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Une belle nouvelle me parvient hier par le biais du courrier. Un logement ? prix modique ( HLM ) m'est enfin offert. H?las, celui-ci est situ? au troisi?me ?tage d'un immeuble sans ascenseur. ?tant une personne autonome mais vivant avec un handicap physique, je dois le refus? et ?tre p?nalis? pour une p?riode d'un an sur la liste d'attente. Voici mon pas d'action ? travers ce t?moignage d'int?r?t public.

NE JAMAIS CESSER DE SE BATTRE

Un dicton populaire mentionne: ? Ce n?est pas vraiment ce qui nous arrive qui est important, mais bien ce qu?on va faire avec ce qui nous arrive. ?

?veill?e aux petites heures du matin suite ? une situation ambig?e survenue hier, autant sortir d?s aujourd’hui cet anecdote des boules ? mites, ? travers un bref t?moignage. Cela me permet d’ajouter ma petite goutte d’eau dans la soci?t?, en plus de permettre aux Responsables de l’Office Municipal de l’Habitation (OMH) de la ville de Saint Georges ( Qu?bec ) et au Ministre Robert Dutil de s’impliquer ? faire humaniser un article de loi. Par la suite, les personnes en attente d’un logement ? prix modique ( HLM ) et vivant avec des limitations ou handicaps physiques, apparents ou non apparents, n’auront plus ? ?tre p?nalis?es un an sur la liste d’attente, advenant l’impossibilit? d’accepter un logement situ? au troisi?me ?tage et sans ascenseur. Quant aux personnes en fauteuil roulant, celles-ci n’ont acc?s pr?sentement ? aucun logement adapt? en Beauce. Il y a tant ? faire pour chacun de nous, autant pour les retrait?s, les gens handicap?s, les travailleurs, agents, fonctionnaires ou politiciens, pour am?liorer notre qualit? de vie au quotidien.

Quand l??l?ve est pr?t, le Ma?tre appara?t

Je suis inscrite depuis plusieurs ann?es sur la liste d?attente en vue d?obtenir un logement ? prix modique (HLM). Hier, je re?ois par le biais du courrier, une lettre de l?Office Municipal de l?Habitation ( OMH ) m?informant que l?on m?assigne un HLM disponible d?s maintenant. Celle-ci mentionne qu?un r?glement dans la loi stipule qu?en cas de refus, je serai p?nalis?e sur la liste d?attente pour une dur?e d?un an. Je m?empresse de t?l?phoner au bureau de l’OMH pour v?rifier si le logement disponible est bien situ? au premier ?tage. Une bonne nouvelle attendue depuis si longtemps. H?las, elle ne dure que quelques br?ves secondes.

La responsable m?avise que le logement se trouve au troisi?me ?tage d’un immeuble o? il n’y a aucun ascenseur. Je ne peux faire autrement que de le refuser imm?diatement sans m?me songer ? le visiter, en pr?cisant bien la raison majeure de mon handicap physique. Peu importe, je suis inform?e que je serai quand m?me p?nalis?e, puisque la loi c?est la loi. La travailleuse pr?cise que pour ?tre consid?r?e comme une personne handicap?e physique ? l?OMH, il faut se d?placer en fauteuil roulant. Je plains ces gens en fauteuil roulant, puisqu’? Saint Georges, il n’y a aucun logement adapt?.

P?nalis?e ? cause d?un handicap physique

Une prescription m?dicale est ins?r?e ? mon dossier d’admissibilit? de l?OMH, pour indiquer que je dois habit?e au premier ?tage s?il n?y a pas d’ascenseur. De plus, sur ma formule d’imp?t de Revenu Qu?bec, il est bien indiqu? que je suis consid?r?e l?galement une personne handicap?e. Malheureusement, il ne semble pas exister de clause pour cette cat?gorie de personnes vivant avec des limitations physiques ou des handicaps.

Les handicaps n?ont pas d??ge

Comme plusieurs personnes autonomes ? travers les limitations physiques, pas toujours apparentes au premier coup d??il, il est donc possible pour moi de loger encore dans un loyer ou un HLM traditionnel. Je ne suis pas ?ligible ? un HLM situ? au centre-ville de Saint-Georges et ? proximit? de tous les services, puisqu?il faut ?tre ?g?e de 55 et plus pour y avoir acc?s. M?me ?g?e de 54 ans, et d’ailleurs ? tous les ?ges, la r?alit? de ma vie quotidienne est exactement semblable ? celle d?une personne ?g?e de 75 ans. Par chance, mon c?ur est aussi jeune que celui d’une femme de 25 ans.

Mon seul loisir, et en m?me temps une prescription m?dicale, c?est de prendre obligatoirement une marche ? l’air pur de trente minutes par jour. Depuis deux ans, il est souvent n?cessaire d?entrecouper cet exercice par une pause de vingt minutes. Encore faut-il qu’un banc soit disponible en plein c?ur de la rue ? Il y a ?videmment la possibilit? de me rendre au restaurant du coin, pour siroter un caf? avant de repartir ? Parce que le seul endroit o? je peux me rendre ? pied est bien le bout de ma rue, et souvent, je dois revenir en taxi. Rares sont les gens vivant en dessous du seuil de la pauvret? financi?re, qui peuvent d?frayer plus de deux transports adapt?s par mois.

En ce qui concerne les marches d?escaliers, il y en a cinq dans le logement o? je demeure actuellement. Tout en me tenant apr?s la rampe et en utilisant ma canne, je les escaladent comme un enfant de deux ans ou comme un a?n? de 92 ans, c?est-?-dire, en posant les deux pieds sur la m?me marche. Il n?est donc plus question de prendre un logement au troisi?me ?tage. M?me en p?riode hivernale, je dois bien souvent demeurer une dizaine de jours entre les quatre murs de mon loyer, exactement comme les a?n?s et les personnes ? mobilit? r?duite.

Ce sera encore plus d?solant la prochaine fois, advenant que l?on m?offre un HLM au premier ?tage et situ? loin de tous les services. Vu la d?t?rioration lente mais ?vidente de ma condition physique, je me verrai de nouveau dans l?obligation de le refuser pour les raisons indiqu?es plus-haut. Puisque ce genre de limitations physiques n?est pas pris en consid?ration pour l?instant dans les lois de l?OMH, autant r?ver seulement en noir et blanc en continuant de payer pour mon logement, plus de 60% de mon revenu.

Partager pour faire changer les choses

Heureusement, je poss?de encore mon vieil ordinateur pour mon loisir de l??criture, m?me si ce dernier est ? la veille de rendre l??me. En attendant, cela me donne l?occasion de partager la dure r?alit? des a?n?s et des personnes handicap?es, de toutes sortes et de tous les ?ges. Rien ne survient pour rien dans la vie. Ce n’est surtout pas pour me plaindre sur mon sort que j’ai gribouill? ce partage. Pendant de longues ann?es, la vie m’a appris ? grandir et ? ?voluer ? travers les souffrances et j’en ai retir? de bien grandes le?ons. Surtout celle qu’il est bien plus agr?able de vivre dans la simplicit? et dans l’harmonie. C’est beaucoup plus facile ? ?crire qu’? appliquer dans son simple quotidien. Le but ?tant d’en arriver ? c?l?brer la vie jour apr?s jour, et ce, m?me ? travers les obstacles, les contrari?t?s, la douleur chronique et les handicaps de toutes sortes qui font parties de la condition humaine.

? la retraite forc?e depuis l??ge de 33 ans, j?ai eu ? maintes occasions le temps d?appliquer de beaux proverbes, soit de vivre un jour ? la fois et de prendre le temps de vivre. Autrefois, lorsque mon sommeil ?tait coup? suite ? une situation stressante, je prenais un comprim? d?Ativan pour calmer l?anxi?t?, ou encore, une pilule de Restoril pour mieux dormir. Depuis plusieurs ann?es, gr?ce ? mes marches quotidiennes et ? la th?rapie par l??criture, je me l?ve du lit et je couche sur le clavier de l’ordinateur, quelques paragraphes de ces exp?riences agr?ables ou d?sagr?ables.

Hier en fin d?apr?s-midi, j?ai lanc? un appel t?l?phonique ? l?agent de presse du d?put? Robert Dutil, pour savoir si cela serait possible de ne pas ?tre p?nalis?e ? cause d?un handicap physique. Non pas pour obtenir un traitement de faveur, mais pour qu’il se l?ve au Parlement de Qu?bec, pour faire humaniser ce r?glement de loi aupr?s du Minist?re responsable de l?OMH.

Ce l?ger d?sagr?ment m’a fournit l’occasion de poser un pas dans l’action pour en arriver ? mener une fin de vie plus joyeuse, constructive et r?aliste. Je suis convaincue que ce t?moignage contribuera ? changer des choses dans ma vie personnelle, mais aussi, ? faire am?liorer des situations handicapantes dans la communaut? et dans la soci?t?. Parce qu’il y aura toujours des personnes handicap?es, mais il devrait exister de moins en moins de situations aussi handicapantes.

Patricia Turcotte ? Le 25 juin 2010

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3 Commentaire

  1. avatar

    On ne retient jamais mieux l’espoir qu’en le laissant voler librement, très haut…

    Bonne chance, Patricia

    Pierre JC Allard

  2. avatar

    Merci, Pierre JC Allard, de votre bon mot. Ayant apporté des précisions récentes à cet article, vous pouvez tout de même en prendre connaissance sur mon blog personnel.

    Au revoir de Patricia Turcotte.
    Blog: http://patricia-turcotte.blogpot.com

  3. avatar

    P.S. suite à cet article

    PAR RESPECT POUR MES CONVICTIONS PROFONDES

    Je respecte la loi inhumaine qui pénalise les gens à mobilité réduite et qui refusent un HLM situé au 3ième étage sans ascenseur. Je radote un brin, d’accord…..D’autant plus que deux prescriptions médicales sont insérées à mon dossier de l’OMH, dont l’une mentionne que je dois habiter un HLM au 1ier étage si pas d’ascenseur. De plus, il est bien noté que ma mobilité physique se détériore progressivement. Sans compter que sur ma formule de Revenu Québec qui est déposé à mon dossier de l’OMH, je suis bien considérée depuis 2002, comme une personne handicapée physique au sens de la loi. Grâce à mes démarches pour établir davantage de lumières sur ma santé, j’ajoute: « rétroactivement depuis un accident d’auto au travail survenu en 1981 ». Mais ça, on en tient jamais compte.

    Porter la robe des fous

    Encore une xième fois, je me suis fait renotée il y a quelques jours, par une Responsable de la Société d’Habitation du Québec, que je suis bien une personne reconnue comme inapte au travail et ayant des restrictions sévères à l’emploi. Cela provient sûrmentd’une recherche auprès de l’assistance-sociale, ou bien, auprès de l’OMH de Saint-Georges. Ce détail me pette toujours au visage. Pourtant, il ne faut pas oublier que depuis la fin 2002, je suis reconnue comme une personne handicapée physique, et ce, légalement par les deux Ministères du Revenu. Mais ce léger détail, on en tient pas compte à l’OMH de Saint-Georges et ni à la Société d’Habitation du Québec. On exige encore de nouveaux documents médicaux, où il serait écrit çi et ça. Il n’en est pas question, vu que tout est déjà déposé auprès de l’OMH de Saint-Georges. Il y a des maudites limites à la bureaucratique administrative à caractère paranoïaque.
    Ce passé où je portais la robe des fous en me faisant cataloguer comme une cancéreuse de l’esprit, fait bien partie de mon passé bien terminé. Bien sûr, je demeurer toujours avec faiblesse émotive. Pourquoi toujours se faire renoter un passé médical aussi nébuleux ? Un jour, je ferai comme Alys Robi et je détiendrai une seconde expertise psychiatrique.

    La première et dernière expertise psychiatrique survenue suite à un choc émotif et en lien à une plainte devant le Collège des Médecins, on l’a rejetée du revers de la main lorsque j’ai tenté de la déposer en preuve. Voilà comment ça fonctionne à travers plusieurs Institutions démocratiques au Québec. Comme cela, c’est sûr que je porterai toujours la robe des fous devant les Institutions gouvernementales démocratiques, y compris même sur le site Internet du Tribunal de la Commission des lésions professionnelles (CLP).

    Par respect pour mes convictions profondes

    La seule façon possible pour moi de conserver un minimum de respect et de dignité humaine, en plus de respecter mes convictions les plus profondes, c’est de tenir compte de mes convictions profondes, c’est-à-dire, de me retirer de la liste d’admissibilité pour un HLM à Saint-Georges. Il n’est pas question de ramper comme un vers de terre devant qui que ce soit, et encore moins, devant une Institution démocratique du Québec, discriminatoire dans ses lois et règlements.

    Espérons un changement au niveau de ce règlement envers les plus démunis de la société. De mon côté, j’attendrai jusqu’à mon dernier souffle de vie si cela est nécessaire, un changement de Direction de l’OMH de Saint-Georges, avant de redéposer ma candidature pour un HLM à Saint-Georges, puisque ma confiance vient de dégringoler à moins que 0. La Direction de l’OMH n’est pas payée pour agir seulement comme des Directeurs, mais bien, en tant que serviteurs au service des moins nantis de la population de Saint-Georges.

    C’est maintenant à eux que revient la tâche de soulever ce règlement tortionnaire, auprès du Conseil d’Administration de l’OMH de la région, et non aux citoyens. Ceux-ci pourraient aussi intervenir auprès du Député et Ministre Robert Dutil pour qu’il fasse humaniser ce règlement discriminatoire sur le dos des plus faibles de la société. J’ose espérer que ce projet est sérieusement à l’étude, par tous les grands responsables des logements sociaux à la ville de Saint Georges, comme à la grandeur du Québec.
    Un virage de 180% vers la droite
    Je reconsidère depuis une semaine, le projet de partir à la conquête d’un co-locataire sérieux. Quoique cela ne se réalise pas en un tour de magie. Politiquement parlant, c’est un virage à 180% vers la droite. Le jour où les plus démunis de la société se tourneront vers de nouvelles solutions, il y aura de la lumière au bout des tunnels administratifs, bureaucratiques et politiques du Québec.

    La pauvreté du cœur est le pire de tous les handicaps

    Si ce témoignage arrive à rejoindre le cœur et le gros bon sens des Responsables à l’OMH de Saint-Georges, ainsi que le Conseil d’Administration et les élus qui sont en mesure de faire changer des choses, alors mon message n’aura pas été écrit en vain. Parce qu’il n’y a pas plus grand handicap, que la pauvreté du cœur.

    Patricia Turcotte