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Le petit monde de Donald (8) : les chinois, l’acteur aigri, le roquet, la réunion de la honte et le cow-boy tueur

C’est de pire en pire en effet cette étude déprimante des Tweets de Donald: on croit toucher le fond et on retombe encore plus bas au tweet suivant.  Et attendez, vous n’avez pas encore lu les plus horribles ! Aujourd’hui c’est un menu varié que je vous propose à digérer :  nous allons nous intéresser à une secte chinoise richissime, un acteur délirant, un jeune commentateur politique parlant comme une mitraillette et à des partisans de médecine parallèle dangereux, en raison de leur attitude inconsciente vis-à-vis de la pandémie, soutenue par une présentatrice ratée : un beau lot d’azimutés ! Pour terminer par un appel au meurtre !

Epoch Times

Le 20

L’Epoch Times est en fait un journal apparu en mai 2000 aux USA, créé par John Tang, et lié effectivement au mouvement d’opposition à Pékin du Falun Gong. C’est tout une histoire en fait. Celle d’un mouvement d’opposition né en Chine à la fin des années 90, pratiquant la méditation traditionnelle et le qigong (interdits par Mao) et qui, par son ampleur, a commencé à faire peur au pouvoir en place, le Parti communiste chinois.  Représenté par Jiang Zemin, secrétaire général du Parti Communiste de l’époque, un brin paranoïaque, qui a déclenché contre lui une violente répression. Les émigrés chinois aux Etats-Unis suivent avec attention l’évolution des choses sur place et en 2002, un journal se crée, The Epoch Times, à Washington DC, puis il essaime vite à New York, Los Angeles, San Francisco, San Diego, San Francisco, Boston, Dallas, New Jersey, et à Chicago. En 2006 un de ses informaticiens, Li Yuan , est agressé et battu à son domicile d’Atlanta et se fait voler son ordinateur portable par des envoyés du pouvoir de Pékin. Le résultat n’est pas du tout celui espéré par Pékin car c’est le contraire qui se produit, le journal gagnant alors énormément en légitimité… Résultat:  les ventes explosent. Aujourd’hui le Groupe Epoch, qui s’est depuis diversifié dans les médias, dont le net bien sûr (il possède une édition française), est devenu énorme : en 2017, il a ainsi engrangé 8,1 millions de dollars de rentrées pour 7,2 millions de dollars de dépenses. Mais depuis 2016, les publications se sont nettement droitisées pour ne plus devenir qu’un énorme tambour de résonance aux thèses les plus complotistes et à la politique de Donald Trump. Dans ces publicités politiques, dans lesquelles sont investis 10 millions de dollars aux USA, Epoch Times diffuse par exemple en boucle le  Spygate, une théorie conspirationniste affirmant que l’administration de Barack Obama avait planté des espions au sein de la campagne de 2016 de Donald Trump. Epoch Times a diffusé 11000 publicités  pro-Trump de ce genre sur Facebook (sans que « Mark » n’y voit quoi que ce soit à redire…, lui, ce champion de Donald) !!! Hier encore, le sujet archi répété pourtant faisait toujours la une du journal… un sujet rédigé par un ancien prof d’arts plastiques pakistanais !!!  Ci-dessous, deux publicités Facebook signées Epoch pendant la campagne de Trump :

Un site, Responsible Statcraft, a enquêté sur cette dérive droitière. Son origine provient avant tout d’un important apporteur d’argent, accumulé par le groupe : « un dossier de l’IRS (cf les impôts aussi USA) montrant les plus grands contributeurs à Universal Communications Network – un organisme à but non lucratif qui opère sous le nom de de « New Tang Dynasty Television », le producteur de médias numériques et de télévision pour Epoch Media Group – met en lumière le financement du groupe et ses liens tangentiels avec l’un des bailleurs de fonds de Trump à larges poches« . A gauche un détail amusant : le français François Asselineau, extrême droitiste qui ne veut pas l’avouer, venu parler du Brexit sur New Tang Television le 17 septembre 2019 !!!

« Le document révèle qu’un couple, Huayi et Siuling Zhang, a contribué pour 909 500 dollars à la nouvelle dynastie Tang entre 2012 et 2016. Zhang a également été président du conseil d’administration de l’organisation en 2004, 2005 et 2007 à 2010. Il a été nommé administrateur en 2006. De rares informations sont disponibles sur Huayi et Siuling Zhang, mais une biographie maintenant supprimée de Huayi qui a été publiée sur le site Web de New Tang Dynasty Television (NTD TV) en 2010 et consultée via Archive.org indique que Huayi a travaillé au hedge fund de Robert Mercer(ici à droite avec sa femme) et est associé au Falun Gong. Le « Dr. Huayi Zhang est un directeur de Renaissance Technologies », explique la biographie. « Dr. Zhang a rejoint Kepler Financial Management, le prédécesseur de la branche actions de Renaissance, en 1989 et est devenu un chercheur principal dans la conception du système de trading mathématique de la société. Le Dr Zhang est administrateur du Collège Dongfang. Il siège également au conseil d’administration de la Fondation Asia Vision. » Trump, pour sa part, ne semble pas être un allié naturel pour le Falun Gong ou Epoch Media. Il oscille entre féliciter le président chinois Xi Jinping à un moment et jouer devant un public xénophobe en amplifiant les étiquettes «Virus de Chine» ou «Virus de Wuhan» dans le suivant. Néanmoins, l’empire des médias du Falun Gong a radicalement changé son orientation vers la promotion de Donald Trump (ici à gauche c’est Trump arrivant à la soirée à thème des Mercer… déguisé en… Donald Trump !) , à la fois par le biais de la publicité payante et de sa propre production rapportée et éditoriale – un changement massif d’orientation et d’allocation des ressources pour le média peu connu. Zhang penche à droite dans ses dons politiques, contribuant 5 000 dollars à la campagne présidentielle de Mitt Romney en 2012, 500 dollars au Comité national républicain du Congrès en 2018 et 500 dollars  à la campagne de réélection du représentant Lee Zeldin (R-NY) en 2018. L’épouse de Zhang, Siuling, a contribué de 10 000 dollars aux efforts électoraux de Romney en 2012. Renaissance Technologies est un fonds spéculatif très secret spécialisé dans les modèles quantitatifs pour guider le trading systématique et qui gère plus de 100 milliards de dollars. Il a gagné en notoriété en tant que source de richesse pour le méga-donateur de Trump, Robert Mercer, qui a été co-PDG de Renaissance de 2009 à 2017. Mercer a démissionné de son rôle de co-PDG après un contrecoup contre l’entreprise au sujet de l’activisme politique de Mercer sur l’extrême droite. Ces activités comprenaient l’investissement d’au moins 10 millions de dollars dans Breitbart News en 2011, qui était à l’époque dirigé par Steve Bannon »… C’est New Tang Dynasty Television, groupe fondé par  Zhang, qui a payé l’impression et la distribution du film anti-Huawei « Claws of the Red Dragon » de Steve Bannon-Breibart (diffusé sur OAN bien entendu !). Parmi les lecteurs assidus de l’Epoch Times, le républicain hyperconservayeur Paul Gosar, dont on a aussi déjà parlé ici.

Patrick Howley

Un autre larron est apparu ensuite. Epoch Times a été en effet rejoint en juillet 2019 par un vieil activiste de la droite US, Patrick Howley, fondateur de Big League Politics, qui lui n’en est pas à son coup d’essai : on l’a croisé dans un bon nombre de sites droitiers « l’American Spectator (où il a écrit au sujet d’une étrange incursion au Air and Space Museum), au Washington Free Beacon, au Daily Caller (où il s’est mis le monde à dos avec des tweets sexistes), et Breitbart News (où il a été suspendu après avoir jeté le doute sur l’agression d’un collègue de l’époque par Corey Lewandowski, assistant de campagne de Trump, il a été réintégré, puis est parti). En janvier 2017, The Atlantic avait annoncé qu’il formait un groupe «conçu pour faire respecter l’agenda de Trump, combiné avec un bras médiatique prévu» – Big League Politics. Howley s’était décrit comme un copropriétaire du groupe ». Patrick Howley, on l’a vite cerné en allant voir son compte Twitter, qui ouvre sur un bandeau où l’on peut admirer Roger Stone, le grand copain de Donald (encore lui !), faire le V de la victoire, son signe de reconnaissance. (Trump devrait logiquement bientôt le gracier, après avoir fait baisser considérablement la durée de sa peine). On le retrouve aussi sans trop de surprise en direct un soir avec… Alex Jones, d’InfoWars  (on y revient bien souvent, vous avez pu le remarquer). Il l’avait annoncé le 6 avril sur Twitter, en ajoutant une remarque sur « l’eugéniste » Bill Gates, au passage et en cirant de même les pompes de Donald…. Un Fowley qui cite dans son compte Twitter comme SOURCE… un de ses propres textes, rédigés chez le site conspi National File ! Ou qui propose une photo avec comme commentaire répété deux fois « Fauci and Bill Gates! »… c’est une fixation chez lui !!!

Howley est surtout le spécialiste des sorties sexistes sur Twitter, qui ont obligé un jour son employeur du moment, Tucker Carlson de Fox News et du Daisy Caller de s’excuser à sa place pour ses remarques déplacées vis à vis de Rosie Gray de Buzzfeed.  Mais c’est aussi un grand disséminateur de fake news, dont celui des « découvertes » de Judy Mikovits, invitée sur Twitter, diffusée sur le site Brigtheon. Un site fondé par Marc Adams, qui prétend avoir trouvé tout seul deux remèdes contre deux types de diabète (?) encore un site type « Freedom of Speech », équivalent aux USA des gilets jaunes ici en France. C’est à dire truffé de théories conspirationnistes ! 

Howley, lui, nous a en effet dégoté quelqu’un dans le genre, et pas piqué des hannetons: Judy Mikovits, elle s’appelle. Comme elle a travaillé dans les années 1990 à l’Institut national américain de recherche sur le cancer, là voici bombardée maîtresse en sciences de l’immunologie, enfin c’est ainsi qu’elle s’est présentée sur le net. Or la dame a un passé douteux derrière elle, notamment au Whittemore Peterson Institue qu’elle a créé avec son mari, dont elle était la directrice et où elle a travaillé (de 2006 à 2011)… sur la  lutte contre le syndrome de fatigue chronique (CFS), sans jamais remettre de textes sur ses travaux et en finissant par être virée pour mésentente avec ses collègues et même vol d’ordinateur qui l’a amenée à être recherchée par la police comme fugitive. A noter que son mari, Harvey Whittemore, a été envoyé en prison en  2014 pour détournements de fonds provenant de la campagne du sénateur Harry Reid en 2007. Elle prétendait qu’un virus lié à une leucémie était liée au CFS. Le New-York Times note qu’au moment ou elle se vante de « découvertes », en 2005, elle travaillait en fait comme serveuse dans le bar d’une association de yachting (au Pierpont Bay Yacht Club de Ventura, en Californie). Plus tard, elle est devenue opposée aux vaccinations, accusant à tue-tête « Big Pharma » de tous les maux et prêtant le flanc à une récupération complotiste qu’elle avait d’elle même entretenue depuis les années 2000.

En résumé, une chercheuse ratée, qui a enjolivé sa vie, transformée en roman et en madone du savoir scientifique. Ce qui a attiré bien sûr les complotistes, dont un en particulier, nommé Mikki Willis responsable de la société Elevate, qui en mai 2020 a fait un film sur le Covid19, appelé Plandemic Part 1, (ici à gauche, avec Mikovits), dans lequel elle expose ses théories farfelues : ici celle comme quoi les pandémies sont créés par les labos pour rendre plus riche encore Big Pharma ! Sans surprise, on trouve dans le film des thèses qui étaient parues dans American Spectator, rédigées par… Patrick Howley.  C’est toujours ainsi chez eux : ils étayent leurs théories de propos présentés comme vérités, qui sont en fait au départ les leurs !!! Le film fait aussi une large part à des attaques contre Bill Gates et sa fondation, un des grands marronniers du conspirationisme. Mikki Willis, un ancien mannequin, très actif sur You Tube (30 000 followers).  Lui est lié au mouvement Evolutionary Leaders, pour la « Conscious Evolution » venue de la Source of Synergy Foundation, de Diane Williams, qui fonctionne fort comme une secte, persuadés qu’ils sont des individus notables plus « éveillés », comme ils disent, que les autres aux relations humaines. Les « awake » Des disciples de Barbara Marx Hubbard. En 2017, le couple a perdu sa maison dans l’un des incendies de Californie, celui de Thomas. Il a produit un film sur un thème éculé des conspis, celui de « l’énergie libre », en fait un –mauvais – clip du rappeur Aishah, un sur la marijuana (« Weed The People« ) un sur ses propres voyages (« Be Brave ») ou « Impact », film sur… les « superpouvoirs de chacun« (Impact). Comme membre de son équipe il y a « l’Institute of True Wealth » de Laura Fredrickson une « Financial Wellness Advisor » et « fulfillionaire ».  Evidemment, la chaîne You Tube qui présente « l’origine du Covis-d19 » est celle… d’Epoch Times, avec comme personne invitée pour l’expliquer… Judy Mikovits, évidemment ! En France, comble de la connerie, le sujet de Mikovits est sous-titré du lien vers l’information gouvernementale sur le Covid19 qui tente de lutter contre les fakes-news ; or c’en est une ! Montrant encore une fois que le référencement chez YouTube est automatisé et ne prend en rien en compte les contenus : ce film aurait dû être exclu de ce référencement honteux ! Comme commentaire au désastre on trouve ceci : « they didn’t mention the fact that 5G technology was implemented in Wuhan in Dec 2019. » Sidérant encore de connerie ! Pour YouTube, c’est simple : ça rapporte trop pour être supprimé, tout simplement ! 

James Woods

Des acteurs de seconde zone, il y en a pour soutenir Trump (jamais de première zone vous avez remarqué). Le 16 mai dernier, Trump en remercie vivement un pour ses compliments. Il faut dire que le Tweet initial n’y avait pas avec le dos de la cuillère. Il était signé James Woods, acteur de séries B ou Z (, qui a raté sa vocation de pilote de chasse (ce qu’il chasse le plus souvent c’est la jeunette, plutôt). Sa Trump addiction lui a coûté son propre agent. C’est lui qui, souvenons-nous, avait forwadé deux ans plus tard la photo de la salle du Bataclan ensanglantée quelques heures après l’attaque du 13 novembre 2015, pour dénoncer selon lui l’opposition de la France à « l’action antirerroriste de Donald Trump » qui venait de sortir un décret interdisant l’entrée de certains musulmans sur le sol américain.  Banni un temps de Twitter, il a alors endossé son plus beau rôle : celui de « MAGA martyr d’Hollywood » en affichant la même attitude de persécuté que sait si bien prendre Donald. En montrant aussi une attitude bien particulière d’ouverture d’esprit, en bloquant tout commentaire contraire à ses idées et en les accusant de provenir de « gauchistes ». Faut dire que question tact, il se pose là (comme son idole en fait) ;  interrogé sur Winona Ryder, l’héroïne de 1988 dans «Beetlejuice »,  présentée ainsi :  « Il y a chez elle une qualité pas tout à fait prête à grandir, presque une puérilité ». Il avait répondu « Vous dites cela comme si c’était une mauvaise chose. (Rire) Je plaisante. Je vois ce que vous économisez, mais je pense que c’est une charlotte russe – un éclair au chocolat avec un centre gluant ». L’intervieweuse avait commenté : « je croise les doigts, j’espère que personne ne me parle jamais d’avoir un «centre gluant» 

Remarquez, je serais de Donald, je me méfierais un peu de James... à voir son étonnante fixation chez lui sur une femme de plus de 16 ans (ci-dessus).

Ben Shapiro

Benjamin (Ben) Shapiro, figure de la droite dure US , même s’il s’en défend,  est un véritable roquet : il ne parle pas, il jappe. Il parle en effet avec un débit extrêmement important et une voix de canard nasillard. Un expert a démontré ce qui ne va pas chez lui; sa suffisance affichée et son refus caractérisé de débattre, deux caractéristiques de Trump, pourtant, qu’il ne soutient pas pour autant pleinement, désireux lui de représenter une droite un peu plus présentable en apparence. Il a littéralement été « détruit »par un vieux routier consevateur placide de la BBC, Andrew Neil, le 10 mai 2019 . A la fin de l’entretien, Shapiro avait arrêté de lui-même l’interview en traitant Neil de « gauchiste ! Il avait pourtant écrit un livre intitulé « How to Debate Leftists and Destroy Them: 11 Rules for Winning the Argument »... (ici à droite) que l’on peut donc jeter depuis à la poubelle ! C’est dire sa prétention mal placée !!! Un expert avait analysé ses nombreuses erreurs d’intonations, de mimiques, de gestuelle… le voici défoncé et réduit en miettes, ridiculisé !!! Sur Reddit aussi, remarquez, mais avec un peu moins de tact… dans ce site outrancier.

C’est curieusement aussi l’un des premiers à droite (avec Romney) a avoir signalé que c’est l’attitude de Trump qui n’allait pas avec la crise du coronavirus, dans un court échange sur Twitter le 9 mars 2020 époque où il n’y avait encore que 111 284 cas déclarés de COVID-19 pour 3 892 morts seulement. Il lui suggérait « d’arrêter de Tweeter et de s’occuper vraiment du problème » et de « ne pas le laisser dans le chaos » dans lequel il l’a laissé sombrer. Pour une fois, ça ne venait pas des démocrates ! Shapiro politiquement est en fait un libertarien, encore un, formé dans une Yeshiva (il est juif orthodoxe). Son programme est classiquement réactionnaire en réalité, sur l’avortement, les LGBT, les armes, etc… c’est un gars hors de son époque et dangereux conclut ici The Gazelle. Il n’a soutenu jusqu’ici que partiellement Trump et n’a pas hésité à le critiquer plutôt.

Shapiro est aussi le propriétaire et créateur du site d’extrême droite The Daily Wire; avec Jeremy Boreing, producteur de films lié à Andrew Breitbart (tous eux ayant travaillé pour TruthRevolt, le magazine de l’ultra conservateur David Horowitz et son Freedom Center). Un site de droite surtout climatoseptique, mais aussi anti-féministe et anti-homo, qui ne s’embarrasse pas de vérifier ses données: ainsi lorsqu’il a annoncé qu’aux Pays-Bas le prénom de bébé masculin le plus répandu en 2017 était Mohamed alors que c’était et de loin Noah (et l’année précédente Daan). Il n’avait fait que recopier les dires du site GeenStijl et de l’association PowNed, de Dominique Weesie, dont la particularité est l’avalanche de commentaires sexistes ou violents en forum. Judd Legum, de Popular Info lui règle son compte en quelques minutes en expliquant comment The Daily Wire triche littéralement sur Facebook (dont il est le 11eme site le plus populaire) en  multipliant les sites qui en fait balancent strictement les mêmes pages : 13 pages « clandestines »selon Legum, qui cite par exemple Conservative News, Fed-up Americans, et même Lady Patriots (et sa photo montage dégueulasse du démocrate Adam Schiff – ici l’originale –  !), qui se présentent comme « indépendants » et qui ne font que tous recopier les pages de The Daily Wire !!! Le même contenu, avec le même texte !! Ce qui viole ouvertement les règles de parution en cours chez Facebook !! Interpellé, Zuckerberg avait répondu qu’il laissait faire car derrière chaque site il y a avait de « vraies personnes » et non des robots. Et Legum de rappeler une réunion entre Shapito et Zuckerberg… chez Zuckeberg !!! En mars 2020, le New-York Times reportait que Facebook, via son chef de la cybersécurité Nathaniel Gleicher (ici à gauche), avait été mis au courant de la circulation de ces fausses infos multipliées, mais avait décidé de ne pas intervenir au prétexte bidon qu’il aurait « craint qu’il ne déclenche une réaction républicaine. » Selon le New-York Times, « l’équipe de sécurité de Facebook a trouvé des preuves que le Daily Wire était au centre de messages et de messages coordonnés sans révéler son implication (exactement ce qu’a trouvé Judd Legum). Il s’agit d’une tactique couramment associée au réseau de désinformation »…

Christina Aguayo

La bande d’extrémistes de Donald va-t-elle trop loin, et lui aussi ? Sans aucun doute, comme on a pu s’en apercevoir avec la dénommée Aguayo. Celle-là, ne la cherchez pas sur Twitter ; son compte a été suspendu (ici à gauche), et on l’espère bien définitivement. Sur Facebook ce n’est pas le cas, puisque le compte America’s Voice existe toujours mais on connait les penchants de Marc Zuckeberg et ses réunions « secrètes » avec les amis de Donald. Aguayo a ouvert son micro à toute la crème de fascistes ou de décérébrés existants :  chez elle on a retrouvé par exemple cet abruti de Ted Nugent, ex hard-rocker fana d’armes à feu et un des premiers supporters de Donald ou les deux fêlées que sont Diamond and Silk, ou bien Tom Borelli, commentateur plus que droitier régulièrement venu sur les plateaux pour applaudir à tout rompre Donald Trump comme ici en 2018 sur Fox News. Ou encore offre une tribune à l’activiste de droite  Youtubeuse Maggie Vandenberghe alias « FogCityMidge« . Une influenceuse gay, actrice de série Z (Aliens in the Attic (2009), Junk Love (2007) et The Lonely (2007) Wanderlust (2017), d’un style particulier (ici à droite) quand elle vante un Beretta rare (35 exemplaires !), appelé ‘Trump Gun » estampillé « MAGA » !!!
Selon elle, Trump serait pro-LGBT, ce qui est manifestement faux… ou alors elle non plus ne sait pas lire !  Et comme ce monde de Trump addict est tout petit, voici que Maggie rencontre Dan Bongino (voir notre premier épisode !).

Etrangement, Agayo dissimule son origine, le lieu où  elle habite et surtout son âge (ainsi que ses revenus) : elle annonce par exemple être née à Denver au Colorado, mais toute sa famille vient de Juarez, à la frontière mexicaine et elle a débuté en radio à El Paso, Texas ! Aguayo, c’est aussi  le nom du tissu traditionnel bolivien en laine de lama, fréquent aussi au Mexique. D’abord chez KVIA-TV News, puis chez Buckeye Broadband a Toledo, en Ohio comme reporter avec la spéciale de couvrir  les événements sportifs au sein du Platinum Sports Media Group, puis en faisant de la télé de proximité. Ses présentations y sont empesées, ses poses ridicules, elle est bien trop maquillée (faudrait qu’elle pense à éviter le reflet des spots !) et les sujets sont de la TV locale, sans grand intérêt à part d’être de la publicité déguisée. (ici elle filme des pompiers) Si au moins elle savait ce qu’elle devait faire de ses mains, déjà… cette mal dégourdie prétentieuse et poseuse ! Ici elle fait la promo d’un.. carnaval. C’est de la vraie télé de patronage ! Ce qui lui a permis néanmoins  de devenir directrice d’antenne et productrice chez WGXA FOX 24 News (ici à gauche) et ABC 16 News (à droite), qui ne semblaient donc pas trop regardant sur son CV. Elle s’est aussi retrouvée à faire de la météo chez WeatherNation TV. Elle y a laissé un souvenir impérissable en reportage vidéo en réalisant celui sur un chien ayant dévoré une « cherry bomb » (un pétard en forme de cerise) lui ayant arraché la machoire… Ici à droite dans sa période  Fox24X16 WGXA c’est le comte rendu d’une victoire en voiture en 2015 d’une teenager, Taylor Herringdine de Milledgeville. Le mauvais goût est partout (y compris sur elle) !

C’est surtout la créatrice en 2018 de America’s Voice News (disponible sur Apple TV, la honte !), auquel participe aussi Jessica Rivera, dont voici le slogan : « America’s Voice est une plate-forme qui favorise la vraie voix de l’Amérique! À une époque où les valeurs traditionnelles continuent d’être foulées aux pieds par les réseaux de nouvelles des conglomérats, Americas Voice offre une plate-forme pour que le public fasse partie de l’histoire afin que nous puissions diffuser la véritable opinion des masses ! » Bigre, quel programme !  Le site soutient aussi la candidate noire Candace Owens , elle aussi bien à la masse :« elle déclare en septembre 2019 que le suprémacisme blanc et le nationalisme blanc ne sont pas de véritables problèmes pour les minorités américaines. Selon elle, les problèmes les plus urgents auxquels sont confrontés les États-Unis sont l’avortement, l’immigration clandestine et les attaques des démocrates contre la masculinité »… Pour elle, les émeutes, sont bien sûr celles de « gauchistes » de « Soros »,  à croire qu’elle a oublié d’être elle-même noire (on va reparler plus loin de son cas). Elle est ici sans surprise en compagnie de… Maggie Vadenberghe !  Et comme tout ce petit monde de Trump se coopte et s’invite mutuellement, il est logique de retrouver, invitée chez Aguyo, la dénommée Tracy Beanz, autre voix fascisante ou libertarienne : celle-là aussi on va en reparler très bientôt…

Mais la gloire, si on peut appelée cela ainsi, elle vient de la connaître avec sa promotion intense d’un dénigreur en chef du Covid19, un médecin d’origine pakistanaise, à qui elle a offert l’antenne pour débiter bêtise sur bêtise sur la pandémie. Rashid A Buttar, c’est son nom, ostéopathe conspirationniste anti vaccin déclaré, partisan de soigner l’autisme et le cancer avec la Chelaton Therapy (chélation en France) un dispositif pour traiter l’intoxication toxique en métal. Avec lui c’est le bouquet, car il raconte que la 5G et les chemtrails sont responsables de la diffusion de la pandémie : la totale !!! (dans son film de propagande, il raconte comme argument qu’un femme serait morte d’un accident de voiture car elle aurait été aveuglée par son masque ! Impayable argument  ! Un charlatan en fait, sans hésitation !). En prime, Aguyo a aussi invité Mikovits, ça va de soi… autant faire un lot, question désinformation et ridicule !!!  Mais comme si ça ne lui suffisait pas, elle en a rajouté un autre, de pseudo-médecin, un d’origine indienne cette fois, appelé Shiva Ayyadura. Un autre superbe cas d’espèce retrouvé ici par Buzzffed: « bien qu’Aguayo qualifie Ayyadurai de «docteur en MIT» et « d’inventeur du courrier électronique » (???), Ayyadurai n’est pas un médecin et en 2016, un juge a jugé que douter de sa prétention d’avoir inventé le courrier électronique, comme beaucoup de journalistes l’ont fait, n’était pas diffamatoire. En 2018, il a obtenu 3,4% aux élections générales en tant que candidat indépendant au Sénat du Massachusetts, se plaçant loin derrière Sen. Elizabeth Warren, lors d’une élection où il a été soutenu par de faux comptes Facebook. Il est maintenant candidat à l’investiture républicaine pour l’autre siège de l’État au Sénat, dont le principal se tiendra en septembre. Diplômé du MIT en 1986 avec un diplôme en génie électrique et informatique, Ayyadurai a développé un logiciel graphique qui a été vendu à Lotus Software. Après avoir vendu son entreprise, il est retourné au MIT, où il a obtenu une maîtrise en animation et en génie mécanique et un doctorat en systèmes informatiques. Plus récemment, Ayyadurai a cultivé un public en ligne parmi les anti-vaccins et d’autres communautés de pseudosciences. Il fait également partie d’une campagne de droite pour discréditer Fauci. Ils prétendent à tort que Fauci travaille avec l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et l’État profond pour provoquer un effondrement économique et discréditer le président Donald Trump ». Résultat, Aguayo a été virée de Twitter pour -double- diffusion de désinformation sur le Covid19 !!! Et franchement, ça valait mieux !

La conférence de la honte en Caroline du Nord

On se dit que ce sont un ou deux cas sans plus, ceux d’Aguayo, et on découvre avec effroi ce qui s’est passé à Charlotte en Caroline du Nord, du 23 au 25 mai, en pleine période de fin confinement (le gouverneur Roy Cooper, démocrate, a ré-ouvert timidement l’Etat dès le 15 mai),  avec une conférence en forme de véritable défi à la médecine véritable. La réunion de pseudos médecins sans aucun respect des gestes de distanciation entre eux ni dans le public et aucun port de masque (le seul à en porter un est un surveillant, ici à gauche !). Le gratin de la désinformation médicale, ou de la médecine dite parallèle; souvent proche du charlatanisme, tous venus se faire mutuellement l’accolade, attirés par.. l’argent. Tarifs d’entrée en effet pour les spectateurs : 299 dollars la place, 498 pour un couple et 1 279 en VIP avec en cadeau le dîner de conférence (quand même !) ! Le 23 mai la Caroline du Nord en était à un score de 1 107 infectés de plus en une seule journée pour 700 en moyenne les jours précédents, et 929 décès au 30 mai : l’épidémie est encore en train de grimper dans l’Etat ! Et pas un masque à la Conférence !!!

Outre Rashid Buttar, déjà cité, qui a une bien drôle de façon de se présenter (ci-contre à gauche) il y avait là un groupe hétéroclite avec Nia Peeples, ancienne actrice dans Walker, Texas Ranger de Chuck Norris, spécialiste des films de série Z, devenue chanteuse (atroce !). Del Bigtree, responsable du groupe anti-vaccination »Informed Consent Action Network » avec Lisa Selz (et du film « Vaxxed: From Cover-Up to Catastrophe » qui sert de référence à tous les opposants aux vaccins, c’est le fils du pasteur Jack Groverland, de l’église de l’Unity of Boulder, bien déchaîné sur scène à Charlotte  (ici à gauche), façon grand show évangéliste ;  Ty Bollinger, un ancien culturiste à la femme largement botoxée, « profane en médecine et chrétien fondamentaliste » auteur de  « Truth About Cancer » et de « Truth About Vaccines », qui sont (très) loin de la vérité annoncée, Michael Tyrell, chanteur fondateur de Wholetones, société de thérapie par le son, ex auteur de « Christian music » : on comprend mieux pourquoi il a n’a pas réussi sa carrière musicale, celui-là. Ici il vend les mérites d’un un appareil appelé Air Doctor et là un autre bidule « anti-stress »; il propose aussi des CD pour animaux de compagnie ! Affligeant ! Loys Laynee, une « Spectrewaves Paranormal researcher« , ce qui veut tout dire sur son cas; Clint D.Rodgers le dirlo de « Wisdom of the World Wellness, LLC » auteur de « Ancient Secrets of a Master Healer: A Western Skeptic, An Eastern Master », et  » Life’s Greatest Secrets », Victor A.Marcial-Vega, médecin portoricain controversé, dirigeant Atlantis Energy Network, et directeur médical de Health Horizons, partisan de la « nutripathy, » mais aussi de soins par chélation, l’ozone ou… le fameux « colloïdal silver » prôné par Alex Jones !!! David Hanscom, spécialiste des douleurs dans le dos (il a trouvé le meilleur filon celui-là !), Jamie Mathews (B Chiro) et Nicole Whitehead, du chiroprariciens, appelés autrefois des « rebouteux », Patrick Quillin, auteur de « Beating Cancer with Nutrition« , William Mehring et ses thèses pseudo philosopho-scientiques à faire sourire, Bruce H. Liption, sorte de farfelu qui affirme que les croyances contrôlent la biologie humaine plutôt que l’ADN ou l’hérédité (ici à gauche avec ses schémas « nucléaires » ), ou enfin la célèbre Judy Mikovits et ses thèses ridicules sur le Covid19… le tout présenté par Robert Scott Bell, orchestrateur en chef de l’anti-médecine avec son show radio spécialisé (RSB Show) : que du beau linge « conspi », et fort peu de médecine véritable à l’horizon malgré le nom de la conférence !!! La même conférence s’était déjà produite les 25 et 26 mai à Pasadena, en Californie avec à peu-près les mêmes participants ! A croire que c’est rentable !

Appel au meurtre relayé par Trump

Mais elle peut toujours faire pire, notre présentatrice, pour revenir à elle, et présenter des gens dont un qui vient tout juste d’être relayé par Donald Trump dans un flot de Tweets, si bien qu’il est passé hélas inaperçu, celui-là. C’est une vidéo diffusée celle du « Cow-Boys For Trump« , Couy Griffin, appelé personnellement au téléphone par Trump (comme il l’a dit lui-même sur son site, ici à gauche), il avait été reçu en audience en  février par Trump -ci-dessous!, et remercié par lui donc le 28 mai dernier sur Twitter.

Or écoutez bien ce qu’il dit à deux reprises sur scène, ce taré-là : il dit en effet « quun bon démocrate est un démocrate mort », et il appelle donc au meurtre, ce que Trump approuve donc implicitement !!! Un président soutient les appels aux meurtre de ceux qui s’opposent à lui ! Sidérant !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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