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Quand les gouvernements ne sont plus aim

Jean-Pierre Bonhomme

Image Flickr par AaronBBrown

Nos voisins des ?tats-Unis n?aiment pas leur gouvernement central. Une r?cente ?tude Gallup a montr? r?cemment que 72 p. cent des ?am?ricains? ont une perception n?gative du gouvernement f?d?ral; le contraire de ce qui se passait en cette ?poque Kennedy pas si lointaine que ca.
Les intellectuels ?tats-Uniens ? il en existe quelques uns; notamment ceux de la revue Harper?s ? expliquent cela par la puissance des id?ologues traditionnels qui ont favoris? la ploutocratie au d?triment des bonnes m?urs sociales, celles du partage et de la compassion. Aux ?tats-Unis il faut choyer les ?lites poss?dantes, les laisser accumuler des fortunes afin que celles-ci finissent par retomber sur les pauvres et sur les mus?es. Ne pas trop taxer les plus riches est devenu une sorte de cr?do et m?me le pr?sident Obama ? on l?a vu r?cemment ? n?a pu changer cet ordre des choses, cet ordre vertical de l??conomie. Autrement dit la s?curit? sociale des ann?es Eisenhower n?est qu?un accroc dans la toile de nos voisins. La norme c?est de laisser Andrew Carnegie, le baron de l?acier, et ses semblables s?enrichir et ceux-ci s?arrangeront bien pour donner leurs surplus aux moins nantis et aux institutions indispensables.
Au Qu?bec ce n?est pas tr?s diff?rent, cela ressemble au syndrome Chagnon, ce syst?me en vertu duquel un riche, apr?s avoir vendu un monopole de la communication, peut se permettre de redistribuer son argent aux bonnes ?uvres, mais ? sa guise et selon son bon vouloir. L??tat, apr?s tout, n?est pas le meilleur d?versoir, le meilleur lieu pour d?terminer comment faire le partage de la richesse! Il faut laisser la ploutocratie d?cider.

Oui mais il y a un hic. La revue Harper?s laisse entendre qu?il n?est pas si bon que ?a, pour la classe moyenne, de se comporter en serviteur des poss?dants. Il se pourrait, laisse-t-elle entendre, que certains riches n?aient pas le sens du partage bien aiguis? et que leurs vues n?embrassent pas un horizon bien large. S?il ?tait bon, par exemple, que les ?tats-Unis aient un nouveau r?seau de trains rapides, est-ce que les industriels de l?automobile n?auraient pas la tentation de tergiverser et de conserver leurs profits pour eux-m?mes? Ne faudrait-il pas les taxer un peu pour ?le bien de la nation??
L?auteur de ces lignes, quant ? lui, n?est pas loin de penser que les ?in?galit?s sociales? d?Haiti et la mis?re du lieu ont un lien direct avec la ploutocratie locale et internationale qui n?a pas vu que ?ce qui est bon pour tous, en d?finitive, est ce qui est bon pour chacun?. Et de penser qu?un gouvernement r?ellement d?mocratique, saurait, mieux que les poss?dants mener la barque sociale ? bon port?
Ce m?me auteur a vu comment, ? Bangkok, par exemple, les ploutocrates ont failli ? la t?che de bien planifier certaines villes et de laisser le domaine social dans un ?tat de d?labrement spectaculaire. En maints lieux, c?est un combat acharn? de l?automobile contre le pi?ton que les poss?dants m?nent actuellement. Un combat contre la beaut? et contre l??quilibre des formes. Il n?y a pas d?autre explication : les commer?ants puissants, ont, l?, une ascendance ?vidente, au point o? il n?y a pas de limite ? l?intrusion de la publicit?. Certains panneaux publicitaires, (comme ceux que le gouvernement du Qu?bec autorise le long des autoroutes) prennent, l? des proportions gigantesques; c?est au point o? les paysages disparaissent compl?tement.
N?est-il pas utile, ainsi, que les classes moins poss?dantes aient une voix dans les affaires d?am?nagement urbain, une voix par la voie des minist?res appropri?s et dont la libert? est relativement bien assur?e? ?videmment un gouvernement n?est pas bon parce qu?il est un gouvernement; mais c?est un instrument. Et si un instrument brise on le r?pare; on ne le jette pas en en faisant un d?mon!

La ?d?monisation? de l?appareil gouvernemental am?ricain, qui se poursuit actuellement et qui touche le territoire qu?b?cois est dangereuse car elle est contraire ? tous les principes d?mocratiques. Elle a pour objet de donner ? des int?r?ts particuliers le contr?le sur la chose commune.
Si un gouvernement Charest, par exemple, devait c?der ses droits politiques ? des Carnegies, il ne serait pas intelligent de vouer l?institution parlementaire aux g?monies; il vaudrait mieux r?parer l?instrument afin que celui-ci r?ponde mieux aux int?r?ts nationaux.

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