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Trump : manipuler les émeutes mène à la guerre civile

Aux USA, l’explosion des émeutes après la mort de George Floyd n’est pas le fruit du hasard : il y a certes l’expression d’une colère légitime, mais il y a aussi des manipulations flagrantes, dans la rue, comme sur les réseaux sociaux.  Pour Donald Trump, il n’y a qu’une sorte de responsables, qu’il a clairement désignés :  les « antifas », selon lui.  Nous allons découvrir qu’il en est tout autrement et que d’aucuns dans le pays préparent depuis quelques années déjà une guerre civile dont ils souhaitent ardemment la venue, portés par un président qui ne sait que souffler sur les braises, alors qu’il devrait veiller à éteindre les incendies ou éviter qu’ils ne se propagent dans le pays.  Donald n’est vraiment pas fait pour la fonction et les deux récentes crises le démontrent avec éclat.

Les « fakes » news sont déjà à l’œuvre pour les émeutes actuelles aux USA. Le Monde en a répertorié déjà une dizaine de marquantes, à découvrir ici. Elles sont l’œuvre de trolls, dont certains récidivistes connus, et l’écho qui leur est donné est accéléré par des gens que nous allons redécouvrir ici également. C’est Forbes qui l’a également constaté : les émeutes récentes sont une aubaine pour l’extrême droite, qui n’attend que ça pour ressortir au passage son vieux fiel antisémite : « George Soros – qui est un donateur majeur pour des causes libérales et progressistes – pour affirmer sans fondement qu’il est le cerveau derrière l’organisation de manifestations et d’émeutes. Soros a investi des milliards dans ses fondations philanthropiques Open Society, qui financent des projets dans le monde entier pour faire avancer la démocratie et financent également au niveau national des organisations politiquement chargées allant de Planned Parenthood à Black Lives Matter, qui sont souvent impliquées dans des manifestations populaires ».

Car sans surprise on retrouve dedans les acteurs de notre saga à venir sur les Tweets de Donald (c’est pour très bientôt maintenant !). Tous les amis antisémites de Donald !  « La personnalité de droite Bill Mitchell, par exemple, a qualifié les manifestants d ‘«antifa et Soros rent-a-thugs», exhortant les autorités à «S’il vous plaît; arrêtez juste George Soros» et affirmant également que les émeutes sont «100% orchestrées par la DNC (les démocrates). «  L’ancien animateur de jeu télévisé Chuck Woolery, un commentateur conservateur fréquent sur les médias sociaux, a envoyé une vague de tweets sans fondement disant que George Soros était la source des troubles civiques et avait financé «une anarchie violente contre les villes américaines». La militante politique controversée Candace Owens, une commentatrice afro-américain pro-Trump qui s’est prononcée contre le mouvement Black Lives Matter, a lié les troubles à des manifestants anti-fascistes, sans citer de preuves: «Comme il l’a fait avec Antifa, le démocrate George Soros a ces voyous sur la paie. « DeAnna Lorraine, une ancienne candidate républicaine du Congrès qui s’est présentée contre Nancy Pelosi, a également ciblé Soros par son nom, le qualifiant de «tyran diabolique» et affirmant sombrement «c’est une prise de contrôle». Nous sommes envahis de l’intérieur. » « Envahis de l’intérieur » clame cette écervelée ? Oh oui, mais pas vraiment par ce dont elle parle…

Ceci donc pour les inconditionnels de Trump qui lui répondent en Tweets. Lui a une autre idée du phénomène : embarrassé par le confinement, qui lui bloque les revenus de ses sociétés d’hôtellerie ou ses golfs (c’est aussi bête que ça chez lui la politique en effet), le voici parti en guerre contre ces interdictions, et contre la médecine aussi comme on le sait et comme on a pu le voir. Le 17 avril, voici qu’il tweete de façon rageuse un court avis à propos d’un Etat qui tarderait selon lui à réouvrir, la Virginie, où il possède deux gros manques à gagner à ce moment-là . Il y a là en effet le Trump National Golf Club, de Washington, D.C. de 800 acres, situé à Lowes Island, Potomac Falls, en Virginie. Là-bas trône également la superbe propriété de l’Albemarle Estate (ici à droite), au sein de sa Trump Winery achetée en 2011 (494 euros la chambre) : c’est à Charlottesville, restée désastreusement célèbre en août 2017 pour le meurtre d’une jeune militante des droits civiques, écrasée par un néo-nazi qui a foncé sur elle en voiture.  Ce jour-là, étaient réunis l’extrême-droite américaine, des néo-nazis aux membres du Ku Klux Klan, et leurs opposants de gauche (les « antifas » et les démocrates), que Trump associera en les trouvant tous sympas…rappelez-vous sa phrase scandaleuse ! Le nouveau Tweet de Trump n’y va pas par quatre chemins : « Libérez la Virginie » qui est en état de siège » s’est-il écrié. Peu de temps après, c’est l’explosion sur Twitter de ces aficionados, que Trump a ainsi réveillés et aiguillonnés en faiseur de discorde qu’il est !

Parmi ces messages, un nom surprenant est apparu. « Selon le Network Contagion Research Institute, un groupe indépendant à but non lucratif de scientifiques et d’ingénieurs qui suit et dénonce la désinformation et la haine, il y a eu de fortes augmentations sur Twitter en termes de complots tels que QAnon et le terme « boogaloo » immédiatement après les tweets du président et un discours sur les réseaux sociaux. Les messages sur le « boogaloo » sur Twitter sont montés en flèche dans les heures qui ont suivi les tweets du président, avec plus de 1 000 tweets comportant le terme, dont certains ont reçu des centaines de retweets. » QAnon ou Boogaloo, deux facettes en fait d’un même complotisme pro-trumpien, le second se caractérisant par des démonstrations d’hommes en armes.

Ce qui ne tarde pas à apparaître réellement : le 16 avril, des manifestants armés envahissent le Capitole du Michigan, juste après que l’un d’entre  eux, estampillé QAnon, avait appelé sur Twitter à se rassembler « nous, le peuple, devons ouvrir l’Amérique avec la désobéissance civile et beaucoup de Boogaloo (???).  Qui me suit ? »… juste après les hommes armés avaient déboulé et étaient venus armes au poing insulter les policiers, à l’intérieur même du monument !!! Trump, au lieu de calmer le jeu avait encore une fois attisé manifestement la haine ! Les gens sont surpris et… doublement ; au dehors, certains hommes armés ont un drôle d’accoutrement : ils portent parfois des chemise hawaïennes sous leur lourd équipement militaire ou leur gilet pare-balles : une vision surréaliste !!!  Qu’est-ce-donc que ces marioles ? A peine si au passage on a pu remarquer la deuxième surprise, car ils sont accompagnés d’autres individus, bien plus discrets, entièrement habillés de noir (ici à gauche), cagoulés, comme le sont habituellement les manifestant de l’ultra gauche… venus pour tout filmer comme le montre cette vidéo a gauche du Telegraph anglais.. Chercheraient-il à brouiller les pistes pour se faire passer pour d’autres qu’eux ? Feraient-ils dans la provocation et et la déstabilisation en laissant croire que ces manifestations pourraient aussi être de gauche ?

Operation Boogaloo

La tenue intime, comme le nom du mouvement. Celui-ci s’explique. Avec les interdictions de circuler liées au Covid19, les tensions sur la liberté individuelle si chère aux américains ont en effet exacerbé un bien étrange mouvement né lui aussi sous 4Chan, qui s’est choisi une apparence à part, défiant tous les principes précédents des militants armés d’extrême droite.  Comme tout ce qui est né sous 4Chan, ça a ressemblé à un gag qui se serait pris ensuite au sérieux, comme l’est le mouvement QAnon (j’y reviendrai longuement ici très bientôt).. Ceux là portent comme uniforme de dérision des chemises hawaïennes, sorte de pari au départ chez eux, sous leurs équipements militaires, et se réfèrent à une série TV de hip-hop des années 80, (ici à droite) preuve que leurs dirigeants ne sont plus tous jeunes, ou que ce sont des trentenaires passéistes d’une enfance qu’ils n’ont pas connue et qu’ils ont enjolivée, ou qu’ils trouvent ridicule : comme ce sont des nihilistes, ça leur va très bien en effet.

« Les manifestants fortement armés ont commencé par la phrase « Civil War 2: Electric Boogaloo », inspirée du titre de la suite de 1984 du film de breakdance « Breakin ».  Les internautes ont utilisé pendant un certain temps «Electric Boogaloo» comme une carte de joker dans toute une série de contextes, y compris la possibilité d’une guerre civile. » Voilà qui rappelle les mouvements fascisants sous G.W.Bush qui se réclamaient du feuilleton TV post-attaque nucléaire appelé Jericho, souvenez-vous ! « La série avait pourtant fait l’objet de bonnes critiques et avait été nommée meilleure série TV aux Saturn Awards 2007. Les fans déçus avaient envoyé près de 10 tonnes de noix aux responsables de la chaîne CBS, en l’honneur de l’usage de ces noix comme monnaie dans la série…Le scénario qu’il développe était intéressant pourtant : les Etats-Unis victimes d’une attaque nucléaire multiple voient leur gouvernement éclater et des états faire sécession, notamment le… Texas, patrie d’origine de la famille Bush. Dans le trailer, une image surprenante avec une allusion directe… à la FEMA. Une porte, badigeonnée d’une signature en forme de tag : FEMA, 4, ID-25. L’expression d’un répertoire précis (ID) et d’une surveillance individuelle. «  Le thème partagé étant le remplacement de l’Etat, et le rôle des milices locales pour y palier. Bref du complotisme là aussi ! Il fait toujours recette !

Le site BellingCat leur a consacré le 27 mai dernier une longue et excellent analyse, à ces drôles d’accoutrés. Elle démarre justement par leurs drôles d’uniformes : « pourtant, comme la plupart des points de vente, ABC News a raté l’importance d’autres hommes portant des chemises hawaïennes et, dans au moins ce cas, une cagoule de masque de crâne avec un nez de clown. Alors que la chemise hawaïenne faisait référence au «boog» et que le masque de crâne faisait référence à la culture de siège, le nez était très susceptible de hocher la tête au Meme  «monde des clowns». Le Meme du «monde des clowns» signale l’idée que les démocraties libérales pluralistes et multiculturelles sont à la fois ridicules et vouées à l’échec.  C’est une monnaie courante parmi les mouvements racistes, et c’est une variation plus pessimiste, ou «blackpilled» sur les mèmes «pepe» qui ont été échangés si librement pendant l’apogée de la droite alt. Cela signifie un rejet de l’approche «mouvementariste» des nationalistes blancs d’avant Charlottesville et la croyance qu’il n’y a pas de solution politique à ce que de nombreux groupes accéléristes considèrent comme le déclin sans fin des démocraties occidentales ». Le pire, c’est quand ces milices, car ça en est, fusionnent avec la police comme ici sur cette étonnante photo de shérif devenu animateur de réunion anti-confinement aux côtés de membres d’une milice à Grand Rapids, dans le Michigan, le lundi 18 mai 2020…

Anti-confinement

« D’autres ont vu des preuves d’extrémistes de droite » en effet  « J.J. MacNab, membre du programme sur l’extrémisme de l’Université George Washington, a suivi les discussions sur les protestations des extrémistes antigouvernementaux sur les plateformes de médias sociaux. Elle a accès à des centaines de groupes Facebook privés pour les adeptes du mouvement vaguement organisé « Boogaloo », qui utilise une suite de films des années 80 comme mot de code pour une seconde guerre civile (Elle a également examiné des images des manifestations du week-end et repéré des panneaux «Boogaloo Bois«  (ici à gauche on remarque le slogan « Fire Fauci« – virez Fauci-  derrière les militants)... dans la foule, portant des fusils de grande puissance et portant des équipements tactiques. « Je pense que la plupart du temps, ils ne veulent pas nuire à ces manifestations. Ils veulent les coopter pour commencer leur guerre. Ils se considèrent comme étant du côté des manifestants et que les manifestants eux-mêmes sont utiles pour provoquer l’anarchie », a déclaré MacNab. Elle voit également des signes que le mouvement des milices semble s’y intéresser ».  Bonne analyse : ces milices ont à côté des manifestants, quel que soit le sujet de la manifestation, et non pas contre… car ce qui les intéresse c’est… le chaos !

« Megan Squire, professeur d’informatique à l’Université Elon qui suit l’extrémisme en ligne, a vu des images d’au moins quatre membres du groupe d’extrême droite Proud Boys à la périphérie d’une manifestation samedi soir à Raleigh, en Caroline du Nord. «C’est très dispersé», a-t-elle déclaré. « Ils en parlent tous, mais ils ne semblent pas être capables de traduire ce fantasme en ligne sur ce qu’ils aimeraient faire en action dans le monde réel, ce qui est bien. » Les Proud Boys se sont ces jeunes au crâne rasé de près du mouvement fondée en 2016 à New York par Gavin McInnes, le co-fondateur à la tête de hipster branché (ici à gauche) de Vice Media et ex-collaborateur du magazine Vice (et oui, ses lecteurs l’ignorent) … Pour le Daily Beast, les Proud Boys sont devenus l’armée personnelle de… Roger Stone !!! Un éternel revenant de la déstabilisation chez Donald ! Ils ont été contraints de se séparer de leur ancien leader Jovi Val, après plusieurs sorties antisémites de ce dernier.

Le 20 janvier, nouvelle démonstration de force en Virginie avec un gigantesque défilé pro-armes réunissant la Virginia Citizens Defense League, Three Percenters, the Oath Keepers, The Base, groupe carrément néo-nazi, et les Proud Boys, de quoi obliger le gouverneur Ralph Northam à décréter l’état d’urgence pour troubles potentiels. Une défilé qui sera salué par Donald Trump qui y a vu-là une action « démocratique » (ici à gauche)…  l’occasion pour Alex Jones de sortir à Austin sa bête : un engin blindé qui se vend à peu près  1/2 million de dollars neuf (et à moitié en occasion) qui ne nous est pas inconnu: c’est en effet un énorme Terradyne Gurkha de 7 tonnes fabriqué au Canada sur la base d’un châssis de Ford F550.  On en avait croisé plusieurs, prêts à être embarqués -pour la Libye- dans un avion de Kalitta, souvenez-vous. Le rallye pro-armes s’était vite transformé en manifestation de réouverture, selon les vœux de Donald Trump, et l’imbécilité de tous les groupes présents. L’engin a tenté une sortie récente en pleine manifestation du Minnesota. Cette fois, le passage du véhicule blindé avait été marqué… c’est le mot par un manifestant armé d »un marteau qui lui avait saccagé toute sa vitre droite et un de ses rétroviseurs. La rançon de la notoriété pour Jones !

Combattre l’Etat 

Quels étaient donc ces groupes de miliciens ? Des gens connus : en novembre 2016, juste avant l’élection présidentielle, on avait retrouvé Chris Hill, le leader de la Three Percent Security Force, en Georgie… prêt à « combattre » si Hillary gagnait (ici à gauche). « Le commandant des forces de sécurité de Géorgie, Chris Hill, a déclaré à Channel 2 Action News que lui et ses guerriers se préparaient à une perte de leadership au niveau national. La vidéo YouTube montre l’entraînement armé du groupe dans les bois de Géorgie du Nord. « Nous devons être prêts à protéger notre pays contre tous les ennemis étrangers et nationaux », a déclaré Hill à la chaîne de télévision. « Nous perdons le contrôle sur de nombreux fronts. Nos libertés et nos libertés sont menacées. » La Force de sécurité de Géorgie pourrait être considérée comme un exemple de milices extrémistes aux États-Unis, se ralliant au républicain Donald Trump, mais préparée au chaos. «Notre position est que nous devons être prêts, peu importe qui gagne, pour une retombée – que ce soit Hillary Clinton ou que ce soit Donald Trump », a déclaré Hill ». A droite le drapeau hissé dans le camp de Hill : on est déjà plus vraiment aux Etats-Unis d’aujourd’hui…  leur nom vient d’une légende : selon eux, trois pour-cent seulement des habitants des treize colonies d’origine (les 13 étoiles) auraient combattu lors de la révolution américaine. Bref, ils se considèrent d’entrée comme un élite !!! Ils ont aussi hélas essaimé au Canada (comme dans les stades de foot, avec cet imbécile).

Activisme déstabilisateur

Des gens dangereux, en tout cas et sans aucun doute. En mars 2018 déjà au Minnesota, un activiste dangereux anti-islam  avait été arrêté : « cette semaine, trois hommes ont été arrêtés dans le cadre du bombardement d’une mosquée du Minnesota. Bien que l’attaque n’ait tué personne, l’objectif signalé était de «faire fuir» les musulmans qui ne vivaient pas aux États-Unis. L’un des trois suspects, Michael B. Hari, est un ancien adjoint du shérif qui a soumis une proposition de construction du mur frontalier de Trump ». Il était accouru depuis sa profonde campagne de Clarence, dans l’Illinois, à environ 120 miles au sud de Chicago, pour mener l’assaut du 5 août à la « pipe-bomb » sur le Dar Al-Farooq Islamic Center de Bloomington, Minnesota.

Autre cas cette année : « en mars, un homme du Missouri ayant des liens avec des néonazis a été tué par balle lorsque des agents du FBI ont tenté de l’arrêter. Timothy Wilson, 36 ans, prévoyait de bombarder un hôpital dans la région de Kansas City le jour où une ordonnance de séjour à la maison COVID-19 devait entrer en vigueur, ont annoncé les autorités. Wilson a déclaré à un agent secret du FBI que son objectif était de « déclencher une révolution » et a qualifié ses plans d « Opération boogaloo », selon un affidavit (déposition sous serment) à un agent ».  Celui-là prévoyait de se rendre en Ukraine pour y rejoindre le groupe d »extrême droite de l’ Azov Battalion ! Lui aussi avait vu dans la crise sanitaire actuelle une « opportunité » stratégique : « Avec la pandémie actuelle de COVID-19, Wilson a décidé d’accélérer son plan pour faire exploser une [voiture piégée] afin de causer de graves dommages et des pertes massives », a indiqué le FBI dans son alerte. « Wilson a peut-être également cru que le stress supplémentaire que la pandémie de COVID-19 causait à la société offrait des opportunités uniques à exploiter. » Le FBI croit que d’autres extrémistes aux États-Unis la patrie peut également « aspirer à tirer parti de la crise sanitaire actuelle », mais il est « peu probable » que leurs actions « atteignent le niveau des actions terroristes comme Wilson », selon l’alerte publiée mercredi. »… peu probable, ça reste à confirmer, vu leur dangerosité.

Plus que dangereux, même : « plus tôt ce mois-ci, les États-Unis Le ministère de la Sécurité intérieure a émis une alerte selon laquelle un groupe suprémaciste blanc incitait ses partisans à tirer par leurs portes sur les agents du FBI et les policiers, ont écrit les procureurs fédéraux dans un dossier judiciaire. L’avertissement concernait les «associés» de Bradley Bunn, un Américain de 53 ans Un vétéran de l’armée qui a été arrêté le 1er mai après que des agents du FBI auraient trouvé quatre pipe-bombs chez lui à Loveland, dans le Colorado, selon le dossier. Les autorités n’ont lié publiquement Bunn à aucun groupe ou mouvement, mais un procureur fédéral a déclaré que des agents avaient intercepté Bunn alors qu’il se rendait à une manifestation armée au Capitole de l’État contre les restrictions COVID-19. Bunn a déclaré aux enquêteurs qu’il serait disposé à « enlever (tuer) quelques officiers » pour « réveiller tout le monde », a déclaré le procureur lors d’une audience ». A droite, une des quatre « pipe-bomb » artisanale découverte chez lui. Des engins mortels.

Premier martyr 

Un mouvement terroriste se renforce avec ses martyrs. ISIS ou Al-Qaida l’avaient bien compris. Le premier s’appelle Duncan Lemp (ici à gauche au fond tenant son fusil lors d’une chasse ou d’un exercice), tué chez lui par la police le 12 mars dernier : depuis les militants portent son nom au-dessus de leur chemise hawaïenne (ci-dessous à droite). Ses amis prétendront qu’il a été tué « dans son sommeil », ce qui parait improbable.  « Il avait piégé l’entrée de sa maison. « Alors que les manifestations anti-verrouillage ont mis en lumière le mouvement «boogaloo», une fusillade policière dans le Maryland a galvanisé ses partisans. Duncan Lemp, 21 ans, a été tué par balle par la police le 12 mars alors que des officiers effectuaient un mandat de perquisition au domicile de sa famille. Un témoin oculaire a déclaré que Lemp dormait dans sa chambre lorsque la police a ouvert le feu depuis l’extérieur de sa maison, selon un avocat de sa famille. La police a déclaré qu’il était armé d’un fusil et a ignoré les commandes. Sur son compte Instagram, Lemp avait publié une photo qui représente deux personnes brandissant des fusils et incluant le terme « boogaloo ». Sa mort a engendré une campagne de hashtags au sein du mouvement ». Chez lui, en tout cas, Lemp était sur-armé : voici en effet ce qu’on a trouvé :

Infiltration

Le problème chez ces fêlés des armes à feu vient quand ils phagocytent les institutions locales, comme ici dans l’Oregon : ‘Le Parti républicain du comté de Multnomah a voté cette semaine pour utiliser des milices d’extrême droite comme sécurité privée lors d’événements. La résolution est une idée originale du président du parti James Buchal, qui a suggéré le mois dernier au Guardian que le GOP pourrait utiliser des gardiens de serment et trois pour cent, deux groupes paramilitaires, comme agents de sécurité pour les protéger des manifestants antifascistes ou antifa (…) déclaré au Guardian que les récentes manifestations de rue avaient incité les républicains de Portland à envisager des alternatives à « l’abandon de la place publique » (…). « Nous sommes une organisation entièrement bénévole sans argent », a déclaré Buchal à WW. « Donc, si nous voulons obtenir des services de sécurité, nous allons les obtenir de volontaires. Et les gens qui vont se porter volontaires pour fournir des services de sécurité aux républicains seront généralement des gens qui partagent le point de vue selon lequel le gouvernement a développé un système inconstitutionnel de portée excessive du pouvoir ».

Beau paradoxe en effet relayé par La Ligue anti-diffamation qui a déclaré « que les deux groupes « promouvaient l’idée que le gouvernement fédéral complotait pour enlever les droits des citoyens américains et qu’il fallait s’y opposer ». Incroyable situation avec cet élu qui demande à un groupe qui souhaite la disparition de l’Etat de venir en aide… à l’Etat ! Trump a bien installé au pouvoir le Tea Party en définitive !!! « Buchal dit que lui et le GOP du comté de Multnomah n’assisteront pas à la manifestation de « liberté d’expression » de l’extrême droite de ce soir près du Waterfront Blues Festival, à moins qu’il ne soit personnellement invité. (Il ne l’a pas été.) »  Pas cette fois-là certes, mais notre candidat républicain semblait bien faire une fixation sur les armes en fait…

Le républicain qui les a adoptés

Et pour preuve, son « picnic » de Blue Lake Park du 7 août 2019, destiné à ramener de l’argent au parti républicain de Trump, s’était tenu sur de biens étranges bases comme ne le montrait pas pourtant son invitation a remarqué finement le Willamette Week « le président James Buchal et d’autres s’exprimeront sur les batailles politiques à venir auxquelles nous sommes confrontés », indiquait l’annonce. Car il y avait une tombola à la clé, avec un surprenant lot à gagner  » : « Vous pouvez défendre l’Amérique et passer du bon temps à toute votre famille en même temps. » Mais quand vous allez sur le site Web du parti pour en savoir plus sur les activités de collecte de fonds, il y a aussi ceci: une tombola pour un « pistolet » (?) Ruger AR-556 (ici à gauche). Bien que l’arme (qui mesure plus de 25 pouces de long) soit différente de ce que Webster définit comme un pistolet – « une petite arme à feu conçue pour être tenue et tirée avec une seule main » – il s’avère que les fabricants d’armes à feu ont utilisé ces dernières années ce qu’on appelle une « extension pistolet » pour étendre la longueur d’un pistolet traditionnel.  À la suite d’une fusillade de masse à Dayton (Ohio) au cours du week-end, au cours de laquelle un homme du nom de Connor Betts aurait tué neuf personnes, le Cincinnati Enquirer a examiné une faille dans la réglementation fédérale sur les armes à feu qui rend ces armes légales. « Même s’il ressemblait à un fusil, le pistolet [de Betts] utilisé pour tuer neuf personnes et en blesser au moins 14 autres était probablement classé comme un pistolet, contournant les lois restreignant les fusils à canon court », a rapporté l’Enquirer. « L’appareil sur l’arme de Connor Betts, appelé » attelle de pistolet « , deviendra-t-il la prochaine pierre d’achoppement dans le débat sur le contrôle des armes à feu au pays ? »… En fait l’arme de Betts  (qui n’était pas de droite !) avait été achetée par un ami à lui nommé Ethan Kollie, et son énorme chargeur rond contenait 100 munitions (ici à gauche) !!  De quoi effectuer un massacre ! Voici ce qu’a dit Buchal du recrutement de Hill : « Ses ennemis sont mes ennemis et ses ennemis sont tous nos ennemis », a déclaré James Buchal, le président du parti local. « Nous sommes vraiment dans une bataille de vie ou de mort pour l’avenir de notre société. » Et pourtant…  il semble avoir la mémoire courte, ce dirigeant trumpien !!!

Recrutés par l’Etat régional en étant contre l’Etat national ?

Deux ans auparavant, en effet, en 2017 toujours à Portland, à Multnomah County, dans le train régional (Max Light Rail), deux femmes musulmanes (la plus jeune venait de Somalie et avait à peine 17 ans) avaient été victimes d’insultes racistes et du discours de haine proféré par un passager. Trois courageux, le jeune Taliesin Myrddin Namkai-Meche, 23 ans, et Rick John Best, 53 ans (ici sa famille à son enterrement), avaient été  poignardés à mort par l’insulteur, et le dernier, un étudiant de 21 ans, Micah David-Cole Fletcher, blessé en tentant de leur venir en aide. L’assassin s’appelle Jeremy Christian, 35 ans (ici droite). La veille il avait insulté et pris à partie une femme noire. Etrangement, politiquement il supportait la fois Sanders (qui avait vu un drapeau nazi déployé lors d’un de ses meetings, déployé en provocation !) et Trump et il fréquentait assidûment le site d’Alex Jones ! Il détenait surtout chez lui des documents suprémacistes blancs et venait d’assister à un rassemblement «alt-droite» dans la ville: celui du Free Speech, pro-Trump, dans le Montavilla Park, dans lequel il y avait eu Grant Chisholm, membre des « Bible Believers » et le le YouTubeur « Patriot Player » Joey Gibson. Le même Gibson (ici à gauche) sera accusé d’avoir organisé à nouveau des émeutes et des heurts le 15 août 2019 au même endroit. A sa réunion de 2017, un des ces spectateurs casqués portait un t-shirt fort reconnaissable… (ici à droite), son voisin arborant une casquette MAGA !!! Des partisans de Trump, tous !

Si l’affaire sidère, c’est parce que Buchal s’est présenté pour devenir le procureur général de l’Oregon en 2012 (imaginez donc s’il l’était devenu !) avant de tenter la U.S. House pour représenter le e 3rd Congressional District of Oregon (et d’y échouer par deux fois face à des démocrates). « Les Oath Keepers (de Stewart Rhodes) sont décrits par le Southern Poverty Law Center comme «l’un des plus grands groupes antigouvernementaux radicaux des États-Unis», qui recrute des militaires et des forces de l’ordre actuels et anciens. Ils ont récemment participé à des rassemblements de Berkeley, en Californie, à Boston, aux côtés de militants d’extrême droite, des militants occupant onze postes marginaux qui ont récemment atteint une notoriété nationale ».

« Les Three Percenters sont décrits par Political Research Associates comme «un groupe paramilitaire qui promet une résistance armée contre les tentatives de restreindre la possession d’armes à feu par des particuliers». Ils étaient très visibles à Burns, en Oregon, avant et pendant l’occupation du refuge de la faune du Malheur par la milice de droite au début de 2016…. et oui, souvenez-vous … cette histoire qui avait failli tourner très mal… avec cette démonstration d’opposition à l’Etat, encore une fois !

En 2015, on avait déjà trouvé les fameux OathKeepers en train de rôder tout équipés  à… Ferguson, alors qu’on leur avait parait-il interdit de porter pourtant des armes ! Des militants armés rejoints, comme on peut le voir sur la photo ci-dessus à droite prise à Houston, par un autre groupe portant des t-shirts noirs « Infidel » rameutés par The Daily Stormer, site néo-nazi banni depuis du Net: ceux de Three Percenters, l’un des biceps de ses sbires révélant la filiation… on ne peut être plus clair !

Les germes de la guerre civile en 2014 dans un ranch du Nevada

Car ce n’était pas la première fois en fait que les fameux Three Percenters s’étaient faits remarquer :  « L’organisation Three Percenters a participé à l’impasse au Malheur Wildlife Refuge. Ils sont arrivés pour apporter un soutien à Ammon Bundy et à son équipage, mais ont choisi de rester à distance, de rester dans la ville de Burns et de suivre les activités la Police faisant rapport à Bundy et à son équipe. Les Oathkeepers et les Three Percenters ont tous deux participé à l’impasse du ranch Bundy à Bunkerville, au Nevada, en 2014. » L’historien et géopolitologue Philippe Fabry  avait très bien perçu le problème à l’époque : « au mois d’avril dernier, après plus de vingt ans de débats juridiques au cours desquels les arriérés se sont accumulés, le BLM a décidé de se payer en nature en saisissant une partie du troupeau de Bundy. Face à cette menace Bundy (Cliven, ici à droite son fils ci-dessous à gauche) dont le combat fait écho à l’indignation des Tea Party face à la fiscalité et l’intervention de l’État dans l’économie depuis la crise de 2008 et l’élection de Barack Obama, a trouvé de larges soutiens, moraux, mais aussi physiques : par le jeu des réseaux sociaux se sont trouvés rassemblés, le jour de la saisie, des milices armées autour de l’éleveur qui ont fait face aux toutes aussi armées forces fédérales. Ainsi, à la mi-avril, pouvait-on voir près de Bunkerville, Nevada, agents fédéraux américains et miliciens américains, tous armés de fusils d’assaut, se faire face dans ce qui aurait pu dégénérer en un épisode de guerre civile si l’État fédéral n’avait pas reculé. Pour mieux sauter ? La façon dont l’affaire semble en train d’évoluer sur le terrain médiatique, où sont mises en évidence des déclarations racistes de Cliven Bundy, montre à l’évidence un changement de stratégie par lequel on espère isoler le rancher de ses soutiens et revenir plus tard quand il ne sera plus accompagné. Il est très possible que l’affaire se termine ainsi, de manière anecdotique. Cela ne doit pas nous faire croire qu’il ne s’agit que d’une anecdote ». Hélas non, puisque les revoici au premier plan ! A droite on reconnait très bien Chris Hill, le leader de la Three Percent Security Force arrivant sur place pour « aider » la famille Bundy, en 2014.

Nouvelle déstabilisation tentée dans le Minnesota 

Les dernières manifestations  sont une aubaine pour eux. Logique donc de retrouver les mêmes en effet. « Une grande partie d’entre eux espère pousser le pays dans une spirale de violences qui aboutira à une guerre raciale. Ouvertement racistes et néo-nazis, ces membres veulent profiter des émeutes pour augmenter le niveau de violence et accélérer un conflit ouvert. Peu importe pour eux si pour cela, il faut s’attaquer à la police ou aux manifestants. » Insidieusement, donc, ils déploient leurs drapeaux, en les modifiant pour la circonstance, arborant leur symbolique singulière : le palmier, l’igloo, et à la place des étoiles des 13 Etats. Arrivés dans les manifestations, ce sont les plus virulents contre la police pour amorcer les représailles alors qu’eux ont déjà bien sûr fui la scène… C’est de l’agit-pop pure et simple, du trollisme de manifestation pacifique pour la transformer en meurtrière et totalement la décrédibiliser !!! Une déstabilisation qui est en train de se passer sous nos yeux !!! Et qui profite d’un écho phénoménal venu d’ailleurs…

Car derrière, on retrouve de vieux habitués de la déstabilisation de pays. RT Russia, Sputnik regorgent depuis d’articles sur les émeutes. De même, bon nombre de serveurs d’information sont la cible d’attaques virales venant « de l’étranger ». Des procédés bien connus rappelle avec à propos le Sydney Herald Tribune  : « il y a une histoire à ce sujet. En 2016, un autre homme noir, Philando Castile, a été tué par la police dans une banlieue de Minneapolis, sa mort étant retransmise en direct sur Facebook. Les Russes ont utilisé une fausse page Black Lives Matter pour semer la confusion parmi les manifestants et attiser leur colère. Il y avait près de 700 000 abonnés, mais on ne sait pas combien ils étaient en réalité. » Le policier avait été acquitté en juin 2017  !

Un trollisme venu du Kremlin 

Le Christian Science Monitor a fait le 6 décembre 2019 un excellent compte-rendu de la méthode russe alors employée .  » À Seattle, une équipe de l’Université de Washington a longtemps étudié les conversations sur Twitter en utilisant le hashtag Black Lives Matter. Lorsque le géant des médias sociaux a publié l’année dernière une archive de tweets qu’il avait identifiés comme provenant de l’IRA, la chercheuse en désinformation en ligne Kate Starbird a décrit comment l’équipe a découvert que ces comptes russes étaient au cœur des conversations dans les cercles à gauche et à droite. L’un des comptes influents se présentant comme une activiste afro-américain soutenant #BlackLivesMatter était @ Crystal1Johnson, qui a attiré plus de 56 000 abonnés et 5,6 millions de likes sur deux ans. Lorsque les manifestations ont éclaté à Charlotte en septembre 2016 après qu’un policier a tué Keith Lamont Scott, les tweets de comptes désormais connus pour être liés à l’IRA ont explosé, selon l’Information Operations Archive, une base de données consultable sur la guerre de l’information étrangère.  L’un des utilisateurs les plus prolifiques? @ Crystal1Johnson. « Zianna Oliphant, 9 ans, a livré un témoignage émouvant au conseil municipal de #Charlotte. Je suis en larmes …, «  » Crystal « a tweeté une semaine après les manifestations.
Son profil la situait à Richmond, en Virginie, mais elle n’était ni à Richmond ni en larmes. Elle était le fruit de l’imagination d’un troll russe ».

 « Les Russes n’ont pas non plus annulé leur campagne après les États-Unis. et l’élection présidentielle. En fait, selon le rapport du comité sénatorial, les publications créées par l’IRA sont apparues sur Internet encore plus fréquemment après le scrutin. Et le mois dernier, Facebook a supprimé un réseau de 50 comptes Instagram liés à la Russie qui, selon lui, se livraient à un « comportement inauthentique coordonné ».

D’autres exemples apparaissent de l’entretien de cette déstabilisation sur place. A droite ici c’est un blanc masqué » (le Covid19 là ça l’aide bien en ce cas !) qui vient tranquillement casser au marteau les vitres d’un magasin sur la  zone commerciale de de l’Auto Zone de Minneapolis … un des perturbateurs du genre, un fomenteur de trouble aussi blanc que peut l’être Donald…  La dame qui a re-tweeté la vidéo est psychiatre. Elle en a profité pour reposter un avis du 18 octobre 2017 sur la santé mentale de Donald Trump. Car visiblement ça ne s’arrange pas… Mental Health Matters !

On comprend soudain beaucoup mieux pourquoi Donald Trump veut à tout prix incriminer les « antifas » dans les émeutes de Minneapolis: c’est par peur que l’on découvre ses deux sortes d’amis : les fascistes et leurs milices, justement… et les russes ! Ceux-là même qui sèment le chaos !!!

PS : aux dernières nouvelles, Facebook à fermé une page d’un groupe appelé American Guard, car il venait de promettre d’apporter des armes lors des manifestations. American Guard n’est qu’une branche venue de l’Indiana de Soldiers of Odin USA, groupe d’extrême droite anti-immigration et anti-réfugié apparu en premier en Finlande. Une autre division s’appelle les Patriot Saints, elle est dirigée par le suprémaciste Chad Hidler.

Mardi 2 juin, un faux-compte Twitter appelé « AntifaUS » appelant à l’émeute a été aussi débusqué et retiré. Le post provenait en fait d’ Identity Evropa, des suprémacistes encore. Le premier crétin à être tombé dans le panneau a un nom bien connu : il ‘appelle Donald Trump Jr, qui a re-tweeté l’annonce (ici à droite) comme s’il s’agissait d’une vraie (il l’a vite effacée depuis !)! Ou quand le fils de celui qui parle tous les jours de fakes news , en relaie, des fakes news !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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