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Trump : Gouverner les USA comme le Mississippi (3)

Hier nous n’avons fait que commencer l’étude de la politique menée au Mississippi par le républicain Phil Bryant qui s’affiche ouvertement comme étant l’ami de Donald Trump. Un Donald dont nous avons retrouvé un épisode de vie assez surprenant, la période des années 80, où il s’était alors acoquiné avec des catcheurs, une association  dont on va comprendre tout le sens bientôt, surtout à la fin de cette enquête. Un peu de patience, et remontons d’abord en en 2016, lors de l’arrivée du gros B-757 aux couleurs de l’ex roi des casinos – et du catch- reconverti dans l’immobilier… et notamment aussi au Mississippi, avec les dérives que nous allons découvrir…

La campagne de 2016 de Trump dans le Mississippi

Personne n’avait compris pourquoi Donald s’était embêté avec son jet (1) à vouloir à tout prix passer par le Mississippi qui ne lui aurait ramené que 6 « grands électeurs » (pour en Floride !): pour beaucoup, ça ne valait pas la peine de se déplacer! (ici à gauche c’est son arrivée en Ohio, photo de Gaele Joly, de France-Info). On ne sait si son staff écoutait du Warner E.Hodges (le guitariste de Jason and The Scorchers) au casque dans l’appareil, mais on a fini par comprendre pourquoi : « bien que des milliers de partisans se rendront mercredi au rassemblement de Donald Trump au Mississippi, le véritable objectif de sa visite dans l’État se déroulera tranquillement une heure plus tôt: une collecte de fonds de 1000 dollars par personne dans un endroit non divulgué » écrit sarcastiquement le 2 janvier 2016 The Guardian.. « La vraie raison de visiter le Mississippi, a déclaré Robert Moak (le candidat démocrate), était en fait  le financement de sa campagne, de l’argent moissonné sur place, promis par Phil Bryant: « notre gouverneur a dit à Trump qu’il pourrait collecter beaucoup d’argent », a déclaré Moak. « C’est aussi simple que ça. » Je suis sûr que c’est au moins à sept chiffres », a déclaré Moak. « Sinon, il ne m’embêterait pas. » « Il y a d’autres coûts. Le jet de Trump à lui seul brûle 10 000 dollars de l’heure, totalisant près d’un demi-million de dollars rien qu’en juillet »… Le soir, au meeting, ce qu’on craignait aussi pourtant est arrivé : l’extrême droite raciste a déployé ses banderoles devant les caméras : « de nombreux critiques de Trump l’ont accusé de se plier aux racistes, avec ces sifflet de chiens (pour la chasse aux immigrants) à la place de cornemuse. Trump n’a jamais, par exemple, approuvé David Duke, mais le Klansman devenu politicien l’a approuvé, et dans l’environnement que Trump a créé – avec ses niveaux de PH politiques particuliers – Duke a refait surface sur la scène politique du sud. Lors des rassemblements précédents, qu’ils soient officiellement approuvés ou non, des drapeaux de bataille confédérés sont apparus en grand nombre. Les étoiles et les croix sont apparus sur les t-shirts des supporters, sur les chapeaux vendus par les vendeurs à l’extérieur dans le parking, ou agités pendant les rassemblements. » Comme le note le journaliste du Giardian, « le soutien de Trump parmi les électeurs noirs n’atteint que 0%.  » Regardez donc ce montage où les paroles de Trump sont calquées sur celles de Duke !!! Et le résultat de ces idées malsaines récemment en Georgie…

Donald, l’ami catcheur de Phil

Autant Phil Bryant est peu expansif et raide comme un passe-lacets, autant son ami Donald est exubérant on le sait. Dans les années 2000 ça a donné chez lui des scènes assez inimaginables; comme ce que l’on va voir (ou revoir). Dimanche 2 juillet 2017, certainement en train de s’ennuyer chez lui, à la maison blanche, il poste en effet un tweet étonnant, le montrant en train de tabasser un homme en costume sur le bord d’un ring  (ici à droite). Ou plutôt de faire semblant. Ça se passait à Detroit pour le WrestleMania, la plus grande compétition annuelle de catch aux USA. Il y avait plus de 80 000 spectateurs déchaînés dans la salle. On se demande ce qui lui passe par la tête, mais non, c’est bien vrai, ce n’est pas un « montage vidéo » c’est un extrait d’une scène réelle, mais aussi une belle mise en scène complète, fomentée en 2007 avec son compère Vince McMahon, le pape « dynastique » du catch, cette lutte arrangée avant de monter sur scène chère aux américains.

C’est un peu logique qu’ils se connaissaient en effet ces deux-là: la World Wrestling Federation (WWF, devenue WWE entre-temps), louait alors régulièrement la salle du Trump Plaza d’Atlantic City pour ses galas (un bâtiment en sursis aujourd’hui). Ce soir-là, tout a été arrangé bien sûr, y compris le rasage de tête final de Vince McMahon, patron de la WWF, en bon complice !!! Les deux avaient choisi leur champion respectif : Bobby Lashley pour Donald et le samoan Umaga (Eddie Fatu) pour Vince. Le catch c’et du « chiqué » on le sait : deux ans après sa prestation de Detroit, Trump refaisait le coup de la fausse rivalité en clamant avoir « rafflé » Raw, le programme du lundi soir de la WWE, à McMahon, ce qui selon lui aurait déclenché une autre «querelle» entre les deux. Fausse, elle aussi ! Le but ?  Augmenter les audiences, pardi en accord avec Vince qui en avait aussi besoin que lui !

L’amitié entre eux n’apparaît pas que sur le ring. En 2016, Linda McMahon, l’épouse de Vince et elle-même ancienne directrice de la WWE, a versé 6 millions de dollars pour la campagne présidentielle de Trump ! Mieux encore pour institutionnaliser ce mélange incroyable de showbiz et de politique ; elle est entrée dans le gouvernement de Trump, en remerciement de sa contribution, dans les services de la Small Business Administration de 2017 à 2019 (à gauche c’est Trump avec une de ses présentatrices de ring en train de téléphoner à Vince). La photo ici ci-dessous, est plus parlante,  elle montre la dynastie McMahon, avec « le tondu » McMahon, sa femme, devenue ministre, leur fils Shane McMahon derrière elle, repreneur des rings, et sa femme Marissa au milieu, plus Stephanie McMahon la fille de Vince et Paul Levesque (alias Triple H, sur le ring sur la droite. (Triple H, et non triple buse) : une belle brochette de tondus !

La valise chargée de Linda

La valise d’échecs électoraux de Linda est bien chargée. Elle avait déjà tenté d’entrer en politique en croyant que l’argent suffirait : le 16 septembre 2009, elle avait déclaré sa candidature pour obtenir la nomination du Parti républicain pour  l’élection sénatoriale de 2010 dans le Connecticut. Elle avait alors dépensé 47 millions de dollars pour se faire battre au final par le démocrate Richard Blumenthal. Candidate pour le siège de sénateur du Connecticut en 2012, elle est à nouveau battue par le représentant démocrate Chris Murphy. Les deux fois, elle a été battue par 12 points d’écart sur son adversaire, après avoir dépensé au total près de 100 millions de dollars de sa fortune personnelle… . Elle finit par y arriver via un strapontin ministériel offert par Trump : « Une fois élu président, Donald Trump lui propose un poste dans son administration pour gérer les questions liées aux PME, à la tête de la Small Business Administration. Elle est confirmée par le Sénat le 14 février 2017 par 81 voix (sur 100). Outre les sénateurs républicains, de nombreux démocrates soutiennent sa candidature en raison de son expérience de dirigeante d’entreprise, parmi ceux-ci se trouvent ses anciens adversaires Blumenthal et Murphy. En mars 2019, elle annonce son départ de l’administration Trump pour rejoindre le super PAC America First Action, qui soutient la réélection de Trump en 2020. National Public Radio note que McMahon s’est faite remarquée pour son travail au sein de la Small Business Administration, voyageant souvent pour défendre la politique du gouvernement. Sa démission prend effet le 12 avril suivant ». Sa remplaçante est déjà  toute trouvée, c’est… Ivanka Trump. D’une incroyable efficacité, la fille potiche : elle aurait déjà créé 14 millions d’emplois selon son père…  ce qu’il avait déclaré en décembre 2019  sans sourire bien sûr !!!

Trump Small Business, too..

L’intérêt douteux de Donald pour garder la mains aussi sur les petites entreprises, on la découvre par une étonnante enquête menée ici par USA Today le 14 décembre 2019, à propos de T Retail LLC, qui a rapporté 100 000 dollars à Trump.. personnellement. Enregistré dans le Delaware (et donc rendue anonyme) mais aussi trouvée au en Floride, Louisiane, New York et Virginie. En fait des clones de TrumpStore.com, qui vend comme on s’en doute des colifichets au nom de Trump lancée début 2017, à peine élu !!! On y trouve une sortie de bain à 125 dollars, la même que l’on trouve dans ses hôtels !!! « Pendant que ses fils dirigent ses entreprises, les sociétés ont été placées dans une fiducie révocable dont le président Trump conserve la propriété exclusive et peut retirer des fonds à tout moment. Le Trump Store a également un emplacement physique dans le sous-sol de la Trump Tower, qui a ouvert ses portes fin 2017. L’organisation Trump a déclaré que les revenus du magasin physique n’étaient pas inclus dans les 107 186 dollars déclarés pour la nouvelle boutique en ligne ». Une société qui nous faisait aussi atterrir au Mississippi : T Retail LLC est l’une des trois entités commerciales importantes ajoutées à la déclaration de divulgation de Trump depuis l’année dernière. Trump a gagné 20 002 dollars en frais de gestion de Westminster Hotel Management LLC, liés à un hôtel dans le New Jersey, et 26 667 dollars de SC Cleveland MS MANAGEMENT LLC « lié à une entreprise hôtelière du Mississippi… » les deux chaînes gérant les hôtels Scion et American IDEA.

Les hôtels et le fiston 

En décembre 2019 on apprenait qu’une fois découverts par la presse, et déjà édifiés à Greenville, Cleveland ( » the Lyric ») et Clarksdale., ces projets venaient d’être mis en standby par la famille Trump, qui les avait en fait rachetés à d’autres entrepreneurs qu’elle : « Les hôtels sont une collaboration entre l’organisation Trump, désormais dirigée par les fils de Trump, Donald Trump Jr. et Eric Trump, et les hommes d’affaires du Mississippi Dinesh et Suresh Chawla. Les Chawlas, qui possèdent 18 hôtels dans le Mississippi, prévoyaient de développer les hôtels tandis que les Trumps les sigleraient et les géreraient. Dinesh Chawla a déclaré que son entreprise prévoyait d’aller de l’avant avec les hôtels sans les atouts. Les termes de l’accord n’ont pas été divulgués, et il n’est pas clair si il était prévu d’indemniser les Chawlas d’une manière ou d’une autre pour leur retrait. Dans la déclaration conjointe, les Chawlas ont déclaré: « Nous comprenons parfaitement leur position », selon le Times. « …

Les liens entre Donald et les Chawla ne datant pas d’hier (notons au passsage la réponse de Trump au père des deux hôteliers : « Les Chawlas sont entrés en contact avec les Trumps pour la première fois lorsque VK Chawla, un immigrant indien, a contacté Trump l’homme d’affaires en 1988, lui a demandé un prêt pour développer son entreprise, après avoir été refusé par 50 banques. Trump a rappelé, selon des informations relatées par la famille dans des reportages, en suggérant que Chawla devrait demander un prêt pour les communautés minoritaires. Il l’a fait, et avec un prêt de 450 000 dollars, l’aîné Chawla a lancé une chaîne d’hôtels qui compte maintenant 17 propriétés dans la région du delta du Mississippi »... explique ici le Mississippi Business  Journal ! Les Chawlas possédant aussi l’Holiday Inn Express à Cleveland.

… et un autre problème de valise !

Cette fois, Phil Bryant avait alors été bel et bien pris la main dans le sac, lui aussi, l’ex-contrôleur fiscal de l’Etat ! « Le gouverneur  Phil Bryant a montré un soutien public à Trump et en février, l’État – par le biais de la Mississippi Development Authority – qui a accordé un allégement fiscal pouvant atteindre 6 millions de dollars pour le projet d’hôtel Scion. L’allégement fiscal couvrirait près d’un tiers des coûts de développement de l’hôtel, selon les permis de construire. Plusieurs habitants de Cleveland ont soutenu le développement de l’hôtel Scion, pensant que cela entraînerait des emplois et des revenus supplémentaires pour la ville, mais d’autres ont déclaré qu’ils ne pourraient pas se permettre de rester à l’hôtel quatre étoiles »... dans un Etat à la pauvreté endémique, on le rappelle, Bryant avait offert un rabais de taxes du tiers du prix de revient de l’hôtel à bâtir, sur 17 acres, et destiné aux riches uniquement !!! Suresh CK-Jawla, pour présenter son projet, avait même évoqué une salle de musique « Live », dans son nouvel hôtel en liaison avec les  » Delta Music Institute et la Delta State University » !!! Les Bluesmen aux quatre étoiles !!!

Tout marchait donc comme sur des roulettes (de casino ?) quand, surprise, le 22 aout 2019, on avait appris l’arrestation de Dinesh Chawla à Memphis pour avoir volé des bagages au Memphis International Airport. Pas un, mais DES vols réguliers selon la police de Memphis !!! Un manège qui durait depuis des années !!! Interrogé sur le gel des investissements « Chawla », Eric, le Truc Junior qui aime tant le Mississippi, on l’a vu, avait déclaré sans surprise que « le harcèlement politique inspiré par la direction démocrate avait conduit à la décision de supprimer complètement les plans pour les chaînes »….

Les noirs éternels oubliés dans le Mississippi

Des petites entreprises bien pratiques aujourd’hui pour tenter de montrer que Trump fait quelque chose contre la pandémie actuelle, dans un ordre dispersé qui voisine le chaos. Il y a déversé des millions déjà (pardon : 699 milliards de dollars) dont une partie a servi à engraisser ses propres petites entreprises… celles qui on surtout le plus contribué financièrement à son élection… et même celles prônant les énergies fossiles ! Un de ceux concernés par ces versements, s’appelle Darrin Williams il dirige Southern Bancorp, il a été souvent aperçu comme invité chez Fox News (ce qui nous done une bonne idée de sec penchants politiques !),  il vient de Picayune dans le comté de Pearl River (au nom prédestiné, qui vient du mot savoyard picaillon !), une banque qui prête de l’argent en Arkansas et au Mississippi (à Greenville). Son entreprise a obtenu le nombre de 553 prêts totalisant 82 millions de dollars pour les entreprises locales dans le cadre du premier programme PPP. Un plan du 8 avril qui  exclut en fait des sociétés à but non lucratif, et fournit des prêts largués sans aucune traçabilité fédérale. De l’argent de Eta, mais qui ignore en priorité les noirs : « une enquête nationale de la FDIC de 2017 auprès des ménages non bancarisés et sous-bancarisés a révélé que 15,8% des ménages du Mississippi ne sont pas bancarisés, ce qui signifie qu’ils n’ont pas de compte courant ou d’épargne.Un autre 38% des ménages de l’État ne disposaient pas de crédit ordinaire, comme les prêts auto ou étudiants, les cartes de crédit, un prêt sur valeur domiciliaire, un prêt hypothécaire ou d’autres marges de crédit. À travers le pays, les disparités raciales étaient importantes: plus d’un ménage noir et hispanique sur trois a déclaré ne pas avoir de crédit ordinaire, contre moins d’un ménage blanc sur six. » Remarquez, comment voulez-vous prêter de l’argent à des gens qui n’ont même pas de compte bancaire ? « Les disparités raciales nationales sont exposées à Jackson. Plus d’un ménage sur trois à Jackson est non bancarisé ou sous-bancarisé, ce qui signifie qu’il n’a pas suffisamment accès aux lignes de crédit, aux prêts, à la possibilité d’encaisser des chèques ou à d’autres offres bancaires – le taux le plus élevé du pays. Dix-sept pour cent des ménages de Jackson n’ont pas du tout de compte bancaire ». Conclusion : cet argent déversé par Trump ne concerne pas ceux qui en ont le pus besoin, dans le Mississippi comme ailleurs ! Darrin Williams peut continuer à pérorer chez Fox News. Ses frères de couleur, au Mississippi ne peuvent même pas s’inscrire dans sa banque !!!

Trump et le catch, plus que des similitudes 

Revenons à Trump et à son catch, pour changer d’idée ou plutôt pour s’apercevoir à quel point il se fout de tout le monde. Le catch, c’est une image parfaite pour lui, en effet pour R. Tyson Smith, professeur adjoint invité de sociologie : « lors d’une réunion à Harvard il y a plusieurs années sur la presse et la présidence, la journaliste politique Jessica Yellin a décrit le conflit de Donald Trump avec la presse comme «WWF, édition médiatique: dans un coin, Donald Trump, défendant la position anti-institutionnaliste, combattant les élites. Dans l’autre coin, les médias défendent leur honneur. Nous savons tous que le conflit fait bien avec les lecteurs, avec les téléspectateurs.  » La référence de Yellin au World Wrestling Entertainment (la WWE, anciennement connue sous le nom de WWF) indique quelque chose de plus profond: les parallèles frappants entre le style politique de Trump et la lutte professionnelle. Ses liens avec la lutte professionnelle sont profonds et, même s’il ne s’inspire pas consciemment du manuel de lutte professionnelle, il comprend au moins intuitivement son pouvoir performatif – sa capacité à ravir le public, à raconter une histoire et à dominer les gros titres. En lutte professionnelle, deux adversaires (ou plus) organisent un combat violent devant des spectateurs payants. Contrairement aux sports de compétition, la lutte professionnelle repose sur la narration de la meilleure histoire. En tant qu’artiste, peu importe si vous gagnez; ce qui compte, c’est la force de la réponse émotionnelle que vous générez des fans. Trump ne possède pas simplement un style performatif qui ressemble à celui des lutteurs professionnels. Pendant des années, il a été connecté à la WWE et a en fait participé à plusieurs de leurs spectacles ». 

Et Tyson Smith, de décrire le meeting du début de campagne de Donald : « Le 16 juin 2015, avec «Rockin in a free world» de Neil Young (qui l’a prié de cesser de l’utiliser), il est descendu d’un escalier mécanique de la  Trump Tower devant une foule de spectateurs – certains payés – qui ont fait flasher leurs caméras de téléphone portable et agité des signes. La scène était plus petite et il n’y avait pas de pyrotechnie, mais les parallèles étaient indubitables. Et après la cloche d’ouverture, ce fut un coup pugilistique impétueux, suivi d’un autre. Il a envoyé des slogans et des tweets de 140 caractères qui réduisaient les problèmes complexes et les problèmes en stéréotypes en remèdes simplistes (« Build That Wall », « Lock Her Up », « Drain the Swamp » et, surtout, « Make America Great Again! » ). Comme les slogans accrocheurs des stars du catch – « Vous êtes viré! » (Vince McMahon), « Repose en paix! » (« The Undertaker »), « Connaissez votre rôle et fermez la bouche! » (« The Rock ») – ces phrases peuvent être facilement mémorisées, même portées sur des T-shirts, des chapeaux ou des pancartes. »

« L’action sur le ring dans la lutte professionnelle est souvent une partie mineure du drame. Dans les coulisses, de nombreuses coulisses, communications et accessoires – des chuchotements dans le ring échangés avec des adversaires aux récits colorés d’infidélité faits par des commentateurs – améliorent le drame et l’optique. Un spectacle de la WWE de deux heures affiche souvent moins de 15 minutes de physique dans le ring. Trump a utilisé des tactiques similaires, comme lorsqu’il a amené un groupe de femmes qui avaient accusé Bill Clinton d’infidélité à l’un des débats. Enfin, il y a le «nous contre dynamique « – à laquelle Jessica Yellin a fait allusion – qui est devenue centrale dans le style et l’attrait de Trump. Il a identifié et exploité un brin de malaise des électeurs – en particulier chez les blancs – que peu d’autres ont vu, formulant un scénario de base qui a résonné: il était l’opprimé pour se venger de l’establishment puissant – les élites politiques, commerciales et médiatiques qui avaient vendu les intérêts des petites gens dans leur adhésion aux accords commerciaux, la corruption et l’ouverture des frontières »….

Le rôle du méchant : celui préféré par le public !

« Alors pourquoi les médias perdent-ils tous leurs combats avec le président Trump? C’est parce que les médias ne savent pas comment s’y prendre et le président Trump le sait. Une chose drôle se produit lorsque les républiques représentatives ne se sentent pas très représentatives. Après avoir enduré des décennies de vaines promesses et d’ineptie, de nombreux Américains en viendront à voir la politique de la façon dont le fan de catch moyen voit un épisode de «Monday Night Raw», se disant: «Je sais que ces gars derrière le microphone ne veulent pas dire ce qu’ils disent. Je sais que tout ce drame à gros enjeux est mis en scène. Mais c’est aussi assez amusant et j’aimerais faire partie de l’émission ».

« Si quelqu’un alors arrive qui leur offre cette chance en disant des choses qu’ils aiment et en écrasant des gars qu’ils détestent, ils croiseront les doigts et espèreront qu’il est réel. Dans notre climat politique actuel, la sincérité est le deuxième violon de la mise en scène. Mettez une bonne production, et nous vous donnerons le bénéfice du doute sur tout le reste. Le président Trump a repris ce changement de mentalité et, en raison de son expérience à la WWE, il sait comment présenter ce spectacle. Il comprend que, dans la lutte politique, la façon dont vous gagnez n’est pas d’avoir les faits de votre côté mais de dépasser plus que votre adversaire. »

Etonnante et saisissante comparaison, non  ? Un président qui se croit toujours dans son show télévisé, qui vire des gens quand ce qu’ils disent ne lui plaît pas, revient constamment sur le ring politique après avoir été pourtant mis KO, et se dope à son addiction pour Twitter ! Le catch lui a décidément tout appris ! Tout l’inverse encore -jusqu’ici- gouverneur du Mississippi, qu’il consulte pourtant régulièrement…

Le modèle à suivre, c’est méchant, ou le plus hargneux  et le plus prétentieux : « The heel, Le « talon » (cf le méchant en français) n’a pas de telles limitations. Le talon va mentir, tricher, dissimuler et tout faire pour gagner un match. Le talon insulte et condescend aussi bien envers le public de catch que ses rivaux. En fin de compte, il se soucie seulement d’obtenir l’objet de son désir personnel – cela pourrait être de l’argent, du pouvoir, du sexe, de la gloire, de la renommée, du championnat ou, dans certains cas, simplement jouer le rôle d’un spoiler chaotique qui vit pour humilier et brutaliser le « bons gars. » 

« Un grand « talon » joue également la victime: il ou elle n’était pas vraiment «coincé» dans le ring. Il y a un complot. « Gagner » n’a jamais été le but de toute façon car il y a un plus grand objectif à atteindre. Il existe différentes versions de la personne « talon ». Vince McMahon incarne le PDG et baron cruel et manipulateur de l’entreprise qui ne se soucie que de maintenir et d’étendre son pouvoir. Au cours des années 1980 et 1990, le «Million Dollar Man» de l’époque de la Fédération mondiale de lutte (Ted DiBiase) humiliait les fans, se moquant d’eux comme des «slobs» (des ploucs) pauvres, et de la classe ouvrière. Nick Bockwinkel et Ric Flair étaient des méchants millionnaires playboy qui s’habillaient mieux que leurs rivaux, avaient plus d’argent et de succès que quiconque, et le charisme et la confiance nécessaires pour obtenir tout ce qu’il s voulaient de la vie ». La comparaison se tient en effet ! Mieux encore : comme le principe est d’insulter l’adversaire que l’on admire secrètement et avec qui on s’entend parfaitement il est donc logique de trouver le catcheur qui se fait appeler Million Dollar Man, insulter ici en direct… Donald Trump en personne (à qui il a serré la main, tout sourire) : Ted Dibiase alias Million Dollar Man, dont la musique d’intro sur scène  ressemblait assez à celle de Trump, disant « qu’il n’a pas à faire de sale boulot, comme Donald Trump qui ne nettoie les fenêtres de sa tour »,  sur Saturday Night Live de NBC, en 1988 … le goût pour les dorures, l‘argent constamment affiché (avec un porteur de billets toujours auprès lui, son complice et faire-valoir « Virgil ») le mauvais goût, l’allure, le dédain affiché, il y a c’est sûr beaucoup de Trump chez Ted Dibiase (et inversement !!! Un Million Dollar Man, qui tenez vous bien est devenu … pasteur (ici à gauche), de sa propre église, fondée à sa retraite en 1999  !!! Ça aussi, ça ne s’invente pas !!! De mauvaises langues racontant que son fils, Brett, devenu catcheur lui aussi, s’adonne à la drogue après qu’il ait dû abandonner les rings après 2014… il aurait été vu dans une clinique réputée – et chère- de désintoxication à Malibu, celle de Rise, en Californie... une brebis égarée sans doute ! On risque de reparler bientôt, ici-même de ce bien étrange pasteur devenu l’ami de trente ans de Trump… (2)

1) Nota : amusant de noter que Donald Trump a voyagé pas mal de fois avec un autre jet que le grand Boeing 757 clinquant qu’on lui connait. Pour sa campagne, il a en effet utilisé le plus souvent son Citation X 750 de 1997, immatriculé N725DT, (ex N923VP et N923QS), enregistré chez une de ses petites entités appelée DJT Operations CX (il en descend ici à droite).  Or cet avion avait une licence de vol non renouvelée à la FAA, car elle expirait au 1er février 2016.  En somme, il a volé de façon totalement illégale et clandestine courant février 2016… de voler ainsi aux USA est passible d’une amende allant de 27 500 à 250 000 dollars et une peine de prison de trois ans.  Alors que l’inscription à la FAA ne coûte 5 dollars… l’avion avait été contraint par la FAA à rester au sol en avril 2016  Ça en dit long du degré d’organisation de l’équipe de Trump, et de lui-même !

(2) faut se méfier de ses amis de trente ans il paraît…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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