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Les ONG, avant-garde du mercenariat mondialiste

Par Mecanopolis

Depuis leur reconnaissance par l?ONU en 1948, la place occup?e par les ONG, sur le plan m?diatique ou l?inconscient collectif, induit une m?connaissance des v?ritables enjeux qu?elles soul?vent de fait. Ainsi, le statut juridique et associatif des ONG devrait donner ? r?fl?chir quant au r?le majeur jou? dans la prise de d?cisions internationales.

Les ONG pr?tendent notamment instruire une forme de contre-pouvoir, qu?elles exerceraient via un dialogue continu avec les forces politiques et ?conomiques. Face ? la violence de la mondialisation et ses cons?quences d?sastreuses, la solidarit? internationale ne peut naturellement que jouir d?une image collectivement per?ue comme positive. Mais, de par leur collaboration avec diff?rents syst?mes de coop?ration internationale, elles sont de fait int?gr?es ? la globalisation. Elles participent notamment aux sommets des Nations unies dont le fonctionnement repose sur une architecture plus que discutable. En effet, le Conseil de s?curit? de l?ONU et le Tribunal p?nal international sont contr?l?s par les ?tats-Unis et leurs alli?s, gr?ce aux invraisemblables droits de veto dont ils disposent. Ce qui permet l?accaparement de la guerre en l?excluant de tout d?bat d?mocratique, mais aussi de fixer les r?gles de sa l?galit?. Du point de vue de leur immersion dans ce syst?me de domination onusienne, elles ne peuvent donc pas ?tre consid?r?es comme un contre-pouvoir mais plut?t comme un adjoint du pouvoir.

Un nouveau mercenariat international

Il est donc tout ? fait logique qu?en p?riode de globalisation accrue les ONG ne s?opposent pas aux principes l?gaux de l?organisation mondialiste ? laquelle elles doivent tout ou presque. Bien au contraire, elles adoubent ces r?gles, tout en sachant qu?elles ordonnent in?vitablement une politique internationale pr?caris?e par l?h?g?monie d?un monde unipolaire. Avec plus de distance, il est ?vident que les Nations unies tendent ? imposer la globalisation, car la survie de cette organisation ? laquelle a finalement assez peu emp?ch? de guerres, au regard de toutes celles qu?elle a laiss?es se perp?trer au m?pris du droit international ? en d?pend, et r?ciproquement.

Pareillement, on pouvait penser que la surrepr?sentation de la soci?t? civile et sa pr?tention ? une reconnaissance de plus en plus accrue, auraient pu aboutir ? une sorte d?auto-institutionnalisation, son ind?niable pr?sence sur le terrain lui ayant permis d?entrer de ? force ? dans les institutions politiques. En r?alit?, il ne s?agit que d?ajustements au sein d?un syst?me cooptant ses diff?rents repr?sentants afin d?entretenir une progression illimit?e de la globalisation (1).

En ce qui concerne le caract?re ? apolitique ? des ONG, il est en effet ? anormal ?, puisque ne proc?dant en rien de l?organisation des gouvernements traditionnels. En effet, ces organisations transnationales ne sont ni ?lues, ni th?oriquement affili?es ? des orientations politiques. Pourtant, elles ont la capacit? de pousser leurs id?es et les pr?conisations qui en d?coulent lors des sommets internationaux. Cette particularit? entra?ne une impr?cision, aussi bien concernant leur objectif, que leur constitution.

Ainsi, le Conseil ?conomique et social des Nations unies, charg? d?accr?diter les OSC (Organismes de la Soci?t? civile) par l?interm?diaire du D?partement des ONG, met sur le m?me plan des organismes qui n?ont officiellement pas les m?mes objectifs. On y trouve aussi bien la Fondation Ford (qui est un paravent de la CIA) ; des associations dites citoyennes comme ATTAC ; des ONG de solidarit? internationale comme Action contre la faim ; des syndicats patronaux comme la Business Roundtable (2) ; des instituts et think-tanks tel le Club de Rome ; etc. Cette extension du sens commun?ment accept? des ONG jette un flou consid?rable sur leurs objectifs : tant?t venir en aide ? des populations et proposer des r?gulations de l??conomie mondialis?e (ce qui est le cas d?Action contre la faim et d?ATTAC) ; tant?t repr?senter cette m?me ?conomie et/ou servir les int?r?ts d?un ou de plusieurs ?tats (ce que font la Fondation Ford, la Business Roundtable et le Club de Rome).

Toujours critiquer la forme, mais jamais le fond

Lors du r?cent sommet de Copenhague, nous avons pu assister ? l?explosion du nombre des ONG, et ? une avanc?e consid?rable de leur capacit? ? faire conna?tre leur(s) opinion(s).Comme dans le cas des Nations unies, aucune d?entre elles n?a critiqu? le fond de ce sommet, alors qu?il ne repose ni sur un consensus scientifique international, ni sur une v?ritable coop?ration des nations. Ce sommet avait simplement pour objectif d?aboutir ? de nouvelles r?gles ? ?cologiques ? internationales, voire mondiales, cela afin de contenir le d?veloppement industriel des pays ?mergents qui seront les puissances de demain. En particulier celui de la Chine, nation que les ?tats-Unis ne souhaitent pas voir d?fier leur h?g?monie en plein essoufflement. L? o? les ONG furent donc ? utiles ? c?est dans leur soutien ind?fectible ? la tenue de ce sommet et dans le travail effectu? en amont et visant ? d?finir les perspectives ?nerg?tiques d?avenir. Perspectives qui envisagent ouvertement la cr?ation d?un minist?re mondial de l??cologie.

? L??chec de Copenhague ? ? pour reprendre l?expression d?une grande partie de la soci?t? civile ? n?est donc que virtuel de ce point de vue. De plus, depuis la fin du sommet, de grandes op?ration, dont les cons?quences seront semblables ? celles attendues au sommet de Copenhague, ont ?t? lanc?es. C?est notamment le cas de la Robin Hood Tax, initiative pouss?e, entre autres, par Georges Soros et Warren Buffet. Son objectif est la mise en place d?une taxe sur les transactions bancaires pour lutter contre le r?chauffement climatique. Ce projet est soutenu par les centaines d?ONG qui d?claraient quelques semaines auparavant qu?elles avaient assist? au naufrage de la cause ?cologique lors d?un sommet qui n?avait men? ? rien de concret. Mais surtout, cette id?e, si elle aboutit, entra?nera forc?ment une aggravation de la globalisation via les r?gles qu?elle fixera unilat?ralement. Pourtant, la r?alit? industrielle est diff?rente pour chaque ?tat, en particulier pour les pays ?mergents dont le d?veloppement repose en grande partie sur leur capacit? ? d?ployer un arsenal industriel.

Mais selon les r?gles que veulent imposer le G20 et ses ONG alli?es, cela provoquerait des ?missions de CO2, ce qui n?est ?videmment pas acceptable, et cela bien que le socle scientifique de la th?orie du GIEC (Groupe d?experts intergouvernemental sur l??volution du climat) en soit encore ? l??tat sp?culatif.

Des ONG bien mieux organis?es qu?Al-Qaeda

Le point de ralliement des ONG au syst?me de domination est donc contenu dans sa composante la plus essentielle : maintenir un monde unipolaire. Par cons?quent, et afin d?exporter les r?gles et principes du syst?me de domination mondiale, les ONG tout comme le March?, se doivent d??tre transnationales et/ou internationales. Elles disposent de bureaux dans l?extr?me majorit? des nations du monde et font remonter leurs travaux, ?tudes et expertises aupr?s des v?ritables architectes de la globalisation dont elles sont, de fait, un des principaux vecteurs.

Elles ne font que s?aligner sur le syst?me qui les chapeaute et servent de porte-paroles ? une opposition fantasm?e par les m?dias vassaux de la globalisation. Elles ne sont donc ni un contre-pouvoir, ni un outil de r?gulation d?mocratique. Il ne s?agit pas simplement d?une institutionnalisation de l?apolitique mais surtout d?une normalisation des circuits du syst?me de gouvernance mondiale.

Luc Minelli et Julien Teil, pour FLASH

Reproduction libre avec indication des sources

(1) L?institutionnalisation de la soci?t? civile, Thibault Le Texier, Janvier 2010.

(2) La Business Roundable a ?t? fond?e par de grands groupes ?conomiques am?ricains en 1972.

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