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Les impostures ?cologistes – Chapitre 6 : l’agriculture biologique

Image: source M?canopolis

A l?oppos? du r?chauffement climatique qui, comme nous l?avons d?j? d?montr?, est un faux concept dont les ?cologistes parlent toujours, l?agriculture biologique est un vrai concept dont les ?cologistes ne parlent jamais. Leur imposture se situe donc ici en creux, transformant en pens?e ectoplasmique un sujet auquel, bien entendu, la clique des Bendit, Duflot, Mam?re, Joly et ses militants bobos ne connaissent pas grand?chose et, pour tout dire, ? peu pr?s rien. A d?faut, donc, de produire un raisonnement pertinent sur cette affaire qui ne concerne pas moins que la satisfaction du principal besoin primaire de l?esp?ce, les travestisseurs de la science ?cologique, derniers ?piph?nom?nes de la soci?t? spectaculaire-marchande, adoptent un discours plus accessible au parterre commun en organisant la promotion des ??produits bios??. Ainsi la prise en compte du grave probl?me de l?adaptation de la production alimentaire aux conditions variables g?n?r?es par le niveau d?industrialisation de la soci?t? est avantageusement remplac? par l??laboration d?un catalogue simplificateur labellis? par un organisme monopolistique public, l?Agence Bio, orchestrant de fait l?alliance de l??tat avec l?ecolobusiness. Cet agence publique distille ensuite agr?ment ? quelques soci?t?s priv?es n?potiques, telles Ecocert, Aclave, Agrocert, ou Qualit? France, chaleureusement nomm?s organismes certificateurs, leur octroyant de la sorte l?autorisation officielle? de d?livrer des certifications AB aux producteurs, ces derniers ?tant toutefois invit?s ? verser 1% de leur chiffre d?affaires aux soci?t?s pr?cit?es. Nous voyons donc bien que, ? l?identique du syst?me ??Eco-emballages?? pour la collecte des d?chets (cf. chapitre 5 ? Le tri s?lectif), le probl?me sanitaire pos? par la transformation des produits de la terre en marchandises manufactur?es devient source de profits pour les ?co-profiteurs habilement positionn?s sur le cr?neau.

Mais si l?agriculture industrielle conduit, sur le terrain, ? une surexploitation des surfaces cultiv?es elle laisse paradoxalement en jach?re l?id?ologie ?cologiste. Dans le projet EELV pompeusement d?nomm? ??vers une soci?t? ?cologiste?? 80 lignes (ligne 410 ? 490) ? peine sur 3200 (soit 2,5%) sont consacr?es ? l?agriculture, au cours desquelles on chercherait vainement des propositions concr?tes et fortes sous tendues par une vision globale et radicale. Mis ? part les ?ternelles diatribes sur les OGM, source inspiratrice parano?aque mais n?anmoins juteuse pour certains acteurs m?diatiques, dont le faucheur en chef Bov? qui a su rentabiliser son lever de menottes en salaire ? 10.000 euros d?eurod?put?, Mercedes noire avec chauffeur, et prestations payantes ? la TV, le projet EELV, riche pourtant en propositions hardies de toutes sortes dans des domaines aussi vari?s que? le logement, l??ducation, le ch?mage, la drogue, l?homosexualit?, la parit?, la Corse, la justice, l?Europe, etc, se r?v?le particuli?rement indigent dans son chapitre agricole. Se contentant d??nonner des banalit?s et lieux communs sur le sujet, il se d?fausse de cette carte encombrante en confiant ? l??tat et aux soci?t?s capitalistes adoub?es, le soin de tranquilliser la pl?be avec des ?tiquettes blanches didactiques et des logos verts rassurants

Et pourtant la vague ?cologiste est bien n?e des pr?occupations alimentaires et des probl?mes pos?s par l?intensification de la production agricole. Le premier candidat ?cologiste aux ?lections pr?sidentielles fut l?agronome Ren? Dumont et pendant longtemps, il ne parut pas imaginable de se pr?tendre ?cologiste sans afficher une solide analyse de la probl?matique agricole. Mais ce sujet par trop ingrat a fini par lasser les leaders et les militants qui, en plus de toucher ? des informations qu?ils ne ma?trisaient pas, ne semblait pas constituer pour eux un ?l?ment suffisamment fort de la soci?t? du spectacle ? laquelle ils s??taient d?sormais convertis.

Il suffit donc aujourd?hui de pr?ner l?agriculture biologique en tant que vague mod?le ?conomique et de pr?coniser les produits AB en tant qu?aliments acceptables pour se voir d?cern? le dipl?me de parfait ?colo. Or l?imposture est flagrante, d?une part parce que le d?bat de l?adaptation du mode de production aux conditions, soit de la d?croissance subie, soit du d?veloppement durable n?est pas tranch?e, et? que, d?autre part, le fameux label AB agr?? par l?Etat Tout Puissant, jouant ici le r?le tartuffien d?Etat Grand Ecologiste, est ? l?agriculture biologique ce que les D?claration de Droits de l?Homme est ? la libert? individuelle, c?est ? dire tout et son contraire.

La formulation en trompe l??il inaugur?e par les r?dacteurs bourgeois de la D?claration de 1789, confort?e par leurs descendants dans la Constitution de 1848,? puis utilis?e ? de nombreuses reprises dans divers conventions ou protocoles, d?nonc?e par Marx comme ??la vieille plaisanterie?? (cf. l?article ??La Libert? individuelle, ?a n?existe pas ?encore), et qui consiste ? ?noncer un principe en d?but de phrase pour mieux le restreindre ou le rendre inapplicable par l??nonciation d?un codicille en fin de phrase, trouve dans le texte r?glementant le prolifique label AB un ?ni?me usage, ici toutefois sensiblement invers? dans la mesure o? il s?agit plut?t de proclamer fortement une interdiction pour aussit?t livrer au subissant putatif la subtile mani?re de s?en exon?rer.

La petite merveille s?appelle ??R?glement (CE) n? 834/2007 du Conseil de l?Union Europ?enne du 28 juin 2007 relatif ? la production biologique et ? l’?tiquetage des produits biologiques et abrogeant le r?glement(CEE) no 2092/91??. Cette v?ritable bible r?dig?e au Luxembourg, sur l?avis du Parlement europ?en de Bruxelles, d?finit en 23 pages et 1840 lignes les r?gles applicables ? l?agriculture dite ??biologique?? en prenant bien garde de ne pas trop s??loigner de l?agriculture intensive. Ce document d?bute par l??nonc? de 37 principes successifs cens?s justifier la n?cessit? politique de? sa mise en ?uvre, dont le premier?est ainsi r?dig? : La production biologique est un syst?me global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degr? de biodiversit?, la pr?servation des ressources naturelles, l’application de normes ?lev?es en mati?re de bien-?tre animal et une m?thode de production respectant la pr?f?rence de certains consommateurs ? l’?gard de produits obtenus gr?ce ? des substances et ? des proc?d?s naturels. Le mode de production biologique joue ainsi un double r?le soci?tal : d’une part, il approvisionne un march? sp?cifique r?pondant ? la demande de produits biologiques ?manant des consommateurs et, d’autre part, il fournit des biens publics contribuant ? la protection de l’environnement et du bien ?tre animal ainsi qu’au d?veloppement rural.

D?embl?e le ton est donn?, par l?utilisation d?un charabia technocratique tiss? de clich?s m?diatiques et de formules manich?ennes. Ainsi nous sommes inform?s que l?agriculture biologique se propose d?utiliser les ??meilleures pratiques environnementales??, au contraire sans doute d?une autre agriculture non biologique qui pr?f?re utiliser de ??mauvaises pratiques?? environnementales. L?ostracisme est ainsi clairement prononc? ? l?encontre des autres agriculteurs, mais il conviendrait alors de signaler, pour ?tre totalement juste, que l?homme a cess? d?utiliser les ??meilleures pratiques environnementales?? depuis d?j? bien longtemps, c’est-?-dire d?s lors qu?il a abandonn? son statut de chasseur-p?cheur-cueilleur pour pratiquer tout simplement l????agriculture??, premi?re action anthropique de destruction du milieu ambiant, et, par voie de cons?quence, premi?re ??mauvaise pratique environnementale?? en comparaison du stade pr?c?dent ? proche de ce que d?aucun nomment aujourd?hui ??l??cologie profonde?? – et qui constituait, ? n?en point douter la ??meilleure pratique environnementale qui soit??. Le salut r?side donc dans la d?finition du ??meilleur??, ce qui n?est pas une nouveaut? et ouvre la porte ? toutes les querelles simili subjectives ou pseudo objectives.

Nous apprenons ensuite que le ??meilleur de l?environnemental?? va de pair avec un haut degr? de biodiversit?, ce qui ne veut pas dire grand-chose mais permet de placer ici ce terme m?diatiquement tendance; qu?il va de pair aussi avec la pr?servation des ressources naturelles, d?clinaison du fameux concept de pr?servation de la plan?te, ce qui laisse faussement imaginer que cette agriculture d?daigne l?utilisation du p?trole, du gaz, du fer, du cuivre, etc?., bref de tout de qui est non renouvelable; qu?il va de pair encore avec le respect du bien ?tre animal, ce qui ferait sans doute plaisir ? Brigitte Bardot mais appara?t manifestement peu compatible avec les n?cessaires mises ? mort destin?es ? palier nos besoins alimentaires carn?s. Concernant ce dernier sujet, il conviendrait d?ailleurs d?observer que le ??meilleur?? du respect pour le bien-?tre animal consisterait ?videment ? ficher carr?ment la paix ? nos amis les b?tes.

Mais l?essentiel est ? venir ici?: ??une m?thode de production qui?.??. Supputant que notre curiosit? technique va ?tre enfin assouvie par un discours exposant les principes d?un?mode op?ratoire rigoureux, nous d?couvrons alors avec surprise que la vocation principale de ce type d?agriculture est de? ??satisfaire la pr?f?rence de certains consommateurs ? l’?gard de produits obtenus gr?ce ? des substances et ? des proc?d?s naturels????. ?Le raisonnement du Conseil de l?Europe, adoub? par les Bendit, Bov?, Joly & consorts confirme ainsi l?id?e que les ?cologistes sont bien un rouage ? part enti?re de la soci?t? capitaliste qui fonde sa doctrine sur l?exploitation de toutes les niches marketing, si r?duites soient elles, sans distinction de race ou de religion. Conform?ment ? cette philosophie d??cum?nisme commercial, il convient par cons?quent de ne pas n?gliger ??CERTAINS?? consommateurs (plus d?licats que d?autres, sans doute plus avis?s, voire plus fortun?s) et de r?pondre ainsi ? une demande de la main invisible du march? r?clamant explicitement des produits ??NATURELS??, ce qui exprime clairement la certitude que tous les produits de l?agriculture non labellis? AB sont artificiels. La conclusion confirme enfin la confusion des genres en nommant ??r?le soci?tal??? l????approvisionnement d?un march? sp?cifique??, m?lant ainsi projet social et objectif marchand, et liquide l?affaire en ressortant encore un fois les deux atouts imparables que sont le populaire environnement pr?serv? et l??mouvant animal bien-?tant.

Ce baragouinage amphigourique ne peut que faire sourire l?agriculteur de terrain ? bio ou pas ? qui n?a certes pas de le?ons ? recevoir de technocrates r?glementaristes, peu ?clair?s de la chose paysanne ou phagocyt?s par l?appareil spectaculaire. Cette nouvelle ??conspiration pour le syst?me?? ne vise en fait qu?? d?samorcer d??ventuelles v?ritables mises en cause plus radicales de la soci?t? marchande. L?exploitant agricole sait parfaitement ce qu?il fait et conna?t mieux que quiconque le ??meilleur?? pour l?environnement et pour l?animal. Il ne souffre par ailleurs d?aucun travers d?viant lorsqu?il ?pand au mois d?avril de l?amonitrate sur son orge d?sherb?e au Round Up en f?vrier, mais satisfait tout simplement aux obligations ?conomiques de son exploitation hypoth?qu?e au Cr?dit Agricole et chez Massey Fergusson.

Il est symptomatique de constater que le terme ??engrais?? n?est employ? que 9 fois, alors que celui ??OGM?? appara?t ? plus de 43 reprises, ce qui signifie clairement que l??pineux probl?me des amendements chimiques autoris?s en AB tente d??tre masqu? par l??cran de fum?e OGM. Le ph?nom?ne m?diatique OGM m?riterait d?ailleurs ? lui seul un long d?veloppement que j?entreprendrai plus tard, me contentant de rappeler ici que la manipulation g?n?tique des esp?ces animales et v?g?tales n?est pas nouvelle en agriculture (croisements, greffages, etc?), que la nocivit? des OGM n?est toujours pas prouv?e alors que l??conomie en insecticides et fongicides de synth?se qu?ils induisent est valid?e, que les OGM sont ? l?agriculture ce que le r?chauffement climatique est ? l?industrie, c’est-?-dire une arnaque permettant accessoirement d?asseoir la notori?t? d?un Bov? ou d?un Al Gore et, plus principalement, de constituer un ?pouvantail cristallisant les Grandes Peurs Humaines ? partir desquelles, tout au long de l?histoire, le peuple a toujours ?t? plus facilement manipulable. Ainsi, en affichant ostensiblement son opposition radicale aux OGM (qui constituent le seul ?l?ment rejet? sans d?rogation) le r?glement tente de masquer son laxisme sur tous les autres sujets.

Une lecture plus avanc?e permet m?me de d?couvrir en d?finitive un v?ritable rapprochement avou? de la pratique biologique et de la pratique conventionnelle, chaque fois que la n?cessit? s?en fait sentir. Exemples?:

Article 5 page 7 ? Restreindre l’utilisation d’intrants ext?rieurs. Lorsque leur utilisation est n?cessaire ou en l’absence des pratiques et m?thodes de gestion appropri?es vis?es au point a) (m?thodes bio), elle est limit?e aux?: 1.substances naturelles ou substances d?riv?es de substances naturelle 2.engrais min?raux faiblement solubles – Limiter strictement l’utilisation d’intrants chimiques de synth?se aux cas exceptionnels suivants: 1) en l’absence de pratiques de gestion appropri?es. 2) lorsque les intrants ext?rieurs vis?s au point b) ne sont pas disponibles sur le march?; ou 3) lorsque l’utilisation des intrants ext?rieurs vis?s au point b) contribue ? des effets inacceptables sur l’environnement;

Article 16 page 12?: La Commission, conform?ment ? la proc?dure vis?e ? l’article 37, paragraphe 2, inclut dans une liste restreinte les produits et substances susceptibles d’?tre utilis?s, en agriculture biologique,? Les produits et substances figurant sur la liste restreinte ne peuvent ?tre utilis?s que dans la mesure o? l’utilisation correspondante est autoris?e dans le cadre de l’agriculture g?n?rale dans les ?tats membres concern?s ?.. tous les produits et substances sont d’origine v?g?tale, animale, microbienne ou min?rale, sauf si des produits ou des substances provenant de ces sources ne sont pas disponibles en quantit? ou en qualit? suffisante ou s’il n’existe pas d’autre solution;

Au-del? du caract?re technique de ce verbiage circonvolutif, le lecteur, m?me non initi?, aura vite compris que cette directive europ?enne sur l?agriculture biologique n?a de cesse de m?nager la ch?vre naturelle et le chou chimique, en attifant chaque commandement restrictif ou r?dhibitoire d?un panache de fum?e possiblement permissif. C?est la vieille plaisanterie marxiste invers?e qui pourrait se r?sumer ainsi?: ??telle chose est interdite, sauf s?il n?existe pas d?autre solution ?..?? C?est ainsi que nous voyons fleurir en toutes saisons des agrobiologistes commer?ant sur internet via paiement Paypal, proposant des packages mara?chers livr?s ? domicile en BMW dernier mod?le et dont l?acc?s ? l?exploitation n?est pas souhait? pour des clients-visiteurs-promeneurs d?sireux de poser des questions candides. Mon propos n?est pas bien entendu de jeter le discr?dit sur ces nouvelles pratiques durables car il serait peu correct de bl?mer des travailleurs ind?pendants soucieux ? juste titre de gagner leur pain quotidien d?une mani?re au demeurant tr?s adapt?e aux conditions socio-?conomiques de la civilisation actuelle et d?ployant de r?els efforts plut?t quantativement sup?rieurs ? ceux comptabilis?s par la moyenne de la population laborieuse.

Toutefois, en tant que pionnier anonyme de l?agriculture biologique dans les ann?es soixante dix, je me contenterai de ranimer le souvenir pas si lointain des premiers labels Lemaire-Boucher ou Nature & Progr?s qui limitaient notre plan fumure au compost organique ?ventuellement additionn? de lithotame des Gl?nans, notre pratique fongicide au sulfate de cuivre (bouillie bordelaise) et au soufre, notre lutte insecticide au pyr?thre et ? la rot?none, et nos traitements v?t?rinaires aux d?glutitions forc?es de chlorure de magn?sium par pistolet doseur. Aujourd?hui, en agrobiologie, la liste est longue des ??intrants?d?riv?s? autoris?s sur la liste g?n?rale et des ??intrants chimiques de synth?se?? admis sur la liste restreinte du label AB. Ce dispositif byzantin pr?sente ? n?en pas douter les apparences d?une plaisanterie, malheureusement ce n?en est pas une?. Il s?agit tout simplement d?une imposture politiquement et m?diatiquement assum?e en secret.

D?barrass? de leur hypocrisie et de leur suffisance pseudo scientifique, les 23 pages et 1840 lignes du R?glement europ?en pourraient ?tre ramen?es ? ces quelques lignes?: ??Les instances autoris?es ? l?gif?rer sur l?agriculture biologique consid?rent que le mode de production intensif bas? sur l?utilisation des ressources fossiles non renouvelables est le seul permettant aujourd?hui de nourrir ? bas prix les populations grandissantes en nombre. Toutefois, afin de satisfaire ? la tocade d?un petit effectif polaris? sur le terme ??naturel??, un label est cr?? r?glementant les modes de production des produits dits ??naturels??. Le principe retenu est d??tablir une liste de 10.000 substances, choisies parmi les moins outrageusement chimiques, produites par l?industrie phytosanitaire conventionnelle et d?autoriser leur emploi, tout en permettant de recourir ? toutes les autres substances de synth?se si cela ne marche pas.??

Plus raisonnablement, et afin de ne pas me cantonner dans un discours critique born?, je me permettrais de conseiller ? nos faux amis ?cologistes de prendre l?affaire par l?autre bout et de tenir compte de l?agriculteur avant le consommateur. En effet, si l?on envisage d?inverser le cours d?un fleuve tranquille, il convient d?agir s?rieusement en amont plut?t que de bricoler des initiatives en aval. Je renverrais ?galement nos imposteurs ? la lecture d?Andr? Pochon (Les champs du possible ? 1999) qui, sans ?tre ?cologiste d?clar?, a consacr? son action ? d?montrer que l?agriculture industrielle bas?e sur la monoculture intensive est moins rentable pour le paysan que l?agriculture raisonnable bas?e sur la polyculture ?levage, ce qui est une ?vidence pour tous les connaisseurs, sauf bien s?r pour les ?cologistes qui pr?f?rent une agriculture industrielle durable n?utilisant que des substances r?pertori?es dans des catalogues interminables. Cette agriculture bio-technocratique qui ne peut se pratiquer qu?avec un ordinateur de bord et un contr?leur grassement pay? post? derri?re chaque exploitant proc?de d?une vision r?glementariste, autoritaire et ?tatique qui ignore le bon sens rural, celui qui consid?re, par exemple, qu?une vache ??c?est une barre de coupe ? l?avant et un ?pandeur ? l?arri?re?? ?conomisant ainsi le tracteur, la faucheuse rotative, l?andaineur, la botteleuse presse, le monte balle, le distributeur d?engrais, etc? ainsi que le carburant n?cessaire ? la r?alisation de toutes ces op?rations successives.

Par bonheur la rar?faction prochaine, puis l??puisement final des ressources fossiles rendront bient?t ces catalogues, r?glements et labels d?risoires puisque, faute de carburant et de fertilisants, l?agriculture sera contrainte ? la raison par la force de l?histoire. Mais de cela, les ?cologistes n?en parlent pas.

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