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Trump : Gouverner les USA comme le Mississippi (7)

Nous y voici dans la dernière ligne droite de ce réquisitoire, car ça en est un, contre des méthodes politiques infâmes ayant consisté à piller les services sociaux d’un Etat, chargés d’aider les plus démunis, pour satisfaire quelques personnes, dont certaines, quel hasard, avaient croisé jadis Donald Trump sur leur chemin.  Près de 100 millions de dollars ont disparu dans leurs poches.  Donald, lui, a reçu à la Maison Blanche une personne qui en a subtilisé 200 à des personnes âgées perdant la boule, en la présentant comme un modèle pour le pays. Tout cela inspire la honte et le dégoût.  Ce qu’inspire aujourd’hui, hélas, l’Amérique de Donald Trump. 

L’ultime manipulation

Le 8 janvier dernier, un article d’une chaîne de télévision montrait le travail de fourmi auquel s’était déjà attelé le jeune auditeur des finances de l’Etat. Il y citait alors ses première découvertes, des cas de détournement de fonds qui impliquaient de petites entreprises et la corruption de certaines gens. Tout cela dans le cadre de détournements d’une faible ampleur relative en fait. « J’ai examiné de petits cabinets médicaux, de petites entreprises avec un comptable. À la fin de la journée, ce sont des centaines de milliers de dollars qui ont été retirés à ces personnes qui leur ont donné leur carrière, leur ont donné leur gagne-pain, ils ont volé cet argent « , a déclaré Bailey (White) . » Je pense qu’ils se justifient dans leur propre esprit au fil du temps, «je mérite cela. J’ai droit à ça. »» S’ils ne sont pas capturés immédiatement, Bailey a déclaré que la justification ne faisait qu’empirer. » Sur la plupart d’entre eux, c’est comme si « j’emprunterais vingt dollars. Je vais le rembourser quand nous serons payés. Je suis un peu court, là  » Ensuite, les vingt se transforment en cent, les cent se transforment en mille », a déclaré Bailey. Prenons le cas le plus récent de l’audit d’État concernant Paula Hunt, ancienne comptable au bureau des percepteurs d’impôts du comté de Warren (1) Elle a plaidé coupable en novembre d’avoir détourné de l’argent en volant de l’argent sur les paiements reçus par le bureau et en le dissimulant par des transferts d’argent entre les comptes bancaires du bureau. Ces dix mois de tromperie ont fini par coûter plus de 140 000 dollars aux contribuables. Dans de rares cas, les accusés ont affirmé qu’ils ne savaient pas que ce comportement était illégal. White a déclaré que l’ignorance de la loi n’est pas une excuse ».  Il avait démarré bien petit, en étant déjà offusqué, ce jeune commissaire devenu le Mr Propre de l’Etat, d’où sa rage visible aux moments de déballer le gros lot… selon lui, « Les dépenses les plus flagrantes que mon équipe ait connues au cours de sa carrière. »

L’enquête qui avait précédé, la clé du problème

En réalité, alors que White expliquait à la presse qu’il vérifiait les dépenses de l’Etat et n’était tombé pour l’instant que sur des sommes relativement peu élevées, mais qui méritent quand même l’attention, une autre partition s’est déjà jouée en coulisses. Cela a commencé en août 2018 avec la nomination fort discrète d’un poste d’inspecteur général au sein du MDHS. Selon des observateurs, certaines personnes, dont des gens extérieurs, s’étaient inquiétées de certaines dépenses. La nomination pour le poste doit être contresignée par Davis, qui l’a fait sans rechigner : c’est David Barton qui est alors nommé, c’est un ancien militaire qui a passé 31 ans dans la Garde Nationale (ici à droite sa cérémonie de départ), et qui vient de se retirer avec le titre de colonel, mais il a passé des diplômes de gestion et d’administration. Lui aussi fait jouer son petit cercle de connaissances : une de ses quatre filles, Brittany, travaille pour son vieux compère Trent Kelly devenu député, membre lui aussi de l’Army National Guard du Mississippi ….

Début 2019, devenu directeur adjoint de l’administration de l’agence du MDHS (et depuis directeur), il commence donc un audit interne, et recueille les premières plaintes d’employés sur les détournements de Davis, surtout à partir de juin selon la presse. Très certainement bien avant. Elles commencent à s’accumuler. Peu de temps après, c’est le gouverneur Phil Bryant qui annonce lui-même le 8 juillet le départ à la retraite de John Davis en lui souhaitant un « HAPPY RETIREMENT » et en le saluant comme « un un formidable défenseur des enfants et des familles du Mississippi ». Cela ressemble fort à une éjection. A sa place, Bryant vient de nommer Christopher Freeze, qui vient lui…. du FBI ! White va donc s’appuyer sur les découvertes successives de Barton et de Freeze pour édifier son volumineux dossier.

Deux jours après son apparition à la télévision, le 10 février, le même White, en annonçant le gouffre financier qu’il venir de découvrir, révélait aux journalistes qui avait tout balancé selon lui : “nous n’aurions pas découvert cela sans que quelqu’un se présente au bureau du vérificateur et nous le fasse savoir, et cette personne, dans ce cas, était le gouverneur Phil Bryant ». Voilà qui sonnait bien creux tout à coup : depuis quand un employé nommé par son patron targue-t-il celui-ci d’être le principal lanceur d’alerte à propos de ses propres services délictueux ? Ne peut-on pas y voir plutôt une manœuvre de dernière minute pour sauver la face ? White, en ayant commencé ses recherches pour réaliser l’audit de fin 2019 aurait naturellement dû tomber sur Davis et New, vu l’ampleur phénoménale de leurs détournements, pas besoin de la parole de Bryant pour ça ! Et Barton l’avait déjà mis au parfum, bien avant le gouverneur en tout cas !

Pire encore avec cette assertion : «Le MDHS a lui-même rapporté les informations qui ont ouvert cette enquête au bureau de l’ancien gouverneur Phil Bryant en juin 2019. Ce rapport a finalement conduit à l’arrestation d’aujourd’hui. » Le service grugé aurait, au mois de juin seulement, averti le gouverneur des malversations. Or le 8 janvier 2019, White n’avait toujours pas pipé mot de celles-ci aux journalistes ! Quand la presse évoque la durée des détournements, en plus, elle évoque « vingt ans ». Or Bryant n’a nommé Davis au poste de responsable qu’en 2016. Difficile de croire qu’il ne pouvait pas être au courant de son activité ou ne rien avoir constaté, lui, l’ancien commissaire aux comptes, de 2000 à 2016 ! Et les contacts avec Favre et son laboratoire de Floride, ça n’a pas été du tout du ressort seul de Davis mais bien de Bryant en direct comme on l’a vu !!! De plus, pourquoi donc les deux principaux accusés ont-ils décidé de se déclarer « non coupables » alors qu’ils ont été pris la main dans le sac ? Seul le fait d’avoir été aux ordres, ou de se sentir protégés, leur permet de le faire aujourd’hui avec de telles preuves accablantes contre eux ! Autre argument : qui a donc prévenu Davis qu’il était repéré ? En juin la plainte interne est entre les mains de Bryant. Or c‘est le 8 juillet que John Davis annonce brusquement son départ. « Ce fut un honneur de servir les merveilleux habitants du Mississippi et plus précisément de travailler avec un leader aussi étonnant que le gouvernement. Bryant », a déclaré Davis. «J’ai hâte de passer du temps avec ma famille et de poursuivre une nouvelle carrière en dehors du gouvernement de l’État pour faire encore plus pour le grand peuple du Mississippi « déclara-t-il alors. Bref un départ express, mais en douceur. Pourquoi donc autant de précautions ? Le temps de se préparer une défense ? De ressortir la vieille antienne politique du « déni plausible« (plausible deniability)  ? Ça y ressemble diantrement, en tout cas !!! White a taxé l’affaire de  » sprawling conspiracy, » une conspiration tentaculaire… selon pas mal d’obervateurs connaisseurs de la mentalité de Phil Bryant de toute façon, il n’aurait pas aidé Davis.  Il l’aurait plutôt laissé tomber, comme il l’a fait avec Chaney une fois le Tea Party l’ayant choisi, lui.

Quelque chose coince, à l’évidence, en effet, depuis le début : des responsables se retrouvent avec une porte désespérément fermée : celle derrière laquelle se cache le tout premier audit de David Barton :  « la complexité de la dissimulation était telle qu’il aurait été très peu probable que quelqu’un de l’extérieur l’ait jamais découvert », a déclaré le porte-parole du DHS (Department of Human Services), Danny Blanton. « Il aurait fallu qu’elle soit découverte de l’intérieur. » Blanton a déclaré précédemment que l’audit interne au début de 2019 – lancé par un nouveau bureau de l’inspecteur général du DHS – était la clé qui a finalement déverrouillé l’enquête de White et les six actes d’accusation. Mais les responsables du DHS ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas partager l’audit, » écrit le Clarion Ledger. Avant la déclaration de White, Barton, avait remonté directement, à l’évidence, vers… Phil Bryant. Or selon White, c’est ce même Phil qui aurait dénoncé tout le système : ça ne tient pas debout !

Le mot final de l’opération de contrôle revenant justement à Shad White, avec un propos ambigu dont on aurait bien aimé savoir à qui il s’adressait exactement  (ou plutôt lisez-bien, c’est presque dit noir sur blanc) : « cet audit devrait être un signal d’alarme pour tout le monde au gouvernement », a déclaré White. »L’ancienne façon de faire les choses, où vous faites ce que votre patron ou une personne qui contrôle beaucoup d’argent vous dit de faire, ou vous ignorez la loi sur la façon de dépenser de l’argent parce que vous pensez que personne ne regarde – ces jours sont révolus. « 

Double et triple désastre

Un seul était venu dire le contraire en défendant immédiatement Bryant : « Le gouverneur Bryant n’a jamais toléré la corruption publique d’aucune sorte », a déclaré au Mississippi Today Joey Songy, chef de cabinet de Bryant et partenaire commercial actuel. «Le même après-midi, le gouverneur a été informé d’éventuels actes répréhensibles au DHS, il a appelé l’auditeur d’État et l’a personnellement signalé à Shad White. Il pense que toute personne reconnue coupable de tout acte répréhensible devrait être tenue responsable. » Tout le monde a reconnu comme supporter son nouvel employeur (!!!), arrivé bien vite à sa rescousse il me semble ! Songy est ici avec Mandy Gunasekara… et Trump !  Gunasekara est la responsable du bureau d’Andrew Wheeler, « Administrator of the U.S. Environmental Protection Agency ». Un lobbyiste du pétrole et du charbon, climatosceptique, chargé de l’écologie chez Trump !

Pour ajouter au désastre, le 8 avril était venu s’ajouter un autre larron à ces arrestations : celle du responsable de la Mississippi State Fair Commission, organisme lié à la chambre d’agriculture et qui gère 100 acres de lieux de rencontre et 700 événement annuels « dans la grande tradition de l’hospitalité du Mississippi ». On y a organisé des concerts comme celui ici du Marshall Tucker Band ‘-(on écoute, c’est superbe) en 2018 ou des rodéos. Des rodéos qui ont un supporter de taille avec… Phil Bryant bien sûr, venu en 2019 en famille, en chapeau et veste de cow-boy  !!! Il était venu en présenter l’intérêt devant les caméras. Ci-dessous c’est la sortie à cheval à la Brookhaven Academy de Cindy Hyde-Smith, sa fille Anna-Michael Smith et de Phil Bryant :

 

Un grand projet était en cours en 2018 à Jackson même sous son égide; l’homme avait pourtant un beau CV derrière lui : Steve Hutton a été  joueur professionnel de golf,  pendant 19  ans, puis un temps Tournament Director à la télévision et vice-président de la Field Ministruor Promise Keepers, un mouvement religieux, le fondateur-président également de Momentum Events, des conférences religieuses sur le mariage (?) dans les « grandes églises à travers les Etats-Unis« . Encore un ! Ses dernières interventions étaient pour parler de l’addiction de son fils Ben à la drogue. En octobre 2019 il avait  proposé  de façon surprenante de transformer sa nouvelle salle, le dôme du Mississippi Coliseum, en patinoire à glace, en accord avec Magic Ice USA out de Miami, alors qu’à l’extérieur il faisait 96° Farenheit là-bas !

Le 8 avril donc, Steve Hutton a été arrêté lui aussi comme… proxénète, pour avoir en effet « favorisé la prostitution ». Le sport et Dieu mènent vraiment à tout, au Mississippi ! Quelle hypocrisie ! Le 10 février, on avait découvert la même chose avec William Bynum Jr, un « a God-loving, God-fearing man », venu de la Mississippi Valley State University, le président (noir) de la Jackson State University !!! en 2017, son salaire était de 375,000 dont 75,000 provenant de la fondation de l’Université, soir 154 500 de plus que son prédécesseur !!! Son élection s’était passée de manière étrange, puisque le Comité de l’université ne l’avait pas retenu pour le recrutement ! Avec lui avait été arrêtée Shonda McCarthy, directrice des galeries d’art de l’Université plus une quinzaine de personnes !

Les prisons de la honte

Ajoutons-y aussi le cas de Christopher Epps, employé (noir) comme commissaire au Mississippi Department of Corrections (la gestion des prisons en fait) qui a détourné sur place 2 millions de dollars à lui tout seul de pots de vins pour assombrir encore le tableau ! Epps en a pris pour 20 ans depuis. Ici les premiers 800 millions évaporés découverts en 2017.  En janvier 2020, une émeute avait provoqué d’abord 5 morts à la célèbre prison de Parchman, bâtie en  1901 (c’est celle qui a servi de modèle pour faire l‘hilarant O’Brother avec Clooney qui se passe au Missisippi). Deux prisonniers ayant réussi à s’échapper pendant le chaos. Au total les émeutes feront 16 morts. La réponse de Bryant à ces émeutes  ? Aucune responsabilité bien sûr : « Quelqu’un a demandé plus tôt, qui est responsable de ce qui se passe à Parchman? Les détenus « , a déclaré M. Bryant aux journalistes. » Les détenus sont ceux qui se s’entretuent. Les détenus sont ceux que la mode fabrique comme des durs.  » A Parchman Farm, il y a la moitié de gardiens que ce qu’il aurait fallu avoir, et ils font tous le double d’heures pour y palier, faute d’en trouver d’autres (en raison d’un salaire trop faible). Dans les cellules, 70% des prisonniers sont des drogués. Et je ne parle pas de l’état de la prison elle-même; visible ici à gauche  ! (2) Visiblement, comme pour tout le reste, ce n’est pas le problème de Bryant (qui, interviewé, répond « qu’il y a toujours eu un problème dans les prisons du Mississipi » : on croit entendre du Trump) !

Les enfants martyrisés en familles d’accueil au Mississippi 

Bryant se traîne une autre belle casserole, côté services sociaux. Depuis 16 ans (?) l’Etat du Mississipi se trimbale en effet une plainte déposée par A Better Childhood, une association nationale d’aide à l’enfance. Elle porte sur la situation des enfants envoyés en familles d’accueil (« Foster Care« , là-bas). Selon l’association, des familles absolument pas suivies par les services sociaux, qui s’en fichent ouvertement. En 2018 ils étaient 5800 enfants dans ce cas, dont 500 étaient placés dans des foyers non agréés. Depuis 2014, cinq enfants y sont décédés. Comme pour les prisons, le constat est en effet affligeant  : « en 2016, Wayne Drinkwater, un avocat qui représentait les plaignants dans le procès Olivia Y (du nom de l‘enfant décédé en 2004) , a déclaré au Clarion Ledger qu’un récent rapport d’un contrôleur judiciaire détaillant la mort d’un nourrisson en famille d’accueil cinq jours après son arrivée dans un domicile que les travailleurs sociaux n’avaient jamais inspecté  laissant entendre que « les choses vont en arrière, pas en avant. » Les autres exemples sont… ahurissants : la police a par exemple arrêté un gamin de 16 ans placé en famille qui avait cassé le carreau d’une voiture pour y voler une arme de poing alors que la mère d’accueil travaillait de nuit. Elle s’occupait en même temps de deux enfants plus jeunes ! « Une dame d’accueil a giflée un enfant en disant qu’elle lui avait jeté un sort, une autre a étranglé un enfant dont elle avait la garde… Le service n’a pas retiré la garde à une dame et n’a pas fermé le foyer d’accueil où la dame collait contre un mur un enfant de 5 ans, en sous-vêtements ou nu en guise de punition. Un enfant de 9 ans ayant une déficience intellectuelle a déclaré qu’il avait été  « moleste » par sa mère adoptive avec une ceinture » (à droite c’est la plainte déposée le 6 septembre 2019 contre Bryant et ses services après un énième décès d’enfant). « Un père de famille d’accueil a confié à sa fille de 16 ans la garde de plusieurs enfants en famille d’accueil, dont un enfant de 5 ans qui est venu à l’école pendant des semaines avec les mêmes vêtements sales et une odeur d’urine. L’enfant avait faim, a essayé de voler de la nourriture sur le bureau du professeur et avait des égratignures au visage et une blessure au cou. Une mère d’accueil a fouetté une fillette de 6 ans avec une ceinture, lui causant des ecchymoses sur le corps. Elle a également omis de donner à l’enfant des médicaments pour sa drépanocytose. » Ahurissant tableau ! Et là encore, la situation est due à un retrait financier de l’Etat du Mississippi signé Phil Bryant : « fin 2017, un nouveau commissaire a repris l’agence de protection de l’enfance. Il a surpris tout le monde en affirmant qu’il y avait un déficit budgétaire de 50 millions de dollars, malgré les assurances du commissaire précédent selon lesquelles le financement était suffisant pour respecter les normes de charge de travail d’ici la fin de l’année. L’État n’a pas respecté les normes de charge de travail imposées par les tribunaux et en juin 2019, l’examinateur neutre a signalé que l’État n’avait rempli que 32 des 113 engagements dans une ordonnance judiciaire à laquelle ils avait pourtant souscrit deux ans plus tôt…. » La seule réponse de Bryant en 2017 avait été en effet de changer de responsable du Department of Child Protection Service, Jess H. Dickinson remplaçant David Chandler. Un homme de 71 ans par un de 72. Au même moment, Bryant avait recruté… Paul Davis, en déclarant « chercher de l’argent » pour l’ensemble du social de l’Etat : « Le changement au sommet du Département des services sociaux intervient alors que Bryant promet de réformer le système de placement familial (foster care) au Mississippi. Il a récemment nommé David Chandler, alors juge à la Cour suprême, à la tête de la Division des services à la famille et à l’enfance, chargé de faire ce qu’il faut pour réparer le programme. Le gouverneur demande également que le poste de directeur de division soit élevé au niveau du cabinet au lieu d’une division du MDHS. Bryant a déclaré qu’il chercherait environ 35 millions de dollars de financement supplémentaire pour l’agence, ce qui est mandaté par une ordonnance du tribunal fédéral pour augmenter le salaire des travailleurs sociaux actuels et en embaucher d’autres« . On sait ce qu’il en est advenu !!!

Le 31 juillet 2018, sous la présidence de la Supreme Court Justice Dawn Beam, chef de la Commission on Children’s Justice, se tenait un déjeuner sur l’accueil des enfants en maisons d’accueil. La première dame y était allée de son propos larmoyant sur la vision d’un enfant placé qui pleurait après sa mère, son mari déclarant que « si nous pouvons trouver du travail pour ces parents et les garder propres et sobres, ils pourront prendre soin de leurs enfants »... (pas mal hein, le coups des pauvres tous alcooliques !) et on avait droit à une deuxième séance de pleurs avec une dame appelée Sherniqua Thedford venue vanter les mérites de « Better Me Mississippi » et expliquer ses difficultés lors de sa dernière grossesse, où, malade et devenue incapable de travailler, elle avait demandé de bénéficier des prestations d’assistance temporaire pour les familles nécessiteuses (TANF) au Département des services sociaux du comté de Lauderdale. Elle avait ensuite pu retrouver un emploi et payer ses factures, dit-elle, en larmes. A côté de la juge Beam et de Thedford, un homme était fort attentif : John Davis, qui au même moment pompait allègrement l’argent de la TANF !!! ! La soirée ayant été placé sous l’égide Families First.. de Nancy New !!! Le 8 mai 2019 encore, deux mois avant son départ… forcé, devant le maire de Jackson, Davis promettait toujours « de faire rêver en grand les habitants du Mississippi car ils le méritaient« …

Trump récompense les détourneurs de fonds publics !

Il s’agit bien là d’un mépris pour les petites gens, grugés d’assurance sociale par ces détournements. Or dans le domaine, l’exemple vient de très haut. Parmi le lot des personnes graciées en février dernier par Donald Trump, il semble que l’on n’ait pas beaucoup parlé d’une personne particulière. Elle s’appelle Judith Negron (la photo à droite est commentée par l’ineffable Kim Kardashian).  Elle est d’origine « latino »(cubaine) et c’est l’ex-directrice d’un organisme appelé American Therapeutic Corporation (ATC), installé en Floride du Sud, connue comme lieu de villégiature pour personnes âgées dont, on le sait aussi, un plus fort taux là qu’ailleurs de cas d’Alzheimer.

Avec ses trois principaux complices, Lawrence Duran, Marianella Vale, et Margarita Acevedo, elle avait monté un gigantesque système de détournement de fonds provenant du Medicare gouvernemental en créant de faux programmes de formation dans lequel on retrouvera de tout : langue, jeux, « études religieuses », santé et même des cours de plomberie  (« Plumbing Apprenticeship », en liaison avec le Department of Labor grugé lui aussi !), ou en squeezant les « partial hospitalization programs » (PHPs, de courtes hospitalisations) comme on va le voir.

C’était toute une organisation, rondement structurée (ici sur la photo en partant de la gauche: Lawrence Durán, Marinella Valera, Judith Negrón, Margarita Acevedo et José Valdés. Les autres complices s’appelant Mark Willner, Alan Gumer, Alberta Ayala, Vanja Abreu, Nancy Merced-Sola et Lydia Ward, plus Nichole Eckert. Ceux-là, dont des docteurs diplômés, avaient pour tâche d’étendre les durées d’hospitalisation pour qu’ATC touche davantage de prestations de Médicaire ! Une équipe de trois publicistes, Sandra Jimenez, Hilario Morris et Joseph Valdes arpentaient la Floride pour détecter leurs proies…. une autre avec Mathis Moore, Nelson Fernandez, Leyanes Placeres, James Edwards, Frank Criado et Curtis Gates  leur servait de « brokers » pour trouver des marchés supplémentaires à détourner, en échange de pots de vin. Adriana Mejia, Pedro Sosa, Yoisel Cancio lavaient eux pendant ce temps-là l’argent sale à tour de bras dans les banques. Negron s’était aussi présentée comme « artiste » donnant des cours pour des parents incarcérés (?), dissimulant tout cela sous sa création d’entreprise personnelle le « MedLink Professional Management Group« , donnant des « health care services« , et inscrite comme prestataire de…. ATC ! (ou vers l’American Sleep Institute, dont elle a aussi ponctionné les fonds !).

Son système a marché durant 10 ans (celui de Nancy New 20 ans !), avec jusqu’à 8 centres spécialisés créés : en tout, elle a réussi à détourner 205 millions de l’aide sociale en Floride !!! Arrêtée en octobre 2010, elle a été condamnée  l’année suivante à 35 ans de prison, plus 87 millions de dollars à restituer, ses complices à 50 pour certains. A peine libérée par la décision de Trump, huit ans plus tard, son mari déclarait à la presse que la décision « n’avait rien de politique ». Rien à voir avec le désir de Donald de récupérer des voix « latinos », bien sûr !!!

A son arrivée à l’aéroport de Miami, le jour de sa libération, elle arborait pourtant aussitôt une casquette « Great Again » et déroulait  même une banderole au nom de Trump (ci-dessus à droite) !!!  Infect ! La glorification du vol de plus de 200 millions de dollars à des personnes en état de faiblesse !!  La honte complète ! Du mépris total ! Pire encore : le 5 mars, elle paradait avec les autres ex-détenues avec… Kim Kardashian qui se vantait de les avoir fait toutes libérer (cf la photo à gauche) !!!

L’invitation de la honte 

Et comme chez Trump on ose, tout (c’est à ça qu’on le reconnait !), le même jour encore, on pouvait admirer la voleuse à 200 millions de l’aide sociale US venir serrer la main présidentielle en compagnie de personnes présentant le même dédain pour les gens défavorisés : Ivanka Trump et Jared Kushner !!!  En une seule poignée de main, Donald Trump nous a fait comprendre ce qu’il pense vraiment des œuvres sociales dans son pays, en complimentant celle qui a cherché sa perte en Floride ! Une double une triple honte devrais-je dire ! Ivanka Trump ira jusqu’à Twitter une photo des six libérées sur les marches de la maison Blanche, tout un symbole (et tout une récupération chez elle)….

On a oublié une chose dans ce gâchis médiatisé :  si Negron avait été incarcérée dans une prison du Mississippi, elle y serait encore, à moins que miss Bum-Bum ne lui refile les 83 millions que le fisc US lui réclamait. En effet, au Missississippi, c’est ainsi. Les prisons ont été abandonnées et sont dans un état déplorable, car leur budget a été grignoté de 215 millions en 6 ans… par Phil Bryant, sans que personne ne sache pourquoi exactement….Mais leur problème est aussi ailleurs : au Mississippi c’est la loi sur la restitution, qu’il est le seul à pratiquer dans le pays qui bloque tout, pour certains. Un cas très à part qui mortifie les plus pauvres, encore une fois.

Le Mississippi semble être en effet le seul État dans le pays dans lequel les juges enferment les gens pour une durée indéterminée tant qu’ils n’ont pas remboursé les dettes constatées lors de leur jugement même si leur peine a été effectuée. « Lorsque nous avons retrouvé les cas de plus de 200 personnes enfermées là-bas le 1er janvier 2019, nous avons constaté que la plupart d’entre eux avaient initialement été condamnés à des peines avec sursis, ce qui signifie qu’ils ne devaient pas à aller en prison. Ils ne devaient généralement pas beaucoup d’argent. La moitié des personnes vivant dans les centres avaient une dette inférieure à 3 515 dollars. L’un ne devait que 656,50 dollars »... Affligeante situation ! Et qui donne des scènes surréalistes : on a redécouvert le cas récemment d’une femme vivant la nuit dans une prison du Mississippi et qui travaillait aussi de jour chez McDonald’s, « et pas volontairement » … car elle devait toujours en fait rembourser sa dette ! Interrogé sur le cas, le Mississippi Department of Corrections n’avait pas répondu aux journalistes ! Il est beau, le pays de Bryant !!! En 2017, un an après l’arrivée de Davis, le Mississippi Department of Human Services avait rejeté 98.5 % des personnes recevant l’aide les années précédentes… Affolant !!!

Money Talks, comme le chante JJ…

Tout cela, nous allez me dire, même si le montant est assez faramineux (près de 100 millions de dollars que le gouverneur n’a donc pas vu fondre comme neige au soleil ou disparaître comme une cabane au bord du Mississippi lors d’une crue !) cela n’a toujours pas de rapport avec le catch !!! Détrompez-vous, je vous ai réservé le meilleur pour la fin… enfin cette fois ce sera le pire plutôt.

J’avais oublié de préciser je crois quelle chose, à propos d’un des grands amis de Donald Trump, celui aux (très) gros biscotos : son lieu de naissance. Vous vous souvenez ?  Celui à qui il avait serré la pince après sa victoire (ici à gauche) ? Celui-là était né dans le Nebraska, mais il a eu un fils (ici à droite) qui lui est né… à Clinton, Mississippi  (2) Nous y revoilà !!! Le premier, le père, s’appelle, souvenez-vous Theodore Marvin DiBiase Sr, alias « Mr Multi-Million Man » devenu aujourd’hui pasteur, et lui-même fils du catcheur Mike DiBiase et de la catcheuse Helen Hild.  Son fils lui s’appelle Theodore Marvin DiBiase Jr., dit  « Ted », sur les rings. Devenu après un grand acteur… de série Z (j’ai mis Z car on ne pas descendre plus bas dans la liste). Il y en a un autre de fiston, plus jeune (31 ans, ici à gauche), appelé Brett, né à Clinton au Mississippi, lui aussi (on y revient à nouveau). Lui aussi catcheur, ici à gauche, il a fait toute sa carrière en Floride. Une carrière compromise à partir de 2011 avec une blessure au genou, qui l’a obligé à arrêter prématurément sa carrière pour se trouver un emploi plus stable. Bien payé, l’emploi puisqu’il à commencé en février 2017 à 79 500 dollars pour augmenter ensuite à 95 000 dollars en août 2019 (c’est du mensuel !), sans que l’on sache pour quelle tâche exactement… Six mois plus tard, il avait quitté cet emploi… au MDHS ! On l’a aussi retrouvé, ce fameux Brett, au concert de Jason Crabb, pour les fameux « Lits d’enfants » et ses bouquins à 43 000 dollars. Il pose ici à gauche de la photo à côté de Jason Crabb, avec à droite… son frète Ted et à ses côtés John Davis, bien fier de lui, il semble…

Son frangin Ted étant lui aussi payé par le Mississippi Community Education Center -le MCEC relié au MDHS pour donner des « entraînements » (sur quoi on ne sait pas trop bien) aux employés !

Il habite Madison dans le Mississippi  et a reçu pour ses sociétés Priceless Ventures et Familiae Orientem (déclaré dans le Wyoming), pas moins de 3 millions de dollars entre 2017 et 2019. C’est énorme ! On le voit ici faire une conférence devant un maigre auditoire avec derrière lui le logo du MDHS : ça va lui être difficile d’affirmer qu’il ne le connaissait pas. Et en effet, car on le trouve aussi en photo pour une réunion le le 16 janvier 2019 avec le McLean Institute for Public Service and Community Engagement, (avec son patron Albert Nylander) le Mississippi Department of Human Services (MDHS) et l’incontournable Families First de Nancy New. Le but du jour est de vendre un programme de formation appelé Better Me Better, qui est présenté par exemple ici en vidéo avec la bien belle- trop belle – histoire de « Cherry » de Clarksdale qui voulait devenir ambulancière et qui le serait devenue avec quelques course sur ordinateur, ceux de …. Families First. Y apparait Andrea Mayfield, alors Executive Director of the Mississippi Community College Board que Bryant a recruté depuis pour devenir en janvier 2019 Chair of the State Workforce Investment Board (SWIB). Or sur la photo fournie par Ted DiBiase, on trouve les deux principaux accusés de l’affaire : Nancy New et John Davis, plus même Zack New qui est aux côtés de sa mère  :

Mais cette photo n’est rien encore, question compromettante, a côté de celle qu’a diffusée sur son compte Twitter le même inconscient Ted en compagnie d’Andrea Mayfield, déjà citée, de John Davis et… au milieu de Phil Bryant !!!

Le monsieur en casquette noire et barbe blanche aux côtés de Bryant étant Vincent Jordan, le President/PDG de Lobaki, Inc. Vieux routier de l’informatique, il tente de convaincre le Mississippi de s’équiper de systèmes de réalité virtuelle, via sa Lobaki Foundation. Phil Bryant est venu visiter son entreprise le 13 janvier 2019 (on peut le voir ici batailler contre une image fantôme et à droite poser avec des essayeurs du système). Juste après l’entreprise recevait 160 000 dollars… provenant directement du MDHS, Jordan expliquant à la presse, qu’il ignorait, bien sûr, comme tous les autres, que l’argent provenait des détournements de fonds sociaux. On veut bien essayer de le croire, le hic c’est à la fois sur la photo la présence lors de la visite avec lui du trésorier, John Davis… et du décideur, Phil Bryant (en plus du fils du catcheur !) !!! Mieux encore quand on apprend à quoi était destiné l’usage de la réalité virtuelle et où on comptait l’utiliser. Tenez-vous bien, c’est « au Mississippi Medical Center sur un protocole d’entraînement aux commotions cérébrales qui utilise des applications VR pour aider à guérir les athlètes blessés ». Autrement dit dans l’hôpital de Phil Bryant, où devait s’installer…. Prevacus !!! C’est bien tout un schéma de développement d’idées nouvelles incertaines mais nécessitant de l’argent pour l’Etat du Mississippi qui a été mis en place ; alors autant le prendre là où on le verra le moins, cet argent, à savoir dans le social, déjà tellement ravagé qu’une ponction de plus ou de moins ne se verra même pas. Et comme c’est de l’argent national provenant des « blocks »on n’a même à justifier sa distribution ni son usage !

Les 129 000 dollars au soleil du copain juge

Dans la longue liste des personnes ayant reçu de l’argent du MDHS, on trouve encore 62 625 dollars pour la société P360 Performance, pour s’entraîner au base-ball, 37 500 pour Overtime Sports qui gère le stade de Biloxi, où l’on fait aussi du baseball pour des enfants, 52 100 pour le formateur-motivateur de troupes réputé Rick Ricksby, un personnage drôle mais qui  bien trop tendance à se répéter (« mon père pauvre, sans diplômes »,  « ma mère décédée », etc) et dont le discours est au final bien mince, dans la lignée américaine comme quoi on ne doit qu’à soi-même, et aussi une dernière société que John Davis (ou Sandy New) n’a certainement pas contactée lui-même, même s’il a œuvré pour Family First. Il s’agît en effet d’Inside Capitol, une entreprise de consultants et de lobbystes dirigée par un dénommé  Will Longwitz. C’est en effet un juge de la cour de Madison County, nommé par Phil Bryant le 19 janvier 2016 et qui avant cela avait été recruté par l’ancien gouverneur Haley Barbour au sein de la Commission on Recovery, Rebuilding and Renewal après l’ouragan Katrina. Ses prises de position en matière de droit sont purement politiques et bien droitières, sur l’immigration, la baisse des taxes, sur l’avortement, (par « obligation religieuse » selon lui !), sur l’énergie, où il ne jure que par le charbon et le pétrole à la rigueur le biocarburant. Bref, c’est le clone parfait de Bryant. C’est sur le second amendement qu’il s’est fait remarquer avec jubilation par Bryant (c’est visible ici sur la photo !) : Will Longwitz a en effet fait accélérer un projet de loi sur les armes à feu, le House Bill 485 qui a refermé le dossier des permis de port dissimulés, qui permet de refuser de nommer les propriétaires d’armes. L’affaire, soutenue par la National Rifle Association, était partie par des républicains contrariés par le fait qu’un journal de New York avait publié les noms et adresses des personnes qui avaient un permis d’armes à feu. Selon eux, ça violait la confidentialité des propriétaires !!! Il a reçu lui 129 000 dollars, sans qu’à la clé un quelconque travail y ait été associé. Comme il ne semble vraiment pas malin, sur son compte Twitter, où il parle essentiellement de sports, il n’a rien trouvé de mieux que d’indiquer avec qui il s’entraînait pour garder la forme … Paul Lacoste, ici à gauche sur la photo (et à  droite Bruce Clark, ancien joueur de football américain) !! Ou bien montrait Bryant à l’inauguration du nouveau modèle de Nissan sorti à l’usine de Canton, qui est aussi dans le Mississippi (ici à droite) ! Au Sénat du Misssissippi, où il a été élu en 2011.  Il a proposé comme idée de lois notables « la reconnaissance de la Jackson Preparatory School des « patriots » Football Team et de son entraîneur Head Coach Ricky Black pour leur 4e titre consécutif en 2016″ ou salué « le départ en retraite d’un ancien directeur de la réhabilitation des prisons », salué des « Scouts de de la Jackon Academy » ou « la First Baptist Church Of Madison, Mississippi », ou « remercié le Dr. Clyde Muse pour avoir inventé  » The Game Of Tee-ball »- (pour les enfants de 4-6 ans)… bref du vent complet !!! La somme reçue correspond à peu près à celle dépensée pour sa campagne électorale de 2011 !!!

Et le catch dans tout ça ?

Ted DiBiase, notre catcheur, lui, se présente désormais comme « agent de change » (ci-dessous les deux frères avec leur père). :

Les deux fils ne sont pas les seuls à avoir bénéficié d’une manne qui n’était donc pas venue du ciel : le père aussi, l’ancien catcheur odieux aux billets verts, via son groupe religieux, qui a reçu lui aussi beaucoup, beaucoup d’argent. « Heart of David Ministries a vu ses revenus doubler dans l’année où Brett DiBiase a été embauché par l’État, selon les documents d’exonération fiscale » car en plus, évidemment, il a aussi bénéficié de ça !!! « L’organisation à but non lucratif a décrit sa mission comme «l’éducation et la formation religieuses» dans ces documents. Il a indiqué en 2017 avoir dispensé des « allocutions générales à l’église, des conférences religieuses, des assemblées scolaires et des événements de lutte ». Et ce pour un montant faramineux : « on ne sait pas exactement comment Heart of David a dépensé la totalité des 2 126 739 dollars reçus de mai 2017 au début de l’année budgétaire. Il s’est engagé dans un contrat de 2018 à « établir un réseau de partenariats, de services et de ressources dans les communautés du Mississippi pour « des activités confessionnelles et personnelles ». Les lignes directrices fédérales prévoyaient l’octroi de subventions globales d’aide sociale pour atteindre l’un des quatre objectifs spécifiques: encourager les familles saines, promouvoir la préparation à l’emploi et le mariage, réduire les grossesses hors mariage et aider les familles dans le besoin »… On remarquera le terme « famille saine » qui a dû sans doute remplacer « famille blanche » et la lutte contre les grossesses non désirées l’application des préceptes de Paul VI, prônés par… les chevaliers de Colomb !  »

« Les subventions gouvernementales (entendons par là celui du Mississippi bien sûr) de Heart of David sont passées à 271 000 dollars en 2017, l’année de l’embauche de Brett DiBiase au ministère des Services sociaux. DiBiase Sr. a été payé 84 517 dollars en tant que président de l’organisation » En prime  et en plus !!! le Clarion Ledger ajoutant : «  »alors que Heart of David a reçu sa première injection d’argent en 2017, des cinéastes achevaient « The Price of Fame«  (dont voici le trailer) – un film sur les luttes et l’éveil religieux de Ted DiBiase Sr ». Un film fait par un réalisateur de films de mariages (!), dans lequel  on peut entendre le catcheur escroc expliquer son improbable conversion religieuse: « DiBiase a déclaré qu’il est devenu ministre chrétien après avoir lutté contre l’alcool et les drogues et avoir trompé sa femme alors qu’il était en route pour des matchs de catch. «Je voyageais à travers le monde dans des jets Lear et des limousine . J’avais tout, mais j’avais succombé à ces choses sur la route qui nous emportent – les drogues, l’alcool et les femmes », avait déclaré DiBiase à l’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee dans une interview en 2017. « J’avais mis les choses les plus importantes de ma vie en danger pour caresser mon ego. » Il semble que les vieux démons soient depuis revenus chez lui (3)… Dans les dépenses relevées dans le rapport, on note un vol a 3 000 dollars chez American Airlines, 1 800 dollars pour une nuit dans le Fairmont Miramar Hotel & Bungalows, un hôte de luxe à Santa Monica…. ou encore 11 791 dollars pour des séjours au Royal Sonesta, dans le quartier Français de la New Orleans, avec vue sur Bourbon Street et une piscine sur le toit. A gauche Dibiase et son acolyte Virgil en pleine gloire, devenus à l’époque des personnages de Mattell !! Pitoyables pantins !

Mais qui donc a bien pu donner un coup de fil un jour à Davis pour lui demander de filer un (gros) coup de main à deux catcheurs et leur père sachant que l’on ne catche pas au Mississippi (4) ? Qui donc a pu ainsi contacter le père pour lui accorder l’octroi de 2 millions de dollars, sinon une vieille connaissance qui dispose aujourd’hui des moyens de faire la pluie le beau temps partout dans le pays, voire dans le monde ?

Tout simplement odieux !

Ted Dibiase, vous vous souvenez aussi, avant de devenir pasteur, était obnubilé par les dollars (cf ici à gauche (5). Eh bien, croyez-le si vous voulez, mais c’est en effet le MHDS aussi qui a payé la (chère) cure de désintoxication du fiston Brett à Mallibu, ce dont je vous ai déjà parlé ici-même (sans citer son nom) !!!  Un traitement payé par des fonds normalement destinés à des enseignants chargés de faire le tour des écoles pour prêcher aux enfants de ne pas sombrer dans la drogue !!! Honteux !!! 48 000 dollars exactement (en supplément de son emploi !), transmis à la clinique sous un faux nom par Latimer Smith, lui aussi arrêté. Les petits curieux s’étaient bien sûr aperçus que parmi les personnes arrêtées il y avait aussi Brett Dibiase en effet… celui à droite des autres  !

Comment a-t-on pu verser autant d’argent sans qu’on n’en soit pas informé en haut lieu ? Cent millions ou presque se sont volatilisés ! Et quelle vieille amitié en haut lieu également a donc pu jouer pour arriver à ces décisions aberrantes ? On a libéré et absous une personne qui a piqué 200 millions de dollars à des services sociaux et on l’a même invitée à la Maison Banche comme étant exemplaire : alors, pensez-donc, cent millions « seulement » !

Oui, je sais, tout cela est purement et simplement abject…mais ça se passe comme ça, au pays de l’ami de Donald Trump, qui a fermé les yeux et laissé la patate chaude à son successeur avant de partir…

 

Tate Reeves, pour l’instant, n’a pas réagi. il à fort à faire pour emboîter autant que le précédent ses pas dans ceux de Donald.  Il semble vite avoir appris comment ça se passe au Mississippi : l’une de ses premières décisions a consisté à bafouer les distances sociales récemment édictées mais que Donald n’apprécie pas, on le sait… il a en tout cas déjà enfilé sa tenue de chasseur, pour aller tirer avec devinez qui, et où…… » comprend vite, le p’it nouveau » !!!

(1) elle a été condamnée à 20 ans de prison, dont huit incompressibles et à rembourser 127 000 dollars à l’Etat du Mississipi.

2) « Après la fin de la surveillance fédérale de Parchman et d’autres prisons du Mississippi en 2011, les conditions se sont rapidement détériorées, selon les archives du ministère de la Santé du Mississippi. Un an plus tard, aucune cellule pour détenus n’était citée pour manque de lumière ou d’électricité. L’année dernière, les inspecteurs ont cité au moins 300 cellules. En 2012, six détenus manquaient de matelas ou de literie à Parchman. L’année dernière, plus de 250 l’étaient – près de 8% des détenus de la prison. Les rapports documentent une légion de problèmes qui comprennent: des trous dans les murs des cellules et les portes des prisons; des plafonds qui s’effondrent; des commodes, éviers, drains et tuiles cassés; le câblage électrique exposé; des nids d’oiseaux dans les fenêtres; et des cafards et des rats dans toute la prison. Lorsqu’il pleut, l’eau coule à travers le toit de l’unité à sécurité maximale N°29. Les détenus ont percé des trous dans le béton non armé du bâtiment suffisamment grands pour cacher des armes de contrebande, des drogues et des téléphones, ont reconnu les responsables des services correctionnels. En plus de cela, les portes et les serrures sont cassées ». 

« Ces conditions ont alarmé l’avocate d’Atlanta Vanessa Carroll, qui a rendu visite à des clients à l’intérieur du bâtiment «J» de l’Unité 29 il y a quelques semaines.Elle a expliqué que les prisonniers là-bas lui avaient dit qu’ils n’avaient pas reçu d’appel de cour depuis le 2 décembre et qu’ils n’avaient reçu aucune douche depuis le 28 décembre. En raison de problèmes avec le système d’égouts, ils « n’ont pas pu tirer la chasse d’eau en près d’une semaine », a-t-elle déclaré. L’odeur dans l’unité est « insupportable et le manque d’eau et d’accès aux douches empêche les hommes de maintenir une hygiène de base », a-t-elle déclaré. « Un prisonnier présente des plaies et une éruption cutanée qui se propage sur son abdomen, ce qui est susceptible de résulter directement des conditions insalubres. » En plus de ce problème, l’eau qui sort du robinet est parfois brune et les détenus disent qu’ils souffrent de diarrhée, a-t-elle dit. « Beaucoup de cellules sont infestées de rats et couvertes de moisissures », a-t-elle déclaré. « Le ventilateur d’extraction de l’unité est en panne depuis longtemps. » Lors de sa visite, le détecteur de métaux et l’appareil à rayons X ne fonctionnaient pas, a-t-elle écrit. « D’après ce que j’ai pu voir, le garde de garde ne perquisitionnait personne pour entrer dans l’unité N°29. »

3) a-t-il oublié ses séances d’humiliation publique, le 8 août 1987, lorsqu’il faisait monter un jeune garçon sur scène (Rob Van Dam) et qu’il lui promettait de lui refiler 100 dollars si ce denier lui embrassait le pied ruisselant  de sueur ? Le jeune homme de son vrai nom Roberto Alexander Szatkowski deviendra lui aussi catcheur plus tard

(4) A noter que dans le Mississippi, il n’y a pas non plus d’école de lutte en prime, (le catch étant sa section »pro ») ou plutôt il n’y en a qu’un seule, Ocean Springs Greyhound, qui se bat… pour sa survie..

(5) et par d’autres choses comme le montre cette page retrouvée, dans laquelle, interviewé avant un combat il dérive vite sur …. Caligula, comparé à son adversaire du soir, Barry Windham,, Hollywood Hogan étant comparé lui à… Adolf Hitler,  pour au final se comparer lui au Roi Salomon, retenu comme modèle parce qu’il était riche !!!! Hallucinant de bêtise !

Sources :

The Clarion Ledger au sein de USA Today

https://eu.clarionledger.com

Le Jackson Free Press

https://www.jacksonfreepress.com

Mississipi Today

https://mississippitoday.org

Articles marquants:

La « time line drug », sur la drogue miracle

https://eu.clarionledger.com/story/news/politics/2020/04/17/prevacus-timeline-how-florida-company-got-mississippi-welfare-money/2989143001/

Sur Trump et le catch :

https://news.yahoo.com/donald-trump-won-2016-election-141300274.html

https://www.mitpressjournals.org/doi/pdf/10.1162/DRAM_a_00713

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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