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Photo: Stéphanie LeBlanc

L’enfant et la religion

Photo: St?phanie LeBlanc

Photo: Stéphanie LeBlanc


J’ai été baptisée à l’âge de trois semaines dans une église catholique. Ce jour-là, je suis devenue officiellement chrétienne, plus spécifiquement catholique. Si j’avais été baptisée dans une église protestante, j’aurais été dès lors considérée comme une petite protestante.  Bien entendu, personne ne m’a demandé mon avis sur la question et on ne l’a pas fais davantage quand j’ai su parler.  Quelques années plus tard, j’ai fait ma première communion, ma confirmation et même, chose assez rare au sein de ma génération, ma profession de foi. Il ne me manquerait que le mariage catholique et l’extrême-onction pour que j’aie tout le « kit »!  J’ai décidé de passer mon tour (surtout pour le dernier sacrement!). Aujourd’hui, je suis agnostique et bien heureuse de l’être. Je n’ai demandé l’avis de personne.

Soyons honnête: dans la majorité des cas, nous ne pratiquons une religion que parce que celle-ci nous a été transmise par nos parents. Rarement la choisissons-nous volontairement à l’âge adulte, en toute connaissance de cause. La raison en est fort simple: un enfant est plus facile à influencer qu’un adulte, il est donc plus facile de lui inculquer des croyances et de l’habituer à accomplir des gestes rituels qui deviendront plus tard des automatismes.  Les parents ne sont pas mal intentionnés, ils font ce qu’ils croient être le mieux pour leur enfant.

J’étais une enfant intelligente et curieuse.  Les sciences naturelles m’intéressaient tout particulièrement.  Aujourd’hui je suis persuadée que je n’aurais pas cru un seul instant qu’un dieu avait mit une vierge enceinte et que le fils ainsi conçu faisait des miracles et est ressuscité trois jours après sa mort si on m’avais balancé tout ça ne serais-ce que 10 ans après mon baptême.  J’y ai cru parce c’est ce qu’on m’a répété durant mes premières années de vie. Je suis allée à la messe tous les dimanche jusqu’à l’âge de 11-12 ans et j’ai eu des cours de religions jusqu’en secondaire 5.  Si j’avais eu un conditionnement religieux très rigide à la maison, peut-être serais-je encore catholique, qui sait?

Croire, c’est être persuadé de quelque chose sans avoir de preuve, parfois même en l’absence de validité scientifique. Je sais que la Terre est ronde parce que la science l’a prouvé. Je n’ai pas constaté ce fait de visu mais je trouve cette donnée vraisemblable.  Si j’avais des doutes, je pourrais toujours regarder un bateau s’éloigner à l’horizon et constater qu’il disparaît de ma vue en commençant par le bas.  Les croyances religieuses ne nous sont pas inculquées comme des connaissances.  On nous demande de croire, c’est tout.

Les connaissances font appel à la logique alors que les croyances font surtout appel aux émotions.  Dans le cerveau humain, c’est l’hémisphère gauche qui est le siège de la logique alors que l’hémisphère droit est celui des émotions.  La communication entre les deux hémisphères est assurée par le corps calleux.  Ce dernier ne peut remplir sa fonction de façon optimale chez l’être humain qu’à partir de l’âge de 10 ans.  Jusqu’à cet âge, l’hémisphère gauche n’est donc pas en mesure de « contredire » les croyances qui font réagir l’hémisphère droit.  C’est ainsi qu’un enfant peut avoir parfaitement assimilé la notion que « Rien ne se perd rien ne se crée » par exemple, tout en continuant à croire sincèrement qu’un homme a multiplié les pains et les poissons il y a 2000 ans.

Je me revois encore à 8 ou 9 ans, dans mon cours de religion, en train dessiner les saintes femmes en train de raconter à des apôtres sceptiques qu’elles viennent de voir Jésus vivant trois jours après sa mort.  Je me rappelle avoir écrit dans un phylactère au-dessus d’un apôtre, sans doute Saint Thomas, « Voyons, s’il est mort, il ne peut pas ressusciter » (la mort étant évidemment essentielle au concept de résurrection, je crois que j’ai simplement voulu faire dire à Saint Thomas qu’un mort, ça ne revient pas à la vie comme ça!).  A aucun moment il ne m’est venu à l’esprit que l’annonce des trois femmes était effectivement invraisemblable et que l’attitude de Saint Thomas demandant à toucher les plaies du Christ pour se convaincre de la réalité de sa résurrection était un signe de gros bon sens.

Il y a les croyances enfantines, comme celle au Père Noël ou à la Fée des dents (une petite souris en France). Ces croyances ne sont pas particulièrement entretenues par la société, à part peut-être la croyance au Père Noël mais celle-ci est surtout encouragée par la publicité et les médias et moins par les individus. Lorsque l’enfant grandi et découvre le monde, il finit par renoncer de lui-même à ces croyances et personne ne lui en tient rigueur.  En revanche, on ne manifeste pas nécessairement la même tolérance envers l’enfant qui remet en question les dogmes religieux qu’on lui a inculqués. L’enfant qui émet simplement un doute sur un aspect de sa religion s’expose dans certains cas à des regards choqués, des remontrances, voire même dans certains cas une punition.  A force de subir des pressions pour rentrer dans le rang, il n’est guère surprenant que des personnes intelligentes et instruites finissent par perdre l’habitude de douter et de se poser des questions.  Les sectes en sont pleines.

Le fait que certains parents tiennent à ce que leurs enfants reçoivent une éducation religieuse à la maison mais aussi à la garderie et à l’école est la plus preuve qu’il est difficile de propager une religion en s’adressant à l’intelligence et la logique des gens.  Non pas qu’il faille être stupide et manquer de logique pour pratiquer une religion mais si cette dernière doit absolument être enseignée à des êtres vulnérables au cerveau immature pour pouvoir s’enrichir de nouveaux adeptes, cela ne révèle-t-il pas son incapacité à séduire la plupart des personnes au cerveau formé ?  Je dis bien la «plupart» car il y a bien sûr les cas de conversion adulte.  Je dois dire que je suis intriguée par les gens qui on adopté un tout nouveau système de croyances à l’adolescence ou à l’âge adulte, surtout dans les cas où une personne passe de l’athéisme à une religion.  Peut-être certaines personnes adhèrent-elles davantage au code de vie d’une religion qu’aux croyances qui y sont véhiculées.

Je crois qu’un enfant ne devrait jamais être soumis à l’endoctrinement religieux.  S’il tient absolument ;a adopter une religion, que ce soit celle de ses parents ou une autre, lorsqu’il sera adolescent ou adulte, il aura toujours le loisir de le faire.  Si cela doit faire diminuer le nombre des adeptes des différentes religions, c’est peut-être le prix à payer pour s’assurer que les personnes qui adhèrent à une religion le font consciemment.  Même les plus grandes valeurs peuvent s’épanouir hors du cadre d’une religion.  C’est même préférable qu’elles s’épanouissent ainsi chez les enfants si on veut qu’elles persistent à l’âge adulte.  En effet, il n’est pas rare qu’un adolescent balance, en même temps que sa religion, une partie des valeurs associées à celle-ci!  Plusieurs québécois, chrétiens pratiquants, déplorent justement le fait que l’on ait « jeté le bébé avec l’eau du bain » en devenant une société laïque …

De mon éducation catholique, j’ai gardé certaines valeurs, en particulier l’importance de traiter les autres comme on voudrait être traité.  Pour moi il ne s’agit pas d’une croyance mais d’une simple question de logique et de savoir-vivre.  Je mentirais si je prétendais avoir toujours respectée cette valeur – ceux que l’on traite comme on voudrait être traité ne nous rendant pas toujours la pareille – mais je n’ai pas l’impression d’être une personne plus mauvaise depuis que j’ai quitté la religion catholique.  J’ai simplement l’impression d’avoir laissé tomber une coquille qui ne me ressemblait plus.

Stéphanie LeBlanc

A propos de Stéphanie LeBlanc

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17 Commentaire

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    Je suis d’accord en tout point qu’il devrait être interdit d’imposer la religion aux enfants. Mais bon, ceux qui le font argueront assez rapidement devant cette idée que ce serait aller à l’encontre de leur liberté.

    Alors, la question qui me vient : laquelle des libertés entre les parents et les enfants est la plus importante? Il me semble que la liberté des parents entrave pas mal celle des enfants…

    • avatar

      Je ne parle absolument pas d’interdire aux parents de transmettre leur religion à leurs enfants, j’espère seulement leur faire réaliser que la liberté de religion comprends la liberté de ne pas se faire imposer un culte et c’est exactement ce qu’on fait à un jeune enfant lorsqu’on l’endoctrine, même si on ne le fait pas avec de mauvaises intentions.

      Si le droit du parent de pratiquer son culte inclut celui de l’imposer à son enfant, cela entre effectivement en contradiction avec le droit de ce dernier de ne pas se le voir imposer.

    • avatar

      Je pensais à une interdiction morale, et non légale.

  2. avatar

    Bonjour Stéphanie LEBLANC,

    Chaque phrase de votre article m’a ravi !
    Mais j’ai mis beaucoup plus de temps que vous à comprendre que j’avais été victime (par tradition, et de « bonne foi ») d’un endoctrinement religieux (protestant « libéral », à Bruxelles), jusqu’à l’âge de 21 ans.
    Ce n’est qu’à cet âge que j’ai découvert les alternatives laïques qui m’avaient été occultées.
    J’ai voulu comprendre pourquoi il m’avait quand même fallu 4 ans, jusqu’en 1964, pour me libérer totalement de l’imprégnation affective de ma croyance et pour devenir athée(en passant par le déisme, l’agnosticisme et l’incroyance). Je me suis donc intéressé aux études (religieuses !) relatives à l’origine exclusivement psychologique, éducative et culturelle de la foi, ainsi qu’aux observations de neurophysiologistes (croyants !, tels que le Canadien Mario Beauregard) qui tendent (involontairement !) à expliquer la fréquente persistance neuronale de la foi, notamment par IRM fonctionnelle.
    Pour plus de détails, je vous propose un coup d’oeil à mon blog :

    http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.html

    Votre commentaire m’intéresserait vivement.
    Je vous en remercie déjà.
    Cordialement,
    Michel THYS
    à Ittre, près de Waterloo en Belgique.

    • avatar

      Merci infiniment pour vos commentaires! Je viens de lire votre article intitulé « Une approche inhabituelle (neuroscientifique) du phénomène religieux ». Je m’intéresse beaucoup à tout ce qui touche la neurologie aussi je ne suis guère surprise que la biochimie du cerveau ait une aussi grande influence sur la foi religieuse.

      Je m’intéresse aussi aux travaux de Mario Beauregard, dont j’ai pris connaissance dans le cadre de mes recherches personnelles sur les expériences de mort imminente, un sujet auquel je m’intéresse depuis l’âge de 12 ans environ. Le cousin athée qui me servait de parrain de confirmation ayant ébranlé mon jeune esprit (au cours même de la cérémonie), en m’expliquant pourquoi lui ne croyait en aucune vie après la mort et ayant toujours été portée à douter de ce dont je ne peux être sûre, j’étais dans un état littéralement dépressif quand mon professeur de sixième année nous parla un beau jour du livre « La vie après la vie », dont je trouvai peu de temps après un condensé dans un numéro du Reader’s Digest. C’est de cette façon que j’ai commencé à lire des témoignages de personnes ayant vécu une EMI. Étonnamment, je suis demeurée catholique encore quelques années.

      Je devenais plus difficile à convaincre avec l’âge qu’il y avait bien une vie après la mort (il faut dire que je suis gauchère, ce qui me donne un corps calleux particulièrement épais!) C’est alors que j’ai lu des récits d’EMI concernant des personnes cliniquement mortes en milieu hospitalier (preuves médicales à l’appui) et dont le cerveau n’était plus en mesure de percevoir ni d’enregistrer un souvenir et qui sont parvenu à décrire avec précision ce qui s’est dit ou fait autour de leur chevet durant leur mort clinique. Certaines de ces personnes étaient même aveugles de naissance. J’ai été alors définitivement convaincue de l’existence de l’âme, puisque je n’avais plus à me fier uniquement sur la parole des gens.

      Je ne devrais pas me décrire comme agnostique mais il n’y a pas de terme pour « sans religion » et habituellement je ne parle pas de mes convictions d’après-vie par crainte de commentaires disgracieux. J’ai fais une exception ici mais il fallait que j’explique cette apparente irrationalité. Dans mes pires crises existentielles, j’aurais aimé que quelqu’un me raconte tout ça (même
      à 12 ans, je ne me confiais à personne de peur de transmettre mon angoisse aux autres).

      Je crois qu’il n’est nullement nécessaire d’associer la spiritualité ou la conviction d’une vie après la mort à une religion organisée. Je suis très agacée des discours prétendant qu’une personne sans religion est nécessairement immorale et sans aucune spiritualité. Je traitais d’ailleurs de ce sujet dans « Vertu ou obéissance » (http://www.centpapiers.com/vertu-ou-obeissance/75123). Je ne vois aucune utilité de modeler mes comportements en fonction d’une autorité supérieure qui aurait le pouvoir de me récompenser ou de me punir. Je préfère développer mon propre système moral, qui présente l’avantage de ne pas varier en fonction de l’anticipation de conséquences imaginaires.

  3. avatar

    Bonjour Stéphanie.

    Très bonne présentation d’une situation très discutée encore aujourd’hui.

    Je suis également agnostique; et je pense que je le suis parce qu’on m’a également inculqué la religion lorsque j’étais bébé et enfant.

    La question que je me pose est:
    Comment serais-je si on ne l’avait pas fait?

    C’est la seule qui me semble importante.

    Celle de penser que « l’imposition d’une religion est une atteinte à la « liberté » d’un enfant, est aussi logique que le serait celle de lui mettre une couche et de le nourrir sans lui demander son opinion.

    Vous dites:
    « De mon éducation catholique, j’ai gardé certaines valeurs, en particulier l’importance de traiter les autres comme on voudrait être traité. »

    Déjà, il n’est pas assuré que cette valeur serait vôtre sans avoir été élevée dans la religion.

    Vous avez cru au père Noël. Vous n’y croyez plus. Vous avez cru à certains dogmes religieux, vous n’y croyez plus.

    C’est donc que vous avez « choisi » ce qui vous convenait. Auriez-vous pu le faire étant bébé?

    Et comment seriez-vous, aujourd’hui, si vous n’aviez jamais eu à réfléchir sur ces questions pour faire votre choix?

    Je pense que que là est l’importance de la religion. Pour les autres, ils en ont besoin.

    Amicalement

    André Lefebvre

  4. avatar

    Bonjour André. Il m’arrive aussi de me demander si mes valeurs auraient été différentes sans éducation catholique mais d’autres éléments ont pu façonner mon système moral: les dessins animés (surtout les japonais dans lesquels les personnages sont généralement plus nuancés que « bons » et « méchants »), la portion « morale » du cours d’enseignement moral et religieux, mes lectures diverse (j’étais un vrai rat de bibliothèque), Passe-Partout, que sais-je?

    Il est certain qu’un enfant aura plus de difficulté à développer un système de valeur si on le laisse totalement à lui-même mais il n’est pas nécessaire de l’embrigader dans une religion pour lui transmettre des valeurs humanistes. Il était utile de me dire qu’il fallait traiter les autres comme je voudrais être traitée mais l’était-ce autant de me dire que celui qui avait dit ça était le fils d’un dieu et d’une vierge? Je ne crois pas!

    Rétrospectivement, je crois que le fait d’avoir eu une religion durant des années m’a habitué à me reposer sur des croyances pour me rassurer ce qui fait que lorsque j’ai perdu une première fois ma foi religieuse (voir mon commentaire à Michel Thys), j’ai eu l’impression d’être tombée sans filet dans un gouffre.

  5. avatar

    Bonsoir Stéphanie (ici,il est presque 20 h.),
    Merci pour votre réponse.
    Notamment à propos des hallucinations lors d’une EMI, je vous conseille la lecture de « La biologie de dieu », du neurophysiologiste Patrick JEAN-BAPTISTE, Ed. Agnès Viénot, bien que ce livre date déjà de 2003. Selon lui, lors d’une anoxie du cortex visuel et du tronc cérébral, conséquence de l’arrêt du coeur, « la représentation du monde et de soi-même mise en scène par le cerveau ne serait plus bornée par les lobes préfrontaux et les sens ». Il écrit : « La relative constance des EMI et le fait qu’elles ne se déclenchent qu’en cas de grand danger ou présumé tel, même en dehors d’un véritable stress physiologique, les apparente à une sorte de réflexe. Un réflexe qui se déclencherait tandis qu’une certaine conscience de l’environnement serait maintenue, en dehors des phases d’EEG plat, donc ».

    (…) « La quiétude ressentie par la personne en EMI s’accompagne d’une dominante parasympathique qui ralentit les battements cardiaques et amplifie l’illusion du décès ». Sans aller jusqu’à y voir un « avantage darwinien », « en s’hallucinant un paradis », malgré sa composante apaisante, il compare ce réflexe de survie au « réflexe de la thanatose ou thanatomimétisme », qui consiste à « faire le mort », comme les reptiles, notamment. Cela me rappelle ( bien que je sois pas neurophysiologiste) que notre cerveau reptilien, précisément, qui préside aux fonctions végétatives, mais qui est interconnecté avec le néocortex, est le dernier à mourir en cas d’anoxie. Cela me rappelle aussi la notion d’« inhibition de l’action » du neurobiologiste Henri LABORIT, lorsque l’attaque ou la fuite ne sont plus possibles.
    Que des aveugles de naissance puissent avoir décrit une EMI ne me surprend pas : non seulement certains ne le sont pas totalement, mais, s’ils le sont, il y a sans doute réminiscence de leur apprentissage de la réalité, soit par ce qu’on leur en a décrit, soit par l’audition, soit par le sens du toucher (du visage, etc). Je n’y vois personnellement pas du tout la preuve de l’existence de « l’âme » : la pensée, l’esprit, l’ « âme », sont des « émanations », encore très peu comprises, de nos neurones.

    Les hallucinations durant une expérience de mort imminente (par exemple : se voir comme si l’on était au plafond, voir une lumière au fond d’un tunnel, entendre des voix, ressentir un intense bien-être, etc…) sont par ailleurs comparables à celles vécues dans le cas d’une épilepsie ayant son siège dans le lobe temporal droit, et aussi dans d’autres circonstances (syncope, fièvre, hypnose, orgasme).
    Pour qu’il y ait une connotation religieuse, « il faut cependant que préexiste une attente d’ordre religieux » , écrit Patrick JEAN-BAPTISTE, comme ce fut le cas pour « Saint Paul, Moïse, ou encore Mahomet, Bouddha, Dostoïevski, Jeanne d’Arc, Bernadette Soubirous, etc .. », diagnostiqués évidemment a posteriori comme épileptiques probables, c’est-à-dire à la suite d’une éducation religieuse confortée part un milieu croyant évidemment unilatéral. Il ajoute : «Lorsqu’une crise d’ épilepsie se produit à la base du cerveau, en particulier dans le lobe temporal ou dans le système limbique, les symptômes sont d’ordre émotionnels : une extase intense, ou la sensation de communiquer directement avec Dieu. Suprême récompense : il arrive que des femmes aient des orgasmes pendant ces crises ».

    Le neurologue croyant canadien Mario BEAUREGARD, malgré son intelligence et son intellect, ne réalise pas qu’il est influencé par sa croyance religieuse … A moins qu’il ne la revendique et l’assume volontairement, ce qui semble résulter d’une correspondance que j’ai échangée avec lui. Financé par la Fondation Templeton, il a cherché (en vain, évidemment) dans le lobe temporal droit l’ « antenne » que Dieu y aurait placée pour recevoir sa « Révélation » ! Le neurologue RAMACHANDRAN aussi …

    A propos de votre « corps calleux » plus épais, ce ne serait pas dû au fait que vous êtes gauchère, mais, selon Patrick JEAN-BAPTISTE, une caractéristique du sexe féminin. Chez les femmes, « le corps calleux, qui réunit les deux hémisphères, serait plus épais de 18 % (il y passe plus de fibres nerveuses que chez les hommes) ». D’où peut-être, selon Patrick JEAN-BAPTISTE, une plus grande affectivité, un besoin constant d’être  rassurées », et donc souvent aussi par Dieu …
    De fait, les femmes sont statistiquement plus nombreuses que les hommes à avoir la foi.
    Même si la neurobiologiste Catherine VIDAL n’est pas d’accord, ce serait – j’emploie le conditionnel – « parce que leur cerveau présente  plusieurs différences : surtout dans le système limbique, à l’intérieur des amygdales, peut-être en raison de l’imprégnation hormonale durant la vie fœtale ».

    L’agnosticisme est assurément l’attitude la plus cohérente pour tout scientifique, puisqu’il doit théoriquement toujours prévoir la découverte d’un élément nouveau, aussi improbable soit-il au vu de la convergence constante des hypothèses vérifiées.
    Mais philosophiquement, même si l’on peut y voir une attitude tolérante, j’y vois plutôt soit une attitude d’indifférence, soit la crainte ou le refus d’assumer ses convictions ou de s’engager.

    Celui qui a échappé à toute influence religieuse n’a évidemment qu’une connaissance intellectuelle de la croyance religieuse, alors que le croyant la vit essentiellement de manière émotionnelle.
    Je ne conteste pas la légitimité, d’ailleurs constitutionnelle, ni la sincérité d’une éducation religieuse familiale. Mais les parents croyants devraient veiller à ne pas influencer leurs enfants au point de risquer d’anesthésier leur esprit critique et leur libre choix ultérieurs en occultant toutes les alternatives, qu’elles soient religieuses ou laïques. C’est hélas ce qui se passe chez les musulmans.

    Je regrette que perdre la foi puisse donner « l’impression d’être tombé dans un gouffre ». C’est hélas parce que les alternatives laïques (l’humanisme laïque, la morale laïque, la spiritualité laïque, etc.) qui permettent de donner un sens non religieux à l’existence, ont toujours été occultées par toutes les religions …

    Bien amicalement,
    Michel THYS

  6. avatar

    Bonsoir Michel. Même si les connaissances actuelles sur la biochimie du cerveau peuvent expliquer certaines perceptions chez des personnes en danger de mort ou en état de grande frayeur, j’ai bien spécifié que je parlais de cas de mort cérébrale « totale », lorsque le sujet est rendu incapable de la moindre perception. De plus, je ne parlais pas des témoignages concernant des éléments subjectifs (tunnel avec lumière au bout, rétrospective de la vie, être de lumière, etc) mais bien de faits vérifiables comme par exemple des membres du personnel médical qui confirment que ce que décrit la personne réanimée (étapes de la réanimation, conversation entre des personnes dans la salle d’attente, numéro de série sous les meubles de la salle de réanimation, etc). Un aveugle de naissance qui fait une description visuelle, ça ne s’explique pas comme une hallucination! Ce ne sont peut-être les preuves les plus « scientifiques » qui soient mais ce sont les meilleures que je puisse espérer.

    Je trouve étonnante votre volonté (arrêtez-moi si je me trompe) de me convaincre que les expériences d’EMI ne peuvent s’expliquer que par des réactions biochimiques, compte tenu du fait que je vous ai révélé avoir été dépressive à 12 ans parce que ma foi religieuse s’était écroulée. J’aurais sans doute dû spécifier que c’était la perspective de cesser d’exister après ma mort qui me causait toute cette détresse, qui n’était pas moins réelle parce que j’étais très jeune. Pour moi, la vie ne servait plus à rien si mon existence devait prendre fin un jour. Entendre parler de témoignages d’EMI m’a véritablement redonné le goût de vivre, même si d’autres doutes m’ont assaillie à 17 ans, me plongeant dans une dépression très profonde et que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi! Maintenant que je suis débarrassée de ces doutes, je ne voudrais pas les retrouver pour tout les milliards de la Terre!

    Je n’ai certes pas vos connaissances en biochimie mais, vous sachant athée, je voulais vous donner au moins la possibilité d’envisager la mort, non pas comme la cessation de votre existence mais comme une continuation. C’est un peu le cadeau que j’aurais voulu qu’on me fasse quand j’avais 17 ans. Il n’y a pas que des personnes religieuses ou des amateurs d’ésotérisme qui s’intéressent aux EMI, il y a également des médecins, par exemple Jean-Jacques Charbonnier, un réanimiste français.

    Je ne peux pas être certaine que les histoires de tunnels, d’êtres de lumière, de rencontre avec des proches décédés ou de jardins merveilleux sont vraies car je n’ai que la parole des gens qui en parlent mais j’ai la plus profonde conviction que l’âme existe et qu’elle survie à la mort du corps et pour moi, il ne s’agit nullement d’une croyance. C’est même parce que je suis une personne naturellement sceptique que je ne me suis pas contentée des premiers témoignages que j’ai lus.

    • avatar

      😉
      Connaître la raison des causes:

      Schizophrénie hallucinatoire + enthéogène
      = illuminés + délires mystiques
      = croyances et religions.
      Dieu a dit, mais à qui l’a-t-il dit ?
      http://pagesperso-orange.fr/maurice.champion20/Mais-a-qui-l-a-t-il-dit.htm
      Antoine Lesur, psychiatre / La schizophrénie, la comprendre pour mieux la vivre.
      « La désorganisation que cause la maladie s’accompagne d’interrogations incessantes sur sa propre identité, sur les valeurs morales (le bien et le mal, Dieu et le Diable), sur la sexualité etc…
      A quand la prévention explicative des symptômes hallucinatoires ?
      L’essentiel : http://champion20.monsite.orange.fr
      Cordialement à vous.

    • avatar

      J’espère que vous êtes conscient que suggérer que la conviction en l’existence de l’âme humain ou les expériences d’EMI sont un signe de schizophrénie, c’est du gros n’importe quoi. Les schizophrènes présentent un taux de dopamine trop élevé, ce qui n’est pas mon cas et, bien que je n’aie plus de croyances religieuses, j’admets volontiers que ce n’est pas le cas non plus de la majorité des personnes pratiquant une religion.

      S’il suffisait d’avoir des croyances pour être schizophrène, cela signifierait que la prévalence de la maladie en France est sûrement supérieure à 1%. Cela signifierait aussi que la majorité de nos ancêtres l’étaient, ce qui serait plutôt inquiétant si l’on considère l’existence d’une prédisposition génétique à cette maladie. Enfin, s’il suffisait d’expliquer à une personne schizophrène l’origine des hallucinations pour supprimer ses dernières, la maladie serait plus facile à surmonter que le rhume!

      Si on trouve des explications scientifiques à tout, on finira peut-être avec un peu de chance par en trouver une pour expliquer la grossièreté. (H)

  7. avatar

    😉
    J’ai trouvé irrésistible ce lien et je le partage.

    http://www.philo5.com/Cogitations/111001NePasNaitre.htm

     » Procréer c’est engendrer la mort. » 🙂

  8. avatar

    Euh… vous avez remarqué que le sujet de mon article est l’endoctrinement religieux des enfants? Parce que pas un seul de vos cinq commentaires n’a le moindre rapport avec ce sujet ni même avec la religion en général à vrai dire.

    Aussi bien publier directement un article sur le DMSO (ou même sur les vertus du hashish si vous préférez)…

  9. avatar

    « Be the change you want to see in the world. »
    -Mahatma Gandhi

  10. avatar

    @ Stephanie Leblanc

    J’AI NETTOYÉ VOTRE ARTICLE DES COMMENTAIRES SANS PERTINENCE DE TKADM30. SI VOUS SOUHAITEZ LES FAIRE RÉAPPARAITRE, VEUILLEZ M’EN AVISER.

    Pierre JC Allard

  11. avatar

    @ SL

    Mettant la foi au-dessus de la raison, toute religion prive les citoyens de confessions différentes du seul arbitrage efficace pour regler leurs différends et les condamne a la violence. Toute religion qui sort de la sphère strictement privée doit dont être interdite dans une société qui veut vivre en harmonie.

    Il est impossible d’empêcher les parents d’endoctriner leurs enfants, mais c’est le rôle de l’école de limiter les effets pervers de ce comportement en en montrant aux enfants les conséquences.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/16/tolerance-101/

    PJCA