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FMI-BANQUE MONDIALE-PAUVRET

Si la pauvret? ?tait un produit, ses plus gros fabricants seraient sans nul doute la Fond mon?taire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). Bien que la pauvret? existe depuis toujours, jamais n?aura-t-elle atteint un tel niveau et aura-t-elle ?t? … Lire la suite

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Passation de t?moin en Chine : une alternance en pente douce

? ??Peu importe que le chat soit noir ou gris , pourvu qu?il attrape la souris?? Den XiaoPing Hasard du calendrier, dans la m?me semaine les deux g?ants du XXIe si?cle ont proc?d? ? des ?lections pour ?lire de nouveaux dirigeants. Si aux Etats-Unis on a fait que tout le ...

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Le Mustard Seed, un mod?le d?int?gration pour les sans-abris? La force du grain de moutarde

  CAROLLE ANNE DESSUREAULT ? ?Une ?mission ? la t?l?vision consacr?e aux d?munis qui fr?quentent?l?association?Mustard Seed??en Alberta a vivement suscit? mon int?r?t quant ? leur fa?on de leur venir en aide. Sans vouloir discr?diter ou diminuer le travail extraordinaire accompli … Lire la suite

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Individualisme, d?mocratie, productivisme et imp?rialisme

Individualisme Croire que l?on s?est d?barrass? de?l?individualisme bourgeois?parce que l?on s?exprime ? l?ombre protectrice des?classes sociales?et de leurs?luttes, que l?on semble agir contre leprofit,?l?exploitation de l?homme par l?homme, les puissances d?argent, les pouvoirs ?tablis, c?est faire preuve d?une parfaite?ignorance?de ce qui motive, dirige, oriente les actions humaines et avant tout ...

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Homosexualit? masculine et capitalisme

. . La Fiert? Gaie est de retour sur Montr?al. Une occasion nacr?e de la regarder bien droit dans ce crucial angle sociohistorique qu’on esquive ou escamote trop souvent en ce qui la concerne. Suivez bien le mouvement. Par rapport … Lire la suite

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Killing Descartes

Je voudrais travailler à rendre les hommes plus profonds et meilleurs en les amenant à réfléchir sur eux-mêmes. Je suis en désaccord avec l'esprit de ce temps, parce qu'il est plein de mépris pour la pensée... L'homme moderne, surmené de travail, n'est plus capable de véritable recueillement, et il perd sa spiritualité dans tous les domaines... Or, la renonciation à la pensée est la faillite de l'esprit.

Albert Schweitzer, À l'orée de la forêt vierge, préface.

Bubbles girlsPetite cure de stimulation intellectuelle ce week-end, au Marathon des Sciences de Fleurance ou l'occasion incroyable de se goinfrer 12 heures de conférences scientifiques entrecoupées de pauses foie gras et autres œnogastronomies plus ou moins locales. L'occasion, surtout, de ne pas s'encroûter du ciboulot, de croiser des gens intéressants et de se rendre compte que cela fait un petit moment que je me laisse distraire, au propre comme au figuré, par de petites considérations futiles et sans importance.

De la distraction, oui, comme évidence technologique pendant que les orateurs défilent sur fond d'écran géant, devenant étrangement les commentaires vivants des vrais clous du spectacle, à savoir leurs foutus sliders PowerPoint. Cette constatation est d'autant plus vraie que la technologie, puisqu'il s'agissait bien du sujet de cette année, a plutôt tendance à prendre le pas sur l'homme de science, le slider s'agrémentant de musiques et de vidéos. Je commençais à me demander qui de la machine ou de l'homme fait le show, quand est arrivée la seule intervenante du jour, son iPad greffé au creux du coude. Je sais, par expérience assez directe, que tout le monde n'est pas à l'aise dans la communication orale et je me souviens des colloques organisés annuellement par mon ancien laboratoire de recherche, histoire, probablement, de nous préparer à ce genre d'épreuve qui fait partie de la vie normale et nécessaire du chercheur, apprenti ou confirmé.

Là, je sais tout de suite qu'elle souffre.
Et que son iPad est sa bouée, son pupitre, son pense-bête, tout. Elle lit son exposé sans parvenir à décoller du texte, elle peine à insuffler un rythme et puis, c'est le drame : la tablette se met en veille et la voilà obligée de se traîner ce poids mort coincé à son bras. Étrange démonstration par l'absurde de la dépendance technologique, celle que je fuis sans jamais pouvoir y échapper, celle que j'apprivoise, à laquelle je ne fais de concessions que parce que je m’astreins, par ailleurs, à cultiver mon autonomie technologique par tous les moyens.

La soirée est déjà bien avancée quand arrive l'homme seul. Il débarque sans ordi, sans pointeur laser et avec un sens assez consommé de la mise en scène, il s'installe ostensiblement seul dans un coin de l'immense scène à présent presque complètement plongée dans la pénombre. Il s'assied posément sur une chaise d'une outrageante banalité, chausse ses lorgnons de jeune vieillesse et pose ses notes de papier sur ses genoux croisés. Sa seule présence, sa seule installation sont la démonstration incorporée de l'autonomie de la machine humaine sur la distraction technologique. Pas d'effets, pas d'images, pas de son, pas de grands mouvements de scène, juste un homme sur une chaise qui déploie patiemment ses idées, qui inocule son propre rythme, qui peut choisir de digresser dans son discours ou de ne pas arriver où on l'attend. Et la lumière ne naît que de ses paroles, que de son processus intellectuel endogène. Il relègue la machine au rang d'accessoire ou de prothèse de l'humain et rejette, dans son seul comportement, notre indépassable soumission à l'ordre technologique. Et là, seulement équipé de ses lunettes et de ses feuilles de notes, il dessine à grands traits la dystopie de la transhumanité, transformant sa propre intervention en démonstration de son propos.

L'homme-machine de Descartes devient le machin de la prouesse technologique, pense qu'il est noble de chercher à repousser ses limites alors qu'il ne parvient même pas à suffisamment se penser lui-même pour parvenir à les tracer. Nous rêvons nous-mêmes de devenir des moutons électriques parce que nous avons renoncé à interroger notre propre humanité et que nous croyons sincèrement nous améliorer en l'aliénant à la technologie.

Je regarde cet homme assis tout seul sur sa grande estrade vide et je reviens toujours à la même question : qu'est-ce qui est vraiment important dans tout cet immonde foutoir qu'est notre monde ?

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