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Odessa : une survivante de l?incendie t?moigne

Courrier de Russie

42 personnes au moins ont p?ri, hier 2 mai, dans un incendie ? la Maison des syndicats d?Odessa. Les victimes sont des activistes prorusses, r?fugi?s dans le b?timent de la Maison pour tenter de se prot?ger de militants de l?Euroma?dan qui les poursuivaient. Pour les atteindre, les activistes de l?Euroma?dan ont jet? des cocktails Molotov dans la Maison des syndicats, provoquant un incendie.

3 MAI 2014?

La plupart des victimes ont ?t? br?l?es vives ? l?int?rieur, et au moins huit personnes sont mortes en tentant de sauter par les fen?tres. La radio moscovite Echo de Moscou a publi? sur son site un t?moignage d?une survivante de l?incendie.

J??tais sur place moi-m?me, dans la Maison des syndicats en feu. J?ai failli ?touffer. Les pompiers ont mis un temps impardonnablement long ? venir, 20 minutes, et je pr?sume que ce n?est absolument pas par hasard. Pas plus que l?absence totale de la police. Quand j?ai r?ussi ? me sauver, les pompiers n??taient pas encore l?, des gens en civil m?ont aid?e ? descendre ? visiblement, des citoyens ordinaires.

Pourquoi les gens se sont retrouv?s l?-bas ? Parce que les ultras et autres ? patriotes ukrainiens ? ont commenc? d?arriver de partout en courant avec des b?tons, des cha?nes, des pierres et des cocktails Molotov. Il n?y avait pas vraiment d?endroit o? reculer, parce que les gens ont tout simplement ?t? pouss?s dans un pi?ge. Les gens que j?ai vus ?taient tr?s mal arm?s, si m?me on peut appeler ?a des armes : b?tons, battes, bouts de planches. C?est tout. Pas une seule arme ? feu ni rien de tel. Il y avait beaucoup de femmes, de gens ?g?s, qui ?taient venus apporter des m?dicaments, des Odessites ordinaires (je le souligne ! pas un seul militaire professionnel, mercenaire ou ?tranger). C?est ce que j?ai vu moi-m?me aux ?tages o? j??tais (premier ou deuxi?me).

Tr?s rapidement, un cocktail Molotov a vol? par la fen?tre, et le feu a pris dans le couloir. Il y avait un extincteur, mais on n?a pas r?ussi ? localiser le d?part de feu. Avec une dizaine d?autres personnes, nous nous sommes r?fugi?s dans un des bureaux, c??tait noir de fum?e et il n?y avait pas d?air, on s?est tous couch?s sur le sol, o? il restait de l?air respirable. ? c?t? de moi, les gens g?missaient, priaient et t?l?phonaient ? leurs proches pour qu?ils appellent les pompiers. Dans les couloirs, la situation ?tait encore pire, vu que dans notre bureau, il y avait une fen?tre ouverte, qui laissait quand m?me passer un peu d?air. Nous avons t?l?phon? et attendu, mais l?aide ne venait toujours pas, mes proches ont dit qu?? la caserne des pompiers, soit ils ne d?crochaient pas, soit c??tait occup? en permanence.

Au bout de vingt minutes, on nous a jet? un c?ble, nous l?avons attach? ? un radiateur, et les gens ont commenc? de descendre peu ? peu le long du c?ble jusqu?au sol. Dans les corniches, en bas, se tenaient des gens en civil, qui nous aidaient ? descendre, vu que les ?tages sont hauts, et qu?on aurait pu s??craser facilement. Je n?ai pas vu si quelqu?un descendait apr?s moi, vu que les gens se sentaient mal, un t?l?phone sonnait, mais le propri?taire ne r?pondait pas.

Apr?s la descente, on m?a donn? de l?eau, et les partisans de Ma?dan ont commenc? de s?en prendre ? nous, mais j?ai eu le temps de quitter les lieux avant que nos chers ? europ?ens ? et d?mocrates ? ne se mettent ? frapper les survivants juste parce qu?ils avaient surv?cu et qu?ils n?avaient pas br?l? vifs.
Pourquoi je me suis retrouv?e sur place ? Parce que je suis m?decin, et que mes amis ?taient l?-bas, et que je ne pouvais pas les laisser tomber dans le malheur.

? Pour la premi?re fois de ma vie, j?ai eu envie de quitter pour toujours Odessa et l?Ukraine. Pour aller peu importe o?, mais loin d?ici.

Source:Courrier de Russie

3 mai 2014
Traduit par : Julia BREEN

 

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