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Le kidnapping du Phocea (4) : de bien curieux amis

Si l’on peut juger une personne à celles qu’elle fréquente, Pascal Vu Anh Quan Saken, qui prétend être le propriétaire actuel du Phocéa, a du mouron à se faire. Parmi tous ceux qui gravitent autour de lui, je vous en ai retenu trois, bien représentatifs il me semble, et qui compromettent sa crédibilité « d’investisseur » sans tâche et sans reproches.  Car on ne sait comment il fait, mais il a l’art de se compromettre, soit avec des escrocs notables, soit avec des politiciens douteux.  Démonstration facile, tant les cas sont.. ahurissants !!!

diplome-reikoLe site regroupant toutes les pages internet ouvertes par Pascal (Vu Anh Quan) Saken regorgent en effet d’informations… suicidaires pour lui, tant elles contiennent de détails compromettants sur sa propre vie.  C’est une simple remise de diplôme à l‘ambassade du Vanuatu à Bruxelles qui nous montre le premier. Les gens sans diplômes et imbus d’eux-mêmes cherchent constamment à se voir décerner des titres honorifiques (j’en ai connu un croustillant dans le genre : un chef d’établissement scolaire dont le bureau était tapissé de diplômes de confréries de chevalier du tastevin ou de buveur de bières, il affichait même dans son bureau un diplôme en espagnol décerné par la douane car l’homme avait été patient à la frontière du col du Perthus !).  On commence donc par une remise de diplôme, celui du « Rubin Word Traveler« , un prix dont on ne sait s’il existe ou pas, car ce qui nous intéresse plutôt ce sont ces deux signataires.  D’un côté l’ambassadeur du Vanuatu à Bruxelles, Roy Mickey Joy, qui reçoit ou rencontre décidément plein de gens (ceux du Kosovo, de Malte, ou du Togo, etc) et de l’autre un grand blond de prime abord inconnu.  Pas tout à fait : il s’agit de Reiko Opitz, présenté comme étant le rédacteur en chef du journal ayant remis le prix cité, à savoir le « Berliner Tageszeitung« .

Renseignement pris, le journal n’en est pas vraiment un de papier (sous le nom de Berliner Tageblatt, il s’était en fait arrêté en 1939 !), et le fameux Opitz a surtout un beau palmarès d’escroc derrière lui (on suppose que l’ambassadeur l’ignorait, du moins on l’espère !).  Si c’est à ses amis qu’on se reconnaît, voici notre Pascal plutôt mal barré… auberge-award-der-berliner-tageszeitung-copieA noter que le même Opitz a aussi remis au même Saken un autre « trophée » tout aussi ahurissant : celui de « Le Auberge Award » (dans le texte !), remis en 2014 au Paradisus Varadero Resort.  Un diplôme qui récompense les endroits où Optiz s’est senti bien, tout simplement (il est le seul à décider à qui le remettre) !!! Si, si, ça existe ce genre de fumisterie intégrale !!! La liste des récipiendaires est à mourir de rire d’ailleurs : le  Badrutt’s Palace, Hotel à St. Moritz  (en 2007), l’InterContinental Hotel de Kiev – Ukraine (en 2008), le Palace Kempinski Hybernska Prag – en Tchéquie (en 2009), Grand Hyatt Muscat – Oman (en 2010), l’Emirates Palace Dubai – (en 2011), l’Hotel Grozny City en Russie (en 2012), le Shanghai Billionaire Club and Hotel – en « République populaire de Chine » (en 2013)… qui, signalons-le, n’est pas un hôtel, pourtant…  Un sommet, que ce trophée !!!

Son ami multicarte

reiko-fake-doc-1Ce Reiko, c’est en effet tout un poème.  Né en 1968 à Oranienbourg, l’homme a d’abord eu une carrière de vendeur de téléphones et de voitures, puis avait rapidement… fui au Pérou, après la faillite d’une première affaire commerciale située à Berlin, où « il avait des partenaires », qu’il avait subitement « abandonnés » avait-on appris (voir ci-dessous dans quel « commerce »).  Revenu (riche) s’installer en Ukraine, il avait alors déclaré sur le net être « éditeur d’un grand journal allemand » : « en vérité, le journal de Berlin n’a jamais été imprimé. Son site web est un ramassis de fausses nouvelles, avec un portail de bannière publicitaire datant de l’âge de pierre numérique, et l’adresse de l’édition N°100 conduit à Highland Park Village, étage 200, à Dallas, une adresse de boîte aux lettres au Texas » écrit à son propos le mordant Der Spiegel (depuis elle a changé et s’est localisée à Chengdu, en Chine !). Lui aussi, un grand collectionneur de faux documents comme on peut le voir ici à droite…

L’ex-dirigeant du plus grand bordel de Berlin !

Le contenu du journal consistait à s’attaquer avant tout à l’opposante Ioulia Volodymyrivna Tymochenko, célèbre depuis la révolution Orange, alors emprisonnée (elle a été libérée en février 2014 à la suite de l’insurrection et réhabilitée le vec « la propagation de faux messages et de fausses informations », notamment, rappelle Der Spiegel.  Ou pire encore : dans un article signé de sa main le 30 avril ici à 2015, il avait ainsi pris sans hésiter la défense du sinistre gang russe du Solntsevskaya Bratva (1) caractérisé par sa violence, car il était aussi le partenaire d’affaires de Sergei Mikhailov et Semion Mogilevich, « les deux responsables », selon Wikipedia « du plus grand et le plus puissant syndicat du crime de la mafia russe . » « L’organisation est également impliquée dans le commerce international de la cocaïne , par ses liens avec les cartels de la drogue colombiens négociés par le clan Cuntrera-Caruana » . Voilà qui le situe déjà, il me semble !  A la question embarrassante sur la grande villa à 1,5 million de dollars, dans laquelle il avait habité dès son retour en Ukraine, dans le district riche et touristique de Kiev Pechersk, Reiko avait répondu qu’il avait « sauvé il y a des années un membre de la famille royale d’Oman « … et rien pour le prouver bien sûr.  En revanche, sa présence régulière dans les années 2000 pour attirer les journalistes à l’Artemis Club, le plus grand bordel de Berlin, avait laissé chez ces derniers une idée de ses revenus probables… en plus de ceux du gang avec lequel il est « en affaires ». brotel-optiz Lors de la coupe du monde de football en 2006, c’est en effet bien lui qui avait été interviewé dans cette article d’UOL.com: « principalement dans la capitale Berlin, il sera difficile de dissocier la Coupe de la prostitution. Très proche de de la scène de la finale de la Coupe du Monde à seulement trois arrêts de train du stade olympique, se trouve le bordel le plus luxueux d’Europe. Ouvert à la fin de l’année dernière, le bâtiment Artemis, de trois étages qui a coûté 6,5 millions d’euros, contient 50 box où les prostituées peut recevoir en une seule nuit jusqu’à 150 clients. « Mais ces chiffres vont croître beaucoup pour la Coupe du Monde. Nous avons au moins 100 filles au travail et attendons avec impatience 300 clients par jour», dit Reiko Opitz, le gestionnaire d’Artemis, décrivant la maison comme une « option de classe pour la prostitution de rue ». Dans la maison, il travaille près d’une sorte de «Nations Unies» des prostituées, avec des filles qui viennent de partout dans le monde. Nous avons une brésilienne et une Péruvienne. Enfin, des femmes de nombreux pays, dont l’Afghanistan. On ne manquera pas le choix pour les fans de la Coupe du monde», dit le directeur du bordel de Berlin ». Comme le résume bien Der Spiegel,  « Opitz mène une vie sur le modèle de Felix Krull, le célèbre personnage de fiction de Thomas Mann: uniquement dans les plus hautes sphères de la société – mais au plus bas des faits attirant l’attention des procureurs ».  Ce qui ne l’a pas empêché de devenir proche de l’ambitieux député ukrainien Nikolay Katerinchuk, du partie Batkivshchyna (« Patrie »). 

Des méthodes de vente sordides
pc-fritzMais il avait fait pire encore, le Reiko.  En 2015, les allemands ont en effet découvert effarés qu’on leur a menti sur toute la ligne avec ce qu’on a appelé l’affaire PC Fritz.  Une escroquerie financière à consonance sordide : au départ, des logiciels système Windows 7 contrefaits (on en avait saisi 170 000 dans un hangar en 2013, vendus 19,90 euros pièce seulement) chez un entrepreneur appelé Maik Mahlow, qui avait fait sa publicité en se prétendant jeune industriel se battant contre le cancer (avec une calvitie bien mise en évidence, et l’annonce d’un « traitement lourd ayant lieu en Ukraine« ), le créateur en fait de la société PC Fritz, de vente sur Internet (sur e-Bay notamment).  Devenu la coqueluche des tabloïds, entouré des vedettes des médias, ou de filles dénudées, ses PC ou ses pièces informatiques s’étaient vendus comme des petits pains.  Présentés comme neufs, ses matériels n’étaient en fait que de la recup’ remise à neuf ! Mahlow venant au départ du commerce de détail alimentaire ! Un deuxième site, « softwarebilliger.de » de la société TYR Holding GmbH lui appartenant aussi avait fait exactement la même chose.

remise-prixLes plaintes de consommateurs s’accumulant, les deux entreprises saisies, en mai 2014, Mahlow avouait toutes ses malversations, y compris que son (faux) cancer avait été inventé seulement « pour des raisons commerciales » !!! Il écopait de 6 ans de prison ferme au passage ! L’escroquerie avait été de taille : pour Microsoft, le préjudice aura été de 9 millions d’euros ! (la vidéo de la saisie et du dossier du Spiegel est visible ici. On y voit les méthodes de vente, avec filles en bikini ou déguisées comme dans Avatar. Dans une soirée, il s’était même fait amener sur scène dans un cercueil en plexiglas et en était sorti une bouteille de champagne à la main : sordide !).  Ils avaient tout osé et continueront à le faire : un de ses complices, Firac Cagac, sera retrouvé en prison avec une lettre demandant qu’on l’en sorte avec un hélicoptère !!! « Avec de l’argent, tout est possible » avait-il espéré après en avoir pris lui aussi pour 6 ans !

Reiko, le transporteur

vitoOr la police avait découvert également que derrière Mahlow se dissimulait un autre homme, et c’était… Reiko Opitz, justement !!! Il avait été en effet pris en photo en train de lui décerner aussi un prix, toujours au nom de son journal (voir photo ci-dessus).  Un prix portant le même logo que celui remis à Saken à Bruxelles ! Son propre Mercedes Vito conduit par une dénommé Onur Y. faisait le trajet régulièrement d’Ukraine pour alimenter les hangars de Mahlow ! Son Vito et sa Mercedes (et une Bentley, volée en Allemagne) avaient d’ailleurs été saisis à Vinnytsia, plein de copies contrefaites.  Un Mercedes Vito équipé comme on peut le voir d’un imposant dispositif d’émetteurs et de brouillages téléphoniques (et d GPS !) dignes d’un…. diplomate, ou d’un espion !!! Pris sur le fait, Optiz avait fait passer un communiqué fort maladroit (dans son propre journal !) sur l’usage de ces brouilleurs : « le fait que M. Opitz utilise des véhicules équipés de dispositifs spéciaux visant à se prémunir des surveillances exercées par les services des renseignements est lié à la participation de M. Opitz dans une entreprise chinoise qui produit ce genre de dispositifs. Ce n’est en aucun cas la preuve d’une « activité de renseignement » exercée par M. Opitz sur le territoire national ukrainien. Toutefois, dans le contexte des constatations actuelles, nous ne pouvons que mentionner à quel point il était et reste important pour M. Opitz de se protéger du SBU » (les services secrets ukrainiens).  Pas d’explications en revanche, sur sa carte de presse ukrainienne au nom d’Onimy Pauko (voir plus haut la photo)…

En lien avec Ramsan Kadyrov

Les journaux rapportaient qu’Optiz avait aussi menacé de tirer sur Onur Y. lors d’ une réunion à Kiev, parait-il, car ce dernier menaçait de tout révéler.  Le même Onur ayant décrit comme réceptrice des colis « Tetjana Optiz »… On peut voir ici le même Optiz en compagnie de Veronika Vochuk, sa nouvelle fiancée (la« reine des poseuses« ), auprès du dictateur Ramsan Kadyrov à Grozny, pour son anniversaire, au concert de la violoniste thaïlandaise « à grand spectacle » Vanessa Mae (Vanessa Vanakorn) qui est aussi… skieuse, mais également tricheuse. D’aucuns disent aussi en musique, ou l’appellent la « André Rieu féminine » !!! …ou l’assassinent carrément en affirmant qu’elle n’est pas vraiment violoniste…  Dans la salle, ce jour-là, un autre invité de « marque » : Jean-Claude Van Damme  (et la « boxeuse » de Clint Eastwood) !!! Les deux auraient touché ce soir-là 500 000 dollars pour assister à la soirée de Kadyrov, le grand copain de Poutine.

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Reiko Optiz et les inquiétants amis de Poutine

poutine-motardOptiz a lui aussi des amis, en réalité.  Et pas des moindres.  Parmi eux, un cas à part : un homme aux gros bras, surnommé « le chirurgien » (en fait il est masseur de formation !), grand fan de Harley Davidson, qui a formé les Night Wolfs, les Loups de nuit, le premier club de moto de ce type en Russie en 1989.  « Le club entretient des liens étroits avec l’Eglise orthodoxe russe, et promeut les idéaux nationalistes. S’éloignant des thèmes tels que la drogue et le crime organisé associé à des clubs de moto américains comme les Hells Angels, Zaldostanov a commencé à utiliser le club pour l’activisme politique dans les années 2000. À la fin des années 2000, le club a commencé à organiser des rassemblements dans les anciens pays de l’Est soviétique, faisant la promotion de la culture slave. Vladimir Poutine a participé à un rallye, voyageant avec le groupe à Sébastopol en 2012 (nota : c’est la photo en haut du chapitre). Zaldostanov a offert les putin-biker_3244334Loups de nuit au gouvernement russe, comme milice informelle. Zaldostanov et d’autres membres du club ont visité la Crimée juste avant l’annexion russe en 2014 et publiquement appuyé le changement de pouvoir dans la péninsule. Lui et les Loups de nuit ont offert un soutien aux milices pro-russes de défense en Ukraine orientale ». Opitz a en fait financé le cabinet d’avocats qui a représenté les membres de la Cour Les Loups au tribunal administratif de Berlin, leur permettant d’entrer sur le territoire allemand, pour aller célébrer la victoire du 9 mai 1945. « Zaldostanov a été sanctionné par plusieurs gouvernements, y compris les États-Unis et au Canada, pour l’implication des Loups de nuit dans les troubles en Ukraine au milieu des années 2010. En avril 2015, lui et les Loups de nuit ont été refusés d’entrer en Union européenne, à la frontière polonaise ». Dans le sidérant reportage du Gardian, on visite leur base de Luhansk, en Ukraine de l’est, « qui ressemble à une scène de Mad Max » écrit le journal. Sidérant ! Et très effrayant !

Saken en vendeur de marinas… en Lettonie !

sken-rigaOn retrouve aussi l’ineffable Saken en… Lettonie (?).  Sur un ponton, cette fois.  En train de négocier un projet plus que fumeux.  Celui d’un complexe portuaire destiné à recevoir la jet-set, sur la Lielupe, dans le golfe de Rīga, près de Jurmala.  Un journaliste du journal local plus qu’obséquieux le présente comme le sauveur potentiel de la région : « je me suis tourné vers l’investisseur de sujets envisageables, et  je peux vous assurer que très récemment à Jurmala, après mon appel, j’ai reçu la visite du représentant commercial régional pour la région, Aņkuans Sakēns Pascal (Pascal Anh Quan Saken). Il présidera au conseil et de la direction du port. Il est à noter que l’investisseur potentiel est déjà engagé dans le domaine du yachting via la restauration et la mise à niveau, dans un yacht club d’un pays de l’océan Indien « (« le Billionaire Yacht Club « ) et comme fondateur et  créateur d’un projet pilote. Si dans l’hémisphère sud, cette entreprise a déjà plus ou moins son monopole, en Europe, elle ne l’a pas encore ». « A cette occasion », précise le texte « Saken Vu Anh Quan, fondateur du Yacht Club Billionaire a donné plus de détails pour le Bund sur l’infrastructure du milliardaire du club de Shanghai, en cours de développement à Shanghai, en bordure de la rivière Huangpu ».  Saken Vu Anh Quan en a dit plus sur ce projet ambitieux. Cet endroit unique comprendra une plage artificielle, une immense piscine, une marina exclusivement aux membres VIP qui pourront amarrer les bateaux ou ceux de la flotte du Singapour Yacht Mangusta, et il sera disponible aux membres du Billionaire Club à Shanghai. Saken Vu Anh Quan s’est montré intéressé à accueillir ce grand endroit pour de nombreux événements importants, des cocktails VIP, la promotion de soirées, des soirées dans une boîte avec les meilleurs DJs du monde de la mode et du design de mode » a dit Saken Vu Anh Quan ». « Il avait aussi déclaré ce jour là que sa société prévoyait d’investir 25 millions d’euros dans le projet.  A bien regarder, c’est davantage au héros du film « A l’origine » que fait alors penser Saken.

Et encore un politicien véreux en lice

Là encore, le même individu s’était associé à des gens fort peu recommandables. Pour présenter le fameux projet, notre futur investisseur d’un véritable nouveau monde à Jurmala s’était fait présenter par un homme politique local.  Qui l’avait donc chaudement recommandé.  « Maris Dzenītis, membre du conseil d’administration du Port de Jurmala, a déclaré que « les investisseurs sont venus à Jurmala l’automne dernier. Nous avons eu des entretiens approfondis et on a montré le port, a-t-il dit au sujet de nos capacités. Et nous avons eu un document officiel indiquant que le projet a été approuvé et mis en œuvre ».  Aucune trace n’en subsiste bien sûr.  Pour présenter son poulain, Dzenitis avait ainsi décrit l’industriel à la mallette d’aluminium:  « Il a construit une technologie unique, y compris celle de la peinture», avait expliqué Maris Dzenītis (qui semble aussi aimer les trophées comme ici à droite). maris-good Ce qui pouvait sembler un bien faible argument pour convaincre, mais résumait assez l’activité des chantiers de Saken, réduits à leur plus simple expression en Thaïlande.  Un Dzenītis qui était déjà en faite dans le collimateur de la justice Lettone : dès le 16 août 2010 la police financière avait lancé en effet une procédure pénale contre, Mario Dzenītis, alors vice- président du Conseil municipal de Jurmala. Un journal précisant « qu’ il est intéressant que les procédures pénales ont été engagées non par un article particulier de la loi pénale, mais pour des « crimes économiques ». Car Dzenītis avait auparavant poussé un projet précédent, appelé Golden Dunes, avec un golf, un hôtel de prestige via une société écran appelée Nemo Holding dont on avait découvert après coup qu’il était détenteur lui-même de 50% des actions !!!  Le 26 mai 2010, Dzenītis adjoint du maire Raimonds Munkevica et l’ancien maire de Jurmala, s’étaient alors tous retrouvés en garde à vue.  Les policiers avaient découvert diverses transactions étranges chez lui.  Notamment une, avec l’homme d’affaires russe Boris Teterev, le « philanthrope de Riga », qui aulielupe_osta_jurmala_8rait ainsi allongé 50 millions d’euros pour assurer à Dzenītis les revenus de la saison de pistes de ski du projet Golden Dunes (Teterev étant entre temps devenu producteur de films à Hollywood – d’où sa maison de Beverly Hills- et avait établi sa réputation en retapant le palais baroque de Rundāle !). Et d’autres malversations encore : « En examinant les délibérations de la mairie, les policiers avaient découvert que les vendeurs d’une propriété au complexe Dunes  étaient Ira et Yuri Harlamova autrement dit la propre mère et le frère de Dzenītis.  Au total, il avait engrangé près de 1,5 million. « Près d’un million provient des fonds de l’UE, plus la part du budget de la municipalité. et une partie nationale; Le conseil avait consacré à l’acquisition des biens maternels (avec piscine), près d’environ 2,3 millions » de lats ». Bien entendu le complexe du Billionaire Yacht Club de Lielupe n’a jamais vu le jour… vous vous en êtes déjà douté !

Une autre histoire d’avion
antonovLes deux premiers amis sont donc des gens fort peu recommandables, des politiciens véreux pensant d’abord à détourner les subventions nationales à leur seul profit. Un troisième se présente, qui va nous donner une des clés de l’énigme Phocea, sans même s’en apercevoir. On part cette fois en Centrafrique, haut-lieu de tous les trafics, dont celui des diamants, de la drogue et des armes. Un pays rêvé pour un homme comme Viktor Bout est-on tenté de dire. « Il dirigeait San Air mais aussi Air Cess Incorporated, située à Miami en Floride, autre compagnie de la myriade de noms créés par Victor Bout. Air Cess avait été créée au départ en Belgique par Victor Bout et le pilote belge Ronald de Smet, mis en cause lui directement dans les livraisons d’armes à l’Unita : «le 19 Avril 2000, un avion Antonov AN-8, immatriculé TL-ACM en République centrafricaine (voir ici à droite), s’est  écrasé à l’aéroport de la République démocratique du Congo, peu de temps après le décollage. Il y avait eu des survivants. L’avion était sur un vol de retour avec des officiers de l’armée rwandaise et des soldats à bord. L’avion semblait appartenir à Centrafrican Airlines, basée à Bangui et co-détenue par Ronald Desmet, le partenaire belge de Victor Bout ».

En Centrafrique, les travaux particuliers de l’Hercules

herculesCinq années plus tard, à Bangui, un autre avion de transport (de remplacement ?) est attendu par le régime de Bozizé installé depuis le coup d’État du il n’ y a pas longtemps Centrafrique-Presse informait ses lecteurs de ce que Bozizé était en train, pour les nécessités de ses trafics mafieux et ses besoins militaires, d’acquérir aux États-Unis d’Amérique un vieil avion de type Hercules C 130 pour 5 765 049 millions USD, soit près de trois milliards de Fcfa. L’ambassadeur de Centrafrique à Washington, Emmanuel Touaboy, n’arrête pas d’effectuer coûteusement et régulièrement plusieurs voyages, non seulement à l’intérieur des USA mais aussi plusieurs allers-retours Washington – Paris – Bangui. […] Un colonel de l’armée tchadienne se trouve présentement aux USA pour prendre les commandes de l’appareil et le ramener à Bangui. […] ». L’achat va se révéler être un fiasco total : le pays n’a pas de pilote certifié sur C-130 et ce sont des tchadiens qui sont requis pour faire voler celui qu’on appelle Air Bézembé, qui semble tenir ensemble grâce à son épaisse couche de peinture.  A peine arrivé, le chef-pilote décède dans de mystérieuses circonstances.  Des pilotes portugais sont appelés en renfort.   L’avion lui-même n’est pas en bon état.  De méchantes langues disent qu’il tient ensemble grâce à son épaisse couche de peinture bleue et blanche.  Lors d’un de ses premiers vols, il voit un de ses moteurs caler au redécollage.  Le président Bozizé, monté à bord, doit rentrer humilié à Bangui en voiture ! Extérieurement, il a été repeint à la louche en bleu et blanc et porte l’immatriculation TL-KNK,  et c’était bien le N°3052 de fabrication, l’ancien OB-1394 et N-226LS de Mercy Plan, de l’association humanitaire « Feed the Hungry » ayant beaucoup volé dans les années 90.  Une rapide recherche montre qu’il a été construit en… 1956 et qu’il a aussi servi des années dans les forces navales péruviennes, que son dernier propriétaire civil,  David Wurst Trustee, avait fait faillite, et qu’il avait subi une restauration chez Chandler en 2003 où il était devenu brièvement le N130GH, déjà recouvert de sa livrée bleue et blanche.  L’appareil avait été vendu bien trop cher : on trouve aujourd’hui facilement un C-130 de 1957 (N°3212) en vente à moitié prix en Louisiane. Cher, car commissions comprises !

Un autre politicien peu recommandable
toaboyQui a bien pu recommander un tel vieux coucou à ce prix exorbitant ? C’est le bien renseigné Bakchich qui nous le dit : « le grand ordonnateur de la manœuvre n’est autre que l’ambassadeur centrafricain aux Etats-Unis, Emmanuel Touaboy. Dans un télégramme diplomatique adressé à son bien-aimé chef François Bozizé le 14 juin dernier, le diplomate a d’ailleurs demandé une petite rallonge de 880 000 dollars ( 680 000 euros) pour effectuer le transfert définitif de l’appareil vers Bangui. L’arrivée de « la bête » en territoire centrafricain laisse à penser que toutes les traites ont été versées. Ce qui ne manque pas d’étonner les spécialistes. « il existe des Hercules à bien meilleurs marché et pour un pays sous perfusion des aides de la communauté internationale, surveillé par le Fmi, c’est assez étonnant ». Sans compter que des soupçons de bakchich se portent vers son excellence Touaboy (ici avec l’assistant  du ministre des affaires étrangères chinois Zhai Jun), « connu pour ne pas être le plus vertueux des représentants centrafricains »… On estime que ce jour-là Touaboy aurait en effet touché entre 15% et 17% de commission sur le montant de la transaction entre le trésor public centrafricain et le ministère américain de la défense pour l’acquisition de l’Hercules C130 d’Air Benzambé ! zs-tasLe régime de Bozizé, soutenu par les français (l’uranium d’Areva vient de là) a toujours été mouillé jusqu’au coup dans une corruption échevelée : en 2004, la douane allemande avait par exemple découvert une mallette remplie de diamants dans son avion privé, alors que l’accompagnaient Charles Wénézoui et Sylvain Ndoutingaï.  Avant sa fuite, il avait fait un voyage express à Nice avec le même chargement, selon Centrafrique.com Les deux diamantaires les plus importants là-bas sont Abdoulkarim Dan-Azoumi, de la Badica, et Raffi Arslanian, de la Sodiam.  Badica est propriétaire de la compagnie aérienne Minair (ici à droite, vu à Lanseria, son Cessna 206B ZS-TAS).

Le pot aux roses : la fabrication chinoise en série des passeports

attestationEt on retrouve le fameux Emmanuel Touaboy (aujourd’hui ambassadeur de Centrafrique en République populaire de Chine (2)) en compagnie de Pascal Saken, quel curieux hasard, dans une bien étrange imprimerie chinoise.  Ils y lèvent le verre lors de leur visite en compagnie de Zhixin Sheng, un chinois, de la société Emperor Technology Development Co, fournisseuse d’imprimantes modèles « JC-8000 »; spécialisées pour imprimer et personnaliser des… passeports !!! Parmi ces invités ce jour-là, Jose Marques Vieira, de Guinée Bissau.  Or les passeports de Guinée-Bissau ne présentent pas une bonne image, depuis quelque temps… Le 15 décembre 2013, on avait appris par exemple qu’un avion de la société portugaise TAP avait constaté un étrange phénomène le 10 décembre précédent, au décollage de Guinée-Bissau : « TAP Portugal se plaint d’une grave violation de la sécurité le matin du dix décembre dernier quand 74 passagers avec de faux documents ont embarqué à l’aéroport de Bissau sur le vol TAP TP202 pour Lisbonne. Les 74 passagers avec de faux passeports turcs étaient en réalité des réfugiés syriens (21 enfants, 15 femmes dont une enceinte et 38 hommes). Leur fausse identité a été seulement mise à jour à l’aéroport de Lisbonne où ils ont atterri mardi. Les circonstances restent encore à éclaircir sur leur fuite qui les a amenés de Syrie à Casablanca au Maroc, d’ou ils ont pris un vol vers Bissau, avant d’embarquer sur celui de la TAP 18 heures plus tard. Ils ont réclamé l’asile politique. Ils resteront au Portugal en attendant l’examen de leurs dossiers qui prendra un ou deux mois. » A noter que le reportage est signé Pavel Novak et Petr Janecky : or ce sont aussi les deux motoristes du chantier de bateaux de Saken, passés de la clé de douze à la caméra !

La Guinée-Bissau, vendeuse effrénée de vrais-faux passeports

visitatemperortechsmA Bangui, en Centrafrique, le problème est le même, il existe toujours, et cela fait des années qu’il perdure… note le Point le 05 novembre 2015 à propos de Laurent Foucher (3), un homme d’affaires, très occupé : « Toutefois, cette braderie de passeports, y compris de passeports diplomatiques, serait bien antérieure à l’actuel pouvoir intérimaire à Bangui. Elle remonterait à l’ancien président François Bozizé, au pouvoir de 2003 à 2013. Une plainte a été déposée à Paris en octobre 2014 par l’avocat William Bourdon au nom de l’État centrafricain, dans un dossier portant sur des biens mal acquis. Ces documents seraient vendus à des opposants kazakhs, mais aussi à des hommes d’affaires et à des proches de l’ancien guide libyen Muammar Kadhafi. (Baba Kajali Jobe). Selon Jeune Afrique, cette fraude porterait sur 8 000 passeports ordinaires et 900 passeports diplomatiques ! Ils « se revendent encore 10 000 euros sur le marché informel à Paris », écrit la publication. En effet, il s’agit de vrais-faux, en d’autres termes de vrais passeports vierges, fabriqués à Bangui, distribués contre des sommes d’argent. Ils permettent ensuite aux heureux bénéficiaires de ne pas payer d’impôts et d’échapper éventuellement à des poursuites judiciaires ». Des « vrais-faux » ? A savoir ceux imprimés avec des machines similaires à celles employées officiellement ? Des machines chinoises ? Lors de la visite, Pascal Saken avait reçu un passeport diplomatique de Guinée-Bissau, ce dont il s’était vanté ouvertement d’ailleurs !

Un autre cas pendable

dadak-arrestC’est fou ce qu’on peut faire avec ce genre de passeport provenant de Guinée-Bissau. Le 23 juillet 2016, un homme de nationalité française (et polonaise) est ainsi arrêté à Ibiza sans trop de ménagements (ici à gauche) lors de l’Operation Cardon  L’homme est millionnaire, il s’appelle Pierre Dadak, et il vit grand train sur l’île, explique le JDD dans un article court, mais bien dense.  C’est aussi un ancien lieutenant-colonel des forces armées en Pologne.  Très bien en vue, il se déplaçait parfois dans l’avion de l’ex président de la Gambie, Yahya Jammeh, battu récemment aux élections (à la surprise générale).  Un Bombardier Global Express XRS offert au dictateur par le milliardaire gambien Basiru Jawara. Pour remplacer son vieil Ilyushin IL-62M quadriréacteur, dont Viktor Bout avait utilisé les services.dadak-passeport  Détenteur d’un passeport de ce genre, fabriqué en Guinée-Bissau et acheté 60 000 dollars, il possédait une société en Pologne qui aurait joué les intermédiaires dans la vente de plus de 200 000 fusils AK-47, de lance-missiles et de chars au Soudan du Sud, annonce la presse.  Les armes provenant de la société polonaise Bumar dont il s’était vanté être le représentant.  La presse l’a vite comparé à Richard Roper, le personnage joué par Hugh Laurie dans la série « The Night Manager ». dadak-armes A Ibiza il avait fréquenté le néerlandais Salomon Lampie (surnommé « Sanny ») souvent présenté comme chef d’un gang de blanchiment d’argent.  Mais également le vice-président du parti pour la communauté néerlandaise ! Fait notable encore c’est sa petite amie mannequin d’origine ukrainienne, Katerina Dirgina, qui gérait (très habilement) ses différents comptes ou noms de sociétés… mannesquin-dadak« A Ibiza, il se faisait passer pour conseiller économique du Premier ministre de Guinée-Bissau, petit pays d’Afrique de l’ouest, dont il possédait un faux passeport diplomatique, et avait installé à l’entrée de son domicile une plaque faisant passer pour un territoire consulaire sa luxueuse villa avec vue sur la baie. » voitures-dadakL’homme avait bien des similitudes :  « à l’arrivée dans le pays (en Guinée Bissau), le premier ministre l’attendait sur les marches de l’avion, disent les sources. Dadak avait promis de faire des investissements importants là, il avait avancé 60 000 euros à son consul honoraire en Espagne, un résident de Malaga. On présume qu’il s’agissait d’un conseiller économique du président ». « C’était un habitué des nuits d’Ibiza ou les boîtes de nuit visitées sur l’île, vêtu d’un style plutôt chic, incompatible avec le fait de vouloir passer inaperçu aux yeux des autorités.  Il possédait des voitures haut de gamme de grandes marques, qu’il changeait au même rythme que ses gardes du corps. jet-prive-dadakTous payés au noir et avec  des retraits au guichet automatique variant entre 3 000 et 6 000 euros par jour. Il aimait aller manger au restaurant haut de gamme Blue Marlin. Des soirées ont été tenues à sa maison en présence de prostituées, et il utilisait régulièrement des vols privés au terminal de l’aéroport d’Ibiza où il avait son propre avion. Cette année, à l’occasion de son 40e anniversaire, les membres du clan Barresi lui ont organisé une soirée en France qui a réuni la crème de la mafia internationale. » Décidément, les « vrais-faux » passeports mènent à tout en effet !!!  Visiblement aussi, l’homme se croyait au-dessus des lois !

Jusqu’où serait-on allé au Vanuatu ?

Les amis peu recommandables de Pascal Saken ont de quoi faire peur.  « L’exemple » certes lointain de Pierre Dadak n’est pas là non plus pour rassurer.  Un événement passé presqu’inaperçu ici en France semble pourtant faire peser les mêmes craintes.  En décembre 2012, le Phocéa est toujours bloqué par l’administration locale, et par surtout la décision du directeur des Ports et Marine Morris Kaloran, qui a jugé qu’un acte de libération signé par le ministre de l’Infrastructure Harry Iauko (ancien dirigeant d’ Air Vanuatu, ici à droite), n’était pas correctement rédigé, car n’ayant pas consulté les Ports et Marine, il ne respectait pas les conditions requises par la loi (cf le Vanuatu Daily Post du 8 décembre 2012).  vanuatu_harry-iauko_200smlLes regards s’étaient alors portés sur celui qui bloquait la décision de faire repartir ou non le Phocéa.  Si Kaloran avait jusqu’ici focalisé l’attention, c’est sur Iauko que désormais les partisans de la libération du voilier avaient le regard tourné.  Or toujours selon le VDP « trois jours plus tard (le 11 décembre donc), le ministre avait été retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de la deuxième ville de Luganville-Vanuatu, située sur l’île nord de Santo. Le médecin qui a effectué les constations d’usage a déclaré que la cause du décès n’était pas claire, mais aucune autopsie n’avait été pratiquée. Iauko avait volé à Luganville la veille (le 10 décembre) suite à la défaite du du vote de censure contre le gouvernement Kilman. Les rumeurs de méfaits circulaient partout, avec la suggestion que sa mort était en quelque sorte liée au Phocea et qu’une femme mystérieuse d’Asie du Sud-Est ou d’Amérique du Sud avait été vue à l’hôtel et qu’elle aurait embarqué le matin suivant sur Air Vanuatu dans un vol vers Brisbane. Il ne semble pas y avoir eu d’enquête policière, et rien de plus au sujet de la mort n’a été signalé dans les médias, sauf pour le gouvernement d’exprimer sa sympathie à la famille et de déplorer la perte d’un «homme d’action» (VDP, 12-13 déc 2012 ) ». La mort d’un tel ministre était-elle liée ? On restera dans la plus complète expectative, dans cet incroyable scénario… la rumeur montrant surtout l’incroyable pression montée avec l’affaire du Phocea, devenue critique pour le pouvoir politique au Vanuatu !

Les fréquentations de Pascal Saken n’aident pas vraiment à redorer son blason, en tout cas, comme on vient de le voir. De là à se poser quelques questions sur le prétendu propriétaire du Phocéa, il n’y a qu’un pas…  A suivre donc.

(1) « Le Solntsevo District  était stratégiquement situé près de l’autoroute M-KAT menant à l’Ukraine, ainsi qu’à l’aéroport international de Domodedovo. Le contrôle des centres de transport  ont permis au groupe Solntsevo de grossir dans le commerce d’importation de voitures. Mais au début des années 1990, la domination du Solntsevo a été contestée par la mafia Chétchène. Le gang de l’Orekhovskaya et d’autres gangs slaves le Solntsevo ont a fait alors alliance ensemble pour chasser les Tchétchènes. La guerre des gangs a provoqué de nombreuses victimes, et dans une bataille d’armes à feu dans un cinéma au Kazakhstan, six Tchétchènes et quatre Russes ont été tués »

(2) normal, car il a aussi été très intéressé par le pétrole de Centrafrique. « Au début de son mandat aux États-Unis, Touaboy a été un partisan de premier plan de la firme pétrolière américaine Grynberg Petroleum. En Mars 2008, Touaboy s’est joint au conseil consultatif du Groupe de gestion Jarch, qui espère mettre au point les réserves de pétrole dans le sud du Soudan ». La société américaine Grynberg Petroleum a ensuite fait un procès à la Centrafrique pour avoir été évincée de la recherche et l’exploitation du pétrole dans le pays (à Boromata, à la frontière avec le Tchad) empêchée en partie par… Touaboy, devenu supporter des pétroliers chinois. Au prétexte que c’est le régime précédent d’Ange-Félix Patassé qui avait accordé le contrat à la firme US.

(3) lire ici le lien entre les kazakhs (dont Iliyas Khrapunov, promoteur immobilier genevois opposé au régime) et la Centrafrique. Moukhtar Abliazov, emprisonné en France puis extradé vers Moscou en novembre 2015 possédait lui aussi un passeport centrafricain falsifié. Il est proche de Laurent Foucher, qui est également ambassadeur de la République centrafricaine à Genève. et qui gère Niel Finances et Services, Niel Petroleum, Niel Telecom, Niel Consulting, lui-même proche de… Claude Guéant ! Abliazov était accusé d’avoir détourné six milliards de dollars de la BTA Bank. Son dossier avait été suivi de près par… Bernard Squarcini.

minair-cessnaUn superbe film primé au Sundance Festival 2012 est à tout prix à regarder pour comprendre comment des politiciens véreux entretiennent cette corruption. Il s’appelle « The Ambassador ».

http://www.mediatheque-numerique.com/films/the-ambassador

Synopsis:« Adepte du gonzo journalisme Mads Brügger, muni d’un faux-passeport diplomatique, s’envole pour la République Centrafricaine et se fait passer pour un riche homme d’affaires pour mieux infiltrer les réseaux du trafic de diamants. Un documentaire où l’absurde et la peur dévoilent surtout les rouages d’un système politique corrompu. Selectionné au Festival Sundance 2012 ». L’avion visible dans le film (ici à gauche) est en fait bien celui de Minair !!!

 Une bonne source ici :
https://scholarspace.manoa.hawaii.edu/bitstream/10125/36729/1/v26n2-524-552-politicalrev.pdf
Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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