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Par dessus la jambe

Depuis que nous sommes soi-disant tous en marche, bon gré mal gré pour la grande majorité il convient de le préciser, nous avons bien du mal à prendre les choses par-dessus la jambe. Tout ce qui nous tombe dessus est de nature à nous mettre le nez dans la farine ou la cervelle à l’envers. Nous n’y pouvons rien, c’est ainsi. Nous sommes sommés d’avancer au pas, les mains dans le dos ou au-dessus de la tête, montrant à chaque coin de rue patte blanche. Il y a de quoi la perdre au demeurant depuis que le chantre de la langue de bois a pris le pouvoir.

Nous seulement nous sommes contraints de battre en retraite sur nos acquis, de toujours plus travailler pour que d’autres mettent du beurre dans les épinards mais encore, il convient désormais de plier l’échine à laquelle son bras droit a ajusté une bride fort serrée. Jadis, nous étions rebelles, prompts à faire le pied de nez aux puissants qui avaient dans l’idée de nous en faire voir des vertes et des pas mûres.

Mais là, avec ce jeune premier, il en va tout autrement. Le peuple se laisse prendre à ses grimaces et si par hasard, il restait de fortes têtes qui avaient l’outrecuidance de ne pas le voir en peinture, le méchant montre les dents et leur saute aux yeux par armes non létales interposées. Il nous avait promis la fin des parties, nous ignorions alors qu’il fallait prendre cette promesse au premier degré. Il nous a émasculés, énuclées, démembrés.

Nous nous retrouvons le bec dans l’eau, fort marri d’avoir mis le pied à l’étrier à ce monstre, toujours plus avide de nos libertés passées. Entouré d’une palanquée de traîne-lattes ; de godillots sans honneur, d’opportunistes aux dents longues, de girouettes toujours attentives au sens du vent, il peut agir à sa main pour nous botter sans cesse le cul, nous tirer l’oreille et nous prendre pour des demeurés qu’il enferme dans leur demeure.

Le plus drôle c’est qu’il nous a obligés à nous moucher du coude sans y aller par le dos de la cuillère. Tous les médias se sont groupés pour vanter la méthode, prenant au pied de la lettre une expression jusqu’alors obsolète. Mais avec Jupiter, seuls nos droits subissent la fameuse et indispensable obsolescence programmée alors que les amis du grand homme s’en mettent plein les poches.

Désormais, les innocents ont les mains vides et si par surprenant, ils mettaient le nez dehors, ils se voient délestés de 135 euros, la taxe sur l’envie de prendre l’air. S’arrachant les cheveux, les pauvres bougres sont contraints de se terrer chez eux s’ils ne veulent pas voir fondre sur eux les brigades de la terreur et de la soumission à l’injustice la plus criante.

Et puisque nous ne voulons pas encore nous enfoncer dans le crâne que nous avons là le meilleur homme pour le meilleur régime, l’homme va nous persuader que pour notre bien-être, nous devrons nous piquer pour enrichir un peu plus ses amis pharmaciens et chimistes. Il faut avoir le cuir tanné pour avaler pareille pilule et tolérer cette monstrueuse idée : la santé contre votre gré.

Ne traînons pas la jambe, le pas est pris, il sera martial pour notre plus grand malheur. Les canards retrouvent leurs chaînes, l’information sera sous contrôle, marchera au doigt et à l’œil d’autant mieux qu’il sera interdit jusatement d’avoir un œil sur ce qui se trame dans la rue quand la peau lisse se donne le droit d’avoir la main leste.

N’espérez pas que ce diable passe la main aux prochaines élections. Tout est en place pour que la falsification du réel nous embrume les yeux et la conscience. Nous en aurons plein le dos sans pour autant redresser la tête. Les fers aux pieds, le couteau ou la seringue sous la gorge, nous n’aurons qu’à donner notre voix avant qu’on nous cloue le bec. Ce sera sans moi, je passe la main !

Morphologiquement sien

 

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