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Le tourisme-vermine

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Le lac souffre de l?augmentation de sa population. Sa surface a diminu?, les collines environnantes ont ?t? d?bois?es pour le bois de chauffage. Cette d?forestation et l?augmentation de l?agriculture sur son bassin versant ont augment? l?apport de vase et de nutriments?: la vase comble le lac et les nutriments favorisent la croissance des plantes et des algues et pourrait provoquer un ph?nom?ne d?eutrophisation. Les jardins flottants eux-m?mes diminuent la surface du lac, ? mesure que leur support se transforme en sol. (Wiki)?

Le tourisme est une « industrie » qui se d?veloppe tellement qu?elle envahit les villages « splendides » ? l?autre bout du monde. Les probl?mes que connaissent les habitants, cultivateurs, en plus de ceux caus?s par la baisse du niveau de l?eau, l?utilisation des engrais chimiques, en voil? un nouveau: ou deux? On a ras? la for?t surplombant une partie du lac pour y construire des h?tels.

Avant que le Myanmar n?ouvre davantage le secteur aux investisseurs, dans les ann?es 1990, le pays n?accueillait que quelques milliers de touristes par an?; ils sont aujourd?hui environ 300?000. On compte d?sormais plus d?une dizaine de grands h?tels autour du lac et sur ses eaux, et pas loin d?une trentaine d?h?bergements dans une ville voisine, alors qu?il n?y en avait encore que deux dans la r?gion au milieu des ann?es 1990. Le d?veloppement de la zone??ne fait qu?augmenter la quantit? de d?tritus ? traiter, d??lectricit? ? produire, d?eaux us?es sans doute d?vers?es dans le lac, dans une r?gion du monde o? les infrastructures sont souvent insuffisantes?,?d?plore Alan Ziegler, professeur ?associ? ? la National University de Singapour et coauteur de l??tude de l?organisation japonaise.?( Le courrier international)?

Ces travailleurs ne gagnent qu?environ 2$ par jour. Jadis, on op?rait le cultures en mode ?cologique, sans engrais, mais depuis quelques ann?es, on doit recourir aux engrais pulv?ris?s sans masques.

Les « achats » de paysages

Le citadin de b?ton cherche des paysages. Et ce n?est pas seulement en Birmanie. Au Canada, acheter une maison avec un coucher de soleil, ? vue sur le Grand Saint-Laurent, une bicoque d?labr?e co?te de deux ? trois fois le prix r?el, apportant ainsi ? la communaut? un accroissement des taxes municipales. Au point o? ils ne peuvent plus y vivre?

Ces passants-cam?ra et shorts viennent b?er aux paysages des parties sauvages et pauvres de tous les pays. Drogu?s ? l?effervescence des villes, de la « culture et des arts », ils s?enivrent des couchers de soleil, et du « bucolique » des pauvres.

Apr?s quelques semaines, voire jours de tartines, ils retournent ? la gastronomie des arts pendus aux murs des mus?es. ?Des vacances: une cuite.

? long terme, ces d?voreurs de paysages, finissent par ronger une r?gion. Comme des rats? Des cam?-rats?

Bref, on consomme du bucolique comme on consomme tout ce qui est techno et « ? la mode ». Faut croire que les arts des accrocheurs de tableaux sont app?tissants, les chanteurs, les spectacles. Et voil? la pauvret? comme un spectacle ? vendre. La simplicit? et la mis?re sont des t?l?-r?alit?s sans l??cran? En direct?

D?pecer le « monde »?

On d?p?ce le monde. Sans que personne ne le voit vraiment, puisque toutes les petites agglom?rations font des ?tudes chaque ann?es pour voir si le PIB-tourisme n?a pas augment?. Les tourismes ?passent souvent sans ravages. Mais la notion m?me de « l?industrie touristique » est une diversion puisque sans production, les ?changes et les r?partitions ne sont que d?placements des avoirs mon?taires.

Le touriste est un visiteur de « l?autre monde ». Une sorte de voyage dans le temps et dans les coutumes. La manne est affriolante. Le touriste y laisse son argent et repart. Les gens ont l?impression d?avoir gagn? quelque chose. Parfois en y perdant leur belle simplicit? de vivre, malgr? la pauvret?.

? d?truire par hyper-voyeurisme, on finira par avaler le paysage, les habitants, et le spectacle au complet.

En ville, c?est le spectacle qui s?en va. Mais en campagne, le paysage n?est pas une pi?ce de th??tre, une ?peinture, une photo. Il est vivant! ?Il reste.

? la limite, tout en douceur, le tourisme risque d??tre une sorte de charognard gentil. ? la limite, une fois le paysage aval?, le touriste ira ailleurs. Et ? la vitesse dans laquelle les investisseurs « d?veloppent, dans une ou deux d?cennies, il faudra aller faire du voyeurisme l? o? la petite plan?te le permet encore.

On aura d?truit un paysage. Rien d?alarmant. On aura simplement tu? quelqu?un par « dommage collat?ral ». ?a servira ? faire un m?moire ou une th?se pour les grands analyses du futur.

? travers un ?cran tridimensionnel.

P.S.:

Tout cela se passe au?Lac Inle?, en Birmanie. L? o? l?on cultive les tomates sur des champs flottants. ?C?est la destruction en « slow-motion ». Les voyeurs sont aveugles? Et les « d?veloppeurs » des visionnaires?

 

File:Inle Lake,Floating Garden.JPG

Ga?tan Pelletier

18 novembre 2013

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3 Commentaire

  1. avatar

    Bonjour, Gaëtan.

    Tout cela est vrai.

    Mais que faire pour lutter contre les effets destructeurs du tourisme ? Faut-il sanctuariser les sites et les monuments pour les préserver ?

    Si oui, on reviendrait alors à la situation du 19e siècle où seuls les personnes fortunées avaient les moyens de voyager pour partir à la découverte d’autres lieux, d’autres cultures. Les Anglais notamment ont été les plus friands de ces voyages parfois très lointains.

    Car ne nous leurrons pas, si l’on réduit de manière drastique l’accès à des lieux en péril, cela ne vaudra pas pour tout le monde : les personnes fortunées continueront de voyager, fût-ce en graissant ici et là la patte aux autorités locales.

    Et quid de la volonté des populations désireuses d’augmenter leur niveau de vie par le biais du tourisme ?

    Bref, casse-tête en perspective !

    Cordialement.

    • avatar

      Bonjour Fergus,
      « Car ne nous leurrons pas, si l’on réduit de manière drastique l’accès à des lieux en péril, cela ne vaudra pas pour tout le monde : les personnes fortunées continueront de voyager, fût-ce en graissant ici et là la patte aux autorités locales. »

      vous avez tout compris…

      1. Concernant ce lac, le niveau de l’eau a énormément baissé depuis quelques années. Sans doute dû au changements climatiques. Quant à l’utilisation obligatoire des engrais pour maintenir la production, c’est l’appauvrissement des sols. Surproduction? Personne ne sait… Mais on sait maintenant que la déforestation a modifié le fond du lac en laissant s’écouler des matières en provenance des montagnes.
      2. Le touriste n,est pas responsable du changement survenu sur le lac. Toutefois, la déforestation y est pour quelque chose.

      AILLEURS
      Même ici, au Québec, dans certaines régions « sauvages », les petits lacs ont été entourées de maisons. Et ce ne sont pas les pauvres qui ont le moyen d’y vivre… Les eaux des lacs subissent presque tous le même effet de pollution: les algues. En modifiant la bordure des lacs, et en utilisant des engrais, on a fini par polluer le lac.Ou bien en déversant ce que l’on nomme des eaux usées… Belle expression pour dire que l’on en fait souvent une toilette chimique.

      Pour terminer, il s’agit sans doute là d’une multitude de facteurs qui demanderait un certain équilibre.
      Mais, comme vous l’avez souligné: « les plus fortunés  » ont accès à tout.

      Tout semble irréversible. C’est peut-être rendus au bout de la corde que l’on finira par trouver une solution.
      Acheter des terres aux paysans pour la monoculture est encore pire.

    • avatar

      @ Gaëtan.

      La solution existe pour les lieux naturels les plus remarquables : elle passe par la sanctuarisation dans le cadre de parcs nationaux ou régionaux ou par le biais d’achats de territoires par des organismes comme le Conservatoire du Littoral en France (mais il y aussi des espaces protégés par des initiatives départementales.

      Mais ce qui vaut pour quelques dizaines de milliers d’hectares n’est malheureusement pas extensible à tous les lieux menacés comme le lac de votre article. Des phénomènes comme celui-là existent également en France et conduisent à l’appauvrissement puis à la mort d’écosystèmes locaux victimes des agissements inconsidérés de nos contemporains. Et pas moyen pour les pouvoirs publics d’agir par le biais de la préemption, faute de ressources financières disponibles.

      C’est pourquoi je pense qu’il n’existe que deux pistes possibles en matière de prévention :

      1)Des interdictions foncières dès lors qu’il y a menace à terme pour l’environnement d’un lieu identifié comme fragile.

      2)Un important travail de pédagogie auprès des populations, et notamment en direction des jeunes qui seront, tôt ou tard, en situation d’être des acteurs de la préservation ou, a contrario, de la destruction de notre patrimoine naturel.

      Je vous souhaite une excellente journée.