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L’homme qui a tu? Ben Laden raconte l’op?ration et sa d?sillusion de retour au pays

Phil Bronstein
Translated by Atlantico

Aujourd’hui, le « Navy Seal » qui a ?limin? l’ennemi num?ro 1 des USA se retrouve sans aucune couverture sociale, un ?chec surprenant de cette nation pour aider ses guerriers les plus exp?riment?s et qualifi?s ? r?int?grer leur vie.

Aujourd’hui, le corps du tireur us? par 16 ans de missions, est couvert de tissu cicatriciel, d’arthrite, de tendinites, de l?sions oculaires, et de disques souffl?s. Cr?dit Reuters

Il est l’homme qui a tu? l’ennemi num?ro 1 des USA. Un h?ros national anonyme, envers lequel l’Am?rique devrait se sentir ?ternellement redevable. Et pourtant, Washington semble l’avoir d?j? oubli?. Aujourd’hui, ce membre de la Team 6 des Navy Seals, le commando qui a tu? Oussama Ben Laden en mai 2011, se retrouve livr? ? lui-m?me, comme il le raconte dans un entretien ? para?tre sur le site internet du magazine am?ricain?Esquire.

Celui qui est venu ? bout du chef d’Al-Qaida ne d?voile pas son identit?. Il est ?g? de 35 ans et a quitt? la Team 6 des Navy Seals ? l’issue de cette op?ration. Il est entr? au service de la nation ? 19 ans. Bilan?: 16 ans dans l’arm?e.?Il n’a aujourd’hui droit ni ? la retraite, ni ? l’assurance-maladie.

La raison?? Il a pass? moins de 20 ans dans l’arm?e, et ne peut donc pas b?n?ficier d’une protection sociale ? vie. Ce v?t?ran a connu plusieurs th??tres de guerre et a tu? ? lui seul une trentaine d’?ennemis combattants? – selon la terminologie officielle.

« C’est lui, boum, c’est fait »

La mission commence le 1er avril?: un briefing. « Lors du briefing le premier jour, ils nous ont menti et ont ?t? tr?s vagues. Ils ont mentionn? des c?bles sous-marins et le tremblement de terre au Japon ou quelque chose du genre », raconte-t-il. Quelques jours plus tard, il conna?t la v?ritable cible?: Ben Laden et le Pakistan.?S’ensuivent de nombreux briefings, notamment par l’agent de la CIA, « Maya », une femme « formidable », jou?e par Jessica Chastain dans le film Zero Dark Thirty. Un film qu’il a vu et auquel il n’a trouv? que quelques d?fauts « mineurs ».

S’ensuit une p?riode d’entra?nement, dans une r?plique exacte de la r?sidence de Ben Laden construite en Caroline du Nord. Dans la nuit du 1er au 2 mai 2011, les choses s’encha?nent tr?s vite. L’homme est le premier ? entrer dans la chambre de Ben Laden, au troisi?me ?tage de sa maison d’Abbottabad, au Pakistan.?L’op?ration est « loin d’?tre la plus dangereuse de sa carri?re ». Elle se d?roule comme des centaines d’autres.

Ben Laden est dans le noir. Il ne voit rien. Lui, est ?quip? de lunettes de vision nocturne. »Il y avait Ben Laden l?, debout. Il avait ses mains sur les ?paules d’une femme, la poussant devant, pas exactement vers moi mais dans la direction du vacarme du couloir. C’?tait sa plus jeune femme, Amal. C’?tait comme un instantan? d’une cible d’entra?nement. C’est lui, sans aucun doute. (…) C’est automatique, la m?moire musculaire. C’est lui, boum, c’est fait », se souvient-il.

Il tire deux balles, puis une autre, dans la t?te de l’homme le plus recherch? au monde.?Il n’a de toute fa?on jamais ?t? question de le faire prisonnier. Apr?s les tirs, il constate?: « Il ?tait mort. Il ne bougeait pas. Sa langue pendait. Je l’ai vu prendre ses derni?res inspirations, juste une respiration r?flexe ». Il se souvient avoir ?t? « stup?fait » par la grande taille de Ben Laden.

Une nation peu reconnaissante

Aujourd’hui, le corps du tireur us? par 16 ans de missions, est rempli de tissu cicatriciel, d’arthrite, de tendinites, de l?sions oculaires, et de disques souffl?s. En rentrant au pays, il s’attend ? trouver une nation reconnaissante.?Barack Obama avait d?clar? lors d’une journ?e des anciens combattants?: « Celui qui se bat pour son pays ne devrait jamais avoir ? se battre pour un emploi, un toit ou des soins quand ils rentrent chez lui. « 

C’est la d?sillusion. Pas de pension, pas de soins de sant?, et aucune protection pour lui et sa famille.

Cet ancien combattant, un des plus d?cor?s de notre ?poque termine sa carri?re en ?liminant l’ennemi num?ro un des USA et n’a pas de piste d’atterrissage dans la vie civile. Il vit toujours avec sa femme, dont il est pourtant s?par? apr?s avoir longtemps pass? plus de 300 jours par an en mission. Il est maintenant consultant, pay? ? la mission.

« Les connaissances et la formation de ces gars-l? valent pourtant des millions de dollars », affirme un mentor de Seals. La s?curit? priv?e semble ?tre le chemin le plus s?r pour retrouver un emploi alors que ces anciens soldats ne veulent plus porter d’arme pour un usage professionnel.


Courtesy of?Atlantico
Source:?cironline.org
Publication date of original article: 12/02/2013
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