieure la plus importante qui pèse sur les États-Unis ». On y recommandait davantage de moyens d’enquêtes. Or Donald Trump, le 8 juin de la même année, avait restreint ses crédits.  Un homme en particulier l’avait relevé : le conseiller Seth G. Jones auteur du rapport sur la dangerosité de ces groupes. Parmi les critiques, celle visant le manque d’hommes du FBI, focalisé par l’équipe Trump sur le terrorisme islamiste uniquement : « Je crois que Christopher A. Wray est un homme honorable, mais je pense qu’à bien des égards, le FBI est paralysé pour essayer d’enquêter sur le mouvement suprémaciste blanc comme le ferait l’ancien FBI. » Wray est celui qui avait remplacé James Comey, viré de manière fort cavalière par Trump le 9 mai, après que ce dernier l’ait mis au courant des éléments contenus dans le dossier Christopher Steele qui courait sur lui, le jour même de son intronisation, s’en faisant un ennemi juré, ce qu’il a décrit dans son livre. Comey a une plus haute notion de servir l’Etat que Trump, mais ça, ce n’est pas difficile à vrai dire. Le directeur du FBI est choisi pour 10 ans, on le rappelle. Le 17 juin 2020, un autre rapport signé Seth avait à nouveau alerté : il s’intitulait « The Escalating Terrorism Problem in the United States« . Là encore il y montrait la courbe ascendante du danger de l’extrême droite dans le pays, en train de sérieusement remonter depuis 2018 : l’effet Trump !

Des mouvements très organisés, devenus les rois des réseaux sociaux, là où s’est préparée avant hier cette insurrection : « ces réseaux fonctionnent et s’organisent dans une large mesure en ligne, ce qui remet en question les efforts des forces de l’ordre pour identifier les attaquants potentiels. Les terroristes de droite ont utilisé diverses combinaisons de Facebook, Twitter, YouTube, Gab, Reddit, 4Chan, 8kun (anciennement 8Chan), Endchan, Telegram, Vkontakte, MeWe, Discord, Wire, Twitch et autres plates-formes de communication en ligne. Internet et les sites de médias sociaux continuent d’héberger des idées d’extrême droite telles que les Quatorze Mots (également appelés les 14 ou 14/88) inventés par le suprémaciste blanc David Lane » (ici à droite), « membre fondateur du groupe l’Ordre. Les quatorze mots comprennent des variantes telles que: «Nous devons garantir l’existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs (We must secure the existence of our people and a future for White children).

Des gens organisés, c’est étonnant à constater, comme… Al-Qaida :  « les auteurs d’extrême droite utilisent également des jeux informatiques et des forums pour recruter. Troisièmement, les extrémistes de droite ont adopté certaines tactiques d’organisations terroristes étrangères, bien qu’al-Qaïda et d’autres groupes aient également adopté des tactiques développées par des mouvements de droite. Dans un message en ligne de juin 2019, un membre de la Division Atomwaffen (AWD) a déclaré , «La culture du martyre et de l’insurrection au sein de groupes comme les talibans et l’EI est quelque chose à admirer et à reproduire dans le mouvement terroriste néonazi.» De même, la Base – un mouvement accélérationniste néonazi vaguement organisé qui partage la langue anglaise nom pour al-Qaida – utilise un processus de vérification pour sélectionner les recrues potentielles, similaire aux méthodes d’al-Qaida. » The Base a été fondé en 21o8 par Rinaldo Nazzaro: c’est le patron d’Omega Solutions International LLC, une société… de sécurité ! Bizarreté de la chose : Nazzaro habite à St Petersbourg… en Russie !

Un rapport qui décrit ce que l’on a étudié ici aussi il y a quelques semaines maintenant (on y vient) : « la menace terroriste de droite comprend également les extrémistes antigouvernementaux, y compris les milices et le mouvement citoyen souverain. La plupart des extrémistes de la milice considèrent le gouvernement américain comme corrompu et comme une menace pour la liberté et les droits. D’autres groupes antigouvernementaux d’extrême droite se sont mobilisés pour protéger une menace perçue pour les droits de possession d’armes à feu. Les milices modernes sont organisées comme des paramilitaires qui mènent des entraînements sur les armes et d’autres exercices sur le terrain. Les Three Percenters sont un groupe paramilitaire d’extrême droite qui prône les droits des armes à feu et cherche à limiter les autorités gouvernementales américaines.  En août 2017, Jerry Varnell, un jeune de 23 ans identifié comme détenant l’idéologie «III%» et souhaitant «lancer la prochaine révolution», a tenté de faire exploser une bombe devant une banque d’Oklahoma, comme lors de l’attentat à la bombe d’Oklahoma City en 1995 (à droite, lire ici). De plus, en janvier 2017, Marq Perez, qui a discuté de l’attaque sur les chaînes Three Percenter sur Facebook, a cambriolé et incendié une mosquée au Texas.Les extrémistes anti-gouvernementaux, qui se mêlent parfois aux mouvements suprémacistes blancs, ont utilisé le mot d’argot «boogaloo» comme un raccourci pour une guerre civile à venir. Plusieurs groupes Facebook et pages Instagram populaires, tels que Thicc Boog Line, P A T R I O T Wave et Boogaloo Nation, ont émergé pour répandre la conspiration boogaloo. La police du Texas a arrêté Aaron Swenson, 36 ans, en avril après avoir tenté de retransmettre en direct sa recherche d’un policier qu’il pourrait tendre une embuscade et exécuter. Avant son arrestation, Swenson avait largement partagé des « memes » sur des pages de boogaloo. »

Trump n’a jamais remis en cause le suprémacisme, même après des tueries dans lesquelles celui-ci avait été impliqué. Sa proximité avec le leader des Proud Boys est pourtant patente et il n’a même pas réussi à la dissimuler lors d’un questionnement à la télévision lors du débat  présidentiel !! « Le représentant démocrate Bennie Thompson, président du Comité sur la sécurité intérieure, a souligné ce point dans une déclaration de lundi après le discours de Trump sur les fusillades de masse du week-end. « Des dizaines sont morts et le terrorisme suprémaciste blanc, depuis des années, est en augmentation et est maintenant notre principale menace terroriste intérieure », a déclaré Thompson. «La rhétorique anti-immigrée répugnante et le nationalisme blanc n’ont tout simplement pas leur place ici. Ceux qui ont détourné les yeux pendant des années – ou ont permis l’extrémisme de droite à des fins politiques – sont au courant. Nous devons faire face à cette menace très réelle et actuelle. La sécurité et la sécurité de nos communautés est en jeu.  » Voilà où on en était avant que tout le monde ne défile… drapeaux en tête !

Une forêt de drapeaux à la symbolique évidente

Ce qui m’a marqué, et vous aussi je suppose, lors de ces événements, c’est l’extraordinaire profusion de drapeaux amenés sur place et fièrement brandis. Des oriflammes à l’effigie de Trump, sous diverses variantes, dont celui bien connu du Trump-Rambo, déjà aperçu dans le Michigan, par exemple. L’un des premiers à rentrer de force dans le Parlement est une variante du drapeau US approprié par les fans et siglé par dessus de deux slogans, au-dessus de deux colts entrecroisés : « Law and Order » martelé ces derniers temps par Trump et « The Right to Keep and Bear Arms ».  Un des plus tourmentés graphiquement. Et encore un défenseur du droit de porter des armes… interdites ce jour-là !

On notera que, tactiquement, un drapeau c’est aussi un bâton et que les armes à feu ayant été bannies dans tout le secteur, par décret de la mairie de Washington, les drapeaux ont aussi servi à ça : un officier de police mis à terre, frappé à coups de drapeau, et idem pour un matériel de l’AFP massacré de la même façon. La seconde arme la plus utilisée étant le diffuseur de gaz au poivre, largement utilisé par les assaillants, bien davantage que par la police, à constater :

Parmi les plus vus, le drapeau du Gadsen, jaune avec un serpent serpent à sonnettes enroulé et les mots «Ne marchez pas sur moi», utilisé par le mouvement du Tea Party et certaines milices extrémistes, avec une variante blanche également (ici à droite). Quand il est ainsi blanc, c’est aussi le « Culpeper Minutemen » de 1775. Ce drapeau a été utilisé par les milices autour de la ville de Culpeper, en Virginie, pendant la révolution américaine, lorsque les «minutemen» (chargés de protéger les gens) ont pris leur nom. En plus du «Ne marchez pas sur moi», il porte les mots «Liberté ou mort»… ce qui en fait ce jour-là un symbole… inquiétant !! Toujours sur le thème du serpent à sonnettes, un drapeau le représentant aussi isolément à été vu en bonne place ici à gauche), sur fond de sept bandes horizontales rouges.. en fait c’est encore un drapeau de combat, mais c’est celui du First Navy Jack de la marine des USA  porté par l’USS Blue Ridge (un porte hélicoptère) notamment de 1975 à 1976.

Le « Thin Blue Line », drapeau US à bandes noires et blanches avec une seule horizontale bleue (cf à gauche ici) , est au départ un symbole de solidarité policière, imaginé récemment en 2014 par Andrew Jacob (le bleu représentant la police). A gauche, une de ses adaptations marquée du nom de Trump. Et le slogan « Keep America Safe » devenu bien dérisoire ce 6 janvier !

Mais il a souvent été récupéré depuis par des suprémacistes blancs lors de rassemblements comme celui «Unite the Right» 2017 à Charlottesville. Et comme par exemple aussi pour les meetings du “Blue Lives Matter”, le contraire du BLM. Plus étrangement, on l’avait vu flotter derrière la scène lors d’un meeting de Donald Trump… au Waukesha County Airport (ci-dessus), dans le Wisconsin le 24 octobre. Pour quelle raison exacte, on l’ignore toujours !!! En tout cas, ça ne l’avait pas choqué il semble…

Sur l’image à droite, plusieurs drapeaux encore : l’ours qui marche en haut à gauche, avec une étoile rouge est celui de la République de Californie, adopté en 1911, à droite le drapeau « à l’envers » à étoiles en cercle est le drapeau de Betsy Ross, devenu symbole hélas du nationalisme blanc. Le noir en bas à gauche celui des droits du second amendement, celui qui reconnaît la possibilité pour le peuple américain de constituer une milice et de porter des armes (on oublie que ça concerne la milice au départ) !!! Le pin vert en forme de cèdre est le Pine Tree Flag (ou « Un Appeal to Heaven Flag« , d’après la phrase de John Locke) vient d’une escadre de six cuirassés sous George Washington. C’est aujourd’hui devenu le symbole du « Biblical conservative », un autre détournement encore. Des vétérans (telle la malheureuse victime abattue par la police) ont participé à l’émeute. Aussi c’est donc sans trop de surprise aussi que l’on a croisé sur place le drapeau rouge de l’US Marine Corps (datant de 1939). Une majorité d’anciens combattants a bien voté pour Trump, mais ses déclarations sur les votes des militaires ont beaucoup fait chuter sa cote, qu’il n’a plus non plus avec la hiérarchie militaire qui le déteste désormais depuis des mois. Comme autre Etat aperçu on a aussi la Caroline du Nord (ici à droite) où Trump a battu de peu Joe Biden (51/48,7). Le Texas, pourtant en pointe de la contestation juridique aura été peu vu comme drapeau (ici à gauche derrière le Gadsen). Le Tennessee a aussi été observé, à un seul exemplaire il semble…  (ici à droite). L’Ohio a aussi été vu, en train d’arriver tranquillement à la manifestation avec en toile de fond la coupole du Capitole (ici à gauche). Là aussi, les milices se répandent, ce que l’on dénonce ici. La pandémie ayant augmenté le recrutement…

On a aussi vu arriver au tout début de la retransmission ce ce qui n’est alors qu’un attroupement devant le Capitole: un drapeau du Connecticut (ici à droite). Biden y est pourtant largement passé devant avec presque 60% des voix. On ne comprend pas bien la présence de ce petit Etat sans problème ici dans ce chaos. Mais les sénateurs démocrates de l’Etat, sous la direction de Martin Looney (ici à droite), y ont déposé en janvier 2020 une proposition pour endiguer la montée en puissance dans l’Etat des milices d’extrême droite, selon eux. Les ravages de l’ère Trump, là encore : « en 2017, la police d’État a signalé 111 incidents de «délit de partialité» dans le Connecticut, en légère hausse par rapport à 2016. Environ 60% des crimes étaient motivés par des préjugés contre une race, une ethnie ou une ascendance particulière, tandis qu’environ 20% étaient motivés par des préjugés religieux. Les statistiques correspondaient aux tendances nationales. La plupart des crimes à caractère raciste étaient anti-noirs, tandis que la plupart des crimes à préjugé religieux étaient anti-juifs. L’intimidation et le vandalisme étaient les formes les plus courantes de ces crimes, ont déclaré des responsables » note le journal The Hartford Courant. Le Connecticut ne revendiquait en 2000 qu’une seule milice privée pourtant : la « Connecticut 51st Militia« . Mais c’est dans le Connecticut que l’on trouvait alors le dangereux suprémaciste blanc Matt Hale (ici à gauche), le leader de la World Church of the Creator, installé à East Peoria en Illinois qui s’était emparé sur place du domaine réservé du KKK. Selon ce rapport de l’ADL,  « l’un des partisans les plus visibles de la WCOTC du Connecticut a été Brian Davis de Wallingford. Bien que n’étant pas un «membre cotisant», Davis était responsable de la diffusion de «White Revolution», une émission de télévision animée et animée par Hale, sur les chaînes d’accès public de sept communautés du Connecticut: Wallingford, North Haven, North Branford, East Haven, Branford, Guilford et Madison. «La Révolution blanche», explique Hale, vise à apprendre aux enfants «à être aussi racistes que possible». En 2005, Hale a été condamné à 40 ans pour avoir tenté d’assassiner le juge  federal Joan Lefko ; manque de chance il était tombé sur un gars du FBI pour faire le coup !!! Heureusement pour tout le monde, Trump semble ne pas l’avoir mis sur ses tablettes de pardon…

Un étendard de l’Idaho (ici à gauche) a aussi été brandi, et là c’est plus logique déjà, car l’Etat vire de plus en plus droitier avec son Idaho Freedom Foundation ultra-conservatrice. Un observateur y a noté ceci récemment : « que ce soit des civils armés qui montent la garde lors de manifestations pacifiques au Capitole pour intimider la foule, des camionnettes traversant le centre-ville de Boise agitant le drapeau confédéré, des manifestants se présentant au domicile du maire pour protester contre son exigence de masque, ou Ammon Bundy (l’activiste anti-étatique, fils de Cliven Bundy, arrêté en août dernier sur les marches du Capitole local) interrompant une réunion de la Conseil de santé du district sud-ouest du comté de Canyon, la dernière chose dont Boise ou l’Idaho doit s’inquiéter est une sorte de prise de contrôle «socialiste» »… C’est là aussi que l’on trouve la Lightfoot Militia. Bundy, par qui tout avait il est vrai commencé : « dans une interview téléphonique jeudi matin (le 7 janvier) avec l’Associated Press, Bundy a reconnu que ses manifestations dans l’Idaho ont peut-être inspiré certains manifestants à Washington, DC Bundy a fait la une des journaux internationaux en 2016 lorsque lui et ses partisans ont pris d’assaut le Malheur National Wildlife Refuge (ici les photos des dégâts comme ici aussi à gauche) dans la campagne de l’Oregon et organisé un Occupation armée de 41 jours à l’appui des éleveurs qui avaient été arrêtés pour incendie criminel sur des pâturages fédéraux. « Partout dans les Etats, dans tout le pays, nous avons une situation où les responsables gouvernementaux pensent qu’ils peuvent aller à huis clos et prendre des décisions pour des personnes là où les gens ne peuvent pas en être témoins », a déclaré Bundy. « Peut-être qu’ils avaient besoin d’un rappel de notre part, mais c’est quelque chose de traditionnel dans notre pays que nos fondateurs ont fait – réaffirmant la prémisse que ce sont les peuples qui sont souverains. » Le ver est toujours dans le fruit, il est bien né dans l’Oregon et s’est disséminé dans l’Idaho… remarquez sur le côté de Bundy le logo à moitié visible des Oath Keepers. Toujours les mêmes en effet ! Lire ici le cas… prémonitoire. Rappelez-vous la menace de Donald : « alors qu’il est empêtré dans le processus d’impeachment qui vient de démarrer, processus que la bêtise (et la peur) des républicains ne permettra pas de faire aboutir, Donald a balancé un Tweet reprenant le propos du pasteur, dans lequel il a évoqué une Guerre Civile à venir, s’il était empêché de gouverner. »
On notera aussi que c’est de l’Idaho que venait un des envahisseurs, celui qui 
escaladait la rotonde (on le verra plus tard plus en détail).

Le Michigan ne peut pas non plus échapper à l’appel après ce qui vient de se passer; il se retrouve en pleine mêlée au milieu déjà des gaz lacrymogènes (ici à gauche), et il nous rappelle qu’on est en contrée de chasseurs là-bas : « ses armoiries représentent un aigle à tête blanche tenant une branche d’olivier et des flèches au-dessus d’un bouclier, ainsi qu’un homme debout sur une péninsule herbeuse agitant d’une main tout en tenant un fusil dans l’autre. Le bouclier est soutenu par un élan et un orignal« . La gouverneure, par crainte de nouvelles manifestations à venir dans le pays, a décrété le banissement des armes à l’intérieur du Capitole de Lansing. Une commission la veille avait voté par 6 voix contre zéro ne plus vouloir voir d’armes à cet endroit… Une très bonne chose ! Parmi les 72 personnes arrêtées à ce jour en lien avec l’émeute de Washington, 6 sont en effet du Michigan : c’est une forte proportion. Parmi eux un homme violent en t-shirt de l’université et veste de cuir (ici à droite) qui est depuis activement recherché. Il semblerait que ce soit en liaison avec l’officier de police décédé.

Pour les milices, sur lesquelles je vais revenir bien sûr, les drapeaux les plus visibles concernaient de loin les III Percenters, les plus présents, mais aussi sciemment déposés dans le champ de caméras des télévisions accourues : leurs leaders ont tout compris à la médiatisation de masse !!! Le drapeau doit son nom à l’affirmation -non prouvée- selon laquelle seulement 3% des Américains se sont battus pour l’indépendance pendant la Révolution américaine. Il est similaire au drapeau de Betsy Ross, comme on peut le voir ici, ces drapeaux déployés côte à côte, tous deux sur le Capitole, avec le III en chiffre romain au milieu du cercle d’étoiles. Se rendre au maximum, visible, même si l’on est peu nombreux !!! Message reçu ce 6 janvier chez eux, où ils ont été omniprésents ! Il a surtout été vu à l’endroit du plus violent affrontement, là où un policier a été tiré par les pieds et littéralement achevé à coups de bottes et de hampes de drapeaux comme l’a montré le New-York Times qui ignore si c’est celui qui est décédé (et qui serait mort lui d’un coup d’extincteur projeté à la tête !).

Par les plus surprenants exhibés, celui montrant un monstre orange, de forme indéterminée, plutôt une pieuvre, avec le slogan désormais bien connu de « Unleash The Kraken ». C’est bien entendu lié aux délires de Sydney Powell, l’avocate déjantée de Donald Trump, et aussi encore une fois à la théorie de QAnon. L’origine est, on le rappelle, une réplique du film Clash of the Titans, où Zeus ordonne à un monstrueux calmar géant de détruire la ville d’Argo…. (lire ici).

Comme autre Etats dans le monde, un drapeau perdu du Canada a été observé dans la foule : cela peut s’expliquer par le fait que les fondateurs des Prouds Boys est en fait canadien. Mais  je vous ai trouvé aussi un tibétain (?) fan de Trump, retrouvé grimpé sur un pylône de feu tricolore (ici à gauche). J’ai inversé l’image pour plus de compréhension... Il a aussi été vu ici. Mais qu’est ce qu’il fichait donc là (à part détester la Chine autant que Trump sinon plus !) ???

On notera comme incongruité de l’envahissement qu’un des entrants sur les marches arborait un drapeau Bleu Blanc Rouge, évoquant… la Révolution Française, qui ne l’a pas porté en 1789 (il a été créé 5 ans plus tard)… mais cela est aussi le signe que certains avaient pu sincèrement penser ce jour-là qu’ils allaient renverser le pouvoir… des Chambres élues pour le rétrocéder à Donald Trump seul, ce qui suivrait aussi la théorie du « jour de la Tempête » annoncée chez QAnon.

Remarquez , on a aussi croisé un drapeau irakien (ici à droite) et un drapeau de l’Inde (à gauche) … ce dernier était apporté par Vincent Xavier Palathingal, originaire de Kochi dans le Kerala, créateur de l’Indo-American Center, et choisi par Trump comme Export Council. Le candidat malheureux sans étiquette du Fairfax County Public Schools en Virginie (avec 10% des votes)… la vieille donc encore !! On trouvera aussi des drapeaux de la République du Sud-Vietnam, jaune à trois bandes rouges. Un souvenir que celui-là, car depuis la réunification il n’y en a qu’un seul pour le pays et ce n’est pas celui-là :  un rayon nostalgie dans la manifestation ?

Le plus étrange est sans conteste celui aperçu dans un couloir avant que ne monte avec sur un toit et son fronton le propriétaire, pour lancer des fumigènes verts : c’est celui, imaginaire, de la République du Kekistan, apparu pour la première fois dans le site 4 Chan en 2017, présenté comme symbole d’une secte inventée par le dénommé Sargon of Akkad qui vénèrerait Kek, l’ancienne divinité égyptienne des ténèbres selon lui (tout est inventé bien sûr). C’est à la fois ésotérique et pas loin des délires de QAnon, associé au personnage détourné de Pepe the frog  qui en serait la réincarnation. C’est surtout fortement inspiré du drapeau allemand de la Kriegsmarine. Et plutôt libertarien ou d’extrême droite, encore une fois  !!!

Autre drapeau très significatif exhibé, celui à la tête de lion stylisé surnommé « VDare/Lion Guards of Trump ». Celui-là relie directement à un extrémiste fasciste particulier dont j’ai aussi parlé ici, à savoir l’anglais Peter Brimelow (ci-dessous à gauche), amené devant la scène aux USA par l’autre inepte de la TV, chez Fox News, j’ai nommé Tucker Carlson.  Ce dernier vient de larmoyer sur la mort de la supportrice tuée par balle, on vient de lui rappeler qu’il  n’avait pas eu les même égards pour celle de Georges Floyd. Il a eu cette fois de la compassion, pas la première fois : « ce sont en quelque sorte de solides Américains et ils sont profondément frustrés » a-t-il dit. « Et je me demande si les gens à Washington – où j’ai passé la majeure partie de ma vie – comprennent pourquoi et comprennent vraiment et sympathisent avec leur frustration? Question sincère ». Presqu’à les excuser, cette fois !!! Il ne changera jamais cet histrion télévisuel sans cervelle ! Le logo sur le drapeau est bien celui d’un site de droite anti-immigration, VDare, fondé Peter Brimelow. C’est censé représenter une citation de Benito Mussolini que Trump avait tweetée en 2016 (« It is better to live a day as a lion than 100 years as a sheep »). C’est devenu après celui de la « Garde du Lion », un groupe de civils formés « pour protéger Trump et ses partisans » selon leurs statuts. Or ce logo est aussi celui qui a fait polémique le 29 août 2019 quand Trump l’a présenté dans un Tweet comme étant désormais son logo officiel de campagne présidentielle. D’une parfaite similitude, relevée alors par le journaliste Dustin Giebel. Cette façon de dessiner la tête de lion porte un nom : c’est tout simplement le « Lion Fasciste » !!! La première fois que le drapeau (sans le lion) avait été déployé était sur le château de Berkeley Springs,  acheté par l’organisation en West Virginia (tout un symbole).

Lors de sa campagne, le logo de America’s First avait également été fortement inspiré de l’aile nazi, avait-on remarqué également. La filiation est évidente et flagrante. Elle provient sans doute  de l’influence évidente de Stephen Miller sur l’idéologue nazillon du cabinet Trump, et même à coup sûr.

Pour les T-shirts, idem, avec quelques surprises, et là encore surgies de mauvaises interprétations, faute de culture. Ainsi on a croisé un t-shirt représentant George Orwell porté par un des « visiteurs », mais celui orné du slogan « Did i call it big brother ? » qui est en fait une récupération conservatrice de ses propos : juste après la publication de 1984, Orwell a en effet été utilisé par la CIA comme outil de propagande. Lui-même a beau leur avoir dit  » écoutez, ce n’est pas tant anticommuniste qu’anti-totalitaire « , ils n’ont gardé de lui que l’anticommunisme ! Si ce qu’à décrit Orwell se rapproche de Trump c’est aussi par la novlangue, une des phrases de Kellyanne Conway en 2017 ayant parlé de « faits alternatifs » à propos d’un mensonge éhonté ayant fait bondir immédiatement les ventes du livre 1984 ! Les « fakes news » de Trump étant sa façon de décrire… les réalités qui le dérangent, lui seul !

On a eu droit aussi à des t-shirts (on en verra d’autres encore un peu plus loin) et des drapeaux marqués de la Croix des Croisés, autre symbole fortement marqué à droite. Là encore une idéologie dont nous avait déjà gratifié le fiston Don Jr avec son AR-15 spécialement décoré (revoir ici). Des drapeaux vantant l’usage des armes étant aussi abondamment déployés dont ceux portant le slogan « Come and Take It » sur fond de bannière confédérée. Ce drapeau date de 1835 comme symbole de défi créé par un groupe de Texans qui avaient résisté aux forces mexicaines en luttant pour l’indépendance du Texas. Depuis, il a été adopté bien sûr par des militants des droits des armes à feu, des défenseurs des droits à l’avortement et même des amateurs de marijuana !!! Au départ sur la bannière d’origine c‘était un canon en bronze qui était dessiné et non un M-16 comme depuis les années 80. Le canon avait en fait été offert 6 ans auparavant par les mexicains et donc retourné contre eux !!! Le plus souvent aujourd’hui, il est trimballé avec dessiné un plus gros Barret .50 BMG dessus (parfois on mélange les trois symboles de l’Etat – ici encore une autre variante, qui a aussi été filmée à Washington, ici à gauche).

Le thème venant de Marvel Comics du Punisher a été abondamment aperçu, on l’a vu, en patchs divers de milices surtout, mais aussi en drapeaux, comme celui-ci au plus fort des affrontements à l’entrée à un étage du Capitole, ici à gauche. Associé à deux fusils entrecroisés et un slogan « Liberty or death «  qui pourrait en dire long sur la détermination des assaillants ce jour-là. En réalité une énième dénomination de la défense du port d’armes, la grande revendication de chaque milice. Chez QAnon, on n’a cessé de faire circuler la rumeur que Joe Biden , une fois élu, ce « socialiste » sinon ce « communiste » viendrait interdire ce second amendement. Ce que semblent croire aussi ces porteurs de drapeaux !!

Et bien entendu aussi, l’un des plus marquants a été la divagation sous la rotonde du Capitole d’un homme porteur du drapeau des confédérés de sinistre mémoire (ici à gauche en train de monter l’escalier). Une journaliste de Business Insider a fait fort justement remarquer que la photo prise sous un angle particulier avait encore plus de sens car sur les deux portails derrière lui figurent d’un côté Charles Sumner (ici à droite, un abolitionniste démocrate et celui de John C. Calhoun, qui défendait lui l’esclavage !!! Sumner connaîtra un épisode terrible au Sénat même, battu au sol en 1856 à coups de canne par un autre sénateur républicain, Preston Brooks.  Au symbole de l’époque, la statue du raciste Calhoun se dresse toujours sur la pelouse située entre les deux chambres, dans le South Carolina Statehouse (le Capitole local). Mais une autre statue de lui a été retirée de la place de la ville de Charleston  à la suite des manifestations nationales déclenchées par le meurtre de George Floyd. Elle y était restée pendant 124 ans « à seulement un pâté de maisons de l’église Mère Emanuel, site de l’horrible massacre par fusillade en 2015 de neuf fidèles noirs par un suprémaciste blanc avoué » note ici The Conversation… Depuis notre homme est recherché par le FBI (et n’est pas le seul…). Signe distinctif : il a un tatouage sous l’œil gauche…

Venus aussi d’Harrisburg… et pas par hasard

On a aussi rencontré à Washington un étendard d’Harrisburg, Pennsylvanie. Ce n’est absolument pas un hasard ; cet été, Paul Nicholas III, 49 ans, un criminel précédemment déjà condamné (ici à gauche), arrêté porteur de deux fusils de style AR-15 illégalement achetés et un pistolet de calibre 45 à Enola, ainsi qu’un fusil Winchester de calibre 30 chez lui à Harrisburg, avait été condamné à 8 mois de prison ferme. Or, au moment de son arrestation, Nicholas était commandant du 41e bataillon de la milice Lighfoot, déjà citée ici, dans le centre de la Pennsylvanie, selon le site Freed !!! Nicholas avait déjà plaidé coupable à des accusations de détention d’armes en août 2018, a précisé le même site. Il avait été cette fois arrêté sur le parking de Nathan’s Cafe au nord d’Enola Road. Un fusil AR-15 chargé entre les sièges avant, alors qu’il n’avait pas de licence d’armes ! Sa condamnation a été suspendue tandis qu’un appel dans une autre affaire de possession d’armes à feu a été décidé par la Cour d’appel des États-Unis pour le troisième circuit. Cet appel a été résolu en janvier, selon toujours Freed. Cette milice, rappelez-vous, avait été mise en cause au cimetière d’Harrisburg, en menaçant un pasteur (blanc, ici à droite) se promenant simplement avec un t-shirt Black Lives Matter sur lui. A Harrisburg, on se promène en revanche sans problème avec le drapeau des confédérés bien en vue… (ici à gauche). Un autre leader de la Lightfoot Militia, chrétien fondamentaliste  habitant dans un modeste bungalow au nom de Christian Yingling, avait aussi été interviewé, après qu’il ait été vu fort actif au milieu de ses 32 hommes en armes lors des événements racistes de Charlottesville. Il avait aussi été vu aux côtés d’Ammon Bundy, lors de l’affaire du Malheur National Wildlife Refuge (notez ici son logo de « Punisher » comme signe distinctif).  Voici le même en costume se présentant comme « défenseur » de la population. Son cas a été réglé ici avec brio : « après avoir été littéralement chassé de Charlottesville samedi dernier par la police locale, Yinling tente désespérément de se refondre, ainsi que son groupe, en tant que «soldats de la paix» neutres et a même offert une «protection» à Black Lives Matter, même s’il n’a aucun record possible trouver de ne jamais faire autre chose que promouvoir la ferveur raciste, anti-gouvernementale et d’extrême droite. L’apparition de son groupe à Charlottesville samedi dernier pour protéger les racistes et les néo-nazis violents est une information suffisante dont les gens normaux ont besoin pour porter un jugement raisonné sur leur idéologie radicale ».

« Sa nouvelle «neutralité» révisionniste nous rappelle CJ Grisham et sa joyeuse bande de cinglés d‘Open Carry Texas qui, il y a plusieurs années, ont menacé la vie des femmes, harcelé quiconque osait être en désaccord avec elles et paradé avec de longs fusils poussant leurs armes radicales et leur idéologie partout (il est ici à gauche).  Lorsque les menaces se sont retournées contre lui, Grisham (ici à gauche) a désespérément tenté de renommer son groupe en bons gars aux yeux de rosée collectant des fournitures scolaires et des conserves pour les défavorisés. Personne n’a été dupe à l’époque, et personne n’est dupe maintenant de la tentative de changement de marque de Yingling. Ne tournons pas autour du pot. Ces «milices d’État» ne sont pas du tout des milices. Ils n’ont l’autorité d’aucune entité gouvernementale pour être des «soldats de la paix». Ils ne sont sanctionnés par aucune autorité autre que leurs propres fantasmes. Toute leur existence est ad hoc et ils n’ont pas de normes de conduite ou de formation autorisées. Les États n’en veulent pas et les forces de l’ordre locales n’en veulent pas. La catastrophe de Charlottesville la semaine dernière a été l’exemple classique de la façon dont ces groupes d’autodéfense ne font rien d’autre que confondre une situation volatile, retarder l’intervention de la police et AUGMENTER le risque plutôt que de l’atténuer. Leur simple présence est une menace ». A droite ici un homme en uniforme de milice indéterminée, mais arborant le logo du Punisher, juché sur un des toits du Capitole lors de son envahissement. Venu lui aussi en tenue complète. Comme celui à gauche, un des premiers entrés, tenant dans sa main gauche une bombe à poivre, et dans la gauche ce qui semble être un étendard enroulé et non un gros bâton. Le slogan affiché sur sa trousse pectorale qui se veut drôle, « My Mom Thinks I’m Special », est vendu comme « décoration tactique », rayon « morale tags »..  C’est aussi un « meme » fort partagé chez les complotistes ou les QAnonistes. D’autres, restés à l’extérieur, ont montré le même équipement complet, agrémenté de maquillages :

« Il est depuis longtemps compris, comme prévu dans les documents fondateurs, y compris la Constitution et la Déclaration des droits, que les milices étaient la première ligne de défense du nouveau gouvernement américain contre les menaces contre ce gouvernement. Ils ont été organisés pour PROTÉGER le gouvernement, pas pour le menacer. Les milices relevaient de l’autorité locale et étatique, sauf en temps de guerre lorsqu’elles étaient fédéralisées. Aujourd’hui, les milices d’État actuelles ne sont pas ces collections autoproclamées et auto-agrandies, les milices d’État font partie de la défense nationale sous la garde nationale, gérée par les États sauf lorsqu’elles sont activées par le gouvernement fédéral. Des groupes comme Yingling’s Light Foot (et Small Brained) «milice» doivent rester à la maison et simplement courir dans leurs propres bois pour jouer à l’armée. Ils n’ont aucun putain d’affairisme à suivre pour enflammer un mouvement déjà englouti de racistes et de néo-nazis qu’eux-mêmes et l’actuelle administration de la Maison Blanche permettent. Rentrez chez vous. Restez à la maison. Arrêtez d ‘«aider». Ci-dessous un de ces hommes en uniforme interviewé en pleine rotonde du Capitole et avouant qu’il n’a aucune idée de ce qui va se passer ensuite : les ordres reçus étaient d’abord d’envahir et de provoquer le chaos, ce qui semble avoir beaucoup plu à Donald (mais celui-là est un isolé qui ne dispose pas de moyen de communication visible) :

QAnon bien présent

Si les étendards ont été en majorité au nom de Trump, un bon nombre de panneaux et de t-shirts l’ont été aussi au nom de la secte de QAnon que j‘avais estimée dangereuse à plusieurs reprises ici, ce qu’elle vient de démontrer avec brio. Pas de drapeaux, mais les habituels « Q » en carton découpé, de façon très artisanale et très basique, révélant à l’évidence que ses admirateurs ne se fondent pas dans une organisation à structure établie : ça fonctionne exactement comme une secte et une croyance, qui peut donc être interprétée par chacun à sa façon ; c’est une auberge espagnole à hoaxes. Elle contient aussi le principe de politiciens pédophiles s’en prenant à des enfants, à l’origine (ridicule) du mouvement dit du Pizza Gate, dont on a eu un exemple parfait avec une manifestante arrivée jusque dans l’hémicycle du Sénat munie d’un grand carton avec le slogan préféré des QAnonistes marqué dessus  (engoncée dans un fuseau -leggings- « America Great Again !).

Comme autre fantasme lors de cette journée chaotique, il y a l’image que je vous ai montrée dans l’épisode précédent pour ouvrir cette série, celle du nœud coulant accroché à une potence de fortune. Or comme le rappelle ici fort justement le scientifique David Gorski, ce n’est pas un hasard non plus car c’est l’expression d’une citation extraite des sulfureux « Turner’sDiaries » dont je vous avais aussi parlé déjà ci-même (c’était ici en note). « C‘est le jour où les suprémacistes prennent le pouvoir et débutent une tuerie de masse pour les traîtres » dénoncés par eux : ce ne sont donc pas que de simples bouts de bois et une corde de chanvre !!! Certains ont visiblement cru que ce jour était arrivé !!!

ABC News en trouvera un en direct de partisan de ce lynchage (cf ci-dessus), qui exprime ici en sous-titres sa pensée. Le plan suivant indiquant « string them’up » :  « qu’on les pende » !!!

Les victimes pas innocentes, QAnon mis en cause

On en est aujourd’hui à cinq morts répertoriés après l’envahissement du Capitole : un policier, trois manifestants qui ont chuté en tentant d’escalader le bâtiment et une femme blessée par balle déclarée morte à l’hôpital (un deuxième policier est mort en se suicidant). Comme  d’habitude les sites « conspis » avaient énoncé son décès de manière erronée (ils ne vérifient jamais rien). Tel celui de ce crétin avéré de Jim Hoft, le Gateway Pundit, qui avait évoqué en scoop « la mort d’une adolescente de 16 ans », une chaîne de TV locale de San Diego précisant aussitôt l’identité de la victime du Capitole. A savoir une jeune femme d’une trentaine d’années, Ashli Babbitt, une vétéran de l’US Air Force (elle y est restée 14 ans !), dont le comportement les mois précédents indiquent qu’elle avait bien attrapé un virus… celui de la secte QAnon,, dont elle débitait les salades et répétait la gestuelle du « satanisme » présumé des politiciens de Washington. Une libertarienne, autre virus qui aura rongé jusqu’à la moelle le GOP. « En septembre, elle s’affichait à un défilé nautique organisé en soutien du Président, portant fièrement un t-shirt «We are Q» (cf ici à droite), en référence à la mouvance complotiste d’extrême droite QAnon. Elle y avait attaché un pin’s indiquant «Enfin quelqu’un qui a des couilles ! – Donald Trump 2020». Comme si cela ne suffisait pas, elle a légendé la photo par l’acronyme WWG1WGA pour «Where We Go One We Go All» (en français «où que nous allions, nous y allons ensemble»), un slogan régulièrement repris par les adeptes de QAnon » précise ici Libération.  Cela allait plus loin encore chez elle : sur Twitter elle avait choisi de se faire appeler « CommonAshSense », le titre du pamphlet de Thomas Payne, Common Sense (le Sens commun) publié en 1776, précurseur de la révolution d’indépendance américaine, toujours selon le journal. C’était aussi un sacré tempérament a rappelé ici Le Monde : « la presse américaine a relaté son tempérament rugueux : ses démêlés avec ses supérieurs, qui l’ont fait quitter l’armée en 2016 avec un grade modeste (aviateur senior, en dessous de sergent) ; la manière dont elle a embouti volontairement en 2017 la voiture de l’ancienne compagne de son mari. »

La pauvre Ashli Babbitt, sous l’influence des délires de QAnon, soutenait sur les réseaux sociaux des complots selon lesquels le juge suprême Roberts et d’autres politiciens de haut niveau de Washington se livraient à la pédophilie. Elle avait également qualifié les ordonnances de confinement de la Californie de « commie bullshit » (merde communiste) et avait qualifié la pandémie de COVID-19 de « fucking joke » (blague stupide). Elle s‘était filmée en selfie en train de se rendre sur place (ici à droite), enroulée dans le drapeau Trump avec lequel elle se fera tuer…. en parlant de « 3 millions de personnes » y allant. Jusqu’au bout, on l’aura trompée (les organisateurs ont tablé sur 5 000 spectateurs par scène, 15 000 en tout,  dans leurs déclarations officielles de demande d’occupation de terrains) !

Elle avait répondu un nombre incalculable de Tweets à ceux du déjanté irresponsable Lin Wood, mais s’était aussi faite manipuler par Jack Posobiec, évoquant un avion plein de supporters de Trump pour venir à Washington, un Posobiec toujours à l’affût de fiche la zone là où il passe….(j’espère qu’il rendra des comptes un jour celui-là !)… ces gens-là sont responsables de sa mort, pour l’avoir incitée à agir de la sorte. Et y perdre la vie au bout (ici le moment où elle tente d’escalader la porte d’entrée fracassée et où l’officier de police lui tire dessus après les injonctions habituelles).

Parmi les autres morts annoncés, outre le policier tué (et un deuxième apparemment suicidé depuis), une autre Qanoniste, décédée, écrasée lors de la bousculade de l’envahissement. Il s’agit de Rosanne Boyland, 34 ans, de Kennesaw, en Georgie. Selon le New-York Post (à prendre avec des pincettes donc) elle aurait eu une longue lutte contre l’addiction à la drogue avant de devenir adepte de…QAnon (c’est en fait confirmé ici par USA Today. Devenue grande fan de Trump, elle avait fait la promesse à sa famille de ne pas s’inscrire dans un mouvement quelconque violent. Ce qu’elle a fait. C’est la violence de la foule qui a eu raison d’elle. On la voit ici à gauche avec son équipement complet de supportrice. Comme affirmation dernière, elle clamait que la pandémie n’était « qu’une excuse pour faire perdre les élections à Trump ». Pour sa sœur,  chez elle, « ç’est juste parti en spirale ». Le phénomène QAnon peut tuer, on vient de le voir… deux fois !!

L’autre décédé s’appelle Benjamin Philips, 50 ans venu de Ringtown, en Pennsylvanie. Plutôt tranquille et bonhomme, il avait organisé un bus (ci-dessus à droite) pour venir à moindre coût à Washington à plusieurs, et avait déposé en cadeau dans chaque sac de participant, un mignon petit kangourou en peluche à l’effigie de Trump (ici à droite), son site internet de fan s’appelant « Trumparoo ». Mort d’une crise cardiaque il semble, hélas, ou d’un AVC. Un homme unanimement regretté pour sa gentillesse, selon tous les journaux. Le dernier étant Kevin Greeson, 55 ans, d’Athens en Alabama. Lui aussi mort soudainement, d’une crise cardiaque également, après avoir « poussé une barrière » selon sa femme. Il souffrait d’hypertension. Sur Parler, la veille il avait écrit « reprenons ce putain de pays ! Chargez vos armes et descendez dans la rue »et« Peut-être que Nancy Pelosi l’attrapera et mourra! (en parlant du Covid 19». En novembre dernier, il avait parlé de la “mise à mort” de Barack Obama ! Comme souvenir de lui, il nous a laissé ce qui semble être ses derniers cadeaux de Noël : édifiant ! 

(1) avec le récit des événements qui ont précédé l’envahissement : « le vice-président Mike Pence a mis les travaux à l’ordre et a lancé l’appel nominal des États. Les résultats de l’Alabama et de l’Alaska, qui ont tous deux voté pour Trump, ont été acceptés sans commentaire. Puis vint le tour de l’Arizona. Les électeurs de l’État avaient incliné le vote présidentiel vers le Parti démocrate pour la première fois depuis une génération, donnant ses 11 voix électorales à Biden et à la vice-présidente élue Kamala Harris. Le républicain américain Paul Gosar, qui depuis deux mois a rejoint les partisans les plus extrémistes de Trump en Arizona pour tenter d’annuler les résultats des élections en invoquant des rapports sans fondement de fraude, s’est levé pour s’opposer à la certification de son État d’origine. Gosar a été rejoint par le sénateur américain Ted Cruz du Texas, un allié de Trump » (ci-dessus ils sont en train de se concerter pour bloquer le plus longtemps possible la décision comme le souhait… Trump). « Les objections d’un membre de chaque chambre ont déclenché un arrêt automatique des débats et chaque organe s’est retiré dans sa propre chambre pour deux heures de débat. Le sénateur démocrate de l’Arizona Kyrsten Sinema, le sixième à prendre la parole, a défendu le processus électoral de l’Arizona au Sénat du Sénat, affirmant que la contestation de Gosar «échouait à toute analyse factuelle» et cherchait à priver les électeurs de leur droit constitutionnel d’élire leurs dirigeants. Elle a exhorté ses collègues à faire passer l’intérêt de la nation avant leurs intérêts personnels, comme l’a fait feu le sénateur John McCain après sa défaite face au président Barack Obama. Juste après la fin du temps de Sinema, les deux chambres ont été évacuées ». En applaudissant Gosar, ce jour-là, les sénateurs républicains avaient montré toute leur servilité, qu’ils ne peuvent plus aujourd’hui que regretter… Cruz, lui, pouvant se rappeler à la fois les injures et humiliations infligées en 2016 par Trump en personne et ses bien étranges amitiés avec… Enrique Tarrio des Proud Boys (cliché ici à gauche). Il laisse derrière lui l’idée d’un vraie lavette que Donald aura totalement essorée.

Document : le superbe travail à saluer qui a permis de gagner beaucoup de temps sur le thème des drapeaux :

https://qz.com/1953366/decoding-the-pro-trump-insurrectionist-flags-and-banners/?utm_term=mucp

Cela reprend et cite les travaux de Laura Scofield :

https://medium.com/@scofield.laura/flags-happen-a-critical-discussion-on-flags-ceaa181cf033

dont la thèse est visible ici : un régal !

 

pour s’y retrouver dans les drapeaux c’est ici:

https://www.allstarflags.com/facts/state-flag-descriptions/

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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