Accueil / A C T U A L I T É / Trump : Gouverner les USA comme le Mississippi (6)

Trump : Gouverner les USA comme le Mississippi (6)

Nous y voici donc, à l’affaire promue dès le premier épisode de cette mini-série. Comme certains, j’ai découvert cette affaire le 5 février dernier, avec la publication d’un article du New-York Times qui m’avait bien étonné, puisqu’on y décrivait « des millions de dollars » de détournés par un responsable de l’état du Mississippi, sans plus de précisions sur le montant total, mais avec un détail qui m’avait intrigué, car on y citait le nom d’un… catcheur de la grande époque des années 80, celle où Donald Trump était aux manettes avec son vieux complice McMahon…  Le caractère peu commun de ce cas d’école est donc à l’origine de cette série, dont on s’approche de l’effarante conclusion… 

L’énorme scandale dévoilé

Nous sommes alors le 5 mai et un commissaire aux comptes est intervenu de façon dynamique à la télévision pour divulguer une affaire énorme de détournements de fonds dans l’Etat du Mississippi. On retrouve en effet ce jour-là le jeune et énergique Shadrach Tucker White (ici à gauche , recruté par Phil Bryant, exerçant la même fonction qu’avait exercée jadis le même Bryant (plus récemment, chez lui, il est en poste depuis le 6 juillet 2018 seulement), un commissaire aux comptes venu étaler devant la presse les résultats d’une longue enquête de ses services, tenant sur 104 pages, déclenchée après un audit de routine fin 2019 qui semblait avoir montré des disparités et irrégularités diverses dans les comptes de santé dans le Mississippi. Le premier constat rapide effectué par un autre que lui  avait été plutôt alarmant: il manquait en effet 4 millions de dollars déjà dans les caisses du programme de la Temporary Assistance for Needy Families, ou TANF. L’argent venant en aide aux familles démunies ayant des enfants de moins de 18 ans !!!

La somme est déjà rondelette, mais ce n’est que le sommet de l’iceberg découvert par White. Un tout petit bout, même, car Shad White évoque dans la foulée une somme oscillant entre 94 et 98 millions de dollars détournés. Pas loin de 100  millions ! Par John Davis, arrivé directeur en 2016, mais aussi par le Mississippi Community Education Center, (MCEC) dirigé par Nancy New, son assistant principal, Zack New, et une autre personne encore (Anne McGrew). Le schéma de détournement était particulièrement bien rodé et il avait duré pendant trois années, sinon bien plus (on parle de vingt ans !). « Les deux groupes sans but lucratif ont utilisé l’argent de l’aide sociale pour embaucher des lobbyistes, souvent sans paperasse décrivant le travail qu’ils étaient censés faire ». « Le MCEC a donné des contrats et embauché des membres de la famille de Davis, effectuant parfois des paiements forfaitaires. Les paiements et les salaires de son neveu et de son beau-frère ont totalisé plus d’un million de dollars au cours des dernières années, ont déclaré les vérificateurs » explique USA Today. Les sommes détournées se retrouvent être considérables car John Davis (ci dessus) avait la responsabilité directe de distribuer les fameux « block grants » expliqués dans un épisode précédent. A savoir des dizaines de millions de dollars provenant de Washington ! Plus exactement, le Mississippi recevait 86,5 millions de dollars de l’U.S. Department of Health and Human Services fédéral, chaque année, pour le TANF !!!

Sur la photo de leur arrestation, fournie par la police,  ils paraissaient vraiment avoir l’allure de délinquants, tout à coup, bien loin de l’image policée qu’on en avait eue d’eux jusqu’ici … on aurait dit effectivement un gang (et Davis et New en avaient pris un sacré coup de vieux !) :

A la bonne école

La seconde visée après Davis hérite d’un casier bien chargé elle aussi :  « lors de sa conférence de presse jeudi, White a déclaré que les crimes présumés impliquaient également New Learning Resources Inc., une entreprise appartenant à New qui exploite deux écoles privées et plusieurs autres entités, dont la Mississippi Dyslexia Therapy School, qui reçoit des fonds publics. Nancy New a créé l’entreprise en 1991. En 1997 (il y a donc bien plus de vingt ans !), elle a ouvert la New Summit School à Jackson, spécialisée dans les enfants ayant des troubles d’apprentissage.  Des années plus tard, New a ouvert une deuxième New Summit School à Greenwood, Missouri. Les écoles sont parmi les principaux bénéficiaires de fonds publics grâce aux bons de l’État pour les écoles privées, le programme de comptes de bourses d’études, qui transfère de l’argent des écoles publiques vers les écoles privées. En tant que lieutenant-gouverneur, Reeves a joué un rôle déterminant dans l’adoption du programme de l’ESA, mais il devrait expirer cette année à moins que la législature ne décide de le renouveler ». Or New Learning, accréditée par l’Etat  affichait avoir… deux employés seulement ! A noter que le nom de l’école était fort proche du New Learning Resources School District (NLRSD) qui avait par exemple reçu 100 000 dollars d’ATT.

Nancy New, présentée comme la bonne samaritaine des enfants, comme d’ailleurs se plaît aussi à se présenter Deborah Bryant, avait son côté Jésus Christ, c’est sûr : mais elle, au lieu de multiplier les petits pains, elle avait multiplié les noms de société pour se goinfrer elle-même, « MCEC a utilisé l’argent de l’aide sociale pour louer des locaux pour les centres «Les familles d’abord» (« Family First ») dans des propriétés appartenant à la famille New. L’organisme à but non lucratif a payé 454 905 dollars de loyer à Avalon Holdings, une entreprise qui ne répertorie qu’un seul membre dans les documents de l’État: Nancy New. MCEC a également payé 125 000 dollars à une société de conseil appelée Magnolia Strategies ainsi que 31 500 dollars de loyer à une société immobilière appelée 204 Key, LLC. Les deux sociétés ne répertorient comme membres que: Jess New et Nancy New. Elle a également dépensé plus de 2 100 dollars en réparations automobiles ». Sans surprise, l’adresse de Avalon Holdings est celle du bâtiment qui jouxte… la NewSchool Summit ! On notera l’usage de l’argent du social pour payer le garagiste…

Question garagiste, on a aussi trouvé des notes de restaurant, 400 dollars chez Chik-Fil-A pour des sandwichs pour les « Law Enforcement Appreciation Weeks » avec la police et 1 125$  pour un repas avec la  « Highway Patrol ». En effet, puisque Families First for Mississippi, organisme de Nancy New lié au MCEC  a offert  le 10 décembre 2019 aux policiers un nouveau simulateurs de tonneaux (rollover simulator) pour inciter les gens à mettre leur ceinture de sécurité : il semble que celui-là ait été oublié des décomptes de dépenses… Etait-ce à un centre social d’investir dans un tel équipement ?

Plus gênant est la découverte de l’engagement de Nancy New pour un candidat politique particulier : « Nancy New est une alliée politique de longue date et un soutien financier du nouveau gouverneur du Mississippi, Tate Reeves. Il y a un peu moins de quatre mois – octobre 2019 – il a été rapporté que Nancy Drew et son fils Zach avaient fait un don de 5000 $ à la campagne du préfet au nom de leur New Summit School privée à Jackson » nous apprend ici nemiss.news. Là ça devient intéressant en effet, car cela signifierait aussi qu’un candidat républicain a bénéficié lui aussi de cet argent détourné par les services dont il est devenu depuis le responsable en qualité de gouverneur de l’Etat !

Disparu où, tout cet argent ?

L’argent a été dépensé pour un peu de tout, en fait, par ce véritable gang. Un enrichissement purement personnel, on s’en doute, avec quelques retombés collatérales dans la famille New qui a bénéficié des largesses, pense-t-on uniquement au départ. Les premières investigations portent sur une salle de sport de Jackson :« le MCEC a versé à la Victory Sports Foundation une aide sociale pour gérer des programmes de remise en forme, auxquels certains législateurs du Mississippi et d’autres fonctionnaires ou membres du personnel ont participé gratuitement. L’entraîneur qui dirige Victory a déclaré qu’il ne savait pas qu’il avait reçu de l’aide sociale ».

L’entraîneur en question étant Paul Lacoste, alias « Victor » dans le reality show de NBC « The Biggest Loser », un ancien du football US, né à Jackson et devenu une gloire locale qui a eu droit à plein d’articles sur lui dans la presse de Jackson. La presse catholique notamment ! Cité en exemple partout, comme ici dans le JFP comme « Best Fitness Trainer 2019« . Un ancien linebacker de la Southeastern Conference à la Mississippi State University (notons l’endroit !), dans la Canadian Football League  !!! Il avait eu un revers sérieux de santé en fin de carrière, ayant attrapé le virus du Nil (et failli mourir). Sa salle précédente s’appelait auparavant Next Level Sports. Il avait des méthodes un peu particulières de gestion avec un stage intensif de 12 semaines qui obligeait les participants à faire une adhésion financière – une vérification de responsabilité écrite et signée, mais qu’il rendait ensuite s’ils terminaient bien les 12 semaines de formation. On peut le voir ci-dessous annoncer à la télévision un programme de remise en forme gratuite pour les obèses, financé par le MDHS  et démarré le 11 janvier 2019 : la chaîne 16 Wapt News précise bien que c’est un programme de l’Etat, avec des fonds de l’Etat, et des représentants du MDHS présents pour le lancement (ci-dessous), ce que Lacoste niera  5 mois plus tard sur l’autre chaîne de WLBT…  !!! Ici un article où on célèbre son « éthique« , alors qu’il est devenu lui aussi selon l’article un dévot passionné – bien sûr, on s’en serait douté !!! Un document retrouvé  durant l’enquête a révélé qu’il avait laissé une note de 1 200 dollars dans un restaurant. Je veux bien qu’il soit devenu gigantesque (à force de stéroïdes anabolisants (1)?) mais de là à manger autant …

Le pactole du footballeur

Un autre sportif a été découvert comme bénéficiaire des largesses des services sociaux de santé du Mississippi: il s’agit d’un joueur vedette du football américain, Brett Favre (ici à gauche). Surnommé jadis le « Gunslinger », l’as de la gâchette, ou « le flingueur », pour la précision de ses lancers, il a reçu un joli petit tas de billets verts celui-là : 500 000  dollars en décembre 2017 et 600 000 en juin 2018, en échange de trois discours qu’il devait faire et qu’il n’a jamais  fait !!! « Le rapport de l’auditeur indique qu’après un examen rapide de ces dates, les auditeurs ont pu déterminer que la personne contractée n’avait pas pris la parole et n’était pas présente lors de ces événements ». Il a nié d’abord, pour dire peu après « qu’il rendrait l’argent, promis ».

Quant à savoir si le gouverneur Bryant était au courant, le Jackson Free Press cite un nombre important de manifestations dans lesquelles il n’a cessé de croiser John Davis (ici au milieu sur la photo) et Nancy New (ici à gauche en rouge), comme celles organisées par Families First for Mississippi. Bryant y était tout sourire, accompagné ce jour-là de la sénatrice Cindy Hyde-Smith (tenue à rayures à droite). Selon ce site, pour ne rien arranger, Nancy New et Deborah Bryant seraient des « amies proches« . La cérémonie regroupait aussi (à gauche le Dr. Clyde Muse du Hinds Community College et, recevant son trophée, Jim Richards, le président et PFG de KLLM Transport Services, des camions de transport. Le but était de montrer un simulateur de conduite de camion, via lequel on pouvait espérer avoir le permis selon Families First…

En tout cas, on les retrouve souvent ensemble,  toutes deux par exemple au Mississippi Community Education Center pour inaugurer une animation en septembre 2019 (ici à droite)…  alors que selon son mari (Phil Bryant) affirme avoir été mis au courant de ses malversations depuis trois mois déjà… Idem en 2015 où on les voit à un bout chacune d’une table à l’intérim de l’école de la New Summit… (ici à gauche).  Interrogée sur SuperTalk Mississipi, radio FM, il y a deux ans, sur l’énorme apport d’argent de Washington déversé sur l’Etat (via l’intercession de John Davis !), la première dame Deborah Bryant, interrogée par le présentateur Paul Gallo (ici à droite sur la photo) assurait que ce « lot a money »  « serait bien utilisé » et « qu’il sera placé à des endroits qui feront la différence » et que « l’on garderait les chiffres pour savoir où et comment il a été utilisé... » pour faire une différence remarquable »… Une dame non élue venu parler de la gestion financière d’un Etat, voilà qui paraît bien incongru… et mieux encore quand on apprend que « TeleSouth Communications, propriétaire de la radio SuperTalk, a compté parmi les paiements d’aide sociale les plus importants, pour un total de près de 250 000 dollars sur 20 paiements. New et Davis sont apparus à plusieurs reprises sur les programmes politiques conservateurs populaires de la station. Ted DiBiase Jr. (un catcheur) s’est également arrêté à l’occasion. Dans une interview de septembre 2019 avec New, le populaire animateur du matin, Paul Gallo a qualifié Families First d’abord de « bénédiction » et les a comparées à un « centre d’échange d’informations » des services sociaux. » Une radio conservatrice entretenue par l’argent d’un centre social ? Drôle de pays ! A droite dans le studio c’est Nancy New de Families First.

Bien entendu aussi, comme dans toute affaire de détournement d’argent, ou presque, on s’est offert avec de belles bagnoles : «  MCEC a acheté trois voitures avec de l’aide sociale, d’une valeur de plus de 50 000 dollars chacune, pour New et deux fils. Les salaires, téléphones portables et autres dépenses ont été payés à l’aide de l’aide sociale. Les véhicules comprenaient une Nissan Armada 2018, une Chevrolet Silverado et une Ford F-250. Dans chaque cas, le véhicule était immatriculé au MCEC, mais dans chaque cas, les vérificateurs ont déclaré que les véhicules étaient destinés à un usage personnel. Le MCEC a utilisé l’argent de l’aide sociale à des fins liées au sport, notamment pour parrainer un tournoi de baseball universitaire et d’autres événements de la NCAA. Le MCEC a donné un chèque de 3 000 dollars à un comptable de MCEC, bien qu’une note manuscrite indique que « 3 000 dollars en espèces ont été remis à Davis, le directeur exécutif du DHS. Le MCEC a transféré 6 millions de dollars dans une école privée et une organisation dirigée par New et a acheté des fournitures pour l’école ».  Mais il y a eu aussi d’autres dépenses et celles-là sont bien plus inquiétantes… pour Phil Bryant (les deux photos sont extraites de la remise de prix le 10 août 2018 à Jim Richards.  On peut y voir la complicité totale entre Davis et Bryant, comme sur celle-ci également, ou Bryant emmène Davis du bras pour faire un speech lui aussi :

Bien plus grave encore

Autre découverte un peu plus tard, le temps d’éplucher toutes les dépenses : un cas bien plus grave en fait. Le 8 mai on apprend ainsi qu’une salle de sports de volley-Ball appelée »Wellness Center » (ici à gauche) inaugurée en 2017 sur le campus de l’Université de la Southern Mississippi et qui a coûté 7 millions de dollars, a été bâtie elle aussi grâce au Mississippi Community Education Center (MCEC) qui a pour ce faire versé 5 millions de dollars !!! Le seul événement « social » qui a eu lieu depuis, note le rapport est le Healthy Teen Rally de 2018. Un détail surtout intrigue : une des joueuses de l’équipe de volley de la faculté s’appelle Favre. Comme son père, le footballeur aux demi-millions mis dans la poche ! La signature de Nancy New figure une nouvelle fois sur l’un des documents retrouvés  ! Or cela change tout en fait !

Que la fine équipe se soient offert des voitures, ok, c’est du simple enrichissement personnel, mais là avec des fonds détournés du social pour faire plaisir à des sportifs ou à une Université gérée elle aussi par l’Etat du Mississippi, on est sur un tout autre terrain… comptable, qui met en cause obligatoirement les responsables du Mississippi !  « Il est très difficile de croire que quelqu’un a reçu une telle augmentation des ressources et du favoritisme politique sans que le bureau du gouverneur ne l’ait su », indique en effet avec lucidité Oleta Fitzgerald, de la  Children Defense Fund’s Southern Regional Office. Et en effet…

Car qui retrouve-t-on au comité directeur de la Southern Mississippi University ? Outre Leigh Breal, de la Southern Mississippi Athletic Foundation (USMAF), celui a signé avec New le contrat avec le MCEC … on  trouve Chuck Scianna bien sûr (ici à gauche avec à droite Bryan le 10 mai 2012 lors de l’inauguration du bâtiment de l’Université portant son nom) ! Le but affiché de l’USMAF ?? « fournir le soutien financier au programme de l’université » !!! On est désormais dans le cadre d’une prévarication, là et non plus d’un simple vol !!! Une Université qui, pour montrer son beau visage à l’extérieur, pompe ouvertement dans les crédits des services sociaux, ce n’est pas un petit comptable à la Davis qui peut se le permettre seul !!! Une salle de volley neuve, ça a, il est vrai, une toute autre allure dans les journaux que la liste des bénéficiaires de l’aide sociale surtout s’ils sont… noirs !

Lors d’une réunion le 30 juin 2018 du FosterCare System, (les maisons d’accueil en France) à laquelle assistaient Phil et Deborah Bryant, John Davis, l’un des principaux accusés aujourd’hui, avait eu cette phrase qui résonne étrangement aujourd’hui : « pendant des années, le Mississippi a mis de l’argent au bon endroit, c’est juste que nous n’avons pas collaboré avec d’autres agences et organisations à but non lucratif, donc en nous unissant, nous pensons qu’il y aura assez d’argent pour faire encore plus de services »... le « nous » employé semblait bien inclure tout l’Etat ! Et Phil Bryant ! Ailleurs, on trouve ceci : Davis était « devenu un champion pour établir de nouveaux partenariats avec des entreprises et des agences comme Ingalls Shipbuilding (nota : c’est le premier employeur privé de l’État du Mississippi avec 10 000 salariés, il travaille pour la Navy !), Families First of Mississippi et le Mississippi Department of Transportation utilisent des cartes thermiques pour le transport régional. » A droite, Bryant avec le Secretary of the Navy Richard V. Spencer aux chantiers Ingalls, en 2017. On note dans l’argumentaire la mise sur le même plan des 10 000 salariés du chantier naval avec les deux malheureux employés de Families First !!!

La poignée de Crabb

La plus amusante des donations (si on peut parler ainsi d’argent pompé à des centres sociaux !) est celui dont a hérité un chanteur bien particulier. Pourquoi lui, on s’en doute un peu avec l’idéologie que se trimbale un gouverneur qui a imposé le nom de Dieu sur les plaques minéralogiques de toutes les bagnoles de son état. Retour en arrière en 1995, avec la formation à Beaver Dam, dans le Kentucky, d’un groupe de « Southern Gospel » ou de « Christian Music » appelé The Crabb Family. C’est cucul la praline, raide sur scène mais la brune Terah Crabb devenue depuis Penhollow a franchement une belle voix, la meilleure de toute la smala et de loin. Il sont alors six sur scène : Gerald Crabb (marié à 18 ans divorcé à 24), et sa -seconde-  femme Kathyn, et leurs quatre enfants, deux garçons, des jumeaux, Jason et Aaron, et leurs sœurs Kelly (la blonde) et Terah (la brune). Et ce, jusque 2007 où le groupe fait sa grande tournée d’adieu (aDieu ?). Après ça devient plus compliqué disons : Jason Crabb part en solo, Aaron chante en duo avec sa femme Amanda (Aaron & Amanda Crabb), tandis que Terah forme Crabb Revival. Sa sœur Kelly elle, crée avec son mari The Mike Bowling Group, nettement plus Country. Aaron Crabb chante aussi dans un quatuor vocal appelé Canton Junction (et non Jason and the Scorchers !) du catho-rock (rassurez-vous ils n’iront pas jusqu’au Hard-Jesus). Evidemment tout le monde se reforme en 2012, sort un album et refait le même coup rémunérateur en 2015 pour leurs vingt ans de scène. Puis la même chose en 2017 et 2020 : faut bien alimenter le bénitier ! Malheureusement ce n’est pas Terah qui ramasse la mise de l’éclatement du groupe mais l’insupportable Aaron qui éclipse tous les autres depuis 10 ans. En 2012, sans surprise, on le trouve débarqué sur FoxNews pour une émission appelée « Beyond The Dream » (ah non, là c’est KISS, désolé !) et sort son premier disque solo chez Sony Music en 2015. Il se fait désormais appeler « Pastor Aaron Crabb » et chante désormais un brouet à moitié rap, plutôt  indéfinissable, sorte de Kanye West sous hostie…ou au gospel sous Prozac à la fin. Son frère lui Jason a lui aussi continué dans la… soupe complète, avec sur les plateaux TV le sourire béat et illuminé qui sied aux croyants. Insupportable. Et bien, ne rêvez pas, c’est celui-là qui s’est palpé 85 000 dollars du MCEC pour des concerts mais aussi pour des livres pour enfants qu’il a rédigé et qui ont abouti dans les écoles de Nancy New bien sûr !

On en a retrouvé deux, de bouquins, dont un dans les mains de petites mexicaines.. le commentaire sur la photo est de lui, Jason… (sidérant !). En France on appellerait ça du prosélytisme religieux. Ce qui n’est pas le cas au beau pays de Phil Bryant, c’est sûr !!! Un double prosélytisme aussi… car l’organisation de Crabb, Fire Ministries a touché en effet en plus 43 000 dollars pour plus de 4 000 exemplaires de ses livres, dont un sur les Dix Commandements, que Davis avait achetés pour les glisser dans le paquetages de kits d’un programme appelé « Lits pour enfants » (Beds for Kids.). Des bénévoles construisaient des lits à partir de bois de palettes récupérées pour les enfants n’en possédant pas, et dans le carton du kit on glissait un des bouquins de Crabb comme livre de chevet !! Incroyable, sidérant !!! Coût de l’opération : zéro dollar pour les lits, mais un peu plus de 10 dollars par bouquin ! Même en Corée du Nord je ne suis pas sûr qu’ils fassent ça comme propagande (ils n’ont pas de palettes, peut-être bien !).

Pas très à cheval sur les principes 

Des chevaux aussi, sont retrouvés dans le décompte : de l’argent a en effet servi à payer le loyer d’un ranch de 15 acres à Madison, celui de la Marcus Dupree Foundation. Encore un autre footballeur (décidément !), au départ, né à Phildelphia, Mississippi, celui-là ! Un ex-footballeur encore, qui a aussi été…catcheur en 1995, puis camionneur et qui en 2011 a même lancé sa propre organisation de tournois régional de catch appelé Mid South Wrestling (promu par Barbwire et Beer Productions) ! Ici en vidéo un des matchs qui fait plutôt.. patronage, ou franchement minable, opposant « Big Don Brodie » à « Blake Christopher« . Dupree avait été contacté selon lui par une « obscure association » appelée Families First (en fait toujours la même, celle de Nancy New) pour accueillir des « activités équestres pour les enfants défavorisés » et pour ça, sa fondation Dupree a acheté un ranch de 4114 pieds carrés à Flora exactement (dans le comté de Madison) d’une valeur déclarée de 395 000 dollars mais estimée aujourd’hui à 900 000 chez Zillow (ouah, pas loin d’1 million !). Toute une technique particulière a a été mise au point dans ce cas-là : le Mississippi Community Education Center a en effet loué ensuite le ranch 9 500 dollars, sous forme de garantie de prêt bancaire pour l’achat du ranch  !!! La banque prêteuse n’avait pas beaucoup vérifié à qui elle avançait l’argent…  Car en fait derrière Familes First il n’y avait.. rien, ont découvert, effarés, les journalistes faisant leur enquête. Un site, un logo et c’est tout !! Même pas d’employés ! Que des bénévoles pour faire tourner la boutique  ! Sur le site disparu, le Clarion Ledger, qui a suivi de près le dossier, a retrouvé un leitmotiv affiché sur le fameux site fermé : « le programme Familes First (Priorité aux familles) renforce les familles de tous les horizons et de toutes les conditions de vie en offrant un développement de l’abstinence jusqu’au mariage / jeunesse et l’éducation parentale par le biais de séminaires, d’ateliers, de cours et de présentations » . Comme directeur était indiqué le maire de Vicksburg, George Flagg mais ce dernier a précisé qu’il ne l’avait jamais été !! En 2018 une sommet anti-obésité avait été sponsorisé par Families First, et c’est tout comme activité. Les canassons de Dupree n ‘ont en fait jamais vu un seul enfant grimper sur leur dos ! Dupree, lui, ne répond plus aux questions des journalistes, et a même menacé de leur tirer dessus s’ils s’approchaient trop près de son ranch  !

Le petit monde de la mafia du football US

Autre « évasion » effarante, les 2,15 millions de dollars de l’aide sociale du Mississippi offerts à un société de Floride travaillant sur les commotions cérébrales dans le sport et la vente d’appareils médicaux spécialisés appelée Prevacus, dirigée par Jake VanLandingham (ici à droite) membre de la Virginia Tech Academy et sa filiale PreSolMD (installée aussi en en Floride). Or, Favre, notre vedette de football, a été le grand promoteur dans la presse des dangers cérébraux du football américain, on le sait. Le 8 avril 2108, on trouvait par exemple sur son site le docteur VanLandingham en conférence en compagnie de….  Brett Favre et deux autres sportifs !

Mais l’homme tout sourire à droite avait de quoi inquiéter, plutôt. Le 27 septembre 2018, le même docteur apparaissait dans la presse pour avoir fait la promotion inquiétante du Prevasol, un spray nasal, produit non encore approuvé par la FDA…  Une drogue décrite par Prevacus comme une « game changer«  voilà qui nous rappelle des choses en ce moment !!! Le médecin-Mabuse a profité rapidement de la nouvelle manne offerte, mais pas vraiment pour investir dans la recherche : dans la publicité, plutôt. 

C’est ainsi qu’il a recruté, une fois l’argent engrangé
ancien « Head Coach » de la NFL, pour à la fois les San Francisco 49ers et les Detroit Lions (ici à gauche avec Favre !).. C’est surtout l’ancien coach de Brett Favre, quand ce dernier était arrivé à Green Bay !!! Mais aussi Mr. DeBartolo, une toute autre vedette celui-là, ancien propriétaire des San Francisco 49ers, qui fait dans l’immobilier aujourd’hui, et enfin Matt Hasselbeck ancien Quarterback des Seattle Seahawks. Ces recrues font fort penser à du copinage et à des vautours attirés par une nouvelle gamelle pleine à partager. Notons aussi que le fameux DeBartolo recruté a lui aussi fait la une des journaux, deux fois au moins dans sa carrière. Une première fois en 1998 où il avait été condamné pour avoir versé 400 000 dollars au gouverneur de Louisiane afin d’obtenir une licence pour un bateau-casino (il avait négocié 1 million de dollars d’amende pour ne pas être enfermé). Lors de l’investiture de Donald Trump, DeBartolo avait organisé un dîner dans lequel il avait salué Michael Cohen, l’avocat personnel qui purge depuis une peine de trois ans, entre autres, pour avoir acheté le silence de deux ex-maîtresses présumées de Trump. Et la deuxième fois de sa carrière, pour DeBartolo, en obtenant la grâce de Trump décidée discrètement en février dernier !!! Sidérant !

Là où ça devient plus net, et plus grave encore, c’est avec  la publication d’une photo fort compromettante aujourd’hui, celle prise en juillet 2019 avec Brett Favre, Phil Bryant et Tate Reeves (ici à droite). Ce jour-là, Favre était venu, selon le journal Mississippi Today, pour « discuter » de Prevacus avec les deux gouverneurs, l’ancien et le nouveau !!! Bryant s’était alors empressé de dire au journal qu’il n’avait pas participé à une réunion de Prevacus avec… Davis. Une réponse certainement « sarcastique » elle aussi on suppose !!!  Car on voit mal les trois lascars ne pas parler d’argent ce jour-là !!! C’est ce cas en effet qui mouille le plus directement Bryant ! Le Clarion Ledger a retrouvé depuis des échanges d’e-mails indiquant que la société a continué d’être en contact avec Bryant en 2019, en lui envoyant notamment « une présentation d’investissement indiquant que la société s’attendait à recevoir un financement de l’agence de l’État » !!!  Bryant, trahi par Powerpoint ! Il était donc nécessairement au courant de l’origine détournée des fonds ! Pour sa défense, Bryant a depuis (mollement) répondu : « alors qu’il en était aux toutes premières étapes, (Prevacus) semblait être une bonne perspective et nous l’avons traité comme tout autre projet de développement économique. Les événements tels que les dîners, les réceptions et les réunions étaient tous communs au processus de développement économique. Je n’ai recommandé, instruit ou autorisé l’utilisation de fonds publics dans aucune agence pour le projet pharmaceutique ».

Le produit miracle (« a game changer« ) 

Le journal enfonçant le clou en affirmant qu’il était pourtant bien au courant de l’origine de cet argent : « le fondateur et président de Prevacus, Jake VanLandingham, a déclaré que son entreprise avait signé un accord avec le Mississippi Community Education Center, ou MCEC, l’organisation à but non lucratif qui se trouve maintenant au centre d’une enquête massive sur le détournement de fonds. Il a déclaré que l’accord prévoyait que l’organisation à but non lucratif paie les recherches en cours de son entreprise. En échange, Prevacus mènerait les futurs essais cliniques et la fabrication dans le Mississippi, probablement dans un complexe médical du sud du Mississippi qui a longtemps été promu par Bryant ». On retrouve facilement l’établissement, le fameux « Tradition »: c’est celui de l’University of Mississippi, on l’a vu déjà bien impliquée dans l’affaire et qui a pris le 19 novembre 2017 le nom de… Phil Bryant Medical Education Building ! Bâti grâce à de l’argent fédéral en prime, celui du Community Development Block Grant (on y revient), avec un apport de 10 millions de dollars ! Le gouverneur a donné son nom à un bâtiment financé par l’Etat fédéral !

A noter que Prevacus apparaît aussi dans des documents de l’armée US pour les soldats victimes de traumatic brain injury (TBI), « des lésions comparables à celles de la NFL » (appelées « concussions« ), notre ici l’article. C’est le nom d’Odyssey Group International, Inc qui apparaît alors le « partenaire » de Prevacus. Prevacus annonçait alors faire l’économie selon lui d’entre 3 et 4 milliards de dollars en frais de soins médicaux, car son médicament serait vendu « 300 dollars » contre « 13 000 actuellement pour un traitement traditionnel ».  Or à ce jour il n’y pas de médicament de valable après une « concussion » estime ici l’US Department of Health and Human Services ! L’essai de la citicoline, qui avait été entrevu comme prometteuse, n’avait rien donné ! Le produit est fort vanté sur le net par une foultitude de sites escrocs… on le présente ainsi de façon ridicule : « un nutriment de la mémoire » !!!

Bryant, pris la main dans le flacon

Les mails impliquent bien directement Bryant selon Mississipi Today : « Davis, l’ancien directeur du département des services humains, avait discuté de la recherche sur les commotions cérébrales dans les courriers électroniques obtenus par le Mississippi Today avant la fraude présumée. Dans un article de janvier 2019, il écrit que l’ancien gouverneur et Favre a demandé une réunion au bureau de Nancy New pour discuter du «programme de recherche pédagogique qui traite des lésions cérébrales causées par les commotions cérébrales». VanLandingham a déclaré qu’il avait rencontré les responsables de l’aide sociale pour la première fois en décembre 2018. » Deux des principaux inculpés (New et Davis) plus le bénéficiaire (Favre), plus le gouverneur… étaient en relation et celui-continue à nier toute implication ? Ça devient gros là…

Le fameux médicament miracle devait en fait être produit sur place, dans cet hôpital Bryant: « de plus, nous espérons que le moment venu, Tradition aura un site de fabrication en place pour que des entreprises comme la nôtre puissent produire leurs médicaments, suppléments et dispositifs médicaux. Avoir un centre de fabrication biotechnologique à la pointe de la technologie dans la SEP créera de nombreux emplois et fournira des traitements vitaux à ceux qui en ont besoin », indique le communiqué de VanLandingham par courrier électronique » !!!

L’entrée en jeu de Joseph

Autre élément à charge: L’autre partie de l’argent pour la construction de l’hôpital décrit provient d’un don fait par l’entrepreneur trumpien de Columbus Properties, (Joseph) Joe Canizaro (à droite ici avec Bryant), grand fan de Donald, qui a déclaré à son propos que  » l’un des traits du président est la persévérance, et a noté « qu’il est évident » pourquoi l’Amérique a besoin d’un homme d’affaires à la Maison Blanche maintenant. Il comprend l’économie. Il sait négocier avec les gens », a déclaré Canizaro. «C’est une personne chaleureuse et merveilleuse. C’est un homme bon.  » Pour ce qui est de l’empathie de Trump, on a pu se faire une idée je pense, en quelques semaines, ces derniers temps ; quand il invite pour honorer une personne, il dit le contraire d’elle, ne l’écoute et ne la regarde même pas. Un Trump qui compte surtout Canizaro parmi ces gros pourvoyeurs d’argent de campagne…. Le 29 avril 2019, lors de la seconde visite de campagne de réelection de Trump, Canizaro organisait ainsi un dîner à 2800 dollars la tête de pipe à la Metairie, son fief de Louisiane Et ce, au minimum : pour être autour de la table de Donald, c’est 100 000 dollars par personne qu’il fallait aligner et même… 35 000 dollars pour un couple voulant garder une photo souvenir avec Trump  (?) !!! La réunion avait rapporté ce soir-là 4 milions de dollars à l’orangé de service de la Maison de fous blanche. L’Etat est pourtant aux mains du démocrate John Bel Edwards depuis 2016 (et réélu en 2019 face à Eddie Rispone « a devout Catholic«  aux 10 millions de dollars dépensés en pure perte).

Joe Canizaro (ici aux côtés de Laura Bush), est également le fondateur de First Bank and Trust, et du Tradition Development, (son projet de « Healthcare Research Cluster » au nord de Biloxi qui jouxte… un centre commercial, dans ses pubs il n’y a pas un seul noir de présent !). C’est bon à savoir aussi, c’est celui également qui a acheté la franchise de football américain de l’USFL des Breakers à la Nouvelle Orleans avant de les déplacer à Portland dans l’Oregon. Comme par hasard c’est là aussi que jouait… Marcus Dupree (ici à droite)  !!! Que ce monde est donc petit ! Il est aussi lié à un mouvement catholique de missionnaires bien réacs, le Notre Dame Seminary. C’est un proche de l’archevêque Aymond de la Nouvelle Orleans. En 1998, Aymond a laissé en place Brian Matherne, prêtre violeur de 17 enfants qui a pris 30 ans de prison. A Austin, même chose en résistant à d’autres plaintes et d’autre abus. Le 10 avril dernier, il prenait l’avion… un drôle de Boeing Stearman PT-17 , « pour bénir la ville pour protéger du Coronavirus » (la bonne excuse pour faire un tour dans ce monument de l’aviation US !). Et pour fêter aussi sa sortie de sa propre rémission ! Pour remercier Dieu il faut parfois s’en approcher un peu dans le ciel !

Le bilan désastreux de l’aide sociale au Mississippi

Toutes ces dépenses « extérieures » ou ce véritable coulage d’entreprise de l’intérieur s’ajoutent à la baisse régulière de l’aide sociale pendant le mandat de Phil Brayant dans tout l’Etat : « ces dernières années, le MDHS a réduit le montant de ses fonds TANF destiné à l’assistance de base aux familles pauvres. En 2018, l’État a reçu près de 135 millions de dollars de fonds fédéraux du TANF, mais n’a dépensé que 5,4% en assistance de base, une grande partie de l’argent étant allouée à des programmes comme ceux proposés par le MCEC. MDHS a également laissé de l’argent sur la table. En 2016, le Jackson Free Press a rapporté que le MDHS n’avait pas alloué 35 millions de dollars destinés à aider les familles pauvres de l’État, même si de nombreux enfants étaient sur liste d’attente pour les services qu’il aurait pu financer ». De l’argent laissé dormant ou dépensé dans de vraies folies dont on n’a pas encore totalement fait le tour (ce sera pour demain !), c’est cela la vision du social chez ce gouvernement ami de toute la famille Trump…

 

(1) sa transformation physique a de quoi inquiéter. En octobre 2013 on avait découvert des stéroïdes anabolisants à Picayune au Mississippi chez un entraîneur de salle sportive pour jeunes enfants, la Picayune Youth Athletic Association Board de Brant Peddy, 38 ans également vice-président du football de Picayune (la Youth Athletic Association)… en 2008 c’est le jeune quaterback de l’équipe de football US de Madison, Jared Foster qui avait été pris dans un trafic d’anabolisants. Ici à droite c’est Paul Lacoste jeune : le contraste est saisissant…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

« L’épidémie », de Matin brun à la Solution finale

L’épidémie est un roman noir de l’écrivaine suédoise Åsa Ericsdotter. Un thriller politique inspiré par ...

One comment

  1. avatar

    Ce dossier demande beaucoup de recherches. Le travail est impressionnant, comme d’habitude! Merci.

    NB: J’apprécie toujours autant les pointes d’humour parsemées ça et là:) Il en faut pour digérer autant d’informations choquantes.

    Elyan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.