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Sondons nos tréfonds

Les trois phases

Vous n’êtes pas sans ignorer les trois stades du développement psychoaffectif. Trois étapes qui indubitablement font avancer le sujet vers un avenir plus ou moins radieux. C’est à chacun de franchir harmonieusement ces étapes, soit en leur opposant des barrières, soit en les accompagnant d’un traumatisme qui s’avérera souvent rédhibitoire.. C’est ainsi que le sujet avance prudemment dans sa maturation pour au terme d’un long processus, devenir un adulte plus ou moins sain de corps et d’esprit.

Nous devons donc tenir pour acquis cette évolution, la prendre en considération et lui accorder le plus de crédit possible, quitte parfois à extrapoler dans d’autres domaines scientifiques. C’est ainsi que je m’aventure à franchir allégrement ce pas de l’analogie pour réfléchir aux conséquences de ce qui se passe actuellement au pied de la muraille de Chine.

Je devine une fois encore votre incompréhension. Vous regardez bien trop les actualités télévisées pour être en capacité de mettre le nez et la tête en dehors de cette maudite lucarne réductrice. Prenez une grande bouffée d’oxygène et poursuivez la lecture de ce billet édifiant. Vous n’êtes donc pas sans ignorer tant on vous en a rebattu les oreilles, que nous sommes soumis à l’agression sournoise d’un petit organisme qui sème le trouble et la confusion sur l’ensemble de la planète.

Les savants qui ne figurent pas sur les plateaux TV ou dans les comités d’experts se sont mis au travail, les uns pour découvrir une parade, les autres un traitement quand certains, ayant une double vocation médicale et anthropométrique cherchent à débusquer l’intrus par tous les moyens. La recherche n’est pas avare d’inventivité pour réussir dans sa traque et c’est tout naturellement par là où le mal est venu qu’elle a commencé à proposer des investigations.

La phase orale fut en toute logique freudienne la première explorée. N’y allant pas par le dos de la cuillère, nos incomparables médecins de famille nous cherchèrent des poux dans la tête en prenant en otage nos sinus. Le virus comprit assez vite leur stratégie. Il prit immédiatement la tangente, pour aller couler des jours plus paisibles dans le secret de nos entrailles. En dépit du prix exorbitant de ce test qui coûtait à la Sécurité sociale en toute logique, les yeux de la tête, les résultats laissaient pantois les blouses blanches.

Pendant ce temps, les égoutiers se mirent à examiner à la loupe nos eaux usées pour mesurer la progression du mal dans nos foyers. Une donnée statistique générale certes, mais d’une grande fiabilité, ce qui mit la puce à l’oreille des chercheurs. Ce n’est donc pas sans fondement qu’ils allèrent chercher ailleurs et ce fut le début de la phase anale.

Le nouveau test cependant posa un petit problème déontologique et moral. Allait-on autoriser les patients à se prendre en photographie lors de cet examen, l’impudeur générale sur les réseaux sociaux laissant craindre une explosion de clichés douteux ? Nous en sommes là et le comité d’éthique n’a pas encore statué sur ce problème épineux que se manifestent déjà les adeptes de la troisième phase.

Il est sans doute nécessaire de vous éclaircir un peu la mémoire. Après les phases orales et anales, notre évolution nous pousse inexorablement vers leur consœur : la phase phallique. Là, vous devinez qu’il y aura levée de bouclier, le terme aggravant singulièrement la querelle des genres. Mais au-delà de cette appellation, le prochain test qui sortira des stands des laboratoires pharmaceutiques risque d’être particulièrement jouissif. Voilà une perspective qui met un peu de baume au cœur et ailleurs dans une période véritablement morose. Seul souci, le dernier test risque de n’être plus remboursé au nom du principe fondateur de l’État Français : « Il ne faut jamais joindre l’utile à l’agréable ! »

Aphasiquement votre.

 

C’est Nabum

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