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L’incroyable arsenal des émeutiers de Washington (1)

Les milices armées aux Etats-Unis sont un fléau, on l’avait bien compris lors des événements du Michigan qui aujourd’hui passent donc pour avant-coureurs ou prémonitoires.

L’idéologie extrémiste de droite y domine, comme chez les émeutiers de Washington, mais aussi un sur-armement absolument sidérant que l’on découvre au fur et à mesure des investigations menées après le saccage du Capitole où on les avait priés de laisser leurs arsenaux à la maison (ou dans leurs véhicules, comme on l’a vu pour un des cas arrêtés).

Voici donc le catalogue Manufrance de l’équipement des briseurs de démocratie, histoire de se faire une idée de qui ils étaient exactement… et ce à quoi l’Amérique a échappé, surtout.  Et ceux que Trump a poussé dans le dos en les incitant à aller au casse-pipe, avant de les laisser tomber !! 

Ce devait être une manifestation « pacifique » selon les dires des supporters de Trump. A se demander pourquoi on a alors vu sur place des cocktails Molotov, autant de gilets pare-balles et de menottes zippées, de casques de protection et de genouillères ou de gants de combat, de masques à gaz ou de matraques, de boucliers improvisés, et de battes de base-ball à profusion et même, comme on va le voir, des fusils et des pistolets retrouvés autour du Capitole alors qu’obligatoirement certains avaient circulé dedans, heureusement sans avoir été utilisés.

Drôle de notion de la paix, chez ces gens galvanisés par un discours de combat de Donald Trump … qui terminait à 13h10 avec ces mots :

« alors on y va, on va marcher sur Pennsylvania Avenue, j’adore Pennsylvania Avenue et on va au Capitole et on va essayer de donner… Les démocrates sont sans espoir. Ils ne votent jamais pour rien, pas même une voix. Mais nous allons essayer de donner à nos républicains, les faibles, parce que les forts n’ont besoin d’aucune de notre aide, nous allons essayer de leur donner le genre de fierté et d’audace dont ils ont besoin pour revenir notre pays. Descendons donc Pennsylvania Avenue. Je veux tous vous remercier. Que Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse l’Amérique. Merci à tous d’être ici, c’est incroyable. Merci beaucoup. Je vous remercie ». Laissant entendre qu’il les accompagnerait à pied lui-même. Ce qu’il ne fera pas pas bien sûr, déjà reparti dans son 4×4 blindé, un SUV Chevrolet Suburban bien connu depuis son escapade post-covid19, 10 minutes à peine  après être descendu de scène. Trump, après avoir allumé la mèche et lancé l’explosif, courait déjà dans l’autre sens. Sur la photo où il lève le poing, il a les traits d’un homme fatigué et désillusionné : il n’y croit pas lui-même à une inversion surprise de la décision finale des urnes. Mais en rejetant la faute sur son colistier, il se lavait les mains de son échec. Une de ses dernière pirouettes, la plus irresponsable de toutes. Echec, un mot qu’il ne comprend pas, un mot qu’il ne veut pas comprendre depuis toujours. Trump a joué avec le feu, car ça aurait pu davantage dégénérer, d’après ce que les enquêteurs du FBI trouvent depuis chaque jour…

Selon The Hill, après les événements, en effet, « la police a saisi un nombre alarmant d’armes à feu des partisans du président Trump qui sont descendus à Washington, D.C., la semaine dernière et ont pris d’assaut le Capitole dans le but d’arrêter la certification par le Congrès des résultats des élections de 2020. Les détails révélés dans des documents judiciaires au cours de la semaine dernière brossent un tableau inquiétant indiquant que certains des manifestants ont afflué au Capitole prêts à commettre des violences. Les cas, qui ne sont probablement que le début d’une longue enquête fédérale, suggèrent également que l’émeute qui a envahi les salles du Congrès et fait cinq morts aurait pu être bien pire ».

Bien pire pour sûr si ça s’était passé ailleurs car, fort heureusement aussi, le district de Columbia affiche les lois les plus strictes du pays sur les armes à feu, qui auraient pu aussi être encore plus restrictives si une décision de la Cour suprême de 2008 n’avait jugé l’interdiction des armes de poing du district inconstitutionnelle. La police métropolitaine délivre des permis de port d’armes, certes, mais et il n’y a pas d’accord de réciprocité avec d’autres États. Le port visible d’une arme dans la rue est strictement interdit à Washington et de larges pans de la ville sont des zones sans aucune arme à feu, y compris dans les bâtiments et sur les terrains du Capitole américain. C’est ça aussi qui a évité un carnage !! 

L’arsenal du Père Noël

Commençons notre revue par un petit vieux. Il s’appelle William McCall Calhoun Jr., il a 57 ans, vient lui d’Americus en Georgie et ferait un beau Père Noël en fin d’année avec sa belle barbe blanche, pris en photo en train de se promener tranquillement sous la rotonde le 6 janvier.  On lui donnerait presque le bon Dieu sans confession, à celui-là.  A part sa casquette de page Facebook (ici à droite) peut-être qui ne fait pas très Santa Claus, c’est vrai.  C’est un avocat de métier et il a un défaut : il est fort bavard, et notamment sur les réseaux sociaux. Le jour des émeutes, il a ainsi écrit sur Facebook que «le peuple américain a prouvé que nous avons le pouvoir». Le père tranquille n’en était pas un en effet. Après s’être baladé, on le retrouvera en train de saccager le bureau de Nancy Pelosi. Ce qu’il ne savait pas en revanche, c’est que le FBI l’avait déjà dans le collimateur depuis novembre : « le 12 novembre 2020, le Centre national des opérations contre les menaces du FBI a reçu un appel téléphonique d’un citoyen inquiet qui a fourni des informations concernant un individu nommé McCall Calhoun. L’appelant a déclaré que Calhoun est un avocat qui réside à Americus, en Georgie, qui faisait des menaces sur les plateformes de médias sociaux incluant Facebook, Twitter et Parler. Selon l’appelant, Calhoun avait posté un message encourageant les gens à faire une tempête à Washington D.C. et à manifester pacifiquement tout en portant ouvertement des armes à feu. L’appelant a également lu des messages que Calhoun avait prétendument postés indiquant:  «Certains d’entre vous vivront assez longtemps pour être exterminés avec des préjugés extrêmes», ou « Il sera difficile d’acheter une bière lorsque des démocrates se feront tirer dessus sur place » ou encore «nous allons tuer tous les derniers communistes qui se dressent sur le chemin de Trump »En fait de Père Noël, on était tombé sur l’ordure, c’est évident.

Evidemment, après l’émeute, le FBI s’est empressé d’obtenir ses messages et des images supplémentaires sur les médias sociaux, révélant des preuves que Calhoun avait l’intention d’abord de se rendre à Washington, DC le 6 janvier 2021, pour protester contre ce qu’il croyait être une fraude lors de l’élection présidentielle de 2020 et pour Capitole. En fait il va se transformer en reporter, en signant en même temps sa perte. Son dossier sera ainsi facile à instruire comme appel à la sédition et à l’émeute ! Le 29 décembre 2020, note l’inspecteur du FNI, Calhoun a publié un message sur sa page Parler qui disait: «Être physiquement présent à Washington le 6 janvier est d’une importance capitale. Nous, le peuple, n’avons pas d’autre option réaliste pour communiquer notre intention inébranlable d’exiger des élections justes maintenant et pour toujours – ou autrement. On se verra là bas! » Le 5 janvier 2021, Calhoun a publié un message sur sa page Parler qui disait: «Je me suis dirigé vers DC pour donner un peu de colonne vertébrale au GOP – pour leur faire savoir que c’était leur dernière chance d’arrêter le vol – ou ils auront de plus gros problèmes que ces Antifa choyés qui brûlent leurs espaces sûrs. DC a annoncé qu’ils «interdiraient les armes à feu» lorsque nous prendrons d’assaut le Capitole demain. Très illégal. La capacité de la police à appliquer ses lois sur les armes à feu dépend du nombre de patriotes armés qui se présentent. Ironiquement, dans la longue liste d’armes à feu et d’armes interdites par l’ordonnance DC, les tomahawks ne sont pas mentionnés, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’interdiction de porter un tomahawk tant qu’il n’est pas utilisé de manière offensive ! La révolution tomahawk – véritable 1776. » Le 6 janvier 2021, Calhoun a publié sur sa page Facebook une photo de l’extérieur du Capitole des États-Unis avec ce message: « Nous allons entrer dans le Capitole avant que cela ne se termine. »

Vers le 6 janvier 2021, Calhoun a également publié un message sur Facebook disant: «Des patriotes ont pris le Capitole. Nous avons dépassé plusieurs barricades de police et avons envahi le bâtiment. Nous sommes passés à travers – des milliers d’entre eux ont envahi. Le message indique également que Calhoun et d’autres ont franchi une «barricade de police à l’intérieur» du Capitole, «ont envahi le Congrès en criant les noms de divers membres» et «ont fait irruption à l’étage. . . à la recherche de membres du Congrès, car nous envahissions physiquement le Capitole. . . . » Le message indique également que «toutes les forces de l’ordre s’étaient retirées dans le périmètre». Calhoun  s’est vanté dans le message qu’il était parmi «les premiers d’entre nous à monter à la porte du bureau de Nancy Pelosi et à l’enfoncerje vais vers son sanctuaire intérieur. » Calhoun a décrit cela comme étant« la foule hurlant de rage. Près du 6 janvier 2021, Calhouna publié un autre message sur Facebook qui déclarait: «Aujourd’hui, le peuple américain a prouvé que nous avions le pouvoir. Nous avons physiquement pris le contrôle du Capitole lors d’une prise de contrôle hostile au corps à corps. Nous avons occupé le Capitole et fermé le gouvernement – nous avons mis fin à leurs manigances électorales volées. » Il a publié une photo sur Facebook avec la légende: « La rotonde du Capitole, occupée par le peuple lors d’une prise de contrôle hostile, le 6 janvier ».

Bien sûr le FBI l’a tracé dès le lendemain et a fondu chez lui, à Americus. Et là, les enquêteurs, qui ont lu ce qu’il a écrit depuis des semaines se mettent à pâlir. Il y a des armes simplement remisées dans un placard facilement accessible (cf les deux photos ci-dessus), de nombreuses caisses de munitions et divers objets « tactiques » comme on dit là-bas. Il y a cinq fusils de chasse de gros calibre, dont un camouflé, deux fusils automatiques dont un AR-15, l’autre étant muni d’une lunette. Et au moins aussi 7 caisses métalliques de munitions, dont trois doubles !! Un casque et un équipement radio de Talkie-Walkie sont également perceptibles sur les clichés ainsi que des gants renforcés. L’homme qui nous parle de guerre civile est… surarmé !

A Americus, justement, une journaliste des Echos avait exprimé une vision prophétique le 14 décembre 2020 : « la voix étranglée par l’émotion, un officiel en charge des élections, lui-même conservateur, a dénoncé au Capitole d’Atlanta « l’irresponsabilité » du président et des deux sénateurs sortants. « Cessez d’inciter les gens à commettre de possibles actes de violence. Quelqu’un va être blessé, quelqu’un va se faire tirer dessus, quelqu’un va se faire tuer », a lancé Gabriel Sterling en conférence de presse, dans une séquence filmée devenue virale. Le gouverneur de Géorgie, Brian Kemp, son adjoint et le secrétaire d’Etat, tous trois républicains, reçoivent menaces et insultes pour avoir certifié les résultats et la victoire de Joe Biden. » Dans le comté de Sumter, où se situe Americus, Joe Biden l’a emporté de presque 5 points d’avance !!

Celui qui a raté le coche et son étrange fusil

Pour Cleveland Meredith, on s’en réfère à ce ce que j’en ai déjà dit ici, à savoir des menaces de mort à l’encontre de Nancy Pelosi et de la maire de Washington, un équipement guerrier assez stupéfiant, dont un exemplaire plutôt rare de Tavor, ce étrange fusil bullpup d’origine israélienne dont l’avantage principal est la compacité. Un outil idéal pour le combat urbain avant tout. Surprenant choix… de connaisseur !

Et sa faculté à résister à la poussière ou aux salissures comme démontré ici. En entretien il ne nécessite que la pointe d’une balle pour être démonté. Contrairement à ce ce que j’ai pu pu écrire son Glock 19 Gen4 9mm à 15 cartouches, il ne l’a pas décoré lui-même; il se vend en fait ainsi peint par la firme Ceratoke, spécialiste des revêtements céramiques protecteurs à couche mince ultra-résistant (ici un Smith & Wesson M&P) !!! Tel quel il est vendu 600 dollars (ici à gauche). Autre fait saillant, Meredith a traversé une bonne partie du pays en voiture pour venir car il est parti du Colorado, la patrie de la députée Lauren Boebert. Il y a plus de 2600 km et ça fait environ 27 heures de route ! Pour tenir le coup, visiblement, il s’était dopé : on a retrouvé dans sa chambre d’hôtel des sachets de marijuana à mâcher (THC) et des flacons de testostérone injectable ! C’est aussi un adepte forcené de QAnon comme on a pu déjà le dire ici.» 

« Selon un dossier du parquet, Meredith a décrit la conduite à D.C. pour « pratique à la cible », a fait référence au « temps de guerre » et a déclaré qu’il « élaborait une stratégie sur la meilleure façon d’attaquer cette ville ». « Je suis tellement prêt à tuer quelques traîtres »  lit-on dans un texte, selon le dépôt (ou « Prêt à retirer plusieurs crânes des épaules ») . Le lendemain de l’émeute, lorsque Meredith était arrivé à Washington, il aurait menacé de tuer à la fois Bowser et Pelosi, qui avaient fait des déclarations télévisées condamnant l’attaque du Capitole. « Penser à se diriger vers le discours [juron] de Pelosi et lui mettre une balle dans sa tête à la télévision en direct », aurait écrit Meredith. Il a également menacé Muriel Bowser (ici à gauche): « je peux me promener dans le bureau du maire et mettre une 5,56 dans son crâne. » La juge lui a retiré le droit au suivi par bracelet électronique GPS et l’a remis en cellule, le jugeant trop dangereux. Le lendemain de l’assaut il avait écrit sur Facebook « Nous avons physiquement pris le contrôle du Capitole lors d’une attaque hostile », a-t-il écrit. Dans un de ses derniers messages il indiquait «Je n’irai pas en prison», a-t-il écrit à un moment donné. «[L] à la morgue peut-être, pas la prison.»

Le preneur d’otages collectionneur venu avec sa maman…

L’un des cas les plus étonnants est celui de l’émeutier aux menottes, Eric Gavelek Munchel, âgé de 30 ans, venu sur place avec… sa maman (de 57 ans) !! On commence par celle-ci : elle est descendue avec son fils au Grand Hyatt Hotel de Washington, le 4 janvier 2021 et a quitté la chambre le 7 janvier 2021. Elle s’appelle Lisa Eisenhart, de son nom de jeune fille Lisa Marie Gavelek. Il travaillait chez  Doc Ford’s Rum Bar & Grille de Fort Myers, en Floride. Une photo les a montrés sur la pelouse de la façade Ouest elle et le  fiston: elle en lunettes, veste à carreaux avec gilet pare-balles noir, lui tout en noir avec une casquette de chez Black Rifle Coffee Company et sur le torse un patch du Punisher dessiné sur l’Etat du Tennessee, plus un téléphone fixé sur la poitrine. On note de façon surprenante que la casquette fait la promotion d’une marque bien spéciale : lorsque la marque de café Heurig a retiré ses pubs pour le show de Sean Hannity sur FoxNews, c’est celle-ci qui l’a remplacée, aussitôt applaudie par Don Jr.  La société BRCC a été créée par le vétéran Evan Hafer qui a fait l’Iraq et l’Afghanistan et toutes ses pubs sont hyper-agressives…. mais que viennent donc faire ces fusils pour vendre du café !! C’est du délire !!! Des tarés complets !

Une photo de vidéo surveillance les montre sortant vers 12 h 37. Les vidéos montrent qu’ils portent tous deux des menottes « zip » en nylon et ont participé au sac du bâtiment, lui étant l’homme photographié sautant au-dessus des sièges menottes accrochées à sa manche gauche. On les retrouve en vidéo, le soir même, tranquillement assis dans un salon du Grand Hyatt Hotel, en train de raconter leurs exploits avec d’autres assaillants (ici à gauche). Bien plus grave encore, le récit de l’inspecteur précise que « les enquêteurs ont déclaré que Munchel et Eisenhart, 56 ans, avaient apporté des armes à feu avec eux à D.C., selon des documents judiciaires. Des images vidéo examinées par le FBI ont indiqué qu’ils avaient peut-être caché les armes sur le terrain du Capitole avant d’entrer dans le bâtiment, ont déclaré les enquêteurs. La vidéo a été extraite d’un téléphone portable que le FBI a obtenu dans son enquête sur Munchel et comprend des enregistrements des événements au Capitole, selon des documents judiciaires, y compris l’audio de Munchel et des images d’Eisenhart à l’intérieur du bâtiment. Les images elles-mêmes n’ont pas été incluses dans les dépôts judiciaires en ligne. » Et ce n’est encore rien avec ce qu’ils ont trouvé plus tard…

Et en effet : « quelques jours après l’émeute, des agents fédéraux ont obtenu un mandat de perquisition pour la résidence de Munchel à Nashville. Les agents ont trouvé un gilet tactique avec un patch au centre de la poitrine affichant le personnage de bande dessinée « Punisher » et le patch « fine ligne bleue » du Tennessee, une casquette de baseball représentant un fusil et un drapeau et cinq paires de menottes en plastique blanc – le tout vu dans l’image de la galerie du Sénat. Les agents ont également trouvé un deuxième gilet tactique, qui était similaire au gilet que Eisenhart a été vu porter le 6 janvier. De plus, les agents ont trouvé un revolver de calibre .22, des dizaines de cartouches et plusieurs chargeurs vides et un coffre-fort noir de 5 pieds de haut. Après avoir obtenu un mandat de perquisition dans le coffre-fort, 15 armes à feu ont été retrouvées à l’intérieur, dont un fusil d’assaut, un fusil de sniper avec trépied, des pistolets, des fusils de chasse et des centaines de cartouches. Un magazine de style tambour a également été trouvé dans la maison ». La photo des armes étalées sur un lit (8 fusils !) est impressionnante par sa diversité, car il y a de tout, entre autres une carabine de sniper à très long canon, des pistolets mais aussi un drôle d’engin dont on a du mal au départ à cerner la forme. C’est une rareté en effet.. c’est un Kriss Vector (ici à gauche avec sa crosse dépliée), aussi appelé (ou TDI Kriss Super V XSMG), de calibre 9 mm de chez Transformational Defense Industries sur les brevets de 2003 de Renaud Kerbrat (un armurier français). Un drôle d’engin, avec dans la poignée une masse qui bouge pour aborder le recul. En canon court, ça fait à peine 41 cm de long maxi: il va sans dire que ça se dissimule facilement !!!

Plus un autre objet encore dont il portait le holster vide : « les forces de l’ordre ont interrogé Munche et ont identifié qu’il portait un «Taser Pulse» noir et jaune qui émet un choc électrique. Il a déclaré aux autorités qu’il avait participé au rassemblement au Capitole des États-Unis plus tôt dans la journée et qu’il possédait le Taser pour se protéger ».

Tout cet équipement retrouvé sagement rangé chez lui (ici les trois clichés le montrant avec gilet, casquette et menottes) dans le but de participer à une guerre civile complotiste attendue de leurs vœux : « Munchel a déploré la capacité des groupes pro-Trump à s’organiser, en partie en raison de leur retrait des principaux sites de médias sociaux. Eisenhart a accepté, expliquant que «La gauche a tout: les médias, les organisations, le gouvernement. Nous devons nous organiser si nous voulons riposter et être entendus. «  Eisenhart, en outre, a clairement indiqué qu’elle était prête à mourir pour cette cause, expliquant: «Ce pays a été fondé sur la révolution. S’ils veulent nous prendre tous les moyens légitimes et que nous ne pouvons même pas nous exprimer sur Internet, nous ne pourrons même pas parler librement, à quoi sert l’Amérique ? Je préfère mourir en tant que femme de 57 ans plutôt que de vivre sous l’oppression. Je préfère mourir et je préfère me battre.  » Elle n’est pas morte, mais son fils et elle risquent une paire d’années de prison, les menottes emmenées plus les armes dissimulées ayant alourdi sérieusement leur cas ! Tout cela ne nous dit pas laquelle il avait amené, d’arme, sur place, à Washington… au fait, avec sa maman, ni non plus ce qu’il comptait en faire exactement !!

Pris la bosse dans le pantalon

Christopher Alberts, venu du Maryland, portait  sur lui une arme à feu ce jour-là sans en posséder la licence. Il s’est fait pincer juste après l’attaque. « Des documents judiciaires indiquent qu’un policier s’approchant d’Alberts au Capitole environ 90 minutes après l’entrée en vigueur d’un couvre-feu dans tout le district, a vu un renflement sur la hanche d’Alberts qui ressemblait à une arme à feu. Lorsque l’officier en a parlé à d’autres agents à proximité, Alberts, qui portait un gilet pare-balles, aurait tenté de s’enfuir. Il a été arrêté avec l’arme de poing noire Taurus G2C 9 mm (Serial#AAL085515), qui avait une cartouche dans la chambre, et deux chargeurs à 12 cartouches. La police l’aurait également trouvé avec un masque à gaz, un sac à dos avec un couteau de poche, une trousse de premiers soins et un plat militaire prêt-à-manger. » Comme déclaration de sa part, on a eu droit à ce genre de propos :« les gens qui étaient ici aujourd’hui vont revenir encore plus, et nous ne reviendrons pas pacifiquement – et nous ne reviendrons pas sans armes. L’Amérique attend depuis longtemps la révolution. »  Bref, de quoi craindre pour le 20 qui suivait… et d’où le gigantesque déploiement militaire pour l’inauguration de Joe Biden, avec les problèmes de logistique que ça a créé…

Un campagnard perdu dans la grande ville 

Wesley Allen Beeler, de Front Royal en Virginie, arrêté plus tard encore, la veille de l’inauguration de Joe Biden, dans son Ford F-150 avec un pass d’entrée de zone ne lui appartenant pas a expliqué aux policiers « qu’il s’était perdu car il venait de la campagne ».  Avec sur lui, un Glock 17 (sans licence de détention !) et près de 500 munitions : un gars de la campagne prévoit toujours large, au cas où il rencontrerait des Grizzly sur Pensylvannia Avenue je suppose ! On ignore où elles étaient dans la voiture pour respecter la loi de Wahington DC.  Or un Glock peut accepter de longs chargeurs,  jusqu’à 33 balles en effet et peut devenir une mini-machine gun : il tire alors en rafales comme une mitraillette Uzi ! Son Ford arborait d’étranges slickers bien de la campagne aussi:  « Assault Life » (exemple ici à droite) et le « S’ils viennent chercher vos armes, donnez-leur d’abord vos balles« . A la campagne on a de l’humour, c’est évident, mais c’est pas celui des villes. Son frangin avec son site de matériel divers de survie (« Sasquatch Tactical ») en a beaucoup moins : son site est perclus de vannes salaces et machistes et encense une fois sur deux Donald Trump (comme ici à gauche pour la marche du 14 novembre 2020 qui avait réuni des dizaines de milliers de supporteurs mais jamais le million annoncé). Il fait aussi la promotion d’armes bien particulières, comme ce procédé pour transformer un Glock, justement, en fusil automatique court, avec crosse repliable. Ça devient en ce cas un « Full Conceal Viper », expliqué ici. Il ne vend pas l’engin mais le sac à dos pour le mettre dedans… Le genre de truc en tout cas qui aurait passé inaperçu le 6 janvier (et le 20 aussi !) !! Wesley lui a été relâché faute de preuves, « il avait oublié sa licence en partant trop vite de chez lui » a-t-il dit (à la campagne on est toujours pressé c’est bien connu !). Perso, avec les insanités débités par son frangin, je n’y crois pas deux secondes à ses excuses.

Et il y en a d’autres encore, pour nous effrayer davantage sur ce qui s’est passé en ce jour peu glorieux du 6 janvier 2020… Nous verrons ça demain, si vous le voulez bien !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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