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Le summum de la médiocrité historique

 

Quand la politique se mêle de l’histoire, le résultat est toujours le même depuis 5,000 ans. Preuve que les « dirigeants » n’ont guère évolué depuis des lustres.

Déjà les premiers pharaons d’Égypte effaçaient les inscriptions des pharaons précédents dont ils n’acceptaient pas l’histoire. On appelle cela, depuis l’époque de la Rome antique, la « Damnatio memoriae » ; signifiant : « damnation de la mémoire ». Nous subissons cette « sentence » actuellement. Mais ne sautons pas les étapes.

Je viens de lire l’article « Histoire du Canada : des premiers habitants à l’histoire contemporaine », dont le lien est : https://www.jeparsaucanada.com/petite-histoire-du-canada/

Je ne pouvais pas croire qu’il s’agissait de la version officielle actuelle. J’ai vérifié et c’est bien le cas.

Je n’ai rien contre le début de l’article sauf la mention que les Hurons habitaient l’Ontario au 9e millénaire av J.C. Je ne doute pas que des hommes y habitaient ; je doute simplement qu’ils s’appelaient eux-mêmes des « Hurons ». D’ailleurs ceux que nous appelons les « Hurons » s’appelaient eux-mêmes les « Wendat ».

On mentionne spécifiquement la découverte de l’Amérique du Nord par les Vikings qui tentèrent de coloniser, j’aurais plutôt dit : « de s’installer », dans les territoires du Nord-Ouest ; ce qui est une erreur puisqu’il s’agissait des côtes Nord-Ouest de l’Atlantique, ce qui est un tout autre endroit et beaucoup plus habitable.

Jusqu’ici, je ne faisais face qu’à de simples petites erreurs plus ou moins involontaires.

Vient ensuite l’information qu’en 1497, John Cabot, C’est-à-dire Giovanni Caboto, un Italien commissionné par Henry VII d’Angleterre, « pose les pieds » sur le sol Canadien.

Voyons, un instant l’histoire de ce « grand « explorateur anglais ».

Il faut savoir, ce qui n’est pas mentionné dans l’article, que Jean Cabot s’était établi à Valence de 1490 à 1493, et aurait travaillé à la fortification du port de la ville. Il aurait donc pu être présent à Valence lorsque Christophe Colomb, de retour de son premier voyage, est passé par Valence.  Il semble, par ailleurs, que Jean Cabot ait cherché un soutien auprès des rois d’Espagne et du Portugal pour ses propres projets d’exploration. Il a visiblement échoué.

Il est établi que Jean Cabot est arrivé en Angleterre avant la fin de l’année 1495 et qu’il souhaitait entreprendre une expédition pour atteindre Cathay par l’ouest en voyageant beaucoup plus au nord que Christophe Colomb.

À la recherche d’une route vers l’Asie, Henri VII (roi d’Angleterre) s’attache les services de Jean Cabot par lettre patente du 5 mars 1496. Sa première tentative, en 1496, est un échec : Cabot ne va pas au-delà de l’Islande en raison de disputes avec son équipage, de mauvais temps et de manque de nourriture.

Le 2 mai 1497, l’explorateur quitte Bristol à bord du Matthew, un navire de 50 tonneaux disposant d’un équipage de dix-huit personnes dont son fils Sébastien Cabot. Son équipage comprend non seulement des marins de Bristol, mais également des marchands, un barbier génois et un ressortissant de Bourgogne. Il touche terre le 24 juin et se rend à terre, sans toutefois rencontrer d’indigènes. Il a abordé les îles de Cap-Breton et de Terre-Neuve, à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent, sans qu’il soit possible de localiser l’endroit de son débarquement. Il explore ensuite la côte pendant quelque temps, mais ne se rend plus à terre. Il repart finalement pour l’Angleterre et fait le récit de son voyage au roi Henri VII le 10 ou le 11 août à Londres. Cabot est persuadé, à tort, d’avoir atteint l’Asie (il n’est donc pas question de l’Amérique). Il note également l’abondance de cabillauds au large des terres découvertes.

Les Anglais ont prétendu qu’il était le premier Européen à découvrir la « nouvelle terre » après les Vikings ; mais l’absence de cartographie ou de journal de voyage (ce qui est très curieux) pose des questions quant à la véracité des faits. Dans le planisphère de Cantino de 1502 (pièce cartographique sur laquelle figure pour la première fois, avec une annotation claire, la partie la plus significative des contours orientaux du Nouveau Monde), le Groenland et Terre-Neuve sont représentés sous le drapeau portugais. La carte de Pedro Reinel, qui date de 1504, atteste clairement de la domination des connaissances portugaises en référence à Terre-Neuve par son abondante toponymie.

L’année suivante, au début du mois mai 1498, Cabot repart de Bristol pour une nouvelle expédition. Cette nouvelle expédition comprend cinq navires et il est probable que le but ait été de passer au sud-ouest des terres abordées lors du premier voyage. Il semble également que l’établissement d’un comptoir, soit à Cathay elle-même, soit sur l’itinéraire entre l’Angleterre et Cathay, ait été planifié. Cabot disparaît en mer sans que son sort soit connu.

Depuis cette date, plus rien n’apparaît concernant Cabot, et les références postérieures ont toutes pour origine son fils Sébastien. Ce dernier ne reviendra dans la région qu’en 1516, sous le règne d’Henri VIII. Il semble avoir découvert l’entrée de la Baie d’Hudson.

En 1526 il passe au service de l’Espagne. Il est réembauché par l’Angleterre en 1546 et mène une expédition à travers l’Océan Arctique et établit les premières relations commerciales avec… la Russie.

Voilà pour l’implication des Caboto au Canada, nous indiquant l’intensité (sic) de la poursuite, par la couronne britannique, dans « sa découverte du continent américain ». Je n’y vois pas de raison valable pour « s’en péter les bretelles ».

Ensuite vient la mention de Jacques Cartier (la gars de Saint-Malo).

« En 1534, Jacques Cartier, à la recherche d’un passage jusqu’en Orient, débarqua à son tour au Canada. Commissionné par le roi François 1er, il entreprit de découvrir (et d’explorer) le Golfe (et le fleuve) du Saint-Laurent et rencontra le chef Iroquois Donnacona (à Québec). Si les deux hommes tissèrent tout d’abord des liens cordiaux, les rapports se dégradèrent rapidement lorsque Cartier revendiqua la région comme propriété du roi de France (par contre, il est bien conscient de ne pas être en Chine).

(En fait, lors de son deuxième voyage, Donnacona sauva la vie des premiers Français resté sur place ayant le scorbut, en leur donnant un remède à base de sapin baumier. Cartier le remercia en le kidnappant avec 9 autres amérindiens et les amena en France d’où ils ne revinrent jamais. Donnacona mourut en France 4 ans plus tard, en 1539).

(Lors de premier voyage), Jacques Cartier parvint néanmoins à convaincre le chef Donnacona de laisser ses deux fils l’accompagner jusqu’en France, afin de prouver l’existence du Nouveau Monde au roi François 1er. Lors du voyage de retour par bateau, les fils de Donnacona confièrent à Cartier que leur village s’appelait, dans leur langue, un « kanata ». L’explorateur français utilisa, sur ses cartes et ses notes, cette appellation qui donnera, peu de temps après, son nom au territoire. Le roi de France, satisfait des nouvelles rapportées par Jacques Cartier, organisa une nouvelle expédition dès l’année suivante ».

Et c’est ici que devrait commencer « l’histoire de ma nation » ; mais on n’en dit pas un seul mot !!!

Voici ce que l’on mentionne :

« À partir des années 1600, le Canada devint le décor de conflits entre Européens, en particulier entre la couronne britannique et le Royaume de France, qui se disputaient le contrôle de la traite de la fourrure et, plus largement, du territoire. Les enjeux impliquaient également les tribus aborigènes qui créèrent des alliances entre elles ainsi qu’avec les colons, et participèrent aux combats ».

Ces « colons » dont j’ai souligné le mot, sont mes ancêtres et ceux des Canadiens-français, habitant de nos jours, en majorité dans la province de Québec ainsi que ceux dispersés partout, non seulement au Canada, mais dans toute l’Amérique du Nord. Ces ancêtres furent ceux qui « ouvrirent » le continent aux Européens, incluant les Anglais qui se tenaient réfugiés sur le petit territoire des 13 colonies britanniques entre les Appalaches et l’Atlantique, sans jamais s’aventurer à l’intérieur des terres habitées par les sauvages tellement dangereux. Bon ; mes ancêtres s’en étaient fait des amis depuis longtemps, mais pourquoi l’histoire actuellement contrôlée par les Anglophones en parlerait-elle ?

« En 1759 et 1760, les Britanniques s’emparèrent de Québec, puis de Montréal ». Ici, il faut mettre un « bémol ».

Ce qu’il faut savoir c’est qu’en 1758, les Canadiens-français n’avaient pas encore perdu un seul combat, même si les soldats français en avaient perdu un ou deux.

Les Britannique s’emparèrent de Québec, lorsqu’ils aperçurent des habitants de la ville ouvrir les portes et leur faire signe d’entrer, au moment où ils s’apprêtaient à lever les voiles pour éviter d’être pris dans les glaces du fleuve. Les commerçants de la ville avaient convaincu la population de rendre Québec aux Anglais. Les Canadiens-français n’avaient plus aucune confiance envers l’armée française et savaient pertinemment que l’Angleterre appuyait mieux leurs colonies que la France.

Montréal leur fut livré sans « un seul coup de fusil » de la part des Canadiens français. Ce qui nous indique clairement leur prise de position. Le gouverneur James Murray respectera toujours le courage et l’efficacité au combat des Canadiens-français. Ses successeurs Guy Carleton et Frederic Haldimand les redoutera durant tout leur mandat.

La raison de ce revirement de la population, en 1759, est assez facile à trouver. Vers la fin de 1758, le roi de France, Louis XVI, donna à Montcalm un grade plus élevé que celui du Gouverneur Vaudreuil. Le « pouvoir » venait de changé de main et Montcalm n’avait plus à obéir aux ordres du Gouverneur canadien. Il vida les grand Lacs de ses combattants et les rapatria dans la vallée du Saint-Laurent. Parmi ceux-ci, il y avait 8,000 « coureurs de bois » dont 700 avait été responsables de la victoire de Carillon attribuée « gratuitement » aux soldats Français. Il faut noter que les rapports officiels étaient toujours rédigés par les autorités francaises en transit au pays.

Ce qui n’est jamais mentionné, c’est que Montcalm avait pour mission, depuis son arrivée, de garder une main mise sur Québec parce que Louis XV prévoyait la victoire des Anglais dans la guerre de sept ans. Il voulait garder Québec comme moyen de négociation pour lui permettre de garder ses « iles de sucre ».

Il fut chanceux de pouvoir les garder malgré la bêtise de Montcalm sur les plaines d’Abraham.

Ceci dit, je suis époustouflé par l’indécence et le manque d’honneur personnel des historiens actuels qui osent effacer la « période héroïque » de l’histoire du Canada.

Tous les peuples possèdent une « période héroïque » dans leur histoire. Chez les Britannique, c’est l’époque du roi Arthur, chez les Français, celle de Jeanne d’Arc, du Guesclin, etc., Chez les Américains Washington, les « Mountain men » et autres bandits de même acabit. Chez les Romains, les grecs, les arabes, tous ont une période « héroïque » derrière eux. Mais aucun ne possède une « période héroïque » aussi extraordinaire que celle des Canadiens-français qu’on s’efforce de cacher à l’humanité. Il faut une mentalité de « barbares » pour en éclipser sa connaissance au monde entier qui mérite de s’en abreuver.

Je n’ai plus aucun respect pour ceux qui contrôlent l’enseignement de l’histoire.

Peut-être que « aucun respect » est encore trop.

Amicalement

 

André Lefebvre

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2 Commentaire

  1. avatar

    Vous remarquerez une erreur de typographie lors de la mention de Louis XVI; c’est évidemment mon erreur. Il faut lire Louis XV.

    Merci.

  2. avatar

    Pour ceux qui seraient intéressés de connaître le caractère de ces ancêtres que je dis « extraordinaires », vous pouvez le découvrir dans ma trilogie (gratuite sur internet) « Les Lefebvre de Batiscan » à https://manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.7.htm

    Un lecteur m,a donné son appréciation en disant: « Ils furent des hommes et des femmes remarquables qui vécurent une vie ordinaire d’une façon extraordinaire ».

    Il vécurent cette vie en créant la vraie histoire du Canada qu’on veut cacher depuis toujours et de façon encore plus intense aujourd’hui.

    Nous n’avons qu’à comparer la version anglaise de l’hymne national du Canada, où on se contente de regarder pousser les arbres et de demander à Dieu la protection du pays en se tenant à l’attention, avec la version canadienne-française (qui est l’originale) où l’on commémore les exploits de nos ancêtres qui ont combattu, aidés par leurs alliés/frères amérindiens, pour leur patrie avec courage, fierté et détermination devant la fourberie généralisée de ceux qui se targuaient d’être « civilisés ».

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