Accueil / L O C A L I S A T I O N / AFRIQUE / L’exp?rience politique africaine de Barack Obama

L’exp?rience politique africaine de Barack Obama

par Thierry Meyssan

? l’occasion de l’?lection du pr?sident Kenyatta, nous publions la version fran?aise d’un article de Thierry Meyssan, paru il y a cinq ans dans des revues de sciences politiques en Russie et en Italie, sur le r?le du s?nateur Obama en Afrique. Cette ?tude est particuli?rement importante pour comprendre le trucage par les ?tats-Unis de l’?lection kenyane de 2006, et la signification pour Washington de la d?faite d’Odinga.

R?seau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 9 mars 2013

Le s?nateur Obama s’ing?re dans la campagne ?lectorale pr?sidentielle kenyane. Ici, en meeting avec son pr?tendu cousin Odinga.

En ao?t 2006, la presse ?tats-unienne accordait un traitement de faveur ? la tourn?e africaine d’un s?nateur des ?tats-Unis. L’?v?nement aurait pu passer inaper?u, mais il contenait tous les ingr?dients d’une ??good story??, telle que les affectionne la presse anglo-saxonne. Le jeune s?nateur, ?toile montante du Parti d?mocrate depuis qu’il a prononc? un discours ? la Convention de 2004, est un brillant avocat dipl?m? d’Harvard. Il est noir -pas afro-am?ricain, c’est-?-dire descendant d’esclaves-, mais immigrant kenyan de la seconde g?n?ration. Il a entrepris ce voyage ? la fois pour visiter des ?uvres sociales (lutte contre le sida et micro-cr?dit) et pour marcher sur la trace de ses anc?tres.

C’?tait, pensez-vous, un ?v?nement sans grande importance, juste une occasion de c?l?brer les relations am?ricano-africaines sans para?tre condescendant. Nous avons pourtant deux bonnes raisons d’y revenir?: d’abord, ce jeune s?nateur a ?t? ?lu deux ans plus tard pr?sident des ?tats-Unis, mais surtout, il s’av?re que son voyage parlementaire ?tait une couverture pour conduire une op?ration de d?stabilisation du Kenya. D?s lors, nous avons beaucoup ? apprendre sur la politique africaine du pr?sident Barack Obama en nous rem?morant cet ?pisode.

Couverture

Officiellement, le s?nateur Obama est envoy? en mission par la Commission des Affaires ?trang?res dont il est membre. ? ce titre, tous ses frais et ceux de son ?quipe sont pris en charge par le Congr?s des ?tats-Unis. Le politicien est accompagn? de son ?pouse, de ses deux filles, de son attach? de presse Robert Gibbs et d’un conseiller politique Mark Lippert. Un avion sp?cial est mis ? leur disposition pour se rendre dans le continent noir et pour le traverser.

Selon le r?glement du Congr?s, des missions peuvent ?tre d?cid?es par le bureau de chaque Commission. Dans ce cas, elles sont compos?es ? parit? de d?mocrates et de r?publicains. Ils voyagent g?n?ralement ensemble, parfois s?par?ment au risque d’?taler ? l’?tranger des divisions nationales. Or, ici, pas de r?publicain. La mission ne concerne que le d?mocrate Obama, qui n’en a pas rendu compte ? ses pairs.

Cependant, il arrive parfois que les services de renseignement requi?rent l’aide d’un s?nateur pour une mission ? l’?tranger. Le Congr?s accepte souvent de leur fournir une couverture et organise alors un voyage parlementaire. Parfois, les ?lus du peuple n’appr?cient pas le r?le qu’on leur demande de jouer, notamment lorsqu’ils subodorent des liens trop ?troits entre un de leurs pairs et la CIA. Dans ce cas, un compromis bancal fait envoyer un s?nateur sans son homologue du parti rival. Ce fut le cas du d?placement africain du s?nateur Obama.

Cette couverture ?tant assur?e, les services de renseignement d?ploy?rent une seconde ?quipe pour les besoins de l’op?ration. Avec la discr?tion de l’?l?phant dans le magasin de porcelaine, l’avion s?natorial fut suivi d’un autre avion sp?cial, cette fois affr?t? par l’US Army. ? son bord, toute une ?quipe sp?cialis?e dans les ??r?volutions color?es??, sous la direction du g?n?ral ? la retraite J. Scott Gration. L’homme est un bon connaisseur de l’Afrique. Ses parents, missionnaires protestants, l’ont ?lev? au Congo o? il a appris le swahili (langue nationale au Kenya, en Tanzanie et au Congo). Surtout, il a ?t? directeur de la planification ? l’US European Command?en 2004-05, c’est-?-dire pendant la phase de gestation de l’Africa Command.

Le convoi a?rien doit arriver par l’Afrique du Sud, passer en RDC, au Kenya et au Tchad. Mais le programme sera all?g? pour cause de troubles au Congo. Dommage, car avant de partir, le s?nateur Obama a eu le temps de pr?senter un amendement budg?taire accordant une subvention de 52 millions de dollars ? la RDC.

Le sida en Afrique du Sud

Le s?nateur Obama arrive avec son escorte officielle et son escorte officieuse en Afrique du Sud, le 21 ao?t 2006. Il visite le?Treatment Action Campaign, une association de lutte contre le sida subventionn?e par le CDC (l’agence f?d?rale US de Sant? publique), connue pour entretenir une pol?mique avec le gouvernement. L?, il reprend ? son compte les d?clarations incendiaires tenues quelques jours plus t?t ? Ottawa par l’ambassadeur Sephen Lewis, envoy? sp?cial du secr?taire g?n?ral de l’ONU pour la lutte contre le sida en Afrique (et par ailleurs beau-p?re de la journaliste Naomi Klein). Il d?nonce les th?ories ??conspirationnistes?? du pr?sident Thabo Mbeki, selon lequel le sida aurait ?t? cr?? dans les laboratoires US de guerre biologique. Il d?plore les traitements traditionnels pr?conis?s par le ministre de la Sant?, Manto Tshabalala-Msimang. P?dagogue, il explique qu’il ne choisit pas les rem?des des blancs contre ceux des noirs, mais que la science nous apprend l’utilit? des traitements anti-r?troviraux.

En bon communiquant, le s?nateur Obama appara?t comme un homme moderne et rationnel face ? un ministre de la sant? obscurantiste qui pr?tend soigner le sida avec de la betterave, de l’ail et du citron. Les choses sont un peu plus compliqu?es. Madame Tshabalala-Msimang est elle-m?me m?decin, obst?tricienne et gyn?cologue. Elle n’a jamais pr?tendu que la m?decine traditionnelle pouvait gu?rir le sida, mais elle a expliqu? que les laboratoires occidentaux pratiquant des prix prohibitifs, les Sud-Africains devaient apprendre ? se soigner autrement qu’en attendant de co?teux anti-viraux. Apr?s avoir ?chou? ? l’Organisation mondiale du Commerce ? modifier les r?gles de la propri?t? intellectuelle sur les m?dicaments, l’Afrique du Sud a tent? de d?velopper la m?decine traditionnelle. Dans ce cadre, la ministre a propos? des traitements nutritionnels pour renforcer le syst?me immunitaire. C’est ?videmment moins efficace, mais c’est ? la port?e de tous. Elle s’appuie sur un groupe de conseillers scientifiques incluant le professeur Luc Montagnier, laur?at du Prix Nobel de M?decine pour ses travaux sur le sida.

Quoi qu’il en soit, le d?bat sud-africain portait sur l’acc?s des pays pauvres ? la pharmacie. Barack Obama n’y a pas r?pondu et l’a transform? en une lutte de la science contre la sorcellerie. Ce glissement n’am?liorera pas la sant? des Africains, mais celle des multinationales de la pharmacie.

Alors que la presse sud-africaine commente avec col?re ces d?clarations, le s?nateur Obama rencontre les ?tats-uniens expatri?s lors d’un cocktail ? l’ambassade US. Puis, il apaise la tension en visitant de mus?e de Soweto et en embrassant le prix Nobel de la paix Desmond Tutu.

La r?volution color?e au Kenya

Les avions sp?ciaux conduisent le s?nateur et ses accompagnateurs au Kenya, pays d’origine des Obama. Le pays est gouvern? depuis 2003 par le pr?sident Mwai Kibaki. L’homme est brillant, un tantinet dilettante, souvent autocrate. Il est issu de la minorit? Kikuyu, le plus important groupe ethnique du pays (22 % de la population). Il a ?t? ?lu pour lutter contre la corruption, mais n’a pas entrepris grand chose dans ce domaine. Il a par contre obtenu des r?sultats ?conomiques remarquables?: la croissance annuelle est pass?e de 3,9 % ? 7,1 % du PIB. La pauvret? a recul? de 56 ? 46 %. C’est que Kibaki a trouv? un nouveau partenaire pour le d?veloppement?: la Chine. Il a effectu?, en 2005, une visite d’?tat ? P?kin et Shanghai et a re?u, en avril 2006, le pr?sident Hu Jintao ? Nairobi. Le Kenya ach?te des biens de consommations (notamment de l’?lectrom?nager) et des ?quipements publics (principalement des routes) en ?change de mati?res premi?res (au premier rang desquelles des m?taux r?cup?r?s).

Londres et Washington, qui ne supportent pas cette intrusion chinoise en zone d’influence anglo-saxonne, se sont d?couvert une affection grandissante pour l’opposition kenyane.

Celle-ci est conduite par Raila Odinga. Cet opportuniste a chang? plusieurs fois de parti au gr? de ses int?r?ts personnels. Il dispose d’un atout important?: il est le fils de Jaramogi Oginga Odinga, le leader historique de la gauche (dont Barack Obama P?re ?tait conseiller), et en l’absence de successeur au leader pro-US Tom Mboya, il est le chef naturel des Luos (13 % de la population, mais formant une ?lite). Lors de la campagne pr?sidentielle de 2002, il a soutenu Mwai Kibaki et l’a m?me remplac? dans des meetings lorsque celui-ci, accident?, fut hospitalis? ? Londres. Mais il est pass? dans l’opposition lorsque Kibaki ?lu a refus? de le nommer Premier ministre. Avec le soutien financier de la?National Endowment for Democracy?(NED), il a form? une nouvelle coalition, le ??Mouvement orange??. Excusez la d?nomination qui marque un manque bureaucratique d’imagination.

Lorsque Barack Obama Fils arrive ? Nairobi, la campagne ?lectorale pour les ?lections l?gislatives et pr?sidentielle de d?cembre a commenc?. Contrairement ? tous les usages diplomatiques, le s?nateur ne se contente pas d’apporter par sa pr?sence son soutien au candidat Odinga, il l’accompagne dans sa tourn?e ?lectorale et prononce des discours ? ses c?t?s. Le pays assure-t-il a besoin d’une r?volution d?mocratique. La presse nationale assure, sans en apporter la preuve, que le g?n?ral Gration qui l’accompagne a remis au passage une mallette contenant 1 million de dollars ? Raila Odinga.

Si les Kenyans voient l’ing?rence politique, la presse ?tats-unienne ne retient que les ??grands moments d’?motion?? du voyage. Le s?nateur Obama est accueilli triomphalement dans le village de sa famille. Il embrasse sa grand-m?re (la vieille dame qui r?v?lera sans penser ? mal qu’Obama est n? au Kenya et non ? Hawa?). Le s?nateur et Madame se rendent dans un centre de pr?vention du sida pour subir un test de d?pistage afin de montrer qu’il n’est pas stigmatisant.

Le s?nateur ne manque jamais un prix Nobel. Au Kenya, il y a l’environnementaliste Wangari Maathai. Le s?nateur ?vite de lui parler de ses th?ses ??conspirationnistes?? sur le sida (elle aussi, comme la plupart des leaders africains?!) et lui propose de planter un arbre ? Uhuru Park en m?moire des victimes de l’attentat de 1998. ? cette occasion, il prononce un beau discours sur la libert? de la presse qui doit ?tre entretenue tous les jours comme on cultive un jardin.

L’attentat du 7 ao?t 1998 a ?t? perp?tr? en m?me temps qu’un autre ? Dar es Salaam, Tanzanie. Dans les deux cas, une voiture pi?g?e avait ?t? lanc?e contre l’ambassade des ?tats-Unis. Ces op?rations avaient ?t? revendiqu?es par une myst?rieuse Arm?e islamique de lib?ration des lieux saints, qui semblait ignorer o? se trouvent La Mecque et J?rusalem, et ne savait pas viser. L’attentat de Nairobi co?ta la vie ? 12 ?tats-uniens. Par erreur, il tua aussi 201 Kenyans et en blessa plus de 5 000. Il fut attribu? par les autorit?s US ? un de leurs agents qui se serait retourn? contre eux, Oussama Ben Laden. Pour venger ses morts, le pr?sident Bill Clinton lan?a l’op?ration ??Port?e infinie?? (Infinite Reach). Sur les conseils de son expert anti-terroriste Richard Clarke (celui du 11-Septembre), il fit tirer 75 missiles de croisi?re sur le territoire afghan, d?truisant un camp d’entrainement des ind?pendantistes kashmiris et tuant leurs instructeurs pakistanais. Il fit ?galement bombarder une usine ? Al-Shifa (Soudan) en d?clarant qu’elle servait au terroriste islamiste Ben Laden ? fabriquer du gaz inervant pour le compte du dictateur la?que Saddam Hussein. L’usine appartenait au financier Salah Idriss, lequel n’est pas sp?cialement un terroriste?: ses soci?t?s de vid?o-surveillance assurent la s?curit? de nombreux b?timents officiels britanniques, y compris le Parlement. Pour son malheur, Oussama Ben Laden venait d’acheter quelques actions dans son laboratoire. Une enqu?te ult?rieure des Nations Unies montra qu’il s’agissait en fait d’une usine fabriquant de l’aspirine et des m?dicaments g?n?riques contre la malaria. Elle produisait aussi des anti-r?troviraux pour lutter contre le sida, sans payer de royalties au laboratoireGilead Science?dirig? par l’ancien (et futur) secr?taire ? la D?fense Donald Rumsfeld.

Durant cette ?tape, le s?nateur Obama multiplie les d?clarations pour appeler les Africains ? prendre leur destin en main. La pauvret?, leur a t-il dit, n’est pas une fatalit? et les ?tats-Unis seront ? vos c?t?s pour accompagner vos efforts.

La lutte contre le ??g?nocide?? au Soudan

Sur ce, le convoi a?rien du s?nateur Obama le conduisit vers des camps de r?fugi?s du Darfour. Le but de la visite n’?tait pas de se rendre au Soudan et d’y rencontrer les protagonistes du conflit, mais de mesurer la d?tresse des r?fugi?s dans les pays riverains, au Tchad et en ?thiopie.

Depuis 2003, un conflit d?chire le Darfour. Selon Washington, il s’agirait d’une guerre d’extermination entreprise par le gouvernement arabe musulman de Khartoum contre les populations noires animistes du Darfour. Elle aurait d?j? fait plus de 300?000 morts. En r?alit?, la plupart des Soudanais sont ? la fois noirs (de peau) et arabes (de langue), le gouvernement de Khartoum est pluri-confessionnel et soutenu par l’?glise catholique. Le conflit prolonge une guerre civile de 20 ans. Il n’oppose pas deux populations, mais porte sur l’exploitation du p?trole et son transit. Il a co?t? la vie ? 10?000 ? 30?000 personnes et provoqu? le d?placement de 250?000 autres. Loin de favoriser une solution pacifique, la multinationale Chevron-Texaco et le gouvernement US font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire tomber le gouvernement de Khartoum et expulser la compagnie chinoise CNPC. Celle-ci a expatri? 20?000 Chinois (souvent des prisonniers de droit commun exempt?s de peine) pour exploiter le p?trole au moyen de techniques rudimentaires et avec l’aide de la compagnie indienne ONGC Videsh. Alors que la communaut? internationale feint d’ignorer toute ing?rence ?trang?re et accuse le gouvernement d’Omar el-B?chir des pires exactions, l’arm?e ?tats-unienne priv?e Dyncorp se vante aupr?s de ses actionnaires d’avoir r?alis? de juteux contrats dans cette r?gion en se d?guisant en miliciens Jinjawid.

Prolongeant l’action du secr?taire d’?tat afro-am?ricain Colin Powell, le s?nateur d’origine kenyanne Obama s’est ?panch? devant les cam?ras de t?l?vision sur le ??g?nocide?? des populations noires et la n?cessit? d’intervenir pour les prot?ger afin que ne se reproduise la m?me trag?die qu’au Rwanda. Il avait ?t? un fervent partisan du?Darfur Accountability Actet du?Darfur Genocide Accountability Act. Ces textes donnent carte blanche au pr?sident des ?tats-Unis pour financer une force de maintien de la paix sous l’?gide de l’Union africaine et pour traduire en justice les responsables du ??g?nocide??.

Le Obama Tour ainsi achev?, le s?nateur et ses accompagnateurs firent un crochet ? Camp Lemonier, la base ?tats-unienne (et isra?lienne) de Djibouti, avant de rejoindre la m?ga-base militaire de Stuttgart (Allemagne) pour un d?briefing avec le g?n?ral James L. Jones (patron de l’European Command et commandeur de l’OTAN) et les officiers responsables de la cr?ation de l’Africa Command.

Service apr?s-vente

Le s?nateur Obama ne saurait ?tre rendu responsable des ?v?nements qui ont surgi dans le sillage de sa caravane. Ceux-ci n’en sont pas moins le fruit issu de la semence qu’il a plant?.

Trois mois plus tard, en novembre 2006, l’ancienne secr?taire d’?tat Madeleine Albright se rend au Kenya en qualit? de pr?sidente du?National Democratic Institute?(le pseudopode de la?National Endowment for Democracy?charg? de la corruption des partis de gauche). Elle vient apporter une aide technique au parti fr?re, le Mouvement orange de Raila Odinga. Au passage, le chef de l’opposition donne un entretien ? la BBC o? il r?v?le qu’il est cousin du s?nateur Obama, un secret bien cach? jusque-l?, ou plut?t une invention bien r?cente.

Juste avant le vote du 27 d?cembre, un sondage aimablement financ? par l’USAID donne Odinga vainqueur contre Kubaki. Un ami personnel du s?nateur Obama, le s?nateur John McCain, se rend ? son tour ? Nairobi, en qualit? de pr?sident de l’International Republican Institute?(le pseudopode de la?National Endowment for Democracy?charg? de la corruption des partis de droite). Il constate sans difficult? de nombreuses irr?gularit?s ?lectorales. Alors que d’autres observateurs estiment difficile d’en mesurer l’impact car elles ont ?t? commises selon les r?gions par des partis diff?rents, McCain d?clare que les partisans du pr?sident Kibaki ont fauss? les r?sultats pour le maintenir au pouvoir, mais que les ?lecteurs ont choisi Odinga.

Le 1er janvier, les Kenyans re?oivent anonymement des SMS sur leurs t?l?phones portables. Dans les districts o? habitent des Luos, les messages indiquent ??Chers Kenyans, les Kikuyus ont vol? l’avenir de nos enfants… Nous devons les traiter de la seule mani?re qu’ils comprennent… la violence??. Dans les districts ? majorit? Kikuyu, les messages indiquent ??Le sang d’aucun Kikuyu innocent ne sera vers?. Nous les massacrerons jusqu’au c?ur de la capitale. Pour la Justice, ?tablissez une liste de Luos que vous connaissez. Nous vous enverrons les num?ros de t?l?phone o? transmettre ces informations??.

? ce jour, on ignore qui a envoy? ces SMS, bien que peu d’op?rateurs aient les moyens d’une telle campagne.

Le r?sultat ne se fait pas attendre. De vieux conflits ressurgissent. Le Kenya qui ?tait cit? comme exemple de stabilit? en Afrique sombre soudainement dans la violence. En un mois, les ?meutes inter-ethniques font plus de 1 000 morts et 300?000 d?plac?s. 500?000 emplois sont d?truits.

Madame Albright est de retour. Elle propose une m?diation par un organisme ind?pendant, l’Oslo Center for Peace and Human Rights. Celui-ci d?l?gue deux de ses administrateurs?: l’ancien Premier ministre norv?gien Kjell Magne Bondevik et l’ancien secr?taire g?n?ral de l’ONU Kofi Annan (le Ghan?en est tr?s pr?sent dans les ?tats scandinaves depuis qu’il a ?pous? la petite ni?ce de Raoul Wallenberg). En fait l’Oslo Center est une organisation jumelle du Carter Center et les frais des m?diateurs sont tous pris en charge par l’Institut de Madeleine Albright.

Pris en tenaille, le pr?sident Kibaki accepte de cr?er un poste de Premier ministre et de le confier ? son rival Raila Odinga. Oduru Odinga, fr?re du pr?c?dent, est nomm? ministre des Finances du gouvernement de coalition.

?pilogue

Le s?nateur Obama a ?t? ?lu pr?sident des ?tats-Unis. Pour f?ter sa victoire, son ??cousin??, le Premier ministre Odinga a proclam? trois jours de f?te nationale au Kenya. En juillet 2009, le pr?sident Obama a tendu la main aux Africains ? l’occasion d’un discours solennel prononc? devant le Parlement du Ghana. Il a d?velopp? le discours qu’il avait test? au Kenya?: les Africains doivent cesser de se lamenter sur les malheurs du pass??; ils doivent se prendre en charge eux-m?mes et Washington les y aidera. Quelques esprits chagrins lui ont r?pondu que s’ils devaient tourner la page de l’esclavage et de la d?colonisation, il appartenait aux Occidentaux de tourner celle de la dette qui est une cons?quence des crimes pass?s. Mais le pr?sident ne les a pas entendu, son avion s’?tait d?j? envol?.

Robert Gibbs a suivi Barack Obama ? la Maison-Blanche o? il continue ? ?tre son attach? de presse.

Apr?s avoir si?g? au conseil d’administration de Chevron, le g?n?ral James L. Jones est devenu conseiller de s?curit? nationale.

Le conseiller strat?gique Mark Lippert a d’abord rejoint les Navy Seals en Irak comme officier de renseignement. Il est aujourd’hui chef de cabinet du g?n?ral James L. Jones, et suit particuli?rement les dossiers afghan et irakien.

Le g?n?ral Scott Gration n’est plus ? la retraite. Il a ?t? nomm? adjoint du g?n?ral James L. Jones et envoy? sp?cial pour le Darfour. Il pr?conise de cesser de d?stabiliser le Soudan pour obtenir la confiance des Africains et d?ployer l’Africa Command?sur le continent. En distribuant des mallettes de dollars, il n?gocie l’unification des mouvements rebelles du Soudan, d’?thiopie et d’?rythr?e, de mani?re ? les contr?ler.

Thierry Meyssan

voltairenet.org

A propos de

avatar

Check Also

Coke en stock (CCCLV) : au Belize la résolution d’une intrigante énigme

Avant de revenir à la Turquie, objet de cette série dans la série, nous allons ...