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Les mots ?Mexique, Guatemala, Costa Rica, Honduras? projettent dans nos imaginaires, des destinations exotiques et des voyages. D?autres, ing?nieurs ou administrateurs pensent aux nouveaux march?s, ? de belles opportunit?s pour le commerce. D?autres encore, historiens, politologues ou ?conomistes ?voquent une zone d?influence am?ricaine. Peu d?entre nous, en entendant prononcer les noms de ces ?tats, penseront [...]

Les enfants de la rue en Am?rique Centrale

Les mots ?Mexique, Guatemala, Costa Rica, Honduras? projettent dans nos imaginaires, des destinations exotiques et des voyages. D?autres, ing?nieurs ou administrateurs pensent aux nouveaux march?s, ? de belles opportunit?s pour le commerce. D?autres encore, historiens, politologues ou ?conomistes ?voquent une zone d?influence am?ricaine. Peu d?entre nous, en entendant prononcer les noms de ces ?tats, penseront aux enfants de la rue, ni m?me les dirigeants de ces pays. Les enfants de la rue repr?sentent un fardeau pour l?Am?rique Centrale. Il est plus facile de les ignorer!

Par Mathieu Chagnon, Waterloo. Dossiers Communautaire, Commerce ?quitable

enfants-rue-amerique-centrale Les probl?mes humains sont ?normes en Am?rique centrale. La pauvret? fait des ravages. Dans cette r?gion, les enfants qui n?ont pas de famille se comptent par milliers. Ils affluent de la campagne apr?s que leurs parents, incapables de pourvoir aux besoins de leur famille devenue trop nombreuse, ne puissent plus les nourrir.

Les conditions de vie pour les enfants de la rue

Devenus de plus en plus nombreux, la plupart d?entre eux sont trop jeunes pour se d?brouiller dans la soci?t?. Ils qu?tent, volent ou vendent leur corps pour un repas chaud, une douche ou un lit propre. Vivant non pas au seuil de la pauvret?, mais bien au seuil de la mort, ils sont faciles ? entra?ner vers la violence. Ils sont les victimes privil?gi?es des touristes sexuels, des trafiquants d?organes, des policiers et des agents de s?curit? ayant la gachette facile.

Les conditions de vie qui les attendent dans les villes sont mis?rables et, au dire de Bruce Harris, directeur ex?cutif de Casa-Alianza, une organisation ind?pendante, sans but lucratif, vou?e ? la r?habilitation et ? la d?fense des enfants de la rue: ?Les enfants de la rue sont les plus pauvres des pauvres sans m?me que ce soit de leur faute?.

Un espoir pour les enfants de la rue

C?est dans ce contexte qu??uvre Casa-Alianza. Fond?e en 1981 au Guatemala, puis ?tendue par la suite au Honduras, au Mexique et au Nicaragua, Casa-Alianza prend en charge 9 000 enfants par ann?e. La plupart d?entre eux sont devenus orphelins par la guerre civile, sont abus?s ou rejet?s par leurs familles vivant la pauvret?. Ils sont tous traumatis?s par la soci?t? dans laquelle ils vivent. De m?me que ?Covenant House?, la fondation m?re situ?e aux ?tats-Unis, Casa-Alianza procure des repas, des abris, des soins m?dicaux, une ?ducation de base et des formations techniques ? ses prot?g?s. Gr?ce ? ses programmes, Casa-Alianza r?ussit ? r?ins?rer environ 60% des enfants dans la soci?t? latino-am?ricaine qui pourront avoir un travail de base et un revenu suffisant. C?est le plus grand organisme humanitaire autofinanc? en Am?rique centrale.

L?organisme r?alise sa mission de protection et de d?veloppement par le biais de plusieurs dispensaires, dortoirs, ?coles, h?pitaux de fortune. Les travailleurs y sont b?n?voles et proviennent de partout ? travers le monde, ils sont de tous niveaux de scolarit? et de tous ?ges. Si les besoins en main-d??uvre, mat?riel et financement sont grands, la n?cessit? d?une prise de conscience de la part des citoyens du monde l?est d?autant plus.

Les probl?mes rencontr?s

enfants-de-la-rue-amerique-centrale Casa-Alianza est aux prises avec des probl?mes beaucoup plus graves que le manque mat?riel pour les enfants. Plusieurs r?seaux criminels abusent des enfants de la rue. Les p?dophiles et les mafias organisent la prostitution, sans compter les trafiquants d?organes. Les enqu?tes men?es par l?organisme r?v?lent des violations incroyables des droits humains. On croirait plus ? une fiction polici?re qu?? la r?alit?.

Casa-Alianza poursuit les policiers, les gardes de s?curit? et les touristes sexuels auteurs de violence contre les enfants. Au Honduras et au Guatemala, plus de mille assassinats de jeunes de moins de 21 ans ont ?t? r?pertori?s par l?organisme dans les 45 derniers mois. En f?vrier dernier, plus de 18 enfants de la rue sont morts au Honduras. Les enfants sont anonymes, les morts ne sont pas rapport?s aux autorit?s. Les gens l?-bas sont d?pass?s par le probl?me. Il n?y a m?me pas de guerre en Am?rique Centrale actuellement. Rien aux bulletins de nouvelles! En fait, elles sont ?touff?es pour ne pas nuire aux relations ?conomiques de ces pays. Ces pays sont nos partenaires ?conomiques.

Casa-Alianza est aussi impliqu?e dans une lutte ? finir contre l?inaction des gouvernements du Guatemala et du Honduras. Plusieurs poursuites judiciaires ont ?t? intent?es contre ceux-ci. Pendant les proc?s, Bruce Harris a re?u des menaces de mort. On l?a somm? de d?missionner, on a tir? sur sa maison au fusil-mitrailleur et on a tent? de lui faire perdre le contr?le de sa voiture.

En Am?rique centrale, la cause des enfants de la rue est oubli?e. Dans tout ce que je peux lire ? ce sujet, les enfants de la rue sont consid?r?s comme un fardeau pour la soci?t?. Je suis tr?s d?licat dans mes propos parce que les textes sur lesquels je m?appuie font ?tat de cas d?enfants trait?s comme des d?chets humains.

Sierra Leone, les enfants de la guerre:

De la guerre ? la rue

Enfants soldats, de la guerre ? la rue

Les anges de la guerre

Malnutrition

Chaudrons et AK-47 ? 13 ans

Traumatismes de guerre

Les enfants de la rue en Am?rique?Centrale

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2 Commentaire

  1. avatar
    SylvainGuillemette

    Le passage du capitalisme sauvage dans cette région n’y est certainement pour rien, voyons… Comme les guerres civiles, elles n’ont surement rien à avoir avec la présence des États-Unis d’Amérique et de leurs sbires…

    Tous les pays de l’Amérique latine ont été imposés du capitalisme sauvage, par les armes la plupart du temps. Quant aux guerres civiles, difficile de fermer les yeux sur le financement états-unien, sinon sur les multiples écoles de torture mises en place par Washington, afin de contrer les communistes.

    Eh bien! Mais y a des morts, aux États-Unis aussi. Beaucoup d’enfants! Ou Ado! Ils se tirent dessus, pour des territoires de drogue, pour des couleurs de linge! Les Bloods, les Crips…

    Sinon, il faut aussi remettre dans le contexte l’apparition des gangs de rue, qui n’est de fait que le résultat de l’exportation de nos problèmes (Quand on déporte un jeune criminel dans son pays d’origine, il importe à son tour son apprentissage aux siens. Ainsi, le Salvador s’est fait envahir par ces gangs de rue, bien plus forts que chez nous en proportion.).

  2. avatar

    Je suis parfaitement d’accord que les États-Unis ont fait des ravages épouvantables à travers leurs passages un peu partout à travers le monde. Le financement des guerres à partir de la drogue, les tentatives de contrôles des autres gouvernements pour mettre en place leurs amis…

    Raymond Viger
    Journal de la Rue