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Thanksgiving aux ?tats-Unis

 

Par Andre Damon et Barry Grey
2 d?cembre 2013
Le cong? de Thanksgiving 2013, cinq ans apr?s le krach de Wall Street, montre clairement l’impact d?vastateur du ch?mage de masse et des coupes budg?taires sur des dizaines de millions d’Am?ricains. Il montre aussi la concentration toujours plus importante de la richesse dans les mains d’une minuscule ?lite.

Au m?me moment o? les banques alimentaires ? travers le pays font ?tat d’une demande croissante et une baisse de leurs r?serves, les m?dias am?ricains sont obs?d?s par les temp?tes de neige, les retards sur la route et les ventes du Black Friday. Ils ne font ? peine mention du ch?mage, de la pauvret?, de la faim et de l’itin?rance chroniques que vivent des millions de personnes.

Si l’on se fie aux reportages des m?dias, on ne se douterait jamais que les ?tats-Unis sont un pays o?, selon un article d’Associated Press?de juillet 2013, ?Quatre adultes am?ricains sur cinq doivent composer avec le ch?mage, la quasi-pauvret? et le recours ? l’aide sociale pour aux moins certaines p?riodes de leur vie.?

Dans des villes ? travers le pays, des gens ont fait la queue par centaines pour les distributions de nourriture de Thanksgiving, rappelant les queues pour le pain des ann?es 1930. Les banques alimentaires rapportent une demande accrue non seulement des sans-emplois, mais aussi des travailleurs pauvres, dont le nombre ne cesse de cro?tre.

Les conditions terribles cr??es par des ann?es de crise ?conomique ont ?t? accentu?es par des coupes dans le programme de bons alimentaires qui sont entr?es en vigueur en novembre et qui r?duisent l’?quivalent de deux journ?es de nourriture par mois. Des prestations de ch?mage prolong?es prendront fin pour des millions de personnes le 31 d?cembre, plongeant encore plus ces gens dans l’indigence.

Au milieu de cette pauvret? et de cette mis?re scandaleuses, et des affirmations fausses selon lesquelles il n’y a pas d’argent et qu’on ne peut y faire quoi que ce soit, la bourse bat de nouveaux records chaque jour. Lors de la derni?re semaine, l’indice industriel du Dow Jones a atteint la marque des 16.000, le Standard & Poor’s 500 a atteint 1800 et le NASDAQ a de nouveau atteint les 4000.

Cette mont?e vertigineuse, et insoutenable, des valeurs boursi?res, qui propulse les fortunes personnelles des riches et des super riches ? des sommets astronomiques toujours plus ?lev?s, est d?lib?r?ment orchestr?e par l’administration Obama et la R?serve f?d?rale. Les taux d’int?r?ts proche de z?ro et les injections d’argent de 85 milliards par mois de la Fed dans les march?s financiers favorisent un transfert acc?l?r? de la richesse du bas vers le sommet de l’?chelle sociale.

Cette semaine, l’Organisation pour la coop?ration et le d?veloppement ?conomique (OCDE) a rapport? que l’esp?rance de vie moyenne aux ?tats-Unis a chut? sous la moyenne internationale, passant sous le niveau de la Gr?ce, du Portugal, de la Cor?e du Sud et de la Slov?nie. Un des indices les plus frappants de la crise sociale est la mont?e vertigineuse du nombre d’Am?ricains qui ont recours ? des bons alimentaires. Ils sont pass?s de 28,2 millions en 2008 ? 47,7 millions cette ann?e, une hausse de 70 pour cent.

L’establishment?politique a r?agi ? cette hausse des besoins en r?duisant les prestations avant la p?riode des f?tes. Les 5 milliards $ de coupes dans les bons alimentaires au d?but de novembre ne sont qu’un d?but. Les d?mocrates proposent de couper 4 milliards $ de plus dans les bons alimentaires et pr?sentent cela comme une alternative ?raisonnable? aux plus de 40 milliards $ de coupes propos?es par les r?publicains.

Le gouffre social en Am?rique est refl?t? de mani?re concentr?e ? New York, la plus grande m?tropole du pays et le domicile de Wall Street. Quatre-vingt-seize milliardaires vivent dans la ville. En moyenne, ils poss?dent 4 maisons, qui valent 20 millions $ chacune, un ou deux yachts, un ou deux jets priv?s et une petite arm?e de serviteurs. Leur richesse combin?e est trois fois plus grande que le budget annuel de la ville.

De l’autre c?t? de la rivi?re Harlem, pr?s de Manhattan, se trouve le Bronx, le plus pauvre des cinq quartiers de la ville de New York. Dans ce quartier, la moiti? des enfants vivent dans des m?nages qui n’ont pas assez de nourriture pour se nourrir, selon un rapport publi? cette semaine par la Coalition contre la faim de la ville de New York.

Dans la deuxi?me plus grande ville des ?tats-Unis et le centre de l’industrie du cin?ma, Los Angeles, la mairie est en train de d?battre afin de d?terminer s’il va faire comme Philadelphie et Seattle qui ont interdit la distribution des denr?es alimentaires aux sans-abris dans les endroits publics.

La ville de Detroit, le centre historique de l’industrie manufacturi?re am?ricaine, a ?t? mise en faillite par un administrateur non ?lu, qui utilise ses pouvoirs sp?ciaux afin de se d?barrasser des fonds de retraite et des caisses de sant? de dizaines de milliers de travailleurs de la ville et de vendre les actifs de la ville, incluant la collection artistique de renomm?e mondiale du Mus?e d’art de Detroit. Les milliards vol?s ? la classe ouvri?re seront remis aux banques et aux principaux d?tenteurs des obligations de la ville.

Pour l’administration Obama, tout l’establishment?politique ainsi que les grands m?dias, la question du d?clin du niveau de vie de larges sections de la population n’est pas une question assez importante pour ?tre soulev?e. Il faudrait chercher longuement pour trouver quelqu’un dans ces milieux qui pr?tende que la situation actuelle est une aberration temporaire. Il n’y a aucune politique qui propose l’am?lioration des conditions de vie des travailleurs.

Plut?t, le ch?mage de masse, la pauvret? et les in?galit?s sociales en augmentation sont d?crits avec d?sinvolture comme la ?nouvelle norme?.

Cette r?alit? sociale repr?sente une condamnation de tout l’ordre politique et du syst?me capitaliste qu’elle sert. De plus, partout dans le monde, les conditions aux ?tats-Unis repr?sentent la norme, et non l’exception.

Pour la classe ouvri?re, tant et aussi longtemps que le contr?le ?conomique et politique va demeurer dans les mains d’une aristocratie financi?re parasitaire et de ses repr?sentants politiques, les choses ne vont qu’empirer. L’opposition sociale augmente et prendra des formes explosives aux ?tats-Unis, comme on en a vu un d?but en ?gypte, en Gr?ce et dans d’autres pays.

La d?fense des droits sociaux les plus ?l?mentaires (le droit ? un emploi, ? un salaire d?cent, ? ses soins de sant?, ? l’?ducation, ? une retraite d?cente, ? l’acc?s ? la culture et ? l’art) requiert une lutte contre les deux partis contr?l?s par la grande entreprise et l’oligarchie financi?re. La t?che fondamentale est la construction d’une nouvelle direction de la classe ouvri?re, le Parti de l’?galit? socialiste, afin d’armer les luttes ? venir d’un programme socialiste ind?pendant.

(Article original paru le 28 novembre 2013)

wsws.org

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