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Un bateau fran?ais pour Gaza : d?part symbolique de Marseille

« D?s les lendemains de la guerre de 1967, Isra?l a mis en place ? Gaza une administration militaire, qui restera en fonction jusqu’? la cr?ation de l’Autorit? palestinienne, en 1994, rappelait un article du Monde de juin 2010. Son objectif ?tait clair : affaiblir Gaza, d?mographiquement (par des d?portations dans le Sina?), et par un blocus ?conomique, qui s’exercera par la fermeture du port. Sara Roy, chercheuse au Centre des ?tudes sur le Proche-Orient de l’universit? Harvard et sp?cialiste reconnue de Gaza, explique dans ses publications que « le d?clin, la destruction de l’?conomie et de la soci?t? de Gaza ont ?t? d?lib?r?s, le r?sultat d’une politique d’Etat, consciemment planifi?e et mise en oeuvre. Si Isra?l en porte la responsabilit? principale, ajoute-t-elle, les Etats-Unis et l’Union europ?enne, parmi d’autres, sont ?galement coupables (par leur silence), ainsi que l’Autorit? palestinienne ». Lorsque ?clate la seconde Intifada (septembre 2000), rappelle Sara Roy, « la politique de fermeture d’Isra?l est en place depuis sept ans, entra?nant des niveaux de ch?mage et de pauvret? qui ?taient sans pr?c?dent. Si cette politique s’est r?v?l?e si destructive, c’est en raison d’un processus vieux de trente ans consistant ? int?grer l’?conomie de Gaza dans celle d’Isra?l, qui a sap? la base ?conomique locale en la rendant d?pendante d’Isra?l. R?sultat, lorsque Gaza a ?t? s?par? d’Isra?l par le blocus, les moyens d’une autosuffisance n’existaient plus ». Le blocus et les destructions caus?es par la seconde Intifada sont intervenus « sur une fondation d?j? min?e par trente-huit ans d’une politique isra?lienne d?lib?r?e d’expropriation, d’int?gration et de d?-institutionnalisation, qui avait depuis longtemps d?pouill? la Palestine de son potentiel de d?veloppement, en s’assurant qu’une structure ?conomique (et donc politique) viable ne pouvait ?merger », ajoute Mme Roy. »

Un an plus tard, le 16 juin dernier, huit intellectuels (un politologue, des sociologues, universitaires, chercheurs…) dressent dans le m?me journal le constat suivant : « Les dirigeants des pays occidentaux d?plorent r?guli?rement « l’impasse » des n?gociations entre Isra?liens et Palestiniens. Ne devraient-ils pas cesser de s’?mouvoir et agir concr?tement pour que le droit international soit enfin respect?, en exigeant la mise en ?uvre de leurs propres d?clarations ? Les gouvernements europ?ens, France en t?te, doivent faire r?ellement pression sur Isra?l, pour qu’enfin cet Etat se conforme au droit international, respecte les conventions de Gen?ve et applique les r?solutions du Conseil de s?curit? de l’ONU. « Condamner » r?guli?rement l’Etat d’Isra?l, sans mettre en place des sanctions, est vain. » En cons?quence de quoi les signataires du texte appellent-ils aux actes : « C’est parce qu’ils ne supportaient plus cette passivit? que les passagers de la premi?re flottille ont embarqu? pour Gaza. C’est parce que l’inaction perdure qu’une deuxi?me flottille fera route, dans quelques semaines, vers l’enclave palestinienne, ? laquelle se joindra pour la premi?re fois un bateau fran?ais. Nous, membres de la soci?t? civile fran?aise, soutenons sans r?serve cette deuxi?me flottille de la libert?, pacifique et non-violente, et le signe d’espoir qu’elle repr?sente pour la population palestinienne de Gaza.?Nous demandons au gouvernement fran?ais de confirmer l’?lan que repr?sente cette initiative citoyenne. » Ils rejoignent ainsi les 172 personnalit?s ayant lanc? l’Appel en soutien au bateau fran?ais pour Gaza : « Le blocus de Gaza n’a que trop dur?. Nous ne pouvons plus admettre que la population de ce territoire subisse, depuis plus de trois ans maintenant, une situation profond?ment injuste et inhumaine. Nous ne pouvons accepter que des centaines de milliers d’enfants, de jeunes, de femmes et d’hommes vivent reclus, hant?s par la peur du lendemain, les privations de toutes sortes et l’absence totale de perspectives.

Le blocus constitue de fait une punition collective ? l’encontre de toute la population civile de Gaza, et repr?sente donc une violation claire du droit humanitaire international. Apr?s l’assaut livr? en haute mer ? la ??Flottille de la libert?, le 31 mai 2010, une pression internationale consid?rable s’est exerc?e sur le gouvernement isra?lien, qui avait annonc? des mesures ??d’assouplissement?? du blocus. Qu?en est-il aujourd?hui?? A ce jour, les seuls changements notables observ?s sont l’augmentation des importations de biens de consommation et de denr?es alimentaires et un accroissement des autorisations de circulation aux hommes et femmes d’affaires. Pour le reste, comme vient de le confirmer un rapport publi? par 26 ONG europ?ennes, ??Des espoirs r?duits ? n?ants. Prolongement du blocus de Gaza??, rien n’a chang? ? Gaza. 80% de la population d?pend de l’aide internationale ; les pannes d’?lectricit? durent 4 ? 6 heures par jour et souvent davantage ; 60% de la population ne re?oit l’eau courante qu’une fois tous les 3 ? 4 jours, pendant 6-8 heures. Une ?conomie paralys?e par le manque de mati?res premi?res et l’impossibilit? d’exporter, une population emprisonn?e dans son territoire, une pr?carit? insupportable en mati?re de sant? ou d’?ducation, tels sont les effets principaux d’un blocus qui ne peut plus durer.

Pour tenter d?y mettre un terme, une nouvelle flottille de la libert?, comprenant un navire fran?ais,? doit s’?lancer vers Gaza en juin prochain. Nous soutenons cette initiative citoyenne et non-violente. Alors que de nombreux appels et d?clarations des institutions internationales, de l?Union europ?enne et des Etats sont rest?s sans effet, aussi bien pour Gaza que pour l’arr?t de la colonisation en Cisjordanie, nous appelons tous les citoyens de notre pays ? soutenir activement le bateau fran?ais pour Gaza. Parce que nous voulons manifester notre solidarit? envers la population palestinienne de Gaza et lui faire parvenir une aide humanitaire, parce que nous voulons que nos gouvernements transforment leurs d?clarations en actes, parce que nous voulons que cesse le blocus. Quelles que soient nos origines ou nos convictions, nous nous exprimons au nom des valeurs universelles qui ont ?t? proclam?es pour que chaque ?tre humain se voie reconna?tre sa dignit?. Nous ne demandons pas autre chose que le respect du droit international. »

Le bateau fran?ais prendra aujourd’hui un d?part symbolique et un grand rendez-vous festif de soutien est organis? ? Marseille, ? partir de 14h sur le Vieux-Port, notamment soutenu par le Parti de gauche. Un d?put? communiste fait partie des passagers, Jean-Paul Lecoq, d?put?-maire de Gonfreville l?Orcher (Seine-Maritime). « Membre de la commission des Affaires ?trang?res de l?Assembl?e nationale, il s??tait rendu ? Gaza en f?vrier 2009, peu de temps apr?s Plomb durci, la sinistre op?ration militaire isra?lienne », rapporte Paco sur Le Post. ? Toute la zone d?activit? de Gaza ?tait ras?e, broy?e. Ce n??tait pas que l?effet d?une op?ration militaire. Derri?re les canons, les bulldozers ?taient pass?s. Il y avait vraiment la volont? de terroriser la population palestinienne. M?me les bassins de r?tention d?eau, qui ne sont pas des terrains militaires, ?taient d?truits. Le pr?sident de l?Assembl?e nationale avait promis de reconstruire l?h?pital de Gaza. Nous avions l?intention de revenir un an apr?s pour voir l?avancement des travaux, mais nous n?avons pas eu l’autorisation. Nous y serions pourtant all?s dans le cadre d?une d?l?gation officielle? ? (…) En mai 2010, une premi?re flottille non-violente, pacifiste et humanitaire avait ?tait violemment attaqu?e par la marine isra?lienne dans les eaux internationales. Bilan?: vingt-huit passagers bless?s et neuf morts. ? Des meurtres ? pour Jean-Paul Lecoq qui sera le 18 juin ? Marseille o? une s?rie de rendez-vous politiques et festifs accompagneront le d?part du bateau fran?ais. Le d?put?-maire ne montera ? bord qu?? Ath?nes, le 25 juin, pour la derni?re partie de la travers?e vers Gaza. Dans sa poche, il aura une lettre de Serge Grossvak, militant antisioniste de l?Union juive des Fran?ais pour la Paix, qui dit?: ? Amis palestiniens, je fais le r?ve du jour o? nous c?l?brerons ensemble tout ? la fois les ?tats isra?liens et palestiniens. Je fais le r?ve du jour o? nous comm?morerons tout ? la fois les souffrances juives et palestiniennes. Ensemble, nous serons humains parmi les humains. ? plumedepresse soutient ardemment le bateau fran?ais pour Gaza.

 

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