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Trois scénarios pour l’épidémie ces prochains mois

L’année 2021 se présente comme incertaine avec un reflux incertain en Europe et aux States, un regain épidémique en Asie et une situation incertaine dans nombre de pays. S’ajoutent les facteurs sociaux, la déprime généralisée, les mesures sanitaires, les tensions sur les matières premières et les composants électronique, l’extinction partielle du tourisme et des voyages, le chômage, les tensions géopolitiques, bref, un monde traversé par des instabilités dont nul ne peut prévoir l’issue ni les secousses à venir. A ces incertitudes s’ajoute l’évolution incertaine de la pandémie.

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 Il est certain maintenant que la prédiction précise de l’évolution épidémique est impossible. La plupart des épidémiologistes ont donné des tendances mais se sont trompés sur les estimations. La vague de novembre n’a pas atteint les 7000 réanimations. La vague du printemps 2020 n’a pas atteint ce qui était redouté, en arrivant de plus quelques semaines après les estimations de l’Inserm. Deux enseignements à retenir. Seules les anticipations à deux semaines sont fiables. C’est un peu comme les prédictions météo. Pour les estimations à deux mois, les épidémiologistes ont le choix entre un scénario favorable et un autre défavorable. Les alarmistes et les médias (la Pravda du Covid ?) choisissent le second, car il justifie les mesures sanitaires et incite les Français à s’isoler, se fuir, rompre les contacts sociaux. Moins il y a de vie sociale, moins le virus circule. Pour les prédictions à six mois, un troisième scénario est possible, le cauchemar.

 Ce 20 mai, la décroissance est rapide, autant pour les réanimations que pour l’incidence, tombée en dessous des 150 le 16 mai alors qu’elle était à 190 au plus bas fin février, pour culminer à 410 au premier avril (elle est tombée à 125 car une correction a été apportée aux méthodes de calcul). Même chose pour la positivité. 6% au plus bas en février, 4.5 % le 15 mai. Les réanimations vont descendre pendant trois semaines pour atteindre les 2500 à 3000 ou peut-être moins. Un scénario favorable prévoit alors une longue et lente descente. Trois effets se conjuguent. L’immunité vaccinale, l’immunité naturelle et la saisonnalité du virus. Le seul chiffre tangible étant le nombre de vaccinés. La saisonnalité appartient au « bon vouloir de la nature ». L’immunité naturelle repose sur le nombre total de contaminés. Nous en sommes à 6 M de cas enregistrés. Le chiffre doit être corrigé car pendant la première vague, les cas n’étaient pas enregistrés sauf dans les hôpitaux. Il faut ajouter au minimum 1.5 M de cas, ce qui fait 7.5 M, avec un asymptomatique sur deux. Or, les chiffres indiquent que les asymptomatiques sont au moins de ¾. Ce qui ferait 15 M de contaminés, voire plus. Un chiffre intéressant mais pas assez élevé pour une immunité naturelle de masse.

 Le scénario favorable promet moins de 1000 réanimations au milieu de l’été.

 Le scénario défavorable est simple à formuler, même sans faire intervenir les variants. Les contaminations restent à un niveau bas mais soutenu. Disons une incidence stabilisée, 100 à 120. Ce qui correspond à 1500 à 2000 réanimations, avec une longue et très faible décroissance liée à la vaccination. Le scénario défavorable est simple, c’est un plateau durable tout l’été. Autrement dit, un été un peu meurtrier.

 Le scénario cauchemar pourrait être désigné comme été indien par des épidémiologistes facétieux. Car il se dessine pendant l’été indien, autrement dit, octobre et début novembre, et que le variant indien s’invite, pour autant qu’il soit bien le variant redouté. D’autres variants peuvent arriver. Le scénario cauchemar repose sur une contamination soutenue par des variants contagieux, combinée à un échappement immunitaire. Ce qui laisse entrevoir une vague aussi importante qu’à l’automne 2020. Cela étant, on ne peut pas anticiper l’effet de ce variant ni l’émergence d’autres variants.

 Au final, il y a trois classes de scénarios formant un continu dont on peut évaluer la gravité sur une sorte d’échelle de Beaufort ajustée aux paramètres épidémiologiques. Auquel cas, petite brise signifie circulation à bas bruit du virus, grand frais signale des vents mauvais avec un plateau assez élevé et pour finir, avis de tempête pour indiquer un scénario cauchemar.

 Conclusion, rien ne va mal mais tout peut arriver. Bon vent et bonne route

 

Bernard Dugué

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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