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Les Etats-Unis, bernés par les Russes… depuis Reagan !

Ah, on l’avait oublié celui-là, avec sa carrière discrète de lobbyiste et ses amitiés affichées avec l’extrême droite. Il vient de réapparaître, de façon indirecte, au détour d’une affirmation surprenante de l’avocate d’Assange, qui a évoqué le rôle trouble d‘un de ses amis dont j’ai déjà évoqué ici le rôle sulfureux. Cet homme avait sorti benoîtement à la télévision russe, le 4 mars 2016, une phrase que tout le monde a oublié est qui est la clé pourtant du mensonge trumpien sur ses relations avec les Russes. C’est aussi un homme qui depuis des décennies a infiltré la démocratie américaine en posant notamment sur une photo à la Maison Blanche avec Donald Reagan alors au pupitre. Ce homme, clé de voûte de l’infiltration russe dans la vie politique américaine depuis des décennies, c’est Edward Lozansky.

Son nom ne me disait strictement rien. Et pourtant. Les archives de Médium et notamment celles de Patrick Simpson et de Grant Stern dans leur rubrique The Stern Facts, relues cet été avec délice (je tente ici de vous résumer leurs nombreux articles sur l’individu), regorgent d’indications. Elles sont toutes aussi surprenantes les unes que les autres, sur l’étonnant parcours de ce physicien devenu lobbyiste pro-russe qui ressemble davantage à celui d’un super-espion ayant passé inaperçu durant tout ce temps, grâce à de solides amitiés républicaines et à une fine équipe de nettoyeurs du net qui « peignent » les articles le concernant, en effaçant ici et là des références, comme celle des origines d’un cliché, désormais introuvable sur Google. La photo, c’est celle-ci (à droite) : c’est celle de Reagan déclarant solennellement « le Jour d’Andrei Sakharov » à la Maison Blanche, le 18 mars 1983 (en l’absence de ce dernier, toujours retenu en URSS). En voici la vidéo, avec un extrait ici  à gauche. Avant que le caméraman ne zoome sur la tête et la gomina de Reagan, observez à l’extrême droite au premier rang, l’homme aux longs cheveux, à la cravate bleue rayée et à l’allure plutôt pataude, les bras ballants. Il s’appelle Edward Lozansky. La Maison Blanche venait d’inviter ce jour-là ce qu’elle pensait être un simple lobbyiste défenseur de la cause d’Andreï Sakharov, balancée icône du monde libre anti-soviétique. Elle venait d’introduire sur son perron quelqu’un que l’on soupçonne beaucoup aujourd’hui d’avoir été l’envoyé direct des services secrets russes !!! Parlez d’un scoop : le loup dans la bergerie de Washington serait là depuis 37 ans !!! 37 ans d’infiltration dans le saint des saints de la démocratie US (euh, et ailleurs, ça continue un peu partout en effet, lire ici les exploits d’une autre équipe) !

Un paquet de dissidents expédié aux USA

Tout avait donc commencé avec Sakharov. ce physicien nucléaire soviétique, père de la bombe A russe, la RDS-1, explosée à Semipalatinsk en 1949, puis de la bombe à hydrogène et du monstre qu’a été la Tsar Bomba de 57 mégatonnes. Il est en même temps devenu un fervent militant pour les Droits de l’Homme au point d’obtenir le Prix Nobel de la paix en 1975. Assigné en résidence à Gorki de 1980 à 1986 il a été réhabilité par Gorbatchev en 1988, un an avant sa mort. Il avait été à l’origine du départ d’autres dissidents, cherchant à se rendre aux USA qui leur tendaient les bras, ravis de voir le communisme haï en difficultés.

Si bien qu’avait germé une idée de génie au sein du KGB russe (où Poutine travaillait) : celle de glisser parmi de faux dissidents supporters proclamés de Sakjharov de bons vieux espions insoupçonnables, expédiés aux USA ? Ils n’y verraient que du feu, ces américains !  Idée reçue 5 sur 5 au Kremlin avec un Brejnev toujours à l’affut d’entourloupes. Voici donc un dissident tout fait fabriqué, servi sur un plateau : la preuve en étant que Yelena Bonner, la femme puis la veuve de Sakaharov, n’avait jamais entendu parler de lui avant qu’il ne s’expatrie… aux USA pour diriger le mouvement de défense de son mari ! Pire encore quand elle apprendra que ce dernier voulait travailler là-bas avec le Pentagone (il était physicien lui aussi) !!! « Notamment, Bonner a critiqué sa politisation et sa polarisation du groupe en s’affiliant aux forces politiques américaines de droite. Mais le plus révélateur, Bonner a mentionné que Lozansky poursuivait quelque chose qu’aucun activiste normal des droits humains ne ferait. Lozansky poursuivait des projets avec le Pentagone » expliquent nos deux auteurs.


« On pourrait imaginer que politiquement, un dissident travaillant avec le Département de la Défense n’engendre pas la coopération de l’Union soviétique alors que vous pétitionnez pour la libération du principal scientifique nucléaire de ce pays – et fabricant de bombes » ajoutait Bonner dans ces notes personnelles » (ci-dessus) . Le groupe d’extrémistes dont parlait Bonner étant celui du sulfureux Lyndon LaRouche (un conspirationniste d’avant l’heure décédé récemment en 2019), dont l’ “Executive Intelligence Report » produira cet étonnant extrait ici à droite à propos de Lozansky, décrit comme téléguidé par le GRU, le service de renseignement militaire de la Russie ! Lyndon LaRouche ayant lui aussi sauté dans le wagon de l’opposition à la dissidence russe, par principe, puisque Reagan la soutenait ! Ici à droite à un meeting la rencontre Reagan-LaRouche, dernier ayant effectivement bien l’oreille présidentielle… Une dissidence suivie de près aussi, pourtant, par des espions US : preuve de cette infiltration, la présence incongrue dans le groupe de défense de Sakharov d’un drôle de personnage, présent au tout premier Forum mondial sur la Russie avant même quel ne porte ce nom, à savoir Walter Raymond Jr, répertorié comme membre du Conseil de sécurité nationale de l’administration Reagan, le roi des « psy-ops » un extrême- droitiste ayant participé activement à l’affaires des Contras et  à  l’opération Mockingbird, (démarrée sous Kennedy) celle qui avait consisté à noyauter les jeunes étudiants US en contrôlant notamment les publications qui leur étaient destinées. Bref, les amis de Sakharov, vrais ou faux, étaient à l’époque l’objet d’énormément d’attentions, de part et d’autre du pouvoir pendant la Guerre Froide !

Des liens étroits qui ont perduré : le groupe de LaRouche a été invité en 2015 au dîner du 10e anniversaire de RT Russia, la chaîne de propagande russe, avec comme participants notoires assis à la même table Jill Stein du parti des verts US, Emir Kusturica, sa femme Maja, l’ex ambassadeur tchèque Cyril Svoboda, Serguei Invanov, Dmitry Peskov et… Michael Flynn, tout ce joli monde en compagnie de… Poutine (ci-dessus) !

Roman à l’eau de rose à la clé

Pour faire mieux passer la pilule de l’expatriation, Lozansky se fera passer pour un critique du pouvoir en place, cherchant des soutiens aux USA… et en utilisant sa propre femme pour apitoyer les américains : un bon plan concocté de main de maître par…  (le KGB, ou la CIA, on ne sait qui a eu l’idée !) : il contactera ainsi Bob Dole et Jack Kemp deux futurs candidats à la présidence, pour plaider sa cause, plus Billy Graham et Mark Levin. Levin, avant de devenir le supporter inconditionnel de Trump que l’on connaît, a travaillé dans l’administration du président Ronald Reagan et a été le chef de cabinet du procureur général Edwin Meese, celui qui a mis en place le trafic de cocaïne du plan Iran-Contras (il a été décoré par Trump, lire ici) ! Un intense lobbying pour obtenir un visa de sortie de l’Union soviétique pour émigrer légalement aux États-Unis. Mieux, en lui donnant le plus d’écho possible !!! Le plan était royal : faire une campagne sur une histoire d’amour entre une russe et un ukrainien dont la première restée en URSS et l’autre déjà arrivé sur le sol américain, en pleine période d’expansion fulgurante des soap-opéras à la TV !!! « Le président Ronald Reagan a organisé une réunion entre Lozansky et le vice-président George H.W. Bush le 26 mai 1982. Quelques semaines plus tard, la femme d’Edward Lozansky a été libérée et elle est venue aux États-Unis. En 1982, Lozansky obtint le visa de sortie de sa femme et transforma son histoire en un livre intitulé «Pour Tatiana» qui racontait sa véritable histoire d’amour internationale avec la fille d’un général soviétique de haut rang, un Roméo et Juliette communiste ». Le livre sorti relatant leur histoire (à leur mariage il avait  vingt-neuf ans,  et elle dix-huit (1)) figure ici à droite. Peu de temps après, Lozansky créait l’Institut Andrei Sakharov dont il s’est bombardé directeur exécutif, provoquant l’ire de Yelena Bonner : il n’avait jamais contacté Sakharov !

L’ami peu recommandable de Mike Pence

Lozansky ne dissimulant que peu son jeu aux USA, car c’était tout son intérêt, en effet, de passer pour un fervent soutien à Reagan : « « en novembre 1984, Lozansky avait personnellement mis en colère le président de l’université de Stanford, Donald Kennedy, en tentant d’utiliser l’Institut Sakharov pour diffuser la propagande de droite américaine en Union soviétique. » Parmi ces liens sur place, un autre personnage sulfureux : Paul Weyrich, le très réac cofondateur de la Heritage Foundation, (et de la Free Congress Foundation, comme de lAmerican Legislative Exchange Council) et un proche de l’ultra-réac John Birch Society, taxé souvent de « christo-fasciste », dont le bras droit présentait un très lourd et encombrant passé :  » le bras droit de Weyrich, Laszlo Pasztor, ancien chef du parti pro-nazi des Croix Fléchées en Hongrie, qui avait collaboré avec le Reich d’Hitler, figurait en bonne place dans cet effort. Après avoir purgé deux ans de prison pour ses activités chez les Croix Fléchées, Pasztor a trouvé son chemin aux États-Unis, où il a joué un rôle déterminant dans l’établissement du bras de sensibilisation ethnique du Comité national républicain »… Ici à gauche un gars bien connu, presqu’éploré, en train de saluer la disparition de Weyrich en 2008… car c’était son mentor !!! Ce jour-là Mike Pence avait déclaré « personne n’est parfait, mais il s’en est assez rapprochée . » Weyrich, un pionnier dans le genre, bien avant Fox-News et OAN (grande diffuseuse de désinfo russe), puisqu’il avait créé en 1993 sa chaîne ultra-conservatrice de télévision, National Empowerment Television. Appellée aussi America’s Voice; elle a fini par se planter en 1997, faute d’argent.. et de public.

Comme invité régulier elle avait la baderne extrémiste Newt Gingrich, qui y venait en payant sa place 140 000 dollars pour son émission, payés par son propre parti Progress and Freedom Foundation !!! Il ne reste que peu d’images (floues) de ce désastre télévisuel sans moyens : celle retrouvée ici d’un animateur de ces débuts (le dirlo de la chaîne !) Greg Herman, de l’émission Watch TV, officiant dans un décor minimal avec un mug, et lisant les deux journaux du jour, face à un unique technicien… ce que Pence appelle approcher la perfection, sans doute !!!  Le commentateur de préciser que, dans l’émission à trois francs six sous, l’animateur en direct n’arrêtait pas de dire « appelez-moi » et.. le téléphone ne répondait jamais !!!

La réunionnite à Moscou

L’heure en 1975 était donc à la détente, entre russes et américains, avec comme symbole le plus frappant la rencontre dans l’espace entre les cabines spatiales Apollo et Soyouz, jusqu’ici rivales dans la conquête spatiale. L’ami Leonov, disparu récemment, cosmonaute-héros, avait fait le pitre comme à l’accoutumée dans le navire spatial réuni. En face c’est Thomas Stafford, qui a fait le tour de la Lune, en ultime répétition avant que Neil Armstrong ne mette le pied dessus, avec Donald Slayton enfin récompensé de sa patience : il avait alors 51 ans et c’était le membre du tout premier lot de cosmonautes qui avait été réuni pour Mercury ! L‘artiste Leonov peindra lui-même la scène de la rencontre (ici à droite).

Tout ce petit monde russe et américain se réunit donc régulièrement dans les années 80, soit avant tout les extrémistes de droite US et des membres les plus réactionnaires du parti républicain, y compris souvent à Moscou. Ici en photo en haut Edward Lozansky (2eme à partir de la droite), Paul Weyrich (3eme à droite) avec Robert Krieble (2eme à gauche), le chimiste inventeur de la colle Loctite en 1953 ; il donnera 100 000 dollars tous les ans à l’Heritage Foundation dont il deviendra président en 1985 et son Krieble Institute sera créé en 1989 « to promote democracy and economic freedom in the Soviet Union and Eastern Europe », tous ici à la réunion du « Freedom and Democracy ». Kieble, violemment anticommuniste, avait dit un jour vouloir « détruire l’URSS », d’où sa croisade en Russie qu’il pensait ainsi « libérer » !!! Devant à gauche l’associé russe de Pozansky, le maire de Moscou Gavriil Kharitonovitch Povov (remplacé depuis par Sergueï Sobianine), pas vraiment un fan de la Perestroïka. Ce dernier, lord du putsch raté contre Eltsine, avait confié à l’ambassadeur des États-Unis, Jack Matlock que Gorbatchev avait tout fait pour encourager les putschistes … « Les forces pro-démocrates de l’Union soviétique ont formé le «groupe interrégional des députés» composé du maire de Moscou Popov, Arkady Murashev – qui a fondé le Centre pour la politique conservatrice libérale (avec Robert Krieble) et a été orateur au Forum mondial de la Russie 2007 de Lozansky et Anatoly Sobtchak  le premier maire démocratiquement élu de Saint-Pétersbourg, le mentor de Poutine (c’était son prof) mort d’une crise cardiaque . » Popov, très lié à Edward H.Crane du Cato Institute, autre nid à réactionnaires extrémistes de droite US ! Crane était un libertarien, financé par l’industriel réac Charles Koch, le précurseur du Tea-Party qui a amené Donald Trump aux portes de la Maison Blanche !!! La fameuse « détente » des années 90, ce sont donc les pires anticommunistes fascisants qui s’y sont engouffrés. Et sont tombés dans le panneau d’une Guerre Froide qui n’aura eu jamais de fin en définitive !!! Bernés par un jeune ambitieux du KGB qui les a vus venir … les a laissés faire et les a beaucoup encouragés !

Des liens entre le GOP et les russes ont été tressés à l’époque.  Des liens qui perdurent le 6 juillet 2018, alors qu’une délégation de sénateurs républicains conduits par Richard C. Shelby (des l’Alabama) visitaient Petersburg et Moscou, ayant rendez-vous avec des parlementaires russes et le ministre des affaires étrangères Sergey Lavrov (ici à gauche sur la photo). Il y avait Steve Daines (Montana), John Hoeven (Dakota du Nord.), Ron Johnson (Wisconsin), John Kennedy (Louisiane), Jerry Moran (Kansas), John Thune (Dakota du Sud.), et Kay Granger (Texas).

Son copain conseiller à Donestk

Les liens avec la Russie sous Trump découverts par  The Stern Facts sont plus qu’évidents : « Lozansky, a enseigné les mathématiques et la physique à l’Université George Washington et à l’Université américaine de Washington, D.C. il y a des décennies, mais il a fondé l’Université américaine de Moscou en 1990. (…). Faute de personnel, de campus, d’instructeur ou de diplômes, l’université américaine de Lozansky à Moscou n’est pas plus réelle que l’université Trump » (lire ici le cas, chapitre « Pam, La « great womem » de Floride et ses mensonges outranciers »). Une recherche dans la version russe des «Pages blanches» révèle que «l’université» de Lozansky partage des propos avec le Center for Liberal Conservative Politics à Moscou, qui a été fondé par l’associé de longue date de Lozansky, Arkady Musharev. Aujourd’hui, le Center for Liberal Conservative Politics est dirigé par un homme surnommé «le cosaque» qu’aucun des grands propagandistes de Poutine n’a nommé Aleksandr Kazakov (alias Alexander Kazakov). Le rôle de Kazakov en tant que conseiller de la République de Donetsk le place directement en charge de la messagerie quotidienne pour une République de Russie séparatiste et le lie directement au Kremlin (…) Étonnamment, les informations d’adresse et le récent rapport du Guardian confirment indépendamment un e-mail de 2009 divulgué que Wikileaks a publié dans une cache d’e-mails volés à la société de renseignement privée américaine Stratfor (…) Le site Web ukrainien de vérification des faits StopFake rapporte que Kazakov est définitivement inscrit sur la liste de paie officielle de Poutine en tant que «conservateur idéologique» dont le travail est d’améliorer l’image du chef rebelle ». L’université de Lozansky sera inauguré en 1990 en présence de Yori Yossipan (ici à droite), conseiller de Gorbatchev, Lozansky venant avec lui l’année suivante aux USA pour rencontrer … Jesse Helms, entre autres, un ultra-conservateur soutenant la ségrégation raciale dans les années 60 !!! Raciste, il s’opposera à une déclaration du Sénat en l’honneur de Martin Luther King qui créait une journée fériée annuelle pour l’anniversaire de sa naissance !!! Décidément, les admirateurs de la Russie « libérée » sont tous des extrémistes et non des démocrates !

Il y a eu encore d’autres liens bien sûr. Et il y a aussi Twitter. Le 22 février 2018; un post nomme un individu, Patrick L Simpson comme étant impliqué dans l’affaire de l’intrusion russe dans la campagne de 2016 qui a vu le succès de Donald Trump. Un autre lui répond ; selon lui, le dénommé Simpson relie à Lozansky et à l’Heritage Fondation qui est installé au même étage que The American University, la coquille vide de Lozansky à Moscou. On y organise selon lui le World Russia Forum, qui a invité des gens tels que Chuck Grassley, Jeff Sessions, et un dénommé Dana Rorahbacher, selon ce post.  Ce qui est exact. Ce dernier n’étant pas un inconnu ici... depuis cet article. C’est un extrémiste pro-Reagan, ancien de la guerre d’Afghanistan qui a combattu sur place contre les russes (ici à gauche) et est revenue partisan de la fumette de marijuana (il arbore une casquette l’affirmant), et qui est allé jusque nier les événements de Charlottesville car il soutenait depuis toujours les suprémacistes blancs. Avec des propos infâmes mais qui font écho à ceux récents de Donald Trump. « Dans une interview accordée au San Francisco Chronicle, Rohrabacher a déclaré qu’il était possible qu’un «ancien partisan d’Hillary (Clinton) ou de Bernie (Sanders)» ait organisé des «reconstitutions de la guerre civile» pour se rassembler autour d’une statue de Robert E. Lee. «C’était une configuration pour ces stupides reconstitueurs de la guerre civile», a déclaré le républicain californien. «Ce sont les gauchistes qui les manipulaient pour avoir cette confrontation.» Pourtant  à voir les drapeaux déployés ce jour-là… (ici à droite).

Pour lui encore, l‘arrestation de la fameuse Butina, une espionne russe avérée, (ici à droite avec Alexandre Torshin) c’est plutôt représentatif du « Deep State », théorie complotiste que cite souvent Trump. Butina a depuis retrouvé du boulot, rassurez-vous… Pire encore, regardez ici sa profonde bêtise à ce Rorahbacher : « le document décrit les contacts étendus entre Butina et le responsable russe, y compris une conversation sur les projets du responsable de «rencontrer un membre du Congrès américain lors d’un voyage de la délégation du Congrès à Moscou en août 2015». Rohrabacher a déclaré à Politico qu’il faisait partie de cette délégation et qu’il pourrait être le membre du Congrès mentionné dans l’acte d’accusation, mais qu’il n’en était pas sûr ». Le genre de gars à ce dénoncer aux flics sans qu’on lui demande !!! Car, selon Business Insider, il en avait rencontré, des russes :

-« Il aurait rencontré l’avocat et lobbyiste russe Natalia Veselnitskaya en avril 2016. Elle a assisté à la réunion de juin 2016 de la Trump Tower avec le président de la campagne Trump de l’époque, Paul Manafort, le gendre du président Jared Kushner et le fils aîné de Trump, Donald Trump Jr.

-En 2013, il a rencontré Manafort et un ancien membre du Congrès américain devenu lobbyiste.

-Lui et son ancien directeur du personnel ont été accusés l’année dernière d’avoir violé la loi Magnitsky – une loi de 2012 qui met sur liste noire les Russes soupçonnés de violations des droits de l’homme – lorsqu’ils ont tenté de faire retirer le procureur général adjoint de la Russie de la liste des sanctions américaines en 2016.

-Un autre membre du Congrès et lui ont dîné avec Torshin et d’autres membres de la délégation russe au petit-déjeuner de prière national l’année dernière. Torshin a finalement été expulsé de l’événement après qu’un assistant de la Maison Blanche ait repéré son nom sur la liste des invités et alerté les autres sur les activités illicites présumées de Torshin ».

-Il a rencontré le fondateur de WikiLeaks Julian Assange en août 2017 pour l’informer de la réunion de Veselnitskaya et mettre Assange en relation avec des responsables américains.

Plus d’autres réunions, comme celle-ci qui ne manque pas de sel:  « En avril dernier (2017), Rohrabacher s’est rendu à Moscou lors d’un voyage officiel du Congrès avec quatre autres membres du Congrès et deux membres de son personnel. Rohrabacher et son assistant principal, Paul Behrends, ont rencontrés en privé Vladimir Yakounine un confident de Poutine que le Département du Trésor a mis sur liste noire en 2014 pour punir la Russie pour envahissement de l’Ukraine, selon un itinéraire examiné par Politico et confirmé par Rohrabacher (il est ici à droite avec un autre ultra-droitiste mais français : Thierry Mariani, partisan d’Assad, et même son propagandiste, qui a fini par passer chez Marine lePen après être longtemps resté à l’UDF… son épouse étant russe : c’est Irina Chaikhoullina !!!)  Il n’y avait rien d’illégal à parler à Yakunin, a clairement indiqué le reste de la délégation.  Lors de cette réunion, l’un des sujets abordé avec Yakunin et Behrends selon Rohrabacher, était l’affaire Magnitsky. Plus tard ce jour-là, Rohrabacher a rejoint le reste de la délégation pour rencontrer Konstantin Kosachev (ici à gauche), président du Comité des affaires internationales au Conseil de la Fédération (homologue du Sénat en Russie). Lors de cette réunion, Kosachev a exhorté Rohrabacher à consulter les procureurs russes au sujet de l’affaire Magnitsky. Rohrabacher a bien reçu un document remettant en question l’histoire de Magnitsky, a-t-il déclaré lui-même à Politico ». Bref, les contacts de notre homme qui avait la confiance de Trump, n’étaient pas anodins !

Le négationniste venu soutenir Assange

Rohrabacher a aussi un autre ami, c’est Charles « Chuck » Johnson. On détient une photo d’eux ensemble, sur un escalier, devant une porte. Ce n’est pas n’importe où ; c’est la porte de l’ambassade de l’Equateur à Londres. Là où s’était réfugié Julien Assange (et où il s’est reproduit via l’avocate Stella Morris). C’était en 2017. Or Charles « Chuck » Johnson est un suprémaciste, un raciste et un négationniste (il l’a écrit en Tweet (2) !!! On notera ici que cela ne semble jamais avoir embarrassé Assange d’avoir le soutien d’un négationniste (après avoir reçu celui d’un antisémite avéré, Israel Shamir).

Or qu’a-t-on appris récemment, soit 19 septembre 2020 ? Ceci :  « L’avocate d’Assange, Jennifer Robinson, a déclaré dans une déclaration de témoin qu’elle était présente à une réunion à l’ambassade de l’Équateur à Londres en 2017 entre Assange, alors Rep. Dana Rohrabacher et l’associé de Trump, Charles Johnson. Lors de la réunion, le couple aurait dit à Assange qu’ils pourraient l’aider à lui accorder une grâce présidentielle en échange d’informations qui «profiteraient politiquement au président Trump». Rohrabacher et Johnson ont déclaré que Trump était au courant de la réunion et a approuvé l’offre à Assange de ce qu’ils ont décrit comme une proposition «gagnant-gagnant». Les avocats représentant les États-Unis ont accepté la déclaration du témoin comme étant exacte et ont confirmé qu’ils n’avaient pas l’intention de contre-interroger la demande ». On notera le terme « associé » de Trump, pour le négationniste Johnson !!! Depuis quand donc un homme qui nie l’existence des camps de concentration, un troll déchaîné sur internet (qui a affirmé savoir où était l’avion du vol MH370 !!), banni de Twitter en 2015 pour harcèlement de l’activiste noir DeRay Mckesson, peut-il devenir « conseiller présidentiel ? »  On a vu dans la saga de cet été que les Tweets de Donald étaient révélateurs de ses liens étroits avec les extrémistes, y compris les plus imbéciles. On en a ici une confirmation flagrante !

Le sommet de l’iceberg

Il y aurait donc un monstre glacé, venu de la Guerre Froide, dissimulé aux USA depuis des lustres pour vendre aux américains bernés (surtout aux Républicains) les prouesses d’un Poutine ? Un bloc de glace, en quelque sorte, qui en a attiré beaucoup. Et le sommet de cet iceberg c’est bien une simple phrase, prononcée par notre héros du jour, ici en train d’intervenir sur Russia Today chez la présentatrice à l’air triste et fatigué (Oksana Boyko).  En 2016 en effet, le 4 mars, Edward Lozansky a fait une bien étrange prédiction, ou plutôt a lâché une information alors encore inconnue, deux semaines avant qu’elle ne devienne officielle : celle de la nomination du général Flynn et de Dana Rohrabacher comme conseillés aux affaires étrangères de Donald Trump ! Edward Lozansky, qui partageait son bureau avec « le cosaque », n’avait pu l’apprendre que des russes, effectivement !!! Etrangement, il avait aussi prédit que Clinton allait gagner, mais à une condition… « si le FBI ne l’arrêtait pas  » !!! Des semaines avant la déclaration explosive de Comey qui avait couté l’élection à la représentante démocrate ! D’où pouvait-il tenir cette info, sinon d’un service secret ? L’implication de Poutine est flagrante !!!! Une décision dont on a forcé la main (celle de Comey) par la révélation d’un faux document.. russe !!!

Les russes avaient réussi à tromper le FBI !!!

C’est cela le plus désolant : « le document, obtenu par le FBI, était une prétendue analyse des services de renseignement russes (…). Il faisait référence à un e-mail prétendument rédigé par la présidente de l’époque du Comité national démocrate, la représentante Debbie Wasserman Schultz (Floride), Et envoyé à Leonard Benardo, un responsable de l’Open Society Foundations, une organisation fondée par le milliardaire George Soros et dédié à la promotion de la démocratie. Le document russe ne contenait pas de copie du courrier électronique, mais il décrivait certains des contenus du prétendu message. Dans le prétendu e-mail, Wasserman Schultz affirmait que Lynch avait été en communication privée avec une responsable de la campagne Clinton nommée Amanda Renteria, pendant la campagne. Le document indiquait que Lynch avait dit à Renteria qu’elle ne laisserait pas l’enquête du FBI sur Clinton aller trop loin, selon des personnes qui la connaissaient. Les responsables actuels et anciens ont fait valoir que le document secret donnait à Comey de bonnes raisons de prendre le pas extraordinaire au cours de l’été d’annoncer lui-même les conclusions de l’enquête Clinton sans la participation du ministère de la Justice. Comey n’avait pas le choix,, (…) car il craignait que si Lynch n’annonçait aucune accusation contre Clinton et que si le document secret fuyait, la légitimité de l’ensemble de l’affaire serait remise en question. » 

Bref du grand art, avec comme artiste principal comme chef d’orchestre un russe bien infiltré : Edward Lozansky, installé depuis 37 ans aux USA !

 

(1) un vrai soap opéra résumé ici de façon risible : »en 1972, Edouard Lozansky, jeune physicien ukrainien d’origine juive, épouse Tatiana Koslova, fille d’un général de l’Armée rouge. Il a vingt-neuf ans, elle en a dix-huit. Bientôt leur naîtra une fille, Tania. Edouard Lozansky mène dès lors l’existence de la Nomenklatura : villas, datchas, appartements particuliers, magasins spéciaux, mais cet envers du décor ne fait qu’accentuer sa répulsion à l’égard du système. Après de multiples tracasseries, il obtient en 1976 un visa de sortie, quitte l’U.R.S.S. et s’installe aux Etats-Unis, à Rochester, où il poursuit ses travaux de physicien. Pour partir, il a dû divorcer et accepter de laisser derrière lui sa femme et sa fille. Il croit en effet avoir conclu un marché avec son beau-père et les autorités soviétiques pour que sa femme et sa fille le rejoignent aux Etats-Unis. Mais le piège se referme elles sont désormais prisonnières à Moscou… Pendant six ans, Edouard et Tatiana vont alors ameuter le monde entier : pétitions, manifestations, articles de presse, émissions de télévision, dont un célèbre « Dossiers de l’écran ». En vain. Finalement, en mai 1982, Tatiana entame une grève de la faim en compagnie de plusieurs hommes et femmes qui sont dans le même cas qu’elle. Cette grève se termine par une victoire. Au trente-troisième four, voyant sa fille sur le point de mourir, le général Koslov craque. Il renonce à sa carrière et permet ainsi à Tatiana et à Tania d’aller rejoindre Edouard Lozansky aux Etats-Unis. Edouard, Tatiana et Tania Lozansky vivent aujourd’hui à Washington. Edouard Lozansky a une chaire à l’Université de la capitale fédérale où il dirige l’Institut Andreï Sakharov. Pour Tatiana n’est pas seulement un document exceptionnel, mais c’est aussi et surtout une histoire d’amour. Une histoire extraordinaire, qui réveille en nous des vertus oubliées : obstination, loyauté, fidélité et courage. Et c’est le premier grand drame humain dans la Nomenklatura ». Gag ultime : en 2010 ils se sont remariés… à Moscou (Poutine ne doit pas être rancunier, ce doit être ça) !

(2) voici sa citation révulsante : « Je n’ai pas et je n’ai jamais cru au chiffre de six millions. Je pense que les chiffres de la Croix-Rouge de 250 000 morts dans les camps du typhus sont plus réalistes. Je pense que le bombardement allié de l’Allemagne était un crime de guerre. Je suis d’accord avec David Cole sur le fait qu’Auschwitz et les chambres à gaz ne sont pas réelles. J’ai lu « La guerre allemande » (je le recommande vivement), Bloodlands, Mein Kampf et tout David Irving. Je suis plus ou moins d’avis que la guerre est le résultat des efforts du communisme pour se répandre dans le monde. Je pense également que les craintes de l’extermination allemande n’étaient pas fondées, surtout à la lumière de la famine ukrainienne. Mais je soutiens Israël en tant qu’Etat juif et le sionisme en tant que concept. Je suis un état pro-ethno, en général. Je comprends pourquoi et comment Hitler est arrivé au pouvoir, mais je pense qu’une trop grande partie de notre concentration sur la Seconde Guerre mondiale est consacrée à essayer de comprendre Hitler et pas assez à essayer de comprendre Weimar. Mecius Moldbug, alias Curtis Yarvin, a raison. L’Amérique est un pays communiste ». C’est bien une déclaration négationniste et révisionniste !!! Et c’est « conseiller » de Trump !

les sources :

https://thesternfacts.com

https://thesternfacts.com/@grantstern

https://thesternfacts.com/@trumpwatchdog

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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