Accueil / A C T U A L I T É / Les partisans du film ?Le Mur, la psychanalyse ? l??preuve de l?autisme? allergiques au doute

Les partisans du film ?Le Mur, la psychanalyse ? l??preuve de l?autisme? allergiques au doute

Si on visite la page Facebook ?Soutien ? Sophie Robert pour la diffusion de son film sur la psychanalyse? http://www.facebook.com/psychanalyseautisme?ref=ts, on peut constater ais?ment que, en tout cas chez les personnes qui s?expriment, il n?y a pas de place pour le doute, ni pour l?ouverture d?esprit aux diff?rentes approches de l?autisme. Comme s?il s?agissait d?une comp?tition et qu?il fallait choisir seulement une approche. Sophie Robert reproche ouvertement aux psychanalystes d?avoir ignor? les d?couvertes en neurosciences, et pr?sente son film comme s?il en ?tait la preuve. Or on n?entend pas, dans ce film,? les psychanalystes affirmer qu?ils ignorent les neurosciences. Ils ont parl? de ce qu?ils ont ?t? encourag?s ? faire par Sophie Robert. C?est elle qui a voulu qu?ils parlent de psychanalyse, et ils en ont parl?. Est-ce qu?on entend Sophie Robert leur poser une question au sujet de leur pens?e sur les d?couvertes de neurosciences sur l?autisme?? Non.? Est-ce qu?on entend les psychanalystes dire que seulement l?approche de la psychanalyse devrait ?tre adopt?e avec les enfants autistes, et que toute autre approche devrait ?tre proscrite? Non. ??Par contre, demandez aux personnes qui soutiennent Sophie Robert dans le cadre de la proc?dure judiciaire pour interdire la diffusion du film, et ils vous diront (en tout cas ceux qui s?expriment ouvertement sur le mur, car on ne connait pas la position des gens silencieux) que la psychanalyse devrait ?tre bannie, point final.? L?autisme est un trouble neurologique, point final. Pas de place pour le travail d??quipe.

Apr?s un long silence, voici, enfin, des r?actions de quelques psychanalystes interrog?s dans ce film.

Vous pouvez lire ?ALERTE AUX M?CONNAISSANCES CONCERNANT LA PSYCHANALYSE ET L?AUTISME? ? cette page : http://www.balat.fr/IMG/pdf/fichierglobal2011-1-.pdf

On peut y lire, ? la fin de la page, ?la r?action des professeurs DANON BOILEAU,DELION,et GOLSE, membres de la CIPPA. Ces derniers figurent dans le film controvers?.

La CIPPA est la Coordination internationale entre Psychoth?rapeutes Psychanalystes s?occupant de personnes avec Autisme. La CIPPA, comme on peut lire sur le document, est une association qui r?unit des psychoth?rapeutes de formation psychanalytique, des professionnels, Membres Associ?s, qui s?attachent ? promouvoir la compl?mentarit? des traitements psychodynamiques et psycho ?ducatifs de l?autisme.

Parmi les objectifs de la CIPPA, on peut lire :
??L?articulation entre les psychanalystes et les autres professionnels impliqu?s
dans le traitement de l?autisme??.

Tout le contraire de ce que laisse entendre Sophie Robert dans le film, qui affirme que les psychanalystes rejettent les autres approches. En fait, ce sont les personnes qui soutiennent ce film qui semblent d?finitivement vouloir ? tout prix rejeter la facette psychologique de l?autisme, et adopter l?id?e que l?autisme est un trouble neurologique. Pas de toute l?-dessus, la question est r?gl?e, l?autisme est un trouble d?origine neurologique, point final. Ces personnes veulent ?liminer le doute de leur esprit. J?aimerais citer la derni?re phrase du livre ??L?autisme aujourd?hui?? de Michel Lemay, p?dopsychiatre et sp?cialiste de l?autisme :

??Dans ce moment tout ? fait privil?gi? o? courants psychodynamiques, ?tudes cognitivistes et comportementales, recherches biologiques, champs syst?miques se rencontrent inexorablement en cr?ant chez maints p?dopsychiatres une crise identitaire salutaire, l?autisme nous rappelle une v?rit? essentielle : c?est par le doute que nous avan?ons ?.

J?aimerais rappeler cette expression : ??L?ennui dans ce monde, c?est que les idiots sont s?rs d?eux et les gens sens?s pleins de doutes.??

Dans le document de la CIPPA, on peut y lire Pierre Delion et Laurent Danon-Boileau qui s?expriment ? propos du doute. Le doute exprim? par les psychanalystes dans ce film est pr?sent? d?une mani?re qui voulait les rendre ridicules aux yeux d?un public qui ne cherchera pas un sens au-del? d?une fascination cr??e par des images. Comme dans la p?riode de la fausse pand?mie de grippe A (H1N1), lorsque les gens (surtout les Qu?b?cois), fascin?s par les cas de d?c?s pr?sent?s dramatiquement aux nouvelles de la t?l?vision, se sont laiss?s? embarquer dans une panique.

 

Laurent Danon-Boileau a ?crit?: ??Enfin, n??tant ni triomphaliste ni publicitaire, j?ai parl? des moments d?interrogation que je traverse dans mon travail avec les enfants autistes, comme la plupart des professionnels que je connais. Ils m?am?nent ? r?fl?chir ? ma mani?re de faire et ? la modifier, comme me l?impose ma qualit? de chercheur.??

 

Si on ne peut supporter le doute dans le dossier de l?autisme, on est oblig? de se raconter des histoires, des histoires qui n?aideront certainement pas les enfants autistes.

Si je suis port?e ? r?agir dans ce dossier, c?est parce que je sais ? quel point il y a peu de gens qui sont int?ress?s par ce dossier, sauf principalement les psychanalystes et les parents d?enfants autistes enrag?s envers les psychanalystes. Or je ne suis ni parent d?enfant autiste, ni psychanalyste. Cela me donne l?avantage d??tre non partisane, et de n??tre aucunement en conflit d?int?r?t. Je ne suis pas pour la psychanalyse, mais bel et bien pour une d?marche honn?te et rigoureuse. C?est la d?marche de Sophie Robert que je remet en question, qui me fait douter depuis le d?but. Je ne l?accuse de rien, mais j?ai le droit de me questionner sur sa d?marche. Alors je me questionne, ouvertement, et j?invite les gens ? se questionner tout autant, de mani?re objective et non partisane.

Pour ceux qui voudraient savoir qui je suis au juste, et si j?ai un parti pris ?vident qui me rendrait non objective, je pourrais r?pondre que le seul parti pris qu?on pourrait m?accuser d?avoir, c?est d??tre attir?e par la psychanalyse, pour mon propre cheminement personnel. Je suis toutefois sceptique face aux th?ories de la psychanalyse, qui peuvent ?tre dangereuses pour le client qui se retrouve avec un mauvais th?rapeute, pris au pi?ge avec les th?ories. ?Un mauvais th?rapeute est un mauvais th?rapeute, peu importe l?orientation th?orique de ce dernier. ?Mais une psychoth?rapie d?orientation psychodynamique convient tout ? fait ? certaines personnes qui, comme moi, aiment se questionner, se connaitre, et ne cherchent pas de solution rapide. Si j?avais un enfant autiste, il y a de bonnes chances pour que je sois ouverte ? int?grer l?approche psychanalytique, avec un th?rapeute en qui j?aurais confiance, dans mes efforts d?aider mon enfant ? sortir de ses souffrances. ?a ne regarde que moi.

 

Les psychanalystes, en raison de leur ?thique et pour d?autres raisons, sont plus silencieux et ne r?agissent pas au film Le Mur. Du moins pour l?instant, avant le proc?s du 8 d?cembre prochain. Cela donne comme r?sultat que, sur le net, une propagande anti-psychanalyse se propage. Alors que moi, je peux m?exprimer, librement. Je n?ai pas de compte ? rendre ? personne.

On m?a reproch?, sur la page Facebook de soutien ? Sophie Robert, de mal ?crire. Je vous l?accorde, je n?ai pas une belle plume. Je n?ai pas un grand vocabulaire. Ce que j?ai par contre, c?est le d?sir d??tre sinc?re, et le d?sir de contribuer ? ma fa?on ? diminuer la d?sinformation qui circule depuis la diffusion du film Le Mur, tant au sujet de l?autisme qu?au sujet de la psychanalyse. Je ne pr?tends pas ?tre une sp?cialiste, mais je suis capable de raisonner. Tout le monde le peut, il n?est donc pas n?cessaire d?avoir ??une belle plume??, ni d??tre un sp?cialiste, pour donner son opinion.

Mais je vais laisser tout de m?me les prochaines lignes pour faire? parler quelqu?un qui exprime ma pens?e de mani?re bien plus ?loquente que je peux le faire. Je crois que les mots de cette auteure ont leur place sur le net dans ce d?bat. Jacqueline Berger, m?re de jumelles autistes, parle elle aussi de doute dans son essai ??sortir de l?autisme??. ?J?esp?re ne pas bafouer ses droits d?auteur en pr?sentant des extraits de son livre qui incite ? une r?flexion de soci?t? sur l?autisme.? Il est ?crit ? l?endos de son livre?: ??Sortir de l?autisme concerne tout le monde, parce que les ?autistes? sont le signe autant que le produit de la d?sagr?gation du lien ? autrui. Miroir grossissant de nos propres souffrances, ils sont peut-?tre notre ultime chance d?ouvrir notre regard.

On ne peut accuser Jacqueline Berger d??tre non objective ou vendue ? la psychanalyse, parce qu?elle n?est pas psychanalyste. Jacqueline Berger est journaliste ? Lib?ration depuis 1989, et m?re de jumelles de seize ans ayant souffert d?un syndrome autistique. ?Cette femme a choisi, pour ses jumelles autistes, de se tourner vers la psychanalyse. C??tait son choix de m?re. Est-ce que ?a fait d?elle une personne qui n?est pas capable d?avoir un esprit logique ou rigoureux??? En? lisant son livre, on se rend compte que non, c?est tout simplement une personne qui s?est arr?t?e pour r?fl?chir sur la question, en ayant une vision la plus globale possible. Qui ne se laisse pas emporter par des illusions ou par les ?motions, mais qui reste en contact avec son humanit?.

Extraits de l?essai
??Sortir de l?autisme??, de Jacqueline Berger

 

? N?anmoins, de cette rumeur de connexions neuronales, de flux sanguin, de cryptage mol?culaire, de prot?ines, d?assemblage d?acides amin?s, de dissection de tissus c?r?braux, de zones cervicales activ?es ou non, na?t une vision de l?autiste comme ?tre d?fectueux sur le plan organique. Aujourd?hui, on ne sait toujours par localiser le d?faut, mais l?addition des hypoth?ses a cristallis? cette ?v?rit? scientifique??

? Il n?est plus grand monde pour se demande si l?on n?inverse pas les causes et les cons?quences, si l?on n?additionne pas des carpes et des lapins. Intellectuellement, le monde dans lequel nous vivons est d?terministe, il n?y a plus de place pour le doute.
Et si les l?sions observ?es, les dysfonctionnements photographi?s par IRM, le manque de telle mol?cule ou le trop-plein de telle autre n??taient que les cons?quences des ?tats autistiques? Qui entend-on encore poser la question? ?

? Toujours est-il que le doute n?atteint plus l?esprit de l?opinion publique. Que l??tat autistique pr?coce puisse induire des modifications organiques croissantes au fur et ? mesure que l?enfant grandit, entraver les processus de d?veloppement de certaines r?gions du cerveau, cr?er des perturbations par rapport aux flux neuronaux habituels?, n?effleure apparemment plus la cervelle commune. L?autisme a pour cause un ratage organique. Point final. L??nigme n?est pas r?solue, mais elle est li?e au mat?riau de l?individu??

 

??Les discours psychanalytiques, sans recherche de cause ni promesse de gu?rison, ?pars dans leur sujet d??tude, tout en nuances et en prudences, peuvent-ils aujourd?hui, dans notre monde du spectaculaire, rivaliser avec les prouesses techniques directement visibles ? Quand est produite, gr?ce aux images IRM, une mod?lisation des aires du cerveau activ?es par la lecture de mots par exemple, comment ne pas se laisse prendre ? l?id?e d?une mod?lisation, ? terme, du cerveau autistique? Difficile de ne pas ?tre fascin? par l?aventure scientifique qui fait chaque jour reculer les limites de l?inconnu, de l?invisible, de l?impens?. Mais c?est au prix d?une amn?sie ; on oublie qu?il y a d?autres mani?res de penser l?humanit?. Ce n?est qu?en croisant les regards, les histoires, les savoirs, les outils que progresse la connaissance??.

??Les sciences que l?on appelle humaines (philosophie, sociologie, anthropologie, psychanalyse, etc) sont fond?es, grosso modo, sur l?hypoth?se d?un individu unique, sujet de son existence, et d?une? humanit? faite d?une collection d??tres uniques agr?g?s en soci?t?s, elles aussi uniques. ? l?inverse, les sciences cognitives, sur le mod?le des sciences dites? ??dures?? (physique, biologie, math?matiques, etc.), supposent un invariant humain, un principe explicatif valable pour tous les individus ; leur objet de recherche est l?identit?, afin d?aboutir ? une d?finition essentielle de l?homme (c?est-?-dire des principes biologiques n?cessaires et suffisants). L?erratique, l?al?atoire, est, par principe m?me, rejet? hors de leur champ.

Le triomphe du cognitivisme en mati?re d?autismes, l?accent ?tant mis sur la recherche g?n?tique et neurologique, qu?te effr?n?e d?une cause biologique commune aux sympt?mes autistiques, est le signe d?un r?ductionnisme scientifique, qui limite le psychique au biologique, puis le biologique au physico-chimique et, enfin ? un mod?le math?matique.

Que le discours ??organique?? soit le seul ? infuser massivement le champ social au point que cette ?vidence n?est plus questionn?e ni par les journalistes, ni par les m?decins, ni par les experts, ni m?me par la plupart des intellectuels ? au point qu?aucun autre discours ne franchit le seuil des revues sp?cialis?es ou les c?nacles des colloques-, voil? qui est le signe d?une d?gradation de la possibilit? de penser un sp?cifiquement humain.

Quand nous ?liminons la subjectivit? de l??tre humain, a soulign? Hegel, nous ?liminons l??tre humain.??

 

??S?agissant des syndromes autistiques, les m?thodes cognitivistes sont les plus efficaces dans une perspective de rationalisation. Elles sont v?rifiables, quantifiables et ? m?me de fournir des sch?mas d?action organis?s rapidement ? l??chelle d?une population. Avec ces m?thodes ?d??valuation et de r??ducation commune, on peut dire par exemple au bout de quelques mois si un enfant sait aligner quelques jetons ou pas, les compter, les placer l? o? il faut?, etc.? Ces m?thodes cognitives r?pondent ? une demande collective de certitudes, de r?sultats, ? cette industrialisation de l?humain qui sera sans doute la nouvelle fronti?re du capitalisme??.

 

??En mati?re d?autisme, le principal grief adress? aux approches psychanalytiques, c?est qu?elles ne produisent gu?re de certitudes ? un hiatus fondamental, puisque ce d?faut est leur principale qualit?, ? savoir le t?tonnement ?rig? en principe. Les vertus de cet engagement se prouvent par le temps, il n?y a pas de recettes simples, reproductibles? ? l?envi d?une personne ? l?autre, la difficult? est toujours singuli?re, les pronostics difficiles. Les analystes prennent le parti de travailler avec des enfants autistiques en se situant dans le relationnel, dans un espace aux contours mal d?finis; pour eux, ce qui compte, c?est d?abord d??tablir un lien, de d?m?ler l??cheveau des peurs imbriqu?es ou en r?sonnance, d?avancer en tenant compte des liens inappropri?s, des arr?ts de la pens?e sur les d?tails d?une sc?ne au d?triment de la compr?hension de l?ensemble. Du travail artisanal. Le contraire de la rationalisation des soins.??

 

??Est-ce le manque de visibilit? qui, aujourd?hui, nuit tant aux m?thodes de soins psychanalytiques ? Ceux qui les pratiquent encore avec passion semblent aphones. Est-ce parce qu?ils ne peuvent pas dire ce qu?ils font, qu?il n?ya pas de voie entre le r?cit anecdotique des s?ances et la th?orie qui ennuie tout le monde?? S?ajoute peut-?tre une d?sesp?rance collective , une culpabilit? qui nourrit le sentiment d??chec face ? des parents extr?mement revendicateurs d?un droit ? un soulagement rapide. Et une d?tresse aussi?: celle d??tre les vigies impuissantes d?une crise de soci?t? sans pr?c?dent, o? des milliers de jeunes errent d?institution en consultation, porteurs de lourdes souffrances. Ils ne peuvent plus avoir d?autre ambition que parer au plus urgent??.

 

??Plut?t que de s?interroger sur les originalit?s que d?veloppent les enfants autistiques, tous autant que nous sommes nous pr?f?rons aujourd?hui investir dans ce qui semble pouvoir nous d?douaner de la culpabilit?. ?Les parents ne sont en aucun cas responsables de ce qui arrive ? leur enfant? est l?antienne reprise chaque fois que quiconque parle d????autisme??, comme si nous n??tions toujours pas sortis du d?bat th?ologique ?la faute ? qui??. L?humain ne peut-il pas se b?tir sur autre chose que la faute ? N?est-ce pas l? l?enjeu d?une v?ritable cr?ativit? humaine???

 

??Dernier argument, souvent entendu?: le fait que deux affections, la trisomie et le syndrome de l?X fragile sont grandes pourvoyeuses de syndromes autistiques. Ici, la preuve s?administre par un syllogisme?: si des individus atteints de maladie g?n?tique pr?sentent des signes autistiques, c?est que l?autisme est g?n?tique. Le syllogisme, c?est trois propositions, une majeure, une mineure et une conclusion, cette derni?re ?tant d?duite de la majeure par l?interm?diaire de la mineure. Version Ionesco, cela donne?: ??1-Tous les chats sont mortels. 2-Socrate est mortel. 3-Donc Socrate est un chat.? Le raisonnement syllogistique fallacieux ? l??uvre ici est le suivant?: 1- Tous les X fragiles sont g?n?tiques? (proposition majeure ). ??- Les autistes pr?sentes des d?sordres qu?on retrouve chez certaines personnes ? X fragile.?? 3- Donc les personnes autistiques ont un probl?me g?n?tique.

Il y a pourtant d?autres mani?res d?envisager les choses. On peut par exemple consid?rer les signes autistiques comme des manifestations de souffrance, et consid?rer qu?il n?est gu?re ?tonnant que ces signaux soient semblables dans l?esp?ce humaine, quelle que soit l?origine de l?affection??.

 

 

lire ?galement :

Film Le mur?:? Appel au dialogue et

mise au point de psychanalystes

http://www.centpapiers.com/film-le-mur-appel-au-dialogue-et-mise-au-point-de-psychanalystes/90101

 

 

A propos de

avatar

Check Also

L’Ekranoplan d’Alexeïev, une formule d’avenir ? (4)

Alekseïev, lorsqu’il se fait connaître avec ses étonnants Ekranoplanes, est tout sauf un inconnu: il ...

9 Commentaire

  1. avatar

    Vous avez le droit de vous intéressez à la psychanalyse mais pour être objective vous auriez du vous intéressez aussi aux méthodes comportementales. Et vu ce que vous écrivez ce n’est pas le cas.

    • avatar

      Et vous Suzy, avez-vous été suffisament objective pour vous intéresser à l’approche psychanalytique?

      Il n’y a rien dans ce que j’ai écrit qui puisse indiquer que je ne m’intéresse pas aux méthodes comportementales (Je suis d’ailleurs en train de lire un livre qui en parle!), tout comme il n’y a rien dans le film Le Mur qui indique que les psychanalystes ne s’intéressent pas aux autres approches que celles qu’ils pratiquent. Il aurait fallu leur poser la question directement dans le film pour le savoir. Or les questions sont seulement imaginées par le public.

      Vous sautez aux conclusions, comme toutes les personnes avec qui j’ai échangé sur le mur facebook de soutien à sophie robert. Vous avez une bien drôle de façon de raisonner. Cela semble indiquer que, pour vous, il n’y a qu’une manière de penser l’autisme, et que l’ouverture à plusieurs approches est impossible. Vous concluez que, parce qu’une personne s’ouvre à une approche, que cela signifie nécessairement qu’elle ignore les autres. Comme si un prof de mathématique pouvait être contre l’enseignement du français… Non, chacun se concentre sur ce qu’il a envie de faire, sur ses forces et ses goûts personnels, mais ça ne veut pas dire qu’on est contre d’autres approches. L’autisme, tout particulièrement, exige de s’intéresser et de s’ouvrir à toutes les approches, pour le bien des enfants.

  2. avatar

    Je trouve toujours très bizarre cet argument de combinaison des approches, c’est comme de dire « en effet, le curé vous a parlé de sa croyance en Dieu mais si vous l’aviez interrogé sur son athéisme, il vous aurait dit qu’il est également athée ». Soit on croit à des concepts tels que l’inconscient freudien, soit on n’y croit pas, on ne peut pas faire les deux en même temps… Quant à vanter la modestie et la remise en question personnelle des psychanalystes, désolée mais je ne peux plus vous répondre car j’ai roulé sous mon bureau tellement je ris… J’ai entendu des dizaines si pas des centaines de professeurs d’université (oui, j’ai fait beaucoup d’études, et ce n’est pas fini) présenter l’approche analytique comme la vérité biblique. Jamais ils ne vous disent « c’est une théorie, il en existe d’autres. Les concepts sur lesquels cette théorie se base n’ont pas de fondement empirique et on n’a jamais pu prouver l’efficacité des techniques qui en découlent », non non ils vous disent que c’est comme ça et puis c’est tout et sortez de ma classe si vous osez le mettre en doute. Alors je suis d’accord avec votre citation (renseignez-vous peut-être quand même sur qui est Bertrand Russell…) mais les idiots sûrs d’eux ne sont pas ceux que vous croyez…

  3. avatar

    Par conséquent, et par un curieux paradoxe, choisir la psychanalyse serait une démarche éthique et humaniste, en dépit du fait qu’elle représente l’approche thérapeutique la moins bien notée.

    Passons sur le trou de la sécu et la nécessité de réclamer des traitements au maximum d’efficacité possible au remboursement, et éviter de subventionner le premier marabout venu.

    Car c’est là le problème : bannir la psychanalyse, non. Mais bannir la psychanalyse du service public, absolument.
    Par soucis double d’éthique :
    1) assurer le meilleur soin possible aux patients (l’exercice de soin doit être validé par
    l’expérimentation)
    2) ne pas gaspiller l’argent du contribuable.

    Moi j’aime bien la médecine chinoise, j’trouve ça sympa, mais si je vais demander une prescription remboursée d’acupuncture à mon généraliste demain, ça ne passera peut-être pas très bien.

    En parallèle, les campagnes d’information – comme Le Mur, que je soutiens aveuglément quelqu’en soient les « motivations secrètes » invoquées par ses adversaires – sont elles aussi nécessaires.
    Parce que le traitement « psy », c’est loin de se limiter à l’image de Freud et de son divan, récurrents dans l’imaginaire français, embrumé par l’influence prépondérante qu’à su garder la psychanalyse en France pendant des dizaines d’années.
    Une campagne d’information pour permettre un accès non pas facilité mais automatique aux traitements de valeur pour les moins informés ou les plus démunis.

    Car c’est là l’exception française, aussi remarquable par sa singularité thérapeutique que par l’échec quantifiable de sa politique de santé mentale. Alors, corrélation ou… cause/conséquence ? 😉

    Par ailleurs, ré-abordons l’approche cognitive. La psychologie cognitive cherche en effet « l’invarient humain », comme vous dites.
    Mais non, ce n’est pas plus la psychologie cognitive que la métapsychologie freudienne (en tant que disciplines) qui soignent ou compensent le trouble d’un patient dans toute sa particularité.
    Mais c’est la méthode thérapeutique qui en est développée : la psychologie cognitive donna les TCC. (sans oublier l’apport comportemental, qui donna également naissance à l’ABA)
    Et dire que ces approches font fi de l’individualité du patient témoigne d’une mauvaise connaissance du sujet.

    Pour terminer, oui, nous pouvons envisager que les troubles du spectres autistiques soient des
    manifestations de souffrance. Vu que ce n’est pas vérifiable pour l’instant, on peut imaginer ce qu’on veut. Mais en fait, pour l’instant cette idée n’a rien donné, et c’est les méchants scientistes qui sont en passe de gagner.

    Alors, rejoignez le côté obscur !

    • avatar

      Psychosomatix,

      J’abonde dans ton sens. Si les problèmes de santé mentale, la criminalité et les problèmes de drogues augmentent constamment et de façon significative, et ce dans tous les pays occidentaux, c’est clairement un échec des psychothérapies et thérapies les plus répandues, celles qui sont financés par le système, ou pour les USA les plus utilisées.

      Donc, la psychiatrie et la psychologie officielle sont clairement des échecs, ici au Québec et ailleurs. Je ne savais pas que la psychanalyse,en France, était un service payé par l’État, ce qui fait d’elle un échec flagrant, surtout que c’est la psychanalyse freudienne (et lacanienne, qui est freudienne) qui domine. C’est le même désastre que l’oncologie pour le cancer avec ses poisons (chimiothérapie, radiothérapie) et sa charcuterie (chirurgie).

      Cordialement,

      Nicolas

  4. avatar

    Il n’est pas impossible que les 3 plaignants obtiennent gain de cause, le tribunal tranchera quant à la dénaturation ou non de leurs propos. Le point qui moi m’intrigue est le suivant : comment se fait-il que toutes les mères d’enfants autistes et de nombreux professionnels (dont moi) puissent témoigner de la fermeture d’esprit des psychanalystes et que ceux-ci veuillent – une fois que le débat devient public- toujours faire croire le contraire ? Si les psychanalystes ne culpabilisent pas les mères, comment expliquez-vous le témoignage de tous ces parents qui se sont pourtant sentis culpabilisés ? Sont-ils tous paranoïaques ? Dans les universités, comment expliquez-vous que des cours portant des titres généraux tels que « psychologie de l’adolescence », « comment mener un premier entretien », « psychodiagnostic », « Investigation des fonctions intellectuelles », etc. présentent exclusivement les théories d’obédience psychanalytiques et, en plus, les abordent comme étant la seule et unique vérité et non pas comme des théories (à mes yeux très douteuses, mais ce n’est même pas la question). Sommes-nous tous, professionnels et parents, atteints d’un trouble paranoïde ? Comment se fait-il que nous ayons pour beaucoup le même sentiment sans s’être jamais concertés auparavant ?

    Pouvez-vous me dire pourquoi je n’ai actuellement pas le choix de mon superviseur et que je dois me battre avec mes professeurs pour obtenir de ne pas être supervisé par une personne d’orientation psychanalytique ? Trouvez-vous normal de ne pas laisser le choix ? Trouvez-vous normal que le rapport Inserm ait été mis au placard sur demande d’une poignée de lacaniens alors que nombre de professionnels et d’associations de patients s’y opposaient ? La question est celle du libre choix thérapeutique. « Le Mur » ne fait que rendre public de façon claire les théories psychanalytiques qui sont encore majoritaires parmi les psys, les institutions et les universités. Maintenant, la seule façon de savoir si les soignants filmés tiennent ou non de tels propos serait de voir l’intégralité des rushs. Cependant, je vous assure que dans les universités c’est EXACTEMENT ce qui est enseigné et c’est totalement inacceptable tout comme il est inacceptable que certains élèves que j’ai cotoyés aient dû changer d’unif pour s’être opposé au professeur et tout comme il est inacceptable que j’ai actuellement à me battre pour obtenir un superviseur qui me convienne. Je ne suis pas de mauvaise foi ni parano, je vous informe juste de ce qui se passe dans la réalité des faits et non dans les propos publics des psychanalystes.

  5. avatar

    Aldo Naouri dit d’alleurs « Si bien que le montage que vous avez réalisé laisse entendre que je serais pleinement solidaire de la manière psychanalytique de penser l’autisme. » Nous sommes donc bien d’accord que « Le Mur » reflète exactement la façon dont la psychanalyse pense l’autisme. La seule question est de savoir si les professionnels interviewés partagent effectivement cette vision des choses. Mais la réalité est que ces théories existent bel et bien et sont toujours majoritaires chez les psys de France et de Belgique francophone. Si des personnes non psychanalystes les avaient présentées, on aurait rétorqué qu’ils ne savaient pas de quoi ils parlent. Donc Sophie Robert n’a eu d’autre choix que d’interroger des personnes formées à la psychanalyse, c’était la seule façon de montrer au grand public « la manière psychanalytique de penser l’autisme. »

  6. avatar

    Une dernière précision : j’ai eu cours avec le professeur Delion à Lille II pas plus tard que cette année et j’estime que présenter les approches comportementales comme ayant un intérêt pour gérer des « symptômes » dans l’urgence en attendant de pouvoir commencer un « vrai » travail thérapeutique (sous-entendu psychanalytique bien entendu) n’est pour moi pas équivalent à être ouvert aux autres approches… Ce n’est pas parce qu’un professeur cite les TCC en ces termes lors de ces cours qu’il y est ouvert et qu’il les reconnaît égales aux autres approches. Et c’est bien ce que font – au mieux – tous les professionnels d’obédience psychanalytique : expliquer que les techniques comportementales peuvent aider pour des « symptômes » ponctuels mais que seule une psychanalyse résoudra les conflits intrapsychiques qui sont à l’origine de ces symptômes.

    Alors flash d’information pour tous : on n’a jamais pu prouver l’existence de ces soi-disant conflits intra-psychiques ni même de l’inconscient (freudien), les troubles mentaux ne sont pas des « symptômes » mais constituent l’entièreté du problème, les « symptômes » qui sont guéris ne se « déplacent » pas, et de toute façon trouver la cause d’un problème n’a jamais été synonyme de voir le problème disparaître et cela même Freud et Lacan l’avaient reconnu. Pour eux, la « guérison des symptômes » venait de surcroît et si elle n’avait pas lieu c’était tout aussi bien car ils ne poursuivaient pas ce but-là.

  7. avatar

    Je viens de tomber là-dessus…

    J’ai beau savoir que l’irrationnel a beaucoup de succès dans notre pays, et en particulier dans certains milieux littéraires qui considèrent la science comme fasciste par essence, je n’arrête pas d’être surpris.
    Le texte de madame Berger est affligeant.

    Comment peut-on tenir pour rien les données scientifiques qui convergent vers une cause organique de l’autisme(comme le reconnaît Aldo Naouri dans un texte que vous indiquez en lien dans un autre article)?Sous prétexte que tout n’a pas été compris dans le domaine(ce qui est indiscutable), il faudrait considérer à égalité le point de vue des psychanalystes alors que ceux-ci n’ont jamais apporté d’éléments probants pour soutenir leurs thèses, et que les résultats des méthodes comportementales les mettent sérieusement en doute? Il faudrait mettre sur le plan l’ABA dont l’efficacité a fait l’objet d’études rigoureuses avec le packing? La souffrance, voire les risques, que ce dernier fait endurer est-elle négligeable parce que la pratique est justifiée par un discours verbeux et abscons à souhait?

    Je comprends que Madame Berger, après avoir choisi de faire confiance à l’approche psychanalytique éprouve le besoin de se rassurer, de se dire qu’elle a fait le bon choix. Elle essaie de se persuader que ces crétins de scientifiques ne comprennent décidément rien(voir le raisonnement stupide qu’elle leur attribue sur le caractère génétique de l’autisme), qu’ils sont le bras armé d’une idéologie normalisatrice(il vaut mieux que les autistes continuent de s’arracher la peau de leur figure plutôt qu’on leur apprenne à communiquer leurs besoin, hein…), ou encore qu’ils sont les serviteurs zélés du capitalisme triomphant(c’est tellement mieux de passer sa vie en hôpital psychiatrique…).
    Si, comme je le disais, je peux comprendre madame Berger, je suis surpris qu’on puisse la citer comme une référence.
    Le pire dans tout cela, c’est qu’à aucun moment dans votre article, il n’est fait mention du nœud du problème: la tentative de censure vis à vis du film.