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Patrick Drahi – L’ogre a encore faim de médias

Patrick Drahi et franco-israélien et l’un des hommes les plus fortuné de France, mais aussi polytechnicien (promotion 1983). Son rêve de jeunesse, devenir milliardaire, son obsession était alors le classement Forbès dans lequel il est aujourd’hui en 57 position. Une situation sans doute provisoire car l’ogre à encore faim et s’empiffre de dettes pour arriver à ses fins. Avaler des médias ! Déjà propriétaire de Numéricable-SFR, Drahi vient récemment d’acheter le câblo-opérateur américain Cablevision. L’homme d’affaire est également patron de presse avec le groupe L’Express (L’expansion, Point de vue) et Libération (NextRadio TV RMC, BFM). Quand comme Drahi on aime le pouvoir que donne la communication et dépenser sans compter, on devient rapidement un homme qui compte pour le pouvoir.

 

Vous entendez sans doute moins parler de lui que de Bolloré ou de Bernard Arnault. Car Drahi serait plutôt du genre discret et même pas vraiment intéressé par l’argent pour l’argent, mais plutôt par la réussite. Ne dit-il pas – «  Je n’ai jamais travaillé pour l’argent. Ce qui a de la valeur, c’est la réussite, c’est tout à fait différent. L’argent ne fait que sanctionner la réussite. La réussite, ce n’est pas un gros mot, c’est un but.  »

Après tout, Drahi ne possède que deux villas en Suisse et en Israël et un bateaux qui selon les mauvaises langues jalouses du concurrent « Les Echos », est tout simplement « somptueux ». Au fait à qui appartient Les Echos… À Bernard Arnault, également propriétaire d’autres titres comme – Le Parisien-Aujourd’hui en France, et Radio Classique.

drahi

Si vous voulez savoir ce qui se passe dans la tête de Patrick Drahi suivez ce lien

Car en fait Drahi n’est qu’une tête du monstre médiatique parmi d’autres, dans le cercle du pouvoir grandissant et étouffant de tous ces affairistes qui se jettent avec avidité sur les médias. Du coup, ne sommes-nous pas purement et simplement dans la confiscation de l’information pour le plus grand profit d’un système. Le dire, c’est un peu comme tomber des nues, car finalement ce n’est pas nouveau. Mais n’est-ce pas mettre un peu rapidement toute la presse dans le même panier d’oeufs pourris. D’un autre côté ne faut-il pas sans arrêt montrer du doigt ces fortunes qui se gavent et se vantent de posséder la main mise sur l’information. Où est donc l’indépendance du journalisme dans ces conditions.

Le Monde diplomatique, qui assure de sa totale indépendance et se félicite de l’arrivée de nouveaux abonnés, se montre particulièrement inquiet pour l’avenir d’une presse pluraliste dans son article, « Faire sauter le verrou médiatique ». 

 

Le Monde diplomatique qui justifie ses craintes en signalant qu’en « France, par exemple, six des dix principales fortunes nationales – la première, la cinquième, la sixième, la huitième, la neuvième et la dixième – sont désormais détenues par des propriétaires de groupes de presse. Toujours selon le Monde diplomatique, l’illustration de la puissance des médias a été aussi évidente que grossière dans l’affaire de la dette grecque. car…

« Pendant six mois, le traitement médiatique de la question grecque a défiguré les termes du débat en cours. Et a tenté d’exacerber dans l’opinion publique européenne le souci de ce que l’effacement de tout ou partie de la dette d’Athènes coûterait à«  chaque Français  », Allemand, Espagnol, Italien, Slovaque, etc. Les principaux moyens d’information, y compris ceux qui se montrent en général friands de prêches postnationaux, trouvèrent là un moyen assuré de contenir un mouvement de solidarité continental avec la gauche hellénique. Dans une autre configuration médiatique, la Grèce aurait peut-être été présentée non pas comme un mauvais payeur susceptible d’aggraver les difficultés de ses créanciers, y compris les plus pauvres, mais comme l’avant-garde d’un combat européen contre une politique d’austérité ayant échoué. »

Mais attention, l’abus de médiatisation peut également nuire et aller à l’encontre du but recherché. N’était-ce pas le cas avec le non des Français à la Constitution européenne. Les électeurs ne sont pas que des moutons aveugles.

A propos de gruni 57

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J'ai une fâcheuse tendance à l'ambiguïté. Ce n'est pas ma faute je suis tombé dans le deuxième degré quand j'étais petit. Depuis, pour me soigner, j'ai tenté une cure prolongée sur Agoravox. Le résultat a été désastreux, c'est encore pire qu'avant. Alors ne me prenez surtout pas au sérieux, mon cas déjà désespéré pourrait s'aggraver avec une grosse tête.

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