Accueil / L O C A L I S A T I O N / AFRIQUE / Tabac, cigarettes, et… morts de soldats au Sahel (9)

Tabac, cigarettes, et… morts de soldats au Sahel (9)

Des djihadistes de pacotille et de vrais trafiquants, plutôt : c’est bien la conclusion à laquelle on aboutit au Mali ou au Burkina Faso et au Niger : une idée renforcée avec la découverte du réseau complet de cocaïne en Guinée Bissau, reliée à la Colombie.

Ces trafiquants sont infiltrés partout, dans ces quatre pays, au point de berner bien des gens, dont une délégation française venue parler de la paix et qui s’est retrouvée à discuter « curieusement », a relevé l’ONU, avec un trafiquant notoire, au Mali cette fois. Avec au bout, toujours, des bus… et des cigarettes ! 

L’opération qui relie les points entre eux

C’est Malijet qui nous en avertit en décembre 2019 : 10 ans après, on cerne enfin les détails de l’affaire et surtout le nom du colombien qui se cachait derrière le « Boeing du Désert » de Tarkint  !!!

L’opération “Navarra” menée au début du mois septembre dernier, conjointement par Interpol et la police Bissau guinéenne, avait permis de saisir environ 2 tonnes de cocaïne dans deux localités au nord de la Guinée-Bissau. La drogue, conditionnée dans des sacs de farine, était destinée au Mali. Dans le cadre des enquêtes, le parquet de Bissau a rendu public le nom des 12 suspects arrêtés dont un Malien et l’un des principaux suspects dans l’affaire “Air Cocaïne” de 2009 au Mali. De hautes personnalités sont encore visées dont deux prétendus hommes d’affaires maliens très proches des mouvements armés du nord du Mali. Ils sont activement recherchés par Interpol. » Navarra étant le nom de la frégate (ici à gauche, une Santa María class basée sur l’américaine liver Hazard Perry class) utilisée en début d’année lors d’une opération antipiraterie menée par l’Union européenne.

Comme sous Viktor Bout, ce sont des poulets congelés qui dissimulaient les revenus de la vente de la dogue : « parmi les personnes arrêtées il y a six Bissau-guinéens : Domingos José Biaguê, Apolinário Mendes, Avito Domingos vaz et José Henrique qui est le pilote de la vedette ayant servi à transporter la drogue jusqu’au débarcadaire de Dabatiar (Caio) où la drogue a été saisie par la police. Mais il y a surtout, parmi les personnes alpaguées, le Bissau guinéen considéré comme le représentant du cartel colombien en Guinée Bissau. Il se nomme Braima Seide Bâ (ici à gauche et à droite). Arrêté une première fois en 2008 par la police pour implication présumée dans plusieurs crimes dont la séquestration d’un citoyen guinéen qu’il accusait d’avoir détourné une grande quantité de cocaïne qui lui était destinée, il a été détenu une seconde fois en 2014 pour trafic de drogue. ‘Braima Seide Bâ serait le collaborateur principal du Colombien Ricardo Ariza Monjes dit Ramon, lui aussi appréhendé lors de l’opération antidrogue. Ramon qui avait été arrêté en 2014 en même temps que Braima Seide Bâ, avant d’être lui aussi libéré, est le représentant du même cartel colombien, mais au niveau africain. Selon la police bissau guinéenne, Ramon est un des suspects dans l’affaire du Boeing qui avait atterri en plein désert malien en 2009, avec à bord plusieurs tonnes de cocaïne. Les deux autres Colombiens arrêtés sont : Armando Forero Ortiz, Jonh Fredy valência Duqui et Pedro Nel Mahecha. Armando Forero Ortiz est propriétaire d’une entreprise d’importation de poulets congelés à travers laquelle il ferait des opérations de blanchiment de capitaux, comme le prétend la police bissau guinéenne. »

Manigances en Bissau

L’opération Navarre, menée à région de Cacheu, en septembre 2019, sur la côte nord du pays, avait permis de trouver 264 kilos de coke dans un premier temps dans la ville de Caió, et quelques heures plus tard, le reste (1,9 tonne au total !) avait été détecté dans une maison à Canchungo, camouflée dans des sacs de farine. « La police a assuré que la cache avait quitté la Colombie par le Venezuela et qu’elle avait été transportée sur la côte dans un bateau qui avait été saisi. Mais au milieu du scandale, les médias locaux ont commencé à divulguer le nom d’un quatrième Colombien qui a transformé l’affaire en confrontation entre le gouvernement et l’opposition. Il s’agit de Jhon Jaime Cano Zambrano, un homme d’affaires de 47 ans originaire de Cali qui porterait un passeport diplomatique, délivré par la Guinée-Bissau le 4 septembre, 72 heures après la saisie. A droite le prétendu passeport colombien de l’homme d’affaires, qu’il lui a été délivré le 19 août 2019. EL TIEMPO a trouvé son nom dans les registres espagnols lorsqu’il a enregistré une société le 13 mars. UN document, présenté par l’opposition, montrerait que Cano Isaza est un conseiller du Premier ministre guinéen… »

Et on cite à cette occasion à nouveau nos fameux loustics, bien entendu : « deux autres Maliens sont activement recherchés. Il s’agit de Oumar Ould Mohamd dit Omar et de Mouhamed Ben Ahmed Mahri. Oumar Ould Mohamd dit Omar fait partie des cibles des Nations unies pour entraves au retour de la paix et de la stabilité au nord du Mali et l Ben Ahmed Mahri, proche de Moktar Belmoktar, était un membre influent du Mujao ».

« En effet, Oumar Ould Mohamed dit Omar est connu des services de renseignements de plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest pour son activité criminelle qui l’avait rapproché des milieux du crime organisé, avec notamment sa relation étroite avec Moktar Belmoktar qui cachait sous son manteau de pseudo djihadiste le trafiquant notoire de cigarettes, au point de se faire coller le sobriquet de Mister Marlboro. C’est aussi un secret de polichinelle que des chefs du Mujao avaient noué une forte alliance avec l’un des plus puissants barons de la drogue au nord du Mali, notamment l’homme d’affaires Mohamed Rouggy (et ses différentes façons d’écrie son nom) ou encore Mohamed Ould Awainat. Le Mujao était-il donc l’élargissement d’un club de dealers formé depuis l’affaire dite Air Cocaïne ? Ça lui ressemble bien ». On ne peut être plus incisif comme jugement : les pseudo-djihadistes sont avant tout des dealers protégeant leur petit commerce !

« Quant au deuxième pseudo homme d’affaires recherché, Mohamed Ben Ahmed Mahri, il est l’un des personnages frappés de sanctions par les Nations unies comme des entraves à la paix et la stabilité du nord du Mali. En effet, il est inscrit sur la liste des personnes ciblées par les Nations unies, en application du paragraphe 8 c) de la résolution 2374 (2017) pour le fait d’agir pour le compte d’une personne ou entité se livrant aux activités visées aux alinéas a) et b) du paragraphe 8 de la résolution 2374 (2017), ou en son nom ou sur ses instructions, ou de lui fournir toute autre forme d’appui ou de financement, notamment en utilisant le produit de la criminalité organisée, dont la production et le commerce illicites de stupéfiants et de leurs précurseurs en provenance du Mali ou en transit dans le pays, la traite des êtres humains, le trafic de migrants, la contrebande et le trafic d’armes et le trafic de biens culturels ». Et il tient néanmoins une entreprise de transport de bus (Tilemsi Transport, cf notre épisode précédent) sans que cela ne semble gêner davantage…  Le 16 mars 2021, la France décrétait un gel de ses avoirs.  Le 8 janvier 2020 c’est à l’Ile de Man que l’on avait fait de même: c’est là aussi où se nichait une partie de sa fortune !

Un scandale de plus

Ba irait-il en prison se demandait-on encore en 2019  ? Même pas : le Colombien Ricardo Ariza Monje, alias « Ramon » et lui, qui possède la double nationalité portugaise et bissau-guinéenne, ont entre-temps mystérieusement disparu pendant leur transfert entre le commissariat de police et la prison et sont depuis sous le coup d’un mandat d’arrêt international !!!  C’est à ce genre d’événement qu’on mesure le poids politique de ces trafiquants !!!  Un procès en leur absence a bien eu lieu, où leur a été appliqué un tarif fort… mais c’était pour la forme : il a aussitôt remis en cause sévèrement en appel, aboutissant à une parodie de jugement final:  « Était-ce un cas d’histoire qui se répète ? En octobre 2020, la cour d’appel de Bissau a rendu un jugement diluant drastiquement les peines des acteurs derrière le deal de drogue d’août 2019 (intercepté lors de la plus grosse saisie de cocaïne de l’histoire du pays). Cela porte atteinte à l’intégrité de la réponse de la justice pénale et peut indiquer un retour à l’environnement de l’impunité dont jouissaient jadis les trafiquants de drogue de Guinée-Bissau  » nous rappelle fort à propos Global Initiative (ici à droite et ci-dessous la saisie impressionnante de cocaïne de l’Opération Navarra).

L’enlèvement surprise

A cette époque, en 2016, il fallait remplir les tiroirs-caisses des terroristes. L’américain Jeffery Woodke était installé depuis des années et passait pour l’ami des Touaregs, s’habillant notamment comme eux, respecté, accepté, pleinement assimilé. Et son rapt surprenant est en fait directement lié à l’affaire précédente : « l’histoire rocambolesque est la suivante: il y a quelques mois, un camion frigorifique se fait braquer à Amataltal en plein désert. Il vient du Mali et transporte des poulets surgelés. Mais pas seulement. Les braqueurs savent que sous la cargaison, se trouve un coffre-fort, dont ils connaissent le code. Ils l’ouvrent et dérobent une énorme quantité de cocaïne. A Niamey, le responsable du trafic est sous le choc. Selon les informations qui circulent dans le Niger, il s’agirait donc d’un élu d’un parti politique affilié à la majorité présidentielle. Le député file à Bamako avec un proche, où il tente de négocier avec ses partenaires. Ces derniers ne veulent rien entendre et exigent le versement intégral du montant de la cargaison. Ils gardent en garantie l’ami du député. Ce dernier retourne à Niamey tout seul, dépité, à la recherche d’un magot. Il aurait alors pu, selon des rumeurs, utiliser ses réseaux pour envoyer des petites mains enlever un citoyen américain, dans l’idée de le revendre à l’un des groupes djihadistes qui sévissent dans le Nord Mali »… Un enlèvement effectif par un mafieux… protégé il semble bien par le pouvoir nigérien :  « lundi 17 octobre, on apprend qu’à l’entrée d’Abalak, les Touaregs aurait arrêté un Pick-up Toyota ressemblant à celui utilisé par les ravisseurs de Jeff. Ils le fouillent et trouvent des armes. L’information remonte à Niamey, mais les instructions tardent à venir. L’affaire est d’autant plus délicate si elle implique un député lié à la majorité, ou pire, un réseau nébuleux de relations inavouées entre gros bonnets du trafic de drogue et des éléments du régime.  Le même type de réseaux dénoncé par l’ancien diplomate Laurent Bigot, qui mentionne dans son article le nom de Cherif Ould-Abidine. Les Américains en savent long sur le chapitre. En juillet 2015, en visite à Niamey, le Vice-secrétaire d’Etat américain Tony Blinken avait mis en garde le président Issoufou contre ses amitiés sulfureuses. Il avait alors été question de Cherif Ould-Abidine, trafiquant notoire et membre éminent du parti de la majorité, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) ». L’affaire du camion frigorifique à poulets congelés et cocaïne n’est pas non plus sans rappeler celle du véhicule intercepté le 13 mars 2019 en Guinée Bissau avec 800 kg de coke à bord.  (ici à gauche).  L’enquête avait vite mené à l’arrestation de quatre personnes, dont Mohamed Sidi Ahmed, déjà cité ici (avec sa carte) disposant d’un passeport et d’une carte professionnelle de l’Assemblée, un conseiller en effet du président de l’Assemblée nationale du Niger, depuis 2016, appelé Ousseini Tinni !!! Encore une preuve flagrante de la proximité du pouvoir avec les trafiquants !!!

La cigarette, le politique et le mafieux… au Niger

D’autres avaient découvert ces trafics depuis  longtemps. Le titre est celui d’un chapitre de l’étonnant dossier de Julien Brachet, « migrations transahariennes », sorti en 2009, qui en partant du flux de l’immigration était retombé sur le même problème de cigarettes… au Niger : La réexportation de cigarettes, légale au Niger, est l’une des activités économiques privées les mieux « encadrées » par l’État nigérien. Et ce n’est sans doute pas seulement en raison des risques liés au banditisme ou aux intérêts officiels de l’État. Certes, le montant des droits de douanes provenant de la réexportation des produits du tabac vers l’Algérie et la Libye s’élevait en 2004 à plus de 4,8 milliards de FCFA, et représente 90 % des recettes douanières annuelles tirées des échanges avec ces deux pays (soit environ 6% de la totalité des recettes douanières du Niger).

L’auteur n’y allant par par quatre chemins en accusant tout de go l’Etat nigérien, selon lui fortement corrompu : « mais l’implication de l’État dans cette activité, à travers la mise à disposition de moyens (escorte) et l’institutionnalisation de passe-droits dont bénéficient les transitaires, s’explique également par l’existence d’intérêts privés particulièrement importants. Comme le souligne régulièrement la presse nationale, plusieurs dirigeants nigériens, dont des membres du gouvernement, investissent à titre privé dans cette activité particulièrement lucrative. En parallèle, les pratiques corruptives dans le domaine du transit des cigarettes sont très répandues allant de la « petite corruption » des agents de contrôle, courante dans le milieu du transport marchand, à une « grande corruption » qui touche directement les hautes sphères de l’État. Des directives émanant des administrations concernées (douane, armée) sont ainsi données aux agents de terrain afin que les chargements de cigarettes puissent circuler sans effectuer les formalités légales de contrôle. Les rares personnes qui ont essayé de contrôler réellement cette activité de réexportation des cigarettes se sont vues durement sanctionnées par leur hiérarchie, révélant les appuis hauts placés dont disposent les transitaires au sein du régime nigérien73. 73. Il est à ce titre intéressant de noter que la très forte augmentation du volume des réexportations officielles de tabac à destination de la Libye, qui passent MTS.IntVUCAROL.indd 127 24/10/09 18:00:30 128 migrations transsaharienne s « Une année, en 2001, un douanier touareg de Dirkou a décidé de vraiment contrôler un camion du convoi. Il a fait ouvrir juste quelques cartons, quelques jours après il était emmené sans bagages jusqu’à Niamey. On l’a pris chez lui, on l’a mis dans un véhicule pour la capitale, sous escorte, sans sa famille ni ses affaires. Rien. Il a fait quelques mois à Niamey et puis on l’a affecté dans la brousse de Maradi. Juste parce qu’il avait essayé de faire son travail. On ne peut pas s’opposer aux gens du convoi, jamais » (E., douanier, Niamey, 30.12.2003) ».

« Finalement, la réexportation des cigarettes à travers le Niger est une activité qui rapporte beaucoup à différentes catégories de personnes, dont on ne connaît pas les commanditaires, et dont l’ensemble des rouages demeure relativement opaque. Les transitaires nigériens refusent en effet de dire pour qui ils travaillent, à qui appartient cette marchandise qu’ils acheminent chaque mois du Golfe de Guinée au cœur du Sahara, et les pouvoirs publics nigériens disent ne pas savoir ce qu’il en est. « Sur tous les papiers officiels c’est des noms de Nigériens qui sont notés », reconnaît un douanier de Niamey qui suppose cependant qu’en réalité « les propriétaires des cigarettes c’est des Libyens » (Niamey, 30.12.2003). Un autre douanier ayant participé à plusieurs reprises à l’escorte du convoi jusqu’à Madama émet d’autres hypothèses: « Ces cigarettes appartiennent à des princes arabes ou même aux entreprises qui les fabriquent. C’est les fabricants eux-mêmes qui organisent ce trafic pour vendre encore plus… » (Dirkou, 17.05.2003). Parallèlement à ces zones d’ombre qui entourent les acteurs non nigé- riens du trafic de cigarettes, des interrogations demeurent quant à la nature réelle des marchandises transportées sous couvert de la dénomination officielle de « cigarettes contenant du tabac ».

« Les convois de cigarettes, personne ne sait ce qui voyage là- dedans mais il n’y a pas que des cigarettes y’a aussi la drogue, de moins de 200 millions de FCFA en 1999 à près de 7,5 milliards l’année suivante, correspond à la période d’arrivée au pouvoir de l’actuel président Mamadou Tandja (en novembre 1999) et de son Premier ministre Hama Amadou, nommé quelques mois plus tard (janvier 2000) et impliqué dans ces activités commerciales. MTS.IntVUCAROL.indd 128 24/10/09 18:00:30 129 5 • Agadez , place marchande internationale quelques cartons par camions, bien numérotés, et seul celui qui les réceptionne connaît les numéros des cartons avec la drogue, et il les retire discrètement. Personne ne dit rien, le convoi est même escorté par la douane, parce qu’il y a des implications à très haut niveau, jusqu’en Europe. » (H., homme politique, Agadez, 29.11.2004). Ce trafic alimente le marché noir européen (qui a fortement augmenté ces 15 dernières années du fait de l’augmentation des taxes sur le tabac en Europe) et place Agadez au cœur de circulations mondiales si l’on en croit l’origine de certaines cigarettes qui y transitent (nous y revoici  à nouveau !). En associant des intérêts économiques d’État, des intérêts privés légaux et des intérêts mafieux, le trafic de cigarettes constitue un antimonde, difficilement accessible à la recherche scientifique en raison des problèmes méthodologiques que soulève son analyse, mais néanmoins révélateur de l’évolution des sociétés dont il est le « double indispensable » (Houssay-Holzschuch, 2006), en l’occurrence tout spécifiquement l’évolution de l’État au Niger » .

Comment berner « curieusement » les gens (ou surtout un député macroniste français)

On l’a vu, au Niger, notre trafiquant s’était adroitement inséré dans le jeu politique du pays. Et on en retrouve rapidement la trace, via la visite d’un député français, plutôt berné dans l’histoire. Manque de chance pour lui, en effet, dans le rapport de l’ONU on tombe page 28 sur ceci, en note discrète de renvoi : « curieusement, en septembre 2019, Ghoumour Bidika a été l’un des interlocuteurs de parlementaires français lors d’une mission effectuée par ceux-ci dans le nord du Niger. Voir Office national d’édition et de presse, «: solidarité et soutien du groupe d’amitié France-Niger aux populations du nord-Niger », 4 octobre 2019.« 

Voilà qui est poliment dit, non, ce « curieusement » ? Une mission venue en Cessna 208 de l’armée qui avait été pilotée par « Jacques Maire, le Président du Groupe d’Amitié France-Niger, également vice-président de la Commission Affaires Etrangères de l’Assemblée nationale française, et l’Honorable député Mano Agahli président du Groupe d’Amitié Niger-France, membre de la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles de l’Assemblée nationale du Niger » découvre-t-on ici (1). Le séjour à Agadez prévoyait « la visite des mines d’uranium d’Arlit », on note, au passage (un autre beau désastre français). Dans le groupe on trouve Jean Lasalle, pas vraiment non plus une référence…(et encore moins Joachim Son-Forget, ex LREM, une valeur pas très absolue non plus !). Maire et député de la République en Marche, on le signale… il s’était donc fait promener en bateau en plein désert : jolie prouesse !!!

En 2018, sans rire, interviewé sur la politique de la France au Mali il avait dit (à Ouest-France) « la France a la connaissance du terrain ». Et bien si c’est comme la sienne… en prime, Mano Agahli avait rejoint le PNDS (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme), le parti présidentiel dont le chef  de liste à Agadez en 2015 s’appelait, autant le rappeler… Shérif Abidine (flanqué de Rhissa Ag Boula, l’ancien chef rebelle touareg des années 90, comme suppléant) !! Lorsqu’il meurt d’une crise cardiaque à Agadez, Cherif Ould-Abidine devait en effet effectuer le lendemain un  meeting électoral en présence du président Issoufou !!! En 2019, le même président confirmait que  l’otage américain était toujours vivant (sans préciser ses sources bien sûr). En mai 2020, on n’en savait pas davantage sur son sort, plaidait toujours sa femme.  Son ravisseur mort depuis quatre ans maintenant, qui va bien décider de son sort ?

Au Niger, « la chèvre broute là où elle est attachée »…

Le bilan d’Issofou, en plus de ses compromissions avec des trafiquants connus, est plutôt désastreux (ces chiffres de 2018 sont empruntés à Aerion24News)  : 60 % des Nigériens survivent avec moins d’un euro par jour alors que sa fortune personnelle a été évaluée en 2018 à 1 224 545 817 francs CFA (selon Guevanis Doh et la Cour Constitutionnelle du Niger, ce qui correspond à un peu moins de 2 millions d’euros …1 866 813 euros exactement). « Les chiffres du pays sont plus impressionnants : « avec son PIB par habitant de 469 dollars en 2014, le Niger reste figé depuis au sixième rang des nations les plus défavorisées du globe, entre Madagascar et le Libéria selon le dernier classement du FMI, tandis que le Mali occupe la 17e place, pour reléguer Niamey au rang de capitale de l’État le plus pauvre du Sahel ». « Seuls 46 % des Nigériens ont accès à l’eau potable et 13 % au réseau d’assainissement, tandis que plus de 12 millions d’entre eux ne disposent pas de latrines ». »De même, le Niger figure en 2017 à l’avant-dernière place de l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avec une économie anémique et sa monnaie indexée sur l’euro, qui plombent le programme présidentiel « Renaissance Acte II ». Un pays qui au final vit sous perfusion… européenne : « surtout, le poids substantiel de l’aide internationale représente encore près de 36 % des revenus de cet État subsaharien, qui bénéficie notamment du soutien financier de l’Union européenne : 820 millions d’euros dans la déclinaison du 11e Fonds européen de développement (FED 2014-2020) ». Un épisode tragi-comique montre cette déchéance étatique : «  le Trésor public est exsangue – au point qu’en aout 2016, le Boeing 737 présidentiel Mont Greboun échappait in extremis à la saisie de la société Africard, créancière de l’État nigérien »... la corruption dans le pays est généralisée, au point que l’adage le plus répandu sur place est « la chèvre broute là où elle est attachée »… 

Le recours aux drones, l’embuscade mortelle de Jeremiah Johnson

En 2011 déjà les américains sont bien présents comme « conseillers militaires » au Niger, depuis au moins deux années.  Ils survolent déjà la région avec leurs avions espions et s’enhardissent, via leur ambassadrice Bisa Williams, à demander au Niger l’autorisation d’installer une base de drones tueurs Atomics MQ-9 Reaper à Agadez. Barack Obama déclare l’envoie de 150 soldats, « pour aider les français » à combattre les jihadistes.  La base deviendra effective fin 2018, gérée par le 323rd Expeditionary Reconnaissance Squadron, comme prévu lords de l’accord. La piste militaire orientée 07-25, a été tracée en parallèle avec celle de l’aérodrome civil de la ville nigérienne, sur le modèle de toutes les autre bases lançant des drones de ce type. Elle a coûté 100 millions de dollars et en nécessite 30 par an pour fonctionner selon The Intercept qui signale qu’avant elle seule la base de Phan Rang au Sud Vietnam, qui abritait 150 avions avait coûté autant… en 1969.  La piste pourra aussi servir aux énormes C-17 en 2024, quand on y aura injecté 280 millions de dollars au total. Evidemment, ce n’est pas du goût des jihadistes qui ont perdu des leurs via des frappes de Reaper, et le harcèlement débute dès le 4 octobre 2017 avec une terrible embuscade décidée sur des militaires US isolés qui se retrouvent vite pris de court. Assaillis par des tireurs à moto, une vingtaine au total, dans le village de Tongo Tongo, quatre soldats US succombent (et 4 jeunes soldats nigériens), dont Jeremiah Johnson. Sa caméra de torse, restée enclenchée durant tout l’assaut, va révéler au monde, une fois découverte, (cinq mois après, avec son SUV volé) l’assaut et l’impréparation des militaires US, provoquant aux USA toute une polémique. Les Mirage français arrivés en renforts ont mis fin à l’assaut sans pouvoir tirer sur les assaillants, trop proches de leurs cibles US. Le 30 novembre qui suit, autorisation du Niger est donnée aux drones US de survoler le pays, Trump jetant de l’huile sur le feu comme à son habitude, en se trompant de nom en téléphonant à la veuve d’un soldat et en blâmant ses propres responsables miliaires. Le 10 novembre on retrouvera le corps de La David Johnson, l’un des soldats US tués, les mains liés: il a bien été lâchement exécuté. Côté jihadistes, le groupe d’Adnan Abu Walid al-Sahrawi (ici à gauche), membre du Front Polisario, ancien porte-parole du MUJAO, opposé à Mokhtar Belmokhtara revendiqué l’attaque meurtrière. Le fait qu’il se réclame de l’ancienne cause sahraouie complique la chose et ravive de vieilles tensions avec le Maroc, jusqu’en Angleterre par exemple. Rodant toujours autour de la Ménaka, son fief, il déclare aussi avoir fait allégeance à l’EI, abandonnant en cela Al-Qaida. En février 2018, les français le ratent de peu dans dans la forêt d’Ikadagotane où il a trouvé refuge. Il aurait fuit depuis en Mauritanie voisine. Sa tête est toujours mise à prix 5 millions de dollar par les USA. Le 14 août 2020, les américains annonçaient avoir perdu leur troisième drone au Niger (le second tombé en mars 2020 un Gray Eagle, retrouvé en  morceaux était le N°02188). L’engin s’est en fait posé intact- et encore armé d’un Hellfire-  après une panne moteur mais ne s’est pas auto-détruit.

Retour aux bus… et aux cigarettes

Dans cette affaire de contentieux, pour y revenir, Apollinaire Compaoré, celui qui va nous intéresser davantage demain, l’homme qui fait des procès à tout le monde, s’est en fait dénoncé tout seul, le jour où il a voulu porter plainte contre son associé du moment. Citer en exemple un commerce illégal pour se défendre, en action de justice, ça fait assez surréaliste en effet ; mais il l’a fait (2) : « l’affaire, déposée à Abidjan en 2010, était l’appel de Compaoré contre une série de différends financiers entre les deux hommes au Niger. Des documents judiciaires indiquent qu’ils ont transporté «de nombreuses» cargaisons de cigarettes ensemble, mais leur relation s’est détériorée en raison d’un différend salarial concernant une expédition en 2002. On ne sait pas exactement comment le procès a été possible, étant donné que le différend porte sur les bénéfices d’un commerce illégal. Hassane Amadou Diallo, directeur de Transparency International (TI) Niger, a déclaré que le tribunal avait été invité à arbitrer le différend et qu’il considérait donc probablement qu’il était hors de son rôle de se demander d’où venaient les bénéfices.  » Ou comment le bus de la corruption conduit par Apollinaire Compaoré s’enlise tout seul dans une belle ornière !!! Comme ceux de l’entreprise de son associé, parfois (ici à droite) !

L’objet du litige ? Le trafic de cigarettes, pardi, on y revient encore une fois: « M. Apollinaire Compaoré, commerçant résidant à Ouagadougou, vendait en Libye par l’intermédiaire de M. Chérif Ould Abidine, transporteur négociant domicilié à Agadez, des cartons de cigarettes de différentes marques », lit-on en introduction à une affaire d’arbitrage entre les deux. «Les relations entre les deux partenaires se sont détériorées en août 2002, suite à une livraison spécifique impliquant, selon M. Appolinaire Compaoré, 1 319 boîtes de cigarettes de marque Marlboro, qui auraient été reçues par M. Chérif Ould Abidine et vendu par lui sans qu’il paie les revenus à son fournisseur susmentionné. Le tribunal a décidé de confirmer les décisions des affaires précédentes entre les deux hommes, ordonnant à Compaoré de payer à «Chérif Cocaïne» près de 300 000 dollars en diverses commissions pour les livraisons de Marlboro. Un avocat de Compaoré a refusé de commenter sa relation avec Ould Abidine, invoquant la nécessité de «respecter la confidentialité».

La proposition indécente du sénateur Mitchell :  Le lobby du tabac se cache vraiment partout ! 

La paix tant recherchée, tout le monde la souhaite, mais à quel prix ? Certains ont fait des propositions, comme celle que nous allons voir, émanant d’un homme présenté comme un éminent homme de paix. Le 6 janvier 2020, le CRISIS group, entité américaine précisons-le, (créée autour du sénateur démocrate George J.Mitchell (3)) écrivait ce texte qui pouvait – en partie- nous servir de conclusion sur le Niger : elle n’est pas satisfaisante, loin de là, mais c’est ça ou pire encore tout simplement semble-t-il vouloir dire : « au cours des vingt dernières années, le commerce de la drogue, de l’or et des personnes a généré des revenus sans précédent dans le Nord du Niger. Pour protéger leurs intérêts dans un contexte de concurrence accrue, les trafiquants ont engagé des groupes armés, dont des bandits et des rebelles issus des minorités ethniques. Ils ont également conclu des accords avec des responsables étatiques, que ce soit pour soustraire leurs activités commerciales aux contrôles officiels ou pour s’acheter les services de soldats afin de protéger leurs convois. Certains sont devenus des hommes d’affaires ou jouent un rôle sur la scène politique nationale. De leur côté, les autorités nigériennes centrales et locales ont cherché à contenir le trafic plutôt qu’à y mettre fin, en s’efforçant de résoudre les querelles entre les barons rivaux de peur qu’elles ne dégénèrent en combats communautaires. La gestion du commerce informel a souvent contribué à soutenir les économies fragiles et à intégrer d’anciens rebelles au sein du gouvernement. De nombreux habitants de la région regardent avec circonspection cette nouvelle classe de trafiquants pourvus de connexions politiques. Ils craignent que ces hommes ne s’allient à certaines factions politiques pour en tirer un avantage mutuel, affaiblissant les institutions gouvernementales, cooptant les forces de sécurité de l’Etat et finissant par faire de l’Etat une entreprise criminelle ». Jusqu’ici, tout allait bien…  comme analyse.  C’est après que ça se gâte… A droite la photo  de la remise en 1998 du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à George J. Mitchell Sénateur et à Sheikh Hasina, Première ministre de la République du Bangladesh… Mitchell depuis lors faisant figure avant tout d’homme de paix dans le monde entier.

Marchand de doute : la paix façon Lindbergh

Mais voici que ces spécialistes avancent une thèse que personnellement je ne retiendrai pas bien sûr, car c’est en quelque sorte une paix à la Lindbergh à mes yeux qu’ils préconisent (le célèbre pilote se proclamait pacifiste alors qu’il supportait plutôt on le sait, Hitler !!)  « ces préoccupations sont sérieuses, mais pour l’instant, il vaut mieux que le Niger continue à faire des compromis avec les trafiquants, à condition que ces accords permettent de prévenir la violence. Ce type d’arrangement a bien fonctionné à Agadez, où l’Etat a intégré dans ses rangs des élites touareg auparavant hostiles et a choisi la voie du dialogue pour faire en sorte que le commerce illicite bénéficie économiquement aux populations locales. En revanche, des systèmes informels similaires font défaut dans la région du Kawar, à l’extrême Nord, où les élites toubou nourrissent des griefs contre l’Etat et où les conflits liés aux trafics ont aggravé les frictions entre Toubou et Touareg. Cet espace est également touché par les conflits qui se propagent depuis le Sud de la Libye et le Nord du Tchad, ce qui augmente les difficultés auxquelles sont confrontées les autorités nationales et régionales ». Le propos, qui avait plutôt bien démarré, est bel et bien devenu scandaleux, en présentant la contrebande comme pouvant apporter « un mieux » aux populations !!! Quel propos !!! Inacceptable, honteux !!!

Un propos qui étonne donc… mais pas tant que ça, quand on sait qui se cache derrière : le lobby du tabac bien sûr, dont Mitchell est en réalité un représentant zélé (lire ici)!! Et ce, depuis au plus de deux décennies : « lors de la réunion du 3 avril 1997 entre les procureurs généraux des États et les PDG de Philip Morris et RJ Reynolds, Mitchell a servi d' »introduction », ouvrant les pourparlers en disant qu’il pensait que la réunion était historique et que l’industrie du tabac faisait un acte de foi« … la même année 1997, « faisant face à des poursuites potentiellement paralysantes de la part des États et des fumeurs, les entreprises ont proposé de payer 368,5 milliards de dollars pour parvenir à un accord législatif qui les aidera à les protéger de toute responsabilité et à augmenter le prix de leurs actions à Wall Street » avait indiqué le NYT…. « Ce sont cependant les producteurs de tabac qui font les plus gros chèques. Au cours des six premiers mois de 1997, les entreprises ont versé 5 millions de dollars à un cabinet d’avocats ayant des liens démocratiques, Verner, Liipfert, Bernhard, McPherson et Hand, pour les services de poids lourds politiques comme M. Mitchell et Mme Richards. Par l’intermédiaire de M. Mitchell, la firme a introduit le Centre for Tobacco-Free Kids dans les négociations de règlement qui ont mené à la proposition de juin. Au cours de la première moitié de l’année, les cinq compagnies de tabac impliquées dans cette proposition de règlement ont chacune versé 940 000 $ à Verner, Liipfert pour ses services. Avec Philip Morris, il s’agit de RJR Nabisco Holdings Corporation, la société mère de R. J. Reynolds Tobacco Inc.; B.A.T Industries P.L.C., qui possède Brown & Williamson Tobacco Corporation; Loews Corporation, la société mère de Lorillard Tobacco Company, et UST Inc., producteur de tabac sans fumée. » Et c’est le même individu qui revient 23 ans plus tard nous dire d’accepter la contrebande de tabac au Niger pour assurer la paix sociale !!! Ah, elle est belle la paix promise avec de telles arguties !!! Lorsqu’il est entré au cabinet Verner, Liipfert, Bernhard, McPherson et Hand,  à Washington, c’était avant tout pour y promouvoir à fond le tabac !!!  Décidément, ils sont prêts à tout ces forbans (Mitchell s’est même déjà trouvé un successeur républicain, Mitch Connell) !!!

Il est venu le temps d’étudier plus en détail celui que ce rapport de l’OCCRP cloue au pilori depuis hier. Nous ne pourrons que constater, comme vous allez le voir, que c’est amplement justifié…

 

(1) on le retrouve dans ce document sur la situation au Mali établi récemment par les sénateurs français. dans un rapport de la commission Défense de l’Assemblée Nationale. « Je me trouvais il y a quelques jours sur le terrain, avec les acteurs de la base aérienne projetée de Niamey. Je perçois très bien la différence entre la période d’avant le Sommet de Pau et celle que nous connaissons, avec les opérations Bourrasque, Éclipse et Équinoxe. Je vois très bien la qualité de l’intégration avec les forces locales, plus forte à travers le mécanisme de commandement conjoint (MCC), à travers la cellule de fusionnement du renseignement (Intelligence Fusion Cell), mais je pense que cela met en évidence un problème assez fort. Dans beaucoup d’endroits, et notamment au Niger, l’État n’a pas disparu, et finalement, les cibles sont à la portée des forces armées nationales. La vraie question réside dans leur capacité et leur volonté à aller combattre. On voit très bien qu’un des problèmes tient au fait que les armées sont formées d’ethnies non-combattantes, si je puis dire, face à des ethnies beaucoup plus versées dans le combat, qui elles-mêmes alimentent les rangs du terrorisme. Je voudrais simplement faire état d’une réflexion : il y a un espoir avec l’élection de l’actuel président du Niger, M. Mohamed Bazoum, qui a décidé de doubler les forces armées nationales en termes quantitatifs, et de mettre en œuvre un recrutement spécifique et rapide dans les ethnies et les régions où le recrutement des groupes armés terroristes est favorisé. Je pense notamment aux Peuls, aux Touaregs et aux Arabes. L’idée n’est pas de les mettre en situation de milices d’autodéfense, mais de les intégrer de façon très dynamique dans la Garde nationale, avec un encadrement très fort. Je vois ce qu’il se passe au Niger, cela me donne plutôt confiance. Je ne vois pas la même chose au Mali, notamment en ce qui concerne les forces armées nationales, et j’aimerais bien connaître votre avis sur le sujet« .

Il y évoquait plus loin les problèmes de communication française là-bas : aussi au point que celle des militaires US en Afghanistan, il semble, comme le montre cet ahurissant extrait : …« En outre, certains chercheurs ont alerté les rapporteures quant à des maladresses que pouvait commettre la Force Barkhane dans la mise en œuvre de ses opérations de communication en raison d’une moindre connaissance des spécificités humaines de l’environnement d’intervention. À titre d’exemple, il leur a été indiqué que des tracts avaient été largués en différentes langues locales portant la mention « Barkhane vous surveille », alors que la version française du document indiquait « Barkhane vous protège ». De la même manière, le choix d’un mot tamasheq pour désigner la force Takuba, dans un contexte de suspicion entourant les relations de la France avec les communautés touarègues, a pu susciter des incompréhensions de la part de certaines populations ».

(2) pour celui qui ne cesse de clamer depuis qu’on l’accuse: une trace précise de ce conflit surréaliste existe, elle est ici. Elle précise même que c’est à la suite d’une TRANSACTION que l’affaire a commencé, et le nom de Chérif Ould Abidine y est clairement écrit. « Attendu qu’il ressort des pièces du dossier de la procédure, que Monsieur Apollinaire COMPAORE, commerçant résidant à Ouagadougou faisait vendre en Libye par l’intermédiaire de Monsieur Chérif OULD ABIDINE, commerçant transporteur domicilié à Agadez, des cartons de cigarettes de diverses marques; que dans ce cadre, après de nombreuses livraisons antérieures écoulées sur le territoire libyen, les relations entre les deux partenaires se détériorèrent courant août 2002, à la suite d’une livraison spécifique portant, selon Monsieur Apollinaire COMPAORE, sur 1.319 cartons de cigarettes de marque Marlboro, lesquels auraient été reçus par Monsieur Chérif OULD ABIDINE et vendus par lui sans qu’il en reverse les revenus à son fournisseur susnommé ; qu’afin de résoudre ce contentieux, les deux parties signèrent le 22 janvier 2003, un protocole d’accord aux termes duquel Monsieur Chérif OULD ABIDINE, suivant des modalités spécifiées dans ladite convention, s’engageait à payer en trois mensualités à Monsieur Apollinaire COMPAORE, la somme de 126.960.000 francs CFA… etc. » Une entente avec un trafiquant de cocaïne connu !!

(3) célèbre pour son rapport sur l’usage des drogues, de stéroïdes et d’ hormones de croissance.  Dans le milieu complètement shooté du baseball US, remis en 2007 qui nommait 89 utilisateurs habituels.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Coke en stock (CCCLXII) : de Carlos Ghosn à 1,3 tonne de coke (c)

L’avion posé cet été au Brésil avec ses 1300 kilos de coke a mis le ...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *