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Trump : l’implosion finale !

La conjonction d’événements est incroyable. Au moment où Trump quittera la Maison Blanche (il sera bien forcé de le faire malgré ses réticences !), un des symboles de sa puissance révolue s’effondrera, réduit en miettes par une implosion : un de ses anciens casinos, situé à Atlantic City, ville qu’il a contribué à appauvrir dès qu’il y a mis les pieds, dans les années 80. Si  vous le voulez bien, on va étudier la question en cette fin d’année avec un invité de marque, Bruce Springsteen, qui connaît particulièrement bien la région… pour l’avoir si souvent chantée.

Le testament de Donald Trump, c’est peut-être bien une chanson de Springsteen, en effet, enregistrée vers décembre 1981 il y a bientôt 40 ans. Bruce habite alors à cette époque provisoirement Colts Neck, une banlieue-dortoirs, mais un coin resté à l’échelle humaine, à proximité des plages de la côte du New Jersey, pas loin de New York ou même de Philadelphie, chantée plus tard de façon magnifique. Servant de thème à un film inoubliable.

I walked the avenue, ’til my legs felt like stone
I heard the voices of friends vanished and gone
At night I could hear the blood in my veins
Just as black and whispering as the rain
On the streets of Philadelphia

Ci-dessus à droite la photo est toute récente, c’était le 4 nombre dernier, celle de la queue des voitures pour l’ouverture du « Popeyes’ new chicken sandwich »: là-bas, où il ne se passe rien, on fait de tout un événement, c’est bien connu. Un coin plutôt tranquille. Des lois plutôt rares aux USA on en effet empêché un développement urbain anarchique et la folie du béton qui a atteint la côte, justement, avec ses casinos, mais aussi la construction de grandes chaînes de magasins, sauvant ainsi les petites entreprises locales, laissant quand même le loisir d’aller au cinéma. mais dans les villes avoisinantes, dont Philadelphie.  En voiture, bien sûr (« Thunder’s Road ») , nous sommes bien aux USA, où on en vole aussi pas mal (« Stolen Car »). Des voitures d’occasion le plus souvent, celles qui sentent le cuir et l’huile (« Used Cars »). Avec ses premiers cachets, il s’est offert… une Corvette, pour faire des courses dans les rues (« Racing In The Streets »). Il chantera aussi la Cadillac, devenue œuvre d’art du « Cadillac’s Ranch » (à Amarillo)

Cadillac, Cadillac
Long and dark shiny and black
Open up your engines let ’em roar
Tearing up the highway like a big old dinosaur
James Dean in that mercury forty-nine
Junior Johnson runnin’ through the woods of Carolina
Even Burt Reynolds in that black Trans Am
All gonna meet down at the Cadillac ranch

Bruce est alors encore un chanteur en devenir, malgré un excellent album de départ Greetings from Asbury Park, salué par la critique mais pas par les ventes hélas. Dont John Landau, le critique réputé, dithyrambique à son égard d’emblée. « The Wild, the Innocent & the E Street Shuffle » et « Born to Run » qui suivent sont là pour le prouver amplement. Il a été découvert il est vrai par John Hammond, le plus grand découvreur de musique de tous les temps, comme on a pu vous le raconter dans Jazz Hot, période Phlippe Adler (formidable bonhomme que l’on regrette !). Presley meurt en 1977 sans avoir pu chanter la chanson qu’il lui a écrite (« Fire », qui sera donc chantée par les Pointers Sisters – et par lui-même de façon… exceptionnelle ici !. Son quatrième disque, Darkness on the Edge of Town, est tout aussi bien que les précédents, mais plus noir, accroche néanmoins les radios avec le hit en puissance, Badlands, qui ouvre l’album. Le public n’a pas encore assez rencontré non plus la bête de scène qu’est l’animal…  car on ne sort pas autrement qu’enthousiaste de ses énergiques concerts !!  A Colts Neck, il loue une petite maison où il s’est enfermé avec un petit bidule tout récent et déjà fort à la mode : un enregistreur Teac-Tascam à quatre pistes, sur cassette, appelé « Portastudio » une petite merveille à prix raisonnable (il avait payé 1 050 dollars) sur lequel il s’enregistre lui-même avec une vieille guitare Gibson et une boîte à rythme, chantant et jouant de la guitare, de l’harmonica, du tambourin, de l’orgue et du synthétiseur. Et il décrit en chanson tout simplement la ville qu’il traverse obligatoirement tous les jours dans une chanson désormais célèbre intitulée sobrement Altantic City… Et aujourd’hui c‘est ce qu’il raconte qui nous parle, comme son clip vidéo d’époque, qui débute par une destruction d’hôtel-casino…  on en fera un autre clip appelé « casino version »… avec le même début. Explosif ! En couleurs, cette fois !  L’immeuble qui s’écroule dans la deuxième version du clip est le casino Dunes, situé à Las Vegas, sur sa tour Nord, détruite le 29 octobre 1993. Depuis on a bâti dessus le Bellagio, tout aussi moche. Springsteen préfère lui les petits motels qui dépérissent, où le confort n’est pas l’intérêt principal. Certains sont devenus depuis… touristiques, pour les nostalgiques (ici à droite le Jolly Roger de Wildwood Crest) !.

Now the pool’s filled with empty, eight-foot deep
Got dandelions growin’ up through the cracks in the concrete
Chain-link fence half-rusted away
Got a sign says « Children be careful how you play »
Your lipstick taste and your whispered secret I promised I’d never tell
A half-drunk beer and your breath in my ear
At the Moonlight Motel

Les casinos qui tombent… pour se relever. Ou pas.

Les américains sont friands d’implosion il semble bien (non pas celle-là) ; on fait sauter le béton et on reconstruit dessus une autre horreur, dans une sorte de mouvement perpétuel typiquement américain. A Atlantic City en 2007, on avait fait ainsi sauter l’ancien casino Sands, ex Brighton Hotel & Casino, abattu lui déjà en 1959 (ici à droite en carte postale de la ville !) il avait été racheté un temps par les Pratt brothers et les banquiers Burton et Richard Koffman, eux mêmes en faillite en 1998 alors que Pratt Hotel avait été rebaptisé Great Bay Casino Corporation. Il est ensuite tombé dans les mains de l’inévitable Karl Icahn qui l’a revendu en 2006 à Pinnacle Entertainment et ce dernier l’a fait imploser l’année suivante, en espérant mieux à la place. Le groupe a été avalé en 2018 par Penn National Gaming. Il avait été dynamité pour faire place, paraît-il, à un nouveau et énième projet d’hôtel-casino. Mauvaise augure pour les années suivantes : le projet n’est jamais sorti de terre !!! Le terrain seul a été revendu en 2013 pour 29,5 millions de dollars.

Là bas, c’est saisissant,  on fait ça en spectacle, avec feux d’artifices et rayons laser, et tout, et tout… du grand art artificier !!! Le Casino Sands de Las Vegas, ex LaRue Restaurant a appartenu lui à un autre fêlé, Howard Hughes et a été racheté ensuite par Sheldon Adelson, un des plus grands supporters financiers de la droite dure US, et de Trump bien sûr… lui aussi à fait exploser le sien (en 1996, sans les feux d’article à l’époque). Pour ne pas rester en reste ? Le Rivera, ou ont été tournés les films Ocean’s Eleven, Diamonds Are Forever ou encore Very Bad Trip a été dynamité en 2016. Grand spectacle à la clé… Franchement ils adorent ça ! Ils font même des classements de la meilleure implosion !!! Oui, je sais à quoi vous pensez, et moi aussi, hélas.

Les « enregistrements Tascam » deviendront le somptueux album Nebraska. Le titre Atlantic City sera repris par un autre immense bonhomme disparu au timbre de voix si reconnaissable : Levon Helm, du Band, Une des meilleures versions, pour sûr… Parti trop tôt, celui-là…

A l’époque, dans les années 75-80, à Atlantic City, en effet, on cassait, on dynamitait, à tour de bras, pour faire de la place en front de mer à ce qu’on espérait une nouvelle manne : les casinos. « Après que les habitants de l’État aient voté pour légaliser le jeu dans la ville en 1976, Atlantic City avait  inauguré un boom économique similaire en paillettes et en glamour aux années folles ». A l’époque aussi tout semblait aller en effet : «à la fin des années 1970 et au début des années 1980, lorsque de nouveaux casinos ont été ouverts les uns après les autres, Atlantic City était une ville en plein essor où personne qui était disposé et capable de travailler ne pouvait prétendre qu’aucun emploi n’était disponible», indique le rapport. » Et comme tout semblait encore marcher, Trump est logiquement arrivé, attiré par l’odeur de l’argent à se faire  : « Trump et de nombreux autres hommes d’affaires se sont précipités vers les tables plaquées or pour placer leurs paris. Il a ouvert Harrah’s au Trump Plaza pour la première fois en 1984, après s’être associé à l’unité de jeu de Holiday Inns. Harrah’s a fourni à Trump un financement de 220 millions de dollars, mais cela s’est avéré par la suite être un partenariat mal conçu. Trump a ensuite glissé ses jetons de la promenade au quartier de la marina, achetant un casino presque terminé à Hilton pour 320 millions de dollars. En 1985, il baptise ce casino Trump Castle. Il a ensuite concouru directement contre l’entreprise de son partenaire, le casino Harrah’s Marina. Harrah’s a mis fin au partenariat et a vendu ses actions à Trump, qui a laissé son nom en grand sur le Plaza (…) après s’être battu pour la propriété contre l’animateur de talk-show télévisé Merv Griffin, Trump a acquis la propriété du casino inachevé Taj Mahal en 1988; Il a appelé cette imitation concrète du mausolée indien original «La huitième merveille du monde». Le projet est devenu rapidement coûteux. Afin de terminer la construction, Trump a émis 675 millions de dollars d’obligations indésirables avec des taux d’intérêt de 14%.
Après avoir supprimé le nom de son propriétaire, le Trump Taj Mahal a ouvert en 1990 en tant que casino le plus grand et le plus cher, ayant coûté environ 1 milliard de dollars »
.

Les casinos, remarquez, sont des lieux de perdition pour plein de gens… les joueurs surtout. Sur la photo à droite dans l’ordre en partant de la gauche, le Trump Taj Mahal, un four complet, Le Showboat Atlantic City Hotel (et Casino; le seul encore ouvert des trois), et l’immense Revel, 219 m de haut- édifié en 200). Ce dernier et gigantesque casino, réouvert en 2018, a tenu 2 ans seulement, mettant 5000 personnes au chômage. Ou comment défigurer une côte (façon belge)…  ci-dessous la même en 1950 (le boardwalk »…). Le casino Revel était en plus … idiot, on s’y perdait trop facilement : « la conception des bâtiments n’était pas non plus très attrayante pour les clients. Quiconque essayait d’accéder au casino devait emprunter un escalier mécanique jusqu’au quatrième étage, et il devait serpenter à travers des motifs circulaires contrairement à la plupart des autres casinos, où la disposition linéaire est le meilleur moyen de mener les clients aux machines ». A force de viser trop grand…

Dans le New-Jersey, il y avait un sport local pratiqué par tout le monde. Devenu célèbre avec «Born To Run» en 1975, Springsteen a faite connaissance alors avec l’IRS (les impôts aux USA), qui le recherchaient pour des impôts impayés. Quand on lui a demandé pourquoi cela ne l’avait jamais alerté, il avait répondu qu’il n’avait « jamais rencontré personne dans le New Jersey qui payait des impôts! » Une fois mis en règle, il lui restait dans les années 1980, environ 20 000 dollars à lui environ. Alors qu’il remplissait des salles entières, désormais !

In the day we sweat it out on the streets
Of a runaway American dream
At night we ride through the mansions of glory
In suicide machines
Sprung from cages on Highway 9
Chrome wheeled, fuel injected, and steppin’ out over the line
Oh, baby this town rips the bones from your back
It’s a death trap, it’s a suicide rap
We gotta get out while we’re young
‘Cause tramps like us, baby, we were born to run
Yes, girl, we were

Springsteen lui, évoquait dans sa chanson Atlantic City d’autre pratiques sur place, ou plutôt les mêmes en fait : dans sa chanson, son héros est partagé, car on lui a proposé un emploi, mais c’est à Philadelphie, qui n’a pas pour lui bonne réputation, quand il parle en effet d’une histoire étrange de… « Poulet », tué à « Philly » (Philadelphie). En fait c’est celle de Philip Testa, chef de gang mafieux (ici à droite), surnommé « The Chicken Man «  (car il faisait aussi dans le poulet !), exécuté par un rival qui avait posé une bombe dans sa maison de Philadelphie en mars 1981, la volatilisant, et lui avec. Car qui dit Casino, comme à Las Vegas, ou ailleurs, à Atlantic City aussi, dit mafia (n’est-ce pas Frank Sinatra...à droite la jolie brochette de mafieux déguisés en chanteurs et en acteurs, ou l’inverse). Et donc un lien avec Donald, qui a déjà dû négocier avec eux pour construite sa Trump Tower faite (exceptionnellement) de béton. Les mafieux préfèrent ça à l’acier habituel aux USA, pour les gratte-ciels, car dedans on peut y couler discrètement des cadavres qu’on ne retrouvera jamais. On cherche toujours le corps de Jimmy Hoffa, il paraîtrait qu’il aurait subi ce sort peu envié… après avoir été aperçu pour la dernière fois le 30 juillet 1975 au Machus Red Fox, un restaurant de la banlieue de Detroit.

Well, they blew up the chicken man in Philly last night
Now they blew up his house, too
Down on the boardwalk they’re gettin’ ready
For a fight, gonna see what them racket boys can do
Now there’s trouble busin’ in from outta state
And the DA can’t get no relief
Gonna be a rumble out on the promenade
And the gamblin’ commission’s hangin’ on by the skin of its teeth

Trump, sans fonds d’avance (il a déjà dilapidé ce que lui a laissé son père) lui fait en réalité pendant ce temps la cavalcade bancaire : il déshabille Pierre pour habiller Paul, pour grandir,  ce que peu de gens remarquent, hélas, et encore moins les banquiers qui se sucrent au passage : « pendant ce temps, rares sont ceux qui ont remis en question les pratiques impulsives de Trump. En 1990, cependant, Marvin Roffman, un analyste chevronné en valeurs mobilières qui s’est concentré sur l’industrie du jeu, a remarqué l’impossible durabilité des pratiques commerciales de Trump. «Eh bien, pourquoi voudriez-vous avoir trois casinos ? On va cannibaliser l’autre», a déclaré Roffman  dans une récente interview avec ABC Nouvelles Nightline. Un an après son ouverture, le Trump Taj Mahal a déposé son bilan en 1991. Les autres casinos de Trump ont rapidement commencé à plier. Le Trump Plaza et le Trump Castle (cf Sicile jeu sur PC à son nom !) ont emboîté le pas, tous deux déclarant faillite en 1992. » Le gigantesque Trump Marina, avec ses 802 chambres (?) et ses 8 restaurants (?) a été revendu au milliardaire texan Tilman Fertitta en 2011, et c’est devenu après le Golden Nugget, ici à gauche (puis il est devenu le Bally’s Grand, The Grand, Atlantic City Hilton et ACH  : ici on parle d‘une série de mauvaises ventes !). Appartenant à TJM Properties,  qui avait acheté le Caesars Entertainment, de Stephen Wynn (celui du e Mirage and Bellagio à Las Vegas), il a été enfin vendu en 2019 à Colesseo Atlantic City, dirigé par le dénommé Rocco Sebastiani qui a promis de le réouvrir… bien sûr. Depuis, pas de nouvelles.

Springsteen, lui chante ceux, à ce moment-là sans le sou, qui doivent compter tous les jours... pour manger, une chanson traditionnelle qui a traversé le temps, devenue l’hymne des droits sociaux, si bafoués aux USA… et immortalisée vingt ans auparavant par Pete Seeger au Carnegie Hall, le 8 juin 1963. Un monument !!! Springsteen, lui compare à la même époque la vie de certains qui ont tout perdu d’une autre manière à la roulette du casino, dans une chanson un peu oubliée :

They stopped me at the roadblock they put up on the interstate
They put me in detention but I broke loose and then I ran
They said they want to ask me a few questions but I think they had other plans
Now I don’t know who to trust and I don’t know what I can believe
They say they want to help me but with the stuff they keep on sayin’
I think those guys just want to keep on playin’
Roulette, with my life
Roulette, with my kids and my wife
Roulette, the bullet’s in the chamber
Roulette, who’s the unlucky stranger
Roulette, surprise, you’re dead
Roulette, the gun’s to your head
Roulette, the bullet’s spinning in the chamber
Roulette, pull the trigger, feel the click
No further danger

L’origine d’avoir tout perdu n’est pas d’avoir joué au casino : cette famille qui est obligée de partir fuit en fait la catastrophe de Three Mile Island, qui a failli devenir le Tchnernobyl US. Un Springsteen qui avait participé en 1979 à No Nukes, on le rappelle… avec un The River, superbe. On y évoquait également déjà le chômage, chose que Trump ne peut connaître :

I got a job working construction
For the Johnstown Company
But lately there ain’t been much work
On account of the economy
Now all them things that seemed so important
Well mister they vanished right into the air
Now I just act like I don’t remember
Mary acts like she don’t care

Le formidable talent de dirigeant d’entreprise de Trump a donc consisté surtout à … planter ses entreprises et à crouler rapidement sous les dettes : en dix ans, il a en a donc foiré trois de Casinos, dont un en seule année d’exercice !! Pourtant, trois ans après, Donald était toujours détenteur en Bourse de Trump Hotels and Casino Resorts, sur lesquels il ne paiera pas d’impôts grâce à un autre casinotier venu à sa rescousse, Phil Ruffin, qui déclarera lui avoir fait un prêt que Donald lui remboursera et qu’il déclarera donc comme « frais » pour ses casinos. Une entourloupe longtemps dissimulée, révélée cette année par le New-York Times. Au passage on retrouvera mort un troisième larron, Jack Wishna : celui-là n’apas eu le temps de se faire couler dans le béton, il semble bien… Trump déclarera 916 millions de dollars de pertes, ce qui lui évitera l’imposition, chose qu’il n’a que fort récemment dû reconnaître. Il faudra attendre 2004 pour que Trump Hotels and Casino Resorts dépose son bilan, affichant une dette colossale de 1,8 milliard de dollars et un changement de nom opportun, devenant alors Trump Entertainment Resort. L’année où Springsteen chante sur scène avec comme invitée Tracy Chapman un poignant My Hometown. Les deux sont devenus des immenses vedettes, et c’est mérité !!! A Atlantic City, c’est désormais désert, sur les jetées :

Now Main Street’s whitewashed windows
And vacant stores
Seems like there ain’t nobody
Wants to come down here no more
They’re closing down the textile mill
Across the railroad tracks
Foreman says, « these jobs are going, boys
And they ain’t coming back
To your hometown

La société nouvelle de Trump, autre écran de fumée fiscale, ne subsistera encore que 5 ans, en déposant deux fois son bilan, une fois en 2009 et à nouveau en 2014, avec pour dernière conséquence la fermeture fort tardive du dernier casino, celui du Trump Plaza. Tout ça donc deux années seulement avant qu’il n’accède à la présidence !!! Repris (300 millions de dollars) par le milliardaire Carl Icahn, le Taj Mahal voit son personnel se mettre en grève et ce dernier jeter l’éponge. Il reste ouvert pour la dernière fois le soir du deuxième débat présidentiel avec Hillary Clinton (cf à droite). Le lendemain, tout est fini. Et le casino fermé… et dès lors aussi carrément abandonné, car Icahn l’a certes revendu à Hard Rock International, en 2017, un groupe qui dissimule les indiens Séminoles de Floride, passés maîtres dans les casinos
(peut-être pas cette fois, mais ils l’auraient acheté 50 millions seulement !). Il ouvre à nouveau en 2018, mais trop délabré… il est devenu inexploitable, car pas ou peu entretenu.  On décide donc de le détruire en accord avec la mairie d’Atlantic City. On a déjà commencé (ci-dessous à gauche) à attaquer les bâtiments autour à la pelleteuse. Et enlever son nom, ce que Donald ne supporte pas, on le sait aussi… Ci-dessous ce qu’il reste de la splendeur passée à Atlantic City : en rouge les casinos fermés, en jaune ceux encore ouverts… Le front de mer, c’est simple, est dévasté !

L’état des lieux en 2017, à Atlantic City, une fois Trump arrivé au pouvoir ? Désastreux : « après avoir déposé le bilan en vertu du chapitre 11 à six reprises pendant son séjour à Atlantic City, Trump laisse derrière lui une ville en crise économique. Atlantic City connaît actuellement un taux de chômage de 7,1%, dépassant de loin la moyenne nationale de 5,0% selon le Bureau of Labor Statistics. La presse d’Atlantic City a récemment rapporté que la ville devait clore une dette d’environ 44 millions de dollars sans aide d’État supplémentaire pour équilibrer le budget 2017. La presse rapporte également que l’administration de l’État du NJ a rejeté le plan de redressement budgétaire quinquennal de la ville le 1er novembre » (…) « Atlantic City n’avait pas jusqu’ici été en difficulté financière ».  Et c’est donc devenu depuis la ville fantôme de Trump !!

Trump, dès son arrivée au pouvoir, s’en est pris aux émigrés, avec son mur de la honte qui ne sera jamais terminé. Springsteen lui a répondu, à sa façon. Sa grand-mère paternelle s’appelait Martha O’Hagan. Elle avait épousé Antony Springsteen en 1899. Son autre grand mère, Ann Garrity venait de Mullingar (« le moulin tordu » en irlandais), à à 80 kilomètres de Dublin. Elle avait rejoint la Promised Land en 1852. On ne sétonne donc pas de retrouver Bruce en Irlande pour le célèbre concert de Slane Castle dès 1985. Ni de chanter « American Land » à Dublin encore. L’album live à Dublin de 2007 est un retour aux sources, à Ellis Island, et un pied de nez dix ans avant aux thèses délétères de Donald. Il y présentera sa mère, Adele Ann , célébrée par lui (ici au milieu de ses deux tantes). L’entendre entonner en fanfare Jacob’s Ladder, la chanson (un gospel au départ) de l’émancipation des esclaves noirs immortalisée par Paul Robeson puis par Pete Seeger est un véritable régal face au racisme de Trump (le groupe qui l’accompagne s’est intitulé The Seeger Sessions Band, un bel hommage également). C’est la célébration de l’unité, celle de l’être humain tout simplement, le jour où un fêlé élu président commence son œuvre de destruction sociale et démocratique.

Every rung goes higher and higher
Every rung goes higher and higher
Every rung goes higher and higher
We are brothers, and sisters, all
Every new rung just just makes us stronger
Every new rung just just makes us stronger
Every new rung just just makes us stronger
We are brothers, and sisters, all
Grey concrete doesn’t matter
Les hommes partent, mais le béton reste. Et là, vous allez voir, ça devient épique. Finalement, mystère des transactions, le fameux Casino Plazza du New-Jersey appartiendrait donc toujours au final à Icahn (ou sont passés les indiens, on l’ignore !). Celui-ci a rencontré dans l’année le maire, Merry Small (qui est… noir), pour s’entendre sur la démolition pure et simple du bazar en béton : une implosion, donc, pour les plus gros éléments restants, à savoir la tour de chambres de l’hôtel si visible de loin. Small est ressorti avec une opinion bien tranchée sur la question : « certains des moments emblématiques d’Atlantic City se sont déroulés là-bas, mais en sortant, Donald Trump s’est ouvertement moqué d’Atlantic City, affirmant qu’il avait gagné beaucoup d’argent puis qu’il était parti », a déclaré le maire Marty Small. «Je voulais utiliser la démolition de cet endroit pour collecter des fonds pour des œuvres caritatives.» Voici donc un appel d’offre surprenant de lancé, la démolition étant… mise aux enchères au profit du Boys And Girls Club d’Atlantic City, un organisme d’entraide scolaire aux plus démunis  !!! Un organisme d’entraide scolaire dont le maire a bénéficié lui-même enfant, entre 6 et 19 ans, et qu’il a pris en charge plus tard comme Youth Program Manager. Une belle revanche il semble, sur la vie !! En 2004, à 29 ans, Small était déjà devenu le plus jeune « councilman » élu. Démocrate il a été élu maire le 15 octobre 2019, devenant le 4eme maire noir de l’histoire d’Atlantic City !! Cette année, on l’a aperçu maniant le balai… à peinture : c’est lui qui a peint en effet une des artères menant au Boardwalk de bois d’un Black Lives Matter comme celui peint devant la Trump Tower à New-York !!! Peint pas n’importe où non plus : c’est sur le Martin Luther King Jr. Boulevard !!! Il a dû apprécier, c’est sûr, lui aussi, le texte de Black Cowboys de Bruce, dans Devil’s Dust, sorti en 2005 à propos de l’immense Ma Rainey, la créatrice de C.C. Rider (et cette autre Bessie Smith) (1) :
In the twilight Raney walked to the station along streets of stone
Through Pennsylvania and Ohio his train drifted on
Through the small towns of Indiana the big train crept
As he lay his head back on the seat and sleptHe awoke and the towns gave way to muddy fields of green
Corn and cotton and an endless nothing in between
Over the rutted hills of Oklahoma the red sun slipped and was gone
The moon rose and stripped the earth to its bone
Selon le site Fast Conpany; la conjonction de la  date de départ de Trump et celui de la démolition est fortuit : « Small, qui se présente maintenant pour son premier mandat complet et encourage les électeurs à choisir le ticket démocrate, déclare que la démolition est actuellement prévue pour le 29 janvier. il s’agit de démolition », dit-il. Bien que ce ne soit que quelques jours après l’investiture présidentielle, Small dit qu’il n’y a pas de lien caché. «Cela n’a rien à voir avec les élections», dit-il. «Écoutez, nous n’avons pas besoin d’un tutoriel sur qui est Donald Trump. Nous l’avons vécu ici à Atlantic City. Nous sommes donc impatients de démanteler ce bâtiment et de remettre quelque chose à sa place.  » Il espère que l’emplacement privilégié de l’ancien casino sera réaménagé en quelque chose de meilleur, peut-être un projet à usage mixte ou un divertissement familial. « Il n’y a pas beaucoup de fois dans aucune ville où le centre-ville en bord de mer devient disponible, et c’est ce que nous avons ici », dit Small. Le bâtiment est maintenant enveloppé d’un filet pour empêcher les débris de tomber à l’extérieur du site de démolition. La société menant la démolition interne n’a pas répondu à une demande d’entrevue, mais il est courant que de telles tours de grande hauteur voient leurs intérieurs lentement arrachés avant d’être tapissés d’explosifs et d’exploser, leurs sols éviscérés s’effondrant systématiquement sur eux-mêmes et tombant comme un château de cartes. «Ce sera le dernier chapitre de Donald Trump à Atlantic City», dit Small. » A droite l’innommable plaque en face du Taj Mahal, célébrant en 1992 Trump en « great humanitarian !!! » Ça ose tout, et c’est bien à ça qu’on les reconnait, dit le proverbe !!! Sidérant !
Selon la promesse du maire, le plus offrant gagnera le droit d’appuyer sur le bouton qui implosera le bâtiment !! A la Trump, lorsqu’il avait frotté la lampe d’Aladdin en face du Taj Mahal !!! On ignore s’il y aura en revanche des feux d’artifices cette fois !! Une première dans le genre !!! On commence donc à bâcher le bidule (ici à gauche), qui fait plutôt grise mine depuis, à l’image actuelle de son ex-propriétaire (ci-dessous à droite), dira-t-on, on dispose des cônes orangés le long de la digue… et on prévoit de faire sauter tout ça, donc… le 29 janvier. Soit 9 jours après que Trump ait quitté la Maison Blanche.. s’il la quitte. Imaginez sa tête, au chômage présidentiel, humilié, vaincu, il s’installe dans son fauteuil, à Mar-a-Lago, il ouvre sa télé et bing, il tombe sur l’explosion d’un de ses bâtiments emblématiques !!! Bon finalement, aux dernières nouvelles, ce sera un peu plus tard : le maire d’Atlantic City, a déclaré depuis que l’entreprise de démolition qui s’occupait du travail a décalé l’implosion qui sera probablement effectuée dans le courant de février 2012, bien qu’une date ferme n’ait pas encore été fixée, selon le maire.
Springsteen, lui, depuis, décrit toujours la société américaine, avec son 20 ème album, et un brin de nostalgie désormais; mais toujours  avec un regard aussi… indispensable. Il lui suffit de brancher pour ça sa guitare  :
I shoulder your Les Paul and finger the fretboard
I make my vows to those who’ve come before
I turn up the volume, let the spirits be my guide
Meet you, brother and sister, on the other side
I’m alive, I can feel the blood shiver in my bones
I’m alive and I’m out here on my own
I’m alive and I’m comin’ home
Yeah, I’m comin’ home
L’ère Trump, en tout cas, c’est sûr, se terminera donc bien par une (double) implosion (la sienne en premier) !!! 
(1) sur Netflix, la dernière apparition de Chadwick Boseman,  sur la vie de Ma Rainey, de son prénom Gertrude. L’occasion de s’intéresser historiquement au phénomène, comme quoi Netflix ne décérèbre pas toujours.. le titre original est Ma Rainey Black Battom, je vous laisse traduire. Philippe Adler avait bien raison, comme avec « Satchmo » !! Bessie Smith avait été amenée en studio par John Hammond, qui avait aussi signé Count Basie, dont le dernier signé s’appelait Stevie Ray Vaughan…  la lignée existe, elle est bien là, et elle est toujours vivante.

 

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