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Les neurosciences et le Transr?alisme

Dans une conversation r?cente sur l’art Transr?aliste, dans la peinture, mas aussi dans d?autres activit?s comme l’architecture ou le cin?ma, nous avons relev? son r?le ? la lumi?re des derni?res propositions de ces sciences.
L’artiste plasticien Transr?aliste, concentr? dans son geste de peindre, observe, et ensuite, int?gre les images, qui affluent en d?sordre ? son esprit, venues de tout l?espace de la m?moire, et qui finissent par appartenir ? ce que nous appellerons « la pens?e ? la d?rive » .

Mise en marche par la m?moire, cette activit? de l’esprit, non circonscrite ? la r?alit? du moment, se nourrit de l’immense base de donn?es que nous gardons dans cette esp?ce de disque neurophysiologique qui se nomme cerveau, depuis le d?but de la vision mentale, c’est-?-dire, ? cet ?ge o? l’enfant commence ? saisir ce que les cinq sens lui offrent jour apr?s jour.
Les images volent litt?ralement dans un espace impr?cis de l’esprit, toujours dans le champ de la vision int?rieur, les unes se fixant plus longtemps que les autres. Nous pouvons les apprivoiser pendant des secondes, les savourer ? notre aise, les introduire dans ce que nous sommes en train de peindre, avant qu’elles se diluent, disparaissent dans les abysses de l’espace mental.
M?moire et imagination voil? les deux outils par excellence du cr?atif. Tout dans l’esprit, sa richesse, ses performances, d?pend de la qualit? et quantit? d’images ramen?es du fond de la m?moire, et mises ? la disposition de l’imagination. Cette gymnastique mentale, la r?cup?ration d’images, nous pouvons l’utiliser aussi, au moment de nous endormir ou au r?veil. Le cerveau, dans ces instants-l? est un terrain fertile en images ? la d?rive. Dans ce demi-sommeil, pendant lequel le cerveau marche au ralenti, l’esprit se concentre plus facilement. L’imagination se lib?re, les images se m?langent, le r?el se confond avec l’imagin?.

Celui qui est attentif aux m?canismes du sommeil ou celui qui les ?tudie dans un but scientifique, sait l’importance de son r?le dans l’harmonisation des ?quilibres physiologiques du corps. Le r?ve, en contrepartie, n’est rien d’autre qu’une activit? spontan?e, provoqu?e par les images ? la d?rive, pr?sentes dans la m?moire, ne constituant pas une n?cessit?e physiologique pour l’organisme. Le r?ve est un prolongement, pendant le sommeil, du flux des images que la m?moire retient. Sans celle-ci le r?ve n’existerait pas.
Notre capacit? pour franchir la barri?re de la r?alit? est si grande, que nous pourrons m?me r?ussir ? provoquer nos r?ves.

Il suffit pour cela que nous nous concentrions exclusivement sur les images et pens?es choisies, quelques instants avant de nous endormir. Un excitant voyage commence alors ? travers des territoires impr?visibles, des situations que nous aurions du mal ? imaginer en dehors des r?ves. Ce sont ces mondes-l? que l?artiste Transr?aliste essaye d??voquer sur ses toiles. Dans ces mondes, n?s au-del? d?une r?alit? transfigur?e, na?tront certaines r?ponses ? nos chaos civilisationnnels, ? nos angoisses existentielles, ? nos raisons d’?tre et de vivre.

D’apr?s mes observations c’est surtout pendant les moments o? le sommeil est peu opaque, moins profond, que le r?ve prend forme. Mais sa consistance et pr?sence d?pendront toujours des stades du sommeil.

Un r?ve pourra durer une seconde et pourtant contenir un nombre incroyable d’images et de s?quences.

Dans le sommeil peuvent survenir des p?riodes d’agitation, occasionn?es par divers facteurs, fatigue mentale, troubles psychiques ou somatiques, probl?mes affectifs, souvenirs traumatiques, troubles physiologiques. Ce sont des minutes, parfois des heures de totale d?sarticulation du sommeil, durant lesquels nous devenons vuln?rables aux cauchemars, aux insomnies et aux obsessions. Ces derni?res constituent une des pires anomalies du sommeil. Contrairement aux cauchemars qui peuvent nous r?veiller brusquement, l’obsession nous retient prisonniers dans une somnolence tenace, ce qui nous emp?che de luter contre sa persistance. Les images, qui affluent, se r?p?tent ind?finiment, envahissent le r?ve, en prennent possession.

Toutes les interpr?tations fantaisistes attribu?es aux r?ves, ? travers les temps, ont toujours ?t? le fruit du manque de connaissances scientifiques sur ce sujet. Freud, dans son interpr?tation des r?ves, en 1900, ?tait loin d’imaginer que tous les progr?s obtenus dans ces derni?res d?cennies, dans la recherche sur les neuro-sciences, finiraient par jeter par terre ses th?ories.
Simple activit? mentale, d?pendante de la m?moire, le r?ve demeure, en plein XXI ?me si?cle, la cible des conclusions les plus aberrantes. Pr?monitions, divinations et pseudo-?tudes scientifiques, l’explication du r?ve ne cessera jamais d??tre une porte ouverte ? tous les charlatanismes.

L’artiste Transr?aliste traverse le monde des r?ves comme un d?couvreur de terres inconnues, et pourtant il sait que chaque s?quence d’images qu?il re?oit dans on champ de vision int?rieure est une histoire qui ne peut ?tre v?cue que pendant le r?ve. Quand nous nous r?veillons, nous avons un vague souvenir de ce que nous avons r?v?. M?me le r?ve avort? par un r?veil brusque ne laisse que peu de traces, surtout imm?diats. Pourtant tout ce qui est visionn? par l’esprit, m?me ce qui est du domaine du r?ve, pourra ?tre conserv?, pour toujours, par la m?moire, et revenir, soudainement en surface. Pour comprendre ce que nous r?vons il faut discipliner le r?veil, et faire ce que beaucoup d’artistes de l’imaginaire font, se concentrer imm?diatement sur les images qui appartiennent au r?ve, et surtout essayer de les ordonner logiquement. Nous pourrons m?me annoter ce dont nous nous souvenons.

Nous apprenons alors que ces situations que nous vivons au cours des r?ves, ne sont rien d’autres que des prolongements ou des repr?sentations du v?cu, r?cent ou ancien.

Et que nous y sommes toujours pr?sents, quel que soit notre r?le, protagoniste, figurant ou spectateur.

Et pourtant il y aura toujours des situations provoqu?es par des images perdues, sans aucune correspondance avec des choses v?cues dans la r?alit? ?veill?e, quelques-unes unes d’elles ayant d’ailleurs appartenu ? d’anciens r?ves.

Dans ces situations ce qui nous ?tonne c?est le r?sultat de la coop?ration entre la m?moire et l?imagination. Ce sont des situations qui semblent na?tre du n?ant ; elles regorgent d?images et d?id?es, stup?fiants, extraordinaires, de v?ritables cr?tions de l?esprit. Preuve ?vidente que l?esprit humain, en ce qui concerne l?acc?s ? des mondes d?exception, se suffit ? lui-m?me, sans avoir besoin de recourir ? des drogues ou ? d?autres lobotomies du cerveau.

Une des constatations auxquelles nous arrivons, quand nous traduisons les impressions laiss?es par le r?ve, c’est que son contenu ob?it ? une logique inattaquable. Tant qu’il dure tout semble r?el, possible, banal, habituel. M?me l’acte de voler comme des oiseaux ! Qui n’a pas encore ?prouv? cette sensation de voler en plein ciel, par l?unique pouvoir de ses membres, bras et jambes ? Nous avons survol? maisons, rivi?res et bois, remont? le long des parois d?hauts b?timents, ?chapp? ? des dangers et d?visag? en bas ceux qui ne volaient pas, tout cela avec la conviction et la foi du r?veur. Nous nous sommes m?me promis, qu’une fois r?veill?s, nous r?p?terions l’exploit, tellement cela nous semblait facile, r?el. Regardez : c’est uniquement une question de technique, ce mouvement des bras, ample et rythm?, le balancement des jambes, la fa?on de bander les muscles dorsaux ! Eh oui mais quelle d?ception, au r?veil !

C’est cela le r?ve ! Un d?ferlement d’images et de situations, dont le souvenir nous laisse, au r?veil, la plupart des fois, un go?t amer. Une cr?ation ?th?r?e de l’esprit, une aventure en territoires que celui-ci sait inventer gr?ce ? la complexit? de ses composants ?lectrochimiques.

Si nous analysons bien le d?rouler d’une situation r?v?e, nous v?rifierons que les faits se succ?dent, dans un temps et un espace physique qui ont sa propre logique, et qu’ils ne peuvent ?tre que le fruit hasardeux de la combinaison d’id?es et d’images, survenue pendant le sommeil, quand l’esprit ne contr?le pas sa r?alit? int?rieure.

C’est donc tout l’univers du r?ve, avec sa vie singuli?re, son d?roulement cons?quent, qui caract?rise le Transr?alisme. Cette intrusion de l’autre c?te de la r?alit?, c’est l?aventure d’Alice au pays des merveilles, l? o?, par le pouvoir de l’imagination, mais en pleine conscience de la r?alit? ext?rieure, nous cr?ons un monde bic?phale, r?el et irr?el, logique et illogique, c’est ? dire, transr?aliste,

Nous p?n?trons dans un tableau transr?aliste, comme nous vivons un r?ve, avec le m?me d?sir de comprendre, de s’extasier, de d?ambuler, de vivre quelque chose qui se situe au-del? du r?el, de l’exact, du connu.

On continue ? croire que dans l’interpr?tation des r?ves on peut trouver des solutions pour la gu?rison de pathologies du comportement ou pr?voir l’avenir ou encore expliquer le pass?.

L’?tude du r?ve ne peut conduire qu’? une constatation : il n’a rien de transcendant, de spirituel ou de religieux. Et il est loin de repr?senter pour le corps humain une n?cessit? physiologique.

Des solutions pour la gu?rison de pathologies neuropsychiques, nous pourrons peut-?tre les trouver en certaines activit?s de l’esprit, l’art, la culture, l’acquisition de savoirs.

La cr?ation artistique peut fonctionner comme une barri?re contre les agressions du milieu, professionnelles, famili?res, sociales, contre les d?g?ts sentimentaux, contre l’angoisse et le stress, et aussi dans la reconstitution des ?quilibres mentaux ? la d?rive.

Si nous regardons avec attention un tableau transr?aliste, nous remarquerons le soin avec lequel l’artiste d?crit une r?alit? invent?e, et en parcourant les divers chemins de l’œuvre, nous sentons l’appel qui vient de l’int?rieur, de quelque chose qui est l?, cach?e, dans l?attente d??tre comprise, capt?e. Nous sommes convi?s ? d?couvrir un monde, que chacun de nous peut cr?er, et o? nous pourrons sillonner, ? notre aise, en pleine conscience, les voies qui nous conduiront ? notre spiritualit?.

? l’extr?me limite de nos conflits int?rieurs, de nos d?sespoirs quotidiens, nous avons besoin de trouver des refuges mentaux, des plates-formes d’o? peuvent s’envoler ? nouveaux nos d?sirs les plus secrets.

Savoir, dans les moments de grande urgence ouvrir la porte d’un monde que nous avons invent? c’est peut-?tre un moyen d??chapper ? l’enfer de nous-m?mes.

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    « Preuve évidente que l´esprit humain, en ce qui concerne l´accès à des mondes d´exception, se suffit à lui-même, sans avoir besoin de recourir à des drogues ou à d´autres lobotomies du cerveau. »

    Drogue et lobotomies ?

    Lobotomies , nul besoin de drogue pour lobotomiser la pensée, la TV qui n’est ni une drogue, ni une pratique médicale, provoque pourtant chez ses gros consommateurs de TV :

    Une « lobotomie » de création, car les stéréotypes véhiculés à grande échelle par sattelites médiatiques empèchent à ce jour le potentiel d’évolution et d’émancipation de la réflexion populaire, car cette lobotomie télévisuelle consacre la majeure partie de ces programmes à vendre des produits aux intérèts « positifs » de moins en moins évidents, et participe ainsi à cette société de surconsommation, jusqu’au risque de vider la totalité des ressources terrestres en un laps de temps ou justement, la pensée humaine créative lui aurait dicté de les préserver ou tout au moins de les économiser.

    Pour ce qui concerne les mondes d’exeption « s » ?

    Tachons déjà d’envisager un monde de raison. Cela me semble plus créatif et certainement plus raisonnable d’art pensant.

    Skapad.