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Encore une fois, les r?centes positions de l’administration Obama refroidissent l’ardeur des cercles progressistes am?ricains. Alors que les derni?res semaines nous ont fait d?couvrir la r?action de la Maison Blanche face aux ?normes difficult?s que traverse l’?conomie am?ricaine et mondiale, voil? que la strat?gie envers l’Afghanistan se pr?cise, provoquant encore une fois l’?loignement de [...]

Obama et l?Afghanistan: la tradition am?ricaine?

Photo : Flickr Army.mil
Photo : Flickr Army.mil

Encore une fois, les r?centes positions de l?administration Obama refroidissent l?ardeur des cercles progressistes am?ricains. Alors que les derni?res semaines nous ont fait d?couvrir la r?action de la Maison Blanche face aux ?normes difficult?s que traverse l??conomie am?ricaine et mondiale, voil? que la strat?gie envers l?Afghanistan se pr?cise, provoquant encore une fois l??loignement de cette gauche qui n?est pas n?cessairement fid?le au parti d?mocrate.

Beaucoup de progressistes am?ricains ont appuy? l??quipe Obama lors des ?lections de l?an dernier. Non seulement voulaient-ils couper d?finitivement les ponts avec le style n?oconservateur, un grand nombre d?Am?ricains ont cru ? de nouvelles id?es, une nouvelle approche, la fin d?un mauvais r?ve et l?apparition de tous les espoirs. Lorsqu?Obama s?est approch? du pouvoir, on avait l?impression que le programme du ??Project for a New American Century?? serait rel?gu? aux oubliettes, qu?on s?en inspirerait pour ?crire un film d?horreur de s?rie B, que les Am?ricians pouvaient maintenant passer ? autre chose..

Cependant, Barack Obama ne trahit pas les positions qu?il avait confirm?es lors de la campagne pr?sidentielle. Il a toujours propos? d?augmenter les effectifs militaires en Afghanistan tout en poursuivant la lutte contre les mouvements terroristes. Les grands discours philosophiques en ont impressionn? plusieurs, on a peut-?tre manqu? l?essentiel du message?

Apr?s avoir tr?s modestement c?l?br? le cinquanti?me anniversaire de l?OTAN, Obama n?a pas r?ussi ? convaincre l?Europe de participer plus activement aux op?rations militaires. On peut comprendre que pour un bon nombre d?Afghans, c?est une occupation am?ricaine plus importante que jamais, et ce, sous l??gide d?pass?e d?une force intercontinentale qui n?a plus sa raison d??tre. Pour des raisons politiques et, certes, des id?ologies religieuses, plusieurs d?entre eux ont lutt? contre l?envahissement de l?URSS. Aujourd?hui, pour des raisons similaires, d?autres se joignent ? leurs fr?res et leurs p?res pour r?sister aux Am?ricains.

Obama a donc d?cid? d?ajouter 20,000 soldats ? la force de frappe am?ricaine. Plusieurs activistes et analystes politiques, normalement sympathiques aux id?es progressistes, ont interrog? la strat?gie de l?administration am?ricaine. Sur les ondes de Democracy Now!, Noam Chosky nous rappelait que le prestigieux Foreign Affairs sugg?rait r?cemment que ??les ?tats-Unis doivent r?orienter leur strat?gie afin d?impliquer s?rieusement l?Iran, l?Inde, la Russie et la Chine afin qu?ils participent ? la mise au point d?une solution r?gionale. ? L?article de Barnett Rubin et Ahmed Rashid soulignait ?galement que cette solution doit pr?voir un espace dans lequel les Afghans pourront discuter et s?entendre sur l?avenir de leur pays et le partage des pouvoirs.

Dans une entrevue qu?il accordait au magazine The Nation, Lakhdar Brahimi, ancien repr?sentant de l?ONU pour l?Afghanistan et le Pakistan, pr?cise que ???les Afghans savent tr?s bien faire la distinction entre une force militaire amie et une force d?occupation. Au d?but, la Force internationale de s?curit? et d?assistance (ISAF) ?tait per?ue comme une force amie; la population la soutenait et elle n??tait l?objet d?aucune attaque. Mais je crois que l?OTAN, depuis 2003, ne s?est pas tr?s bien comport?e, et un nombre croissant d?Afghans la consid?rent aujourd?hui comme une force d?occupation.??

L?Afghanistan n?est pas un pays avec une tradition islamiste homog?ne ou une culture pr?dominante. Nous sommes loin d?un consensus au sein de la population et les forces en pr?sence sont nombreuses. Il faudra donc trouver un ?quilibre entre la soif de faire la promotion de la sacro-sainte d?mocratie et notre inconfort devant l?impopularit? de notre mode de vie occidental. Comment pouvons-nous refuser aux Afghans le choix de vivre autrement? Nous devons d?abord assurer la paix et la tranquillit? au peuple afghan. Lorsque la confiance sera gagn?e, nous pourrons tenter de les convaincre que la charia ne fait aucun sens. En esp?rant que cette tendance gagne du terrain ailleurs sur la plan?te.

Si Obama ne laisse pas entrevoir de s?rieux progr?s prochainement, une autre partie de la gauche am?ricaine pourrait sombrer dans le d?sespoir.

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    Obama gère l’acquis, si je puis parler ainsi : comment voulez-vous sortir tête haute de ce conflit ? Obama essaie d’éviter la queue basse et les hélicoptères qu’on jette des porte-avions. Vous savez, Hanoï chez les américains, ça ne leur rappelle rien de très agréable. Bush a mis la tête dans le sable pendant 8 ans, ne demandez pas à l’autruche de gambader du jour au lendemain…

    « L’Afghanistan n’est pas un pays avec une tradition islamiste homogène ou une culture prédominante ».
    …c’est un « patchwork pachtoune, » en quelque sorte. Ce qui s’est passé c’est que les américains, par leur attitude et leur propension à faire un Guernica par jour ont perdu le statut de libérateur adulé pour devenir des occupants méprisés. Et le salut de l’Afghanistan passe avant tout par le renversement de Karzaï et de son administration corrompue où son frère cause un tort immense au pays. On ne peut soutenir un tel narco-trafiquant !