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P?trole dans le Saint-Laurent : le mythe norv?gien

Dans une r?cente lettre ouverte, la pr?sidente-directrice g?n?rale de la F?d?ration des chambres de commerce du Qu?bec (FCCQ), Mme Fran?oise Bertrand, incitait les Qu?b?cois ? s?inspirer de la Norv?ge et ? ouvrir toute grande la porte ? l?industrie p?troli?re dans le golfe du Saint-Laurent. Mais dans son optimisme, Mme Bertrand ...

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Les mauvaises fr?quentations

MONOLECTE : Je viens d’un pays banal où les fenêtres ont des oreilles et des rideaux qui se soulèvent sans aucune brise. C’était un monde d’une extrême bienveillance où une foule invisible de braves gens veillaient en permanence à ce que je … Lire la suite

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Les mauvaises fr?quentations

Je viens d’un pays banal où les fenêtres ont des oreilles et des rideaux qui se soulèvent sans aucune brise.

Fenêtre sur natureC’était un monde d’une extrême bienveillance où une foule invisible de braves gens veillaient en permanence à ce que je ne sorte jamais des sentiers bien balisés. Rien n’était jamais dit, mais tout se savait.

Mais que faisais-tu à trainer avec le petit Barabas ?

C’était ma grand-mère qui m’alpaguait au moment où je rangeais mon vélo dans l’abri du jardin. J’étais, d’une certaine façon, plus libre que les enfants d’aujourd’hui puisque je pouvais trainer avec la bande du quartier loin du regard de ma grand-mère. Mais d’un autre côté, elle avait trouvé, comme tout le monde dans le bled, d’aimables extensions à ses yeux myopes et quoi que je fasse, quoi que je dise, tout lui était rapporté dans la minute par quelque ésotérique moyen de communication qui enfonçait, de loin, la mythique barrière de la vitesse de la lumière.

Le petit Barabas, comme bien d’autres, faisait partie des mauvaises fréquentations. Non pas qu’il fut particulièrement plus turbulent, chahuteur, menteur, voleur, tricheur ou déconneur que la moyenne des gosses du quartier, mais c’est qu’il venait d’une famille à la mauvaise réputation et que ce seul fait suffisait à lui régler son compte de manière définitive.

C’est qu’ils ne vivaient pas vraiment comme tout le monde, ces gens-là. Et puis, d’ailleurs, qui savait réellement ce qu’ils trafiquaient dans leur coin ? Et la mère, pour qui elle se prenait, avec ses grands airs, à ne saluer personne les rares fois où elle descendait en ville ?

J’avais dans l’idée qu’elle avait bien dû tenter de briser la glace deux ou trois fois et qu’elle avait fini par laisser tomber, rabrouée par la morgue malveillante des commères du village, les gardiennes du temple de la moralité, celles qui faisaient ou défaisaient la réputation des uns et des autres en quelques mots expéditifs.

Malheur aux différents ! Malheur aux pas comme nous ! Ils se retrouvaient murés vivants dans une gangue de mépris et de suspicion qui les isolaient plus surement du reste de la communauté que s’ils avaient vécus sur la Lune.

C’était con, parce que j’ai toujours préféré la société des marginaux, des pas pareils, des pas fréquentables, de ceux devant lesquels on change de trottoir et on baisse la voix en chuchotant. Pas juste parce qu’ils étaient des réprouvés, pas juste par esprit de contradiction — encore que, quand même, un peu —, mais par envie d’aller vers ce qui n’est pas connu, reconnu et balisé, ce qui n’a pas reçu l’approbation normative des vieilles barbues à l’haleine fétide et aux idées étroites.

La bonne société des mouflets de mon âge, c’était les premiers de la classe, les gosses de notables et de commerçants, souvent de remarquables petites pestes suffisantes et cruelles que je jugeais précisément totalement infréquentables. L’entre-soi déjà moisi du mépris social. Les mauvaises fréquentations, c’étaient les immigrés, les gosses d’ouvriers et de prolos, ceux dont les parents ne frayaient pas avec les braves gens du bled, quitte à pochetronner jusqu’à pas d’heure au troquet du coin où j’allais régulièrement chercher mon grand-père. J’étais juste au milieu de ce bel ordre social, avec une assez bonne réputation, entachée par ma tendance à préférer les infréquentables. Bonne élève, plutôt mignonne et gentille, même si j’avais déjà ce que les commères appelaient paradoxalement une langue bien pendue, c’est-à-dire non pas un organe à baver interminablement sur autrui, mais une manière plutôt impertinente de poser les mauvaises questions au mauvais moment et aux mauvaises personnes.

Même ça, même ta tronche était un enjeu central du contrôle social : pas de place pour les moches, ou alors en braves souffre-douleur, ni pour les trop belles, forcément des putes et des Marie couche-toi là. Tout était tellement soigneusement pesé, calibré, référencé, rapporté, comparé et archivé : la longueur de la jupe, ni trop haute (ça fait pute) ni trop basse (ça fait romano), si tu souris juste assez, ni aguicheuse, ni hautaine, l’heure à laquelle tu sors, celle à laquelle tu rentres, à qui tu parles, où et comment... tu es juste comme un insecte dans un labyrinthe de verre.

Je ne sais pas trop comment, mais ça a continué plus tard, après, même (et surtout) quand je suis partie à la fac, loin dans la ville. C’est ça, la magie du village : loin des yeux et près du cœur.

Un jour ma grand-mère m’appelle, en colère et affolée :

  • Tu dois rentrer tout de suite à la maison.
  • Je ne peux pas, j’ai partiels !
  • Arrête de mentir, je sais tout !

Arf, qu’est-ce que le téléphone arabe du bled avait bien pu trouver à lui rapporter d’au-delà des frontières lointaines de notre grande ruralité ? Que je fumais comme un pompier, que je picolais parfois comme un Polonais (et même avec, quand la soirée était bonne), que j’avais des potes qui se camaient, d’autres qui vendaient leur cul pour arrondir leurs fins de mois, que ma résidence universitaire regroupait tellement de nationalités différentes qu’on aurait pu se croire à une séance plénière de l’ONU, que je trainais dans les quartiers louches à des heures indues et qu’il m’arrivait de piquer du nez en cours après des nuits plus longues que des jours sans pain ?

  • Tu sais quoi ?
  • Que ce n’est pas vrai, que tu n’es pas à l’université. On m’a dit que le Mirail, c’est une cité HLM et que tu y vas te faire sauter par des bougnoules. On ne met pas d’université dans les banlieues, tout le monde sait ça.

Le weekend suivant, je lui ai rapporté ma carte d’étudiante, celle de la BU, les tickets RU, des brochures de la fac, des notes de cours, tout ce que j’ai pu trouver. Plus tard, je lui ai même ramené un diplôme, puis un autre d’une fac plus prestigieuse. Et encore un autre. Mais cela n’avait aucune importance. Je crois bien qu’elle est morte en n’ayant absolument jamais rien compris de ce que je suis, de ce que je pense ou de ce que je fais de ma vie. Elle m’a toujours demandé si j’allais avoir un jour un vrai boulot, un vrai métier et une vraie famille. Des choses simples et faciles à comprendre. Des choses comme tout le monde, des choses comme font les gens bien.

Les gens qu’on a envie de fréquenter, dans son monde.

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Un nouveau chroniqueur

Commençant  le 4 juin, SERGE CHARBONNEAU,  dont vous avez déjà eu l’occasion  d’apprécier la plume acérée et les dossiers sans failles, se joint à l’équipe en permanence et sera « de garde » chez les 7 tous les mardis, 18 h 00. … Lire la suite

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La r?volution biocentriste

Par?G?rard Charollois Ceux qui par id?ologie et ceux qui par profession de lobbying s’opposent ? la reconnaissance des droits des animaux et de la nature, d?nigrent le biocentrisme en le pr?sentant comme une r?gression, une n?gation des Droits de l’Homme. Pour eux, notre condamnation de l’anthropocentrisme impliquerait un retour ? ...

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? propos de la Cor?e populaire?

La R?publique populaire d?mocratique de Cor?e (RPDC) serait en pleine crise parano?aque. Elle voudrait la guerre, nous dit-on. Pourtant, chaque ann?e, les ?tats-Unis et ses auxiliaires sud- cor?ens font des man?uvres militaires aux abords de la RPDC. Cette ann?e, d?but mars, elles ont ?t? d?une ampleur exceptionnelle, avec porte-avions, bombardiers ...

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J?ai une r?ponse de l?Elys?e sur les ch?meurs ?g?s et pr?caires!

Auteur 😕Becquet53??-?Source 😕Mediapart Si, si je vous le jure?! J?avais ?crit au Pr?sident de la R?publique il y a un mois, sur le cas? des ch?meurs, ?g?s, pr?caires et en fin de droit. Trouvant inadmissible que l?allocation ?quivalent retraite, dispositif de Lionel Jospin, an?anti par l?ancienne majorit? ne soit pas ...

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OLIVIER CABANEL. « Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées », chantait le Poète. C’est ce qu’on est tenté de penser en découvrant la vie de deux célèbres inconnus, une femme et un homme, qui auraient pourtant mérité d’être à la … Lire la suite

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Les « Matrices d’opinions » ?l?ments noyaux de la d?sinformation

  En r?ponse ? un commentaire, je me suis laiss? emporter par le sujet, ? Merci ? mon enfance sans t?l?… ou si peu, je n?ai pas ?t? accoutum?e et pourtant je ne me suis jamais ennuy?e. Je vois tellement de parents qui collent leurs m?mes devant la t?l? le ...

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L?Afghanistan, antichambre du d?clin des ?tats-Unis

Avec le retrait des troupes combattantes d?Afghanistan, pr?vu pour la fin de l?ann?e 2014, la Maison blanche commence ? songer ? la forme que prendra la pr?sence militaire qui sera maintenue, officiellement sous couvert de missions d?instruction ou antiterroristes, dans ce pays ? combien strat?gique. Les derni?res indiscr?tions de la ...

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Lettre ouverte aux Djihadistes de tous les pays

Ulysse?! Ne demande pas aux dieux de faire pour les hommes ce que les hommes doivent faire pour eux-m?mes. Odyss?e ????? ?????? ??? ????????? ??? ???????? ?????? ???????????? ??? ?????????????? En v?rit?, Dieu ne modifie point l’?tat d’un peuple tant que les hommes qui le composent n’auront pas modifi? ce ...

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