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R?bellion factice!!!

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ANDRE LEFEBVRE
ANDRE LEFEBVRE

Note?: Cette image est celle d?un homme du peuple. ??Il ne se prend pas pour un autre?? et n’est certainement pas un « mouton ».

Le 10 novembre 1822, ? Maskinong?, naissait mon anc?tre subs?quent, fils d?Ignace Lefebvre et de Marie Gervais. C?est lui qui aura ?t? le copain de jeunesse de Fran?ois-Xavier Aubry dont j?ai parl? dans l?article pr?c?dant. Par contre, ? son ?poque, Aubry n?est pas le seul ??h?ros?? canayen ? se manifester. Mais commen?ons par l?Acte de bapt?me de Martin Lefebvre sr.

Ignace, p?re de Martin sr, habitait l? o? sera constitu?e la future paroisse de Ste-Ursule. Par contre, ? cette date, il faisait encore partie de la paroisse de St-Joseph de Maskinong?. Ce n’est qu’en 1855 que sera constitu?e celle de Ste-Ursule.

Le parrain de Martin sr se nomme Joseph Cl?ment et sa marraine, Fran?oise Cl?ment. C’est sur ce baptist?re qu’on apprend qu?Ignace p?re ne sait pas signer son nom.

Martin ?pouse Suzanne Turner le 25 octobre 1845. Il est ?g? de 23 ans et Suzanne, de 13 ans. Elle d?c?dera le 5 f?vrier 1867 ? l’?ge de 36 ans, ? Montr?al.

Voici l?acte de mariage?:

On remarque qu?? la naissance de Martin sr, son p?re Ignace est ??journalier?? et qu?? son mariage, Ignace est maintenant ??menuisier??. On ne mentionne pas qu?il fut ??b?cheron??; donc je ne peux pas affirmer qu?il l?aie ?t?.

Sur le recensement de 1851, Martin sr et Suzanne Turner semblent avoir deux enfants. L’un appel? Marcel ?g? de 4 ans et l’autre Rose-Anne ?g?e de 2 ans.? Martin sr y est ?g? de 26 ans, ce qui n’est pas exact puisqu’il est n? en 1822; il est donc ?g? de 29 ans. Suzanne, elle, y est ?g?e de 19 ans, ce qui est exact, ?tant n?e le 10 d?cembre 1832.

Par contre ce petit ??Marcel?? est plut?t Martin et il serait ?g?, non pas de 4 ans mais de 7 ans. Le pr?nom de l?enfant est une erreur du recenseur; mais pourquoi falsifier les ?ges? Il n’est pas possible que Suzanne et Martin sr ne sachent pas que Martin jr est ?g? de 7 ans et non de 4 ans. Il faut bien admettre que c’est l?, l’?uvre de Martin sr et de Suzanne, ses parents. D’autant plus que les « falsifications » d’?ge du petit Martin et celle de son P?re (3 ans) sont les m?mes. Quelle peut en ?tre la raison? Je ne sais pas du tout et je ne peux l?expliquer. Peut-?tre que le recenseur ?tait re?u chez chacun des habitants avec un petit coup de ??caribou?? et qu?il est pass? chez Martin ? la fin de l?apr?s-midi?

Martin sr est menuisier de m?tier comme son p?re. Le couple d?m?nage ? Montr?al avant le d?c?s de Suzanne en 1867.

Apr?s le d?c?s de Suzanne, Martin sr ?pousera Catherine Casavant dit Ladebauche, le 26 ao?t 1867 ? Montr?al.

? partir d?ici, ?a devient un peu ??dangereux?? pour la renomm?e de la famille:

La fille de Martin sr, appel?e Rose-Anne, ?pouse Damase Dub? le 8 mars 1886 ? Montr?al o? son p?re, Martin sr, signe le registre. Si elle avait deux ans lors du recensement de 1851, elle s’est mari?e ? l’?ge de 37 ans (encore une fois, un ?ge tr?s avanc? pour une femme de l??poque), tandis que son fr?re Martin jr, ? l??ge 19 ans, ?pouse Cord?lia Laporte en 1872. Rose-Anne avait 18 ans lorsque sa m?re est d?c?d?e et son p?re s’est remari? six mois plus tard. Elle serait donc rest?e chez son p?re jusqu?? l??ge ?37 ans. Rose-Anne ?pousera, en seconde noce, un d?nomm? Timoth?e Desrochers en 1894 ? Montr?al.

Ce Damase Dub?, premier ?poux de Rose-Anne, est le fils de Francois Dub? n? le 30 oct 1823 ? Louiseville (il est fils de Jean Dub? et de Josephte B?langer, mari?s ? Louiseville le 21 janvier 1805) qui a ?pous? ?milie Larivi?re le 16 octobre 1854 ? Montr?al. Par contre, Catherine Casavant dit Ladebauche est veuve d’un Fran?ois (Xavier) Dub?, « voyageur » de profession, n? aussi ? Louiseville, mais le 2 juin 1820. (Il est? fils de Jean Rock Dub? et Th?r?se B?langer mari?s ?galement ? Louiseville); mais ce Fran?ois Dub? ?pouse Catherine Casavant le 25 novembre 1854 ? Montr?al. Ces deux personnages semblent le m?me Fran?ois Dub?.? On les a unifi? sur le site g?n?alogique « Mes A?eux »; mais le couple du 16 octobre 1854 auront trois enfants, Damase, Fran?ois et Napol?on. Ce couple aurait donc eu trois enfants en l?espace de 40 jours; ce qui me semble un miracle style « multiplication des pains ».

En r?alit?, les deux individus sont fr?res; l?un s?appelle ??Fran?ois?? n? en 1820 et l?autre ??Fran?ois-Xavier?? n? en 1823. Catherine Casavant, seconde ?pouse de Martin Lefebvre sr est donc la tante du Damase Dub?, ?poux de Rose-Anne Lefebvre (j?ai propos? la correction chez Mes A?eux, qui fut accept?e). Ouf! Un autre cas de bigamie d??vit? de justesse!

Catherine Casavant d?c?de le 5 janvier 1894 et est inhum?e ? la paroisse St-Jean Baptiste de Mtl. Martin sr est alors ?g? de 72 ans. Il d?c?dera le 8 juillet 1901 ? Montr?al ?g? de 79 ans.

Martin sr ?tait menuisier-charpentier. Il arrive ? Montr?al avant le d?c?s de Suzanne Turner, sa premi?re ?pouse. J?ai pu retracer ses adresses ? Montr?al dans les registres d?adresses de la ville de cette ?poque. C?est assez curieux de pouvoir visiter les maisons o? mon anc?tre a v?cu.

Avant son arriv?e ? Montr?al, des ??h?ros?? canayens, autres que Fran?ois-Xavier Aubry, ?s?y sont manifest?s. Je parle de ceux que nous appelons?: ??Les Patriotes?? de 1837 et 1838. Martin sr est ?g? de 15 ans lors de la r?bellion de 1837. Il demeure encore, ?videmment, chez son p?re Ignace Lefebvre, ? Maskinong?. Tous les enfants de la famille sont mineurs lors de cette r?volte. La famille subit toutefois le climat social et politique qui m?ne ? cet ?v?nement important de l?histoire des ??Canayens??.

Une facette rarement soulign?e au sujet de cette ??r?volte des Patriotes?? est qu?elle est un ?v?nement conjoint et presque simultan? de r?bellion du Haut et du Bas-Canada.? Au Bas-Canada, le but principal de la r?bellion est d?abattre cette oligarchie des marchands qui a prit le pouvoir. Le d?veloppement des pr?misses s?installent entre 1790 et 1800 durant la traite de la fourrure et le mouvement s?est, ensuite, amplifi? lors de l?essor de l?industrie foresti?re ? partir de 1810.? Au Haut-Canada le probl?me est similaire; c?est-?-dire qu?on s?y rebelle contre le contr?le du gouvernement par une minorit? de riches, ?lites de cette soci?t?.

La r?bellion du Bas-Canada est dirig?e par les fr?res Wolfred et Robert Nelson, et par Louis-Joseph Papineau qui avait ?t? ?lu la premi?re fois, en 1792. Ann?e o? Pierre Lefebvre fuit le Qu?bec vers l’Ouest.

Les ??Canayens?? r?alisent peu ? peu que l?acte constitutionnel?de 1791?ne leur permet pas de s?administrer eux-m?mes.? La ??clique?? des marchands anglais s?est appropri? du contr?le du gouvernement.? L??lite canadienne fran?aise comprend finalement que pour faire valoir ses droits, elle doit contr?ler le Conseil ex?cutif. Droits qui permettront d?assurer et d?organiser le d?veloppement de leur province peupl?e majoritairement de ??Canayens??.? Ce d?sir de contr?ler l?ex?cutif pousse les chefs politiques ??Canayens?? ? r?clamer ce qu?on appelle ? l??poque?:???le Gouvernement Responsable??.? Ce concept gouvernemental date de 1742 en Angleterre pr?sent? par Robert Warpole.? Au Canada on n?obtiendra un???Gouvernement Responsable???qu?en 1848 (106 ans plus tard), co?ncidant avec le retour de Louis-Hyppolite Lafontaine ? la t?te du gouvernement.

C?est le rapport de Lord Durham qui qualifie la r?bellion des patriotes de 1837 comme ?tant une question ??ethnique?? et ??culturelle??.? C??tait l?, l?argument principal des ?cossais et des Anglais du Canada depuis belle lurette.?Cette fausse interpr?tation ??nationale?? fut appuy?e par notre clerg?. ? mon sens, cette prise de position est une trahison de la nationalit? ??canayenne??. Faire croire que les ??Canayens?? ?taient des ??Fran?ais abandonn?s?? par leur ??Patrie?? ne servait qu?? ?touffer la vraie nationalit? « canayenne » existant depuis 1629. Le but ?tait de tuer cet esprit d?ind?pendance et d?affaiblir la ??bonne ?toffe?? du citoyen dont avait parl? Bougainville en 1759.? Les ??nationalistes?? d?aujourd?hui ont malheureusement adopt? ce concept Anglais, tout ? fait inexact pour identifier notre nation. Il est clair que la r?bellion de 1837 n??tait pas du tout une question de ??nationalit??fran?aise?.

La situation, au d?part, est que l?assembl?e l?gislative du Bas-Canada a le pouvoir de passer des lois?; mais que le Gouverneur peut rendre inop?rantes les lois vot?es, parce qu?il d?tient les cordons de la bourse.? Comme il fait partie de la ??clique?? marchande britannique, il nomme des ??incomp?tents riches?? ? des postes de commande.? Ceux-ci influencent les ?lections et bloquent l?acc?s des ??Canayens?? au fonctionnariat.? Ce qui n?est vraiment plus le cas aujourd?hui, on se doit de l?admettre. Sauf que ceux qui y acc?dent ne sont plus « Canayens ». Ils sont « Qu?b?cois ». Il y a une « nuance » tr?s importante.

Les ??Canayens?? de l??poque, qui parviennent ? obtenir un poste de fonctionnaire, sont r?mun?r?s ? 13,500 louis, comparativement aux Anglais, qui le sont ? 58,000 louis pour le m?me poste.? Les juges Anglais obtiennent 28,000 louis contre 8,000 par les juges Canayens.? Les titres fonciers sont de plus en plus difficiles ? acqu?rir pour les ??Canayens?? ? qui on ajoute constamment des obstacles.? Pendant ce temps, Londres attribue des terres partout, sans consulter le Parlement Canadien.? La nation Canadienne, incluant les anglophones ET les francophones, n?a plus aucun pouvoir.? C?est ce qui met le feu aux poudres.?? On y reconna?t d?j?, cependant, la ??politique d?-nationaliste?? qui servira ? abattre les M?tis.

Le Parti Patriote existe depuis 1826.? Il s?oppose au ??Tory Party??, (constitu?s d??cossais et d?Anglais) qui lui, est tr?s largement minoritaire ? l?assembl?e l?gislative; mais qui poss?de le contr?le des deux conseils sous les ordres du Gouverneur de la colonie.

La confrontation dure d?j? depuis longtemps.? L?arriv?e de James Henry Craig, en 1806, comme lieutenant gouverneur du bas-Canada, n?avait pas am?lior? la situation.? Il est un ?cossais maladif, au lit la plupart du temps.? Il doit donc se fier ? ses ??amis?? Tory pour conna?tre la situation politique canadienne.? Il est alors port? ? favoriser le parti des Britanniques face au ??Parti Canayen?? qui deviendra ??le Parti Patriote??.

Le Parti???Canayen?? est dirig? par Stanislas Bedard qui veut une r?forme constitutionnelle? obligeant le conseil ex?cutif ? ?tre responsable devant les ?lus du peuple.? En 1810, Bedard est emprisonn?, pour s?dition sous des accusations forg?es de toutes pi?ces.

Sans preuves, le gouverneur Craig est forc? de le lib?rer; mais celui-ci refuse de sortir de prison aussi longtemps qu?il n?aura pas subit de proc?s.? Deux fois, en 1809 et 1810, Craig dissout la chambre dans l?espoir que le parti britannique gagnera les ?lections qu?il provoque de cette fa?on.? Peine perdue; et c?est ? ce moment-l? qu?il fait emprisonner Stanislas Bedard.? Celui-ci passe plus d?un an en prison.

En 1815, Louis-Joseph Papineau devient chef du parti.? Il poursuit la m?me politique que Bedard; sauf qu?il d?veloppera la notion du ??patriotisme?Canadien-fran?ais? chez les ??Canayens??. C’est l? l’une des raison pourquoi je consid?re Pierre Lefebvre, d?c?d? en 1815, comme l’un des derniers « vrais Canayens ». ?En 1826 le Parti devient le ??Parti Patriote??.? Et c?est en 1834 que la chandelle s?installe au-dessus de la poudri?re.

Cette ann?e-l?, on pr?sente ? la chambre d?assembl?e, 92 r?solutions.? Elles incluent les demandes 1) d?un ??Gouvernement Responsable??, 2) l??lection des membres du conseil ex?cutif et, 3) avoir plus de ??Canayens?? aux postes administratifs du pays.? On envoie ces r?solutions au parlement de Londres, parce qu?on estime que celui-ci n?est pas au courant des abus qui se d?roulent au Bas-Canada.? C?est bien l? une preuve que les ??Canayens?? font toujours confiance au gouvernement de Londres et qu?ils n?ont pas du tout cette mentalit? ??anti-anglaise?? d?crite par les ??Tory??.

Les ??Canayens?? sont conscients que le probl?me est essentiellement le contr?le d?tenu par cette ??clique?? des marchands ?cossais et Anglais du Canada.? Par contre, la tactique de mettre tous les probl?mes dans un seul sac, et de l?envoyer ? Londres, n?est pas tr?s adroite.? Le probl?me le plus grave ?tant le contr?le du gouvernement, on aurait d? s?attaquer exclusivement ? celui-l?.? En ajoutant les autres, on diminuait l?importance du premier et on ouvrait plusieurs ??portes de sortie?? ? l?opposition. Nous savons, aujourd’hui, que ces 92 r?solutions furent ?crites par Louis-Joseph Papineau. Ce qui appuie mon opinion qui viendra plus loin.

La r?ponse aux 92 r?solutions arrive en mars 1837.? Malgr? plusieurs ardents d?fenseurs dont John-Arthur Roebuck et les d?marches londoniennes nombreuses de Denis Benjamin-Viger et d?Augustin-Norbert Morin, tout est rejet?.? Lord Russell, du parti ??Whig??, avait pourtant combattu pour le ??Reform act 1832?? qui avait servi ? enlever le pouvoir des mains des riches propri?taires fonciers en Angleterre.? Probl?me identique ? celui du Haut-Canada et similaire ? celui du Bas-Canada.

Le parti ??Whig?? au pouvoir en Angleterre, refuse toutes les 92 r?solutions des ??Canayens?? et les remplacent par les 10 r?solutions de Lord Russell.? Il faut dire que Russell s??tait bas? sur le rapport d?enqu?te de Lord Gosford; qui n?occupait la position de Gouverneur en chef que depuis deux ans.? Donc, pas tellement renseign? sur la situation du Bas-Canada.? ? quel point la ??clique?? des marchands ?cossais et Anglais influence Gosford, est difficile ? dire mais facile ? comprendre.? Une chose est cependant notoire?: il est Irlandais.

Dire que Russell consid?re que l?acceptation des 92 r?solutions est de c?der aux int?r?ts de rebelles violents, n?a aucun sens, puisque la r?bellion n?a pas encore eu lieu lors du rejet.? Par contre, si vous lisez le texte de ces 92 r?solutions, il est difficile de ne pas remarquer les r?p?titions et la lourdeur du style qui rend sa lecture fastidieuse.? Cette lecture l?est-elle plus que les autres textes??? Peut-?tre pas, mais elle l?est plus que les dix r?solutions de Russell, en tous les cas.

Les r?solutions Russell permettent au gouverneur d?utiliser les fonds publics sans obtenir l?accord de la chambre d?Assembl?e. Rien n?est chang?.? C?est signe d?une compl?te incompr?hension du probl?me de la part du gouvernement de Londres.? Lorsqu?on lit ces r?solutions, on a l?impression que le seul dilemme est le remboursement d?une dette de 142,160 livres, 14 sols et 6 deniers.? Ce qui indique ? quel point le probl?me du Bas-Canada avait ?t? mal pr?sent? par le Parti Patriote ou tr?s bien occult? par le parti ??Tory?? canadien.

Une phrase que l?on peut lire dans Wikipedia, sous-entend un petit quelque chose d?ambig?e au sujet de la r?bellion de 1837?:

??Au cours du printemps et de l??t? 1837, les chefs r?formistes, dont le principal ?tait?Louis-Joseph Papineau, chef du?Parti Patriote,?ont tir? parti des tensions politiques de longue date pour mettre sur pied une large force rebelle.??

La question devient?: Est-ce que Louis Joseph Papineau a MOUSS? la tension politique pour parvenir ? ses fins?qui auraient ?t? la reconnaissance du fait Fran?ais au Bas Canada,?o? est-ce que c?est simplement le rejet des 92 r?solutions qui ont fait perdre patience aux Canayens??

Les historiens qui viendront un peu apr?s cette ?poque adopteront, pour la plupart, l?option de la d?fense du ??fait fran?ais??.? C?est une erreur ou m?me, une ??falsification?? de la r?alit? politique de l??poque. Peut-?tre pas aux yeux de Papineau qui avait int?r?t ? se dire un ??Seigneur d’origine fran?aise ?, mais certainement aux yeux de la population de nationalit? ??canayenne??. On a l?, une explication probable du d?part de Stanislas Bedard de l?ar?ne politique. B?dard n?appuyait pas la notion de ??Fran?ais abandonn?s par la patrie??. Il ?tait un ??Canayen?? qui voulait diriger sa province.

La reconnaissance de ce ??fait Fran?ais??, comme responsable de la r?bellion, n?a aucun sens, puisque plusieurs ??r?volutionnaires?? sont Canadiens-anglais.? Ce fameux ??fait Fran?ais?? du Bas-Canada ?tait, depuis le d?part de James Murray et de Guy Carleton, l?argument massue du parti ??Tory?? du gouvernement.? Le seul d?clencheur chez les ??Canayens?? de la r?volution de 37 est la nouvelle impression que le Gouvernement de Londres endosse les abus de la ??clique?? marchande ?cossaise repr?sent?e par le parti ??Tory?? et rien d’autre.

La confrontation arm?e s?engagera apr?s l?assembl?e des six cont?s tenu ? St-Charles et pr?sid? par Wolfred Nelson et Louis Joseph Papineau. Nous verrons, plus loin, que Papineau n??tait pas un ??patriote?? aussi radical que Nelson qui, lui, ne d?fend d?finitivement pas le « fait fran?ais ». D?ailleurs, Papineau se retirera aux USA tout de suite apr?s la premi?re victoire des patriotes. On dit que c?est sous les conseils des dirigeants, mais cela est compl?tement illogique. Il est certain qu?il ne voulait pas combattre. Reste ? savoir s?il a voulu la r?volte en s’?vitant ses dangers. Sa position sociale et la suite de son histoire le laisse soup?onner. ? la deuxi?me bataille, c?est la d?bandade. Suite au d?part de Papineau, les patriotes sont beaucoup moins motiv?s et tout d?sorganis?s. Papineau reviendra dans son ??pays???sept ans plus tard, lors de l?amnistie g?n?rale en 1845. Il sera r??lu en 1848 et devient alors ??annexionniste?? avec les USA. Nous avons eu l? tout un chef ??patriote??. Les autorit?s en ont fait un ??h?ros??; bravo ? eux; quant ? moi?

Martin Lefebvre sr est ?g? de 23 ans lorsqu?il ?pouse Suzanne Turner ? Ste-Ursule de Maskinong? le 25 octobre 1845.? Les r?bellions de 37 et de 38 sont termin?es mais ne sont pas encore chose du pass?.? L?union du Bas et haut Canada produit la ??Province of Canada?? en 1840.

Le conseil l?gislatif et le conseil ex?cutif du Bas-Canada n?existent plus.? La sup?riorit? du nombre de Canayens, s?imposant ? chaque ?lection, est perdue puisque les Anglais du Haut-Canada participent maintenant aux m?mes ?lections avec une population beaucoup inf?rieure.? Les finances d?faillantes du Haut-Canada sont jumel?e aux finances du Bas-Canada encore solvables.? L?usage du fran?ais est banni de l?administration.? Le si?ge administratif de la nouvelle province s?installe ? Kingston.? L?ancien Bas-Canada de 650,000 habitants, est repr?sent? au gouvernement, par 42 si?ges, tout comme les 450,000 habitants du Haut-Canada. La r?bellion de 37 a servi ? amoindrir l?importance de la nation ??canayenne?? et surtout servi ? la faire dispara?tre.

Lorsque les 92 r?solutions sont rejet?s par Londres; les ??Chefs?? des Patriotes se retrouvent dans une situation qu?ils ont eux-m?mes provoqu?.? Personne ne peut nier que ces patriotes furent des h?ros.? Personne ne peut nier que certains d?entre eux furent des tra?tres ? leurs amis; et personne ne peut nier que leurs chefs furent des l?ches.? Mais qu?elle diff?rence existe-t-il entre ces h?ros et ceux qui les ont pr?c?d? que nous avons d?j? rencontr??

La diff?rence est au niveau psychologique.? Nos premiers h?ros d?cidaient individuellement et agissaient selon leur propre perception discut?es sur le « perron de l’?glise ».? Mais en 37, l?autorit? est dans les mains des eccl?siastiques, « ? l’int?rieur de l’?glise » et ce contr?le ?uvre maintenant au niveau des esprits et non plus simplement au niveau des comportements. Deux g?n?rations de ?conditionnement?? ont suffit ? transformer la soci?t? ??canayenne?? d’hommes libres, en soci?t? ??canadienne-fran?aise?? d’oies serviles gav?es par les autorit?s. Deux g?n?rations ont suffi ? pratiquement annuler cette libert? des ??Canayens?? qui les avaient pr?c?d?.

Les Canayens ont adopt? l?habitude de se laisser influencer par la Foi, sans y appliquer leurs convictions personnelles. Convictions qu?ils laissent tomber face ? cette Foi commune. Autrement dit?: ils ne sont plus ces ?coureurs de bois? ??ind?pendants?? et ??libres?? religieux ??? leur fa?on??. L?habitude de se ??livrer?? avec confiance aux repr?sentants de l’instance Divine, les rend, dor?navant, d?pendants de tout individu qui parvient ? se hausser ? un niveau ??sup?rieur ? l?ensemble ?.? Ils deviennent ??prisonniers?? de ceux qu?ils admirent au lieu de simplement leur reconna?tre des aptitudes diff?rentes qui les d?marquent.? Ils deviennent ??mall?ables??. Une simple photo de Louis-Joseph Papineau d?montre cet esprit ???litiste?? d?velopp? chez nos ?lus?:

Avouez que nous ne sommes pas devant la photo d?un homme qui se croit ??homme du peuple??. Il serait ??Cardinal?? et il prendrait la m?me pose et le m?me genre d?habit.

Il n?y a rien de chang? chez les ??Qu?b?cois?? d?aujourd?hui. Les marchands anglais et le clerg? canadien sont parvenus ? transformer nos anc?tres ??canayens?? en ??Qu?b?cois?? plus ou moins ??eunuques?? impressionn?s par les ??titres?? de la fonction publique. Remarquez qu’ils sont ainsi plus facile ? « gouverner ». Les autorit?s appelle cette caract?ristique « soci?t? civilis?es ».

Certains de ces ??h?ros?? de 1837 laissent entendre la ??tra?trise?? du clerg? et des hommes politiques canayens de l??poque. Par exemple, Fran?ois Xavier Prieur raconte plus tard:

???pour n?avoir pas lors ob?i aux ordres de l??glise exprim?s par nos premiers pasteurs;??On s?attendait ? des secours venant des USA et une coop?ration organis?e de la part du Haut-Canada.? Chacun oubliait les malheurs de l?ann?e pr?c?dente pour n?envisager que la possibilit? du succ?s et, avec lui, le redressement de tous les griefs r?els et imaginaires? J??tais jeune, sans exp?rience, j?aimais sinc?rement mon pays,?je croyais ? l?existence de tous les griefs ?num?r?s,?? l?efficacit? du rem?de propos?? Une chose, cependant, jetait un voile de tristesse sur mon enthousiasme, c??tait l?opposition du clerg? ? notre entreprise??

Les griefs imaginaires sont justement cette notion de ??Fran?ais abandonn?s par la patrie?? que Papineau promulguait; parce que les griefs « administratifs » ?taient, eux, tr?s r?els. Par contre, l’emprise de l’?glise sur son esprit est ind?niable.

?galement Fran?ois Chevalier Delorimier dit?: ???Des hommes d?un m?rite sup?rieur au mien m?ont battu la triste carri?re qui me reste ? parcourir de la prison obscure au gibet.?? ???battre la triste carri?re?? est ici synonyme de ??battre le chemin vers??; de Lorimier parle donc de la responsabilit? des ??hommes de m?rite sup?rieur ? lui?? qui l?ont dirig? vers le gibet, c?est-?-dire?:?ses chefs.? C?est une accusation tr?s claire.

Il dit ?galement?: ??Le sang et les larmes vers?s sur l?autel de la libert? arrosent aujourd?hui les racines de l?arbre qui fera flotter le drapeau marqu? des deux ?toiles des Canadas.??.?

Ces deux ?toiles repr?sentent les deux r?publiques canadiennes conf?d?r?es que l?on voulait cr?er?: R?publique francophone et r?publique anglophone; c’est ? dire: deux Canadas?au lieu d’un cadenas.?

Finalement, un autre h?ros nomm? Hindenland, fran?ais de Paris, qui sera pendu lui aussi ? Montr?al, pr?sente les lignes suivantes?:

???Le sang vers? sera lav? par du sang?:?que la responsabilit? en retombe sur ceux qui la m?rite.? Canadiens, mon dernier adieu est ce vieux cri de la France?: Vive la libert? !? Vive la libert? !???

Que penser de cette??responsabilit? qui doit retomber sur ??ceux qui la m?rite??.??Est-ce que ce ne serait pas ses ??chefs?? qui l’ont laiss? tomber ? Ces phrases sous-entendent, en tous les cas, que lui,?ne la m?rite pas.

Prieur quant ? lui, ?crit encore :

?????????Je ne comprend vraiment pas, aujourd?hui, comment une pareille id?e avait pu prendre?de si fortes racines?au sein de notre population et survivre, chez nous, condamn?s politiques?.??

???????Certain choisissent l?ind?pendance comme ?tant ce dont parle ici Prieur et l?ajoutent entre parenth?ses; mais je pense plut?t qu?il parlait de ??nationalit? fran?aise??. Mon cher Prieur, si tu avais vraiment acquis l?exp?rience des ??coureurs de bois??, tu aurais compris tout de suite que la source de tes convictions ?tait ??l?art oratoire??.? Les ??sauvages?? connaissaient depuis longtemps son pouvoir; et Louis Joseph Papineau, le meilleur orateur de l??poque, le savait ?galement.

Un autre ??d?tail?? significatif est que Papineau, lors de son discours tenu ? St-Charles, tenta de ??rafraichir?? les esprits ?chauff?s; mais n?y parvint pas car Nelson prenant le plancher aviva la r?bellion au maximum. Cette r?ticence de Papineau pour la r?volte arm?e laisse planer un doute sur sa volont? de cr?er les deux ??r?publiques??.? Papineau ?tait un politicien depuis 1792; et il ??jouait?? les ?motions de la population pour augmenter son pouvoir politique dans ??l??tat de l??poque??. Il n??tait pas int?ress? ? ??remettre tout en cause?? et reprendre ? z?ro son combat personnel pour le pouvoir dans une r?publique compl?tement diff?rente. ??Un tiens!?? vaut mieux que deux ??tu l?auras!??.

Comme on l?a vu plus haut, cette r?bellion rat?e a servi aux autorit?s cl?ricales et seigneuriales, vendues aux autorit?s anglaises, ? diminuer le pouvoir des ??Canayens?? dans leur ??patrie??. Ce n?est pas la premi?re fois dans l?histoire, qu?un peuple se fait leurrer par son ?lite; et ce ne sera certainement pas la derni?re. D’ailleurs, notre syst?me d?mocratique « repr?sentatif » est fait pour ?a.

Le fils de Martin sr, Martin jr de la g?n?ration suivante, vivra sa vie comme Qu?b?cois influenc? par le clerg? mais malheureux au fond de l??me, lorsqu?il se rappellera l??pop?e de ses anc?tres ??coureurs de bois?? desquels il avait abandonn? la libert?.

Il lui restait, et c’?tait encore heureux, la possibilit? d’aller ? la chasse de temps ? autre pour se « ressourcer ». Ce dernier ressort est, aujourd’hui, pratiquement ?limin?. Il ne nous reste que un ou deux petits « plans », accroch?s au garde-fou du balcon, pour nous convaincre d’appr?cier l’environnement b?tonn? de nos villes o? se retrouve nos « cages ? pigeons ». Je parle, ?videmment de « petits plans de tomates cerises ».

? suivre

Andr? Lefebvre

 

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