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Trump et la fable de l’ordinateur portable sorti d’un placard… russe

Chez Trump, il y a des obsessions visibles. Alors qu’il est en place depuis quatre ans (rassurez-vous ça va bientôt se terminer), il continue en meeting à s’en prendre… à Hillary Clinton qu’il avait évincée d’un cheveu en remportant des Etats-clés (d’un poil) : si son micro se coupe, hier encore, c’est de la faute d’Hillary, bien sûr (1). Il est comme ça, monolithique, campé sur des certitudes ridicules alimentées par les sites conspirationnistes dont il se délecte et qui sont sa seule source d’information de noctambule collé à ses écrans de TV. Les éoliennes, qui provoquent des cancers, les mexicains qui payent la barrière idiote (et coûteuse) qu’il a souhaitée, les ouragans qui changent de trajectoire selon son bon vouloir et d’un coup de crayon, ou qu’il faudrait détruire par une bombe atomique, l’Ukraine comme espionne des serveurs démocrates, le rachat du Groenland, comme un produit de rayon de supermarché, les gens qui dépensent trop d’eau car leurs toilettes et leurs douches n’ont pas assez de pression (2) des cosmonautes sur Mars « très bientôt » (La Lune étant « une partie de Mars » !), un remplaçant à l’Obama Care qui sera « bien mieux » mais que l’on a toujours pas vu arriver en quatre ans, l’usage de détergent ménager à ingurgiter pour éviter le virus, un sommet, déjà, plus la fin de la pandémie du Coronavirus, répétée par lui ad libitum depuis des mois. Mais aussi depuis le début, avant même 2016, des accusations visant le fils de son concurrent, étant donné qu’il n’a trouvé que fort peu pour griffer l’image de celui qui va l’éjecter bientôt. Et comme il n’a rien trouvé ou presque, Donald a inventé, comme à son habitude. C’est cette fois l’histoire d’un ordinateur portable au parcours rocambolesque, dernier avatar de la haine incontrôlée d’un Donald envers son concurrent. Une histoire dont il espérait beaucoup et qui est déjà un flop, à vrai dire…

« L’october surprise » est une sorte de tradition politique américaine, depuis 1981, selon les historiens. Aussi attendait-on avec impatience lors de la dernière semaine de la campagne électorale, que Donald nous en sorte une, de surprise. Il y a quatre ans, c’est l’infortuné responsable du FBI, James Comey, qui, sous couvert d’une certaine notion de respectabilité professionnelle et d’impartialité, dévoilait l’usage d’un ordinateur personnel par la candidate Hillary Clinton au nom de l’Etat, pour ses échanges professionnels, ruinant son image à quelques jours de l’élection (c’est raconté dans son livre, ici à droite, qui mérite le détour : il y décrit un Trump en chef de véritable mafia !). Son action, discutable, sera jugée après coup impartiale, la conclusion d’une rapport de 500 pages, malgré quelques erreurs de procédure, sans plus. En tout cas, la « surprise d’octobre » de 2016 avait coûté la plus haute marche à la candidate, renversée sur le fil par la bascule à quelques pourcentages près d’Etats clés apporteurs d’un nombre de représentants vitaux : Ohio, Floride, Wisconsin, Michigan, Pennsylvanie, Caroline du Nord, Arizona. Des Etats qui sont pointés aujourd’hui avec davantage de prudence…

Depuis hier, l’annonce censée embarrasser Biden n’a pas fabriqué l’effet escompté. Des réseaux sociaux, un peu plus conscients qu’en 2016, ont refusé de la relayer, en affirmant d’emblée qu’elle n’était pas étayée ni sûre. En somme, que c’était une fake news ! Un flop qui n’est pas vraiment une surprise, tant l’histoire proposée par un journal à scandales est bancale. Il faut vraiment se pincer en effet pour y croire, car tout se prête à en rire plus qu’à y souscrire. C’est le genre d’histoire invendable que refuse toute entreprise journalistique digne de ce nom, car le flou et les imprécisions sont présents partout dedans, sans oublier les circonstances mêmes dans lesquelles cette découverte a été faite, ou bien ses protagonistes essentiels, déjà handicapés par leur passé baignant dans un nombre de coups tordus pendables. Le récit de la « découverte » de l’ordinateur portable compromettant (en fait il ne contient rien que l’on ne sache déjà, à part les faux mails rajoutés dedans !) est absolument abracadabrantesque à tous les points de vue. Quasi surréaliste, même, tant son apparition paraît presque.. magique.  Dans le langage abscons de Donald, c’est même « the laptop from hell, » lors du  second débat avec Biden ! (pour comprendre le Donaldien, comme langage obscur, il faut souvent un traducteur approprié).

C’est l’histoire improbable, balancée par le New-York Post, d’un ordinateur déposé en réparation quelque part dans le Delaware et retrouvé des mois après… Ce portable (un Apple Mac Pro, décrit comme « endommagé par du liquide ») aurait été déclaré par défaut comme celui d’Hunter Biden, car il portait un auto-collant « Beau Biden Foundation » dessus, a déclaré le réparateur au nom prédestiné, chez qui on l’aurait apporté en avril 2019 pour l’examiner puisqu’il ne marchait plus (avouez déjà que c’est trop beau, ce visuel apparent extérieurement, déjà !). L’engin serait resté 90 jours dans la boutique et on ne serait jamais venu le rechercher depuis. A partir de là, le revendeur-réparateur, John Paul Mac Isaac (ici à droite), de Wilmington dans le Delaware, (à droite ci-dessus sa petite échoppe), après s’être penché dessus pour retrouver son propriétaire (et donc avoir réussi à le remettre en état), aurait contacté « un intermédiaire » qui aurait lui-même alerté le FBI, qui l’aurait alors « confisqué« , après lui avoir envoyé une lettre lui demandant de lui remettre. Bref,  une drôle d’histoire déjà qui démarre dans le flou le plus absolu. Pourquoi donc le Delaware au fait ? Parce que c’est là qu’est né Hunter Biden, pardi !

« L’intermédiaire » ayant ensuite contacté Robert Costello, (encore un hasard, bien sûr), un ami de Rudy Giuliani devenu son « représentant » officiel en novembre 2019. C’est le même qui avait prêché pour un pardon envers Michael Cohen, l’avocat de Trump, plutôt décidé depuis à déballer son sac pour sauver sa peau…  Cerise sur le gâteau, le réparateur « aurait une déficience visuelle qui l’aurait empêché de distinguer qui lui aurait remis le portable » (c’est n’importe quoi vous ai-je dit !) et aurait trouvé Biden Jr « riche » car il lui aurait « apporté trois portables » en non un seul…  (on n’a aucune nouvelle des deux autres !). Un réparateur d’ordinateur mal voyant, qui fait des commentaires désobligeants sur ses clients, avouez que l’on a là un beau cas d’espèce encore, à lui tout seul !!! Et déjà une histoire assez peu crédible en tout cas !

Le Daily Beast qui l’a joint le décrit ici en fait comme un grand fan de Trump, de ce vendeur, qui a trouvé « honteuse » la procédure d’empêchement et mieux encore, a cité la procédure contre le malheureux Seth Rich en exemple lors de l’interview !! Pressé par le magazine, le réparateur en a rapidement lâché une bonne en fait : « Mac Isaac a refusé de répondre à des questions spécifiques quant à savoir s’il avait été en contact avec Rudy Giuliani avant le dépôt de l’ordinateur portable ou à tout autre moment avant la publication de l’article du Post. Poussé sur sa relation avec Giuliani, il a répondu: « Lorsque vous avez peur et que vous ne savez rien de la profondeur des eaux dans lesquelles vous vous trouvez, vous voulez trouver un sauveteur. » Laissant entendre qu’effectivement, il le connaissait… avant même de recevoir l’engin, faisant de Giuliani le fameux « intermédiaire », voire le tout premier  … dépositaire !!!  On entend d’ici Donald crier « pas de collusion », alors qu’extérieurement elle semble déjà bien apparente !

Le contenu du disque dur aurait ensuite atterri (comme par magie ?) et a été « analysé » au sein du New-York Post, un tabloïd à scandales qui appartient à Rupert Murdoch, un ardent supporter de Trump (c’est son fils Lachlan qui le dirige désormais) un « Tycoon » (magnat) de la presse qu’on ne présente plus :
le roi du sensationnalisme outrancier, la presse considérée comme poubelle médiatique. L’homme suivant de près le dossier Biden étant le rédacteur Michael Goodwin, venu ici à gauche en août 2019 sur… FoxNews raconter que ses confrères du New-York Times, dont il est pourtant un des anciens journalistes, sont pour lui devenus « des monstres » à vouloir critiquer constamment… Donald Trump ! C’est amusant de penser que jadis, le même journal n’avait pas hésité à présenter ce même Donald Trump… sous un jour pas vraiment flatteur (ici à droite)… pour le futur homme politique, mais avec une vantardise affichée qui ne l’a pas vraiment quittée depuis ! Le contenu du disque dur aurait connu un deuxième atterrissage (le réparateur lui a fait faire bien des petits…. il devait savoir manipuler Carbon Copy Cloner, pour sûr) chez… Steve Bannon et là on peut difficilement parler de hasard ! En somme les destinataires des clones du disque dur de la machine, soi-disant attribuée à Hunter Biden, en disent long sur l’entreprise de dénigrement mise en place !!! Avec un aveu de taille, déjà, commis par le principal bénéficiaire de la tentative de déstabilisation de la candidature Biden : «Il doit nommer quelqu’un. C’est une corruption majeure, et cela doit être connu avant les élections » s’est écrié Donald à l’encontre de William P. Barr, son procureur général tout dévoué (sinon plus).

Depuis, c’est devenu une référence chez Donald. A 21 minutes de son discours du 24 octobre en Caroline du  Nord, il cite justement le New-York Post et embraye sur le cas supposé d’Hunter Biden en ressortant le coup de « la femme du maire de Moscou« … (Yelena Baturin, épouse de Yury Luzhkov). Bref il recommence la même histoire bancale. Alzheimer n’est pas loin et ça commence à s’entendre au long de ses discours de plus en plus décousus… les mains toujours en accordéon… comme ici donc en Caroline du Nord, à Lumberton : c’est le discours d’un véritable fou, qui s’écrie et vocifère, qui raconte n’importe quoi (en lisant pourtant entre deux son prompteur pour se rattraper) ! Le tout devant une audience … bien maigre et clairsemée, ce qui explique le cadrage étroit retenu pour la prise de vue, une foule éparse dans laquelle le masque était encore une fois fort peu présent :

Un commentaire à ce meeting raté note avec justesse : ce n’est pas un winner (un gagnant) mais un whinner (un braillard), qui s’adresse à des gens conquis d’avance…  Parmi eux, en Floride, le 24 octobre, on a remarqué un des participants situé juste dans l’axe de la prise de vues des caméras se permettant de faire un signe suprémaciste (le OK de White Power) derrière Trump en personne (ici à droite).


On a pourtant, dans l’entourage de Donald tenté de le raisonner (?) en le priant de ne pas se servir de ce dossier douteux. Rien n’y a fait : Donald le têtu est resté sur cette idée pour s’en prendre une énième fois à la famille de son adversaire selon Forbes (le 22 octobre dernier) : « certains observateurs se sont demandé si le vidage des e-mails de la poste était lié à une campagne d’ingérence électorale étrangère, à l’instar d’autres allégations de Biden liées plus tard à la Russie. Le FBI enquêterait sur cette théorie, bien que le directeur du renseignement national John Ratcliffe ait rejeté l’idée de manière controversée plus tôt cette semaine. À la fin de l’année dernière, des responsables du renseignement américain auraient averti Trump que la Russie tentait d’utiliser Giuliani pour répandre de la désinformation, bien que le président ait ignoré les avertissements. Certains alliés de Trump ont encouragé le président à cesser de discuter des allégations de Hunter Biden, se concentrant plutôt sur les emplois et d’autres problèmes de campagne plus parlants. Pourtant, Trump a fait allusion aux reportages du Post lors du débat de jeudi dernier – et certains collaborateurs ont déclaré à l’avance aux journalistes que Bobulinski (un collègue de Hunter en Ukraine) serait amené en tant qu’invité pour tenter de secouer Biden. Trump a également provoqué Biden à propos de Hunter lors de la première confrontation des candidats, soulevant de vagues allégations sur les relations commerciales de son fils et la toxicomanie ». Un Bodulinski, ex associé de Hunter, qui aurait ressorti depuis une autre source de revenus de Hunter Biden, qui proviendrait, devinez de où ? De Chine, pardi ! Ce qui a déjà fait la une aussi du New-York Post (ici à droite), qui embraye très vite sur n’importe quoi comme on le sait. Le coronavirus serait venu des Galapagos que c’est sûr, on aurait trouvé dans les mails de cette machine une adresse de Hunter Biden aux Galapagos !!!

L’enquête sur Flynn qui obsède tant Donald

Le New-York Post, pour en parler, ou… Hugh Hewitt, un homme de radio (The Hugh Hewitt Show diffusé sur leSalem Radio Network) qui est aussi le président de la Richard Nixon Foundation, pour évoquer son bord politique qui penche (très fort) à droite : il applaudit par exemple un gars comme John Bolton et fait des shows radios a invités d’un seul bord politique. Un homme particulier, au sourire carnassier, qui, après avoir déclaré Donald comme ne possédant pas le tempérament pour être président, a fini par s’y rallier « par discipline républicaine ». Un gars qui a laissé dire sans broncher en plein show de Donald qu’Obama avait créé le mouvement terroriste de l’ISIS… Un autre fêlé, pour sûr adepte du renforcement de la défense façon Reagan : « donc 2020 va être une élection pour la sécurité nationale: plus de Trump et de ses politiques et de son peuple ou retour à l’imaginaire de l’ère Obama ? Le droit inhérent à la légitime défense. Une marine beaucoup plus grande. Une croissance rapide des dépenses de défense. Un arsenal nucléaire reconstruit. La doctrine Reagan est de retour, pleinement adoptée par Trump. Juste à temps pour définir les primaires présidentielles démocrates et l’élection de 2020 ».

Chez Hewitt, Donald avait entonné une autre histoire soi-disant compromettante pour Biden, en fait une vieille resucée d’avant 2016 (Trump ratiocine dans le vide assez souvent) : « il y a deux mois, le président Donald Trump s’est entretenu avec l’animateur d’une émission de radio conservatrice Hugh Hewitt pour parler d’un scandale MAJEUR impliquant, entre autres, l’ancien vice-président Joe Biden. « Nous parlons de démasquer, oui », a déclaré Trump à Hewitt le 11 août. « C’était un gros problème. Horrible affaire, ils l’ont démasqué tant de fois. Je pense qu’il doit avoir le record du démasquage. Peut-être que oui, vous savez, parce que nous cherchons encore combien de fois ils m’ont démasqué. Découvrons-le aussi, car écoutez… ils espionnaient notre campagne. « On remarquera le propos trumpien, fait d’un vocabulaire de plus en plus limité et de répétitions, dans lesquels certains voient les prémisses d’une sénilité galopante. Une sénilité qui est la seule explication possible à ces tweets rageurs, qui vont à l’encontre de ceux qu’il devrait convaincre davantage : il a perdu l’électorat des seniors, la faute à sa gestion désastreuse du Covid19 qui a fait des ravages chez eux, et tout ce qu’il trouve à faire est de les insulter (cf ici à droite avec son tweet horrible du 14 octobre), dans sa haine irréfléchie contre Joe Biden, plus âgé que lui comme on le sait….

Pressions sur la justice

Un vieux sujet que l’enquête de Mueller avait pourtant rejeté : non, le FBI n’avait pas enquêté avant l’élection de 2016 sur Trump. Là encore, c’est l’un des aspects d’une énième cabale (re)montée par Donald et ses sbires : « en mai, les sénateurs républicains Ron Johnson (Wisconsin) et Chuck Grassley (Iowa, ici à gauche) ont publié les noms d’un certain nombre de responsables de l’administration Obama qui auraient pu chercher à démasquer l’identité du conseiller à la sécurité nationale de Trump Michael Flynn dans des rapports de renseignement à l’approche de la prise de fonction de Trump. (Les noms figuraient sur un document qui avait été récemment déclassifié par le directeur du renseignement national Richard Grenell.) Parmi les noms sur cette liste ? Biden ». Et un Trump vociférant qui rajoutait « Le démasquage est énorme – c’est une chose énorme », a déclaré Trump peu de temps après la publication des noms. « C’est – je viens d’avoir une liste. C’est – qui peut croire une chose comme ça ? Et j’ai regardé Biden hier sur « Good Morning America », interviewé par l’un de vos collègues, George Stephanopoulos, et il a dit qu’il ne savait rien sur rien. Il n’a aucune idée. Il ne sait rien de quoi que ce soit. »

L’enquête ukrainienne qui a fait pschitt

Or sur cette affaire, tout avait pourtant été déjà dit. Et rien n’avait été trouvé de compromettant : « cette enquête est terminée, selon le Washington Post. Et cela s’est terminé sans qu’aucune accusation ne soit portée contre Biden ou tout autre responsable de l’administration Obama. Ou même n’importe quel rapport public de ses conclusions. » Obsédé par le sujet, Donald a fait une nouvelle fois fortement pression sur un de ses plus fidèles alliés, le procureur général William P. Barr, pour qu’il diligente une nouvelle enquête « avant l’élection de novembre ». L’homme, qui semble aujourd’hui lassé de ces intrusions présidentielles, n’avait pas réagi et les commentateurs remarqué que l’on assistait avec cette ultime pression à une incroyable politisation de la justice, digne des républiques bananières ou des pires dictatures. Selon AP, l’idée est encore une fois très simple en effet : « les tentatives du président d’assombrir la réputation de Biden dans le dernier tour de l’élection font écho à ses attaques de «l’enfermer» en 2016 contre la candidate démocrate Hillary Clinton, qui a fait l’objet d’un examen par le FBI au cours des derniers mois de la campagne pour son utilisation d’un serveur de messagerie privé tout en la conduite des affaires du département d’État »… un obsédé revient constamment à ces seules obsessions en effet ! Le MacPro prétendu du fils Biden, c’est l’ordinateur qui tombe à pic ! On sait Trump influencé par une « culture » télévisuelle des séries de sa jeunesse… c’est donc un ordinateur en forme de pick-up 4×4 rehaussé !!!

L’équipe ukrainienne autour de Giuliani

A la même période de la remise de la machine censée nuire à Joe Biden, en avril 2019, l’ineffable Giuliani est en tout cas très affairé : après deux rencontres avec le procureur Lutsenko, celui accusé par l’ex ambassadrice US d’avoir bloqué les enquêtes sur les coups tordus dans le pays, il se retrouve dans un bureau de la Trump Tower réunissant une fine équipe essentiellement axée vers l’Ukraine : « (Elle) comprend six membres réguliers: Giuliani, Parnas, Fruman, John Solomon et les avocats de Washington Joe DiGenova et Victoria Toensing. Selon Parnas (CNN; Washington Post), l’assistant principal de Nunes, Harvey, se joint occasionnellement à la réunion en tant que mandataire de Nunes (à ce stade, il n’est plus président du comité du renseignement de la Chambre mais toujours son principal républicain). « Parnas a fait partie de ce qu’il a décrit comme une« équipe »qui se réunissait plusieurs fois par semaine dans une salle privée du restaurant BLT au deuxième étage de l’hôtel Trump. En plus de donner au groupe l’accès à des personnes clés en Ukraine qui pourraient aider leur cause, Parnas a traduit leurs conversations, a déclaré Bondy », selon CNN. » Lev Parnas a depuis révélé ce qu’il faisait avec cette équipe et sa grande proximité avec Giuliani. Une proximité flagrante avec toute la famille Trump ! Et encore une fois c’est l’humour qui nous montre ce que ça pu être exactement !!! Parnas, « tantôt tartuffe, tantôt entremetteur, » selon le Monde, traducteur des malversations de Giuliani est aujourd’hui inculpé avec son compère, Igor Fruman pour violation des règles du financement de campagne électorale. « Rendus publics mardi, les documents, lettres, notes manuscrites et SMS confiés à la Chambre après le feu vert d’un juge fédéral, le 3 janvier, font état de ses échanges de M. Parnas avec Rudy Giuliani, ainsi qu’avec l’ancien procureur ukrainien Iouri Lutsenko et le cercle des proches de Volodymyr Zelensky, le président ukrainien élu en avril 2019″. On est bien  sur le même tempo : ça s’est joué en avril 2019 !

En fait en mars, le département d’État a demandé à l’ambassadrice Yovanovitch (lire ici le détail de l’affaire) de prolonger son mandat en Ukraine jusqu’en 2020, selon ses remarques présentées à l’enquête de la Chambre : elle a en effet découvert le rôle trouble de Lutsenko (ici à gauche), proche allié du président Porochenko et de la mafia ukrainienne (3) , et son enquête commence à agacer le clan Trump, qui vient d’apprendre que Biden allait certainement bientôt se lancer dans la course à la présidence, ce que Donald redoutait en fait très fort. La fine équipe a alors une idée, celle de chercher les liens ukrainiens du fils Biden (chez Burisma où il a travaillé un temps) afin de nuire à l’image de marque du candidat le plus redouté par le clan Trump. Pour l’instant, un caillou grippe le process : c’est justement l’ambassadrice, qui est tout proche de réussir à influer sur le pouvoir pour évincer le procureur douteux, protecteur des trafics (d’armes et de drogue) dans le pays. D’où une intense campagne de dénigrement à son encontre menée par les trumpiens, qui tentent alors de fourguer des missiles (des Javelin, antichars) à la pelle aux ukrainiens. Lustenko, il faut le savoir, avait avait fait licencier l’employeur de Hunter Biden deux ans auparavant, car ce dernier avait commencé aussi à fouiner dans le système mafieux du procureur !!! Un procureur fort courtisé, car en même temps Trump lui a demandé de s’occuper de l’enquête sur Paul Manafort, qui se rapprochait à nouveau de lui. Manafort, on le rappelle a été condamné le  à 47 mois de prison pour crimes financiers à la suite de l’enquête de Robert Mueller sur le rôle de la Russie durant l’élection présidentielle américaine de 2016…

En mars 2019 encore, John Solomon, qui fait partie du groupe de comploteurs, publie dans The Hill, où il travaille, une interview dithyrambique de Lutsenko, qui ne sert qu’à balayer les accusations de corruption qu’il a alors sur le dos. Le rôle de Salomon, est, on l’a vu ici, fondamental dans le plan d’attaque « ukrainien » de l’équipe Trump. S’ajoute le relais télévisuel d’un Sean Hannity et son pseudo complot d’Uranium One visant Clinton, qui s’est terminé lui aussi en échec complet comme on l’a vu (lire ici le détail de ce crash médiatique lamentable). 

En premier, évincer la gênante

En novembre 2019, Marie Yovanovitch, qui a été rappelée en mai 2019 par Trump, après tout un tir de barrage médiatique insensé orchestré par Giuliani, viendra déposer au Congrès lors de la procédure d’Impeachment pair révéler qu’elle avait été effectivement persécutée et menacée par l’équipe Trump. Ce dernier avait même lâché « « il va lui arriver des choses », lors de son entretien resté célèbre avec son homologue Volodymyr Zelensky.  Une menace évidente et flagrante. En plein milieu de sa déposition au Congrès, Trump avait tweeté pour la dénigrer davantage encore… en insultant sa carrière. L’ignominieux président, crachant sur les représentants de l’Etat… avec une seule idée en tête : avec Lutsenko qui resterait en place, il pourrait certainement obtenir de lui ce qu’il voulait pour tenter d’embarrasser son principal rival, pensait-il, en s’en prenant à son fils, dont le comportement fantasque, il est vrai, se prêtait facilement aux attaques.  Mais pour ce faire il fallait d’abord se débarrasser de Yovanovitch, pour avoir les mains libres !!! Voilà qui était chose faite en mai 2019 !!! Giuliani a eu sa peau !

Mais Rudy tombe de haut

Or surprise, le 30 septembre 2019, le fameux procureur que Giuliani et Trump croient avoir mis dans leur poche le déclare nettement: « le fils Biden n’a rien fait d’illégal » en Ukraine. L’expédition de l’équipe de Parnas auprès de Lutsenko n’ayant pas apporté de renseignements compromettants espérés, on peut très bien imaginer que la décision d’en créer de toutes pièces est venue tout seule, le tout étant de trouver un moyen de les diffuser. C’est là, certainement, qu’a été choisie l’option de l’ordinateur portable rempli de faux documents mêlés à des photos de famille trouvables partout sur Instagram ou d’autres réseaux sociaux utilisés par Hunter Biden, que l’on exhumerait au cas où, à savoir en dernier lieu, si rien n’a été tenté auparavant. On avait les agents dormants, voici donc l’ordinateur dormant, dans lequel Giuliani, en préparateur de fakes, a joué un rôle primordial ce qui le rend suspect d’emblée, connaissant le loustic et son rôle de réalisateur de coup bas pour Donald. Reste à découvrir d’où vient exactement l’OVNI informatique !! Ou bien qui a fabriqué son disque dur en le remplissant d’information mixtes, des vraies glanées ici et là et de fausses, rédigées dans le but de nuire à Joe Biden !!!

Un remplaçant nettement plus performant 

On va vite le découvrir, ce responsable. A la place du trop décevant Lutsenko, Giuliani s’est en fait tourné depuis plusieurs mois déjà vers Andriy Derkach, un activiste de la Russian Orthodox Church… (cf ici à droite, on remarque l’homme connu au milieu du groupe). Son choix avait été vite fait, nous dit Epoch Times, journal d’extrême droite comme on le sait, très pro-Trump. : « Andriy Derkach, le législateur ukrainien qui a rencontré Rudy Giuliani, a tenu une conférence de presse en novembre pour faire des allégations explosives et non vérifiées contre Burisma et la famille Biden, notamment en disant que 16,5 millions de dollars reçus par Hunter Biden en paiement de Burisma ont été volés à des citoyens ukrainiens » (on remarque la note salée, largement au-dessus de ce que clame encore aujourd’hui Donald, qui parle de 3,5 millions seulement). « Les détails dont il a parlé ont été cités par l’avocat de Trump comme preuve dans ses critiques de la famille Biden. Andriy Derkach (ici à droite) a déclaré après avoir rencontré M. Giuliani : (…) Entre autres choses, il y a des faits sur l’utilisation inefficace de l’argent des contribuables américains par les représentants des organes de l’État ukrainien », a-t-il ajouté sur Facebook jeudi. M. Derkach a également déclaré que lui et un législateur du parti du président Zelensky avaient invité plusieurs personnalités de haut rang à Washington pour aider à former le groupe interparlementaire sur la corruption, notamment Devin Nunes (Républicain – Californie), membre des services de renseignements de la Chambre des États-Unis, Lindsey Graham (Républicaine – Caroline du Sud), présidente du Sénat, et Mick Mulvaney, chef de cabinet intérimaire de la Maison-Blanche ». On notera la délégation, archi pro-trumpienne ! Derkach plaira aussi beaucoup au républicain Ron Johnson, (ici à gauche avec Trump) du Senate Foreign Relations Committee qui se fera rouler dans la farine en répétant chaque nouvelle charge contre Biden à chaque fois que Derkach en ajoutera une…(leur timing calqué l’une sur l’autre est sidérant).  Il déclarera sans sourire : «ce que nos enquêtes révèlent, je pense, révélera que ce n’est pas quelqu’un que nous devrions élire président des États-Unis» !!! A apprendre avec qui il avait parlé sans se rendre compte de qui il était, on peut craindre chez lui un manque de discernement évident… en tout cas c’était très clair : ce qui intéressait Trump, en Ukraine, ce n’était même pas d’y vendre encore plus de missiles (dans l’intérêt du pays), mais d’y trouver de quoi nuire à un adversaire politique (pour son intérêt personnel). A voir l’énergie qu’il y a dépensé et les proches qu’il a pu y envoyer (comme ici à droite Giuliani en compagnie de Derkach), on peut en conclure qu’il le craignait salement, celui qu’il appelait tous les jours « l’endormi » (« Sleepy Joe ») . Les deux facettes de Donald: d’un côté un mépris flagrant mais au fond de lui-même une peur aussi bleue que ses costumes de son adversaire ! Autre preuve de l’obsession d’un Donald:  son appel à soutenir la thèse de l’ordinateur comme mine d’infos qui n’a été retenue que par une frange bien mince de ses propres soutiens, comme on a pu le constater sur son compte Twitter Real Trump ; seuls Jack Posobiec, agitateur fascisant prêt à tout pour répandre le chaos comme on l’a vu (et qui prend ici l’un des faux mails pour véritable !) et Tucker Carlson celui qui soutient les suprémacistes sur FoxNews, ont répondu à l’appel, comme Trump l’a lui-même relayé (ici à gauche). Une désaffection qui en dit long sur la crédibilité de la thèse , soutenue bien mollement jusque dans ses propres troupes.

Le retour de Chanel en supportrice d’espion !

Le nouveau copain de Giuliani ne fera pas illusion longtemps : il était en fait complètement téléguidé par Moscou. Et c’est en tant que tel que, le 10 septembre 2020, le département du Trésor américain l’a en effet sanctionné « pour avoir tenté d’influencer le processus électoral américain » (en 2016 donc !),  car « c’était un agent russe actif depuis plus d’une décennie, maintenant des liens étroits avec les services de renseignement russes »… l‘homme était surveillé depuis une année et demie déjà, au minimum, nous dit ici le Daily Beast. En mai 2019, lors d’un dîner il avait déjà refilé sous la table à un américain un gros paquet de documents… (4). Ron Johnson, lui, ne commentera même pas la mise à l’écart des contacts avec ce qui était donc bien un espion russe ! Le ridicule tue, on le sait, et Johnson avait donc choisi de vivre. Le 10 septembre, on le priera pourtant de révéler tous ses contacts avec Derkach, via la voix de Michael Czin, du Congressional Integrity Project. Sur YouTube, Derkach montrait alors sans vergogne un documentaire conspirationniste anti-Biden, aux relents antisémites (attaquant George Soros). Il postait aussi dans le site NABU-LEAKS, sur le modèle de Wikileaks et WordPress, mais un site ukrainien entièrement dédié aux thèses pro-Poutine ! L’autre plan d’attaque étant la chaîne câblée OANN, la préférée de Donald, révélé ici par Inform Napalm, OANN, une chaîne déjà évoquée moult fois ici comme archi-pro trumpienne avec sa « vedette » autodéclarée Chanel Rion (5). Selon le Journal du Wisconsin, «vendredi le bureau du directeur du renseignement national William Evanina (ici à droite) a spécifiquement appelé la Russie pour avoir utilisé Andriy Derkach, un législateur ukrainien pro-russe, pour répandre des allégations de corruption et nuire à la campagne présidentielle de Biden. Derkach aurait été en communication avec le bureau de Johnson dans le cadre de l’enquête Biden. « 

Bref, que l’envoyé spécial de Donald en Ukraine était en relation directe avec un véritable espion russe, qui l’aurait donc mené par le bout du nez, lui et les parlementaires US (Nunes, Graham, sans oublier le sénateur Johnson, ce joli profiteur du Wisconsin !) tous venus à sa rescousse et tous complètement bernés par lui en définitive… Vladimir Poutine, resté maître en la matière !!! C’est vrai ça après coup quand on y pense : on n’imagine même pas quel ordinateur « préparé » aux petits oignons par les services secrets, et orné d’une beau logo Biden Fondation, il aurait bien pu remettre à Rudy, tiens, cet espion russe si bien intentionné…

Giuliani et Bannon ont tout fait foirer

On croit en avoir fini avec ce rocambolesque ratage, mais non : avec Trump, c’est toujours sans fin ! L’histoire qui suit est tout aussi incroyable que la précédente, racontée cette fois par le New-York Times le 25 octobre dernier : c’est en quelque sorte une deuxième version de ce qu’on vient de lire. Un double, un copie.. de disque dur !!! Celle d’un confrère conservateur du NYT, en l’occurrence le Wall Street Journal. Celui-ci, début octobre, s’était fait discrètement fait approcher par Eric Herschmann, le « senior adviser to the president » (ici à gauche lors de l’Impeachment venu accuser Trump, au nom du cabinet Kasowitz Benson Torres, il avait rejoint le camp adverse juste après, et il est ici en-dessous en réunion festive, faisant le signe des Longhorns, cher aux Texans). Et également par Stefan Passantino, un républicain de Georgie, deux conseillers de la Maison Blanche, de chez Michael Best & Friedrich, donc, tous deux en relation directe avec Donald Jr, le fils au fusil mitrailleur de « croisé » et à la (nouvelle) compagne qui beugle son admiration pour son beau-père. Les deux étant chaperonnés de près aussi par Jared Kushner. D’infinies précautions avaient été prises pour se rencontrer : car c’était du lourd qui avait été promis aux journalistes ! Le rendez-vous avait donc été pris discrètement chez Arthur Schwartz, un grand fan de Trump sur Twitter, (le « fixer » de Don Junior  contre la presse, selon le Daily Beast, et le vieux pote d’Anthony Scaramucci, l’ex de Kimberly Guilfoyle, ici à droite !). Une réunion prévue dans sa maison de McLean, en Virginie et non à Washington. Drôle d’oiseau aussi que celui-là : c’est en effet un conseiller de la Zionist Organization of America, dirigée par Mort Klein (ici à gauche), un proche de Steve Bannon, lui aussi, selon Axios !!! Klein s’est beaucoup fait remarquer ces derniers temps pour s’en être pris au mouvement Black Lives Matter, au point de se faire tancer par la Conference of Major American Jewish Organization, qui l’a trouvé islamophobe et raciste !

Les trois compères souhaitaient rencontrer au départ le journaliste Michael Bender qui semblait leur convenir pour divulguer le trésor (un futur scoop !) qu’ils lui apportaient sur un plateau : les mails inédits de Hunter Biden en Ukraine, avec comme cerise sur le gâteau une interview avec Tony Bobulinski, l’ancien partenaire de travail du fils Biden en Ukraine. Pour assurer le coup, le chef du bureau de Washington, Paul Beckett pensait refiler le bébé à James Areddy, le correspondant pour la Chine du journal, qui serait chargé d’interviewer Bobulinski et au jeune Andrew Duehren, qui avait jusqu’ici le mieux suivi la carrière chaotique de Hunter Biden (le choix d’un rédacteur aussi jeune a de quoi étonner, en effet…). Tout était prêt… à la grande satisfaction, on le suppose de Don Jr. Et de son père, on le suppose aussi ! Avec ça, c’est sûr, l’équipe au pouvoir refaisait le coup de poignard de dernière semaine de campagne, façon Comey, et ça anéantirait Biden, c’était sûr !

Et puis patatras : le New-York Post sort dans leur dos le coup de l’ordinateur tombé du ciel, ou tout comme, comme on l’a vu, contenant en fait… les mêmes mails compromettants que ceux fournis au WSJ !!! S’en suit alors un débat au sein de la rédaction incrédule ; aura-t-on alors le temps de faire paraître autre chose de présentable dans un délai aussi bref (c’était prévu de sortir le 19 octobre, avant le 2eme débat télévisé) ? Ça semblait mal parti en tout cas ! Entre-temps, en plus, Bobulinski s’est lassé d’attendre d’être interviewé, et a refilé un long texte à Breitbart, qui l’a aussitôt fait paraître (ça c’est la version officielle : beaucoup pensent que c’est Bannon qui a tout rédigé !). Deux heures avant le débat, Bobulinski a lui même bricolé une conférence de presse improvisée et fort bancale (ici à gauche), dans un mauvais timing (c’était bien trop proche de l’heure du débat), avec un contenu plus que confus et personne pour y assister ou presque (les caméras de télé sont absentes, elles sont déjà ailleurs ce jour-là, à pister les deux candidats) : deuxième catastrophe pour les préparatifs du WSJ !  L’interview, fichue d’avance et désormais inutile ! L’affaire qui devait faire tomber Biden ne valait alors donc plus tripette : le WSJ annoncera quand même le lendemain d’un ton très neutre que, je cite « les dossiers d’entreprise examinés par le Wall Street Journal montrent le rôle de Joe Biden», mais sans plus y croire vraiment en fait. L’examen rapide du contenu a surtout montré que pas mal de mails semblaient être des faux !!! Même Fox-News, comme le WSJ, a laissé tomber: c’est dire ! Le présentateur évoque même pour décrire le sujet « de la pure diversion » !!! (à noter que pour l’annoncer on a sorti un second couteau de la chaîne : Howard Kurtz (6)).

Le coup tenté par les proches de Donald avait raté, la faute à Bannon qui avait tout orchestré depuis le début et souhaitait garder la main sur ce qui aurait été l’affaire de sa vie : faire chuter un candidat à la présidentielle, ou même en ce cas, un autre, par retour de flamme, à cause de son égo démesuré. Il est le seul à encore croire que ça a marché !!! Les deux partis (WSJ et Giuliani) avaient eu en fait en main les mêmes éléments, préparés… à l’étranger comme on vient de le voir !!!! On retiendra des quatre années de Trump au pouvoir l’impression d’un chaos journalier, et cette séquence de deux actions se télescopant au sein même de ses équipes est bien représentative du désastre accumulé : mais comment ont-ils  pu faire foirer ça ?

On peut aussi retenir que Donald avait bien été mis au courant de l’opération : lors du débat, il traitera en effet Joel Biden de « Big Guy » ce qui laissera le candidat interloqué et dubitatif (et la presse aussi); visiblement Biden ne savait pas que c’était le nom de code dont l’avait affublé Bobulinski dans les mails censés avoir été envoyés à son fils ! Mais Trump, si, justement !! Le soir du débat, le complot ridicule autour de l’ordinateur-miracle avait non seulement fait flop ; son principal instigateur, Donald Trump avait avoué en avoir eu vent avant tout le monde et visiblement avoir cru lui-même à toute l’histoire montée de toutes pièces !

Nota : Au même moment, on a appris que même Reddit, qui en a diffusé pourtant des images et des vidéos, dont un sacré paquet de fausses, a supprimé le compte les diffusant. Et comme la divulgation de la découverte de l’ordinateur ne semble pas avoir eu l’effet escompté, des images extraites, les mêmes que celles déjà montrées, essentiellement des photos et des vidéos irreconnaissables pour la plupart ont été chargées sur un serveur appelé GTV, une subdivision du GTV Media Group qui n’est autre qu’un organisme crée par …Guo Wengui et Steve Bannon : bref, on tourne en rond. Autour d’eux, on trouve Kyle Bass, encore lui, mais aussi John A. Morgan, et Darren Blanton, le fondateur de White Canvas et Colt Ventures. Dans un système à la poupée russe, Blanton détient aussi VizSense (lié à Michael Flynn, mais aussi à Erik Prince et à la milliardaire Rebekah Mercer, véritable trésorière du Parti Républicain et la responsable du Super-PAC Make America Number 1 qui a soutenu Trump). L’initiative ressemble donc avant tout à un acharnement à vouloir nuire… dans le vide. Le groupe GTV est l’objet d’une enquête des autorités américaines depuis août 2020. Dans les 300 millions investis, il y aurait une partie de l’argent qui était destiné à la construction du mur mexicain. Le gag, c’est que GTV avait été présenté au départ comme un fonds pour lutter contre la corruption en Chine !

(1) là c’est pas un micro, c‘est un traducteur. Qu’il laisse tomber par terre, à la fin de la séquence : un président sans poches ! Si un micro reste branché, on entend le niveau de sa réflexion quand il signe des autographes comme une rock star alors qu’il est venu sur les lieux d’un désastre soutenir des pompiers. Trump semble toujours avoir eu des problèmes avec les micros : il faut surtout lui en prévoir un qui résiste à ses postillons, tant il s’en approche comme une chanteuse. Finalement on a décidé de lui couper, récemment, en débat. Il vaut mieux, car avant ou après une intervention, il vaut mieux ne pas l’entendre révéler qu’il s’en fout comme de l’an quarante, de l’usage du micro… ou insulte ses rivaux étrangers.

(2) le grotesque de l’affaire va loin, puisque les services d’Etat, pressés par un Donald devenu complètement obsédé par cette histoire de pression d’eau ont modifié les normes de consommation des lave-vaisselles US, en imposant d’emblée un circuit moins long à plus fort débit, alors que, comme le soulignent les comités d’utilisateur c’est une option actuelle de tous les engins. Chez Trump c’est devenu un propos décousu et surréaliste encore une fois (lors d’un meeting fin 2019) : « J’ai dit ce qui ne va pas avec cette chose ? Ça ne nettoie pas la vaisselle correctement », a-t-il poursuivi. «Les femmes viennent vers moi, les femmes qui, disent-ils, ne m’aiment pas – elles m’aiment beaucoup en fait. Femmes de banlieue, votez pour moi ! Je sauve votre maison ! Je sauve votre communauté ! Je garde le crime au plus bas.  » Lors d’un rassemblement au Michigan à la fin de l’année dernière, Trump a déclaré que si les lave-vaisselle généraient auparavant une « explosion » en appuyant simplement sur un bouton, « maintenant vous appuyez 12 fois, les femmes me le disent ». Ce gars-là est fou à lier ! Complètement taré ! Le seul président qui vous parle de toilettes, de douches et de lave-vaisselles en meeting électoral !

(3) voici ce qu’on a dit en mai 2016 lors de sa nomination : « Iegor Sobolev, membre du parti pro-européen et anti-corruption Samopomich, ne se fait aucune illusion. « C’est un bon jour pour la ‘kleptocratie’ ukrainienne. (…) Sans l’aval du procureur général, il est impossible d’enquêter sur les affaires les plus importantes de corruption. (…) C’est une catastrophe pour le peuple, pour la démocratie et pour le futur de notre pays, car la société souhaite mettre un terme à la corruption mais n’a pas assez de moyens légaux pour le faire. La plupart des juges ainsi que le bureau du procureur général sont contrôlés par les oligarques. Ils rendent service à la corruption plutôt que de la contrer », affirme le député d’opposition à Gulliver Craig. »

(4) « À la fin d’un élégant dîner en mai 2019 au centre-ville de Kiev, le parlementaire ukrainien Andriy Derkach a remis un gros paquet de papiers à un ancien haut responsable américain qu’il connaissait depuis des années. Le paquet était sans particularité dans sa présentation, les papiers coupés sur le dessus et croqués dans les coins. Le paquet ne portait ni insigne, ni titre, ni page d’index, et n’a guère intrigué l’ancien responsable américain. Ce n’est que des mois plus tard que le fonctionnaire a lu les pages. Ce qui était plus remarquable, c’est que les services de renseignement américains avaient, pendant plus d’un mois, averti que Derkach était un cheval de bataille pour les services de sécurité russes et leurs tentatives d’ingérence dans la politique américaine. C’était le premier d’une série de rapports, commençant au printemps 2019, nommant Derkach dans le cadre d’une campagne plus large visant à renverser à nouveau les élections américaines. Malgré la nature étrange du transfert, le dîner a été l’une des premières tentatives connues de Derkach, selon des responsables actuels et anciens, de transmettre des documents aux Américains dans le but de faire avancer les théories du complot démystifiées comme quoi l’ancien vice-président Joe Biden et son fils Hunter était complice du siphonnage de millions de dollars au peuple ukrainien et que l’Ukraine, plutôt que la Russie, est intervenue dans les élections de 2016. (Ce dernier est «un récit fictif qui a été perpétré et propagé par les services de sécurité russes», selon l’ancien interlocuteur du président Donald Trump pour la région, Fiona Hill) ». Fiona Hill, dont la déposition à charge contre les russes avait fait grand bruit lors de la procédure d’Impeachment. « Elle a témoigné en public devant le même organe le 21 novembre 2019. Interrogé par Steve Castor, l’avocat de la minorité républicaine du House Intelligence Committee, Hill a commenté l’implication de Gordon Sondland dans l’affaire ukrainienne: « Cela m’a frappé quand (mercredi), quand vous avez affiché les courriels de l’ambassadeur Sondland et qu’il a dit que ce sont les gens qui ont besoin de savoir, qu’il avait tout à fait raison », a-t-elle dit. « Parce qu’il était impliqué dans une course politique intérieure et que nous étions impliqués dans la politique étrangère de sécurité nationale. Et ces deux choses venaient de diverger. » En réponse à une question du président de ce comité, Rep. Adam Schiff, Hill a déclaré: «Les intérêts des Russes sont franchement de délégitimer toute notre présidence.… Le but des Russes [en 2016] était vraiment de choisir celui qui deviendrait président – en essayant de faire pencher la main d’un côté de la balance, – sans se faire voir «  En somme, cela fait plus d’une année et demie que le contenu de l’ordinateur est connue. La seule surprise d’octobre (ratée) aura été de l’empaqueter dans un ordinateur estampillé Biden…

(5) sa vedette poseuse d’OANN – la fameuse fille à la chaise, rappelez-vous, s’est fait ridiculisée elle aussi dans le nouveau film de Borat, (ici à droite quand on lui demande si elle est de droite ou de gauche qui la décontenance complètement !). Un Borat qui a aussi « aligné » Giuliani comme on le sait, surpris dans une posture plutôt fâcheuse pour lui !!! On rappelle que la même Rion avait rencontré Victor Shokin, ex procureur ukrainien viré pour avoir justement bloqué toutes les enquêtes de corruption dans le pays !! C’était le prédécesseur de Lutsenko : que ce monde de forbans est donc petit ! On rappelle que Sacha Baron-Borat déguisé en fermier avait aussi ridiculisé un meeting des III Percenters de Washington, qui se disait pas raciste pour un sou en faisant chanter son public sur des chansons racistes en juin dernier, au grand dam de Matt Marshall leur leader, complètement berné lui aussi !

(6) plutôt conscient du panier de crabes dans lequel il bosse, il a dit un jour de ses confrères plus connus pour le spectacle « qu’ils ne contrôlent ni les votes, ni les factions, ni les unités militaires, mais ils ont des microphones puissants. Quelle que soit l’influence exercée par Beck et Hannity ou Limbaugh (ou par des commentateurs de l’autre côté), cela provient de leurs idées et de leurs talents « d’infotainers ». S’ils colportent de la désinformation et des exagérations, cela peut être neutralisé par d’autres sur le marché des médias. »

 

Eléments fondamentaux à lire :

https://www.occrp.org/en/investigations/meet-the-florida-duo-helping-giuliani-dig-dirt-for-trump-in-ukraine

How GPO headed by Yarema, Shokin and Lutsenko together “dumped” criminal investigations of Zlochevskyi

https://www.occrp.org/en/paradisepapers/the-odessa-mafias-secret-flats-in-london

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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4 Commentaire

  1. avatar

    Juste une question « COMBIEN AVEZ VOUS ÉTÉ PAYE PAR LA CABALE ET LE PARTI DÉMOCRATE POUR ÉCRIRE UN ARTICLE AUSSI TENDANCIEUX. lE TRUMP BASHING dont vous êtes le représentant n’a plus que quelques jours avant de bouffer son chapeau.

  2. avatar

    juste une réponse : des millions de dollars, bien sûr, plus une Buggati Veyron et un Falcon 8X bien sûr aussi, mais pourriez-vous m’expliquer ce qu’est la cabale ? J’aime bien savoir qui me paye …Et je vous donnerai mon donnerai un des mes chapeaux… à la place du vôtre, que vous n’aurez plus.

  3. avatar

    http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=18058462
    Office québécois de la langue française, 1988

    Notes
    Est cabale toutes manœuvres concertées, plus ou moins secrètes, de gens qui visent à provoquer le succès ou l’échec de quelqu’un.

    Variantes stylistiques possibles : chasse aux voix, aux votes, aux électeurs, à l’électorat; cour à l’électorat, aux électeurs (faire la ou sa).
    Vous méritez ce que vous avez reçu: c’est énormément de bouleau.

  4. avatar

    Gaetan, le mot cabale chez ce monsieur ne signifie pas ça du tout, j’attends donc qu’il me le précise davantage…

    PS : je n’ai pas encore reçu la Veyron

    Comme ce n’est plus la plus rapide du monde, pour tout ce boulot je vais exiger autre chose : la SSC Tuatara. Si, si, ils me doivent bien ça… non ?

    .

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