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MH370 : à la recherche de l’hoax zéro (2)

Replonger dans l’affaire du MH370, c’est retomber dans toute une série de délires complotistes accumulés, certains parfois emboîtés les uns dans les autres, les mensonges des uns s’ajoutant aux hérésies techniques des autres.

Au final, il se dégage une idée fondamentale très simple : s’il y a eu détournement, c’est obligatoirement en raison de la convoitise exercée sur sa cargaison. Et dans ce domaine particulier, un texte original a servi de matrice à tous les suivants, qui l’on d’abord recopié tel quel avant de progressivement le modifier ou en retirer les éléments les plus discutables… constituant en quelque sorte le texte zéro de la dissémination complotiste. Le Graal des comploteurs, le voici ! (1)

 

Les tables de la loi complotiste du MH370

Tout repose sur une raison simple en effet:  si l’avion a été « abattu », ou si on l’a détourné pour le faire poser quelque part, c’est parce que son contenu présentait un intérêt évident, aux yeux de certains. Un individu ou un logiciel, ça ne semble pas pas pouvoir suffire. Un logiciel ça se pirate, pas la peine de lui faire prendre l’avion. Un individu, si besoin est, ça se kidnappe ou ça se fait jeter du haut d’une tour ou d’un escalier et le problème est réglé (ou ça se fait enlever seul et torturer tranquillement dans un coin perdu par des spécialistes de la chose). Vingt ingénieurs d’un coup de chez Freescale, idem, même restés vivants : les vingt ne possèdent pas tous le même savoir et, une fois capturés, il n’est pas dit que l’on va réussir à faire cracher le même morceau à l’ensemble. A savoir ici aucun secret renversant, en prime, comme on l’a vu. Le détourner pour aller le faire écraser sur les tours jumelles Petronas de Kuala Lumpur, ça a l’air d’un mauvaise redite, d’un mauvais film, et ça aurait été accompagné d’une revendication de groupe terroriste quelconque, ce qui n’a pas été le cas. Idem, dans l’optique de faire de prisonniers pour les échanger contre d’autres (lesquels ?) : pour ça, il faudrait aussi qu’ils soient restés vivants, ce qui complique singulièrement la chose !

Quand à voler l’avion pour lui-même, à sa valeur vénale seule,  ça ne tient pas debout : en prime, il est vieillissant et toutes les compagnies commençaient déjà à le retirer du circuit ou à le revendre pour le transformer en cargo pour une fin de vie utile comme on l’a dit ici. Ci-dessous, le 9M-MRN de la Malaysian Airlines, retiré du service et commencé à être désossé en octobre 2018 à Kuala Lumpur (en comparaison ici le 9M-MRO du vol MH370 le 25 février 2014 – 12 jours avant son crash)  :

Non, son seul intérêt, c’est bien le contenu de ses soutes !!! Que l’on veuille les garder ou qu’on souhaite les voir détruire à jamais. Et ça, même de Changy l’a bien compris ! Pas de complot possible sans cargaison illicite à bord ! D’où la quête folle qui débute dès le lendemain de l’annonce de la volatilisation de l’avion, chez les complotistes de tout poil… Florence De Changy ne leur servant que de chambre d’écho, hélas… Son dernier exploit, à celle-ci : avoir amené Ghyslain Wattrelos chez Sputnik !!! Affligeant !! Interviewé par Victor Lefebvre (ici à gauche) signataire de « Vol MH370 disparu: les Américains, «à la manœuvre depuis le début ? » qui d’emblée nous annonce la couleur ! Lefevbre, qui paraît aussi chez l’extrême droitier France-Soir pour nous parler… fake-news ! « Les questions sont sensibles, d’autant plus que la manipulation de l’opinion relève souvent d’un habile mélange de vérité, d’approximations et de mensonges » concluait-il, en spécialiste du genre !!!.

Entrée en scène des russes… et du complotiste en chef

Il est logique également de voir alors citer les russes et leurs services spéciaux du GRU.  Après la CIA, chez les complotistes c’est le deuxième candidat possible au détournement (la thèse que glorifiera Jeff Wise, au sommet de sa suffisance et de ses présences multiples à la télévision, thèse qui fera la joie des journaux à sensation en mai 2019). Ça commence le 14 mars, 6 jours à peine après la disparition de l’avion, avec un texte qui de façon surprenante ne met pas le GRU en cause, mais en fait un organisme « au courant » que quelque chose était prévu (sous-entendu une opération de la CIA). Il sera abondamment diffusé en Russie. Les plus malins reliant ça à la mort des deux mercenaires américains retrouvés overdosés à bord du cargo Maersk (j’avais évoqué ce cas ici aussi, en précisant que les unités de contrôle des Predators étaient déjà au format container de 20 pieds ici à droite, deux modules suffisant, transportables par Hercules C-130 : ce sont ceux achetés par les italiens).

« Il est intéressant de noter, selon ce rapport, que le vol 370 était déjà sous «surveillance» du GRU après avoir reçu une cargaison «hautement suspecte» qui avait été attribuée à la République des Seychelles, dans l’Océan Indien, et où il se trouvait auparavant à bord du porte-conteneurs battant pavillon américain MV Maersk Alabama. Ce qui a suscité pour la première fois les soupçons du GRU concernant le MV Maersk Alabama, poursuit ce rapport, c’est que dans les 24 heures suivant le déchargement de cette cargaison «hautement suspecte» à destination du vol 370 de Malaysia Airlines, les deux US Navy Seals hautement qualifiés qui lui étaient affectés, Mark Daniel Kennedy, 43 ans (ici à droite), et Jeffrey Keith Reynolds, 44 ans, ont été retrouvés morts dans des «circonstances suspectes». Kennedy et Reynolds, selon ce rapport, étaient employés par la société de sécurité maritime basée à Virginia Beach, en Virginie, The Trident Group, qui a été fondée par le personnel des opérations spéciales de la marine américaine (SEAL) et les officiers supérieurs de la guerre de surface navale américaine et est connue depuis longtemps par le GRU pour protéger les transferts vitaux de matières atomiques et biologiques à travers le monde ».

Dans cette optique, on a le droit à une couplet gratuit sur le 11 septembre, aussi par notre commentateur dont on semble reconnaître la prose : « ce qui reste «perplexe» à propos de cet incident, disent les analystes du GRU dans ce rapport, c’est pourquoi les grands médias américains n’ont pas encore exigé du régime Obama les tracés radar et les images satellites des régions de l’océan Indien et de la mer de Chine méridionale en tant que militaires américains, couvrant toute cette zone de Diego Garcia comme aucune autre mer dans le monde en raison de ses voies maritimes et aériennes vitales. Plus tristement, conclut ce rapport, les États-Unis sont en fait en mesure de dissimuler la ou les raisons de la «disparition» du vol 370 comme ils l’ont déjà fait après les événements du 11 septembre 2001, lorsque le régime Bush de l’époque a fait «disparaître» Le vol 77 d’American Airlines et ses 64 passagers et membres d’équipage après avoir prétendu à tort qu’il avait heurté le Pentagone, mais qui a été confirmé par le service de presse CNN comme ne pas avoir eu lieu » (nota : c’est faux, CNN n’a jamais affirmé ça !). Une longue tirade qui nous révèle aussitôt le style de l’auteur de ce texte : c’est de l’inévitable complotiste Sorcha Faal qu’il s’agît, de son vrai nom David Booth, le reclus des Smoky Mountains, dans le Tennessee, certainement le complotiste le plus prolifique de la planète, depuis ses « visions » (sa notoriété est venue un jour de 1979 où il s’est rendu dans un commissariat US pour décrire en détail une catastrophe aérienne qui s’est produite quelques jours après, avec un avion qui « tombait à l’envers » selon lui : et effectivement, le DC-10 du vol 191 s’était écrasé sur le dos le 25 juin 1979, après avoir perdu au décollage son moteur gauche, faisant 271 morts au total, la catastrophe la plus meurtrière aux USA !!!).

 « Sorcha », en réalité le double de Woods, étant une création complète, un fake absolu, selon lui une ancienne  « chercheuse originaire de Saint-Pétersbourg diplômée en ingénierie », qui serait devenue religieuse d’un ordre irlandais qui n’existe pas (The Order of Sorcha Faal, une invention totale, avec de faux témoignages pour y faire croire !!). Pour la présenter sur le net, Booth avait tout simplement emprunté la photo de sa femme et complice Kathy. Mettant ainsi un business lucratif grâce aux sollicitations de dons : en moyenne entre 5 000 et 7 000 dollars par mois, soit le double du salaire moyen au Tennessee (une partie provenant de la vente des produits Mega Hydrate et Crystal Energy, ici à droite et à gauche, dans la lignée des compléments alimentaires d’Alex Jones). !!! Avec « Sorcha Fall », l’accent venait d’être mis sur la cargaison de l’avion bien entendue « mystérieuse ». Car il est encore trop tôt à ce moment-là pour avoir déterminé quoi à bord, et avoir élaboré une fake news qui se tienne sur ce contenu… Les idées et les « explications » viendront après : mentons d’abord, semble-t-il tous nous dire à ce moment-là. En tout cas, l’un des tous premiers à avoir parlé cargaison est bien un vieux de la vieille du complot mondial !!! 

Des produits explosifs ou « nucléaires » à bord ?

Pour ce qui est du contenu, là encore, Fall a « sa » solution qu’il présente le 27 mars à ses lecteurs  (le temps d’y avoir un peu réfléchi !) :  « quant à savoir pourquoi le vol 370 a été détourné vers Diego Garcia, le GRU a signalé qu’il était initialement «perplexe», c’est-à-dire jusqu’au 16 mars, date à laquelle il a signalé que les meilleurs spécialistes des maladies des États-Unis et de Chine y avaient été transportés, et le 21 mars a rapporté que la cargaison «hautement suspecte» à bord de l’avion avait été transférée au White Sands Missile Range au Nouveau-Mexique où elle a ensuite été détruite dans une «explosion massive». Il est important de noter, selon ce nouveau rapport du GRU, que Diego Garcia a longtemps été une «cible de choix» pour les adversaires des États-Unis en raison de son emplacement d’où les guerres contre l’Irak et l’Afghanistan ont été dirigées, et c’est celui des «sites noirs» les plus redoutés de la CIA sur la torture et les mauvais traitements infligés aux prisonniers. » L’idée de l’explosion lui était très certainement venue d’une news provenant du Daily Mail du 19 mars, évoquant un large nuage aperçu sur un radar météo d’Albuquerque, laissant entendre un essai nucléaire dissimulé ou une explosion massive d’armes conventionnelles : il s’avérera que c’était plutôt le passage d’une nuée d’oiseaux.. une belle confusion !! White Sands étant situé près de Las Cruces, au Nouveau-Mexique, dans le Socorro county !!! Mais la référence de Fall, ce vieux renard du complot, était bien choisie : les lecteurs qui vérifieraient s’il y avait bien eu une explosion au Nouveau Mexique tomberaient davantage sur « une explosion mystérieuse » qu’autre chose. Et comme l’endroit a été pendant des décennies celui des essais nucléaires US, Sorcha Fall faisait coup double !!!

Le Daily Star sautera aussi dans le wagon de la connaissance de faits par les russes, mais d’une toute autre façon, en clamant le 10 avril que l’avion avait été détourné et s’était posé en Afhganistan, mais sans trace cette fois de référence à un contenu en soute. « Une source des services secrets du FSB russe a déclaré que l’avion avait été détourné et volé près de la frontière pakistanaise. Selon le Daily Star, la source a déclaré que tous les passagers étaient sains et saufs, ils ont été divisés en sept groupes et vivent dans des huttes de boue avec presque pas de nourriture. Le rapport ajoute que 20 passagers qui étaient des «spécialistes» asiatiques ont été introduits clandestinement dans un bunker au Pakistan, ajoute le rapport. » Le journal russe censé relater les faits (Moskovsky Komsomolets) n’y étant pas allé de main morte question fake news et… acrobaties de pilotage (le journal russe est devenu un journal à « sensations » aux articles provocateurs sur la société ou la politique, avec un lectorat… de petits vieux avides de sensations, contrairement à son titre): « les pilotes ne sont pas coupables », a poursuivi ce mystérieux témoin qui précise que ces terroristes non identifiés ont donné des instructions au commandant de bord. L’avion aurait ensuite fait un atterrissage violent sur une petite route de campagne. Une aile de l’avion se serait d’ailleurs cassée au moment de toucher l’atterrissage ». Le journal russe ayant ajouté dès le 7 avril que « le nom de la personne qui a forcé deux pilotes de Boeing à détourner un avion de Malaysia Airlines (vol MH-370), qui transportait un total de 239 personnes, est« Hitch » (surnom). Jusqu’à présent, on ne sait rien de ses complices »… En fait l’info abracadabrante avait été aussi reprise par le Daily Mirror anglais, pas vraiment une référence dans le genre… Et toujours rien de précis, alors, sur la fameuse cargaison du Boeing égaré… mais cette fois, on pouvait au moins déjà lorgner du côté de l’Afghanistan…

Le coup du container en soute

26 mars 2014 : c’est le moment arrivé pour qu’apparaisse le texte dont je vous parle depuis le début ici. Je le propose dans son son intégralité plus bas en note (2). Comme je l’ai déjà dit, il est apparu directement dans la boîte aux lettres d’autres complotistes, qui avaient dû recevoir des consignes strictes de publication, car tous l’ont respecté intégralement, sans rien modifier dedans, n’ajoutant que rarement un commentaire final au contenu. Celui qui a répandu ça a édicté et imposé des règles strictes de diffusion !!! La première apparition du texte semble remonter au 26-27 mars, on est alors une vingtaine de jours après la catastrophe. Certains ont alors eu le temps d’élaborer et de peaufiner leur théorie. Celle-là est la plus élaborée, de loin. Fort peu l’ont détourné à leur profit, comme cela se fait habituellement dans le monde du complotisme. Sauf un, semble-t-il. Un indien, Gaurav Pradhan (ici à droite) qui va la présenter le 18 avril comme le fruit de « ses longues recherches«  et des « 10 000 documents » qu’il aurait lu sur la question. Un sacré phénomène que celui-là, qui a pignon sur rue comme conseiller stratégique et est incapable d’écrire deux mots d’anglais sans y commettre une faute, (il se trompera même sur le nom de Freescale !) comme vont le faire remarquer certains en forum… Tel celui-ci, resté anonyme :

« Quelle théorie à jeter !
1) En premier, les drones ne sont pas contrôlés localement.
2) Avec la technologie de levage lourd (sous-entendu par avion), il n’est pas nécessaire pour les États-Unis de transporter par route.
3) Comment les talibans ont-ils transporté 20 tonnes de matériel ?
4) Pourquoi déménager en Malaisie alors que la Chine est juste de l’autre côté de la frontière ?
5) En cas de transfert maritime vers la Malaisie, pourquoi ne pas emprunter la même route vers la Chine, et pourquoi choisir un avion civil ?
6) Les talibans ne se seraient emparés d’un seul humvee aux États-Unis et encore moins d’un équipement aussi important que les avions militaires bombarderaient l’équipement et mettraient les talibans en pièces. Les États-Unis ne transporteraient guère une technologie aussi importante pour que quelqu’un puisse s’en saisir ! »

La belle théorie ne valait pas tripette, en effet, à bien y regarder, et ça d’autres que moi vont se charger de le faire remarquer…

La théorie flinguée en beauté 

Néanmoins très vite répandue, en chaîne de St-Antoine du net, elle sera démontée ainsi par Ben Sandilands (d’ABC News) le 8 octobre 2015 : « pour ceux qui aiment les théories du complot, il y en a une très bonne qui circule sur la façon dont deux jets et un poste de commandement de drone américain capturé en Afghanistan ont conduit au meurtre parrainé par la CIA de presque tout le monde à bord du MH370 afin d’empêcher la vente de l’équipement à La Chine par les talibans. (Vous pouvez le lire ici.). Ce n’est pas aussi bon que de lire, disons, Tom Clancy (nota : il est mort en octobre 2013), l’auteur de thrillers d’espionnage qui a manifestement été abandonné par la CIA à un certain stade de sa carrière pour lui permettre de réglementer et d’influencer de manière appropriée ses dramatisations de la vérité sur ses activités. Mais il est suffisamment bon dans son contenu pour avoir été vrai, malgré que tout un tas d’objections raisonnables au contenu ne l’a pas empêché de se produire. Cependant, il y a des problèmes avec cela (… . Le premier indice que les théoriciens du complot ont perdu leur compréhension du fonctionnement du monde est l’exigence selon laquelle le seul moyen que la CIA aurait eu l’idée pour arrêter l’expédition sur le MH370 de créer un double de l’avion, de détourner le vrai avion, de tuer tout le monde, les passagers et l’équipage, de les transporter Diego Garcia et de le décharger, puis de le jeter-le au milieu de l’océan Indien après un survol panoramique d’une petite partie des Maldives avant qu’un système de pilote automatique secret spécial ne le largue, et ses passagers et membres d’équipage morts dans un endroit où ils disparaîtraient miraculeusement dans la chaîne alimentaire marine, avant que quelque chose d’inconvénient ne surgisse dans les voies maritimes. Pendant ce temps, le double de l’avion a été mis en place pour faire son voyage trompeur vers l’oubli dans le sud de l’océan Indien et faire croire à tout le monde qu’il s’agissait du vrai MH370″. On le voit, c’est moquer une complexité bien intitule en effet, cette histoire de double avion. L’auteur démontant après l’histoire du « command post »… dont pas un seul n’a été installé sur place !!!

« Les gars, whoa! La Malaisie est à vendre. Pour aussi peu que 10 millions de dollars – bien moins que le montant prétendument payé par une société de billets de banque en plastique pour obtenir le contrat d’impression de ringgits malais – le poste de commandement de drone américain volé aurait pu être déchargé à KLIA directement, dans un C-17 américain de passage. Sans qu’il soit nécessaire d’assassiner 239 personnes ou de viser une compagnie aérienne entière. Ou d’orchestrer un deuxième sosie de 777 une fois vendu par Malaysia Airlines à une société mystère de Tel Aviv pour aveugler le Bureau australien de la sécurité des transports, ce qui signifie, après mûre réflexion, qu’une partie de la théorie du complot à double jet implique des paradoxes surnaturels ou à tout le moins relativistes , qui ne peuvent être compris que par les lecteurs profanes en suivant des épisodes plus anciens du Dr Who ». 

« En parlant de cela, un poste de commandement de drone sur la ligne de front en Afghanistan semble un peu étrange de toute façon, quand nous savons tous que les drones sont pilotés par des officiers subalternes de 18 ans ennuyés dans un centre de commande avec des fontaines de soda gratuites et d’autres jeux machines de salon dans un bunker au Texas… Il est, bien sûr, tristement plausible que tout l’échelon supérieur de la communauté du renseignement américain ait été totalement ignorant de la corruption de KL et n’a pas compris que l’effort absolument massif qui devrait être investi dans la stratégie à deux avions et le le meurtre calculé d’un avion chargé de passagers pourrait être évité grâce à une cargaison compacte d’espèces ou de lingots d’or… » Sur un blog, un autre lecteur attentif note, de façon sarcastique : « ils sont si sophistiqués qu’ils ont pu intercepter le complot, embarquer des agents dans l’avion, désactiver les systèmes, tuer tous les passagers à bord et faire atterrir à distance un Boeing 777… mais ils avaient besoin de deux passeports volés que toute «enquête» superficielle aurait pu déceler… (ce sont ceux en effet des deux passagers iraniens montés à bord avec des passeports volés à des italiens).

Pas besoin de monter une affaire aussi complexe

Car la théorie, si belle soit-elle, pêchait dans sa version première par plusieurs points, dont le poids phénoménal à embarquer : 20 tonnes, alors que la capacité totale en soute du B777 tourne autour de 24 tonnes au total. Aussi va-t-on voir apparaître rapidement une variante : ce ne serait pas l’équipement pour le guider au sol mais le drone lui même; « d’un genre nouveau » qui aurait été récupéré… tombé en miettes, et transmis aux Chinois selon le même principe. Cette fois-ci ce serait le « revêtement » le rendant « invisible » qui aurait intéressé les Chinois… C’est celle qui finira comme je l’ai dit dans l’ouvrage de Doumergue comme exemple de désinformation manifeste (3) : « l’histoire commence en Afghanistan. Un drone américain d’un genre nouveau est abattu par les Talibans. Le drone a un dispositif d’autodestruction pour en éliminer toute trace, et les Américains bombardent la zone par précaution. Les Talibans parviennent néanmoins à récupérer des débris du drone. Des agents des pays frontaliers de l’Afghanistan ont connaissance de cette récupération. Un homme d’affaires chinois parvient à acheter une partie du fuselage, qui est envoyé à un représentant du géant chinois des industries de la Défense, la China North Industrie Corporation. Impossible de déterminer quel est le matériau composite constituant le fuselage. Les Chinois dès lors n’ont qu’un objectif : mettre la main sur le reste du drone… Par l’intermédiaire d’agents appartenant à des cellules dormantes, ils parviennent à acquérir le reste de l’épave. Des experts Chinois sont alors envoyés en Malaisie où sont secrètement acheminés les débris du drone. Les restes sont entreposés dans les locaux d’une multinationale chinoise. Là, les experts sélectionnent les débris les plus intéressants. Au total, 5 % de ce qui a été collecté. Ils vont être ramenés en Chine à bord du vol MH 370. Lorsque celui-ci décolle, il a donc les débris du drone dans sa soute, et à son bord cinq experts et une douzaine de spécialistes chinois des nouveaux matériaux. »

Et cette fois encore on s’aperçoit que c’est un amalgame d’inventions et de choses véritables, reposant sur la capture en 2011 par inadvertance (et beaucoup de chance son dispositif d’autodestruction n’ayant pas fonctionné!) du drone américain RQ-170 Sentinel  « la bête de Kandahar » (ici à gauche) , par les iraniens. Certains avaient douté de sa réalité, je vous avoue, pas moi. Et l’ai écrit, d’ailleurs. Il n’avait fallu que deux ans aux Chinois pour proposer le leur, dès 2013 et donc AVANT la catastrophe, un engin sensiblement copié sur lui, ici à droite (matiné de Neuron euopéen !). L’engin est devenu depuis Skyhawk (et passé en supersonique). La Chine, vraie photocopieuse industrielle, présentant des clones de tout (en aviation c’est flagrant), dont celui des Predators, une copie fort ressemblante extérieurement (le Wing-Loong – Ptérodactyle), proposé à la vente à l’export à un prix très nettement inférieur. La technologie du Predator n’ayant rien de révolutionnaire en elle-même (c’est répété ici – elle date d’un bout de temps, comme on peut le lire ici et c’est l’invention d’un retraité… israélien !), et son revêtement archi-classique n’est en rien « invisible »…

Quant aux morceaux à collecter pour en faire la copie, les américains en ont perdu tellement, par accident ou en étant abattus, pour en faire plusieurs dizaines au complet… les Chinois n’ont eu qu’à se baisser, dans le genre !!! A signaler qu’au fur et à mesure des versions, le poids des morceaux de drone réduisait à la cuisson : une des dernière évoquait 8 kg seulement… de matériau « invisible » recouvrant le drone !!! Autant l’envoyer par DHL !!!

Pourquoi faire aussi compliqué alors qu’il y a plus simple à faire 

Celui qui a rédigé le texte, s’il y a placé quelques considérations aéronautiques, ignore à peu près tout du marché des drones. C’est là où tout s’effondre en fait. Ses connaissances sont légères en effet, quand il attribue aux Airbus le même logiciel fictif de « gestion à distance » des avions inclus selon lui dans les Boeing. C’est confondre un vieux procédé, expérimenté d’ailleurs sur Caravelle en 1969 et qui s’appelle l’ILS. Pour ce qui est des drones, dont il évoque lui (ou plutôt ses « repreneurs », lui ne parlant que du module de commande) l’expérimentation d’un nouveau modèle, les Reapers MQ-9 et son processeur le Predator (non armé) ont il est vrai leur jours de comptés : l’USAF qui devait acheter 363 engins du type du premier cité n’en a acheté que 337 en 2020. L’engin continue régulièrement de planter, comme ici au Niger le

L’Army n’a acheté en 2020 que 9 exemplaires du GreyEagle, une variante du Reaper. L’engin est dépassé, et on attend depuis… dix ans son successeur à réaction, appelé Avenger, qui a effectué son premier vol en avril 2009. (ci-dessous les trois modèles : Predator et Reaper et devant eux l’Avenger).

Au contraire des deux autres il est « stealth », mais n ‘a rien de révolutionnaire.  C’est dû à ses formes et non à un revêtement miracle apposé dessus. En revanche, on lui a accolé sous le fuselage un « pod » performant, le MS-177, testé sur le gros drone RQ-4 Global Hawk, mais avant ça sur le Boeing  E-8 J-STARS et sur le Grumman JStars. Un ensemble caméra-capteur très au-dessus du lot, supérieur à ce qu’emporte la suite SYERS2 imaging sensor à bord de l’U-2 Dragon Lady !!! En mode SWIR, pour Electromagnetic Spectrum and Shortwave Infrared. Si l’auteur s’était un peu renseigné, il n’aurait pas évoqué de « matériau » pour rendre « invisible » comme proie à saisir, mais bien plutôt cet ensemble de caméras à venir, mais il est vrai, leurs tests sur l’engin n’ont démarré que début 2016… des tests qui n’ont été effectués qu’aux Etats-Unis, aucun Avenger n’ayant quitté le sol des USA cette date (et pas davantage aujourd’hui il semble bien !).

L’auteur aurait pu citer à la place un « command post » beaucoup plus « saisissable »: celui d’un drone plus petit, dont le module de commande tiens dans une valisette ou deux, pas plus. Et qui ne pèse donc pas « vingt tonnes », le gros défaut de cette théorie bâtarde qui a connu pas mal de variations ultérieures pour corriger ce premier tir… à côté de la plaque !

Il n’y avait rien de compromettant en soute, à part les batteries 

Au  final, il ressort de tout ça que l’on est bien en présence d’une fake news orchestrée par des gens visant les USA et le tableau dressé d’une pseudo affaire bien trop complexe à réaliser qu’aurait menée la CIA avec le MH370. Le problème étant que s’il n’y pas eu d’élément de drone dans la soute du Boeing du vol MH370, ni de puce aux super-pouvoirs, ce que l’on vient de démontrer, car ce ne sont que des racontars, voici que tout se serait effondré dans le cadre d’un complot pour expliquer la chute de l’avion. Car aucune autre raison n’a été trouvée pour pouvoir agir sans ce prétexte. Tous les complots suivants découlant de cet hoax-zéro, ont mis l’accent eux aussi sur le contenu de la soute de l’appareil, avec des variantes successives comme on l’a vu, De Changy y allant de son obole supplémentaire en ajoutant personnellement l’histoire d’un chargement de dernière minute de « 89 kilos » « arrivé sous escorte à l’aéroport »… une news apparue fort tardivement, en 2019 seulement.  »

« C’est un énorme drapeau rouge, cette cargaison. Ensuite, mieux encore, il est écrit dans le rapport officiel que cette même cargaison a été amenée à l’aéroport international de Kuala Lumpur sous escorte… c’est très extraordinaire » ajoute-t-elle ici chez NRZ, le 8 mars dernier encore (le rapport final officiel du 2 juillet 2018, lisible ici, ne mentionne en rien cette « arrivée spéciale »: le commandant de bord avait été averti via un NOTOC ou Notice To Crew, à signer par lui, d‘un « spécial load » de fruits de mangoustaniers, -ci-dessus- et c’est tout, c’est lisible page 261).).

Ne reste alors que deux solutions logiques, on l’a dit : une action délibérée du pilote, ou celle de ce même pilote pour avoir tenté de sauver un appareil en perdition miné par un feu de cockpit incontrôlable. Tout le reste n’est qu’inventions, supputations et conclusions hâtives à partir de prémisses fausses et de tentatives de manipulation d’opinion.

 

(1) et (2) « Avez-vous entendu parler de cette théorie du complot concernant la disparition du MH 370 ? L’histoire est celle-ci:

Alors que les États-Unis se retirent d’Afghanistan, l’un de leur système de commandement et de contrôle (utilisé pour contrôler les drones sans pilote) a été détourné par les talibans alors que le convoi de transport américain descendait d’une des bases situées au sommet d’une colline. Les talibans ont tendu une embuscade au convoi et tué 2 membres du personnel American Seal, saisi l’équipement / les armes, y compris le système de commandement et de contrôle qui pesait environ 20 tonnes et était emballé dans 6 caisses. Cela s’est produit il y a environ un mois en février 2014.

Ce que veulent les talibans, c’est de l’argent. Ils ont proposé de vendre le système aux Russes et aux Chinois. Les Russes sont trop occupés en Ukraine mais les Chinois ont faim de la technologie du système. Imaginez que si les Chinois maîtrisent la technologie derrière le système de commande et de contrôle, tous les drones américains deviendront inutiles. Les Chinois ont donc envoyé 8 scientifiques de haut niveau de la défense pour vérifier le système et ont accepté de payer des millions pour cela.

Au début de mars 2014, les 8 scientifiques et les 6 caisses se sont rendus en Malaisie, pensant que c’était le meilleur moyen secret d’éviter la détection. La cargaison était alors conservée à l’ambassade sous protection diplomatique. Pendant ce temps, les Américains ont demandé l’aide des services de renseignement israéliens et, ensemble, ils étaient déterminés à intercepter et à reprendre la saisie.

Les Chinois ont décidé qu’il serait plus sûr de le transporter par avion civil afin d’éviter les soupçons. Après tout, le vol direct de KL à Pékin ne prend que 4 heures et demie, et l’Américain ne détournera pas ou n’endommagera pas un avion civil. Le MH370 est donc le porte-avions parfait.

Il y a 5 agents américains et israéliens à bord qui connaissent les opérations de Boeing. Les 2 «Iraniens» aux passeports volés pourraient en faire partie.

Lorsque le MH370 est sur le point de quitter l’espace aérien malaisien et se rapportait au contrôle aérien vietnamien, un AWAC américain a brouillé son signal, désactivé le système de contrôle du pilote et est passé en mode télécommande. C’est alors que l’avion a subitement perdu de l’altitude momentanément.

Comment l’AWAC peut-il faire cela ? Vous vous souvenez de l’incident du 911 ? Après l’incident du 911, tous les avions Boeing (et peut-être tous les Airbus) ont été installés avec un système de contrôle à distance pour contrer les détournements terroristes. Depuis lors, tous les Boeing pourraient être télécommandés par la tour de contrôle au sol. Le même système de contrôle à distance utilisé pour contrôler l’avion d’espionnage sans pilote et les drones.

Les 5 agents américano-israéliens ont rapidement pris le contrôle de l’avion, ont éteint le transpondeur et les autres systèmes de communication, ont changé de cap et ont volé vers l’ouest. Ils n’osent pas voler vers l’est vers les Philippines ou Guam parce que tout l’espace aérien de la mer de Chine méridionale est couvert par un radar et un satellite de surveillance chinois.

Les radars militaires malaisiens, thaïlandais et indiens ont effectivement détecté l’avion non identifié mais n’ont pas réagi de manière professionnelle.

L’avion a survolé le nord de Sumatra, Anambas, le sud de l’Inde puis a atterri aux Maldives (certains villageois ont vu l’avion atterrir), s’est ravitaillé et a poursuivi son vol vers Garcia Deigo, la base aérienne américaine au milieu de l’océan Indien. La cargaison et la boîte noire ont été retirées. Les passagers ont été réduits au silence par des moyens naturels, faute d’oxygène. Ils croient que seule une personne décédée ne parlera pas. Le MH370 avec des passagers morts a décollé à nouveau via la télécommande et s’est écrasé dans le sud de l’océan Indien, faisant croire au monde que l’avion a finalement manqué de carburant et s’est écrasé, et donc blâmer le capitaine et le copilote en provocation.

Les Américains ont fait un bon spectacle. Détourner d’abord toute l’attention et l’effort de recherche dans la mer de Chine méridionale pendant que l’avion se dirigeait vers l’océan Indien. Ensuite, ils sont sortis avec des déclarations et des preuves contradictoires pour semer la confusion dans le monde. L’Australie est complice.

L’effort déployé par la Chine, en termes de nombre d’avions de recherche, de navires et de satellites, recherchant d’abord la mer de Chine méridionale, puis le détroit de Malacca et l’océan Indien est sans précédent. Cela a montré que la Chine est très préoccupée, non pas tant à cause des nombreux passagers civils chinois, mais principalement à cause de la cargaison de grande valeur et de ses 8 meilleurs scientifiques de la défense ».

(3) une variante ici : « Les théories varient, mais au fond l’histoire raconte quelque chose comme ceci: les Américains utilisaient une technologie de drone hautement secrète en Afghanistan, en Irak, en Turquie ou en Syrie (peu importe le théâtre d’action, ils sont tous mentionnés à un moment donné). Le logiciel de commande et de contrôle des drones était tombé entre les mains des talibans ou du Hamas, ou maintenant des terroristes de l’Etat islamique, qui avaient l’intention de collecter des fonds en les vendant à la Chine. Pour empêcher les Américains de découvrir et d’arrêter la vente, il a été décidé de mettre l’appareil sur un avion de ligne commercial et de le transporter à Pékin en tant que fret commercial. Le MH370 a été choisi comme vol aléatoire à cet effet. La technologie du drone a été répertoriée sur le manifeste de vol comme du mangoustan (dont il y avait une cargaison importante à bord). Mais les Américains ont découvert ce qui était prévu et ont agi. Depuis le 11 septembre, tous les avions Boeing sont équipés d’une technologie top-secrète qui permet à l’armée américaine de prendre le contrôle des avions commerciaux et de les faire voler comme des drones. Les avions sont contrôlés depuis un avion AWACS volant au-dessus de diem, ou par des contrôleurs au sol. »

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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MH370 : à la recherche de l’hoax zéro (1)

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