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L’ensauvagement du monde

Hier matin, mon père est allé faire ses courses à la supérette du coin. Depuis le début de l’épidémie, il ne va plus que là. Parce qu’il peut y aller à pied, ce qui est important pour un vieux monsieur qui a laissé tomber la voiture et ses nuisances depuis une bonne vingtaine d’années déjà. Il allait bien de temps à autre au grand centre commercial de la métropole d’à côté, mais c’était toute une expédition qui le rendait dépendant de la disponibilité et de la gentillesse de son amie motorisée.

Pendant le confinement, ils auraient pu obtenir une dérogation de déplacement pour assistance à vieux chnoque, mais très vite, mon père m’avait écoutée et avait compris qu’en cas de contamination, il aurait été bon dernier de la liste des gens pouvant prétendre à des soins un peu consistants pour sauver sa peau.

 

 

Licence to kill1

Donc, il a laissé tomber depuis des mois les grandes surfaces et leur foule et se rend presque tous les matins à la petite épicerie du coin.

Déjà, parce qu’elle ouvre tôt, à la fraiche, quand les touristes et les gens pressés et indifférents sont occupés à récupérer sans succès leurs heures de sommeil à jamais perdues dans l’harassement généralisé.

 

Ensuite, parce que leur clientèle fidèle étant constituée pour l’essentiel des vieux résidents de la cité balnéaire, les propriétaires n’ont jamais relâché le protocole de distanciation physique et ont maintenu le port du masque depuis le début. Et ça, c’est important pour mon père qui, à près de 88 ans, n’a toujours pas digéré la brutalité médiatique du déconfinement où moult éditopsychopathes ont bruyamment déploré que l’on ait pu mettre à mal les sacrosaints chiffres de l’économie triomphante pour sauver la peau de quelques vieux qui sont voués à clamser prochainement, de toute façon.

Quand tu fais partie des gens qui ont connu l’occupation nazie et le courage des résistants, je peux concevoir la sidération et la colère avec lesquelles on peut recevoir ce type d’abjection. En fait, même si tu n’as pas connu le monde du Reich, il n’est besoin que d’être une personne dotée de 3 neurones qui se touchent pour avoir subitement et profondément envie de karchériser à grande eau les écuries médiatiques contemporaines.

Nous étions 4 à attendre notre tour pour régler à la caisse — tous masqués, bien sûr, et chacun d’entre nous derrière le trait qui permet de respecter la distanciation — quand il est entré. Un grand type, la quarantaine, taillé comme un rugbyman, sans masque, évidemment. Il devait être arrivé récemment, blanc comme il était. Je dis ça aussi pour tous ceux qui disent que les incivilités, c’est le fait des Arabes. Non, celui-là, il était bien, bien blanc. Il est entré comme ça, il a pris le journal du matin et il est allé directement à la caisse, où la patronne était bien sûr masquée, elle aussi, en réclamant une baguette. Monsieur, toutes ces personnes étaient là avant vous, vous devez attendre derrière elles votre tour. Immédiatement, le type a explosé, comme s’il n’attendait que ça : Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre de ce troupeau de débiles masqués ! et il est partant en gueulant et en embarquant le journal en passant. Encore un pour ma pomme a soupiré l’épicière. Je ne suis pas certain qu’il ait fait exprès d’embarquer le journal, par contre, il voulait montrer à tout le monde que le masque, il était au-dessus de ça.

Récit de mon père au téléphone.

Nous avons été témoins d’une autre scène de ce genre, 2 jours plus tôt, six-cents kilomètres un peu plus à l’ouest. Un type erratique dans la galerie marchande du bled en chef, peut-être 50 ans, seul avec son visage découvert, comme s’offrant aux baffes. Bien sûr, il y a tous ceux qui ont l’irrépressible besoin de sortir leur pif du masque, comme des exhibs du pauvre, mais lui était en mode démonstratif. Je crois que c’est ça, des gus qui se fantasment comme des rebelles, des résistants, qui veulent montrer qu’ils sont plus forts que le virus, comme s’ils voulaient l’impressionner avec leur nouveau substitut phallique en plein vent.

Finalement quelqu’un fait remarquer derrière nous au gars que désormais le masque est obligatoire dans les lieux publics fermés et immédiatement, le malotru se met à beugler. D’autres gens convergent, ça crie. C’est ridicule, mais je me mets à penser à Florent Pagny qui ahanne sa liberté de penser du fond de son exil fiscal.

Bien sûr, les résistants du masque2 sont un fait social dont l’origine est à aller chercher dans la gestion lamentable de l’épidémie par les élites politiques, économiques et médiatiques depuis le début : déclarations stupides et contradictoires, minimisation, trafic des chiffres, dissimulations, mensonges permanents sur la réalité de la situation et des efforts déployés, fabrique permanente de fake news jusqu’aux plus hauts niveaux d’irresponsabilité !
Derrière, ils ont beau jeu, tous ces faisans, de faire retomber la responsabilité du fiasco collectif sur les mauvais comportements individuels… mais en même temps, il y a chez quelques-uns une sorte de jubilation perverse de profiter du désordre ambiant pour pouvoir enfin s’affranchir de tout contrôle social, de tout respect des règles communes, mais surtout et par-dessus tout, de tout respect d’autrui.
Il faut bien avouer que dans le domaine particulier du mépris des autres et de la brutalité revendiquée, l’exemple vient particulièrement d’en haut, et pas seulement depuis la nouvelle ère pandémique.

Le manche et la cognée

https://www.youtube.com/watch?v=PtRMslHbgMI

La standing ovation3 pour Christophe Girard, la réaction d’Alice Coffin et surtout le tombereau d’insultes dont elle fait l’objet depuis pour avoir oser crier sa colère, soulignent une nouvelle fois l’état des rapports de forces de la société française et mérite que l’on contextualise bien l’histoire pour en comprendre toutes les fondations et tous les développements.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo encapsulée ci-dessus, le 24 juillet, profitant de l’épuisement de l’ordre du jour, le préfet de police Didier Lallement4 disrupte le Conseil de Paris pour apporter son soutien à Christophe Girard, démissionné la veille. S’en suit donc une standing ovation troublée par les cris d’une élue EELV, Alice Coffin, l’intervention du réalisateur qui coupe le son, puis l’hommage et le soutien encore plus appuyés d’Anne Hidalgo, maire de Paris, poids lourd du PS français et présidentiable putative.

Il n’est pas possible de comprendre la scène si on ignore que Christophe Girard, adjoint à la culture de la mairie de Paris est directement impliqué dans l’affaire Matzneff, le pédocriminel qui a construit sa réputation d’écrivain sur le récit de ses exploits pédophiles, ce qui en a fait la coqueluche du tout Paris bourgeois, politique et culturel.

M. Matzneff n’a pas l’habitude de se cacher. Longtemps il a été célébré parce qu’il ne cachait rien, justement; ni sa chasse aux jeunes filles devant les collèges parisiens, ni ses rapports sexuels avec des garçons de huit ans aux Philippines.

Il a été invité à déjeuner à l’Élysée par François Mitterrand et a fréquenté Jean-Marie Le Pen, le dirigeant d’extrême-droite. Il a bénéficié des largesses du couturier Yves Saint Laurent et du compagnon de ce dernier, le puissant homme d’affaires Pierre Bergé.

Un écrivain pédophile — et l’élite française — sur le banc des accusés, par , New York Times, 11 février 2020

Voilà qui permet de bien recontextualiser l’affaire, même s’il vaut mieux s’informer à l’étranger sur ce qu’il se passe dans notre propre pays.

Outre François Mitterrand, M. Matzneff bénéficiait d’appuis plus directs.

Puis, cherchant un abri plus sûr, M. Matzneff et l’adolescente s’installèrent à l’hôtel. M. Matzneff explique que les factures de ce dernier étaient réglées par Yves Saint Laurent, le couturier décédé en 2008, par l’entremise d’un de ses collaborateurs proches, Christophe Girard. L’arrangement lui avait permis de se remettre d’une opération de l’œil, et d’ « échapper aux visites de la Brigades des mineurs (qu’il appelle des “persécutions”), » écrit Mme. Springora.

M. Matzneff se rappelle de M. Girard lui disant, « Nous nous occupons de tout, les repas, tout. » Il précise: «et ça a duré je crois, deux ans, à peu près. »

« Pour nous, c’est une goutte d’eau, ce n’est rien, nous vous aimons beaucoup, » lui avait dit M. Girard, toujours d’après M. Matzneff. M. Girard a refusé de nous accorder un entretien pour cet article.

Idem

Norimitsu Onishi produit un nouvel article dans le New York Times qui cible plus particulièrement Christophe Girard et son soutien amical et financier au pédocriminel.

Un influent adjoint à la mairie de Paris, critiqué récemment pour avoir fréquenté l’écrivain pédophile Gabriel Matzneff, a déclaré vendredi n’avoir eu que récemment connaissance des abus sexuels commis par ce dernier sur des garçons prépubères et des filles adolescentes.

En dépit du fait qu’ils se connaissent de longue date, l’adjoint, Christophe Girard, nie quasiment toute connaissance des abus sexuels perpétrés par l’écrivain, qui écrit et s’exprime ouvertement sur sa pédophilie depuis les années 1970 et lui a même dédié l’un de ses ouvrages.

Bien au contraire, M. Girard a affirmé dans un entretien accordé au New York Times que c’est la lecture du livre Le Consentement, paru début janvier, qu’il lui a ouvert les yeux sur les exactions commises par M. Matzneff. Ce livre est le premier témoignage à paraître de l’une des anciennes victimes de M. Matzneff, Vanessa Springora.

Ce mercredi, M. Girard a été entendu comme témoin quatre heures durant par les enquêteurs qui travaillent désormais sur l’affaire Matzneff. Il affirme que ce n’est qu’au cours de cet interrogatoire qu’on lui a montré des passages de livres dans lesquels M. Matzneff décrit ses rapports sexuels avec de jeunes garçons.

Un soutien de Gabriel Matzneff affirme n’avoir rien su de ses activités pédophiles, par Norimitsu Onishi, New York Times, 7 mars 2020

Christophe Girard ne s’est pas contenté d’aider à fournir une scène de crime à Matzneff :

Des années plus tard, en 2002, c’est encore par l’entremise de Christophe Girard – devenu adjoint à la culture du maire de Paris – que l’écrivain aurait obtenu, d’après le New York Times, une allocation annuelle à vie du Centre national du livre (CNL).

Dans son communiqué, l’élu répond qu’il ne peut « ni infirmer ni confirmer » l’information, n’en ayant « pas le souvenir »« Cela est tout à fait possible », indique-t-il, relativisant : « Il est fréquent que les auteurs en difficulté financière sollicitent des lettres de recommandation. »

Une telle allocation est un privilège rarement attribué. « À l’époque, il avait déposé un dossier pour demander une bourse d’écriture. Mais les écrivains retraités n’y avaient pas droitCette demande lui a donc été refusée, a expliqué à L’Opinion l’actuel directeur du CNL, Vincent Monadé. Il a alors remué ciel et terre pour faire pression sur le CNL, du président du CNL, Jean-Sébastien Dupuis, au ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, en passant par Christophe Girard et d’autres, des personnalités importantes, membres de l’Académie française ou prix Goncourt, qui sont intervenus en sa faveur. Au final, la pression a été telle qu’il a obtenu cette allocation annuelle pour les auteurs. »

Affaire Matzneff : l’élu Christophe Girard convoqué comme témoin par la police, par Marine Turchi et Fabrice Arfi, Mediapart, 4 mars 2020

Au final, l’enquête avançant, les amitiés de Christophe Girard sont devenues quelque peu encombrantes pour la municipalité fraichement reconduite et qui commence à sérieusement trier dans sa batterie de casseroles, d’où la démission alors que l’enquête progresse. La manœuvre de Lallement — j’espère que vous avez tous su apprécier son sourire en coin une fois qu’il a dégoupillé sa bombe à crottes au milieu du Conseil de Paris — met cyniquement en lumière la complaisance des élites pour les criminalités sexuelles.

« Si, aujourd’hui, Gabriel Matzneff m’appelle, je le prendrai au téléphone, mais je ne l’aiderai pas », poursuit l’élu, soulignant que la pédocriminalité « [le] dégoûte »« Mais je suis aussi d’une génération qui considère qu’il faut séparer l’œuvre de l’auteur5. Je disais ça aussi pour Polanski. »

Christophe Girard, idem.

C’est bien dans cette perspective que le cri d’Alice Coffin fait écho à celui d’Adèle Haenel dans des circonstances totalement similaires, comme le rappelle inopportunément Christophe Girard, celui du soutien indéfectible de l’élite française à ses bourreaux méritants, supérieurs, auréolés du droit quasi monarchique de piétiner le gueux, le faible et l’impuissant pour bien rappeler à la plèbe qui tient le manche et qui est du côté de la cognée !

L’inversion des rôles est tout de même une vieille ficelle bien usée, car oui, tout comme Adèle Haenel, Alice Coffin est présentée comme celle par laquelle le scandale arrive, comme si la dénonciation du crime et de ses complicités était bien plus grave que le crime lui-même.

L’attaque comme seule défense

En dehors de ne jamais avouer, la principale défense des abuseurs qui se pensent au-dessus des lois destinées essentiellement à l’édification et au dressage de la plèbe, consiste généralement à trainer dans la boue celleux qui les confrontent ou à détourner l’attention sur le bouc émissaire habituel.

Le cas Darmanin est tout aussi emblématique de la totalité impunité que la culture du viol à la française procure à ses élites, tout en pourrissant l’ensemble du corps social.

«La réalité, c’est qu’Emmanuel Macron et son entourage n’en ont absolument rien à cirer des droits des femmes, de l’égalité ou de la lutte contre les violences. Ils s’en foutent. Complètement.

Certes, ce n’est pas la première fois qu’un Président de la République n’est pas féministe. Son désintérêt aurait pu rester poli et neutre. Son désintérêt est devenu militant et agressif. Cela faisait longtemps qu’un gouvernement n’avait pas été aussi ouvertement anti-féministe.

En nommant à la tête de l’institution censée recueillir les plaintes des femmes victimes, Gérald Darmanin, visé par une enquête pour un crime sexuel, Emmanuel Macron dit aux femmes de se taire. En nommant à la tête de l’institution censée juger les violences sexuelles Éric Dupond-Moretti, qui considère que les femmes « regrettent de ne plus être sifflées dans la rue », le Président nous dit que notre parole ne sera pas prise au sérieux.»

La claque, par Caroline de Haas, Mediapart, 7 juillet 2020

Darmanin, c’est le soutien aux sales types, le mépris des victimes, la perpétuation de la loi du plus fort, c’est le bras d’honneur du patriarcat, la banalisation de la domination. Ce n’est pas juste un accident industriel, c’est la continuation d’un système qui ne se contente pas de rendre coup sur coup, mais qui entend annihiler ses détractrices après les avoir lynchées en place publique et soumises à la vindicte populaire. Ce sont toujours les mêmes coups bas, à réclamer à corps et à cris une présomption d’innocence qui est presque systématiquement refusée aux victimes de viol.

Un collectif de 91 intellectuelles et militantes féministes de plus de 35 pays, dont Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix, et Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature, se charge de répondre à nos macronistes bêlant à la présomption d’innocence et à la justice-qui-s’est-déjà-prononcée : « Nous, militantes, intellectuelles, femmes politiques féministes, issues de plus de trente-cinq pays du monde, avons appris avec sidération, le 6 juillet, les nominations au poste de ministre de l’Intérieur de la France de M. Gérald Darmanin et à celui de ministre de la Justice de M. Éric Dupond-Moretti. Ce remaniement du gouvernement français représente un virage politique antiféministe, dont la portée dépasse largement les frontières de la France. Il vient renforcer le backlash [« retour de bâton »] contre les femmes, dont nous sommes victimes sur tous les continents, en violation de nos droits fondamentaux. En effet, M. Darmanin fait l’objet d’une procédure judiciaire pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance, qu’il aurait commis à l’encontre de Sophie Patterson-Spatz en 2009. Bien qu’il soit légalement présumé innocent, nous considérons comme politiquement impensable et inacceptable une telle promotion, compte tenu de l’instruction en cours. Nous alertons sur le risque que la nomination de M. Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur, autorité hiérarchique des policiers chargés de l’enquête sur ses agissements, pourrait faire peser sur l’indépendance de la procédure. » Croyez-vous ?

« Viol » ou pas, Darmanin est coupable : l’ignominie en marche, par Olivier Bonnet, Plume de presse, 16 juillet 2020

Alors, quand les dominants sentent que la pilule ne va pas passer, ils envoient l’habituel rideau de fumée.

En lâchant le mot d’ensauvagement, Darmanin savait parfaitement qu’il beuglait dans l’appeau à trolls d’extrême droite et d’ailleurs, comme en témoigne cette preste récupération par l’un des plus énormes d’entre eux. Car les mots sont toujours importants, d’autant qu’ils ont une histoire qui refoule souvent du goulot.

Dans un colloque intitulé « De la délinquance à l’ensauvagement ? », Marine Le Pen mentionne que la cité, dont elle rappelle l’étymologie (« civis »), n’est plus « synonyme de civilisation, de courtoisie » mais est devenue « un monde auquel on accole le terme d’incivilité » et où « la violence qui y régnait a évolué en ultra violence. » Le mot ensauvagement fait planer une menace, celle d’un monde qui se « décivilise », d’un monde qu’il faudrait policer, comme le suggère la photographie représentant des policiers (voiture et motards) qui illustre l’éditorial intitulé « Les violences gratuites augmentent, le monde s’ensauvage » (site de Sud Radio, mars 2019). L’ensauvagement serait tel que seul le recours à la police pourrait endiguer ce retour de barbarie.

Ensauvager et ensauvagement, des mots épouvantail, par Catherine Ruchon, L’Écume du discours, 22 mars 2019

Mais en ce faisant, il attire l’attention sur le fait que la barbarie n’est pas à nos portes, mais bien incrustée dans les fondements mêmes de notre société, d’une indulgence qui confine à l’aveuglement criminel envers les dominants et d’une férocité et ignominie sans entraves avec les tous les autres, dans une immonde parodie de les femmes et les enfants d’abord !

L’affirmation brutale du patriarcat, c’est cela l’ensauvagement du monde. C’est la consécration de la loi du plus fort, le mépris des solidarités. C’est l’affirmation de soi comme nombril du monde, comme incapacité à penser l’autre, le prendre en compte.

C’est la légitimation tacite de l’individu étalon, de celui qui peut justifier par la violence son refus de la règle et du droit commun, ce qui sous-tend la parano complotiste6 et le rejet de toute consigne, au mépris des plus élémentaires prudences et empathies : de Darmanin au malotru croisé par mon père, la boucle est bouclée.

Notes

  1. Permis de tuer, titre d’un James Bond
  2. Maintenant, on va énoncer un fait simple et brutal : le port du masque n’est pas plus une opinion que le fait de conduire bourré comme une otarie. Il n’y est pas plus question de débat ou de liberté individuelle, dans la mesure où ces inconduites peuvent s’avérer mortelles pour autrui.
  3. Le fait d’applaudir debout pour montrer à quel point on adhère et soutient l’objet de l’hommage, c’est-à-dire un engagement fort et personnel (bien que souvent moutonnier)
  4. Dont on ne perdra pas de temps à résumer les faits d’armes républicains et donc le camp auquel il a choisi d’appartenir.
  5. Il est intéressant de noter que la séparation de l’œuvre de l’artiste ne marche que pour les hommes qui profitent de leur position dominante et jamais pour les femmes qui dénoncent abus, crimes et complaisance.
  6. C’est d’autant plus pervers que les mensonges répétés des dirigeants ne peuvent que conforter une assez légitime méfiance.

Monolecte

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