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Les singes : un miroir? (3)


Ce texte se nourrit de divers articles sur le sujet, principalement du livre du primatologue Frans de Waal intitul? ?Le singe en nous?.

?Nous savons que les grands singes sont nos cousins puisque nous avons en commun le m?me anc?tre, Pan.

Nous avons vu la semaine derni?re que les tactiques politiques ch?res ? l?humanit? se retrouvent aussi chez les chimpanz?s. Alliances deux contre un, coalitions, acrobaties oblig?es pour se maintenir au pouvoir. Domination, pouvoir, violence et conqu?te de territoire.

Les hommes et les grands singes n?h?sitent pas ? tuer leurs semblables. Les chimpanz?s se montrent plus violents que les bonobos et n?h?sitent pas ? tuer les nouveaux-n?s, m?mes de leur propre esp?ce pour conserver leur pouvoir. ? c?t? de ces derniers, les bonobos font preuve de plus d?empathie.

Les bonobos r?glent les questions de pouvoir par le sexe. Ils se montrent aussi plus empathiques que les chimpanz?s.

Les mani?res des singes en soci?t??: notre miroir

Pourquoi rions-nous ou sommes-nous mal ? l?aise devant les primates au zoo? N?est-ce pas un miroir de nous-m?mes qui nous d?range? Sinon, pourquoi des animaux aussi bizarres que les girafes, les ours polaires ou les kangourous ne d?clenchent-ils pas la m?me g?ne ou hilarit?? Hum?. Sans doute parce que les primates ?veillent en nous une certaine nervosit?? parce qu?il nous renvoient une image cruelle et sans fard de nous-m?mes.

En soci?t?, l??tre humain a son code de bonnes mani?res. Se saluer, ?changer une poign?e de main, s?embrasser, se sourire, se taper sur l??paule, prendre cong? de nos h?tes, se dire au revoir, etc. Notons que pour saluer quelqu?un, il suffit de manifester du plaisir ? la vue d?un visage connu.

Voyons maintenant chez les singes. Beaucoup d?animaux sociaux r?agissent ainsi, en manifestant du plaisir ? la vue d?une face connue. Les singes, agissent aussi ainsi, en plus de se donner forcer baisers et accolades, et m?me dire au revoir, non verbalement, mais en saluant le m?le ou la femelle la plus respect?e d?un groupe avant de s??loigner.

Les expressions de notre visage sont typiquement celles des primates?: par exemple nous r?tractons nos l?vres pour d?couvrir nos dents et nos gencives lorsque nous avons besoin clarifier notre position sociale. Le sourire humain d?coule d?un signal d?apaisement, ce qui explique que les femmes sourient en g?n?ral davantage que les hommes. Notre comportement, m?me le plus amical, laisse entendre par une infinit? de d?tails que l?agressivit? reste toujours possible. Nous apportons des fleurs ou une bouteille de vin? quand nous envahissons le territoire d?autres personnes et nous nous saluons en agitant une main ouverte, geste qui aurait eu pour fonction, ? l?origine, de montrer l?absence d?armes. Nous formalisons tant notre organisation hi?rarchique? ? par la posture du corps et le ton de la voix ? qu?il suffit de quelques minutes ? un observateur confirm? pour dire qui est en haut de la hi?rarchie et qui est en bas. Nous parlons de ?l?che-cul?; de ?ramper? devant quelqu?un, de se ?frapper la poitrine?, autant de fa?ons de faire humaines que nous connaissons instinctivement.

Les humains sont aussi fort irr?v?rencieux. Saint Bonaventure disait?: ?Plus un singe monte haut, plus on voit son derri?re.?

Le pouvoir et le sexe chez le chimpanz?

LE POUVOIR

Chez les chimpanz?s, le pouvoir est entre les mains du m?le alpha.

Le chimpanz? qui d?sire r?gner en ma?tre devra se battre solidement. Donner des coups bas. Intriguer sournoisement pour augmenter son influence, exploiter les rivalit?s. Les tensions quotidiennes dans la colonie sont fr?quentes. Apr?s une lutte f?roce, le nouveau m?le alpha se prendra parfois un bras droit jusqu?? pouvoir dominer seul. Le m?le alpha parvenu ? ce terme s?abroge de grands privil?ges?: domination sur les autres m?les, possession des femelles les plus s?duisantes, droit de regard sur la nourriture, autorit? absolue sur tout. La hi?rarchie est tr?s forte chez les chimpanz?s.

Le chimpanz? alpha qui parvient habilement ? maintenir son pouvoir est celui qui est appr?ci? des femelles, celui qui accorde une certaine protection aux faibles (tout en les maintenant hi?rarchiquement dans leur faiblesse), celui qui brise avec efficacit? les alliances entre rivaux en divisant pour mieux r?gner, et ce, en vertu d?une tactique commune aux chimpanz?s et aux hommes. En apercevant d?autres m?les ensemble, l?alpha a deux choix?: se joindre ? eux ou charger ostensiblement pour les disperser.

Parfois, un chef est mis en charpie par des rivaux qui s?allient pour l??liminer. Frans de Waal raconte un incident qui se produisit au zoo d?Arnhem o? son chimpanz? pr?f?r? ? alors m?le alpha ? avait ?t? massacr? par deux cong?n?res, d?anciens rivaux. Quand Frans de Waal fut appel? d?urgence au zoo, il trouva le chimpanz? alpha assis dans une mare de sang, portant sur tout son corps des traces de morsures ac?r?es (les singes poss?dent de puissantes canines), et il lui manquait des doigts et des orteils. Le v?t?rinaire du zoo vint l?anesth?sier sur place et l?animal fut transport? en salle d?op?ration o? il fallut des centaines de points de suture pour le recoudre. Durant l?intervention, ils s?aper?urent que le primate n?avait plus de testicules. Le primate mourut. Malheureusement pour lui, aucune femelle ne s??tait trouv?e dans la cage cette nuit l? pour faire cesser le combat ? car il n?est pas rare que les femelles interrompent collectivement les altercations qui d?g?n?rent entre m?les.

Chez le chimpanz? m?le, le pouvoir est le moteur par excellence?: une obsession constante, source d?immenses avantages pour qui l?acquiert, et d?intense amertume pour qui le perd.

Le sort r?serv? parfois aux singes occupant le sommet de la hi?rarchie est une dimension simplement in?vitable de la qu?te de pouvoir. Outre le risque d??tre bless? ou tu?, jouir d?une position de pouvoir s?av?re stressant. On peut le d?montrer en mesurant le cortisol, une hormone du stress pr?sente dans le sang.

Comme le stress compromet le syst?me immunitaire, il n?est pas rare d?observer chez ces primates? des ulc?res et des crises cardiaques, ?galement courants chez les P-DG de soci?t?s.

Mais, le rang doit n?cessairement offrir d??normes avantages ? autant chez les chimpanz?s que chez les ?tres humains ? sinon l??volution n?aurait jamais mis en place des ambitions si aventureuses.

Un statut ?lev? se traduit en g?n?ral par de la nourriture pour les femelles et, par des compagnes sexuelles pour les m?les.

Mais, il arrive aussi que les m?les rivalisent pour la nourriture et les femelles pour des partenaires sexuels, encore que cette seconde possibilit? concerne essentiellement une esp?ce, COMME LA N?TRE, o? les m?les aident ? ?lever les petits.

Tout dans l??volution se ram?ne au bout du compte au succ?s reproducteur?: les orientations diff?rentes des m?les et des femelles s?inscrivent dans une logique parfaite.

Un m?le augmentera sa prog?niture en s?accouplant avec de nombreuses femelles tout en tenant les concurrents ? distance. Pour la femelle, une telle strat?gie est absurde?: s?apparier avec des m?les multiples ne lui apporte en g?n?ral aucun b?n?fice.

La femme recherche non pas la QUANTIT? mais la QUALIT?.

Chez les animaux, la plupart des femelles ne vivent pas avec leur compagnon, et n?ont donc besoin que de choisir le partenaire sexuel le plus sain et le plus vigoureux. Ainsi, elles assurent de bons g?nes ? leurs rejetons. Mais les femelles d?une esp?ce o? les partenaires sexuels restent ? proximit? se trouvent dans une situation diff?rente, qui vont alors pr?f?rer des m?les protecteurs, et plus doux.

Les femelles dominantes ont droit ? la meilleure nourriture. Elles ?l?vent donc les petits les plus robustes.

Un apart? au sujet des singes macaques rh?sus, o? la hi?rarchie est si stricte, qu?une femelle dominante n?h?sitera pas ? attaquer une femelle subordonn?e si celle-ci a les bajoues gonfl?es ? ces bajoues gonfl?es servant ? transporter la nourriture en lieu s?r. Le singe dominant maintiendra la t?te du singe de rang inf?rieur et lui ouvrira la bouche, lui faisant les poches en quelque sorte.

Les animaux ne pensent pas en termes de procr?ation, mais appliquent des strat?gies qui contribueront ? la? diss?mination de leurs g?nes.

Le chimpanz? adore exhiber ses parties g?nitales. Ses testicules affichent une taille impressionnante. Les femelles sont dot?es de tumescences spectaculaires quelles exposent ais?ment aux singes m?les et femelles, et aux gardiens de zoo. Les grands singes ont des p?nis d?une longueur et d?une largeur qui doivent sans doute habiter l?inconscient de l?homme.

Le pouvoir et le sexe chez l?homme

Le texte sur le pouvoir chez l?homme sera assez court, finalement.

Car il ressemble assez ? celui du chimpanz?.

Toutefois, une question s?impose?: sommes-nous pr?ts pour un monde gouvern? par des valeurs diff?rentes, orient?es vers le bien du tout?

?a vous rappelle quelque chose lorsque Madame Thatcher ? la dame de fer anglaise ? proclamait hautement l?individualisme. ?Il n?y a pas de soci?t?, affirmait-elle, il y a des individus, des hommes et des femmes, et il y a des familles.?

Qu?arriva-t-il vingt ans plus tard? Quand les scandales financiers monstres ont crev? la bulle boursi?re, l?individualisme pour et dur a perdu de son attrait. Apr?s le scandale Enron, le public a commenc? ? prendre conscience que le capitalisme forcen? tirait rarement des gens ce qu?ils ont de meilleur. Le pr?sident de la R?serve F?d?rale, Alan Greenspan, proph?te du capitalisme, laissait entendre qu?il serait bon d?appuyer sur la p?dale de frein?: ?Ce n?est pas que les humains soient devenus plus rapaces que dans les g?n?rations pass?es, mais les routes par lesquelles s?exprime la rapacit? se sont immens?ment ?largies.?

Des biologistes de l??volution soulignent que l?heure est venue pour le monde des affaires d??tre gouvern? non seulement par des r?gles, mais par des valeurs. La poursuite rationnelle de l?int?r?t personnel constitue parfois une strat?gie inf?rieure. Sommes-nous pr?ts ? d?tourner notre regard du domaine industriel pour nous tourner vers le domaine social? Sommes-nous pr?ts ? nous soucier les uns des autres et ? en tirer notre raison d??tre?

LE SEXE

Pour le sexe humain, la sagesse populaire veut que les hommes aient appris d?s leur plus jeune ?ge ? cacher leur ?tat affectif, mais ces habitudes semblent d?couler davantage du fait d??tre frapp?s par d?autres ? la moindre occasion de faiblesse. Nos lointains anc?tres remarquaient s?rement le moindre rel?chement ou la moindre perte de tonus chez les autres. Un m?le de haut rang avait tout int?r?t ? camoufler ses insuffisances, une tendance qui sera devenue inn?e.

Le m?le humain a h?rit? de la m?me tendance que le singe, ? savoir, appliquer des strat?gies qui contribueront ? la diss?mination de leurs g?nes. Les rappels de ce lien entre le pouvoir et la sexualit? abondent. La plupart des gens consid?rent avec r?alisme le sex-appeal des dirigeants et ferment les yeux sur leurs liaisons ? toutefois, ce lien est port? quelquefois sur la place publique avec bruit et hypocrisie, tel le scandale Monica Lewinsky. Disons malheureusement que cette tol?rance ne s?applique qu?aux dirigeants de sexe masculin. En g?n?ral, les hommes n?appr?cient pas beaucoup les partenaires puissantes (plus puissantes qu?eux), ce qui fait dire ? Frans de Wall qu?une position ?lev?e ne profite pas aux femmes. D?ailleurs, une ?minente femme politique fran?aise lui aurait un jour confi? qu?elle comparait le pouvoir aux p?tisseries?: elle en raffolait mais elle savait que ce n??tait pas bon? pour elle.

Les hommes, tout comme les singes, accordent beaucoup d?importance ? leur sexe. Certains hommes sont mieux ?quip?s que d?autres, c?est certain. Les hommes donnent parfois l?impression de s?identifier ? leur p?nis. Ils font beaucoup de blagues sur sa grosseur et sa force. C?est pour rire, se d?fendent-ils. C?est aussi pour rire qu?ils disent parfois qu?ils ont deux cerveaux, le petit et le grand. Le petit en indiquant la t?te du menton, et le grand, en pointant vers leur p?nis. Ils r?p?tent que c?est une blague. Ce qui ne les emp?che pas de se tortiller sur leur chaise. L?-dessus, ils restent d??ternels adolescents.

Personnellement, je suis agac?e par la fa?on dont des jeunes et moins jeunes s?assoient. Dans le m?tro ou dans un salon, ou dans une salle de conf?rence, ou m?me en entrevue ? la t?l?vision. Les cuisses largement ?cart?es, ils occupent le plus d?espace possible sur leur si?ge, histoire de prot?ger leur p?nis, sans doute. J?ai remarqu? que les personnes plus raffin?es, ou plus intellectuelles ou occupant de hautes fonctions ne s?assoient pas de cette fa?on, ils vont plut?t croiser les jambes. Cette position renvoie d?eux une meilleure image.

Les femmes sont souvent en mode de plaire au m?le. C?est instinctif. Je me souviens d?une journ?e pass?e au parc avec ma petite-fille qui venait d?avoir six ans. Elle jouait dans le carr? de sable avec un gar?on plus jeune d?environ quatre ans. Elle ?tait gentille avec lui, mais en bonne camarade. Arriva alors un gar?on d?environ huit ou neuf ans, assez b?ti, et je ne cesserai de m??tonner de ce que je vis alors, ma petite-fille a rougi en voyant ce gar?on plus vieux qui venait se joindre au jeu (le grand fr?re du petit gar?on sans doute). Sa voix prit une intonation diff?rente. Elle ?tait subjugu?e! Cette sc?ne m?a beaucoup attendrie. Chez les enfants, il y a des jeux de r?les qui se font et qui seront reproduits plus tard. Tout se passe comme s?ils connaissaient d?j? la dimension sensuelle.

Notre soci?t? parle beaucoup d?amour et de d?sir. On confond souvent l?amour avec le d?sir. Le d?sir cr?e souvent l?illusion de l?amour. Ce qui n?a rien ? voir. Nous le savons tous.

En comparaison avec les grands singes, la fr?quence des rapports sexuels chez les ?tres humains est plut?t faible. Nous divergeons des grands singes par une autre caract?ristique?: notre sexualit? est beaucoup plus restreinte.

Les grands singes ont des pratiques sexuelles vari?es, tel que mentionn? dans l?article pr?c?dent. Sexualit? orale, baiser avec la langue, frictions g?nito-g?nitales, la position du missionnaire, et toutes sortes de postures. Enfin, ? peu pr?s ce que nous, les humains, pratiquons aussi.

Dans les prochaines semaines, des th?mes tels

  • l?empathie, la sympathie, la cruaut?, la gratitude
  • la s?lection naturelle, l?hypoth?se ?l?erreur de Beethoven? (processus et produit)
  • moralit? ou centres ?motionnels profond?ment enfouis dans le cerveau?
  • l?int?r?t d??tudier les singes et les m?thodes utilis?es
  • la vie de clan et l?habitat
  • les proph?tes, les visionnaires, les saints et les po?tes
  • le cerveau et l?intelligence du c?ur
  • la conscience et l??volution
  • le g?nie humain, quel est-il?
  • Et d?autres

Carolle Anne Dessureault

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One comment

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    (F) (F) (F)

    À la question posée dans le titre, je réponds par oui et non (H)

    Quelle est la différence fondamentale entre tous les animaux et un humanoïde ? aucune

    Quelle est la différence fondamentale entre les humanoïdes et un être humain ?

    L’être humain a reçu dans ses gamètes l’engramme d’être désiré pour lui-même et son cerveau fonctionne harmonieusement entre ses 15 égos.

    Quand aux humanoïdes, ils fonctionnent en mode de non reproduction, mais se reproduisent 😉

    Bonne fête des mères (H)