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Un de plus?! D?cid?ment les voix sont de plus en plus nombreuses parmi les ?conomistes ? d?noncer les politiques de rigueur inflig?es aux peuples europ?ens. Apr?s Joseph Stiglitz, ??prix Nobel?? d??conomie,?et ??les ?conomiste...

Rigueur pour les pauvres, cadeaux pour les riches : la criminelle h?r?sie ?conomique lib?rale

Un de plus?! D?cid?ment les voix sont de plus en plus nombreuses parmi les ?conomistes ? d?noncer les politiques de rigueur inflig?es aux peuples europ?ens. Apr?s Joseph Stiglitz, ??prix Nobel?? d??conomie,?et ??les ?conomistes atterr?s??, voici G?rard Cornilleau, directeur adjoint au d?partement des ?tudes ? l?OFCE, le centre de recherche ?conomique de Sciences Po. Il s?explique dans Le Monde.

On a gaspill? de l?argent ? donner plus ? ceux qui avaient d?j? trop

? Le facteur de crise, c?est le fait que ces derni?res ann?es, les hauts salaires ont fortement augment?, et cela ? peu pr?s partout dans le monde, au d?triment des bas salaires, particuli?rement ceux qui sont juste au-dessus du salaire minimum, mais en dessous du salaire m?dian, qui ont stagn?. Car d?un c?t? on a donn? beaucoup plus ? ceux qui avaient d?j? de hauts revenus, donc ceux qui logiquement ne pouvaient pas consommer beaucoup plus que ce qu?ils consommaient d?j? ? il y a un moment o? la consommation sature : pour caricaturer, il est rare que celui qui a d?j? une Porsche, en ach?te une seconde et encore moins une troisi?me? ? et de l?autre on a rationn? la consommation de ceux qui en avaient un fort besoin. Aux Etats-Unis, on a cru un temps avoir r?solu la quadrature du cercle en disant ??pour consommer, les bas salaires peuvent s?endetter?? et c?est comme ?a que ce syst?me bancal a ?t? maintenu en vie par des cr?dits ? la consommation et des taux d?int?r?t peu ?lev?s. Le r?sultat de ces logiques, c?est d?un c?t? des hauts revenus qui ne sachant plus quoi faire de leur argent se mettent ? sp?culer, et de l?autre des bas revenus qui se sont surendett?s pour pouvoir consommer. C?est la crise de 2008. Ce qu?elle a d?montr? c?est qu?on avait gaspill? de l?argent ? donner plus ? ceux qui avaient d?j? trop. Et qu?il fallait absolument remettre en ordre la hi?rarchie salariale pour qu?elle soit efficace du point de vue ?conomique. (?) ce n?est pas du tout le choix qui est fait par les gouvernements europ?ens notamment, qui ont tous annonc? des budgets d?aust?rit?, dont beaucoup pr?voient au contraire de baisser les salaires des fonctionnaires. Ce sont des choix qui me semblent inqui?tants car ils risquent de nous faire replonger dans la crise.

Le cercle vicieux de la rigueur

Ces politiques qui visent ? faire des ?conomies budg?taires r?duisent la dynamique salariale, r?duisent l?emploi public, et donc freinent la consommation. On r?duit la demande au moment m?me o? les usines sont en sous-production, o? le ch?mage est ?lev?, donc o? on a une capacit? industrielle et humaine sous-exploit?e. On ne fait qu?approfondir le d?s?quilibre. Et ceux qui disent que l?Etat n?a plus les moyens de faire des budgets de relance oublient que lorsque les salaires sont bas, les imp?ts sont bas et les recettes fiscales sont faibles. C?est tr?s d?primant d??tre dans une situation d?endettement mais il ne faut pas oublier que ce n?est pas l?endettement public qui nous a mis dans cette situation difficile. C?est une crise de la dette priv?e. Et c?est pour ?viter une crise financi?re de l?ampleur de celle des ann?es 30 que les gouvernements ont d? creuser la dette publique. Entre deux maux, ils ont choisi le moindre. Cet endettement public, qui ?tait indispensable, on ne pourra pas le r?sorber avant dix ou quinze ans. Donc on pourrait voir ? moyen terme et envisager d?augmenter les salaires maintenant pour faire repartir l??conomie. Mais l? on se confronte ? ce que les ?conomistes appellent un ??probl?me de coh?rence intertemporel?? : le temps du politique n?est pas celui de l??conomie. Il faudrait faire un plan coh?rent sur quinze ans. Pas sur les deux prochaines ann?es. ?

G?rard Cornilleau ne traite pas des motivations id?ologiques qui sous-tendent l?aust?rit? ? ce n?est pas son boulot. Mais comme la politique guide typiquement ce type de choix ? contrairement ? ce que pr?tendent justement ces charlatans de lib?raux, selon lesquels ??il n?y a pas d?alternative?? -, comment interpr?ter l?attitude en apparence totalement aberrante et suicidaire de nos dirigeants, aussi bien sarkozystes chez nous que partout ailleurs en Europe, jusqu?au FMI du ??socialiste?? Dominique Strauss-Kahn ? Hasardons l?hypoth?se d?une fuite en avant, suivant l?adage qui veut que ??ce qui est pris n?est plus ? prendre??, une ?ni?me version d? ??apr?s-moi le d?luge?? ou encore, pour reprendre un titre c?l?bre de Woody Allen, Prends l?oseille et tire-toi. La cupidit? de l?oligarchie la conduit ? n?gliger le fait m?me que la mis?re g?n?ralis?e des peuples finira par r?duire ses sacro-saints profits ! Enivr?e par sa richesse et son pouvoir, elle croit aussi sans doute?tenir dans les circonstances actuelles l?occasion r?v?e de terrasser d?finitivement toute opposition sociale ? ses app?tits gargantuesques. Jean-Jacques Chavign? (journaliste de la revue?D?mocratie?& socialisme)?et G?rard Filoche (r?dacteur en chef de ce m?me titre et dirigeant socialiste-sans-guillemet) d?crivent avec talent le ph?nom?ne dans un article publi? sur le blog de ce dernier : ??Les dirigeants n?olib?raux de l?Union europ?enne ont d?cid? d?utiliser la dette publique comme un levier pour en finir avec les acquis sociaux des peuples europ?ens. Ils appellent ?a ?la p?dagogie de la dette?. Les responsables de la crise, les banques, les sp?culateurs pourront tranquillement continuer ? sp?culer et ? pr?parer ainsi la prochaine crise financi?re. C?est ce qu?ils ont fait en Gr?ce o? l?Union Europ?enne et le FMI?ont mis un ?plan d?aide ? la Gr?ce? qui soutient la Gr?ce comme la corde soutient le pendu. Un ?plan d?aide? qui s?attaque aux acquis sociaux des salari?s grecs et livre les services publics aux multinationales.?? Face ? ce rouleau compresseur qui ?crase le continent, et bien que Filoche appartienne (h?las !) toujours au PS, les peuples n?ont rien ? attendre des sociaux-d?mocrates, comme l?illustrent les cas espagnols, portugais et grecs, o? ils sont les promoteurs de cette politique d?aust?rit? qui n?est qu?un nouvel avatar de la guerre des classes. Quant aux repr?sentants fran?ais de cette confr?rie, ils ont coutume d?additionner leurs votes au parlement europ?en ? ceux des lib?raux. Et inutile de rappeler que le chouchou actuel des sondages, qui pourrait ?tre leur candidat en 2012, d?montre avec ?clat ? la t?te du FMI ? quel point il est vendu ? l?oligarchie financi?re.

La seule opposition qui vaille, avec celle de ce qu?il reste de syndicats non-collaborationnistes, est par cons?quent celle du Parti de la gauche europ?enne, f?d?rant les organisations rouges et vertes de?l?autre gauche (radicale) de?20 pays diff?rents, pr?sid? par le Secr?taire g?n?ral du PCF, Pierre Laurent,?et dont les repr?sentants fran?ais sont les eurod?put?s du?Front de gauche. Il organisait son troisi?me Congr?s ? Paris du 3 au 5 d?cembre. Voici sa profession de foi 😕??Des sacrifices de plus en plus insupportables sont impos?s aux peuples europ?ens, d?plore-t-il d?s l?introduction de la?Feuille de route sociale du Congr?s.?En effet, dans la grande majorit? des pays europ?ens s?appliquent des programmes de r?duction des d?penses publiques, de superaust?rit?, de lib?ralisation des services publics et du march? du travail. Pour g?n?raliser ces politiques, les pays, avec la complicit? totale des gouvernements, sont plac?s sous tutelle par la Commission europ?enne, la Banque centrale europ?enne et d?autres institutions comme le FMI.?Ces politiques sont pr?sent?es comme une r?ponse n?cessaire ? la crise ?conomique et financi?re. Mais celle-ci est celle de?la toute-puissance des march?s et du grand capital. Elle est?la crise du capitalisme actuel, financier et mondialis?. Cette crise s??tend ? l?environnement, ? l??nergie, ? l?alimentation, ? la culture et aux valeurs morales. C?est pourquoi elle se manifeste ? tous les niveaux politiques et dans toutes les soci?t?s r?gies par le mode de production capitaliste et, de ce fait, au sein de la construction europ?enne avec ses orientations actuelles, ses politiques n?olib?rales et ses institutions. La crise actuelle de la dette constitue une nouvelle phase de cette crise. Elle a ses racines dans les ?volutions ?conomiques et sociales des trente derni?res ann?es. Cristallisant l?ensemble des facteurs de crise, elle affecte maintenant de plus en plus la vie quotidienne des populations. Nous, Parti de la gauche europ?enne, avec les autres partis et organisations socialistes, communistes et rouges-verts qui constituent la Gauche europ?enne dans sa pluralit?, nous nous opposons ? ces politiques et ? ces structures n?olib?rales appliqu?es ? l?Union europ?enne au travers des trait?s successifs,?jusqu?au trait? de Lisbonne.?? Elle s?oppose, parfait, mais h?las ? l?heure actuelle, le poids ?lectoral des composantes de l?autre gauche la fait pisser dans un violon.

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