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Le petit monde de Donald (9) : le faux chevalier blanc , l’homme de la montagne et un évêque !

Parmi les admirateurs de Donald, on compte des présentateurs TV qui se veulent bon teint, et propres sur eux. L’un d’entre eux, vedette de Fox News, se prétend être un proche du maître de la Maison Blanche, recueillant ses confidences jusque dans Air Force One. Le problème c’est que c’est aussi quelqu’un qui a déclaré un jour que les suprémacistes n’étaient pas un problème dans le pays ! Avec ce genre d’intervenant médiatique, le paysage télévisuel aux USA est devenu une gigantesque entreprise de nettoyage des esprits, avec des serpillières à pouvoir dont use et abuse Donald en bon dictateur des médias.

Tucker Carlson

« Regarder le talk-show de Tucker Carlson sur la chaîne américaine Fox News revient, chaque soir, à plonger dans l’univers parallèle du trumpisme, un monde où les démocrates sont forcément infréquentables, où les immigrés font courir un risque vital aux Etats-Unis, où « chaos » et « terreur » s’abattront sur le pays si Donald Trump n’est pas réélu en novembre. » écrit  le 11 février 2020 dans le Monde. C’est en effet ça, avec un présentateur bien raide et qui semble toujours engoncé dans son rôle, l’air constamment soucieux. Il tente de prendre l’air sérieux tous les jours, alors qu’il est allé lui aussi un jour se rendre ridicule en allant « Danser avec les stars… »

L’homme a en tout cas la confiance de Trump ; le 15 mars 2017 il avait pu ainsi annoncer sur Twitter l’interview prochaine de Donald, l’une des premières de son règne, qui aura lieu effectivement dans une usine de voitures (avec un groupe moteur en arrière-plan pour montrer que Trump s’occupait de l’économie, à défaut d’enfoncer tout le monde).

Une interview très très révélatrice avec le recul. Carslon montrant sa présence entre deux dans l’avion présidentiel pour nous convaincre de sa proximité avec le président.
L’occasion pour Trump de se lancer tout seul des félicitations sur son action depuis son arrivée ; « great », « big », « jobs », « démocrats » « Obama is a disaster », « ObamaCare is a disaster ».. blah blah bah… le vocabulaire déjà devenu classique en moins de trois mois d’exercice du pouvoir.  Il y énonçait aussi déjà des principes qui ne l’ont pas quitté (serait-il monomaniaque ?). Le démarrage d’une enquête sur la CIA (et non du FBI)  à propos de son équipe, par exemple, pendant sa campagne et dont on aurait dû voir les résultats « deux semaines plus tard » (on attend toujours, trois ans après) : « quand je dis des écoutes téléphoniques, ces mots étaient entre guillemets. Cela importe vraiment, parce que l’écoute électronique est un truc assez démodé, mais cela couvre vraiment la surveillance et bien d’autres choses. Et personne ne parle jamais du fait que c’était entre guillemets, mais c’est une chose très importante « . Le surréalisme trumpien dans le texte ! Cela, et son usage immodéré de Twitter, destiné à lutter selon lui contre les médias, « tous contre lui » bien  entendu (son côté parano et sa position si pratique de martyr des infos traditionnelles). « Permettez-moi de vous parler de Twitter », a commencé le président. « Je pense que je ne serais peut-être pas là sans Twitter. » Le regroupement de ses abonnés sur Twitter et Facebook, Instagram, @Potus et «beaucoup d’autres choses», selon Trump, lui donne la capacité combinée de contacter directement jusqu’à 100 millions de personnes.
« Twitter est une chose merveilleuse pour moi, parce que je passe le mot … Je ne serais peut-être pas ici pour vous parler en tant que président si je n’avais pas un moyen honnête de faire passer le mot. » reprend le Guardian le 16 mars 2017. Pour lui, « l’information » étant d’affirmer par exemple que le réchauffement climatique est une invention chinoise (déjà une fixation sur ce pays, il y a 3 ans ?). Depuis, il ne semble plus très fan de Twitter : son ancienne maîtresse ne le satisfit plus. Alors il la jette. Il en a une autre en réserve, qui s’appelle Facebook, il est vrai !

Carlson, un influenceur… sans influence sur Donald !

Trump se nourrit aussi des Tweets on l’a vu, et parfois aussi se fait influencer par des proches : souvent c’est le dernier qui quitte son bureau qui l’emporte. Tentative de vérification avec Carlson,  début 2020, et qui va aller de lui-même tenter de convaincre Donald d’en faire plus contre le Covid19.  C’est du moins comme ça que ça nous est présenté un peu partout et rédigé de la même façon ce qui nous fait plutôt penser à une communication officielle orchestrée par la Maison Blanche et déguisée en initiative personnelle… un grand classique de la manipulation des médias : Trump réussirait ainsi à sortir de la semoule dans laquelle il a mis les pieds, en expliquant qu’il avait mal été conseillé et que son meilleur ami, ce grand professionnel (hum) était venu lui ouvrir les yeux et le convaincre de changer son fusil d’épaule !

Le 8 mars 2020, en effet, Carlson a fait pour la première fois de sa vie, dit-il, le déplacement à Mar-a-Lago, lors de l’anniversaire de, Kimberly Guilfoyle, auquel assistaient Rudy Giuliani, le vice-président Mike Pence; le sénateur Lindsey Graham; le député de Floride Matt Gaetz et bien sur Donald Trump Jr, Carlson pour apporter sur place un message urgent pour le président : selon lui, le Coronavirus était à prendre bien plus au sérieux que ce qu’il ne l’avait été ici par Washington. Interviewé ici, Carlson avait parlé « d’obligation morale » pour agir ainsi. L’histoire a été racontée partout avec parfois des accents for risibles, sentant fort le coup de pub’. Ses attentes vont de toute façon en réalité vite s’effondrer.

En effet, le lendemain, Trump remet le rendez-vous annuel prévu avec la presse du directeur du Director of National Intelligence‘s (DNI)  pour son World Wide Threat Assessment qui fit le bilan habituel de la préparation face à une pandémie : ce n’est pas le moment de dire que rien n’a été préparé par l’équipe de Trump !!! Pire encore : sentant le boulet passer, il tire le premier en Tweet en déclarant que les « fakes-médias » et « leurs partenaires les démocrates » exagèrent la crise du coronavirus car selon le Surgeon General « le risque est bas pour l’ensemble des américains« . C’est vrai qu »il s’y connait en fausses nouvelles le Donald, et en incompréhension totale de ce qui se passe dans son pays : un an auparavant il avait remis en cause le réchauffement climatique en apprenant que le Midwest connaissait sa pire vague de froid….  !!! Et comme il ne se souvient plus trop de ce qu’il a pu dire, on lui rappelle qu’il avait déjà sorti l’argument en 2014, avant d’être élu, en accusant NBC News cette fois de répandre un « hoax » sur le climat !!! Impayable !!!

Deux jours plus tard, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS, et WHO aux USA) affirme pourtant que c’est bien une pandémie, pourtant !!! Le 13, le Department of Health and Human Services (HHS) rendait un rapport, qui n’était pas distribué dans le public par ordre présidentiel, comme quoi « il y en a pour 18 mois à venir » au moins, « qu’il y aura plusieurs vagues« , que « les stocks ne suffiront pas » et que les USA « allaient manquer de matériel »… Donald s’est carrément assis sur la demande de Carlson, qui peut remballer son image de preux chevalier défenseur de la populace ! Ce n’est que le 17 mars que ce même Trump sortira une phrase toute à son image de fieffé menteur ; « c’est une pandémie … J’avais senti que c’était une pandémie bien avant qu’on ne l’appelle une pandémie ». Quel culot, et quel aplomb !

The Daily Caller et les fachos

Carlson qui se drape aujourd’hui dans le costume du bon samaritain possédant encore un éthique journalistique, spécificité devenue rare chez FoxNews, semble avoir oublié un petit détail, qui date de 2016. Un détail fort gênant sur ses relations privilégiées avec Donald. En 2010, un ancien conseiller du vice-président Dick Cheney, Neil Patel, et lui, ont déposé les statuts d’une société appelée la Daily Caller News Foundation, à but non lucratif, qui possède en revanche une partie qui elle l’est, lucrative, le Daily Caller, qui se veut alors « un site d’information et d’opinion de droite basé à Washington. » En fait c’est  la réponse de droite au succès du site internet du Washington Post qui avait pris de l’avance sur tout le monde dans les médias. Carlson s’était dit « écœuré par la bêtise des sites du Tea-Party » et voulait ainsi les contrecarrer pour que leur voix ne reste pas captives. D’où un durcissement du propos, d’emblée. Pour être de droite c’était bien de droite, et dès le départ. On y trouvait par exemple comme rédacteurs  Jason Kessler, Peter Brimelow et Scott Greer (dans l’ordre ici, de haut en bas le dernier chez Russia Today !) en réalité trois suprémacistes avérés, qui continuaient à tenir pendant le temps de leur collaboration des propos racistes et antisémite sous des noms d’emprunts dans des forums spécialisés ! Tucker Carlson semble aujourd’hui encore  toujours avoir des problèmes avec cette proximité encombrante chez lui : le 7 août 12019, il en était toujours à affirmer devant les caméras que « le suprémacisme blanc était un hoax »  et une conspiration pour diviser le pays « :
Nous sommes dans un pays où les gens s’appauvrissent, où le nombre de suicides explose, mais on nous dit que le problème, ce sont les suprémacistes blancs. Mais c’est un fake venu d’Internet, c’est une théorie du complot utilisée pour nous diviser.” la honte complète !!!

Une opinion démentie ici : « selon le patron du FBI Christopher Wray, une majorité des cas de terrorisme intérieur sur lesquels nous avons enquêté l’année passée sont motivés par une certaine version de ce que l’on pourrait appeler le terrorisme blanc.” Ou alors, Carlson ne regarde même pas sa propre chaîne… qui le 14 aout 2017 affichait en bandeau le nom du groupe qui n’est pas censé exister selon lui….

Le projet de Carlson avait été porté sur les fonds baptismaux par le milliardaire Foster Friess, rallié à Trump (pas non plus un inconnu, il est cité ici) qui avait allongé à l’occasion 3 millions de dollars, et plaisait d’emblée à un dénommé Karl Rove, toujours tapis dans un coin du paysage politique US, pour rendre quelque services bien tordus, comme nuire à la réputation d’un adversaire en salissant son image, sa marque de fabrique préférée en politique.  En moins de deux ans, le succès est au rendez-vous et en 2013 le site affiche 35 millions de visiteurs par mois, dépassant alors tout le monde. Pour y parvenir tout lui est bon, y compris les théories conspiratrices ou les vidéos de James O’Keefe par exemple (celui-là on ne le présente plus).

En mars 2013, le site mène une campagne infondée contre le sénateur démocrate Bob Menendez en l’accusant d’avoir eu recours à des prostituées durant sa campagne électorale, à partir de photomontages grossiers notamment. Les accusations seront réfutées par des filles retrouvées en République Dominicaine qui diront avoir été payées pour mentir. Carlson ne s’est jamais excusé à l’antenne sur ces agissements d’une grande perversité en politique.. qui sentent fort les méthodes de… Karl Rove (ou d’un Roger Stone) !

Raciste, Carlson ? A l’évidence : à la mort de George Floyd, il est intervenu à l’antenne pour asséner que « peu importe ce qu’ils vous disent, cela a très peu à voir avec les vies noires », a-t-il déclaré. « Si seulement c’était le cas. » Et à ce rythme, ils le feront. «  La veille, il avait déjà accusé le mouvement Black Matter d’être un « gang » !!! Un commentaire d’un racisme inouï, qui a lui a valu aussitôt une sentence inattendue et qui, dans ce milieu, pèse bien plus que les avis politiques : le retrait immédiat de campagnes publicitaires, de la part de la Walt Disney Company, de Papa John’s, une chaîne de pizzas, mais dont la pub est gérée par Havas, de Poshmark (du e-commerce) et de T-Mobile (téléphonie), de gros annonceurs chez Fox. Il a même eu droit aux moqueries, celle Mike Sievert, le parton de T-Mobile’s qui a ajouté un tweet de sa plume :“Bye-bye, Tucker Carlson!” Steven Tristan Young, de Posmark ayant lui indiqué que « nous ne sommes pas d’accord avec les commentaires qu’il a faits sur son émission et sommes solidaires avec ceux qui cherchent à faire avancer la justice raciale et l’égalité »... Frappé au portefeuille, voilà bien comment l’arrêter, cette teigne !

Tucker Carlson n’a en prime pas tout dit sur l’origine de ces fonds.Un autre généreur donateur proche de l’extrême droite a aussi abondé son site…  « L’organisme de bienfaisance de Tucker Carlson a reçu un énorme chèque de la Fondation Charles Koch en 2016. Au cours de l’année présidentielle, la fondation de Tucker Carlson a reçu 946 127 dollars  de la Fondation Charles Koch. Cette année-là, le Daily Caller a publié des centaines d’histoires attaquant Hillary Clinton et aidant Trump. Ce don de près d’un million de dollars est intervenu alors que Trump se présentait pour le président et constitue plus de financement en une seule année de fondations contrôlées par Koch que toutes les années précédentes combinées, qui s’élevaient à 805 512 dollars »….

 En 2016, le Daily Caller modifie ses statuts et Carlson est nommé rédacteur en chef de l’association à but lucratif et président de l’association à but non lucratif, Patel passant éditeur et président, respectivement. Or 2016, c’est aussi l’année de l’élection de Donald… La campagne voit l’ineffable Donald se déchaîner sur Twitter, et faire donc l’objet d’un trafic énorme sur le Daily Caller, qui reprend, commente, note tous ses propos, avec il semble bien une grande complicité, ce qui commence à inquiéter certains observateurs des médias. Le CMD (Center for Media and Democracy) notamment qui a analysé avec attention les e-mails envoyés par la campagne Trump aux abonnés du Daily Caller, et qui «  estime que le Daily Caller de Carlson a reçu au moins 150 000 dollars de la campagne Trump dans les mois précédant les élections de novembre sur la base des frais facturés pour les envois à sa liste, bien que le l’ampleur totale du financement demeure  inconnue ». Mieux encore : « CMD a également examiné la relation entre les branches sans but lucratif et à but lucratif des activités de Daily Caller de Tucker Carlson. La mécanique de la façon dont ils fonctionnent ensemble soulève de sérieuses inquiétudes quant à savoir si Carlson à but non lucratif, exonéré d’impôt, fonctionne principalement pour le bénéfice privé de son média à but lucratif, ce qui constituerait une violation de la loi fiscale ». Et le pompon pour la fin :  « les conclusions de CMD soulèvent des questions sur l’approche de Carlson en matière de conflits d’intérêts financiers, de normes journalistiques, et plus encore, alors qu’il prend la tête du créneau horaire aux heures de grande écoute chez FOX News ». Il est beau, notre chevalier blanc !

Donald utilise depuis le Daily Caller comme une serpillère, qu’il sort du placard quand il a besoin d’elle. Le 13 janvier 2019, Donald appelle par exemple le site pour une interview ; un taré vient de massacrer plus de 50 personnes à Las Vegas et il a bien compris que, resté bien silencieux depuis sur le sujet, qui aborde celui de la libre circulation des armes (que le forcené avait accumulé chez lui), il fallait intervenir. Au moins… un peu : mais comme il n’ aucune empathie, ça lui est difficile. Une fois le sujet promptement évacué (« c’était un joueur, vous savez »  – nota : de casino), Trump se compare au président Andrew Jackson, pas moins (?), assure « qu’il est lui même  très religieux » (?), avant d’à nouveau contourner un sujet en parlant du fameux mur, dont il ignore totalement le kilométrage fait, lui qui y tient tant, termine par la NFL et s’en prend à Elisabeth Warren qu’il qualifie de « Pocahontas« …

Mais pour Trump, le sujet principal ce jour-là, c’est l’intervention du FBI décidé par le procurer Mueller, un raid visant le domicile de son grand ami Roger Stone, qu’il ne semble pas avoir apprécié du tout… pensez-donc : son pote menotté, les mains dans le dos comme un vulgaire malfaiteur (chez Fox News en sus !) ! Le 14 novembre 2018, les journalistes du Daily Caller (Saagar Enjeti et Benny Johnson)  s’étaient étonnés d’avoir pu faire un interview dans le bureau ovale 45 minutes seulement « après l’avoir demandée »….et non le contraire, bien sûr… le sujet du jour proposé : Matt Whitaker, l’intérimaire remplaçant du procureur général Jeff Sessions, que Trump traîne depuis dans la boue car il a refus de prendre partie en sa faveur. Une rancune tenace ! Depuis, c’est une autre serpillére que Trump a nommée. Elle s’appelle William Barr. Et celle-là, il l’essore quand il a envie.

John Solomon

Ça avait plutôt bien commencé pour lui, pourtant : de mai 1987 à décembre  2006, John Solomon a travaillé chez l’agence Associated Press, pour passer ensuite rédacteur en chef du réputé et reconnu Washington Times. Son arrivée a correspondu avec un relookage complet du site et il a imposé des formulations différentes « plus apaisées ou plus neutres que celles employés jusqu’ici par le journal », remplaçant par exemple le mot « homosexuel » par « gay », jugé moins dénigrant. Idem pour le « Hillary » trop familier qui devient le sénateur  Hillary Clinton. Bref, une arrivée bien vécue dans sa rédaction qui se lance aussi dans la radio et l’internet pour rattraper son retard sur ses concurrents. Mais en 2009 le journal change de mains et Solomon s’en va… puis revient en 2013 pour développer tout une partie digitale, qui semble alors énormément le passionner. Il s’est déjà pris au jeu, au point d’avoir lancé une application appelée Circa, qui devient autonome au point que Solomon quitte le WT pour travailler chez Packard Media Group qui édite le logiciel, tout en écrivant pour Newsweek ou The Daily Beast à partir du milieu 2011. Il a aussi créé l’année suivante avec deux anciens de lAssociated Press (Jim Williams et Brad Kalbfeld) le Washington Guardian, site internet d’enquête qui a rejoint le giron du WT.

Le problème, c’est que ce qu’il écrit ensuite n’a plus du tout la teinte respectueuse qu’on lui connaissait : très vite c’est devenu un exutoire aux idées pro-Trump. Sa dérive droitière est devenu patente, avec son nouvel poste de responsable de la division digitale de The Hill  appartenant à Capitol Hill Publishing, division  de News Communications, Inc. Son fondateur démocrate est mort en 2012 et le journal repris par son fils James « Jimmy » A. Finkelstein Junior, a fortement versé à droite après l’arrivée de Solomon qui a pris en marche le train du conspirationnisme. « Jimmy » (ici à droite) est en en effet un ami de longue date d’un certain  Donald… Trump ! CNN écrira en novembre 2019 que « Solomon n’est qu’un symptôme du  problème plus large qu’est Jimmy Finkelstein. » Les deux sont très amis, Pamela Gross, la femme de Finkelstein étant une proche de Melania Trump… Trump est un grand lecteur de TheHill : la signature Twitter « realDonaldTrump » a envoyé des avis de The Hill six fois plus que ceux des autres publications !  Ils ont en plus un ami commun prénommé Rudof… (pas vraiment un ami ça, on le sait quand on voit les casseroles qu’il ramène à la maison..).

La rédaction finira par éjecter Solomon en 2019, qui s’est mis tout le monde à dos au sein de The Hill (sauf le patron !). Depuis, il travaille en collaboration avec Sara Carter de chez Fox News.. elle aussi ancienne Washington Times et  « senior national security correspondent » pour … Circa News. Elle est née en Arabie Saoudite et couver l’Afghanistan avant de devenir une spécialiste de la frontière mexicaine et du trafic de drogue sur place. Solomon apparait depuis octobre 2019 comme animateur de FoxNews ce qui n’est pas une surprise, Carter produisant  The Sara Carter Show Podcast. Un podcast sans ambiguïté comme on peut le voir ici à droite…

Solomon s’est enfoncé lui dans une histoire et un mensonge sans fin en s’associant avec une équipe for peu fiable réunissant Rudy Giuliani, Lev Parnas and Igor Fruman, et le  duo de Fox News Victoria Toensing and Joe diGenova; dont il est devenu de fait la plume, étant le seul a savoir rédiger de cette vraie équipe de plombiers branquignols de la désinformation à propos de l’Ukraine. MediaMatters résume ici parfaitment leur activité : « Les colonnes de Salomon à The Hill étaient le principal véhicule par lequel ils ont injecté ce récit au public. Giuliani a déclaré qu’il avait «confié mes affaires à John Solomon», mais à mesure que de plus amples informations sur leur travail sont révélées, l’implication de Solomon apparaît plus directe. Des messages instantanés récemment publiés par le House Intelligence Committee montrent Parnas comme intermédiaire entre Salomon et au moins deux des procureurs ukrainiens corrompus utilisés pour soutenir cette conspiration, Yuri Lutsenko et Viktor Shokin. Giuliani semble avoir conclu un accord avec Lutsenko: si Lutsenko leur donne des infos  s »sales » sur Biden, il fera renvoyer Yovanovitch. Dans le même temps, les messages montrent Parnas servant d’intermédiaire pour Salomon pour interviewer Lutsenko, semblant même lui envoyer des copies avancées des colonnes de Salomon avant la publication. ProPublica a rapporté que Parnas était même dans la salle de contrôle lorsque Solomon a interviewé Lutsenko pour The HillTV. Les chroniques de Salomon qui en résultent ont préparé le terrain pour rendre publique une campagne de diffamation en coulisse ciblant Yovanovitch et Biden. Parnas a joué un rôle similaire en facilitant les entretiens entre Salomon et Viktor Shokin (voir notre épisode N°6) , l’ancien procureur ukrainien en disgrâce qui a été licencié en 2016 sous la pression des États-Unis et de la communauté internationale. Un autre acteur clé de ce stratagème est Firtash, un oligarque pro-russe ukrainien et ancien associé commercial de Paul Manafort qui se bat en Autriche pour l’extradition vers les États-Unis pour faire face à des accusations liées à un complot de corruption. À l’été 2019, Firtash a licencié son équipe juridique pour embaucher DiGenova et Toensing, qui travaillaient en étroite collaboration avec Parnas, Giuliani et Solomon. (Il s’avère que DiGenova et Toensing représentaient également Salomon). Parnas a récemment affirmé que Firtash avait accepté de travailler avec Giuliani et ses amis pour les aider à discréditer l’enquête Mueller en échange de l’abandon de son cas d’extradition. Parnas a allégué que Solomon a joué un rôle clé en l’aidant à se connecter avec Firtash, en disant:  «Fondamentalement, John Solomon m’a donné certains documents qui valideraient pour Dimitri Firtash que j’étais dans la boucle et que je savais ce qui se passait, car Firstash est un gentleman qui ne voit personne. » Tout compte fait en 2019, Salomon a publié des dizaines de colonnes dans The Hill visant à discréditer l’enquête sur la Russie et à semer les graines de ce nouvel élément ukrainien de la théorie du complot. Solomon a apporté la théorie du complot à Fox News et Fox Business, où il est apparu au moins 92 fois depuis le 20 mars jusqu’à la fin de 2019 pour pousser des éléments de la théorie du complot, dans certains cas aux côtés de ses avocats DiGenova et Toensing. Aucun des trois n’a jamais révélé sa relation ». 

« Hannity jaillit sur le travail de Salomon, l’hébergeant au moins 65 fois au cours de cette même période. Les efforts de Salomon ont porté leurs fruits lorsque Fox News a annoncé en octobre 2019 qu’il l’embauchait en tant que contributeur; il avait récemment annoncé qu’il quittait The Hill… » L’histoire de l’Ukraine et su soi-disant problème du fils Biden, c’est entièrement de la plume de Solomon que s’est sorti. Les attaques révoltantes contre Marie Yovanovitch, également. C’est le Washington Post qui a remarqué le procédé et la technique ; « Après que Salomon soit apparu dans le programme Fox News de Sean Hannity en mars pour promouvoir les allégations de Lutsenko, le président Trump a tweeté une référence à l’histoire de Solomon dans The Hill. Quelques jours plus tard, Trump Jr. a tweeté un lien vers une histoire publiée par le conservateur Daily Wire qui reprenait les affirmations de Salomon sur Yovanovitch ». Trump a semblé mettre le plus gros de tous sur le travail de Salomon, déclarant à Hannity dans une interview fin avril que les affirmations de Lutsenko étaient «importantes» et que le procureur général William P. Barr «voudrait voir cela»... On y est  donc : Solomon a nourri Donald tous les jours en lui donnant des graines conspis dans la main !

En 2018, le brosseur de chaussures en chef de Trump à la raie dans les cheveux déclarer que « Solomon devrait recevoir le Prix Pulitzer pour son travail... » ils sont comme ça, les c… ils osent tout : Hannity avait en fait repris mot à mote la fausse histoire de Solomon sur le pseudo scandale d’Uranium One  !!!  C’est en regardant l’émission de Fox & Friends, dans laquelle était intervenu Solomon, que Trump avait tweeté et pris le train en marche le lendemain matin ! Ni Solomon, ni Hannity ne se sont jais excusés à l’antenne de Fox ou ailleurs pour avoir disséminé ce mensonge éhonté.

Chez The Hill, en un sursaut de candeur, le rédacteur en chef Bob Cusack, n’avait pas du tout apprécié la citation de Solomon lors de l ‘Impeachment, l’ambassadrice l’aient en effet cité comme la source de ses ennuis et de son éviction soudaine ordonnée par Trump. Solomon avait abondamment écrit sur le sujet, comme ici. Dedans on trouvait plutôt une ambassadrice soucieuse de savoir ce qui se passait exactement et pas du tout ce que lui clamait, à savoir qu’elle aurait selon Salomon participé ou favorisé une corruption !!! Cusack et The Hill feront remarquer que  Solomon était aussi très lié aux avocats Joseph DiGenova et Victoria Toensing, qu’il avait cité comme « témoins » !!! Un Solomon qui avait été applaudi sur Twitter par… Trump et Rush Limbaugh !!!

Depuis, Solomon a créé JustTheNews comme site, en janvier 2020. Autour de lui a été réuni une belle brochette de partisans de Donald Trump. Daniel Wattenberg ancien du Washington Times, mais surtout du très droitier American Spectator mais aussi David Brody, du Christian Broadcasting Network (c’est un ancien pasteur du Missouri !)  : lui c’est l’auteur du livre « The Faith of Donald J. Trump: A Spiritual Biography » (???), ou encore Lee Smith, l’auteur de « The Plot Against The President » qui porte en sous-titres  » Revelations on the Deep State from the House Intelligence Committee », tout un programme (c’est en fait une hagiographie de Davis Nunes, le grand supporter de Trump ! )et Peter Schweizer, du  « Clinton Cash and Secret Empires« , entre autres. Ce dernier est en réalité  le « senior editor« -de Breitbart News. En 2004 il a réalisé ave Steve Bannon un documentaire célébrant  Ronald Reagan intitulé « In the Face of Evil: Reagan’s War in Words and Deed » : avec cette brochette là on ne peut parler de pluralisme ou même d’éthique… ça risque plutôt de donner ça (c’est du Scott Lamb, le co-auteur du livre avec Brody) : « j’adore l’histoire, donc tout ce qui concerne le fait d’être à la Maison Blanche et au bureau ovale était un souvenir que je n’oublierai pas. Et puisque je prie pour ces personnes tous les jours, ce fut une joie de les rencontrer en personne. Le vice-président venait de prendre la parole lors d’un discours dans lequel il a répondu aux déclarations de Joy Behar (sur «The View») au sujet des chrétiens (appelant ceux qui prétendent suivre Dieu, des malades mentaux) »…. En fait c’est une incompréhension totale d’une discussion dans l’émission de Whoopi Goldberg,, qui avait dû le lendemain préciser que c’était de l’humour, ce dont Mike Pence est particulièrement dépourvu. Comme Lamb aussi d’ailleurs. Trump s’est aussi déclaré « choisi par Dieu »… ou plus exactement c’est son secrétaire à l’Energie Rick Perry qui l’a dit à place !

Depuis il ont trouvé un nouveau dada ou un nouvel os à ronger. Un os qui vient directement de l’abattoir de la Maison Blanche, fourni sous cellophane et prêt à ingérer par l’ineffable Peter Navarro qui a trouvé une nouvelle idée : selon lui, des « centaines » d’avions chinois partis de Wuhan ont servi à répandre le virus dans le monde entier… on n’est pas loin là de la théorie des chemtrails ! Ni d’un conspirationnisme à la petite semaine hyperdangereux, qui rendrait la dissémination du virus volontaire de la part de la Chine !!! Il y a de quoi déclencher une guerre nucléaire avec de tels propos inconscients : c’est du genre des armes de destruction massives et de la fiole d’anthrax de Colin Powell, cette infâme bêtise !

Carlo Maria Viganò

Un archevêque maintenant ? Décidément on aura tout vu dans les tweets de Trump ! Avec ce genre de contact, on se dit que ça devrait devenir un peu plus sérieux … détrompez-vous : avec Donald, le pire se cache partout !!  Il cherche désespérément des appuis, depuis la crise des manifestations anti-racistes qui l’ont complètement dépassé… Et encore une fois, il puise dans la frange complotiste et conspirationniste qu’il affectionne, ici doublée d’une pensée rétrograde déjà auparavant exprimée. Le détournement récent qu’il a effectué de l’usage de la Bible n’a pas du tout plu aux catholiques et encore à la gestionnaire de l’Eglise utilisée : l’évêque (femme) Mariann Edgar Budde, la gestionnaire de la St. John’s Episcopal Church qui a servi à Trump pour faire sa photo Bible en main n’a pas du tout apprécié.  Et elle l’a fait savoir (ce n’est pas la première fois qu’elle se montrait résolue !) ! Comme  Trump est rancunier, il a cherché à lui répondre. C’est arrivé le 11 juin avec un  tweet contenant  une lettre de soutien à son action signé par un obscur évêque italien appelé Viganò.

Son contenu est tout simplement hallucinant  :  « Nous découvrirons également que les émeutes de ces jours-ci ont été provoquées par ceux qui, voyant que le virus décline inexorablement et que la peur sociale suscitée par la pandémie s’estompe, ont été contraints de provoquer des troubles civils, parce que ceux-ci entraîneraient une répression qui, bien que légitime, pourrait être condamnée en tant qu’agression injustifiée contre la population. La même chose se produit également en Europe, en parfaite synchronie. Il est tout à fait clair que l’utilisation des manifestations de rue est un instrument au service des objectifs de ceux qui voudraient voir les prochaines élections présidentielles remportées par une personne qui incarne les objectifs du deep state et qui les exprime fidèlement et avec conviction. Il n’y aura pas à s’étonner si, dans quelques mois, nous apprenons une fois de plus que derrière ces actes de vandalisme et de violence se cachent ceux qui espèrent profiter de la dissolution de l’ordre social pour construire un monde sans liberté : Solve et Coagula, comme l’enseigne l’adage maçonnique. »  Deep State, francs-maçons…. on croit rêver ! Pour lui la pandémie a été obligatoirement voulue : « les enquêtes déjà en cours (nota : il n’y en a pas de diligentée) révéleront la véritable responsabilité de ceux qui ont géré l’urgence du Covid non seulement dans le domaine des soins de santé mais aussi dans la politique, l’économie et les médias. Nous découvrirons probablement qu’au sein de cette colossale opération d’ingénierie sociale se trouvent des personnes qui ont décidé du sort de l’humanité, s’arrogeant le droit d’agir contre la volonté des citoyens et celle de leurs représentants dans les gouvernements des nations. »  Un discours purement complotiste, avec le vocabulaire attenant :« ils sont soumis au deep state, au mondialisme, à la pensée unique, au Nouvel Ordre Mondial qu’ils invoquent de plus en plus souvent au nom d’une fraternité universelle qui n’a rien de chrétien, mais qui évoque les idéaux maçonniques de ceux qui veulent dominer le monde en chassant Dieu des tribunaux, des écoles, des familles et peut-être même des églises ». Or la encore, l’auteur de ce texte complètement fêlé, ce n’est pas n’importe qui. En juin 2019 il avait déjà appelé le pape à démissionner !!!

Il fait partie en effet d’un mouvement bien défini, qui se caractèrise par une opposition franche au Pape actuel (et à une nette préférence pour le très réac prédécesseur Pape Benoît XVI, dont Vigano se réclame). Ici Nicolas Senèze, correspondant de La Croix aux Etats-Unis décrit très bien la position de ces catholiques américains fortunés (des laïcs) opposés fermement  au pape François; pas assez libéral à leurs yeux. Parmi eux, des milliardaires pro-vie, des lobbies anti-LGBT, des associations anti-avortement ou nos fameux Chevaliers de Colomb, déjà décrits ici. Il décrit dans son livre (ici à droite) le coup d’Etat raté perpétré à Rome l’été 2018  par un archevêque pour évincer François … or cet archevêque c’est justement Monseigneur Vigano !! C’est clair et flagrant : ce sont bien des complotistes, jusqu’à l’intérieur même du Vatican ! Ici le Media dit exactement la même chose avec Théophile Kouamouo puisqu’il reprend le livre de Senèze, que l‘on retrouve interviewé dans le reportage. Ce qui devient encore plus flagrant en fait. On notera la méthode, celle consistant à vouloir ternir l’image du pape (en l’accusant d’avoir « protégé » un pédophile !), grâce à leur réseau médiatique de leurs chaînes catholiques EWTN, Life Site News (celui cité par Trump !) ou First Things, notamment aux contenus attaquant violemment le pape actuel. (Christianity Today dans la presse papier lui à l’inverse, est fortement opposé à Trump,il a demandé sa démission !). Senèze rappelle à quoi ont servi les riches laïcs US : à verser de l’argent lors des procès de pédophilie, justement : en somme pour tenter de noyer le poisson, en échange d’obtenir une influence auprès de la direction de l’Eglise. De beaux hypocrites, qui ont tenté de retourner les critiques pédophiles contre le pape, quand ils ont vu que ce dernier s’attaquait à leurs richesses !!! Senèze cite comme principaux donateurs Tom Managhan, le fondateur de Domino’s Pizza (ici à droite), Timothy Busch, ou Frank Hanna. L’autre but étant de renverser la curie romaine en leur faveur avec leur projet Red Hat Report; lors du prochain conclave (ils misent déjà sur le prochain pape, sachant que celui en place leur est défavorable :il a condamné le capitalisme er passe donc à leurs yeux pour Satan en personne !).

Ces évêques rétrogrades ont décrété ces derniers mois qu’ils étaient contre le confinement, car il « nuisait à la célébration de la messe » (on en a vu l’utilité ici en France avec le rassemblement évangélique en Alsace et on a vu que Trump applaudissait au mouvement de réouverture rapide) et ils ont même début mai prétendu que » la pandémie de Covid-19 serait utilisée pour créer un gouvernement mondial hors de tout contrôle». C’est Cath.ch qui en précise ici les noms : « trois cardinaux ont signé un appel alarmiste lancé à l’initiative de Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce aux Etats-Unis et opposant déclaré au pape François: les cardinaux Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (ici à droite avec le pape démissionnaire), le Chinois Joseph Zen Ze-kiun, très critique de la politique du pape argentin envers Pékin, et le Letton Janis Pujats, archevêque émérite de Riga. Ils ont été imités par 8 autres évêques, 3 prêtres, 21 journalistes, 11 médecins, 13 avocats, 18 enseignants et professionnels, ainsi que 12 associations et groupes divers ». Dedans il y aussi Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de la Très-Sainte-Vierge-Marie d’Astana, au Kazakhstan. Un évêque à tenu à réagir : « Mgr Klaus Pfeffer, vicaire général du diocèse d’Essen, s’est dit sur Facebook «simplement stupéfait par ce qui se répand au nom de l’Eglise et du christianisme: des théories conspirationnistes grossières, sans faits ni preuves, combinées à une rhétorique de combat populiste de droite au ton effrayant». D’autres ont suivi, qualifiant le moment de rétrograde et dangereux pour l’unité de l’Eglise.

Ah oui, j’oubliais un détail sur Vigano, celui donc qui veut faire virer le pape. Le 5 novembre 2018, on en avait appris une belle, à son propos : « le jugement d’un tribunal civil de Milan,en date d’octobre, condamne Mgr Carlo Maria Vigano, ancien haut prélat du Vatican, à verser cette somme (1,8 million d’euros) à son frère Lorenzo, prêtre spécialiste des Écritures saintes (ici à droite), détaillent La Stampa et Il Giornale. La famille nombreuse avait hérité dans les années 1960 d’un père entrepreneur du nord de l’Italie une fortune estimée en 2010 à plus de 20 millions d’euros en biens immobiliers et près de 7 millions en liquidités, et dont la gestion avait été confiée à Mgr Carlo Maria Vigano. Confiné à un fauteuil roulant après un accident vasculaire cérébral, Don Lorenzo, qui vit dans une communauté religieuse à Chicago, avait saisi la justice en 2010 pour réclamer un accès plus direct et plus équitable à sa part des intérêts générés. Une sombre histoire familiale, mêlant des déclarations sur la fragilité mentale du prêtre, a finalement abouti à cette décision en première instance. » Un homme idéalement placé pour parler de St-Martin, par exemple… quel hypocrite !

Bref, Trump acculé, s’accroche à une frange de demeurés conspirationnistes nostalgiques, à les lire, des années 30…  (on aura noté la référence désuète aux francs-maçons ! L’archevêque choisi par Trump, voici comment National Catholic Reporter l’avait décrit en 2018 (ça sonne bizarrement aujourd’hui car ça pourrait être le portrait exact de Trump lui-même) : « je suppose que Viganò apprécie ces feux de la rampe. Il agit comme un homme petit et amer, qui préfère détruire l’église qu’il prétend aimer que de laisser les gens qui, selon lui, lui ont fait du tort, la dirigent d’une manière qu’il n’approuve pas. Autrement dit, il veut récupérer ses jouets. C’était l’essentiel de ses lettres à Benoît en 2011. C’est l’essentiel de ces mensonges frénétiques déguisés en témoignages qu’il montre aujourd’hui. Il est devenu un spectacle pathétique. »

On peut toujours en rire, remarquez, en écoutant une autre « référence » de Vigano appelée Taylor Marshall (dézingué ici) nous expliquer tout ça (c’est un ancien prêtre catholique; marié, aujourd’hui avec… 8 enfants, cf ci-dessus (1) !). Un de ses ouvrages avait été applaudi par Vigano… (à gauche c’est un grossier montage photo signé Marshall, mis en ligne le 11 juin en réponse à celui de Donald). C’est idiot, grotesque, inconsistant… bref c’est digne de Donald ! Détail à savoir sur le gars :« en octobre 2019, Marshall a reçu l’attention des médias pour avoir rendu public un incident au Synode amazonien de l’Église catholique dans lequel (Alexander) Tschugguel et un complice se sont filmés en train de retirer des statues de fertilité indigènes, apparemment de Pachamama, de l’église de Santa Maria de Traspontina à Rome pour les jeter dans le Tibre. En mars 2020, il a été révélé que Marshall lui-même avait personnellement financé le voyage de Tschuggeul à Rome et mis en ligne la vidéo du vol »... But du jeu ?  « Supprimer l’idôlatrie dans l’Eglise »(?) le pape François s’était lui excusé pour le vol des statuettes. Ces gens-là sont prêts à tout pour tenter d’influencer des gens et tromper les médias !!! On ne sait pas ce que Marshall ou Tschugguel envisagent de faire avec les effigies de vierges noires comme celle de Pologne… les repeindre en blanc ? Black Virgin Matter !

(1) particulièrement atteint, celui-là, il croit à la thèse complotiste surréaliste du retour futur « d’un grand monarque catholique sur le trône de France ». « Avant l’arrivée de l’Antéchrist ».  C’est en fait la reprise à la lettre des prophéties de Marie-Julie  Jahenny, alias Marie-Julie du Crucifix (ici à gauche), une mystique catholique (stigmatisée) morte en 1941. C’est une longue diatribe contre la perte de la croyance religieuse, ponctuée de scènes apocalyptiques de cieux devenus rouges, de tueries sans nom, les deux guerres mondiales ayant été un simple « châtiment » : « Il s’en est suivi l’avènement de l’Impiété, sous la Troisième République. Les persécutions religieuses de 1880 ont été annoncées à La Fraudais. La séparation ou plutôt la répudiation de l’Église par l’État, en 1905, a été un drame atroce, avec son cortège de sacrilèges, pour lesquels Marie-Julie s’offrait en réparation. Tous les détails de ces épreuves ne lui furent pas cachés. Les guerres de 1914, et de 1939-1945, également annoncées, ont été des châtiments. Les désordres sont le résultat logique du refus de l’ordre. (…) Si l’on ne demande pas le pain, c’est la famine. Si l’on ne demande pas la force contre les assauts du démon, le mal triomphe. Si l’on n’a que faire du pardon, c’est la guerre. (…) Mais, de son côté, le plan divin ne varie pas. Aucun bienfait durable ne sera accordé à l’humanité, avant qu’elle n’ait payé ses dettes, avant qu’elle n’ait reconnu ses devoirs envers son Créateur et Sauveur, il ne faut donc s’attendre à aucune restauration de l’ordre en France et dans l’Église avant de terribles révolutions, d’affreuses guerres, et des événements cosmiques bouleversants, il faut que l’ordre soit rétabli, sinon la terre disparaîtra par la faute des hommes, fous d’orgueil et de révolte, sous l’influence des démons déchaînés. Dieu avertit prévient longtemps à l’avance les dévoyés, pour qu’ils rentrent dans le bon chemin. Ce qu’il veut, c’est leur conversion. Pour eux, Il veut notre intercession. Ensuite seulement après un  » grand coup de balai « , se fera un temps de Paix, où l’Église et son Chef, sa fille aînée la France  » goûteront la joie de leur Seigneur  » avant d’aborder l’ultime combat contre l’Antéchrist de la fin des temps qui sera Satan lui- même parodiant l’Incarnation du Verbe ». Elle avait même prévu l’invasion du pays; devinez par qui ? Les soviétiques bien sûr ! Carte dessinée à la main, directement dictée d’en haut (pourquoi donc Lille est-elle un bastion rouge isolé, la-dessus, mystère) !

Pour ce qui est de leur justesse, à ses prophéties, on peut faire confiance à son envoyeur; sans téléphone portable, pas encore inventé, Marie-Julie causait en effet directement  à Dieu : « Marie-Julie du Crucifix recevait ses lumières prophétiques au cours de ses extases mystiques dont le caractère surnaturel n’a jamais été l’objet de doute de la part des autorités qualifiées de l’Église. Elle recevait les lumières sur l’avenir dans son  » soleil mystérieux miroir de la Sagesse Divine, à qui rien n’échappe.  Je suis la grande et impénétrable Lumière de Dieu, révélatrice des grandes choses que Sa Puissance envoie à Son peuple ». Et comme c’est du direct et pas un replay, ou du streaming, on ne pas parler de manipulation ni de tripatouillage d’info: « ces paroles célestes attestent de la crédibilité des prédictions de Justice et de Miséricorde. On ne peut donc se permettre les moqueries ou les sourires sceptiques« . Bref, défense de rigoler (oui, je sais, c’est dur, mais bon…). Sinon on peut aussi parler à Jésus, à défaut de Dieu, dans le Nord de la France, via son interprète qui s’appelle Danièle « la maman céleste« . Elle bosse là. On peut aussi rire en compagnie de Taylor Marshall avec un ami causant de l’incendie de Notre-Dame. Tout de suite ça embraye sur un incendie volontaire. Catho-conspi jusqu’à la fin des temps ? Ou ça devient drôle c’est avec l’évocation de Mélanie Calvat, appelée par lui « Mélanie La Salette »  (l’endroit où elle était bergère, il semble totalement ignorer son véritable nom). Elle aussi aurait vu la Vierge lui apparaître et lui confier « un secret » (le sien c’était « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist… L’Église sera éclipsée… ». C’est vraiment un fan des prophéties foireuses !!! En fait l’entretien c’est pour fourguer son bouquin « Infiltration, The Plot to Destroy the Church from Within « , sa version sauce Agatha Christie du cas de Calvat !!! Dans sa présentation du livre, Marshall raconte qu’il va expliquer « les racines complexes de la mafia de Saint-Gall et comment elles ont comploté pour modifier la doctrine catholique et élire le pape François »… Décidément, ce pauvre pape qui n’aime pas le capitalisme a bien des ennemis ! Dont une bonne bande de copains de Donald, qui lui s’en  réfère à… Jean-Paul II, l’un de plus réacs qu’ait connu l’Eglise.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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