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SUR L?ELOGE DE LA FUITE?

Ceux que la sociologie d?prime ou que la psychologie d?becte s?abstiendront de lire?L??loge de la fuite, d?Henri Laborit. Les autres, pr?ts ? accepter de connaitre ??l?ennemi?? ? la domination sociale rampante et omnipr?sente ? afin d?y ?tre un peu moins soumis, trouveront ici leur bonheur. Car avec ce livre, Laborit apporte une nouvelle grille de lecture des comportements humains. Salutaire.

??Tant qu?on n?aura pas diffus? tr?s largement ? travers les hommes de cette plan?te la fa?on dont fonctionne leur cerveau, la fa?on dont ils l?utilisent, et tant que l?on n?aura pas dit que jusqu?ici cela a toujours ?t? pour dominer l?autre, il y a peu de chance qu?il y ait quoi que ce soit qui change.??

Dialogue d?Henri Laborit dans?Mon oncle d?Am?rique, d?Alain Resnais, film que ses th?ories ont inspir? et dans lequel il jouait son propre r?le.-

Le syst?me nerveux. Cette chose commune ? tous les animaux, leur permettant ? avant tout ? de survivre. Et qui, si on suit la th?orie scientifique de?L??loge de la fuite, nous guide inconsciemment dans chacune de nos actions. Rend possible toutes les strat?gies de domination, matrice essentielle de compr?hension de notre organisation ?conomique et sociale, du syst?me politique et de la soci?t? de consommation.1

Le syst?me nerveux, base d?une domination omnipr?sente

Chirurgien, biologiste, sp?cialiste du syst?me nerveux, inventeur de drogues psychotropes, philosophe ??vulgarisateur?? des neurosciences? Multidisciplinaire, Henri Laborit a su montrer une rare capacit? d?extrapolation de sa formation scientifique2?afin de faire ?merger une matrice de compr?hension des comportements animaux et humains plus performante. Il fut le premier ? exprimer l?id?e que le syst?me nerveux peut ?tre responsable de tous nos actes, mais aussi, partant, du syst?me de domination sociale. Et ? construire toute une philosophie autour, faisant ainsi des liens uniques entre biologie animale et organisation sociale.

D?s le d?but de?L?Eloge de la fuite, Laborit tape un grand coup en s?acharnant ? d?truire toute id?e d?amour (d?j? bien ?corn?e par les d?terminismes sociologiques et psychologiques)?:

??Il [le mot ??amour??] donne bonne conscience, sans gros efforts, ni gros risques, ? tout l?inconscient biologique. Il d?culpabilise, car pour que les groupes sociaux survivent, c?est-?-dire maintiennent leur structure hi?rarchique, les r?gles de la dominance, il faut que les motivations profondes de tous les actes humains soient ignor?es. Leur connaissance, leur mise ? nu, conduirait ? la r?volte des domin?s, ? la contestation des structures hi?rarchiques.??

Puis il s?int?resse ? l?homme et ? son rapport a la mort, consid?r?e comme le plus grand des facteurs de cr?ativit??:

??M?me en ?carquillant les yeux, l?homme ne voit rien. Il t?tonne en tr?buchant sur la route obscure de la vie, dont il ne sait ni d?o? elle vient, ni o? elle va. Il est aussi angoiss? qu?un enfant enferm? dans le noir. C?est la raison du succ?s ? travers les ?ges des religions, des mythes, des horoscopes, des rebouteux, des proph?tes, des voyants extralucides, de la magie et de la science d?aujourd?hui. Gr?ce ? ce bric-?-brac ?sot?rique, l?homme peut agir. Du moins il ne demande qu?? le croire pour soulager son angoisse. Mais, d?s sa naissance, la mort lui passe les menottes aux poignets. C?est parce qu?il le sait, tout en faisant l?impossible pour ne pas y penser, qu?il est habituel de consid?rer que lorsque des primates ont enterr? leurs morts en mettant autour d?eux leurs objets familiers pour calmer leur angoisse, d?s ce moment, ces primates m?ritent d??tre appel?s des Hommes.??

Il d?veloppe l?id?e du plaisir comme recherche fondamentale de l??tre humain, contrecarr?e par la tradition jud?o-chr?tienne au profit, une fois de plus, du syst?me de dominance?:

??Toute une id?ologie de la souffrance est ainsi n?e au cours des si?cles, qui a permis aux dominants de s?abreuver aux sources du plaisir en persuadant les domin?s qu?ils avaient bien de la chance dans leur souffrance car elle leur serait rembours?e au centuple dans l?autre monde.??

Et ce lavage de cerveau touche ?galement l?id?e du travail?:

??On aurait pu esp?rer que, lib?r?s de la famine et de la p?nurie, les peuples industrialis?s retrouveraient l?angoisse existentielle, non pas celle du lendemain, mais celle r?sultant de l?interrogation concernant la condition humaine. On aurait pu esp?rer que celle r?sultant du temps libre, autoris? par l?automation, au lieu d??tre utilis? ? faire un peu plus de marchandises, ce qui n?aboutit qu?? mieux cristalliser les dominances, serait abandonn? ? l?individu pour s??vader de sa sp?cialisation technique et professionnelle. En r?alit?, il est utilis? pour faire un recyclage au sein de cette technicit? en faisant miroiter ? ses yeux, par l?interm?diaire de cet accroissement de connaissances techniques et de leur mise ? jour, une facilitation de son ascension hi?rarchique, une promotion sociale. Ou bien on lui promet une civilisation de loisirs. Pour qu?il ne puisse s?int?resser ? l??tablissement des structures sociales, ce qui pourrait le conduire ? en discuter le m?canisme et la validit?, donc ? remettre en cause l?existence de ces structures, tous ceux qui en b?n?ficient aujourd?hui s?efforcent de mettre ? la disposition du plus grand nombre des divertissements anodins, exprimant eux-m?mes l?id?ologie dominante, marchandise conforme et qui rapporte.??

La vision de Laborit englobe ainsi tous les domaines de la vie quotidienne, avec une rare acuit?. Mais c?est quand il ?voque les strat?gies de domination que le scientifique se r?v?le le plus percutant.

Rappelons d?abord que le syst?me nerveux permet la conservation du corps et de l?esprit de l??tre vivant. Face ? chaque situation, c?est lui qui nous dicte la conduite ? tenir et enregistre inconsciemment l?effet positif ou n?gatif de la r?ponse apport?e, gr?ce ? sa capacit? de m?morisation. Il nous pousse ainsi ? toujours rechercher le plaisir ou, du moins, le minimum de d?plaisir.

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Une philosophie de l?action

Selon Laborit, face ? une situation de tension, il existe trois possibilit?s.

?L?homme r?agit, il ??combat??, et le r?sultat est positif. Il a su faire cesser le stress, mais est rentr? dans le jeu de domination. ??Jeu?? qui g?n?re constamment davantage d?angoisse, afin de conserver ou d?am?liorer sa place sur l??chelle hi?rarchique, incarn?e par la soci?t? de consommation.

?L?homme r?agit, mais le r?sultat est n?gatif. Dans ce cas le syst?me nerveux risque, par la suite, d?inhiber l?action, d?emp?cher l?individu d?agir, ce qui est la situation qui g?n?re le plus de tension, de stress et d?angoisse.

?Ultime option, la fuite. Celle-ci s?op?re gr?ce ? la m?moire, qui ??apporte de l?information a la mati?re??, c?est-?-dire qui permet d?imaginer. L?homme ?vite ainsi de rentrer dans le jeu des ??dominances??, se pr?serve et construit en m?me temps quelque chose de typiquement humain, de totalement personnel, en ??fuyant?? dans l?imaginaire.
Pour Laborit, c?est l? le seul palliatif acceptable et utile. Il place ainsi la cr?ation au sommet de tout, et en fait le principe le plus important qui soit, le seul qui nous permette d?avoir une chance d??voluer dans un sens int?ressant.

Probl?me?: m?me dans l?imaginaire, l?homme n?est pas vraiment responsable de ce qu?il fait, puisqu?il reste guid? par le syst?me nerveux. En revanche ? et c?est tout le sens du combat du scientifique ? le fait d?en ?tre conscient repr?sente le premier pas vers un d?but de ??lib?ration??.

Une profonde philosophie politique.

La facette politique?? Elle s?affirme tout d?abord avec la critique des deux syst?mes des ann?es 1970, les ogres capitalistes face aux grand m?chants Loups sovi?tiques. Les premiers ont l?argent et l?accumulation de biens mat?riels pour matrice principale du syst?me de dominance?; les seconds ont vid? la soci?t? de cette dimension pour ne conserver qu?un syst?me de domination hi?rarchique d?autant plus fort. De mani?re scientifique, Laborit ?claire ainsi sous le jour de la domination fr?n?tique des uns sur les autres les syst?mes politiques et ?conomiques de son temps?:

??Les soci?t?s lib?rales ont r?ussi ? convaincre l?individu que la libert? se trouvait dans l?ob?issance aux r?gles des hi?rarchies du moment et dans l?institutionnalisation des r?gles qu?il faut observer pour s??lever dans ces hi?rarchies. Les pays socialistes ont r?ussi ? convaincre l?individu que lorsque la propri?t? priv?e des moyens de production et d??changes ?tait supprim?e, lib?r? de l?ali?nation de sa force de travail au capital, il devenait libre, alors qu?il reste tout autant emprisonn? dans un syst?me hi?rarchique de dominance.??

Mais plus que sa critique du syst?me sovi?tique, c?est lorsqu?il parle de la soci?t? capitaliste, de celle qui pousse sans cesse ? la consommation, que Laborit touche au point sensible. Parce qu?il d?crit un syst?me de domination auquel personne ne peut ?chapper. Encore moins au niveau individuel?: on ne fuit pas son propre syst?me nerveux? On apprend ? vivre avec, ? la rigueur?: ceux qui sont en bas de l??chelle gardent l?espoir de monter ou exercent leur domination dans d?autres domaines que le professionnel, en famille ou au caf? du coin, s?arrangeant avec la r?alit? pour qu?elle ne leur fasse pas trop mal ? la t?te.

La grande imposture, c?est d?avoir r?ussi ? suffisamment laver les cerveaux pour rendre les hommes complices et acteurs de leur propre domination. D?abord en leur crevant les yeux, pour qu?ils ne puisse plus la voir. Puis, lorsqu?elle est trop ?vidente, en leur apprenant ? la d?sirer et en leur faisant croire qu?ils ont int?r?t ? jouer le jeu. En leur figurant ? surtout ? que l?accumulation de biens mat?riels peut ?tre suffisante pour calmer sa frustration. Jusqu?? l?organisation des loisirs ? enfin ? pour ?viter que les hommes ne se posent trop de questions ??existentielles??.
Mais, ? ce jeu, chacun est perdant. M?me ceux qui sont en haut de l??chelle ne vivent plus qu?en fonction de cela. Peut-on encore appeler ?a ??vivre????

La matrice est donc cette accumulation de biens mat?riels, avec tout ce qui va avec (obsolescence programm?e, pollution, abrutissement des masses?). Pour remplacer la guerre de chacun contre tous. Parce que c?est cens? ?tre mieux que de ??vivre comme des b?tes??. Parce que ?a permet aux hommes d?oublier qu?ils restent soumis, comme tous les animaux, aux pulsions d?un syst?me nerveux les faisant rentrer dans les ?chelles de domination. Tout juste?: le lieu du combat a ?t? d?plac?. Sans que ?a ne change rien au fond.

Ainsi, m?me dans la contestation, l?homme se bat toujours pour ses propres int?r?ts?:

??Croire que l?on s?est d?barrass? de l?individualisme bourgeois parce que l?on s?exprime ? l?ombre protectrice des classes sociales et de leurs luttes, que l?on semble agir contre le profit, l?exploitation de l?homme par l?homme, les puissances d?argent, les pouvoirs ?tablis, c?est faire preuve d?une parfaite ignorance de ce qui motive, dirige, oriente les actions humaines et avant tout de ce qui motive, dirige et oriente nos propres jugements, nos propres actions.??

Si la d?fense de leurs int?r?ts est flagrante chez certains dominants ? d?ailleurs parfois assum?e3– , c?est moins le cas lorsqu?elles se cachent sous le fard des bons sentiments et du bien collectif, surtout quand cette culture de la ??contestation?? est avalis?e par le syst?me en place. Ainsi?: ??En pays capitalistes (?), le syst?me, ciment? par la puissance adh?sive de la marchandise, accepte, pourvu qu?elle se vende, toute id?e, m?me r?volutionnaire. Sa vente ne peut que favoriser la coh?sion du syst?me et montrer le lib?ralisme id?ologique de la soci?t? qui l?autorise.??

M?me l?image des soi-disant h?ros, martyrs mourant pour une cause, passe ? la moulinette de sa grille de lecture ??d?terministe?? (parfois trop, m?me? c?en devient un peu d?primant?).
A la rigueur, seules quelques tendances libertaires gardent gr?ce ? ses yeux, ? la seule condition que l?id?e du syst?me ? atteindre soit constamment remise en cause ? mesure que l?homme avance dans sa direction, et que de nouveaux obstacles impr?vus ? montrant l??vidente et n?cessaire imperfection de tout syst?me se voulant id?al ? se dressent sur le chemin infini de la perfectibilit? sociale.
Surtout, le seul crit?re permettant de choisir une id?ologie politique selon Laborit est celui de ??la defense de la veuve et de l?orphelin???:

??Toute autorit? impos?e par la force est ? combattre. Mais la force, la violence, ne sont pas toujours du c?t? o? l?on croit les voir. La violence institutionnalis?e, celle qui pr?tend s?appuyer sur la volont? du plus grand nombre, plus grand nombre devenu g?teux non sous l?action de la marijuana, mais sous l?intoxication des mass media et des automatismes culturels tra?nant leur sabre sur le sol poussi?reux de l?histoire, le violence des justes et des bien-pensants, ceux-l? m?me qui envoy?rent le Christ en croix, toujours solidement accroch?s ? leur temple, leurs d?corations et leurs marchandises, la violence qui s?ignore ou se croit justifi?e, est fondamentalement contraire ? l??volution de l?esp?ce. Il faut la combattre et lui pardonner car elle ne sait pas ce qu?elle fait. On ne peut en vouloir ? des ?tres inconscients, m?me si leur pr?tention a quelque chose d?insupportable souvent. Prendre syst?matiquement le parti du plus faible est une r?gle qui permet pratiquement de ne jamais rien regretter. Encore faut-il ne pas se tromper dans le diagnostic permettant de savoir qui est le plus faible. (?) Et tout cela n?est valable que si vraiment vous ne pouvez pas vous faire plaisir autrement. Si, en d?autres termes, vous ?tes fonci?rement masochiste. Sans quoi, la fuite est encore pr?f?rable et tout aussi efficace, ? condition qu?elle soit dans l?imaginaire. Aucun passeport n?est exig?.??

Pas de solution toute faite ni de Grand soir, donc. Il faut chercher, seulement. Dans une direction peut-?tre meilleure que les autres, mais sans la consid?rer comme quoi que ce soit d?absolu?
Attention?: cela ne signifie pas qu?il ne faille pas agir. Seulement qu?on ne peut pr?dire le r?sultat de l?action avec certitude.???Mais cela veut dire aussi que toute action fond?e sur l?utopie a plus de chance de se r?v?ler efficace que la reproduction balistique des comportements anciens. La seule chose dont nous puissions ?tre s?rs, c?est qu?au niveau des soci?t?s humaines l??volution existe.??

Une piste pour sortir du mar?cage d?terministe

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Clairement, Laborit ne nous ?pargne pas. Ce r?quisitoire implacable, d?montrant notre soumission constante aux ?chelles de domination, peut pousser ? la d?prime. Pourtant, ce n?est pas du d?sespoir qui ?merge de cette entreprise de destruction syst?matique, au contraire m?me. Partant du principe que la politique de l?autruche ne sert pas ? grand chose, et consid?rant que la conscience ?claire, le choc est en fait salvateur?:

??En r?alit?, ce que l?on peut appeler ?libert??, si vraiment nous tenons ? conserver ce terme, c?est l?ind?pendance tr?s relative que l?homme peut acqu?rir en d?couvrant, partiellement et progressivement, les lois du d?terminisme universel. Il est alors capable, mais seulement alors, d?imaginer un moyen d?utiliser ces lois au mieux de sa survie, ce qui le fait p?n?trer dans un autre d?terminisme, d?un autre niveau d?organisation qu?il ignorait encore.??

L?acceptation et la compr?hension de ces logiques ne provoquent pas l?inhibition, mais nous renforcent dans une autre dimension inexpliqu?e, aux ramifications infinies et aux possible impensables, ceux de la ??fuite?? constructive dans la cr?ation.

??L?imaginaire s?apparente ainsi ? une contr?e d?exil o? l?on trouve refuge lorsqu?il est impossible de trouver le bonheur parce que l?action gratifiante en r?ponse aux pulsions ne peut ?tre satisfaite dans le conformisme socio-culturel. C?est lui qui cr?e le d?sir d?un monde qui n?est pas de ce monde. Y p?n?trer, c?est ?choisir la meilleure part, celle qui ne sera point enlev?e?. Celle o? les comp?titions hi?rarchiques pour l?obtention de la dominance disparaissent, c?est le jardin int?rieur que l?on mod?le ? sa convenance et dans lequel on peut inviter des amis sans leur demander, ? l?entr?e, de parchemin, de titres ou de passeport. C?est l?Eden, le paradis perdu, o? les lys des champs ne filent, ni ne tissent. On peut alors rendre ? C?sar ce qui est ? C?sar et ? l?imaginaire ce qui n?appartient qu?? lui. On regarde, de l?, les autres vieillir pr?matur?ment, la bouche d?form?e par le rictus de l?effort comp?titif, ?puis?s par la course au bonheur impos? qu?ils n?atteindront jamais.??

C?est l? le seul moyen, finalement, de laisser une empreinte sur la terre. Vivre dans l?esprit des autres. Eviter les logiques de domination et l?angoisse qui en r?sulte. Avancer. Faire quelque chose d?utile de sa vie.

??La seule fa?on que nous ayons de survivre, de ne pas mourir, c?est ? l??vidence de nous incruster dans les autres et, pour les autres, la seule fa?on de survivre c?est de s?incruster en nous. Mais cette incrustation n?est pas celle de l?image tronqu?e qu?un individu peut fournir de lui-m?me, toujours passag?re et fugitive, mais celle des concepts qu?il a pu engendrer.??

Reste une question?: pourquoi avoir si peu entendu parler de ce livre fondamental?? Simple?: tous ceux qui d?tiennent du poiuvoir au sein de la pyramide sociale n?ont aucun int?r?t ? ce que ces id?es subversives4?ne se transmettent trop.

??Ceux qui profitent de cette ignorance, sous tous les r?gimes, ne sont pas pr?ts ? permettre la diffusion de cette connaissance. Surtout que le d?ficit informationnel, l?ignorance, sont facteurs d?angoisse et que ceux qui en souffrent sont plus tent?s de faire confiance ? ceux qui disent qu?ils savent, se pr?tendent comp?tents, et les paternalisent, que de faire eux-m?mes l?effort de longue haleine de s?informer.??

Le seul moyen de sortir de ce bourbier serait donc de ??r?inventer les relations interindividuelles??, au niveau mondial si possible. Sinon, ne reste que la fuite dans l?imaginaire?

??C?est le propre de la condition humaine et c?est l??loge de la fuite, non en arri?re mais en avant, que je suis en train de faire. C?est l??loge de l?imaginaire, d?un imaginaire jamais actualis? et jamais satisfaisant. C?est la R?volution permanente, mais sans but objectif, ayant compris des m?canismes et sachant utiliser des moyens sans cesse perfectionn?s et plus efficaces. Sachant utiliser des lois structurales sans jamais accepter une structure ferm?e, un but ? atteindre.??


1?Nul besoin ? n?est-ce pas ? d??voquer ici Bourdieu. Vous ?tes lecteurs trop cultiv?s pour un si ?vident rappel?

2???Il y a bien Edgar Morin, Michel Serres ou d?autres scientifiques plus engag?s dans la soci?t? civile ou dans la reliance disciplinaire, au-del? de la sp?cialisation, mais tous restent dans un humanisme bien plus classique. Penser en laboratoire et ne pas ?tendre ? la soci?t? et ? la possibilit? g?n?rale d?une prise de conscience de l?homme sur son fonctionnement nerveux ou c?r?bral?: comme s?il y avait trop d?int?r?t au fond ? ce que cet ?tre humain reste prisonnier de ses habitus comportementales??,?souligne ainsi un certain Guillaume Bryon, sur le site Culturopoing.

3?Ainsi du milliardaire am?ricain Warren Buffett affirmant?: ??La lutte des classes existe, et c?est la mienne qui est en train de la remporter.??

4?Comme toute th?orie scientifique tendant ? ?clairer et remettre en cause le syst?me de domination existant. Comme toute philosophie politique allant dans ce m?me sens. Evidemment, une th?orie qui m?le les deux?

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