Accueil / T Y P E S / Articles / Promotion de l’urbanisme et de l’am?nagement : une cause commune ?

Promotion de l’urbanisme et de l’am?nagement : une cause commune ?

? la lumi?re de cet ?v?nement, il convient de dresser un portrait de la situation de ces divers regroupements et d’?valuer les opportunit?s inh?rentes ? leurs missions respectives.

En somme, chacune de ces quatre organisations s’attarde ? la promotion de l’am?nagement du territoire et de l’urbanisme par l’entremise d’?v?nements et de publications, offre de la formation ? ses membres et cherche ? favoriser le partage de l’information et de la connaissance. Ce qui les distingue r?side principalement dans la client?le ? laquelle elles s’adressent et dans les int?r?ts qu’elles d?fendent. L’OUQ a entre autres pour mission de servir l’int?r?t du public, tandis que les associations servent plut?t les int?r?ts de leurs membres. Pour Claude Beaulac de l’OUQ, « il y a compl?mentarit?, non pas comp?tition ».

Toutefois, certains estiment que les ordres professionnels cherchent aussi ? prot?ger leurs champs de pratique contre l’intrusion d’autres professionnels aux comp?tences compl?mentaires : « Comme tous les autres, l’OUQ s?lectionne donc ses membres selon des crit?res de formation et d’exp?rience qui excluent certains autres professionnels de l’am?nagement. Ainsi se constituant par le regroupement des uns et l’exclusion des autres, l’OUQ contraint ceux qui ne peuvent en faire partie ? se constituer en diverses associations alternatives, destin?es ? d?fendre leur cr?dibilit? professionnelle aupr?s de leurs march?s respectifs », estime Pierre-Yves Guay, professeur au d?partement d’?tudes urbaines de l’UQAM.

Pour Luc Tittley, pr?sident de l’OUQ de 1978 ? 1980, ce qui explique l’existence de tant d’associations est la fragmentation de la profession suite ? l’entr?e en vigueur de la Loi sur l’Am?nagement et l’Urbanisme (LAU) qui a cr?? une forte demande dans le secteur public et entra?n? la multiplication des services d’urbanisme et d’am?nagement du territoire. Mais selon lui, d’autres raisons ajoutent ? ce contexte : « Les champs communs d’int?r?t entre intervenants du secteur public, la perception qu’avaient plusieurs jeunes professionnels que l’OUQ ?tait trop corporatiste et associ?e au secteur priv?, les exigences rigoureuses du Code des professions et la faiblesse du statut de profession ? caract?re exclusif, et enfin les relations tendues que certaines universit?s ont eues avec l’OUQ » contribuent aussi ? cette dispersion.

Selon Claude Beaulac, il y a justement trop de perceptions n?gatives et erron?es en regard des pratiques de l’OUQ : « Il n’y a pas de fragmentation chez les urbanistes. L’OUQ exerce une sorte de contr?le de la qualit? en accr?ditant les urbanistes, et les associations cherchent ? am?liorer les conditions et les connaissances de leurs membres. Il y a respect mutuel du r?le de chacun ». En dehors des distinctions dans les objectifs de ces organisations, certains recoupements ?manent, notamment en ce qui a trait ? la promotion de l’am?nagement du territoire et de l’urbanisme.

L’union fait la force ?

On peut donc se demander s’il serait dans l’int?r?t de la soci?t? qu?b?coise que les multiples acteurs de l’am?nagement et l’urbanisme fassent la promotion de leur discipline sous une m?me banni?re. En 2000, dans son livre « Le pays r?el sacrifi? », G?rard Beaudet de l’Institut d’urbanisme de l’Universit? de Montr?al, identifiait la d?valorisation de l’urbanisme et de l’am?nagement du territoire comme principal enjeu de la pratique au Qu?bec. Il pr?cise que « ce n’est certes pas la fragmentation du membership des urbanistes et am?nagistes en un grand nombre d’associations qui permet d’esp?rer un v?ritable d?bat public » [1]. Dans le m?me ordre d’id?es, Luc Tittley, croit que « m?me si le nombre des urbanistes a consid?rablement augment?, il ne justifie pas l’?parpillement » et que l’union fait la force.

Depuis quelque temps existe une entente entre les quatre groupes permettant ? leurs membres de participer aux activit?s organis?es par chacune des associations selon des tarifs privil?gi?s. Pour Beno?t Malette de l’AUAMQ, ce partenariat « devrait servir de base ? une action concert?e afin d’allier nos forces, dans le respect de nos missions respectives, de nos membres et de nos moyens ». Incidemment, il estime, tout comme Daniel Dufault de l’AARQ, que les ?tats g?n?raux d’octobre 2006 sont un bel exemple de collaboration entre les associations et qu’ils repr?sentent une opportunit? pour ?tablir une plus grande implication et une meilleure coordination entre les groupes.

En regard des missions respectives des diverses associations, on peut douter de la faisabilit? d’une alliance afin de promouvoir l’am?nagement du territoire et l’urbanisme plus efficacement, croit Jean-Pierre Saint-Amour, un des administrateurs de l’AQU . « J’ai personnellement tent? en ma qualit? de pr?sident de l’AQU entre 2000 et 2003 de promouvoir les rapprochements, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ouverture des autres organismes a ?t? plut?t timide » dit-il.

Il reste que si les quatre organisations ont parmi leurs objectifs le partage et la diffusion des connaissances, l’OUQ est un ordre professionnel m? par une mission l?gale exclusive. Certains, comme G?rard Beaudet, r?clament une plus grande coordination chez ceux qui repr?sentent urbanistes et am?nagistes : « La cr?ation d’une association vou?e ? la promotion de l’urbanisme et de l’am?nagement du territoire et ouverte, dans un premier temps, ? l’ensemble des urbanistes et am?nagistes (g?ographes, am?nagistes r?gionaux, environnementalistes, sp?cialistes du patrimoine urbain ou rural, architectes du paysage, etc.) serait en ce sens mieux adapt?e que la r?servation d’une pratique. Un accroissement du membership permettrait, par exemple, de favoriser la tenue de d?bats sur la place publique ». Claude Beaulac n’est pas ferm? ? l’id?e de r?fl?chir sur la cr?ation d’un regroupement assurant la promotion de l’urbanisme, mais estime que les partenariats d?j? existants sont tout ? fait ad?quats : « mettre tout le monde dans le m?me bateau pourrait d?valoriser la profession ».

En d?finitive, rappelle Beno?t Malette, ces groupes « ne sont pas en comp?tition ». Ils s’adressent ? des acteurs du domaine de l’am?nagement et de l’urbanisme qui oeuvrent dans diff?rents milieux, mais qui ont tous ? cœur de faire ?voluer le d?bat. C’est de cette constatation que pourraient se d?velopper d’?ventuelles discussions pour donner plus de poids aux acteurs de l’am?nagement et de l’urbanisme au Qu?bec.

Commentaires

commentaires

A propos de admin

avatar

Check Also

Election présidentielle 2022 : la gauche en perdition…

En pleine crise sanitaire, alors que le Président de la République multiplie les exercices de communication, ...