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Trump : tout avait été préparé dans son hôtel de Washington

Il y a des photos comme ça qui, tout d’un coup, vous font tilt. Celle que j’ai trouvée par hasard, nichée au fond d’un blog d’un des suiveurs de Don Trump Jr, vaut de l’or aujourd’hui. C’est la preuve d’une mise en place d’une stratégie prévue en haut lieu, à savoir à la Maison Blanche même, d’une agitation entretenue sur le net pour à la fois encenser Donald Trump et faire la chasse à ses adversaires, les harceler ou leur tendre des pièges. Tous ceux dont je vais vous parler maintenant, sauf une personne peut-être, on les a croisés cet été nourrissant le compte Twitter présidentiel. Ce sont les mêmes que l’on retrouve aujourd’hui en train de monter des procès dans le vide pour ralentir le dépouillement des bulletins de vote. Et les  mêmes qui venaient prendre leurs ordres dans un endroit bien précis de la capitale : l’Hôtel Trump de Washington, là où tout a été cogité.

Commençons par un cliché pris en direct ce 6 novembre sur ABCNews. Celui d’une dame en veste rouge venue égrener des griefs contre l’élection présidentielle, déjà entendus la veille, recopiés à la ligne près de la longue liste de la bête blessée venue jeter sa morgue au pupitre de la salle de presse de la Maison Blanche (en photo ici à la fin de son discours). Derrière elle, dans une salle du Michigan, des slogans de la campagne de Trump et une portant le slogan « Black Voices fort Trump », déjà vu à Miami hier derrière Pat Bondi, que l’on a beaucoup vue ces derniers jours au premier rang de la contestation. Bondi, c’est celle qui s’est retrouvée mêlée à ce fiasco d’école de Trump, qui s’est terminée par des paiements discrets à des élèves grugés (et à Pat Bondi, alors procureure, pour tasser l’affaire !!!)..

La dame du jour ne m’est pas totalement inconnue: elle s’appelle Amy Kremer. Elle n’a pas toujours été trumpiste. C’est en fait d’abord une activiste du Tea Party depuis 2009 qui est devenue plus tard la responsable de deux PAC (Political Action Committee), supportant la candidature de Donald Trump. Fondatrice du Tea Party Patriots (TPP), elle l’a quittée pour passer au Tea Party Express (TPE, ici à droite avec le drapeau au premier plan). En 2010 elle se retrouve à faire campagne pour Joe Miller en Alaska qui ne nous est pas inconnu non plus : c’est celui derrière lequel s’était rangé notre créateur de milice de l’Oklahoma devenue Alaska Militia (Norm Olson) ! Ce monde est bien petit (et elle aussi, en taille s’entend) ! Elle est ici en photo à gauche le 15 avril 2010 avec Mark Williams du TPE au National Press Club. Notez la déco de l’ordinateur… (un dessin créé par Firas Alkhateeb, supporter du démocrate Dennis Kucinich, mais repris ensuite par tous les suprémacistes !). En 2011, elle embraye derrière Mitt Romney… franchissant une ukase interne interdisant de s’entendre avec un républicain : elle est devenue (ou la toujours été ?) pour plusieurs véritable girouette électorale !!! En 2013 par exemple elle avait soutenu un industriel de Charleston, le businessman Richard Cash qui bataillait contre le sénateur républicain Lindsey Graham !!! La voici décrite par mes soins en septembre dernier : « Kremer (ici à droite), autre extrémiste sans cervelle  a créé Women Vote Trump (ici à droite avec une Ivanka en carton à une de ces réunions  !) ) devenu Women Vote Smart avant de créer Women for America First en 2019 ! Women Vote Smart a fini… dans les dettes !!! En  2017, la même Kremer a proposé de gagner par tirage au sort un fusil AR-15 à ceux qui s’inscrivaient chez elle !!! Amy Kremer est en réalité une grande ratée de la politique : aux élections de 2017 pour le Congrès (ici à gauche)  elle a culminé à un minuscule 351 votes en sa faveur (soit 0.18 des votants !!).  Et c’est à elle , qui ne représente donc RIEN politiquement, que répond donc ainsi un Président enclin à pleurer un néo-nazi (Joe Gibson) !!! Surréaliste !  Son congrès du Women America First, simple caisse de résonance de Trump, se tient du 4 au 7 octobre 2018 au Trump International Hotel à Washington, où on la rencontre alors avec Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de Trump (et aussi peu finaude que son père le gouverneur borné de l’Arkansas )… « S’exprimant lors de l’événement, la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a déclaré qu’elle était fière de faire partie d’un mouvement que Trump a lancé il y a quelques années. «Et nous en voyons le point culminant», dit-elle. « J’espère que dans quelques minutes, nous verrons l’une des choses les plus marquantes qu’il fera jamais, qui est de remodeler complètement le système judiciaire. » Le sénat était en train d’ouvrir la porte de la Cour Suprême au conservateur décrié Brett Kavanaugh par un vote à 51-49.

La dernière fois qu’on l’avait vue faire de l’air et s’activer dans les rues, c’était dans le Michigan toujours, devenue anti-confinement, vous l’auriez deviné, je suppose avec un tel parcours politique ! En même temps, elle organise aussi des manifestations pro-life : quand on est de droite comme elle le montre, ça va de soi ! Le Tea-Parry est vite remonté à la surface chez la récente républicaine déclarée !!! Avant tout, ça reste une agitatrice, qui se repaît du chaos sans jamais proposer quoi que ce soit bien sûr… « Au milieu d’une série de manifestations anti-lockdown, y compris jeudi dans le Michigan qui a vu des manifestants – certains armés – prendre d’assaut la capitale de l’État pour demander la fin des ordres de rester à la maison, plus de 50 manifestations devraient commencer à travers le pays vendredi. organisé par un groupe pro-Trump lié au président, y compris dans les points chauds du coronavirus comme New York et Los Angeles. Women for America First, un groupe pro-Trump présidé par l’ancienne présidente du Tea Party Amy Kremer – qui dirigeait le principal super PAC soutenant Trump en 2016 – a aidé à organiser des dizaines de manifestations anti-lockdown vendredi et samedi, selon le site Web du groupe (…). Le groupe affirme que le but des manifestations (qui rameute des anti-vaccins comme on peut le voir ici à droite sur la photo) est de repousser les « tyrans du gouvernement de l’État » et que les rassemblements seront des rassemblements « drive-in ». Mais interrogée sur les manifestants qui pourraient violer les directives de distanciation sociale à la suite de nombreuses manifestations, Kremer a déclaré à ABC News qu’elle «ne peut pas contrôler ce que font les gens».  Et faux-jeton, en plus, avec ça !

Embarquement dans le Trump de Donald du 3 novembre

Des manifestations anti-confinement au dépôt de poursuites contre la continuation du décompte des bulletins dans le Michigan il n’y a donc qu’un pas, en bonne trumpienne convertie. Au lendemain de la déclaration de Donald Trump du 3 novembre, on la retrouve derrière un site web monté en quelques heures. Il s’appelle Stop the Steal et son nom n’a pas été cherché très loin ou plutôt on a vite une idée de celui qui l’a soufflé:  un site du même nom et fort ressemelant avait été mis en ligne en 2016 par…  Roger J. Stone Jr !!!  Avec Donald, on revient toujours invariablement aux mêmes !!  C’est le même, en effet, ressuscité pour l’occasion (il avait écrit 8 règles précises à suivre à voir ici en renvoi (1)) !!! On a donc clairement affaire à une réédition d’une technique inaugurée il y a quatre ans !!!

La méthode Stone

Le site développait une effet une pratique d’agitation fort tordue, bien dans la ligne des activités d’intimidations habituelles de Roger Stone expliquées ici par ABC News : « Pendant des semaines, le groupe a utilisé une rhétorique incendiaire pour motiver ses membres à se présenter demain dans les zones contestées pour participer à une enquête auprès des électeurs quittant les bureaux de vote. Mais après que les démocrates aient poursuivi le groupe pour complot présumé visant à intimider les électeurs minoritaires, Stop the Steal met maintenant en garde les observateurs du scrutin de ne pas parler aux électeurs avant que les bulletins de vote ne soient déposés, d’entrer dans les bureaux de vote ou de porter des affiches qui promeuvent un candidat ». En résumé c’était organisé très précisément avec une feuille de route à suivre précise pour les agitateurs !!! Ici on a même Roger Stone expliquant sur scène le procédé  !!!

Derrière l’action, il y avait un racisme évident : « Stop the Steal and Stone a récemment fait l’objet d’un examen minutieux après que les avocats des plaignants démocrates ont déposé plusieurs poursuites contre eux, ainsi que la campagne Trump et divers partis républicains. Les démocrates ont accusé les accusés de conspirer pour interférer avec les votes des minorités raciales en violation des lois sur les droits civils de longue date datant de l’ère de la reconstruction après la guerre civile par le biais de la loi de 1965 sur les droits de vote. Dans les dossiers judiciaires, les démocrates soutiennent que l’opération de vote à la sortie de Stop the Steal ne sert aucun but légitime, mais est simplement un prétexte pour harceler et intimider les électeurs démocrates plutôt de couleur . Ils disent que la ruse va de pair avec les accusations passionnées et racistes de Donald Trump de truquage des votes et ses appels aux partisans de surveiller le vote dans «certains domaines», ce qui, selon les démocrates, est un code pour les communautés minoritaires ».

Roger Stone était allé expliquer sa technique où ça aussi , à vote avis ? eh ben chez Alex Jones bien sûr !!! Le 8 avril 2016 ! Plus amusant quand on découvre que cette technique intrusive de blocage des centres de vote, Trump la destinait aussi à son adversaire direct au sein même du parti républicain, Ted Cruz, devenu son meilleur ami depuis (le défendant au Congrès à propos des réseaux sociaux, en fait la liberté de laisser passer les mensonges, de Giuliani !). Un Tex Cruz soutenu alors par… Ey Kremer (cf ici à droite) !! Elle n’en aura pas raté une celle-là  !!! Quel gag grotesque ! En ce cas, cela s’appelait pompeusement le Trump Ballot Security Project qui prétendait aller vérifier les conditions de vote dans les primaires du Texas !!! Incroyable  !!! Et on l’avait oublié ! Ou plutôt Donald Trump ne tient pas à ce qu’on lui rappelle aujourd’hui et ça se comprend plutôt !!! Car c’est quelque chose qu’il a déjà pratiqué quatre ans auparavant !!!

Evidemment l’armada d’avocats de Trump avait tout prévu au cas où (comme aujourd’hui encore !) : « Stop the Steal maintient sa mission est d’assurer l’intégrité du vote en collectant des données de vote à la sortie pour les comparer aux résultats des machines à voter dans les zones fortement contestées. Les avocats du groupe font valoir que son droit de mener un sondage de sortie – même celui qui ne répond pas à des normes scientifiques rigoureuses – est protégé par le premier amendement. Mais dans un affidavit sous serment devant un tribunal fédéral du Nevada hier, Stone a promis que Stop the Steal donnerait des instructions à ses volontaires pour les mettre en garde contre certaines conduites qui pourraient interférer avec les électeurs dans les bureaux de vote, et une liste de règles que Stone soumise au tribunal a été publiée plus tard à stopthesteal.org. Le ton de la nouvelle orientation, qui met l’accent sur le contrôle de soi, contraste fortement avec d’autres sections du site Web de Stop the Steal, qui présentent des références terribles et urgentes aux bénévoles en tant que «protecteurs de vote» dont les actions «détermineront à jamais si les générations futures d’Amérique continuent. vivre une vie de liberté. » « Votre aide est nécessaire, elle est respectée et elle est appréciée », lit-on dans un message dans la section « À propos » du site Web de Stop the Steal. «Avec ce mouvement, vous pourrez un jour raconter à vos petits-enfants ce que vous avez fait pour aider SAVE AMERICA !!!» 

La même technique appliquée hier en Arizona et à Philadelphie

Une partie de ce message est resté le même aujourd’hui : se rendre sur place et intimider, non plus les votants, mais cette fois les observateurs des centres de tri ! C’est la campagne lancée dès le 3 novembre par Amy Kremer, associée à un autre spécialiste de l’agitation : le troll en chef Jack Posobiec, bien connu ici ! Car ce sont les deux personnes spécifiées comme étant le créateurs du nouveau Stop the Steal, deuxième du nom !!! L’ancien de Stone, ressorti de son tombeau médiatique ! Un site qui, à peine créé sur Facebook, s’est retrouvé aussitôt repris et amplifié par Breitbart news mais aussi à vitesse grand V par les complotistes de QAnon avec l’intitulé #StopTheSteal.  Ou par The Gateway Pundit de l’infâme Jim Hoft qui est aussi un des tous premiers à prendre le train du mensonge alors qu’il vient juste de quitter le quai du départ de Washington. Le site ne contiendra plus depuis le 3 novembre que des racontars sur la manipulation des votes, évoquant des machines « chinoises » de comptage lorsqu’elles sont… canadiennes (Dominion), à partir de disfonctionnement dans certains bureaux de vote (logique, ce sont des anciennes Diebold à peine recarrossées !!!), ou mettant en avant l’activité d’un agitateur de la boucle de recrutés par Roman: Alex Jones, montré au mégaphone en train d’invectiver les gens en Arizona, devant un centre de tri électoral,  en utilisant les éléments de langage distribués par la Maison Blanche, en l’occurrence ici les accusations QAnonistes contre la fameuse « BigTech » (citée aussi par Trump dans son second discours hallucinant)  ! « Big Tech a fait tout son possible pour annuler Alex Jones, mais cela n’empêche pas la foule lors de la manifestation du bureau des élections de l’Arizona de lui donner un accueil bruyant. Le fondateur d’InfoWars est arrivé ce soir, mégaphone à la main, pour soutenir la foule passionnée de partisans de Trump qui résistent à la fraude électorale ». « Ils ont essayé de voler les élections pour les Chicoms, mais l’Amérique se réveille et vous êtes les meilleures personnes du pays! nous vous saluons!  » cria-t-il à son arrivée, alors que la foule commençait à devenir folle » écrit le Pundit.  «L’Amérique est unie et l’Amérique est réveillée!» avant qu’un chant de «1776» n’éclate. «Je vous admire, et je vous salue et vous apprécie! cria-t-il à la foule. «Le monde regarde l’exemple de l’Arizona. Le président regarde l’exemple. Nous ne les laisserons pas voler dans votre ville. Nous ne les laisserons pas le voler en Pennsylvanie! »«L’Amérique n’est pas parfaite, mais c’est notre pays. Et ce pays est capturé par les mondialistes et les Chicoms qui possèdent Biden, et nous ne laisserons pas un agent communiste chinois prendre le contrôle de cette république. Nous défendons la république maintenant, en ce moment incroyable. » Pure propagande ne reposant sur rien (Biden en « agent communiste chinois ??? »)  : en Arizona, comme partout ailleurs, des observateurs républicains sont aux côtés de leurs adversaires politiques pour contrôler le bon déroulement des opérations !! Ils auront fait ça pendant des jours et même aujourd’hui quatre jours d’affilée !!! Une chose qui sera oubliée  constamment dans toute la communication biaisée et mensongère de ces activistes menteurs ! Un joli paradoxe que cette approche, car Jones et la Maison Blanche cherchent alors à discréditer ce qui leur permet de répondre leur fiel sur les réseaux : c’est le serpent libertarien du Gadsden Flag qui se mort la queue !!!  On réécoute The Snake, tiens, qui me reste dans la tête depuis deux jours !

Une rapidité de dissémination qui ne s’explique que par une action concertée… émanant directement de la Maison Blanche (où l’on fait des signes suprémacistes, ceux prônés par QAnon) et des activés d’une personne déjà décrite ici appelée Mike Roman, l’agitateur coordinateur, créateur du Defend the Ballot dédié à la même activité, à la place du Roger Stone des envoyés sur le terrain que nous avons vu hier : Pat Bondi, Eric Trump, Rudy Giuliani, Corey Lewandoski, Adam Laxalt ou Richard Grenell associé à Matt Schlapp (ici à droite). Les fantassins de l’offensive en rase campagne dirigée du bunker blanc qu’est devenu la Maison Blanche. Une offensive rapidement mise en place, car étudiée de façon concertée et proposée dès… 2018, comme option à envisager, au cas où. Sur Fox News c’est vite relayé par la harpie Laura Ingraham et le suprémaciste Tucker Carlson, donnant une autre dimension encore à la contestation et à l’agitation (ces deux-là sont de vrais criminels en ce sens). Ou avant tout de créer un doute, un discrédit : « il y avait peu d’indications que la campagne de désinformation aidait la campagne Trump devant le tribunal, où elle cherchait à utiliser de petits exemples d’erreur de travailleurs ou de fautes techniques pour contester les bulletins de vote démocrates, elle semblait néanmoins susceptible de faire une chose: persuader un large éventail de Les électeurs américains que toute présidence de Biden était volée par des moyens illégaux et inconstitutionnels » écrit le New- York Times.. C’est le « mentez, mentez encore et il en restera bien quelque chose » de… Goebbels.

Viser le public jeune 

Au sortir des urnes, un sondage a montré que les jeunes électeurs ont massivement voté pour un vieillard appelé Joe Biden : c’est un des (nombreux) paradoxes du 3 novembre. L’équipe de  Trump ne possédant pas d’activistes de ce type a dû se rabattre sur un exemplaire… particulier, disons, pour atteindre ce public précis. Selon le New-York times, « un jeune (nota : très jeune !) activiste conservateur, John Doyle, qui dirige une chaîne YouTube appelée Heck Off, Commie!, faisait circuler un document Google qui encourageait les gens à éviter la prétendue fraude en Pennsylvanie et à faire pression sur les législateurs des États «pour qu’ils votent comme des républicains!» Le document, qui énumère les noms et les numéros de tous les législateurs de l’État, a été créé mardi – c’est-à-dire avant que le président ou ses alliés ne prétendent que l’élection avait été volée en Pennsylvanie. M. Doyle n’a pas répondu à une demande de commentaire et son compte Twitter, @ComradeDoyIe, a été suspendu jeudi pour avoir enfreint les conditions de service de la plateforme » (il est ci-dessous). Il y était écrit « Les chiffres n’ont pas changé. Tout le monde est rentré chez lui. Reposez-vous, les garçons. Trump a gagné. La seule chose qui reste est qu’il est reconnu par ceux qui le haïssent (parce qu’il aime et se bat pour nous) »… affligeant ! On peut entendre ici ce petit c… prétentieux (désolé mais je ne vois pas d’autre adjectif à lui attribuer) s’en prendre aux partisans au réchauffement climatique : sidérant de bêtise !!! Il est ici En Pennsylvanie, puant de prétention, se faisant rembarrer en fait par des partisans de Biden qu’il essaie de retourner… sans aucun succès ! Son essai de détournement de didgeridoo aborigène a fait un flop complet  !!! Il est.. ridicule, et se filme lui-même ridicule : un comble de crétinisme !

L’un des agitateurs du net, Mark Levin, bien connu ici comme grand supporter de Trump sur Fox-News (le mot est faible), opposé au confinement (cf ici à droite), a lui aussi été mis dans la bouche (c’est le « petit monde de Donald », encore lui !) et selon le NYT écoeurante  « a fait écho à l’appel de M. Doyle demandant aux législateurs des États républicains de ne pas tenir compte du résultat du vote. Dans un tweet de jeudi, il a écrit: «rappel aux législateurs de l’Etat républicain, vous avez le mot final sur le choix des électeurs, pas sur aucun conseil d’élections, les secrétaires des Etats, le gouverneur ou même les courts (de justice). vous avez la direction finale. »…Une remarque débile connaissant l’Arizona ou la Georgie, alors aux mains des … républicains !!!

Des Book Brohers partout !

Tout cela partant bien de la Maison Blanche, selon le NYT : « Aujourd’hui, Mike Cernovich (grand fan du « pizzagate » menant à QAnon fort apprécié par Trump Jr !)  fait passer un message de fraude électorale généralisée en étroite collaboration avec le président, ses enfants et des membres bien établis de son entourage, comme son avocat personnel, Rudolph W. Giuliani. Prises ensemble, l’activité médiatique et les manifestations émergeaient comme une version nationale et en ligne de «l’émeute de Brooks Brothers» au lendemain de l’élection présidentielle de 2000, lorsque de jeunes agents républicains, affirmant une fraude, ont pris d’assaut le conseil de contrôle du comté de Miami-Dade en Floride et a effectivement mis fin aux efforts de recomptage qui devaient profiter au candidat démocrate, Al Gore » . Bush s’en était remis alors à la Cour Suprême des États-Unis qui était alors composée de gens excessivement partisans, qui ont validé son élection à 5 voix entre 4. En Floride, Bush avait été certifié vainqueur par 537 votes seulement, ce que Gore avait contesté. On commence à comprendre que le remodelage de cette même Cour Suprême par Donald Trump ne vise que le même but, tout simplement !!! Encore quelque chose prévue de longue date, donc ! Des Books Brothers bis partout !

Sur place, en Pennsylvanie, on a fait suivre l’intendance : quand des protestataires s’accumulent devant le bureau de tri de Philadelphie, ameutés par Jones, Jim Hoft, Posobiec et Amy Kremer, ils trouvent par terre, sur place du matériel pré-siglé, aux nom de… Trump-Pence ! Tout a été… sciemment préparé ! L’agitation visible n’est pas apparue spontanément (ici à gauche c’est à Detroit) : elle a bien été télécommandée !!! Une agitation, qui une fois lancée, est devenue autonome, inventant tous les jours mensonge sur mensonge supplémentaire : « de nombreux messages ont partagé des histoires anecdotiques faisant état de fraude électorale ou d’intimidation contre les partisans de M. Trump. Un message affirmait que les agents du scrutin comptant les bulletins de vote portaient des masques avec le logo de la campagne Biden, tandis qu’un autre a déclaré que les partisans de M. Trump avaient délibérément reçu des bulletins défectueux qui ne pouvaient pas être lus par des machines » écrit  le 6 novembre le NYT. Dans le centres de tri, comme dans les centres de vote, tout signe politique est proscrit, tout le monde sait ça, et les observateurs des deux camps obligatoirement présents y veillent attentivement !!! L’autre assertion étant tout aussi ridicule, les bulletins, pour être comptabilisés et scannés pour devenir tableaux informatiques, devant être lisibles, sinon ils sont rejetés et ne comptent donc pas au décompte final  !!! C’est absurde comme argument ! A Detroit, un de ceux qui avait forcé l’entrée de la salle portait un t-shirt avec le drapeau cher aux III Percenters !!!

Le trio infernal conspirationniste repéré ensemble en 2018 à Washington 

Et c’est comme cela que nous arrivons à notre photo fondamentale : elle est fort significative, comme l’est l’endroit où elle a été prise. Elle réunit trois acteurs fondamentaux de ce que l’on vient de décrire comme étant les relais directs de Donald Trump ! Jim Hoft, du Gateway Pundit, et Jack Posobiec entourant la minuscule… Amy Kremer !! Le cliché est daté du 19 janvier 2018, et on reconnaît vite derrière le décor : c’est celui de l’hôtel de Trump à Washington, devenu repère d’activistes et des contacts des coups tordus de Donald Trump…

Ce n’est pas Shining, comme film, mais ce qui s’est baladé pendant 4 ans dans les couloirs de cet hôtel a de quoi effrayer aujourd’hui, quand on y songe rétrospectivement. Le lieu lui-même est à l’image de Trump, un gars endetté d’une « peanut » à 421 millions de dollars, car il y fait dedans ce que la loi lui interdit pourtant : « Un hôtel à Washington, D.C., est particulièrement problématique, car il est situé dans l’ancien bureau de poste, un bâtiment historique loué au gouvernement américain. Trump viole clairement les conditions du bail, qui stipulent clairement qu’aucun responsable américain élu «ne sera admis à une part ou une partie de ce bail, ni à tout avantage qui pourrait en découler.» Mais l’agence fédérale en charge du bail, l’Administration des services généraux, n’a pas fait appliquer cette disposition relative au bail, une mesure anti-corruption de bon sens et un langage standard dans les contrats de location fédéraux. Tout naturellement, les rédacteurs de la Constitution étaient préoccupés par la capacité des gouvernements étrangers riches à s’attirer les faveurs des fonctionnaires avec des paiements et des cadeaux somptueux et ont placé une disposition anti-corruption dans la Constitution américaine. Connue sous le nom de clause sur les émoluments étrangers, elle interdit à tous les fonctionnaires fédéraux de recevoir «tout cadeau, émolument, office ou titre, de quelque nature que ce soit, de tout roi, prince ou État étranger» sans le consentement du Congrès. Contrairement à Trump, les dirigeants américains dans le passé ont pris cette protection constitutionnelle au sérieux. En tant que premier ambassadeur des États-Unis en France, Benjamin Franklin a reçu l’approbation du Congrès pour garder une tabatière ornée de diamants du roi Louis XVI. Le président Andrew Jackson s’est vu refuser la permission du Congrès d’accepter un bijou en or du président colombien Simon Bolivar. Le Congrès a demandé au président Abraham Lincoln de remettre au département de l’Intérieur une épée et deux défenses d’éléphant que lui avait envoyées le roi de la Thaïlande moderne. Alors que la première dame Jackie Kennedy gardait un cheval offert par le président du Pakistan, les présidents ont généralement remis des cadeaux aux Archives nationales ».

 « En revanche, Trump n’a manifesté aucun intérêt apparent à se conformer aux protections anti-corruption ou aux normes éthiques, comme en témoigne la décision de courte durée de l’administration Trump de tenir le sommet du G-7 des dirigeants internationaux au complexe de golf Trump Doral, perdant de l’argent en Floride. Cette décision a été rapidement annulée sous la pression des républicains. Mais Trump a blâmé les journalistes pour l’examen minutieux de ce qu’il a appelé «cette fausse clause d’émoluments». En réponse, plusieurs démocrates du Sénat des États-Unis ont présenté la loi intitulée «Scrutinizing White House Activities that Make Profits (SWAMP) Act», qui interdirait l’utilisation de l’argent des contribuables pour organiser des réunions avec des chefs d’État dans les propriétés de Trump ou dans toute propriété appartenant à un président. »

Nos trois lascars, en plus, le jour où ils paradaient dans l’hôtel devenu tirelire véritable de Trump (ce doit être le seul rentable !, et lieu de convergence des lobbyistes présidentiels, participaient en fait à deux jours de réunions destinées à apporter de l’argent à la campagne de Trump. Trump en avait profité également pour passer en revue les troupes devant mettre en place non pas sa campagne politique elle-même, mais une large compagne de désinformation, axée sur ses fixations et ses lubies : l’Ukraine, le fils Biden, la perturbation des votes (il sera pris de cours par le Covid19 qui l’a privé, c’est évident, des tentatives à la Stone de faire peur à des votants.  Il a dû se rabattre sur la vieille technique des appels téléphonique perturbateurs de Karl Love, sous G.W.Bush comme d’annoncer des changements de date de dernière minute ou de lieu de vote). Pour l’Ukraine, c’est donc sans surprise aussi qu’à la même date (la veille en fait) et dans le même lieu c’est là qu’il a rencontré Lev Parnas et même son fils Aaron.  Trump affirme depuis ne connaître ni l’un ni l’autre!  Hélas encore, les photos de la rencontre plaident en sa défaveur (à droite c’est même aussi Don Jr !) :

C’est dans le même hôtel que lors d’un dîner, tenu le 30 avril 2018, Donald Trump a ordonné de se débarrasser de l’ambassadrice Marie Yovanovitch devenue trop gênante pour lui !!! « Débarrassez-moi d’elle! » C’est ce que la voix qui semble être celle de Trump fait entendre. « Faites-la sortir demain. Je m’en fiche. Faites-la sortir demain. Sortez-la. OK? Faites-le. » A Mar-a-Lago même (ci-dessus à droite), le lieu de résidence) et de vote- de Trump, le 21 mai 2018, c’est le fils Trump (Don Jr) qui avait été pris en photo en compagnie d’un invité, de Lev Parnas et d’Igor Fruman, aujourd’hui tous les deux inculpés. Et que dire du cliché isolé d’Aaron Parnas, fils de Lev, avec Don Jr !!!Le tout chapeauté bien sûr par Rudy Giuliani, présent lui aussi sur place au Washington Hôtel comme on peut s’apercevoir ici à a gauche en pleine séance de selfie avec… Lev Parnas  !!!  Croire que toute la stratégie trumpienne y a été préparée là, avec comme objectifs en 2018 de d’abord chercher à salir l’adversaire, bien plus redouté que montré à l’extérieur (en l’appelant « Sleeepy Joe » par exemple), ce sera l’épisode grotesque décrit ici, et en second en préparant une équipe de perturbateurs d’élections comme cela avait été fait en 2016 par Roger Stone. Le Covid19 a fait déraillé le second plan, car ils n’ont rien compris à la Maison Blanche à la pandémie (et continuent à le faire : ce matin 7 novembre, c’est le fidèle des fidèles Mark Meadows que l’on annonce contaminé, certainement à la soirée du 3 novembre où Trump a annoncé une victoire prématurée… et complètement fausse..)

Trump, au final,  aura été victime deux fois de son incompréhension de la pandémie… jusque dans les urnes !!!

PS : au final, Dieu aussi l’a lâché….

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

(1) Voici les règles soumises par Stone à la cour fédérale du Nevada, qui ont ensuite été publiées sur stopthesteal.org: Vous ne devez pas:

1. Parlez (ou encouragez quelqu’un d’autre à parler) à un électeur avant qu’il ne se rende dans un bureau de vote, de QUELQUE CHOSE, ou qui semble faire la queue pour voter ou se rendre dans un bureau de vote.

2. Parlez à TOUTE PERSONNE à moins de 100 pieds de l’entrée de tout bureau de vote

3. Entrez dans un bureau de vote pour toute autre raison que pour voter vous-même, et lorsque vous votez vous-même et à l’intérieur d’un bureau de vote, dites ou faites tout ce qui n’est pas directement lié au vote.

4. Enregistrer par audio ou vidéo ou par toute autre méthode de reproduction sonore ou vidéo les commentaires de quiconque a voté sans l’autorisation de cette personne

5. Portez ou affichez tout badge, bouton ou vêtement faisant la promotion d’un candidat ou d’un parti politique

6. Photographiez le déroulement du vote dans un bureau de vote ou enregistrez le déroulement du vote, ou de tout électeur en ligne pour voter (quelle que soit la distance d’un bureau de vote) ou qui semble se diriger vers un bureau de vote pour voter ou qui se trouve à moins de 100 pieds d’un bureau de vote même si cette personne a déjà voté

7. Indépendamment de la distance par rapport à un bureau de vote, demandez à toute personne qui n’a pas encore voté son nom, son adresse ou son affiliation politique ou comment l’électeur compte marquer son bulletin de vote.

8. Notre objectif est de mener un sondage de sortie neutre, scientifiquement fondé et méthodiquement solide dans certaines circonscriptions ciblées afin de préparer le sondage de sortie actuel.

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4 Commentaire

  1. avatar

    La « spiritual » adviser » est, pour nous, non « américains », lamentable et représente un pan de la culture américaine qui nous échappe.

    https://www.nbcnews.com/video/watch-trump-s-spiritual-adviser-paula-white-lead-prayer-service-for-outcome-of-election-95408709868

    Pour saisir un peu mieux la mentalité étasunienne, il est conseillé de visionner la série de ARTE.TV, Les américains dans tous leurs États. Enquête juste avant la pandémie concernant la préparation des élections de 2020.
    Voici l’épisode 2

    https://www.arte.tv/fr/videos/093705-002-A/les-usa-dans-tous-leurs-etats-2-5/

    Dans l’épisode 1, on assiste à une soirée de levée de fonds pour le Président. Première vente ( à l’encan) un fusil mitrailleur.

  2. avatar

    Meci Gaetan de ces précision, je regarde ça dès que j’ai un peu de temps :le suivi de l’élection m’a boudé tout le mien !! Le coup de l’Ar-15 en cadeau a été fait aussi ici par James Buchal :

    https://www.centpapiers.com/trump-manipuler-les-emeutes-mene-a-la-guerre-civile/

  3. avatar

    lire « merci », « précisions » et « bouffé » à la place de « boudé » ; post parti trop vite, là, désolé !

  4. avatar

    rectification : la photo présentée comme celle de Amy Kremer au Michigan le 6 novembre n’est pas la bonne. La dame représentée est Ronna McDaniel, leader du GOP et nièce de Mitt Romney (son nom complet est onna Romney McDaniel)

    Désolé pour l’erreur !

    https://abcnews.go.com/Politics/video/rnc-chairwoman-ronna-mcdaniel-comments-current-status-election-74062108

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