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Temps de r?volution

Le changement r?volutionnaire n?arrive pas comme un moment cataclysmique, mais comme une succession interminable de surprises, qui se meuvent en zigzag vers une soci?t? plus d?cente, disait Howard Zinn peu avant de mourir. Cela a toujours ?t? ainsi. Des r?volutionnaires triomphants transforment souvent des ?pisodes du moment o? ils ont ...

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Stardust memories

C’est comme si j’étais née à l’âge de six ans

Les lumières de la villeLa gosse vient de monter à mes côtés dans la voiture et elle lâche cela dans l’élan sans même prendre le temps d’attacher sa ceinture. C’est dire si ça la perturbe.

  • Qu’est-ce que tu veux dire ?
  • Je suis en train d’oublier mon enfance!

Cela pourrait prêter à rire, venant d’une fillette de 10 ans, mais je comprends instantanément ce qu’elle veut dire.

  • Ça fait longtemps ?
  • Je viens de m’en rendre compte. Je n’arrive pas à me souvenir de quelque chose d’avant mes six ans, tout en sachant qu’il y a peu de temps, je m’en souvenais parfaitement.
  • Oui, je sais. Ça nous a toujours amusés, avec Papa, ta capacité de te souvenir de trucs de bébé. Mais faut pas t’inquiéter, je pense que c’est quelque chose de normal. Tu sais que ma mémoire aussi est bizarre : je peux me souvenir 20 ans d’un digicode ou d’un mot de passe ou de la place d’un fichier dans un ordinateur qui n’existe même plus et en même temps, je peux oublier le visage d’une personne, juste le temps de tourner les talons.
  • Je ne suis pas inquiète, c’est juste que ça fait bizarre.
  • Je me pose souvent des questions sur la mémoire et depuis toujours. Pourquoi on se souvient de certaines choses et pas d’autres, comment on s’en souvient, pourquoi on oublie, est-ce qu’on oublie vraiment ? Il m’arrive de vivre un moment tellement beau que je me dis « là, il faut vraiment que je m’en souvienne ». C’est comme si je voulais graver l’instant au burin dans la pierre, je veux absolument être capable de revivre cet instant à la demande, d’avoir tout qui remonte exactement comme je l’ai vécu, au moment même où je le vis : ce que je vois, ce que je sens, ce que j’entends, ce que je ressens et même, ce que je pense. Et tu sais quoi ?
  • Non.
  • Ça marche.

Je sais que je suis plus que la somme de mes souvenirs. Je suis aussi et surtout tout ce que j’ai oublié, mais dont je sais, confusément, que c’est toujours là, juste sous la surface de ma conscience, juste mal rangé, mal archivé, mais qu’un effort de concentration et de recherche suffisant pourrait probablement faire remonter à ma pleine connaissance. Parfois, je me rends compte que je ne me souviens plus que des souvenirs de mes souvenirs originaux. Une copie de copie de copie. Comme une réinterprétation de la réalité, un souvenir augmenté. D’une sensation fugace, je reconstitue patiemment le puzzle de l’instant, à travers d’autres souvenirs, plus ou moins reconstruits, des témoignages d’autres personnes (tu te souviens, le jour où nous avons fait cela ? Il faisait un temps superbe et l’air sentait le monoï), peut-être falsifiés, des photos, des tas de photos, pour garder les visages.

  • Tu sais, j’ai commencé à photographier autour de moi pour ne pas oublier.
  • Oui, tu me l’as dit.
  • Avant, je n’arrivais même pas à savoir ce que j’avais fait la semaine d’avant. Maintenant, quand un vieux me dit : « ho là là, mais quel temps, c'est pas compliqué, on n’avait jamais vu ça en cette saison! » et bien, je vais voir mon catalogue de photos et je vois que l’année dernière et les cinq années précédentes, il avait aussi fait un temps de chien au mois de mai, mais tous les ans, y a toujours un vieux qui n’a jamais vu ça de sa vie.
  • Et toi, tu te souviens de ton enfance ?
  • Plus grand-chose de la petite enfance, quelques moments de quand j’avais ton âge. Un jour, comme toi, je me suis rendu compte que c’était comme si je n’avais jamais été un bébé. Ça m’a profondément perturbée. Je pensais à mes parents, qui avaient toujours été vieux et je me suis rendue compte que s’ils ne me comprenaient pas, c’était juste parce qu’ils avaient oublié ce que l’on ressent quand on est un enfant. Ce jour-là, je me suis jurée de me souvenir de ce que l’on éprouve quand on est un gosse.
  • Et tu t’en souviens ?
  • À ton avis ?
  • Ouais, pas trop mal.
  • Tu sais, je crois que nous avons besoin d’oublier des choses. Mais je pense aussi, qu’en même temps, nous n’oublions rien, que la somme de tout ce que l’on a vécu est toujours stockée en nous, c’est juste qu’on n’a plus accès à tout, seulement à ce qui nous est nécessaire pour vivre et pour continuer. T’imagines ? Si on devait se souvenir d’absolument tout ce que nous faisons, vivons, pensons, ressentons, lisons, discutons ? Ce serait le bordel. Alors que là, on se souvient surtout de ce qui est important, même si ça ne nous paraît pas si important que cela. En fait, j’ai plusieurs théories, qui valent ce qu’elles valent. Nous trions nos souvenirs en fonction de ce qui nous intéresse, de ce qui nous émeut, de ce que l’on aime ou que l’on déteste. C’est très affectif, la mémoire. C’est donc très sélectif et c’est nécessaire pour nous permettre d’évoluer.
    Je pense aussi que la mémoire est liée à nos sens, à notre rapport au monde. Je pense que nous ne pouvons accéder facilement à notre petite enfance à cause du langage. Quand on est un bébé, on ressent le monde, mais on ne peut l’exprimer, parce que nous n’avons pas de mots pour ça. On voit des formes, des couleurs, des visages. Certains visages, certaines voix, certaines odeurs signifient la chaleur, la nourriture et la douceur. On s’y attache. Profondément. Puis les mots arrivent et on nomme les sensations et du coup, les souvenirs d’avant les mots ne sont plus accessibles, parce qu'ils ne sont pas archivés d’une manière compréhensible pour notre nouvelle façon de penser. Mais je pense qu’ils sont là, très forts et qu’ils façonnent en partie notre rapport au monde, des années plus tard. Des fois, tu rencontres des gens et tu ne sais pas pourquoi, mais du premier coup, tu sais si ça va le faire avec eux ou pas.
  • Oui, c’est vrai.
  • Je pense que ça ne vient pas du fait qu’on « lit » les gens, mais de ce qu’ils nous évoquent dans leur façon d’être, quelque chose qui a à voir avec un vieux souvenir oublié, mais encore actif. Parce que finalement, même si on change, il y a des choses en nous qui ne bougent pas, comme le noyau à l’intérieur du fruit, le cœur de l’oignon. Les expériences ajoutent des couches les unes par-dessus les autres et nous sommes la somme du tout : nous sommes le bébé du départ, le gamin, l’ado et tout le reste en même temps. Mais nous ne pouvons pas avoir conscience en permanence de tout cela, sinon, on ne vivrait plus.

La gosse a plus ou moins décroché. Elle finit toujours par décrocher. Parce que je ne m’arrête jamais à une réponse facile à l’emporte-pièce. Et je sais que ce n’est pas grave. Même ce qu’elle écoute d’une oreille, elle va quand même l’enregistrer quelque part en elle. Comme elle a déjà enregistré tout le reste avant, même quand elle était bébé et qu’on se demandait avec son père si c’était vraiment la peine de lui montrer des tas d’endroits et de gens qu’elle oublierait fatalement. Elle ne doit plus se souvenir de nos jeux et de nos rires de quand elle était bébé, mais je pense que c’est sur ce socle, ces sensations lointaines et informulées qu’elle a construit l’attachante petite personne qu’elle est aujourd’hui. C’est le terreau dont elle s’est nourrie et qui l’a fait grandir.

  • En fait, je crois que tu n’as pas fini d’oublier des choses.
  • Ah bon ?
  • Des fois, je me dis que l’adolescence, ça sert surtout à oublier tous les liens de l’enfance, les bons côtés des parents, pour ne plus en retenir que ce qui en fait des vieux cons.
  • Mais non, je ne serai jamais une ado comme ça.
  • On ne sait pas ce que tu vas devenir, mais je pense que ce n’est pas grave, je crois même que c’est un processus nécessaire : les ados doivent trouver les motivations nécessaires pour avoir envie de découvrir le monde et non pas de rester coller à leurs parents. De toute manière, la mémoire est quelque chose de mystérieux et de capricieux. Les vieux n’appartiennent plus au monde dans lequel ils dépérissent, ils s’ennuient et ils ne comprennent plus rien. Ils n’en gardent pas de traces alors que tous leurs plus anciens souvenirs, ceux qu’ils avaient précisément oubliés pendant leur vie d’adulte, reviennent à la surface.
  • Il paraît que les gens qui vont mourir voient le film de leur vie.
  • Je ne sais pas, mais mon ami Étienne m’avait raconté qu’il s’est tapé un sacré diaporama au moment où il a eu son accident de moto.
  • Mais, il est mort ?
  • Ben non, parce que sinon, il aurait eu du mal à me raconter, mais parce qu’il a pensé qu’il allait mourir, paf, c’est comme une digue qui a lâché et des tas de souvenirs de sa vie sont remontés brutalement à sa conscience. Finalement, on n’oublie rien, on n’oublie personne, on oublie seulement la manière de se souvenir des choses.


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Nano Story : Aldo Maccione

Le futur d’un corps ne dépend pas de son hygiène, ni de sa volonté et encore moins de la science parce que tout se joue à ses pieds ! C’est au niveau de l’argile que la stature d’un homme se situe quand son mouvement se sépare du reste du flux en devenant une étoile.

La plupart marche en regardant ses doigts de pieds, les autres font dans le handicap et les derniers dansent des orteils au coccyx. Mais la démarche, elle, slalome, swing, lévite, surfe sans jamais prêter attention à cette concurrence sous tutelle textile et morale !

Elle dirige les opérations et le destin du cycle de reproduction lorsqu’à portée de paire de jambes elle dit : plus beau que moi tu meurs !

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?a existe et c’est possible : Vandoncourt, un village auto-g?r? depuis 1971

Auteur 😕Marc Lafontan?-?Source 😕Au Bout de la route Vandoncourt, petit village du Doubs, ?exp?rimente le pouvoir r?el aux citoyens et ?la d?mocratie directe depuis quarante ans, et ?a marche En 1970, ? 68 ? n?est pas tr?s loin, et il va laisser un parfum libertaire qui va se r?pandre entre ...

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? Chypre, la population est sous le choc

Beaucoup de Chypriotes ?taient sous le choc, samedi,?apr?s l?annonce d?un accord avec l?Union europ?enne sur un plan de sauvetage de 10 milliards d?euros?comprenant une taxe exceptionnelle sur les d?p?ts bancaires. L?accord a ?t? conclu dans la nuit de vendredi ? samedi, et les r?sidents de l??le m?diterran?enne l?ont d?couvert ? ...

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L?enfant et le funambule

ELYAN Au coeur des hommes, derrière les masques renouvelés et les pulsions dominantes, se tapit un inconnu aussi fragile qu’un nouveau-né. La disparition de l’enfant Pourtant il n’a rien de coupable, même si on cherche à le détruire. Ce qui … Lire la suite

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Conscient ou inconscient?

Il y aura l? des le?ons ? tirer de nous-m?mes. Et pourtant, ?a a l’air tout b?te… Il suffisait de l’?crire. Trois voitures font le m?me trajet par une journ?e ensoleill?e: A un arr?t, le conducteur de la premi?re voiture, … Lire la suite

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Le temps des c(e)rises ?

  MONOLECTE Cette ann?e, les cerisiers n?ont pas donn?. C?est une de ces petites phrases banales qui creusent en moi un sentiment de perte incommensurable. Ce genre de choses que l?on dit sans y penser, pour ponctuer une marche ou … Lire la suite

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AURORE D?UN JOUR NOUVEAU

? OSCAR FORTIN ?Nous en sommes l??: une humanit? qui, dans son ensemble, souhaite l?av?nement d?un jour nouveau lui apportant la pl?nitude de vie, de paix, d?amour, de transparence et de v?rit? dans les relations des uns et des autres. … Lire la suite

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