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Un rapport sur les ? crimes de guerre commis contre le peuple syrien ? remis ? l’Onu

Peace Association of Turkey and Lawyers for Justice Ils accusent. 45 avocats, journalistes, d?put?s, syndicalistes, artistes turcs viennent de publier un rapport accablant sur les ??crimes commis contre le peuple de Syrie?? transmis ? l’ONU. Vis?s?: les agissements des groupes djihadistes, la guerre d’agression contre la Syrie. L’ ??Association turque pour la paix?? et les ??Avocats pour la justice?? pr?parent depuis plusieurs mois un rapport pr?liminaire ? des poursuites contre les criminels de guerre en Syrie, et leurs commanditaires. Poursuite devant les tribunaux turcs, et surtout devant les cours internationales. Le rapport vient d’?tre remis ? la Commission d’enqu?te ind?pendante de l’ONU sur les crimes commis en Syrie. L’id?e est de mettre sur pied l’?quivalent du Tribunal Russell pour les crimes de guerre au Vietnam dans les ann?es 1960, exp?rience r?p?t?e pour les guerres en Irak et en Palestine, pour juger des crimes perp?tr?s par l’imp?rialisme. ? leur cr?dit, les avocats et journalistes turcs connaissent tr?s bien le terrain, que ce soient du c?t? des r?gions frontali?res turques, ou en tant que cas que participant ? des ?quipes d’enqu?teurs en visite ponctuelle en Syrie, ou m?me comme reporter de guerre en Syrie. Les avocats turcs se basent sur le ??Statut de Rome?? pr?vu par la Cour P?nale internationale (CPI) et classent les crimes commis en Syrie en trois types?: crimes d’agression, crimes de guerre et crimes contre l’Humanit?. Le premier fonde la poursuite judiciaire, les deux autres sont ?troitement li?s dans l’action des bandes criminelles en Syrie.

Une guerre d’agression?: un crime contre le peuple syrien

Le c?ur de l’accusation repose sur le concept de ??guerre d’agression?? reconnue par un amendement du statut de Rome datant de 2005, concernant normalement un ?tat agresseur. Toutefois,???l’envoi au nom d’un ?tat de bandes, groupes arm?es, troupes irr?guli?res ou mercenaires pour mener une lutte arm?e contre un ?tat???est aussi inclus dans la d?finition. Donc, pour l’Association pour la paix, il s’agit d’abord de d?noncer les instigateurs, les soi-disant ??Amis de la Syrie??, r?unis ? Tunis en f?vrier 2012, ? Doha en juin 2013, qui ont d?s le d?but reconnu le Conseil national syrien, donc apport? leur soutien ? la r?bellion arm?e. Sur la liste des accus?s, cinq noms ressortent?: ?tats-Unis, Arabie saoudite, Qatar, Isra?l, Turquie. Pour les ?tats-Unis, rien de nouveau sous le soleil, l’Association rappelle les plans pour ?liminer tout obstacle ? son plan de ??Grand moyen-orient??, Irak, puis Syrie, enfin Iran. Ils dialoguent avec les groupes arm?s, les coordonnent, leur apportent un soutien financier et logistique av?r?. L’Arabie saoudite cherche, elle, ? isoler l’Iran et ? cr?er une Syrie sunnite sous patronage saoudien. La Syrie investit des milliards pour armer les combattants, les entra?ner, et les commander directement en vue de ses objectifs de puissance r?gionale. Quant au Qatar, il a soutenu d?s le d?but la r?bellion arm?, accueilli la rencontre de Doha en juin 2013, son premier ministre d?clarant alors que le???soutien arm? ?tait la seule fa?on d’obtenir la paix??. Il a depuis m?nag? sa position, cherchant une conciliation via l’Autorit? palestinienne. Enfin, l’intervention d’Isra?l ne s’est pas limit?e au soutien aux groupes arm?es?: livraison de v?hicules aux rebelles, recours ? des frappes ? l’uranium appauvri, accueil de combattants dans des h?pitaux isra?liens, enfin projet d’intervention internationale coordonn?e par Isra?l.

La Turquie, base arri?re de la r?bellion arm?e, premier au banc des accus?s

C’est sur la Turquie toutefois que le dossier est le plus fourni, sa politique imp?rialiste n?o-ottomane rentrant de plus en plus en contradiction avec la dite ??politique de z?ro probl?me avec ses voisins??, qui avait conduit d’abord ? des relations pacifiques avec la Syrie. La Turquie a abrit? l’acte de naissance du Conseil national syrien en ao?t 2011, en mai 2012 les relations diplomatiques avec la Syrie ?taient suspendues, les diplomates syriens exclus. Enfin, en septembre 2012, Erdogan confiait m?me au Washington Port que la Turquie apportait un soutien logistique aux rebelles avant de rajouter, en analogie ? l’intervention am?ricaine en Irak?: ??Nous devons faire ce qui est n?cessaire, et nous allons le faire??. Les actes de collaboration concr?te entre Turquie et rebelles se comptent par centaines, les rebelles utilisant la Turquie comme base arri?re de repli, circuit de ravitaillement privil?gi?, Il suffit de rappeler que des bases d’entra?nement de la dite Arm?e syrienne libre se trouvent dans la province frontali?re turque d’Hatay, que les camps de r?fugi?s se r?v?lent ?tre des bases de repli pour les djihadistes, enfin que la Turquie est le pays de transit pour les armes venant du Golfe. Il est de plus en plus probable que c’est par la Turquie que les rebelles ont pu se doter d’un ?quipement chimique, ce qui est point? par une lettre soumise par 12 anciens haut responsables des service de renseignement am?ricains au pr?sident Obama. Dernier scandale en date, le 15 d?cembre dernier, o? il fut r?v?l? que depuis juin 2013 ce sont pas moins de 47 tonnes d’armes et de munitions qui ont circul? entre la Turquie et la Syrie, selon une enqu?te r?alis?e par l’ONU?! L’?tat turc a volontairement fait de la fronti?re une zone de non-droit, o? prosp?rent trafics en tout genre (armes, voitures de luxe). Les contr?les frontaliers deviennent impossibles, la fronti?re la chasse gard?e des milices islamistes, des bandes de voyous, trafiquants en tout genre. Toutefois, le gouvernement turc contr?le in fine les informations vitales. Les avocats donnent l’exemple de ce djihadiste turc (Burak Yazici) mort en Syrie, que les autorit?s turques avaient bien rep?r? mais laiss? passer pour aller combattre le r?gime d’Assad. Les djihadistes membres d’Al Qaeda patrouillent dans les rues des villes du sud de la Turquie. Human Rights Watch s’indigne de l’hypocrisie turque qui ??accorde un refuse s?r ? des criminels de guerre, des personnes qui ont viol? les droits de l’Homme??. On a m?me trouv? le 7 novembre dernier un camion rempli de lances-roquettes, de bombes et d’armes fabriqu?es dans la manufacture turque de Konya, destin? ? la Syrie, conduit par Heysem Topalca, combattant en Syrie mais jamais inqui?t?… car proche des services secrets turcs.

L’ ??arm?e du crime???: six groupes terroristes, une seule vague de terreur sous couvert de religion

Al-Qaeda, Arm?e syrienne libre (ASL), djihadistes et opposants en tout poil, qui sont les rebelles syriens?? Qui sont ces criminels de guerre en acte, agissant sur ordre des responsables de cette guerre d’agression contre le peuple syrien?? L’association divise ces groupes en six, une distinction complexe et mouvante. Elle souligne que l’ASL et Al Qaeda dirigent ces groupes, bien qu’il faille les concevoir comme des organisations faiblement structur?es, ? l’emprise sur les noyaux combattants assez l?ches. Seules les livraisons d’armes saoudiennes, coordonn?es par la CIA, ont pu unir un temps ces groupes, tout en conduisant ? des rivalit?s r?guli?res pour le partage du butin. Par ailleurs, distinguer les groupes proches de l’ASL ou d’Al Qaeda est souvent impossible, les deux fonctionnant souvent ensemble. Un exemple, Osman Karahan, un turc travaillant comme avocat pour Al Qaeda, mort ? Alep en juin 2012 alors qu’il combattait pour l’ASL. Donc, premier groupe djihadiste en Syrie?: le?Front islamique syrien, de 13 ? 20?000 hommes, reposant sur la Brigade Ahrar Al-Sham. Ce groupe a des liens importants avec la Turquie, l’Irak, est li? avec l’ASL et vise surtout les r?gions Kurdes. Deuxi?me groupe, le?Front islamique de lib?ration, avec cinq brigades. Celle de Tawhid ? Alep est li?e ? l’ASL, celle de Farouk ? Alep et Homs est plut?t proche de la Turquie, les brigades Islam (Damas) et Al Haq (? Homs) rattach?s ? l’Arabie saoudite. Enfin la cinqui?me, Suquour al-Sham, proche d’Al Qaeda, est financ?e par le Qatar. Cette derni?re compte 3 000 combattants, la brigade de l’Islam 10?000. Troisi?me groupe,?Ghuraba al-Sham?compos? d’un grand nombre de citoyens turcs et sp?cialis?e, cela va de soi, dans les attaques contre les zones kurdes. Quatri?me groupe, la?Brigade des martyrs d’Idlib, de plus en plus chapeaut?e par l’organisation islamiste radicale Suquour al-Sham, financ?e par les Qataris, li?e ? Al-Qaeda. La brigade Al-Resul, une autre organisation islamiste radicale, instaur?e et soutenue par le Qatar. ? noter que des organisations bas?es non pas en Syrie mais au Liban, en Irak participent d?sormais aux combats en Syrie, comme la brigade Abdullah Azzam, une organisation salafiste bas?e au Liban, proche d’Al Qaeda ou encore Jund al-Sham compos?e de djihadistes palestiniens. On peut penser aussi ? l’Arm?e libre irakienne, mise sur pied r?cemment par des gens proches de l’ancien pr?sident irakien Tarik Al Hashimi. La plupart de ces groupes fonctionnent directement avec Al-Qaeda. Cinqui?me groupe et pas le moindre, le?Front Al Nosra, organisation islamiste fondamentaliste, qui a jur? all?geance ? Al Qaeda en avril 2013. On estime ? 70 le nombre d’attentats ? la bombe commis par cette organisation terroriste d’ici ? juin 2013. Elle tend ? prendre le dessus dans la r?bellion. On pourrait ajouter finalement l’?tat islamique en Irak et Sham (ISIS), fort ? Homs, Ar-Raqqah et Azez, dont les troupes m?nent r?guli?rement des attaques contre les Kurdes et vont et viennent ? travers la fronti?re turco-syrienne, mais aussi jordanienne.

Crimes de guerre, crimes contre l’Humanit??: une longue liste du martyr du peuple syrien

Les avocats turcs d?notent au moins 19 cas de crimes de guerre recens?s par les Statuts de Rome et 10 de crimes contre l’Humanit? reconnus par l’article 7 des Statuts, les deux d?finitions se confondant souvent dans le cas de la dite Guerre civile de Syrie. Meurtres et massacres?:?L’Association donne comme preuve le cas de 22 attaques meurtri?res, essentiellement des attentats ? la bombe, ayant ?t? directement imput?e aux groupes rebelles, revendiqu?s par eux. Parmi les plus marquants, on peut penser aux v?hicules bourr?s d’explosifs qui ont explos? le 28 novembre 2012 dans un quartier multi-ethnique, peupl? de Chr?tiens et de Druzes, ? Jaramana. Bilan?: 34 morts et 83 bless?s. Le 29 janvier 2013, 80 cadavres ont ?t? retrouv?s, la plupart d’enfants, ex?cut?s les mains attach?s ans le dos le long de la rivi?re Quiq ? Alep, une r?gion contr?l?e par l’ASL. Enfin, le 21 f?vrier 2013, une s?rie d’explosions revendiqu?es par Al Qaeda a fait, ? Damas, 161 morts et 500 bless?s. Extermination de groupes raciaux et religieux?:?les attaques visant les minorit?s religieuses (Chr?tiens, Chiites) ou ethniques (Kurdes, Druzes, Alaouites) se multiplient. On peut penser aux attaques dans les villages alaouites et kurdes ? Latakia. Les militants d’Al-Nosra ont attaqu? le 4 ao?t huit villages de Latakia. Apr?s les avoir bombard?, les djihadistes les ont massacr? ? l’aide de haches, de couteaux et de machettes. Plusieurs centaines de morts?: tous les habitants du village de Hrrata sont morts, seuls 12 ont surv?cu ? Nabata. ? Balluta, les djihadistes ont d’abord pris soin de massacrer les enfants rassembl?s sur la place du village puis les adultes. Selon le rapport d’Human Rights Watch, 190 personnes auraient ?t? massacr?es, 200 enlev?es, les chiffres pouvant ?tre beaucoup plus ?lev?s. Le recours ? des armes chimiques?:?Leur utilisation est av?r?e, tout du moins pour l’attaque dans la r?gion orientale de Guta, ? Damas, le 21 ao?t. Si la Syrie d’Assad a ?t? rapidement point?e du doigt par les agresseurs, les faits montrent une autre direction. La Russie avait d?j? soulign? que les missiles avaient ?t? lanc?s depuis une zone contr?le par Liwa al-Islam, milice islamiste. En mai 2013, l’Arm?e syrienne avait d?j? captur? sur des soldats d’Al-Nosra des ?chantillons de gaz sarin, ou d’armes de destruction massive plus raffin?es. Plus tard, en octobre 2013, une explosion ? la bombe ? la fronti?re turque, sur un poste contr?l? par les Kurdes ? Ras al Ayn, pourrait bien avoir ?t? accompagn?e d’armes chimiques, au vu des sympt?mes d’empoisonnement chez certains combattants, et de la fum?e jaune due ? l’explosion. N’oublions pas que Carla del Ponte, membre de la Commission d’enqu?te de l’ONU, a elle-m?me confirm? qu’il n’y avait aucune indication que le gouvernement syrien avait utilis? ces armes, mais que cela pouvait bien ?tre le cas des rebelles syriens. Attaques contre des b?timents ?ducatifs, religieux, culturels?:?ils sont fr?quents, plus de 2 000 ?tablissements scolaires ont ?t? d?truits dans les combats. En janvier 2013, l’h?pital fran?ais d’Alep a ?t? victime d’une voiture pi?g?e sign?e Al-Nosra. Le 28 mars 2013, l’Universit? de Damas a ?t? victime d’une attaque au mortier qui a fait 15 morts et 20 bless?s. Le 21 mars, c’?tait la mosqu?e Eman qui ?tait vis?e lors de la pri?re du vendredi, l’imam pro-Assad Sheikh Mohammed Said Ramadan al-Buti tu?, ainsi que 42 autres personnes. Les plus grands monuments de la riche histoire syrienne, class?s ? l’UNESCO, ont d?j? ?t? lourdement endommag?s, pill?s?: on peut penser au Krak des Chevaliers, Palmyre, la vieille ville de Damas, les ?difices moyen-?geux d’Alep, le bazar d’Al-Madinah ou la Grande mosqu?e d’Alep. Harc?lement sexuel et viols?:?il est av?r? qu’Al Qaeda et les organisations li?es ? l’ASL ont viol? des milliers de femmes et d’enfants. Selon l’ONG ??Femmes en ?tat de si?ge??, en 2012, 100 cas de viols av?r?s ont eu lieu, 80 % contre des femmes ou jeunes filles. Les chiffres seraient largement sous-estim?s. Toutes les plaintes d?pos?es par les ??Avocats pour la justice?? en Turquie n’ont abouti ? aucune poursuite concr?te contre les criminels de guerre et leurs complices. Pourtant, l’attentat islamiste ? Reyhanli, ? la fronti?re turco-syrienne en mai dernier, qui a fait 46 morts a ?veill? la conscience du peuple turc. Ce fut le point de d?part de la ??r?bellion de juin?? qui a ?branl? le r?gime autoritaire d’Erdogan, aujourd’hui en train de vaciller sous le poids des scandales. D?sormais, les avocats ?pris de justice, les journalistes amis de la paix, les d?put?s soucieux de v?rit? s’en tournent ? l’opinion publique internationale?: il faut que s’exprime un grand mouvement de solidarit? avec le peuple syrien, victime d’une guerre d’agression, que la v?rit? soit dite et justice soit faite face aux criminels de guerre qui s?vissent en Syrie?! Solidarit? Internationale PCF, mardi 14 janvier 2014. Pour trouver le rapport de son int?gralit? (en anglais), allez?sur le lien. solidarite-internationale-pcf.over-blog.net mondialisation.ca

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