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Trump : les c… ça ose tout, disait Audiard. Mais va-t-il le faire ?

C’est définitivement un imbécile, à se stade, avec ce que l’on a vu de son comportement de gamin frustré après sa défaite. Un imbécile visiblement entouré de crétins, parmi lesquels Rudy Giuliani, Sydney Powell et Lin Wood tiennent la vedette. Son égo sévèrement atteint (1), il ne lui reste qu’un espoir de le restaurer : s’en prendre à l’Iran, militairement, comme il a tenté de le faire pendant quatre ans sans y réussir, et sans cesser d’en faire son obsession de grand malade. A peine déclaré perdant, il a demandé à ses troupes de se mobiliser au cas où. Mattis n’est plus là pour le freiner, et il n’écoute déjà plus personne, ni aucun conseiller. Enivré de pouvoir, tentera-t-il un dernier baroud meurtrier ? Entre deux parties de golf (2) ? C’est la crainte en effet, avec en face des gens qui ont déjà montré qu’ils s’y préparaient, à cet affrontement… de bien étrange manière en plus !

Les iraniens viennent d’essuyer un grave revers, après le premier en janvier de leur général (Qassem Soleimani) découpé en rondelles à Bagdad par un missile sorti du cerveau atteint de techniciens US. Un saucissonnage du XXIeme siècle, observé ici à droite aussi en Syrie. une action bien sûr applaudie aussitôt par Donald sur Tweeter en deux temps (cf ci-dessous). Le second revers, l’élimination physique de leur principal scientifique, c’est très certainement une action du Mossad (3), Israel ne ratant jamais une occasion de mettre le feu aux poudres, dans le but d’éviter que les iraniens n’arrivent à posséder suffisamment d’uranium enrichi pour atteindre leur objectif de 5 têtes nucléaires, défini il y a bien longtemps déjà. Un objectif qui avait été mis en veilleuse grâce à un accord signé en 2015 sous Obama, et qui avait eu pour conséquence la liste régulière d’observateurs pour empêcher cette phase critique. La dénonciation de cet accord par un Trump uniquement préoccupé de faire le contraire de ce qu’avait fait Obama, en raison toujours de ce problème d’ego démesuré qui a dirigé toute sa vie, a permis dès 2017 aux iraniens de faire repartir leur travaux menant à l’obtention des têtes nucléaires visées, qui les mettraient sur un rang différent (et non d’égalité encore) avec les israéliens, ce qui rebattrait les cartes dans toute la région. Selon un rapport de 2014, le Wisconsin Project on Nuclear Arms Control de Lincy et Milhollin, à ce stade, les iraniens devraient mettre 17 mois pour faire une tête nucléaire. Soit pouvoir en fabriquer deux pendant la législature de Trump ! S’est-il rendu compte qu’il leur avait offert une voie royale pour le faire, alors que sous Obama on avait réussi à le contenir en forçant à des visites de contrôle ?

En Iran, ça tourne à fond depuis 2016

En 2019 les iraniens étaient arrivés avec leur armée d’antiques centrifugeuses (inventées par les techniciens allemands pendant la seconde guerre mondiale !) à obtenir 300 kilos d’uranium, enrichi à moins de 4,5 %, autorisés par le traité signé en 2015.  On pense qu’aujourd’hui ils en possèderaient beaucoup plus, soit 1,571 tonne et même 2,4 depuis les plus récents rapports  Une seule bombe nécessitant 25 kilogrammes d’uranium enrichi mais à un beaucoup plus fort (pourcentage de 90% d’uranium-235). Aujourd’hui , une bombe et demie environ pourrait être fabriquée selon les calculs, car 1000 kilos d’U-235 à 4,5% donnent les 25 nécessaires à 90%, après un nouveau processus (plutôt long) de raffinage. Et un plus grand lot de centrifugeuses ont été mises en service, justement, en janvier 2020…. en représailles contre l’assassinat de Soleimani !

« Le rapport du 5 juin (2020) a confirmé que si l’Iran dépasse le niveau d’enrichissement d’uranium 235 de 3,67% fixé dans le JCPOA en enrichissant à 4,5%, il n’y a pas d’enrichissement jusqu’à 20% (à droite ce sont les centrifugeuses découvertes en 2003 dans le cargo BBC China, ex Beluga Superstition et destinées à Kadhafi…il était parti de Dubaï, une sombre histoire menant en Suisse avec la famille de Friedrich Tinner… et à la CIA ! Un vrai roman d’espionnage avec comme vedette Richard Barlow !). La décision des États-Unis de mettre fin à la dérogation aux sanctions permettant à l’Iran d’importer du combustible d’uranium enrichi à 20% pour son réacteur de recherche de Téhéran en mai soulève des inquiétudes quant au fait que l’Iran pourrait utiliser le carburant pour le RTR comme justification pour résumer un enrichissement de 20% plus tard. L’uranium enrichi à 20 pour cent présente un risque de prolifération beaucoup plus important car il peut être beaucoup plus rapidement enrichi à la qualité des armes.  Cependant, l’AIEA a noté que l’Iran avait reçu une cargaison de carburant pour le RTR en avril 2020, ce qui devrait répondre à tout besoin immédiat de carburant enrichi à 20%. L’Iran a reçu pour la dernière fois une cargaison de carburant enrichi à 20% en 2018. »

« Incident » ou « accident » : des bâtons dans les roues en tout cas

En juillet dernier, cette course à la bombe a été interrompue par un sabotage évident qui s’est produit à Natanz, le centre principal de production de l’enrichissement. L’accident aussitôt présenté comme « mineur » par les iraniens ne l’était pas : comme le montrent les images des dégâts sur place (ici à droite par satellite). Accident ou incident provoqué ?

Encore une fois,  les services secrets israéliens avaient été montrés du doigt (en l’écartant d’un revers de main, comme à leur habitude…) :

« interrogé ce week-end sur une possible implication israélienne, Benny Gantz, le nouveau ministre israélien de la Défense, a fourni une réponse pour le moins alambiquée. « Tous les incidents qui arrivent en Iran n’ont pas nécessairement quelque chose à voir avec nous », a-t-il déclaré à la radio de l’armée israélienne. « Il est préférable de ne pas mentionner nos actions en Iran », a renchéri Gabi Ashkenazi, ministre israélien des Affaires étrangères, lors d’une conférence organisée par les quotidiens Maariv et le Jerusalem Post. « Officiellement, la stratégie de l’ambiguïté est de rigueur en Israël, avec pour but de ne pas encourir de représailles de la part des ennemis ou de pressions politiques », explique au Point Ely Karmon, chercheur en problématique stratégique et en contre-terrorisme au centre interdisciplinaire de Herzliya ». On notera que l’incident a eu lieu en juin, et qu’en mai la mystérieuse navette XB-37 avait été relancée une nouvelle fois, après être restée près de deux ans en orbite pour photographier des points sensibles sur Terre… Un lancement par une grande fusée Delta 4-H Heavy, en janvier 2019 (NROL-71) a été celui d’un modèle K-11 de 5eme génération, devenu KH-12 ou Advanced KENNAN ou encore Improved Crystal (son logo à gauche est sans ambiguïté, comme sa taille; leur première mouture date de 1992) équipé d’un énorme télescope à bord.  Un autre est attendu en décembre prochain (c’est un Hubble de 18 tonnes, pour militaires en fait).

Une idée d’intervention qui se creuse jour après jour

Avec ces renseignements précis, des scénarios d’attaque ont pu être élaborés. Un document lisible ici nous les révèlent en détail. Celui-ci date de huit ans ; il est intitulé « l’Operating from Range to Defeat Iran’s Anti-Access and Area-Denial Threats » du 17 janvier et il est signé Mark Gunzinger (on peut l‘entendre ici) et Christopher Dougherty (« Senior Fellow in the Defense Program at the Center for a New American Security »). Le scénario élaboré n’implique qu’une attaque combinée par mer pour libérer le détroit et non une attaque globale du pays (avec bateaux ship-to-shore-, par air et par troupes au sol amenées par des moyens amphibies) :

Mais cela donne une idée déjà. Pour les sites nucléaires, c’est une attaque menée à la super-bombe larguée de B-2 ou de bombes perforant le béton comme le BLU-109 / B pu la GBU-39 plus précise (et lançable par n’importe quel avion du parc US) qui devrait prévaloir, car la plupart des sites iraniens sont enterrés depuis longtemps. Or une activité récente révélée par image satellite montre une extension neuve de plus au sud de Natanz. « Cette route va également dans les montagnes, donc c’est peut-être le fait qu’ils creusent une sorte de structure qui va être devant et qu’il va y avoir un tunnel dans les montagnes », a déclaré Jeffrey Lewis, un expert à l’institut qui étudie le programme nucléaire iranien. « Ou peut-être qu’ils vont simplement l’enterrer là-bas. » C’est visible en effet : 

130 millions par terre

L’escalade chez Trump a commencé quant les iraniens ont annoncé le 20 juin 2019 avoir abattu un drone US, (un énorme RQ-4 Global Hawk à 130 millions de dollars, abattu par un clone de Buk-M2 russe.  Ce successeur annoncé de l’U-2 serait le tout premier jamais descendu) et c’est alors que le président Trump a annoncé vouloir répondre en représailles par des frappes aux sénateurs républicains.

Un tel engin perdu nécessitait une réponse de taille, selon le New-York Times : « quelques heures après la destruction du drone, l’équipe du président s’est réunie pour le petit-déjeuner à 7 heures du matin dans le bureau de John R. Bolton, alors conseiller à la sécurité nationale. Le secrétaire d’État Mike Pompeo et le général Joseph F.Dunford Jr., le président des chefs d’état-major interarmées, ont été rejoints par deux secrétaires à la défense par intérim, Patrick M. Shanahan, qui venait d’annoncer sa démission et était à quelques jours de son départ. et Mark T. Esper, son remplaçant désigné. Lors de la réunion, plusieurs options ont été discutées. Le plan préféré du Pentagone était d’attaquer l’un des bateaux iraniens chargés de missiles que les États-Unis suivaient dans le golfe d’Oman. Les forces américaines avertiraient les Iraniens d’évacuer le navire, les filmeraient en vidéo, puis couleraient le bateau avec une bombe ou un missile. Le résultat final serait zéro victime, ce qui, selon M. Shanahan et le général Dunford, serait une réponse proportionnelle à la chute d’un drone de 130 millions de dollars qui, en soi, n’a entraîné aucune perte de vie. M. Bolton et M. Pompeo craignaient que ce ne soit pas assez décisif et ont poussé à des frappes sur le sol iranien. M. Bolton a plaidé pour ce qui a été décrit comme une «liste complète» d’objectifs, mais un nombre limité seulement pourrait être atteint si l’opération devait être menée rapidement, de sorte que les responsables ont opté pour trois batteries de missiles et radars iraniens. » On ne souvient pas avec quelle attention exacte Donald avait suivi l’exposé, mais il avait annoncé sa décision : ce serait une frappe aérienne, la deuxième présentée. Il a été évalué que ces frappes, quoi que ciblées, feraient environ 150 victimes.

Tout était prêt et même lancé, les avions déjà en route.. relate le NYT, alors que Trump tenait une réunion avec des sénateurs : »pourquoi n’allez-vous pas bombarder les sites de lancement? » a demandé un législateur républicain. « Eh bien », a répondu M. Trump avec un indice, « Je pense que vous aimerez la décision. » Mais à peine trois heures plus tard, M. Trump avait changé d’avis. Sans consulter son vice-président, son secrétaire d’État ou son conseiller à la sécurité nationale, il a fait marche arrière et, avec des navires préparant des missiles et des avions déjà dans le ciel, a dit au Pentagone d’annuler les frappes aériennes à seulement 10 minutes de la fin (du décompte de lancement de l’opération). Lorsque le vice-président Mike Pence et d’autres responsables sont retournés à la Maison Blanche pour ce qu’ils espéraient être une longue nuit de surveillance d’une opération militaire, ils ont été stupéfaits d’apprendre que l’attaque était terminée ». 

Un des revirements caractéristiques de ce… caractériel inconstant, qui là a même choqué ses plus proches assistants. Il n’a donné aucune explication, à personne, comme à son habitude. Le chef de guerre proclamé, le va-t-en guerre Donald semble en fait ne pas en être un. Il a pourtant recommencé, juste après sa défaite électorale, preuve aussi qu’il demeure obsessionnel, et plutôt instable, sur l’Iran (comme ailleurs également!) après avoir consulté les responsables de la sécurité que sont le Vice President Mike Pence,le  Secretary of State Mike Pompeo, le Deputy Secretary of Defense Christopher Milley et le Chairman of the Joint Chiefs of Staff,  le général Mark Milley. Tous lui ayant recommandé de ne pas le faire à moins de provoquer un embrasement généralisé de la région. Milley, qui s’est fait embarquer dans « l’opération Bible » de Donald au moment des émeutes autour de la Maison Blanche, et qui s’en est excusé après, n’a de toute façon plus l’écoute de ce rancunier de Donald !! Mark Esper (ici au milieu sur la photo), qui a refusé d’envoyer l’armée contre les émeutiers, n’a pas tenu longtemps après le 3 novembre : il a été poussé par la porte le 9... le trumpisme ne supporte pas qu’on s’oppose à ses désirs. Seul à décider, sans se fier à quiconque, que va-t-il donc décider avant de quitter son siège ??? Craignons plutôt désormais son penchant à faire le contraire de ce qu’on lui recommande !!!

En face, on en est la énième répétition du film

En face, les iraniens ont un étrange comportement depuis toujours : là-bas, c’est la religion qui dirige la politique, et c’est donc une autre sorte de folie, et d’autres mensonges encore, comme l’a été la divulgation en 2013, grotesque, d’un avion fait de bois et de résine, présenté comme étant un chasseur-miracle d’un ridicule achevé. L’engin a disparu dans les limbes des archives aéronautiques de l’Etat et n’est jamais plus revenu depuis. Mais ça nous a permis de bien rire… ce nouveau tapis volant persan (réapparu en 2017, les iraniens aiment nous faire rire plusieurs fois.

Ça donne aussi chez eux des effets d’annonce d’engins sortis d’un chapeau de magicien ou carrément copiés (extérieurement sur ceux, américains, qui se sont égarés dans le pays (en 2011) et y sont tombés intacts. Une vrai industrie du faux modèle est née là-bas… avec des détails comme ici à droite non encore interprétés : un radiateur, certes, mais pour quoi ? Ou bien un dessous montant l’emport de missiles sortis eux-aussi de leurs bricolages (des « Sadid » visibles ici) avec des trappes une nouvelle fois faites en résine, au tracé fort irrégulier… c’est censé être une version maison du Sentinel RQ-17o, nettement plus petite en réalité, devenu Saegheh 2 (ou Saeqeh 2), dont il ne reste que l’aspect extérieur ; les bossages contenant l’électronique de transmission dans l’original sont certainement vides et l’engin possède comme train d’atterrissage des skis rétractables.

Son moteur, surtout, est tellement minuscule que l’engin qu’il propulse est très certainement… vide. Le moteur est celui de la firme PBS Aerospace (ressemblant au TDI américain) au milieu de sa gamme (cf ici-dessus), le PBS TJ80, un réacteur de 12 kilos, qui le décrit comme étant « particulièrement adapté aux applications dans les drones », l’une de ses utilisations étant le drone cible espagnolo-brésilien Diana. Il procure une puissance moyenne de 900 N. Le RQ-170 d’origine fait 4 tonnes et il est propulsé par une turbine General Electric TF34 de 41,26 kN (plus de 40 fois plus !).

Un  faux Nimitz !

Leur faculté à faire dans le faux a atteint des dimensions impressionnantes avec la mise sur cale détectée par les satellites US d’un… porte-avions factice, en fait une grosse barge d’acier en coque de catamaran représentant sur le dessus la forme de la piste d’envol d’un engin de la classe USS Nimitz (lancé en 1972.  C‘est de lui qu’ont décollé les hélices de Eagle Clay, ce fiasco en Iran), réduit aux deux tiers en tôle et constitué de tôle soudées…  approximativement. .. laissant les militaires US sceptiques sur son usage réel… remorqué car démuni totalement de moteurs !!

L’engin, à la surprise des américains, voit son pont effectivement peint du célèbre N°68 du Nimitz !! En fait c’est un porte-avions factice d’exercice, dont la destinée était de se faire attaquer par divers sources militaires pour se faire la main : bateaux rapides, drones, hélicoptères et étonnamment pas… par des avions !!! Des avions, des faux encore, les iraniens ont été disposés sur le pont. Des modèles réduits de leurs F-5E Tiger-II, qui n’a jamais été un avion embarqué !!!

Pour faire plus vrai encore, c’est donc raté. Le château central se résume lui à un parallélépipède de tôle. C’est un porte-avion bien grossier de 204 m de long sur 40 de large. Soit 130 mètres de moins en longueur que l’original.

Drôle de truc en effet  ! On va finir par comprendre son usage le 25 février 2015, au cours d’un exercice militaire grandiose appelé «Grand Prophète 9» avec des centaines de roquettes de 107 mm visant ce faux porte-avions américain, tirées du vedettes rapides de la marine du CGRI. Ou bien de dizaines de petits hors-bords (AShura) doté d’une mine de contact M-08 tournant en cercle autour du géant. Puis arrivent d’autres vedettes rapides lançant une douzaine de missiles de croisière anti-navires chinois C-704 plus des missiles de croisière anti-navires C-802, lancés cette fois de terre et des missiles balistiques Fateh-100 (de courte portée). Les C-802 peuvent aussi être lancés d’hélicoptères, des Mi-8 chez les iraniens, qui possèdent aussi des vieux Sikorsky S-3 dont certains ont été de sortie lors de l’exercice (ils ont aussi des Orion P-3 !!).

La cinquième phase d’attaque voyant un hélicoptère Bell 206 tirer un missile de croisière anti-navire C-704K d’origine chinoise, installé entre ses patins. Genre coup de grâce, alors que cet engin serait insuffisant pour couler ce géant…

Bref un bien grand cirque naval et aérien dont on doute beaucoup de l’efficacité dans la réalité sous le tir de barrage automatique des redoutables systèmes de défense Phalanx robotisé, qui équipent les porte-avions US, ou les tirs de protection des destroyers accompagnateurs, non représentés ici. Bref on ne comprend pas trop bien à quoi ça mène…

La touche finale étant l’envoi d’un engin semi-submersible bourré d’explosifs, téléguidé (il peut être piloté et ça devient une mission suicide. C’est le Zulfikar, une version du Taedong-B nord-coréen armé de torpilles qui a inspiré aussi les narco-trafiquants (ci-dessous)… Au final, l’engin se retrouve en feu, son pont a ses tôles tordues dans tous les sens,…  mais il n’a pas coulé ! Ce ne devait pas être le but recherché non plus, remarquez . On en reste là avec en drôle d’impression : était-ce des exercices militaires ou un film d’Hollywood, ce qu’on avait vu ??

Quand Téhéran recrute Hollywood

L’impression de film hollywoodien n’était pas totalement fausse. La réplique du porte-avions Nimitz, faisait bien en fait partie du tournage d’un film nouvellement commandé par Nader Talebzadeh, cinéaste et réalisateur de documentaires bien connu en Iran, soutenant fermement Mahmoud Ahmadinejad et intitulé « Airbus ». C’est en effet l’histoire du vol 655 d’Iran Air, un Airbus A300 de la République Islamique qui s’est écrasé le 12 juillet 1988, à la suite d’une frappe d’un missile tiré par un croiseur américain, l’USS Vincennes, tuant 290 personnes dont 66 enfants. Selon le site Web iranien Cinemanegar, le film aurait été produit et réalisé par Nader Talebzadeh mais aussi par Paxton Winters, cinéaste canadien auteur du film Pacificado, L’histoire d’une lutte de pouvoir au sein d’un gang dans une favela de Rio de Janeiro. Ils prévoyaient d’utiliser des acteurs iraniens et américains, notamment Sean Ali Stone (ci-dessous à droite avec Talebzadeh), le fils du cinéaste américain Oliver Stone, ainsi que Val Kilmer et l’actrice et scénariste iranienne Mina Masoumi.

Le scénario étant signé  Scott J.T. Frank, auteur de reportages (pour 60 minutes notamment ) et de documentaires qui aurait pu nous expliquer ce que venait faire ce porte-avions dans le film. Il en a réalisé un en 1985 sur Chuck Yeager (Flying Without Fear). Mais aussi Phenomenon, une série d’enfilades complotistes comme par exemple  « Tunguska: The Russian Roswell » ou « Lost Lightning: The Missing Secrets of Nicola Tesla » ou encore « Stolen Glory: The Cover-up of Cosmonaut Vladimir Ilyushin »; le genre de fakes news qui se promènent sur tous les réseaux, hélas…  On est en effet allé jusqu’à inventer que Gagarine n’avait jamais volé et que c’est lui qui avait été le premier cosmonaute, ce qu’il n’a jamais été de sa vie…

Drôles de films

En  2007 Oliver Stone avait annoncé faire un film sur la vie d’Ahmadinejad, puis encore en 2009 sans arriver à le faire. Le lien entre les réalisateurs et le pouvoir est la , mais celle-ci organise surtout des conférences anti-occidentales qui propagent un antisémitisme flagrant et des théories du complot, quand ce n’est pas la négation de l’Holocauste. Comme exemple, on a cette photo faite lors de la conférence présidée par l’ayatollah Ibrahim Raïssi, directeur d’Astan Quds Razavi, et tenue du 12 au 18 mai 2018 dans la ville sainte de Mashhad, capitale du Khorasan iranien, New Horizon Organization;
à laquelle participaient Nader Talebzadeh, l’extrême droitier russe Alexandre Douguine, ami d’Alain Soral, et Philip Giraldi, conseiller de Ron Paul et négationniste notoire, lié aussi à Vincent Cannistraro, venu expliquer jadis sur FoxNews qui était selon lui Abu Zubaydah et en le chargeant à mort, alors que son rôle reste toujours douteux. Y participaient aussi Scott Bennett (ici à droite) – ancien membre des Forces spéciales US et de l’administration GW Bush, travaillant jadis à la MacDill Air Force Base de Tampa, en Floride, devenu farouchement pro-iranien (et anti-Trump !), ou David Weiss, rabbin de la secte juive Naturei Karta, celui de la liste Dieudonné de 2009.

Dans le genre, Alain Soral et Dieudonné se verront attribuer par Ahmadinejad plusieurs millions d’euros pour un film qui se terminera par une pochade ridicule faite par le second, mal réalisée et inmontrable en salle. Depuis, les deux se disputent la paternité de l’évaporation de cette somme. « Nous avons reçu un budget important qui nous permet de faire des films à la hauteur de ceux d’Hollywood qui est le bras armé de la culture sioniste« , déclarera Dieudonné à son retour d’Iran. « Ahmadinejad est plus aimé en Iran que Nicolas Sarkozy en France », a-t-il assuré, qualifiant le président iranien de « grand résistant » victime d’un « lynchage médiatique ». Selon lui, les manifestations qui ont suivi sa réélection contestée en juin sont l’écho d’une « propagande sioniste »(à gauche ici il lui remet sa « Quenelle d’Or », le 19 févier 2015). A Teheran, le trio Meyssan-Dieudonné-Collon avait aussi été aperçu lors de la réunion baptisée pompeusement « Axis for Peace » en 2005. La base du réseau Voltaire et sa dérive rapide vers l’extrême droite avec Claude Karnoouh, soutien de Robert Faurisson. En  2019, a été également inculpée Monica Witt, accusée d’être une espionne US ayant participé à la New Horizon Organization et lui avoir cédé des secrets militaires US. Or elle aussi avait été embarqué dans une affaire similaire de film :« malgré les mises en garde du FBI, selon l’acte d’accusation, l’ancienne militaire accepte de travailler avec un mystérieux « individu A » sur un film de propagande anti-américaine aux États-Unis. En contact régulier avec cette personne, elle la remerciera, par écrit, de lui « fournir l’opportunité » de mettre en usage sa formation militaire « à de bonnes fins plutôt qu’à de mauvaises » avait écrit France 24. « L’acte d’accusation ne divulgue pas l’identité de l’individu A, mais selon le New York Times, il s’agirait de la journaliste américano-iranienne, Marzieh Hachemi, (ici à droite) arrêtée le 13 janvier 2019 aux États-Unis et détenue pendant dix jours. Née aux États-Unis sous le nom de Melanie Franklin avant sa conversion à l’islam et son mariage avec un Iranien, elle est depuis 25 ans l’un des visages les plus connus de la chaîne anglophone iranienne Press TV ». Décidément, c’est fou ce qu’Ahmadinejad adorait les caméras… même pour vendre sa Peugeot 504

Propagande chérie : le retour du porte-avions zombie

Mais l’aura d’Ahmadinejad, partisan acharné du programme menant à la bombe, a commencé à faiblir, sa tentative d’élection contestée à la présidence de 2017, après en avoir été écarté par le guide Ali Khamenei, pour finir par y renoncer, lui et ses rêves d’Hollywood. Nader Talebzadeh (ici à gauche avec… Hacehmi-Franklin !), n’est pas pour autant passé à la trappe.  Il est toujours à la tête de la propagande islamique, qui possède un budget conséquent : « au taux officiel du dollar, l’Université Al-Mustafa recevra 80 millions de dollars en 2020-2021; L’Organisation islamique de développement recevra 153 millions de dollars, tandis que le Bureau de propagande islamique du séminaire de Qom recevra 36 millions de dollars – un total de 268 millions de dollars, en légère baisse par rapport à 292 millions de dollars l’année fiscale précédente (…). Deux autres organisations qui jouent un rôle dans l’exercice d’une influence à l’étranger sont les Fars News et Tasnim News, contrôlées par le CGRI, qui amplifient la voix des personnalités anti-américaines à travers leurs opérations en anglais. Fars et Tasnim publient régulièrement des entretiens avec des experts et analystes occidentaux qui font écho à la propagande de Téhéran. En outre, des personnalités des médias connectées au CGRI telles que Nader Talebzadeh voyagent à travers le monde et invitent des invités à des conférences en Iran pour élargir le réseau d’influence de Téhéran et ses compagnons de voyage. Le Trésor a désigné Talebzadeh pour avoir facilité les moyens de recrutement de la Force Qods du CGRI, une indication du degré auquel les médias iraniens font partie de l’establishment de la sécurité. » explique ici l’opposition en exil.

Revenons à notre faux porte-avions. L’engin, abîmé, brûlé, laissé à l’abandon, a connu une seconde vie quand il a été remorqué entre juillet et août 2019, à l’intérieur du brise-lames de la base navale de Bandar Abbas pour des réparations en prévision d’un second usage. Les travaux n’ont commencé qu’en octobre 2019, et un second exercice militaire a été programmé cette fois, semble-t-il, sans servir de support à un hypothétique film. Ça s’est passé cette fois en face du port de Bandar Abbas, avec à nouveau force images de tirs de missiles de vedettes rapides ou à nouveau de tirs de roquettes de 107 mm provenant de la côte… C’était reparti comme en 2015 !!! Avec des hélicos aussi et les mêmes faux F-5 toujours soudés à leur pont factice !! 

Et les  gardiens de la Révolution y ont mis tout le paquet, au point cette fois de réussir à le couler, ou plus exactement à le renverser sur le flanc, la mer étant fort peu profonde à cette endroit… (ici à gauche), lorsqu’on l’a remorqué à nouveau, un renversement pas vraiment volontaire, l’engin devant servir… indéfiniment, d’après ce que l’on avait compris de son surprenant usage… Les voici à nouveau ridiculisés aux yeux du monde entier !!! Avec un engin qui gêne désormais le commerce, les pétroliers entrant à Bandar Abbas le frôlant désormais !!

Quelle situation ubuesque !! Et qu’apprenait-on alors le 29 novembre ? Que « le Pentagone a déployé ces derniers jours le porte-avions USS Nimitz dans le Golfe, assurant que ce retour n’était provoqué par «aucune menace» après l’assassinat d’un scientifique nucléaire iranien, mais plutôt pour compenser le retrait des troupes américaines d’Afghanistan. » Un retour déjà effectué au moment où on l’annonce :«le porte-avions USS Nimitz est revenu dans la (zone de) la 5eFlotte le 25 novembre». Le plus amusant étant que ce même Trump, souhaitait envoyer en février 2019 un porte-avions à la ferraille, l’USS Harry Truman… avant de se raviser, selon une de ses célèbres rebuffades et hésitations dont il a gardé le secret…  Il aurait pu songer à un deal, plutôt, lui qui commerce si bien (?) : venir le remorquer dans le détroit d’Ormuz, pour le laisser attaquer par les iraniens, qui adorent faire ça… L’USS Truman devant de toute façon rester en mer et ne pas rentrer à ce stade : ça lui évite d’attraper le coronavirus, qui a envahi la Maison Blanche, ce dont on s’est aperçu, et même tout le pays, ce dont Donald ne s’est toujours pas aperçu…

Donald va-t-il s’attaquer à l’Iran à partir de l’USS Nimitz ? On peut hélas le craindre, étant donné sa frustration actuelle. Va-t-il offrir à ses fans de QAnon l’apocalypse dont ils rêvent tous (4) ? Le tout étant alors de savoir si ses amiraux vont le suivre… Dernière ironie de l’affaire : l’un des responsables de la lutte anti-Covid19 nommé par Donald, Brett Giroir, est aussi un… amiral !!! Le 15 novembre, il avait révélé que Trump n’avait plus assisté à une seule réunion sur la lutte contre la pandémie depuis… cinq mois !!! Mais pas raté un seul week-end de golf !!!

 

Nota : lisez donc au passage ce document rare retrouvé : relisez le chapitre sur l’uranium d’Olen (dans la mine Shinkolobwe) et le rôle vital qu’a joué Egar Sengier dans la réalisation de la première bombe atomique (le plutonium (238) est à base d’uranium (239)). « Les trois premières bombes atomiques, la bombe test de juillet 1945 et celles d’Hiroshima et de nagasaki, ont été fabriquées grâce à du minerai d’uranium dont 72 %12 provenaient du congo belge (le reste provenait des états-unis et du canada ». La seconde, Fat Man, est au Plutonium. S’ajoute à cette production peut-être aussi l’étrange chargement du sous-marin U-234 (560 kg d’oxyde d’uranium destinée au Japon pouvant donner 4 kilos seulement d’U-235), intercepté le

https://etopia.be/wp-content/uploads/2019/02/La_Belgique_et_la_Bombe.pdf

(1) par la trentaine de rejets de ses plainte farfelues déposées par ses drôlatiques défenseurs… tel son bistrotier bombardé expert en attaques informatiques avouant n’être pas bon en maths à la fin de son exposé…

(2) malgré 4 ans d’exercice il ne semble pas avoir beaucoup amélioré son style. A espérer qu’un échec du genre ne va pas provoquer en représailles l’attaque de l’Iran, chez ce caractériel. On l’entend dire «  »Je déteste ce putain de trou !!! » et selon TMZ « peut-être que Trump était hors de son jeu parce qu’il était toujours aussi énervé par les élections. Il tweetait une tempête, affirmant à nouveau qu’il avait remporté l’élection, en disant: « Je viens de voir les totalisations des votes. Il n’y a AUCUNE façon que Biden ait obtenu 80 000 000 de votes !!! C’était une élection à 100%. »Caractériel ,je vous dis, mélangeant tout. Ce n’est vraiment pas Bill Murray…

(3) Mohsen Fakhrizadeh a en effet été abattu par un dispositif sophistiqué : les tirs provenaient d’une voiture garée à 150 m de là. Et ils ont été actionnés automatiquement.  C’est en sortant du véhicule après les premiers tirs qu’il a été abattu, signe que la plateforme de tir était capable de s’orienter et était donc pilotée à distance.

(4) qu’ils se repassent le film « Nimitz, retour vers l’enfer » (The Final Countdown). C’est le parfait nanar pour eux… pauvre Kirk Douglas, il n’avait pas mérité ça !! Imaginez, si Trump se retrouve projeté à Pearl Harbor… dans un « paradoxe du temps » (ah ah) comme dit le film !!! Arrêtez, ils seraient fichus d’y croire, ces abrutis ! (nota : l’idée du film a été complètement pompée… à un autre nanar japonais !).

 

 

 

document sur l’équipement naval iranien

https://www.washingtoninstitute.org/uploads/Documents/pubs/PolicyFocus87.pdf

 

 

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