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Trump : anatomie d’un coup d’Etat raté (2)

Aujourd’hui nous allons étudier le cas d’un de ceux présents à l’hôtel Trump et ayant eu une grande influence sur lui durant les derniers jours de son mandat, pour ne pas dire son règne. C’est un de ceux qui a le plus appuyé auprès de Trump la thèse d’un coup de force, d’où son importance. A l’étude, son cas révèle davantage une pathologie qu’autre chose. Il y avait déjà un fou à la Maison Blanche, je vous en ai trouvé un second. Et même un troisième, un spécialiste informatique qui a poursuivi le rêve de Brad Parscale de mettre en fiches tous les sympathisants  potentiels et de les faire appeler par des robots bien dressés. Une autre forme de folie… à coup sûr !

Le mystère Byrne

Lors du meeting de Freedom Plaza, le 5 janvier, devant une bien petite foule (cf ici à gauche), un homme peu connu était apparu pour la deuxième fois sur scène (la première étant pour le Women for America First Rally du 12 décembre 2020 où il avait introduit Michael Flynn, cf ci- dessous à gauche!) : c’était Patrick M. Byrne, présenté sobrement comme étant « l’ancien PDG d’Overstock.com », au départ entreprise de vente de surplus (venus des premières sociétés en dot.com ayant fait faillite !), puis d’objets fabriqués dans les pays émergeants, société basée à Cottonwood Heights, dans l’Utah, créée en 1999 par Robert Brazell et Jason Lindsey sous le nom de D2 Discounts Direct. Elle n’a cessé de croître pour atteindre le milliard de dollars de CA en 2010 sans faire de publicité au départ, en ne jouant que sur le bouche à oreille. Son nouveau patron en 1999, Patrick M. Byrne, précurseur de la vente sur le net, avant Amazon (cf ici à droite au milieu de ses paquets d’expédition), est depuis devenu un grand avocat du Bitcoin, persuadé qu’il devait convaincre toute l’Afrique de s’y mettre, via le passage au blockchain, mais avant Byrne s’est longtemps coltiné les gendarmes du marché, il accusait d’autres sociétés de « vente à découvert présumée » des actions de sa propre société (ça consiste à vendre une action sans l’étape habituelle consistant à emprunter ou à localiser initialement les actions). Pour les spécialistes c’était faux et Byrne cherchait alors déjà à cacher le fait que sa société n’évoluait déjà plus. Bref, on avait affaire à un pur financier, imbu de lui-même à l’extrême et fort procédurier !!! Il rêvait de créer son propre NASDAQ, dédié au Bitcoin bien sûr ! Son coup de génie ayant été d’introduire sa société en bourse via une vente aux enchères dite néerlandaise, qui permet aux investisseurs (et non aux banquiers) de fixer eux-mêmes les prix de l’offre d’actions !

Un gars.. particulier, disons. Son père fréquentait Warren Buffett et enfant, Byrne passait régulièrement chez le gourou de la finance prendre des conseils, a-t-il raconté partout. Ado, on lui a découvert un cancer des testicules, mais il s’en était sorti. Comme Lance Armstrong. Ses premières affaires sont juteuses : un hôtel, puis un casino revendu 4 fois le prix d’achat (avec l’argent prêté par son père) !!! En 2016, atteint d’Hépatite C, Byrne avait été contraint de démissionner, puis il était revenu ensuite aux affaires. Il s’était fait ensuite remarquer en 2019… par sa relation avec Maria Butina, oui, l’espionne russe championne de la NRA, grande cliente pour les vendeurs d’armes, qui a tourné bien des  têtes, dont la sienne aussi, donc.

On l’avait vue, celle-là, partout poser avec des armes à la main et s’acoquiner on l’a vu avec l’écrivain spécialisé défenseur acharné du port d’armes, Alan Gottlieb, dont elle avait pris le slogan, « Right to Bear Arms ». Ici à gauche elle pose avec le fameux Tabor X95 israélien, qui, dans la série sur les armes détenues par les émeutiers ou les milices, est apparu plus que de coutume chez ces gens, équipés d’automatiques type AR-15 en général. Une autre photo beaucoup plus importante est celle retrouvée ici (à droite) dans un lot de mauvaise qualité resté plutôt ignoré du net. C’est celle du dîner tenu à Louisville le 19 mai 2016 lorsque Butina et Alexander Torshin ont rencontré Donald Trump Jr accompagné de Pete Brownell (de l’Iowa, à Grinnell), le second de la NRA, et lui-même gros vendeur d’armes. A l’époque déjà le mariage de Junior avec Vanessa Haydon battait de l’aile (ils divorceront le  TPM note ici subtilement sur elle qu’elle avait avoué être une espionne sous l’emprise de l’alcool, comme George Papadopulos l’avait fait aussi. L’avocat de Butina était Robert Driscoll, qui a souvent hanté les plateaux de FoxNews sans que les spectateurs ne le sachent, ni ses interviewers comme Laura Ingraham !! Il était plusieurs fois venu parler… de la Russie ! Byrne aurait pu aussi être poussé dans les bras de l’espionne par l’équipe de Trump, désireuse de faire la une des journaux avec un autre « client » moins compromettant que le fiston !!! C’est le contraire de ce qu’il racontera, accusant le FBI « de lui avoir demandé de commencer une liaison avec l’espionne », ce que niera catégoriquement James Comey, jugeant le propos totalement ridicule.

Il démissionne donc à nouveau le 22 août 2019, annonçant à ses employés qu’il part tout de suite se mettre au yoga !!!  Drôle de gars:  plutôt fantasque et atypique en effet que celui-là, qui ornait son bureau de posters de Bob Marley et de Pulp Fiction. Mais avec un drôle d’état d’esprit. En 2011, il avait par exemple bassement attaqué un lointain concurrent de Vancouver, Altaf Nazerali, en l’accusant un peu vite dans une revue montée exprès par lui de livrer des armes aux jihadistes, à Ben Laden, aux russes ou à la mafia italienne, rien de moins. Une attaque violente et gratuite non fondée ce qui lui avait valu une plainte pour diffamations en retour. Byrne avait perdu au final en appel en 2018 devant la Cour Suprême. du Canada, l’obligeant à verser 1,2 million en compensation à son adversaire. Le jugement disait « Il ressort clairement de la preuve que leur intention était de mener une vendetta dans laquelle la vérité sur Nazerali elle-même était sans conséquence. » En somme, que Byrne s’était emporté gratuitement dans le vide: un trait patent de son caractère, à l’évidence !!! Pour Forbes, par exemple, Byrne est en effet tout simplement un « mad king« . Inutile de traduire, on commence à comprendre en revanche pourquoi Trump pouvait lui plaire et réciproquement. Sa plainte à 3,5 milliards de dollars contre les 11 plus grosses banques du marché pour cette affaire d’actions est une erreur gigantesque, même si Merryl Lynch qui a reconnu son art en partie lui a versé 20 millions en dédommagement en 2016 : une maigre victoire.  Sa croisade Bitcoin a vidé les caisses de sa boîte : depuis 2014 il a englouti 200 millions de dollars dans l’aventure ! « Mais les murs se sont refermés sur l’aventure chimérique de Byrne. Les actions fortement vendues d’Overstock ont chuté de 87 dollars au début de 2018 à environ 17 dollars aujourd’hui, alors que quelque 1,6 milliard de dollars de capitalisation boursière se sont évaporés. Autrefois rentable, Overstock a perdu 206 millions de dollars l’an dernier et 110 millions de dollars en 2017. Ces derniers mois, Byrne a licencié quelque 400 personnes. »  Entretemps, la chaîne concurrente Wayfair avait pris sa place !!! Bref, le gourou a eu tout faux ! Reste à savoir maintenant pourquoi il a pris aussi rapidement le train de Trump !!! Ou plutôt de comprendre pourquoi ce gars plaisait tant à Donald !!

On sait en fait pourquoi : suite à son aventure avec Butina, il avait donné une interview surréaliste à Fox News, casquette « Make America Grateful Again » vissée sur la tête : «C’est moi qui m’éjecte», dit Byrne. «Je le dois parce que j’ai été prévenu que si je me présente en Amérique, l’appareil de Washington va me réduire en poussière.» Byrne a affirmé qu’il avait déjà aidé le FBI dans une affaire, puis de nouveau en 2015-2016, il «a accepté des ordres qui semblaient un peu louches». «J’ai trouvé le nom de la personne qui m’a envoyé les ordres et cela m’a été confirmé», a poursuivi Byrne. «Le nom de l’homme qui m’a envoyé les ordres était un type nommé Peter Strzok. Tu vois ? Capiche ? Cela va donc être un véritable tourbillon ».  Strzok étant l’agent du FBI alors au centre des théories du complot du «Deep State» avancées par les partisans du président Donald Trump !!! Et Byrne de poursuivre en affirmant qu’il avait eu connaissance d’une «grande dissimulation». «Il y a eu de l’espionnage politique contre» Trump, Hillary Clinton, Marco Rubio et Ted Cruz, a-t-il affirmé. «Ce n’est pas ma théorie, ce n’est pas une position politique. J’étais dans la pièce quand c’est arrivé. J’en faisais partie. Je pensais que je faisais de la police. Pardon. » Strozk est en effet l’agent du FBI qui avait été mis à l’écart par Mueller pour avoir laissé des commentaires peu flatteurs sur Trump à son amie du service, Lisa Page. Un mini-scandale dans l’affaire qui avoir ravi les partisans de Trump bien sûr !!! Durant l’interview, on voyait un Byrne désireux il semble bien d’attirer la commisération sur son sort… et éviter surtout l’étiquette de pigeon largement espionné, via Butina, par les russes !!! L’homme cherchait visiblement à minimiser le rôle de cette dernière, qui sera condamnée à 18 mois de prison pour espionnage avant d’être proposée en échange, dans la plus pure tradition des échanges de la Guerre Froide. Elle sera finalement réexpédiée à Moscou dès sa sortie de prison le 25 octobre 2019. Une Butina très douée, c’est sûr : quand elle se sentira visée, elle mettra en ligne une photo compromettante pour Rick Santorum (opposé à Trump), qui avait accepté de poser avec elle, histoire de bien brouiller les pistes (ici à droite). Toute sa carrière d’espionne consiste à aider la carrière de Donald Trump !!! Elle avait réussi à infiltrer la NRA, et à remonter aussi jusqu’au principal écrivain pro-armes du pays comme on l’a vu dans cet épisode précédent. Trump, en écoutant ce jour-là Byrne, avait gardé l’idée du « Deep State » qui aurait selon Byrne espionné TOUS les candidats, Trump comme Hillary, mais en retenant que celui sur sa personne !!! En 2018, il reviendra encore en tweet en affirmant qu’Obama avait lancé ces enquêtes… sans parvenir à convaincre ni trouver de preuve. Bref, si Trump apprécie tant Byrne c’est qu’il est pour lui la preuve vivante… d’un complot étatique flou. Et inexistant ! 

Selon la thèse développée par Byrne, c’est le FBI donc qui aurait insisté pour le pousser dans les bras de Butina (quel sacrifice pour la nation !). »Lundi, Byrne est apparu sur Fox Business Network avec David Asman, révélant ses affirmations sur l’enquête Clinton. «Je me suis retrouvé au centre des enquêtes russe et Clinton», a déclaré Byrne. J’ai toutes les réponses. Je me suis assis dessus en attendant que l’Amérique y arrive. L’été dernier, j’ai compris… ce qu’ils font tous, c’est l’espionnage politique. Cela n’avait rien à voir avec la police, c’était uniquement de l’espionnage politique. Voici l’essentiel. Il y a un état profond comme un sous-marin qui se cache juste sous les vagues de la profondeur du périscope qui surveille nos voies de navigation. Et un brise-glace nucléaire appelé USS Bill Barr s’est faufilé sous eux et est sur le point de percuter le milieu du navire. «Cela est sur le point de se produire et je pense que nous sommes sur le point de voir le plus grand scandale de l’histoire américaine en conséquence. Mais tout était politique. Tout ce que vous pensez savoir sur les enquêtes sur la Russie et sur Clinton est un mensonge », a déclaré Byrne à Atman. «C’est une dissimulation. C’était de l’espionnage politique ». Voilà qui sonne fort comme les bases de la thèse de QAnon, surtout !!!

Byrne (ici à droite à la sortie de la Maison Blanche il se prend en selfie, fier de son importance !) a toujours tenu des propos hors-normes, sinon délirants : mais le 13 janvier dernier il s’est surpassé dans une interview donnée à Epoch Times, le journal chinois extrême-droitier en déclarant que « c’est ce que la gauche essaie de faire ici. Ils ont un projet de loi qu’ils sont prêts à adopter dès qu’ils seront au pouvoir et qui impose un état de censure de type chinois », a déclaré Byrne lors d’une interview diffusée lundi. « Je pense que c’est une prise de pouvoir du Parti communiste. » Patrick Byrne s’inquiète du fait qu’à l’avenir, même la remise en question des irrégularités signalées pour les élections de 2020 comptera comme « un acte d’extrémisme intérieur ». « Ce qu’ils vont essayer de faire, c’est de se servir du FBI, du ministère de la Sécurité intérieure et de la CIA, et de simplement les lancer à l’assaut de leurs adversaires politiques nationaux comme autant d’instruments d’oppression, tout cela sous le déguisement de « nous combattons l’extrémisme national […] vous avez vu le Congrès se faire envahir», a averti M. Byrne » (sous entendu c’st la gauche qui l’a fait !) . « M. Byrne a poursuivi en expliquant que la révolution colorée en cours a été mise en œuvre en 4 étapes : la démoralisation par la pandémie Covid-19 (qui est donc une œuvre politique selon lui !!), la désorientation par l’incendie des bâtiments par les Antifa et autres, sans réaction de l’État ; la crise de l’élection présidentielle et la phase de normalisation, qui consiste maintenant pour les médias et les grands techniciens à éliminer tout point de vue opposé. « C’est tout à fait orwellien », a poursuivi Patrick Byrne. Bref, nous ne sommes pas très loin de ce qu’on appelle une bouffée délirante, à ce stade !! Un grand fêlé ! Il y a avait déjà un fou à la Maison Blanche en voici un deuxième ! Bon, on se dit que tout ça c’est du délire, mais ça n’intervient pas quand même dans la politique des USA… Détrompez-vous : avec Donald, tout ce qui pense comme lui est écouté. Et pas les autres !!

Un homme pourtant devenu important aux yeux de Trump, qui ne fonctionne qu’avec cette théorie du complot rivetée en lui. Et cette importance on vient tout juste d’en découvrir la preuve indiscutable, via un incroyable récit sorti de la Maison Blanche, via Axios, toujours bien renseigné. C’est celui de la confrontation explosive du 18 décembre dernier entre les avocats de Trump, dont Sydney Powell et Rudy Giuliani, et les proches conseillers de Trump, à savoir le conseiller principal de la Maison Blanche, Eric Herschmann, le secrétaire du personnel de la Maison Blanche, Derek Lyons (ci-contre à droite) et l’avocat de la Maison Blanche Pat Cippollone (à gauche en photo ce sont Jay Sekulow, Eric Herschmann et Pat Cipollone, ils avaient joué aux 3 avocats durant le premier Impeachment). On est alors 4 jours après la certification des Etats, et les jeux sont donc faits, juridiquement, mais toujours pas pour Trump il semble bien : il rêve toujours à ne pas céder le pouvoir ! Mais cherche par quel moyen encore !! Sydney Powell, elle, préconisant l’envoi de la Garde Nationale en décrétant la loi martiale. Il ne reste en fait qu’une seule option à Donald et c’est le coup de force (1) !! Reste à savoir comment s’y prendre !!! Dans un coin il y a aussi Michael Flynn, lui aussi très écouté par Trump (alors qu’il est adepte de la théorie de QAnon !). Ça a mal démarré, cette réunion, avec Powell qui s’en est pris à Dominion, aussitôt reprise par Herschmann qui a critiqué vertement les contestations judiciaires de Powell, toutes des échecs à ce moment là. Dominion ne mène à rien, sinon à un procès onéreux (la firme récolte 1,3 milliard de dollars de préjudice !) intenté aujourd’hui à … Rudy Giuliani. »Les documents de l’affaire Powell étaient remplis de fautes de frappe, aucune de ses allégations n’avait été étayée par des preuves et elle n’avait pas encore gagné un procès, perdant plus de 60 d’entre eux. «Tout ce que vous faites, c’est promettre, mais ne jamais tenir», lui a dit Herschmann » note Axios. A ce moment-là Flynn a éclaté (Powell étant son avocate ne l’oublions pas) :  « Vous partez ! Vous êtes un lâcheur! Vous ne vous battez pas ! S’est-il écrié. «Pourquoi diable continuez-vous à vous lever et à me crier dessus ? « a riposté Herschmann. «Si vous voulez venir ici, venez ici. Sinon, asseyez-vous ». « Lyons, l’avocat de la Maison Blanche, Pat Cippollone et les autres responsables ont convenu que les théories de Powell étaient absurdes«  ajoute Axios. C’est alors qu’un homme resté au fond de la salle s’est rapproché des belligérants : « Patrick Byrne a suggéré à Trump d’adopter une approche créative pour contester la légalité des élections. «Monsieur, nous sommes tous les deux entrepreneurs et nous avons tous deux créé des entreprises», a-t-il déclaré. «Nous savons qu’il y a des moments où vous devez être créatif et prendre des mesures différentes.  Il a également attaqué les hauts fonctionnaires de la Maison Blanche à la tête. « Ils vous ont déjà abandonné  », a déclaré Byrne à Trump (il le redira en Tweet un peu mus tard, ici à droite). Byrne s’est ensuite tourné spécifiquement vers Herschmann.  «Vous êtes un lâcheur, dit-il. «Vous avez interféré avec tout. Vous nous coupez la parole. «Tu sais même qui je suis, espèce d’idiot ? » a répondu Herschmann. «Ouais, tu es Patrick Cipollone», a déclaré Byrne, faisant référence au conseiller de la Maison Blanche. Faux ! Faux, idiot ! » a dit l’autre…

Et ça a duré ainsi pendant six heures d’affilée, cette prise de bec, devant un Trump abasourdi, parlant peu.  A un moment Giuliani a même tenté de calmer tout le monde, ce qui a fait sourire l’auteur du papier : « un participant a déclaré à Axios: « Lorsque Rudy est la voix de la raison, vous savez que la réunion ne se passe pas bien ».  Byrne a continué après, toujours lancé sur ses grands chevaux, en affirmant plusieurs fois une étrange phrase : « je sais comment cela fonctionne. J’ai soudoyé Hillary Clinton pour 18 millions de dollars au nom du FBI pour une opération d’intervention«  dont on ignore toujours ce que cela signifie.  Mais qui laisse entendre qu’en 2016 il n’avait pas tout dit, celui-là !!! Au début de la réunion, Trump souhaitait nommer Powell avocate spéciale, soit quelqu’un au-dessus du ministre de la Justice, mais vu le tollé, il a abandonné l’idée… et Giuliani l’a récusée trois jours après. Résultat, un clou chasse l’autre : Byrne n’est donc rien d’autre que le remplaçant côté idéologie de Sydney Powell !!! A droite, Byrne à un étage du Trump Hôtel de Washington : car lui aussi c’est un habitué, un de plus ! 

Byrne s’empressera après coup de minimiser l’appel de Powell à l’action armée, par le tweet ici à droite. Certainement à la demande de Trump qui ne voulait pas dévoiler son plan. Une chose est sûre en tout cas : même avec le collège électoral qui venait pourtant de valider sa défaite, Trump ne voulait toujours pas la reconnaître, à un mois du passage officiel de témoin, et un mois et demi après les élections. Powell écartée, avec l’influent Byrne, devenu confident présidentiel parce que partisan du « Deep State », la porte menant au coup de force restait toujours ouverte à la Maison Blanche !!  Et pas le seul en effet : un petit malin attentif comme moi à la déco derrière les poses photos de ces individus a remarqué que le 18 décembre, resté épique dans les annales de la Maison Blanche, on avait retrouve 4 jours avant (le 14 donc) deux de ses participants les plus en vue, en direct sur Fox-News en train d’expliquer que les conseillers de Donald se trompent sur toute la ligne, bien sûr, sur comment contester les résultats (ce qu’il criera à la réunion du 18 !). Or, à bien regarder derrière eux, ils sont bel et bien logés… au Trump Hôtel de Washington ! Un flagrant délit (des lits ?), en quelque sorte !!!  Incroyable !! Les deux lascars pris sur le vif !

Et mieux encore : deux jours avant, le 12 janvier, un groupe bien reconnaissable des Proud Boys avait posé au même endroit, en bas du bâtiment :

La chambre repérée par notre curieux, on la retrouvait comme décor à une déclaration fracassante et très inquiétante de Michael Flynn le 18 décembre (8 jours avant l’attaque), toujours à partir du Trump Hôtel, effectué au micro de la très conservatrice chaîne Newsmax (ici à gauche), évoquant l’usage possible des «capacités militaires» pour faire basculer les États-clés et «relancer une élection dans chacun de ces États».  « Les gens parlent de la loi martiale comme si c’était quelque chose que nous n’avons jamais fait. La loi martiale a été instituée 64 fois. »  Avec le lieu de la préparation de cette pure conspiration, trahie par ces horribles rideaux :

Texto Attack

Un autre homme encore intrigue. A quoi donc avait pu servir aussi Daniel Beck, tiens l’obscur fuiteur du Trump Hôtel (ici à gauche) ? Oh, celui-là avait été invité car il avait auparavant joué un rôle crucial : c’est l’homme des réseaux sociaux de la fine équipe. Un spécialiste, capable de faire et reproduire façon moderne en 2020 ce que Karl Rove avait fait de main de maître manuellement au téléphone pour G.W.Bush. « Nous ne savons pas encore s’il existe un lien entre Txtwire et les efforts de son collègue participant à la réunion du 5 janvier, le coordinateur Stop the Steal et militant d’extrême droite Ali Alexander, pour – comme il l’a annoncé en septembre 2020 – exécuter l’opération suivante: «[B] construire l’infrastructure pour arrêter le vol [des élections de 2020 par les démocrates]. Ce que nous allons faire, c’est contourner tous les médias sociaux. Dans les prochains jours, nous lancerons un effort axé sur les swing states… nous collecterons les numéros de téléphone portable, de sorte que si vous êtes dans un rayon de 160 km d’un mauvais secrétaire d’État ou de quelqu’un qui compte les votes après la date limite [le 3 novembre 2020] ou s’il y a une audience devant un tribunal fédéral, nous vous alerterons [via le texte de masse] où aller. Nous allons contourner tout Twitter, tout Facebook, tout Instagram, d’accord ? Nous allons tout contourner. » Ce genre d’opération de SMS en masse est exactement ce que fait la société de Daniel Beck, il est donc clair que la réunion du 5 janvier à laquelle il a assisté au Trump International Hotel impliquait également un homme (Alexander) qui cherchait une telle opération au cours des 120 derniers jours, mais cela à lui seul ne suffit pas pour établir un lien entre les deux. Ce n’est pas non plus le fait que, dans les jours qui ont suivi l’inauguration de Trump en 2017, à un moment où Daniel Beck était – selon son fil Facebook – apparemment à Washington, sa société Txtwire était accusée d’être impliquée dans une tentative frauduleuse de «comptabiliser» la taille de la Marche des femmes dans le cadre d’une étrange opération de «phishing» qui utilisait une fonction de texte en masse «89800». Pas de preuve, certes, mais avouez que c’est… flagrant. Car cela s’inscrit aussi parfaitement, point par point, dans ce qu’avait avoué Brad Parscale avant de péter les plombs : la mise en place d’appels textos personnalisés faits à partir d’une base de données de fidèles qu’il avait commencé à engranger dès 2016 et qu’il souhaitait utiliser à fond pour la campagne de 2020 !!! Parscale étant aussi, il faut le noter, l’employeur de Kimberly Guilfoyle et Lara Trump (à 15 000 dollars mensuels !). « Au-delà de Facebook, la campagne investit également dans une plateforme de textos qui pourrait lui permettre d’envoyer des messages anonymes directement à des millions de téléphones d’électeurs sans leur permission. Jusqu’à récemment, les gens devaient s’inscrire avant qu’une campagne puisse les inclure dans un texte de masse. Mais avec les nouvelles applications de textos «peer to peer» – dont une développée par Gary Coby, un conseiller principal de Trump (ici à gauche)  – un seul volontaire peut envoyer des centaines de messages par heure, en contournant les réglementations fédérales en cliquant sur «Envoyer» un message à la fois« . Dans l’appel d’Ali Alexander à Breibart news, évoquant le lien direct avec Kimberly Guilfoyle, il y a la référence aux « robots calls » reçus par la femme du correspondant au téléphone, qui confirme donc bien leur existence ! Une Kimberley qui jouera un rôle important durant ces deux jours, grâce à son téléphone, toujours à portée de main, pour relayer des infos venues de l’extérieur et empêcher surtout que Parler n’y fourre le nez, comme avec cette capture saisissante ici à gauche où elle relaye l’info à propos de la crainte de se faire squizzer par Parler !!! Celle à qui elle envoie l’info étant Kimberly Willingham Hubbard, la directrice de com’ du procureur du Texas (Ken Paxton) embarqué dans un combat anti-Google dans le seul espoir de toucher un pactole. Il en aura besoin pour régler son propre conflit avec l’Etat et le détournement immobilier qu’il a commis il y a des années. Un des fervents opposants au vote par correspondance bien sûr aussi. Comme par hasard, il était aussi intervenu sur scène le 6 janvier, ramenant sa femme sur scène pour faire sérieux… (lire ici ce qe ça signifie). Et si on veut une preuve de son efficacité, à ce fameux Coby, il suffit de regarde le nombre ahurissant de téléphones brandis lors de l’assaut certains ne le lâchent même pas pendant les bagarres avec la police (ci-dessus à droite)  !!! Mieux encore pour marquer l’influence extrême de l’obscur Coby, cette non moins ahurissante annonce (ci contre à gauche) du 9 janvier, trois jours à peine après les événements… Sidérant !

Un vrai hôtel de fous !

Beck est aussi et surtout un complotiste à la (fort) petite semaine, comme on va le voir, qui croit n’importe quoi (pire que Byrne !) et qui a posté ici à droite, le 7 janvier, un tweet bien dans la lignée des délires des QAnonistes évoquant une « révélation » du « Deep State » le 20 janvier, et une reprise en main et un Trump restant au pouvoir, ce qui s’appelle… un coup d’état, tout simplement !!! On notera ci-dessous à gauche l’affichage de ses goûts en matière de religion, via une vidéo infecte, dans laquelle ce prétendu prêtre s’en prend aux… Francs-Maçons, aux banquiers, à JP Morgan, aux Rockfellers, de vieilles attaques antisémites et bien sûr aussi, aux vaccinations, etc, et à gauche avec le drapeau celle d’autres convictions, ou plutôt les mêmes pourrait-on dire…). Chez Beck, patron d’entreprise, pourtant, on a affaire en fait à un sacré… dérangé, qui a laissé traîner ça sur le net, une explication sur ce qui devait se tramer selon lui ce 6 janvier, empruntée à une source qu’il cite précisément : « le plan [le 20 janvier 2021] était d’avoir environ 26 000 gardes nationaux, ce qu’ils ont fait, [et] d’avoir des clôtures autour de tout, pour mettre les Marines dans les tunnels souterrains qui sillonnent absolument ce bâtiment [le Capitole] qui se connectent à d’autres bâtiments, pour sceller tout cela.  Et ce qui était attendu était littéralement d’arrêter tout le sort [du Congrès]. Ils les ont tous réunis au même endroit, et c’est pourquoi ils allaient le faire. C’est pourquoi ils ont mis 26 000 soldats à l’intérieur, c’est pourquoi ils ont installé la clôture – double clôture – [avec] les tentes prêtes. Ces tentes étaient prêtes à traiter les gens [membres du Congrès]. Ce n’était pas pour la presse. Ils devaient trier les gens. Triez-les. Sénateurs, membres du Congrès, et cetera, et cetera. Mais cela n’est jamais arrivé. Et j’ai eu cet appel téléphonique [avec une source aux États-Unis] entre 1 h et 2 h du matin [le 20 janvier], [cela] m’a tenu assez occupé ce matin – [au] petit matin – et le libellé exact [qui m’a été donné ] était, « quelque chose s’est mal passé. » Ils n’allaient pas me dire ce que c’était, pas sur une ligne ouverte, donc je ne vous cache rien. [Mais] absolument [on m’a dit]: « Un problème est survenu. »  » Selon Seth Abramson, à l’origine de ce texte ahurissant, il y a un dénommé Simon Parkes, « un théoricien dérangé du complot prétendant être en contact avec des insurgés américains planifiant un renversement violent du Congrès, a approuvé sur Facebook le 5 janvier («Simon Parks [sic] est un excellente source d’informations! ») » ajoute-t-il. Là, on reste bouche bée ! Quel délire !!! 

Pour ceux qui l’ignorent, le fameux Parkes est un anglais, et il est fou là lier, l’une de ses dernières affirmations étant d’avoir trompé sa femme avec une extra-terrestre (qui l’aurait enlevé !) !!! Chez lui on a le droit à la totale, avec l’inévitable passion pour les pyramides, comme chez tous les fans d’histoire… surnaturelle !!!  On est vraiment chez les fous !!! Des fous anglais, comme Simon Parkes et Charlie Ward, qui lui vit à Marbella en Espagne où il vend entre autres de la vodka et d’autres choses pas très claires (il manque comme Qanoniste Martin Geddes, en lien avec David Duke, l’ex KKK). Des complotistes bien marbrés que l’on retrouve au lendemain de l’assaut en train de discuter tranquillement à distance avec une autre vieille connaissance « conspi » : Robert David Steele, déjà cité ici lui aussi !! Je l’avais classé parmi les « dangereux » cet été, souvenez-vous, avec Charlie Kick et Marjorie Greene dans le même panier !  Marjorie Greene croyant elle à une intervention de « laser spatial » « financée par Rothschild », comme origine des incendies de Californie (en plus d’affirmer que les attentats du 11 Septembre ont été commis sous l’ère Obama (2) !).  Pour ce qui est de ces cas pathologiques, il faut savoir que leur meilleur porte-parole, l’avocat Lin Wood, viré de Twitter, risque en ce moment une révocation pure et simple pour avoir refusé de se rendre à une expertise psychiatrique demandée par son parquet (en la personne de Paula Frederick)… Une plainte avait été déposée par la procureure après la présentation d’une plainte sur un résultat d’élection dans le Wisconsin, plainte motivée par sa « surprising incompetence » sur ce dossier… Lin Wood avait aussi demandé sur Parler que Mike Pence soit fusillé… et affirmé que  le chef de la Cour Supreme John G. Roberts Jr avait des liens ave la pédophilie !!! Et dire depuis également que l’attaque du Capitole avait été « fabriquée«  !!! Depuis 2019, il clame aussi, remarquez, que Jésus-Christ va faire aussi un second retour !!!  On vient aussi de découvrir qu’il a menti sur autre chose encore : l’endroit où il habite… et celui où il a voté, qui n’est pas le même : celui qui nie les résultats de l’élection n’aurait même pas respecté la loi pour voter ! Le jeune tueur de Kenosha Kyle Rittenhouse attendra donc encore pour être défendu… lui qui a vu les conditions de sa mise en liberté sous caution revues à la hausse après ses récents écarts avec des Proud Boys. La photo de Lin Wood (ici à gauche) avec Trump dans le bureau ovale ne date que du 11 mars 2020… Entre fous, on se comprend, c’est évident !

Pour en revenir à l’effigie particulière figurant sur le drapeau si cher à Daniel Beck, il faut savoir qu’on l’avait vue également en août 2019 au « 4 Horsemen’ billboard« , la fête du magasin d’armes Cherokee Guns appartenant à Doc Wacholz, et dédié à une phrase de Trump demandant le renvoi « dans leurs pays« de quatre députées musulmanes alors qu’elles sont américaines !!!
(Alexandria Ocasio-Cortez de New York, Ilhan Omar du Minnesota, Ayanna Pressley du Massachusetts et Rashida Tlaib du Michigan). Un propos éminemment raciste et odieux  !!! L’organisateur s’appelant Jason Blomgren, membre de la milice des III Percenters. Le même personnage qui avait été impliqué dans le coup en janvier 2016 du Malheur National Wildlife Refugee dans l’Oregon, comme on peut le constater ici à gauche (il est en train de faire le signe suprémaciste sur la photo de droite) !!! Beck pouvait-il ne pas connaître cette signification ? Blomgren, emprisonné un an a été condamné à deux ans de probation en août 2017 !   Le 1er octobre 2020, le magasin d’armes de Wacholz a été vandalisé..  signe des tensions existantes qui persistent. Et de la présence d’autres fous sur place !! Décidément !!!

 

(1) cette histoire d’intervention militaire le 20 janvier est une des piliers aujourd’hui effondré de la croyance QAnon entretenue par les supporters de Trump depuis le début (en 2015 donc). CNN a retrouvé ici une jeune maman, Ashley Vanderbilt, qui a cru… jusqu’à cette date-là, persuadée que Trump allait ce jour-là envoyer l’armée, arrêter tout le monde et même enfermer Joe Biden !! Depuis, elle s’estime profondément lésée, et on la comprend ! Elle y a crû 5 ans, à QAnon : l’âge qu’a sa petite fille aujourd’hui !!! Un témoignage touchant au demeurant, qui fait comprendre comment on se fait embarquer dans une conspiration… sciemment élaborée pour faire tenir un pouvoir partant en quenouille dès ses débuts !!!

(2) Wikileaks a largement participé à répandre cette croyance : « L’intégration de l’idée que nous sommes sur le précipice de la bataille ultime entre le bien et le mal est venue avec le tweet «Spirit Dinner» de Wikileaks alléguant que le président de la campagne de Clinton, John Podesta a été invité à un «Spirit Dinner» satanique où le sang humain, le lait maternel et le sperme seraient inclus dans le repas. Wikileaks et la réponse des médias à cette accusation ont mis en avant le lien conspirateur avec Hillary Clinton travaillant pour le mal et Donald Trump en tant que héros du bien. » Dans le livre « Network Propaganda: Manipulation, Disinformation, and Radicalization in American Politics » de Yochai Benkler, Robert Faris, and Hal Roberts, on découvre celle à l’origine de cette incroyable histoire : c’est Cassandra Fairbansk, notre célèbre Miss Boobs ici (et grande fan d’Assange) !! Avec derrière elle, des gens bien connus : « la majeure partie de l’histoire d’Infowars était cependant redevable à deux histoires de Fairbanks. Fairbanks avait apparemment commencé son activisme et sa carrière d’écrivain à gauche, protestant contre le fait de ne pas poursuivre le viol de 2012 à Steubenville, Ohio, et couvrant les événements de Black Lives Matters. Comme elle l’a dit à la BBC5, pendant les primaires, elle avait soutenu Bernie Sanders et envisageait de soutenir Jill Stein, mais a décidé en juin 2016 que Trump était son candidat et a entrepris de persuader ses abonnés Twitter. Dans sa ligne de signature WeAreChange, Fairbanks se décrit comme «une écrivaine et commentatrice politique basée à Washington, qui a été publiée dans divers médias, notamment Sputnik News, International Business Times, Teen Vogue et TeleSUR. Lors d’échanges avec Guccifer 2.0, comme nous le verrons au chapitre 8, elle a décrit Spoutnik comme son «travail de jour». Elle a continué à écrire pour Sputnik tout au long de 2017, mais a rejoint le Gateway Pundit en 2018« . Manipulée jusqu’au trognon par les russes, on la retrouvera faire le geste des suprémacistes à la Maison Blanche même  !!!

En France, Edouard Husson, un spécialiste du nazisme, disciple de Ian Kershaw pour qui Hitler était « charismatique », proche de Marion Maréchal et professeur à l’institut qu’elle a fondé à Lyon, accusé depuis hier d’abus de confiance et de harcèlement moral a lui aussi apprécié l’attaque du Capitole, dans laquelle il  a vu « une extraordinaire manifestation populaire en faveur du président réélu mais victime d’une fraude organisée » !

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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