Accueil / A C T U A L I T É / Qu’est-ce que le Syst?me financier Islamique ? Diff?rent du capitalisme !

Qu’est-ce que le Syst?me financier Islamique ? Diff?rent du capitalisme !

Par comparaison, le syst?me bancaire islamique

 

 

http://www.fleurislam.net/media/doc/txt_banque_islamique.html

 

 

 

 

Qu’est-ce que l’usure? | La critique de l’usure dans l’histoire | La position de l’Islam face ? l’int?r?t | Principes de base du syst?me bancaire islamique


La religion musulmane englobe tous les aspects de la vie spirituelle comme de la vie sociale du croyant, instituant des principes aussi bien pour le rapport de l’homme ? Dieu qu’en ce qui concerne ses rapports sociaux et notamment les transactions commerciales.

Dans ce domaine, si le principe fondateur est celui de l’?quit? et de la transparence, Dieu a precrit ou interdit dans le Coran certaines pratiques. C’est notamment le cas de l’interdiction du pr?t ? int?r?t (Riba), dont la pratique diff?rencie principalement le syst?me bancaire international actuel du syst?me bancaire islamique.

Apr?s une courte pr?sentation du principe du pr?t ? int?r?t, nous examinerons certains arguments oppos?s par les penseurs ? cette pratique, avant d’exposer la position de l’Islam ? ce sujet et enfin introduire les principes de base du syst?me bancaire islamique.

 

Le pr?t ? int?r?t ou « usure » : faire des profits sur les besoins des emprunteurs

L’usure, le pr?t ? int?r?t consiste ? pr?ter une somme d’argent ? quelqu’un pour un temps donn?, qu’il devra ensuite rembourser int?gralement mais en payant en plus une somme que l’on nomme « int?r?t » et qui repr?sente une sorte de loyer vers? pour la « location » de l’argent de pr?t?.

Dans le pens?e occidentale, il existe traditionnellement une distinction entre « usure » et « pr?t ? int?r?t« , l’usure ?tant un pr?t ? un int?r?t tr?s fort. Dans la pens?e musulmane il n’existe aucune distinction entre ces deux termes, ceux-ci recouvrant la m?me pratique.

Le pr?t ? int?r?t critiqu? tout au long de l’histoire

M?me si de tout temps il y e?t des penseurs, philosophes et ?conomistes pour d?fendre l’utilit? de la pratique de l’int?r?t, il convient de rappeler que cette pratique f?t ?galement critiqu?e tout au long de l’histoire. En voici quelques exemples :

« Ce qu’on d?teste avec le plus de raison, c’est la pratique du pr?t ? int?r?t […] »

Aristote

Dans la gr?ce antique, Aristote (384, m.322 av. J.C.) qualifie la pratique du pr?t ? int?r?t de d?testable car elle consiste ? cr?er de la monnaie ? partir d’elle-m?me, alors que la monnaie a ?t? cr??e pour l’?change, non pour se servir elle-m?me.

Du c?t? des traditions monoth?istes, la tradition juive condamne ?galement tr?s clairement cette pratique et ce ne f?t, semble-t-il, qu’au retour de la captivit? de Babylone que f?t autoris? le pr?t ? int?r?t pour les non-juifs exclusivement.

L’Eglise catholique ?tait initialement tr?s oppos?e ? la pratique de l’int?r?t, fondant sa position ferme sur le texte biblique tr?s explicite ? ce sujet. Sous l’impulsion de Calvin (au XVIe si?cle) l’autorisation f?t donn?e aux protestants, et par la suite la pratique se r?pandit ? l’ensemble de la communaut? chr?tienne, cependant qu’il fallait respecter une limite morale (ne pas pratiquer un taux d’int?r?t trop fort).

De nombreux intellectuels ont de leur c?t? fustig? l’usure, le pr?t ? int?r?t, en argumentant que celui-ci dissuade l’investissement dans ce qui n’est pas directement et certainement rentable, m?me si cet investissement a une importance sociale (d?veloppement des infrastructures, ?ducation, etc.). L’?conomiste et philosophe Adam Smith (1723, m.1790 ap. J.C.) estima pour sa part que par l’usure « le capital est au risque de l’emprunteur qui est comme l’assureur de celui qui pr?te ». On voit tr?s nettement apparaitre ici cette inversion qui am?ne celui qui a besoin ? devenir l’assureur de celui qui poss?de.

« le capital est au risque de l’emprunteur qui est comme l’assureur de celui qui pr?te »

Adam Smith.

Les penseurs et th?oriciens socialistes ont ?galement d?velopp? la critique en argumentant que l’usurier (celui qui pr?te) re?oit des revenus sans fournir aucun travail, ce qui apparaissait ? leurs yeux comme une injustice particuli?re.

 

La position de l’Islam sur le sujet du pr?t ? int?r?t

A l’?poque de la r?v?lation coranique, la pratique du pr?t ? int?r?t ?tait tr?s r?pandue dans la soci?t? arabe. La r?v?lation coranique f?t sans ambiguit? au sujet de l’usure :

? croyants! Craignez Dieu; et renoncez au reliquat de l’int?r?t usuraire, si vous ?tes croyants.

Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part de Dieu et de Son messager.

Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne l?serez personne, et vous ne serez point l?s?s.

Coran, Sourate II, versets 278 et 279.

Ceux qui mangent [pratiquent] de l’int?r?t usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a boulevers?.

Cela, parce qu’ils disent: « Le commerce est tout ? fait comme l’int?r?t » Alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’int?r?t.

Coran, Sourate II, verset 275.

On rapporte ?galement cette parole de la bouche du Proph?te Mohammed "Sur lui la b?n?diction et la paix" (sur lui la b?n?diction et la paix):

« Dieu a maudit celui qui se nourrit d’usure, celui qui l’offre, celui qui en t?moigne et celui qui en ?tablit le contrat. »

Les savants musulmans ont d?duit que le croyant musulman ne devait donc pas pr?ter son argent ? int?r?t, ni m?me avoir recours au pr?t ? int?r?t. Devant l’apparition des nouvelles pratiques bancaires, au cours du XXe si?cle, les savants musulmans se sont interrog?s. En 1965, une commission de juristes musulmans venus de 36 pays s’est r?unie en Egypte, ? al-Azhar, afin de statuer sur la question de l’int?r?t. Ils confirm?rent unanimement cette prohibition.

« en Islam, tout pr?t ? int?r?t est prohib?, quel que soit son taux« .

Des avis particuliers (fatwa) ont cependant ?t? ?nonc?s par certains savants, dont Youssouf al-Qarad?w?, qui autorise les musulmans vivant en occident, et qui ne peuvent b?n?ficier de pr?ts sans int?r?t, ? avoir recours au pr?t ? int?r?t dans l’unique but d’acheter un bien indispensable, de premi?re n?cessit?. Il faut cependant rappeler que cet avis n’est pas partag? par la grande majorit? des savants contemporains, qui proposent plut?t aux musulmans d’avoir recours ? la location, au lieu de l’achat.

 

Principes fondamentaux du syst?me bancaire islamique

Les premiers pas… sont toujours difficiles

Les premi?res exp?riences de banque islamique eurent lieu dans les ann?es 1950 au Pakistan et dans les ann?es 1960 en Egypte, sous l’impulsion du d?veloppement du syst?me bancaire international.

Si ces exp?riences se sold?rent par des ?checs (pour le premier du fait d’une demande trop importante et d’une offre trop faible et pour l’autre suite ? l’assentiment du gouvernement ?gyptien), elles furent n?anmoins riches d’enseignements qui profit?rent aux banques islamiques actuelles des pays du Golfe ou de l’Asie.

Jusqu’? pr?sent le commerce et la banque avaient, en effet, ?t? approch?s sous un angle assez informel et la normalisation internationale corollaire du d?veloppement du syst?me bancaire international a amen? les musulmans ? formaliser ?galement un syst?me bancaire avec ses valeurs propres.

Principes fondamentaux

« L’id?e […] de la banque islamique est le […] partage

des risques »

Le principe du rejet du pr?t ? int?r?t est une caract?ristique fondamentale du syst?me bancaire islamique mais il diff?re du syst?me bancaire actuel ? d’autres titres et notamment par le rapport particulier que joue la banque islamique dans ce syst?me. En effet la banque islamique n’est pas un simple pourvoyeur de fond int?ress? uniquement aux garanties offertes par les emprunteurs, encore moins un simple coffre de d?p?t de valeurs, mais un v?ritable partenaire de l’entrepreneur emprunteur. La banque islamique offre ? ce titre des nombreux services de gestion ? ses clients, afin de les soutenir dans leur entreprise et assurer ainsi une activit? ?conomique saine et profitable aux deux partenaires.

L’id?e qui supporte l’action de la banque islamique est le principe du partage des risques, appel? en arabe « al-Ghunm bi al-Ghurm ». Celui-ci signifie que celui qui pr?te l’argent doit participer avec celui qui emprunte aux b?n?fices, comme aux risques. La banque islamique joue donc ici son plein r?le de partenaire, partageant gains et pertes avec son client. Elle assurera sa p?r?nit? en multipliant le nombre de ses clients (afin de r?partir le risque) et en leur proposant des services de conseil et d’accompagnement en gestion.

Si la banque islamique propose comme les banques habituelles de simples comptes de d?p?t pour les particuliers, dont les frais de gestion sont acquitt?s par les d?posants, elle propose surtout des services financiers destin?s aux entrepreneurs et qui prennent habituellement les formes suivantes :

  • Moudharaba ou « partenariat passif » : La banque finance enti?rement l’entrepreneur et partage les b?n?fices (s’il y en a) avec celui-ci selon un pourcentage fix? ? la signature du contrat. La seule source de revenue possible pour l’emprunteur est sa part de b?n?fice (il ne re?oit aucun salaire) et la banque prend ? son enti?re charge les pertes ?ventuelles.
  • Mousharaka ou « partenariat actif » : La banque agit dans ce type de contrat comme un actionnaire, profits et pertes ?tants partag?s entre elle et l’emprunteur, selon les proportions de leurs parts respectives dans l’actif de l’entreprise.
  • Mourabaha ou « financement commercial avec marge b?n?ficiaire » : La banque acquiert une marchandise pour le compte de son client, moyennant une marge b?n?ciaire fix?e ? la signature du contrat. Le banque transfert la propri?t? de la marchandise ? son client une fois qu’il a pay? le prix de celle-ci ainsi que la marge fix?e ? la signature. Ce type de contrat diff?re du pr?t ? int?r?t car la marge est fixe et n’augmente pas avec le d?lai de paiement.

Pour une pr?sentation plus en d?tail des principes et de la structure des banques islamiques nous vous invitons ? vous reporter ? l’excellent ouvrage de Mohammed Boudjellal, Le Syst?me Bancaire Islamique, paru en 1998 et ?dit? par l’Institut International de la Pens?e Islamique, USA (IIIT).

 

 

http://www.fleurislam.net/media/doc/txt_banque_islamique.html

A propos de

avatar

Check Also

L’Ekranoplan d’Alexeïev, une formule d’avenir (2) ?

Les Ekranoplanes c’est toute une histoire, celle qui constitue aujourd’hui notre feuilleton de l’été. Car ...