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Les profiteurs de guerre oubliés (10) : retour sur la Colombie, période Betancourt

Les interactions complètes entre sociétés de mercenaires privées et armée américaine, on en avait déjà eu un petit aperçu, rappelez-vous, voilà quelques années. Le jour où un avion au look extérieur d’avion civil (des avions faisant des voyages touristiques ont la même allure) s’est écrasé en Colombie, ses occupants ayant été faits prisonniers par les FARCS.  C’était tous des mercenaires, qui travaillaient tous pour la CIA, à bord de ce qui était bien un avion espion.  Retour sur ce crash lui aussi révélateur de certaines méthodes…

crash-16-1d13eLes trois américains faits prisonniers en Colombie après la chute de leur Cessna bourré d’électronique (signée L-3) travaillaient pour Dyncorp.  Selon CorpWatch, « le voile du du secret a qui entoure DynCorp a le potentiel pour donner couverture à un large éventail d’activités en dehors des objectifs de la politique des États-Unis. DynCorp est contractée pour aider à éliminer la production de drogue en Colombie. Mais un document DEA (voir image), récemment obtenu en vertu du Freedom of Information Act, a déclaré que le 12 mai 2000, la police nationale colombienne a intercepté un colis FedEx à l’aéroport. Il a été envoyé à partir du site de DynCorp à Bogota et était destiné au bureau de DynCorp sur la base de Patrick en Floride. Le nom de l’expéditeur a été noirci. Les 250 grammes de liquide « ont été testés positifs pour l’héroïne », selon la DEA. « Ma compréhension est que c’était un résultat de test défectueux », avait déclaré Wineriter le porte-parole de DynCorp à CorpWatch. » Le trafic, toujours le même trafic, digne du film Air America. Un trafic laissant entrevoir des actions politiques, déguisées sous forme de lutte contre la propagation de la coca : « les opérations quotidiennes de DynCorp sont supervisées par une clique secrète de fonctionnaires à la section du Département d’Etat des Affaires de stupéfiants (NAS) et l’Air Wing du Département d’Etat, un groupe qui comprend des militaires à la retraite et des anciens des guerres d’Amérique centrale des années 1980. Ils travaillent la main dans la main avec les responsables militaires américains ».

Toujours selon  CorpWatch, « les responsables de la DEA sont censées faire partie de la guerre de la drogue et diriger les opérations de fumigation contre les cultures de drogues. Mais il y a des indications comme quoi sont également impliqués dans la contre-insurrection. Dans les zones qui sont ciblés pour la fumigation par la DEA, les paramilitaires de droite colombiens arrivent, parfois par hélicoptère militaire, selon un travailleur des droits de l’homme vivant dans le Putumayo, qui a demandé l’anonymat. Les membres de ces groupes paramilitaires « déblayent le terrain » de sorte que les avions de pulvérisation d’herbicides, souvent pilotés par des Américains, ne sont pas pris pour cible par les agriculteurs en colère ou des insurgés ». « Si nous ne prenons pas le contrôle de zones avant de l’armée, la guérilla pourrait abattre leurs avions », a déclaré le chef paramilitaire colombien du sud, « le Commandant Wilson » en avril dernier. Beaucoup de ces forces paramilitaires ont bénéficié d’une formation militaire américano-financée dans l’armée colombienne. Leur coordination apparente et fréquente avec la Section des affaires de stupéfiants et ses employés de DynCorp, ainsi que les forces armées colombiennes, soulève la question de la collaboration avec les Etats-Unis des « Outsourced » avec les escadrons de la mort, des faits niés avec véhémence par les autorités américaines. »

bombing-2-9bfd5En cherchant un peu, on s’aperçoit que le test du Super Tucano au sein de la Navy n’est en fait qu’une redite d’une action secrète menée en Colombie.  Celle du bombardement du camp des Farcs de Paul Reyes par un avion de ce type (du moins c’est ce qui avait été prévu au départ), en mars 2008, à l’aide de bombes guidées américaines Enhanced Paveway II. Selon la presse, c’est un général américain (certainement McCrystal, à la tête de ses tueurs du JSOC Task Force 145) qui l’avait suggéré, et qui était prêt à en parler au ministre de la défense colombien Manuel Santos, pour qui il avait écrit un descriptif d’une page à destination également du président Uribe.

Mais selon d’autres, Santos avait appris l’idée directement du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld.  Les 13 et 14 juin 2006, en tout cas, Uribe avait visité Bush à la Maison Blanche.  Lors de l’entretien, il avait mentionné paraît-il le récent assassinat du chef d’al-Qaïda en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui, survenu le 7 juin précédent.  Sur place, dans la palmeraie de Babouka, quand les journalistes demanderont des précisions, les militaires leur diront que « la boîte est fermée », c’est à dire qu’ils ne sauraient rien, c’était un bombardement en opération secrète.

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Un F-16 avait envoyé deux bombes « intelligentes » (guidées) de 500 livres dans son repaire et l’avait tué. On avait pu voir après la vidéo, qui n’avait laissé aucune chance en effet au terroriste.  Deux bombes GBU-12, guidées par un désignateur (Litening pod) emporté par un F-16 avec un “circular error probable” de 8 mètres seulement.  Sa villa, complètement oblitérée n’était qu’à 30 miles au nord de Bagdad dans la province de Diyala : moins de 50 km !!! Les pilotes qui avaient atteint leur cible avaient été entraînés sur la base de Luke, dans l’Arizona, sous les ordres du Lt. Col. Kenneth Lacy, du 308th Fighter Squadron.  A côté de la villa, une camionnette sera retrouvée contenant l’équivalent 104 000 dollars (en euros !!) et un ordinateur.  Uribe avait alors aussitôt insisté pour faire de même avec Luis Edgar Devia Silva, alias Paul Reyes, le leader des Farcs qui détenait des otages.  Reyes discutait alors la libération d’Ingrid Betancourt avec des émissaires français, et si le projet réussissait le public pencherait à nouveau pour les Farcs et non pour le pouvoir colombien.  Supprimer Reyes, c’était aussi en ce cas échouer de faire libérer Betancourt, mais pour tenter de le faire avec les trois otages américains… et ce, par des américains.  Le projet était donc double.

En février 2003, en effet, les Farcs avaient abattu un Cessna 208, un de ces avions espions pilotés par des mercenaires, crashé près de La Esperanza, faisant trois prisonniers américains travaillant pour DynCorp (un quatrième aurait été abattu sur place). Ils travaillaient pour California Microwave Systems (CMS) sous contrat du Pentagone (une division depuis 1999 de Northrop Grumman en fait). L’avion était le N1116G, de One Leasing LLC, une société écran de la CIA enregistrée dans le Delaware. Apparemment un avion civil, mais emportant sous le fuselage une grande soute à bagages dissimulant tout un dispositif radar et de saisie vidéo. En 2003, CMS (voir ici ses équipements) avait décroché la timbale avec un contrat de 7,4 millions de dollars avec le Pentagone pour « un systèmes de communication par satellite  » « des communications par satellite à base de borns fixes ainsi que pour un les systèmes de communication à bande multiple qui soit, mobile, et léger ». couvre-4-9779aDans « Corporate Soldiers and International Security : The Rise of Private Military », de Christopher Kinsey, voici ce qui en a été dit : dans le domaine technique, le Département d’Etat américain en Colombie a embauché des PMC, y compris DynCorp, California Microwave Systems, une unité du géant de la défense Northrop Grumman et Airscan, basée en Floride, pour former plus de 100 pilotes et mécaniciens dans le cadre d’un programme d’éradication de la coca colombienne et des champs de pavot à opium.  Les pilotes volent une gamme de différents avions, y compris les avions qui pulvérisent herbicides sur les cultures illicites, des hélicoptères de combat qui accompagnent la mission de pulvérisation, et des avions de transport utilisés dans les opérations (…) La lutte contre la coca étant aussi un prétexte pour scanner tout le pays, à l’aide d’avions radars et de caméras, des opérations menées aussi par des avions plus complexes comme le CrazyHawk. Utilisé un peu partout...

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« AirScan est une autre société américaine qui a des contrats avec le Département d’Etat, Département de l’Armée, de la Force aérienne des États-Unis, les gouvernements angolais et la Colombie, et de nombreux autres clients pour effectuer la surveillance aérienne et des missions de sécurité ainsi que des missions d’appui tactique de l’armée (ici à droite son oiseau rare ; le Cessna Crusader N303TF). La société a connu une augmentation marquée dans son cœur de métier depuis le 11 Septembre, avec la fourniture d’informations en temps réel à ses clients d’améliorer leur capacité opérationnelle à des prix abordables. Le siège de la société se trouve à Rockledge, en Floride ». Ils opèrent actuellement une flotte de Cessna C-37 Skymasters équipés des tous dernière systèmes électro-optiques et infrarouges. Air Scan… une entreprise devenue célèbre en 1998… pour un massacre oublié, hélas, survenu en 1998, fait à la bombe cluster.

AIRSCAN2-7e007Car AirScan, installé en Floride, ayant a sa tête Walter Holloway et John Mansur, a aussi été fondé par le brigadier général Joe Stringham, qui a beaucoup sévi en son temps au Salvador, au cours de leur sale guerre contre le FSLN, dans les années 80.  Il semble en avoir gardé quelques habitudes guerrières, celle de l’approximation.  En décembre 1998, AirScan avait en effet identifié le village de Santo Domingo comme un village de trafiquants, et l’armée avait alors bombardé le village, tuant dix-huit civils, dont neuf enfants. C’est le Skymasrer d’Air Scan qui avait transmis les données.  Lors du procès tenu en 2003, cinq ans plus tard, Arthur McClintock, Jose Orta, et Charlie Denny, les trois pilotes avaient disparu.  Orta était alors un employé des Gardes Côtes US à Miami.  Airscan a aussi été impliqué en en Ouganda, ainsi qu’au Soudan dans la lutte contre le régime de Khartoum, où il aurait fourni des armes aux rebelles.  En 1997, il avait obtenu un contrat de surveillance des installations pétrolières appartenant à Chevron dans la région de Cabinda, en Angola. « Au Congo-Brazzaville, l’ancien président Pascal Lissouba a été accusé d’embaucher des pilotes russes et croates. Le Président Denis Sassou-Nguesso s’est plaint que l’on essayait de l’attaquer des pays voisins. Alors que dans l’ancien territoire de Cabinda servaient des officiers de l’armée américaine ; des Marines américains ont été embauchés pour protéger les champs de pétrole appartenant à la Gulf Oil Company. Le champ pétrolifère rapportit 1,5 milliard de dollars de pétrole par an. Air Scan dirigé par le général e brigade (retraité) Joe Stringham, a formé des troupes pour garder les installations pétrolières à Cabinda. Le salaire le plus bas pour un mercenaire dans la côte de Cabinda était de 225 dollars par jour, mais le Front de libération du Cabinda (FLEC) continue d’y être une source de menace. «  (selon Indymedia en janvier 2002).

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Cessna 337On la retrouve aussi en ex-Yougolasvie et en Macédoine à Petrovec, avec un Cessna 337H Skymaster enregistré N729AS (numéro 33802938) « muni d’un équipement spécial comprenant une boule FLIR sous l’aile gauche et un radar météorologique sous l’aile droite« . Les images qu’il captait étaient transmises par le satellite civil Telstar 11 qui au départ était un satellite relais de de télévision ! Mais AirScan, sur ce coup-là avait été trop présomptueux : ses données images, non chiffrées avaient été interceptées par un citoyen anglais plus curieux que ses voisins, John Locker.

survey-b7439L’armée US tentait depuis lors de les récupérer d’un côté (ils étaient emprisonnés avec Ingrid Betancourt), ou de briser la direction des Farcs de l’autre pour que la libération ne soit pas celle seule de Betancourt, tentée avec insistance par un de Villepin présenté souvent en France comme épris de la dame. Une tentative grotesque avait vu 50 000 000 d’euros disparaître ainsi, ce qui avait provoqué la risée de Nicolas Sarkozy, son grand rival en politique.  Les émissaires français, qui discutaient avec les représentants de Reyes, s’étant fait subtiliser la valise contenant l »argent par des voleurs à la petite semaine qui s’étaient fait passer pour des soldats des Farcs.  Voici donc les américains en train de préparer leurs avions.  En Colombie, c’est le Super Tucano qui avait été choisi au départ pour larguer les bombes, l’armée colombienne ne disposant pas de F-16 mais possédant l’appareil : ici un des siens, photographié le 14 mars 2007 au bord de la jungle, muni de bombes conventionnelles de 750 livres. Pour amener les bombes au dessus du camp de Reyes, les colombiens n’ayant pas leurs Tucanos de prêts les largueront de leur vieux Cessna 37B modifiés pour l’occasion comme on le raconte ci-dessous :

Colombian-Super-T-bombed-up-e2267 « Tout d’abord, il y avait la question de la mise en place des bombes intelligentes sur un avion colombien. La Colombie n’a pas de F-16. Raytheon, le fabricant du kit, a envoyé des ingénieurs pour comprendre comment monter l’équipement sur un autre avion. D’abord, ils ont essayé de le monter sur un de fabrication brésilienne, un Embraer A-29 Super Tucano, un aéronef à turbopropulseur conçu pour des missions à basse altitude de contre-insurrection. Mais pour fixer le câble de l’ordinateur jusqu’au cerveau de la bombe à l’habitacle il aurait fallu percer de trop près les réservoirs. Au lieu de cela, ils se sont tournés vers t-37_columbia-c9821un ancien Cessna A-37 Dragonfly, un avion d’attaque d’abord développé par l’armée de l’air et les US Special Operations pour le Vietnam et, plus tard utilisé dans la guerre civile salvadorienne. Ensuite, les ingénieurs et les pilotes colombiens ont testés la première d’une des trois sorties prévues à partir d’un aérodrome isolé près de la frontière vénézuélienne. La cible était un 4×4 enterré.. L’avion a lancé la bombe de 20 000 pieds. « elle a atterri à environ un pied de celui-ci », a déclaré le colonel. Les résultats ont été si bons, que deux autres kits prêts n’ont même pas été testés. Les bombes intelligentes étaient prêtes à l’emploi. » 

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L’opération sera une réussite complète, dévastant le camp de Paul Reyes et lui arrachant le pied droit lors d’une des explosions.  Mais juste après, le gouvernement colombien se retrouvait embarrassé : comment expliquer aux médias qu’il avait pu faire avec ce qu’il n’avait pas ? L’armée colombienne ne disposait pas de bombes guidées par laser ou GPS Les 25 Super Tucanos dont elle disposait avaient été achetés le 7 décembre 2005, entre trois et cinq appareils devant être livrés avant la fin 2006, mais en réalité un seul était arrivé, l’avait été qu’avec retard, le 7 décembre de cette année-là.  L’armée colombienne seule ne possédait ni les moyens de détection ni les bombes nécessaires pour réaliser le raid, même munie de ses tous premiers Super-Tucanos.  Restait l’aide extérieure, celle de mercenaires coffés par la CIA, car les bombes devaient aussi être contrôlées pour ne pas ensuite servir aux colombiens seuls.

Pour ce qui est du déroulement exact des opérations, un texte (« Covert action in Colombia against FARC« ) nous le décrit dans le détail : « Tomas Medina Caracas, également connu sous de Negro Acacio, chef trafiquant et commandant de sa 16e avant la drogue des FARC, a été le premier homme de la Cellule de fusion du renseignement Ambassade américaine en file d’attente pour l’attaque à bombes guidées. A environ 04h30 du 1er septembre 2007, les pilotes portant lunettes de vision nocturne ont lancé plusieurs Enhanced Paveway II, des bombes intelligentes dans son camp en Colombie orientale. Les troupes ont récupéré seulement une jambe. Elle est apparue par son teint foncé d’appartenir à Acacio, l’un des rares dirigeants noirs des FARC. Les tests ADN ont confirmé sa mort. « Il y avait alors beaucoup d’enthousiasme », a rappelé William Scoggins, le gestionnaire de programme de lutte contre les stupéfiants du SouthCom de l’armée américaine. « Nous ne savions pas l’impact que cela aurait, mais nous pensions que cela pouvait changer la donne. » Six semaines plus tard, des bombes intelligentes ont tué Gustavo Rueda Diaz, alias Martin Caballero, chef du Front 37e, alors qu’il parlait sur son téléphone cellulaire. Les morts d’Acacio et de Caballero ont causé l’effondrement des 16e et 37e fronts. Ils ont également déclenché désertions en masse, selon un câble Département secret d’État en date du 6 mars 2008, et révélé par le groupe anti-secret WikiLeaks en 2010. Ce n’était que le début de la désintégration des FARC. Pour masquer l’utilisation des bombes guidées de la découverte du public, et d’assurer le maximum de dégâts dans le camp de dirigeants des FARC, l’armée de l’air et des conseillers américains ont développé de nouvelles tactiques d’attaque. Dans une mission typique, plusieurs A-37 Dragonflys volant à 20 000 pieds larguaient des bombes intelligentes. Dès que les avions s’approchaient à trois mile de la cible, le logiciel GPS de la bombe s’allumait automatiquement. Les Dragonflys étaient suivis par plusieurs A-29 de Super Tucanos, volant à une altitude beaucoup plus basse. Ils largaient une série de bombes classiques à proximité. Leur pression de souffle tuerait toute personne proche dans la jungle dense et aplatirait également l’utilisation des bombes intelligentes et la rendraient invisible. Puis, à basse altitude, comme à l’époque du Vietnam Ades hélicoptères de combat, un C-47 surnommé « Puff the Magic Dragon », venait mitrailler la zone avec des mitrailleuses montées, « tuant ceux qui essayaient d’aller se cacher » Selon un de plusieurs officiels militaires qui ont décrit la même scénario. Alors seulement les forces terrestres colombiens arrivaient pour faire des prisonniers, recueillir les morts, ainsi que les téléphones cellulaires, les ordinateurs et disques durs. La CIA a donné une formation de trois ans également aux équipes colombiennes de soutien de l’air sur l’utilisation de lasers pour guider les pilotes clandestinement et guider au laser les bombes intelligentes vers leurs cibles. » La plupart de chacune des opérations a été fortement appuyée oar la NSA pour intercepter les signux, qui a alimenté l’information aux troupes sur le sol ou les pilotes avant et pendant une opération. « es interceptions. . . ont changeur dle jeu « , a déclaré Scoggins, de l’US Southern Command. La nature du travail incessanr de la NSA a été capturée dans un câble secret du département d’Etat publié par WikiLeaks. Au printemps de 2009, l’objectif était le trafiquant de drogue Daniel Rendon Herrera, connu comme Don Mario, alors le plus recherché de l’homme en Colombie et le responsable de 3000 assassinats sur une période de 18 mois.

« Pendant sept jours, les hommes des écoutes » actifs à la NSA ont « travaillé jour et nuit » pour repositionner 250 commandos aéroportés US, formés et équipés à proximité du Herrera qui a enté de fuir, selon un câble Avril 2009 et un haut fonctionnaire du gouvernement qui confirmé le rôle de la NSA sur la mission. La CIA a formé aussi les nterrogateurs colombiens à la question pour les rendre plus efficaces sur des milliers de déserteurs des FARC, sans l’utilisation des « interrogatoire renforcées », les techniques approuvés pour une utilisation sur Al-Qaïda et plus tard répudiées par le Congrès abusive. L’Agence a également créé des bases de données pour suivre les débriefings pour pouvoiir recherher et aider à construire une image plus complète de l’organisation.


Le gouvernement colombien a payé des déserteurs et leur a permis de se réinsérer dans la société civile. Certains, à son tour, a offert de précieuses informations sur la chaîne des FARC de commandement, les itinéraires standards, les camps, les lignes d’alimentation, les médicaments et les sources d’argent. Ils ont aidé à donner un sens à des interceptions téléphoniques de la NSA, qui ne se servent que des mots de code utilisés. Des déserteurs ont également été parfois utilisés pour infiltrer les camps des FARC pour planter des dispositifs ou des balises écoute GPS émettant vers les bombes intelligentes. « Nous avons appris de la CIA, » la conclu le Colombien responsable de la sécurité nationale supérieure à propos du programme de débriefing. « Avant, nous ne faisions pas beaucoup attention aux détails. »super_tucano_colombien-9793c

Tout ceci devant restet secret, bien sûr : pour bien faire, il fallait aussi verrouiller les bombes de manière à ce que seule la CIA puisse les utiliser.  Le gouvernement américain a reconnu que la Colombie pourrait utiliser les « bombes intelligentes » contre des « ennemis politiques présumés. » De 2006 à 2010, la CIA a conservé le contrôle sur l’utilisation de « bombes intelligentes » en insérant une clé de chiffrement dans la bombe. Il serait impossible pour une bombe pour frapper sa cible sans la clé. Si l’abus s’était produit, « la CIA pouvait empêcher la réception GPS pour une utilisation future. » La National Security Agency a fourni des interceptions aux troupes sur le terrain ou les pilotes avant et pendant une opération, qui sont considérés comme un « changement de paradigme » L’utilisation de « bombes intelligentes » pour tuer des dirigeants rebelles en Colombie a commencé avant que les États-Unis ne commencent à augmenter « assassinat ciblé » dans des opérations au Pakistan, en Somalie et au Yémen.bombe_griffin-d662b

Par conséquent, la décision de cibler les chefs rebelles ne devrait pas être considérée comme directement influencée par ce que les États-Unis faisaient pour combattre membres connus ou présumés d’Al-Qaïda au Moyen-Orient. Ce est ce qui rend l’existence de ce programme si alarmante ».  Les colombiens montreront fièrement après l’opération Reyes leurs Super-Tucanos équipés de bombes lasers. A la grande surprise de plusieurs, on découvrira que les engins n’avaient rien d’américains.  C’étaient des bombes MK82 conventionnelles, mais équipées d’un kit laser. De la marque Griffin, qui est… israélienne !!! Des bombes déjà installées depuis 1993 sur leur Mirage V COD… (le deuxième homme à bord se chargeant de l’illuminateur : ici le modèle équipant un Cheetah d’Afrique du Sud).

images-1-36-231edjaqueVerrouiller les bombes, et s’occuper après des otages. Avec une opération de libération qui verra le sauvetage de Bettencourt par la même occasion, mais qui sera entièrement faite par la CIA, à partir d’une défection d’un membre des farcs, piégé par une amie à Miami, et un John Cain venu avertir le gouvernement colombien juste avant le déclenchement de l’opération.  J’ai tout expliqué ici, en ai été assez raillé par une meute d’extrèmes droitistes aigris et vindicatifs, pour obtenir confirmation des années après. Ici, les clichés de la libération et leur mise en scène par le pouvoir. A gauche, l’homme en casquette des Texas Longhorns ayant supervisé toute l’opération n’est autre que William Brownfield, l’ambassadeur US en Colombie... en 2011, le 10 janvier, le même ambassadeur devenait le responsable de l’International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL). Quand on sait l’intérêt qu’à la CIA pour la circulation de la cocaïne, il y a de quoi sourire…

mars 2008

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/ingrid-betancourt-condamnee-36857

 

avril 2008

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/un-echange-standard-38840

 

juillet 2008

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/a-bogota-il-pleut-toujours-des-42635http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/au-pays-enchante-d-uribe-des-sous-42760

août 2011

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-dessous-des-cartes-de-la-43252

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-dessous-des-cartes-de-la-43324

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-dessous-des-cartes-de-la-43327

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-dessous-des-cartes-de-la-43405

mars 2011

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xvii-le-paradis-de-90489

 

Combat Dragon evaluation of the A-37 Dragonfly in Vietnam)

 

intense lobbying de la part de la Floride... ou est installé Embraer, avec Jennifer Caroll, prêchant ici pour sa paroisse. Le pilote interviewé est Chris Brayman, à la fois testeur chez Sierra Nevada et pilote de la Garde Nationale !

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/colombie-j-avais-raison-en-2008-c-145400

 

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