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Tirage au Sort et Démocratie

Après l’excellent documentaire « Au nom de la terre », Gabriel Rabhi revient avec un second projet d’envergure sur la démocratie, vous savez, cette promesse qui ne correspond plus à rien puisque le pouvoir de décision est complètement biaisé.

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Le constat est là : une fracture existe entre les élites et le peuple, et ne cesse de s’agrandir. Elle se cristallise dans une contestation de l’aspect démocratique de nos institutions. Nous sommes dans des états de droits qui sont de moins en moins démocratiques.

Certains font la promotion du tirage au sort comme processus de désignation de nos représentants. Cela permettrait d’inclure le peuple dans les processus de gouvernance et donc de redonner toute leur légitimité à nos institutions politiques. Ceci n’a rien de novateur, car de l’antiquité jusqu’à la révolution, le tirage au sort était employé pour attribuer certains mandats ou former des assemblées. Cette pratique disparut durant les révolutions Francaise et Américaine, jugée trop démocratique par les fondateurs de nos républiques, et ne fut conservée que dans certaines procédures judiciaires.

Après plus de deux siècles d’existence, le gouvernement représentatif électif est à bout de souffle. De nombreuses dérives sont constatées et appellent une refondation de nos institutions.

Par beaucoup incompris, vu comme une curieuse utopie, le tirage au sort en politique a pourtant des qualités remarquables. Il faut pour cela en exposer les vertus en le comparant aux dérives électoralistes et aux inconvénients de la professionnalisation de la sphère politique. C’est ce que je vous propose dans un film d’animation de 50 minutes.

Ce film d’animation d’éducation populaire aura comme principale débouché l’internet, en accès libre. Il sera repris par toute la blogosphère et les sites d’information alternatifs. Il pourra aussi être employé comme support de cours par des professeurs.

 

SYNOPSIS

Après un rappel du principe de la séparation des pouvoirs et l’importance de la constitution, le scénario réalise la comparaison de 3 modèles de gouvernement représentatif :

– La démocratie représentative élective, ou ce sont des représentants élus qui rédigent et votent les lois.

– La démocratie directe, ou ce sont des représentants élus qui rédigent les lois, mais où c’est principalement le peuple qui les vote lors de fréquentes votations.

– La démocratie représentative par tirage au sort, ou ce sont des représentants tirés au sort dans la population qui rédigent et votent les lois.

Ces trois modèles sont comparés selon 4 critères de qualité :

– Moyen de légiférer : les représentants du peuple ont-ils le temps et les moyens de correctement étudier chaque projet de loi ?

– Représentativité : les représentants du peuple sont-ils représentatifs du peuple ?

– Compétence : les représentants du peuple sont-ils compétents pour étudier, amender et débattre des projets de lois ?

– Incorruptibilité : les représentants du peuple subissent-ils des contraintes les déviants de leur mission d’intérêt générale ?

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Pas à pas, par l’analyse de chaque modèle de gouvernement en fonction de chaque qualité attendue, la supériorité démocratique du tirage au sort est démontrée, contrastant avec les limites d’une représentation basée sur l’élection au suffrage universel. C’est l’occasion de décrire des phénomènes que tout un chacun peut retrouver dans notre vie politique.

Le tirage au sort n’est pas une nouveauté : nombre de sociétés, organisations et pouvoirs en ont exploité les vertus. Indépendance, incorruptibilité, absence de jeux d’influence, de conflit d’intérêt et de pression, sont les bénéfices d’une désignation par le sort.

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Le Klérotèrion (grec ancien : κληρωτήριον) est une machine à tirage au sort utilisée dans la démocratie athénienne antique pour choisir les jurées de l’Héliée et de la Boulè parmi les citoyens athéniens.

Il se termine par une ouverture vers les expériences réelles de tirage au sort et d’assemblées citoyennes, et propose deux processus possibles permettant l’instauration du tirage au sort dans nos institutions actuelles.

Ce film d’animation permettra aux promoteurs du tirage au sort de gagner du temps, en réalisant une mise au point nécessaire à des discussions constructives. Le public est fortement demandeur de documents didactiques de vulgarisation sur un sujet aussi délicat, car vues comme un principe saugrenus ou irréaliste par les non initiés. Cette vidéo répondra aux objections les plus fréquentes, et apportera la contradiction à ceux qui, nombreux, ballaient d’un revers de main les innovations remettant en cause les pratiques établies.

 

BIBLIOGRAPHIE

Un des livres les plus abordables sur la question du tirage au sort en politique est celui de David Van Reybrouck, scientifique, historien de la culture, archéologue et écrivain belge d’expression néerlandaise.

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A PROPOS DU PORTEUR DE PROJET

Gabriel RABHI, 40 ans, est développeur informatique et infographiste depuis 1995. Il a pratiqué la programmation et la gestion de projet durant des années. Il a travaillé pour de nombreuses entreprises, petites et grandes, dans la communication, la publicité, le développement de logiciels spécifiques et le multimédia. En 2013 il réalise et diffuse le film « Dette, crise, chômage : qui créé l’argent ? » sur internet, une initiative personnelle et militante décrivant l’origine de la monnaie, le fonctionnement du système bancaire et ses risques et dérives. Deux experts du domaine ont validé l’aspect scientifique du film, tous deux auteurs de plusieurs livres sur le sujet. A cette occasion, il ouvre un site spécifique : www.inter-agir.fr  Il totalise plus de 400 000 vues sur sa chaine Youtube. Relayé par un grand nombre de blogs, l’ensemble des déclinaisons de sa vidéo atteindra bientôt le million de vues.

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A partir de 2013, il entame le développement d’un réseau social « pour l’action concrète » – une véritable alternative aux grands réseaux sociaux, dont le but est de faire des citoyens les acteurs pacifiques du changement par la multiplication d’actions concrètes solidaires, militantes, politiques et alternatives.

En parallèle, sensibilisé aux thèses d’Etienne CHOUARD et confronté au scepticisme de son entourage, il travaille sur un scénario d’une nouvelle vidéo intitulée « Tirage au sort & démocratie ». Bien que parfois controversé, Etienne CHOUARD est l’un des vulgarisateurs les plus connus de l’importance du tirage au sort en politique. A ce titre, il fut présent à l’ouverture de la plateforme des Colibris.

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Sur le modèle de la vidéo « Dette, crise, chômage : qui créé l’argent ? » et de ses extraits tel que « Sommes-nous en démocratie ? », cette nouvelle vidéo sera avant tout pédagogique, didactique, schématique, percutante. Analytique, elle donnera aux promoteurs du Tirage au sort un outil de vulgarisation, et de solides arguments pour défendre cette procédure par essence démocratique.

 

Gabriel RABHI met toutes ses compétences au service de projets progressistes et militants, et la réalisation de vidéo d’éducation populaire fait partie de ses actions. Fils de l’agriculteur, philosophe et écrivain Pierre RABHI, il est fortement sensibilisé aux grands enjeux du monde d’aujourd’hui, et est en contact régulier avec des inventeurs d’alternatives, des militants ou des leaders d’opinion qui dans leur quotidien incarnent le changement.

 

Source du projet: Kisskissbankbank.com

A propos de Les moutons enrages

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3 Commentaire

  1. avatar

    Mais c’est de la FOUTAISE ce tirage au sort et ça risque surtout de faire passer des lois ineptes car les gens ne sont pas PREPARES aux arcanes des subtilités des textes juridiques ! Un dictateur, armé d’outils de propagande efficaces ne peut qu’adorer ce leurre complet pour les gens !! Ceux qui prêchent ça sont des inconséquents et des IGNORANTS de la chose politique au a BESOIN de ses professionnels : dans les réunions, vous savez très bien que ce sont ces pros qui squattent les débats car ils ont été FORMES pour ça : les PEKINS se font avoir par eux, c’est aux PEKINS de devenir pro pour les contrer et pas l’inverse !!

    Choisir ça, c’est ABRUTIR encore plus la plèbe : en lui laissant croire qu’elle sera REPRESENTEE alors qu’elle SERA NOYEE. La politique est affaire trop sérieuse poour JOUER AUX DES avec elle, ce que propose cette INEPTE idée de « tirage au sort ».

    Chouard, comme par hasard, est un extrême droitiste. Un fascisant qui s’ignore ou qui se présente comme social, maisq qui prône en même temps un NATIONALISME. Associez les deux, vous avez bien le national-sociallsme du moustachu, qui gouvernait par de grands meetings et une propagande éhontée.

    C’est un REFERENDUM qui l’a amené au pouvoir, or Chouard prône ça comme méthode de direction de pays. Les thèses de Chouard sont NUISIBLES à la démocratie, et Rahbi une sorte d' »idéologue incapable de faire concrétemenr quelque chose : « Il est très critiqué quant à ses réalisations concrètes. Selon l’AFIS « Ce sont manifestement l’amateurisme et l’idéologie qui prévalent en ces lieux, avec une petite touche de croyances ésotériques ». Selon l’organisme scientifique, le mas de Beaulieu où « les animateurs n’ont tout simplement aucune notion de la moindre procédure expérimentale rigoureuse », « n’est pas une « ferme », mais un outil de communication » peut-on lire partout.

    Rahbi est lié aux thèses antroposophiques, qui sont celle de SECTES.

    https://veritesteiner.wordpress.com/2014/03/13/pierre-rabhi-la-biodynamie-et-lanthroposophie/
    « de plus, Pierre Rabhi n’a pas découvert tout seul cette méthode. Toujours dans le même ouvrage, dans l’édition de 1984, il déclare en effet fréquenter certains amis « pour qui la réincarnation est une évidence » (sic). En l’occurrence, il s’agit très probablement des anthroposophes, pour qui l’idée de « Karma » est au cœur de leurs croyances. D’ailleurs, c’est à peu près vers l’époque de la première édition de ce livre que la promotion de Pierre Rabhi a commencé dans le milieu anthroposophique et dans les écoles Steiner-Waldorf, jusqu’à atteindre un point culminant il y a quelques années, à l’occasion du lancement de son mouvement Colibris. En effet, à cette époque, lors de la première édition de son livre, lorsque j’avais 16 ans, mon professeur d’Histoire-Géographie, Bodo von Plato, qui devait par la suite devenir l’un des principaux dirigeants de la Société Anthroposophique Universelle, me recommanda chaudement la lecture de l’ouvrage de Pierre Rabhi mentionné plus haut. »

    tout cela est EXTREMEMENT DANGEREUX ; c »est présenté dans un papier de soie, mais c’est bien de la m…

    • avatar

      Le concept (…) commence à circuler de plus en plus (même s’il risque peu de se concrétiser).

      Eh bien voilà, c’est ici que commence le débat… J’ai plutôt en tête qu’un journal citoyen doit permettre de s’informer plus avant et qu’il a surtout le rôle de favoriser l’esprit critique. Puisque nous sommes de plus en plus inondés de toutes les formes de propagandes imaginables (qui ont toutes pour but de soumettre l’esprit, peu importe à quel degré), il nous faut pouvoir comprendre de quoi elles sont faites (peurs, clinquants, miroirs, séductions)… en discuter, les soumettre à un éclairage, ce que vous faites généralement (si on ne tient pas compte de ce qui déborde du sujet) et ce que la publication de cet article et de d’autres permettent de faire…

      Présentement, la confusion est tellement grande qu’il faut regarder ce qui se passe comme un spectacle. Les amuseurs de foule sont nombreux, même si plusieurs sont absolument sincères.

      On sait bien que les incertitudes et les propagandes contribuent à créer une confusion. Si nous ne les nommons pas, nous ne pouvons guère les identifier et si nous n’apprenons pas comment les désamorcer, nous ne pouvons guère éviter qu’elles empiètent dans nos vies.

      Toute forme d’idéologie, de patron ou de modèle comporte son degré d’asservissement. Le plus sage est d’apprendre à n’être ni fanatique, ni idolâtre. Ainsi on évite de faire des associations faciles.

      Alors non CentPapiers ne déroule pas le tapis à l’extrême-droite ni à une quelconque propagande.

      Je n’ai pas envie de tout justifier Momo pour que vous réalisiez que lorsque vous analysez un sujet dans vos articles, il s’agit bien d’un sujet qui, idéalement, ne devrait pas avoir à nécessiter qu’on s’y attarde, qu’on le sonde, mais à propos duquel vous êtes malgré tout obligé de passer par une analyse (donc de l’exposer) pour déconstruire les erreurs, les mensonges, les propagandes ou les irrégularités qui l’entourent ou le tissent.

      De même, en quelques commentaires, vous avez réussi à publier chez CP une multitude de liens vers des sites que vous mentionnez être d’extrême-droite ou des liens vers des théories plus ou moins sordides. Cela ne fait pourtant pas de vous quelqu’un d’extrême-droite, ni quelqu’un soumis à l’influence de l’extrême-droite.

      Un site de propagande n’essaiera pas de contredire sa propre propagande, pas plus qu’il ne tolérera des arguments et des critiques qui lui seraient défavorables. Qui le fera alors… (puisque les propagandes se multiplient, qu’elles gagnent sans véritable critique ou que s’y attaquer en d’autres lieux signifie le rejet, voire l’exclusion)? J’ai plutôt l’impression que les mentalités adoptent peu à peu une forme de sectarisme et d’intolérance (peu importe qu’elles s’identifient trop à gauche ou trop à droite) et que c’est exactement ce qui favorise la montée de l’extrême-droite.

      Disons, sans insulter, mais disons. Avançons au lieu de piétiner et favorisons avant tout l’esprit critique.

      Bonne soirée!

  2. avatar

    Au départ la démocratie est le gouvernement du peuple PAR le peuple et POUR le peuple. La seule démocratie possible est donc la « démocratie directe ». La démocratie n’est pas du tout de trouver les solutions exactes aux problèmes; c’est plutôt de connaître la décision exacte de la majorité sur le moyen à adopter pour solutionner un problème. Le résultat positif ou négatif du moyen choisi n’a rien à voir avec la démocratie. Quel que soit le moyen choisi il arrivera toujours quelque chose. D’ailleurs, depuis le temps que ce sont des « spécialistes » qui nous dirigent, on ne peut que constater que nous sommes moins « coincés » qu’au Biafra. Ce n’est pas très solide comme argumentation pro-spécialiste.